Les solitaires de Noël – Fin.
" - Peter ! "
La voix de Chris me sortit de mes pensées, ça devait faire quelques minutes que je le fixais d'un air assez vague et impassible alors que je me suis laissé aller à mes souvenirs. Ce n'était pourtant pas mon genre. Il semblait presque inquiet. Pas pour lui, mais pour moi. Ce qui était parfaitement ridicule, il était trop tard pour qu'il se préoccupe de moi. Pourtant, sa main vint à la rencontre de la mienne, remontant doucement caresser mon bras, ce qu'il lui valut un mouvement de sourcil d'incompréhension.
"- Ça fait plus de vingt ans maintenant...
- Vingt-six ans exactement.
- Tu as fais des mauvaises choses... Certaines par ma faute."
Je le fixais de manière incrédule, me demandant si je rêvais ou... ou il tentait de me faire des excuses? J'étais étrangement suspendu à ses lèvres. Attendant la suite.
" - Ce soir-là, si je t'avais juste dis de t'enfuir de Beacon Hills, l'aurais-tu fais?
- évidemment !"
Puisqu'on savait déjà qu'on ne devrait pas tarder à fuir, même nos affaires étaient déjà prêtes.
" - Et ne jamais chercher à me revoir ? "
J'ouvris la bouche pour répondre mais m'arrête net dans mon élan. Chris était spécial pour moi. Il l'a toujours été. Une des raisons pour lesquelles il est toujours vivant. Je me fichais éperdument de sa famille, je les aurais tué un par un s'il le fallait. Du moment qu'il m'appartenait. Je le fixais en essayant de comprendre le sens de ses paroles, et il reprit en baissant le regard.
" - Ce soir-là... ils avaient prévu d'aller chez toi. De détruire ta famille, même sans motif. Tu connais mon père et comme il se fiche du code d'honneur alors..."
Attendez. Quoi? Est ce que... je rêve ? Est ce qu il est en train de dire qu'il a fais ça pour moi? Non... ce n'est pas possible... pourtant... en écoutant les battements de son cœur, je sais qu'il ne ment pas.
"- Je préférais te savoir loin mais en vie plutôt que mort...
- Attends... Est-ce que tu essaies de me dire que la façon dont tu m'as parlé et rejeté... C'était pour que je parte et ne revienne jamais ?!" Il hocha la tête presque honteusement. " - Et tu n'avais rien de mieux que ça ?!
- J'avais à peine 16 ans, Peter ! Tu voulais que je fasse quoi, au juste ? Je venais d'apprendre que j'étais d'une famille de chasseur de loup-garou et que mon petit ami lui-même en était un !
- Et pour les 26 ans après, c'est quoi ton excuse ?
- J'étais moi-même devenu un chasseur, j'avais refais ma vie ! J'avais trahis ma famille pour te sauver ! Qu'est-ce que tu voulais de plus ?"
Un simple grondement sortit d'entre mes lèvres. J'étais en colère. Et en même temps un peu touché. Ça voulait dire que jusque maintenant... Jusque maintenant, il n'avait pas cessé de penser à moi. Il n'avait pas cessé de m'aimer. Et ce, malgré le fait que je sois un loup-garou. Et un psychopathe. Il ne me détestait pas. Je me détendis un peu et prit un ton plus léger.
" - Et c'est moi le fourbe..."
J'esquissais un petit rictus alors que je revins contre lui, mon nez venant frôler sa nuque pour sentir à nouveau son odeur. Moi non plus, je ne l'avais pas oublié. Je sentis sa main caressant mon bras, mon épaule, jusqu'à trouver mon cou et en profiter pour m'attirer à lui et m'embrasser. Intensément.
« - Si tu crois que tu vas t'en sortir si facilement...
- Tu ne veux pas me dévorer ? »
Fichtre. Il m'avait encore eu. Ma bouche s'ouvrit et se ferma à nouveau comme tout à l'heure. Ça m'agaçait vraiment quand il faisait ça.
« - Ne viens pas pleurer après... »
Vingt-six ans que j'attends ça, il se doute bien que je ne vais pas me faire prier, je vais même plutôt m'en donner à cœur joie.
Vous pouvez agréablement imaginer la suite, plutôt que je vous la raconte, parce que ce serait trop violent pour de chastes oreilles... Tout ce que vous avez besoin de savoir, c'est que le lendemain, Chris eut beaucoup de mal à sortir du lit.
Mais tout ça est loin d'être finis. Parce que je n'ai aucune intention de le laisser.
