Bonsoir! Me voici pour le troisième chapitre de cette fic qui me tient vraiment à coeur. Cette fois, c'est Frypan qui est "à l'honneur". De nouveau, je tiens à sincèrement m'excuser pour le retard que j'ai pris dans la publication de cette fic. Pour me faire pardonner, je promet la publication du chapitre 4 avant la fin de la semaine.
J'espère vraiment que celui-ci vous plaira!
Bonne Lecture à vous... xxx
Frypan
Playlist: Brother - Kodaline
Ce matin là, le soleil est tout juste levé lorsque Thomas émerge de sa tente. Il a dormi, la nuit dernière – du moins l'espace de quelques heures, qui paraissent à ses yeux presque une vie entière. Alors à l'horizon, derrière les collines, le ciel est encore rose pâle, se réveillant avec lenteur, sans être pressé. Il y a une telle patience dans le lever et le coucher du soleil, que Thomas se surprend à y réfléchir, parfois: à laisser son esprit divaguer vers un monde où les choses seraient beaucoup plus simples, plus posées et «patientes». Leur monde est un peu comme ça, maintenant; mais c'est tout nouveau, et à l'extérieur de leur Refuge -loin, certes-, la Braise et la chaleur sévissent toujours. Il s'efforce de vite éclipser ses pensées, parce qu'il sait qu'il doit se raccrocher au fait que «Nous sommes tous en sécurité ici, la Braise est loin.». Étrangement, le fait d'être immunisé ne le rassure plus. Pas après ce qui est arrivé à Newt. Pas après la manière dont son monde à si vite basculé. Parce que certes, lui ne peut pas l'attraper (Minho, Fry, Gally, Aris, Sonya, Harriet non plus), mais pour les autres, rien n'est réellement certain: et c'est ça qui fait le plus peur à Thomas, l'idée de perdre une nouvelle fois ceux proches de lui. Et il sait que son sang est un remède, mais puisqu'il n'a pu sauver Newt, il ne peut pas se faire à cette idée. «Mais tu as sauvé Brenda». Rappelle le toi, Thomas.
Il chasse les pensées qui l'angoissent, tente de garder celles qui le font garder pied, et il se dirige vers le cabane qui sert à la fois de cuisine et de salle à manger. Il sait qu'à cette heure, Frypan est déjà – et ce sûrement depuis une bonne demi-heure- «aux fourneaux». En effet, quand il rentre dans le réfectoire de fortune, son ami s'active à préparer les petit-déjeuner avec les autres volontaires. Il y a quelques personnes, assis autour des tables: certains bâtisseurs, dont Gally, qui lui offre un léger sourire- fatigué- en guise de salut, un ou deux autres simplement matinaux. Thomas contourne les tables, et vient s'accouder au comptoir. Fry l'apostrophe aussitôt
- Salut, Thomas. Tu as faim?
- Bonjour Fry. Pas vraiment.
- À vrai dire c'était pas une question. Il lui tend un bol, rempli de ce qui semble être du porridge. Mange. Tu en as besoin, crois-moi, ajoute-t-il en le détaillant du regard.
Thomas réplique par un sourire las, en acceptant le bol. Il s'apprête à aller s'asseoir, mais Frypan l'interpelle une nouvelle fois.
- Attend!
Au regard interrogateur que le brun lui lance, en revenant s'appuyer contre le planche de bois qui fait office de comptoir, le cuistot continue:
- J'ai pas vraiment eu l'occasion de te voir ces derniers jours. Je veux dire, plus de cinq minutes. Il hésite un peu, avant de continuer. Comment... tu vas?
Thomas déteste cette question. Parce que ça lui redonne l'impression qu'on le regarde avec pitié, d'une part, que tout le monde voit bien son état. Que certains se posent des questions, peut être, comme «quelle genre de relation y avait-il réellement entre Newt et lui?» et il n'est pas prêt à ce que les choses se sachent – tout n'en serait que plus difficile encore, puisque les regard se feraient incessants-. Mais surtout parce qu'il ne sait pas comment y répondre.
Alors il ne répond pas. Et Frypan doit comprendre ce qu'il y a dans son regard, parce qu'il pose ce qu'il a dans les mains, et qu'il parle à sa place:
- Je sais ce que tu ressens, tu sais.
Thomas le regarde sans un mot. Il s'attend à ce que le cuisinier continue en disant que Newt était aussi son ami, et merde, Thomas le sait ça, et ça ne lui fait que plus mal encore, parce qu'il s'en veut toujours plus, et qu'il se met de nouveau à se détester, à sentir la panique s'insinuer aux creux de sa gorge, et…
Mais lorsque Frypan reprend la parole, c'est pour dire tout autre chose. L'ancien maton hésite un instant, avant de glisser, d'une voix triste:
- Quand on a laissé Winston dans la Terre Brûlée, j'ai cru qu'on m'arrachait une partie de moi-même. C'était mon meilleur ami. Depuis aussi loin que je suis capable de m'en souvenir. Mais maintenant... et ce même si c'est toujours dur, je n'en dis pas le contraire, et même si je n'oublierai bien évidemment jamais, je réalise qu'au moins ses souffrances ont été abrégées, avant que la Braise ne le ronge complètement. Il a fait un choix. Et en choisissant cela, il nous demandait d'accepter avec lui. Newt l'a fait, en lui tendant son arme. Et tu dois le faire, à ton tour. Pas pour Winston. Pour Newt.
Les mots de Fry saisissent Thomas droit au cœur. Mais tout ce qu'il peut y répondre, parce que c'est ce qui s'impose à son esprit, c'est:
- Il n'a pas choisi…
- Personne n'a choisi d'être contaminé. Frypan ne lui laisse pas le temps de finir ce qu'il voulait dire. Mais Newt le savait, il savait que ça allait lui tomber dessus. Même si…
Il laisse sa phrase en suspension, avant de reprendre:
- Il n'aurait pas voulu continuer avec le virus, tu en es conscient aussi bien que moi. Et ça n'aurait même pas été une option possible. La braise... je ne vais pas reparler de ce sujet. Mais Newt voulait lui aussi, que ses souffrances soient abrégées, et qu'on ne le laisse pas sombrer dans la folie. Tu as fait ce qu'il fallait faire. C'était la seule solution. C'était trop tard pour le soigner, tu le sais Thomas.
Les paroles de Frypan l'ont frappé de plein fouet, aussi simplement que ça. Parce qu'il n'est pas passé par quatre chemins, il est allé droit au but. La voix de Thomas se brise quand il répondit, en réalisant que son ami a raison:
- Oui. Je le sais.
Alors le cuistot lui offre un sourire, avant de se pencher de nouveau sur ce qu'il était en train de faire avant que n'arrive le brun. Thomas sait que dans l'ordre des choses, il devrait aller s'asseoir, laisser Fry travailler, maintenant, mais il y a quelque chose qu'il veut dire, encore. Il a le sentiment qu'il reste quelque chose sur ses lèvres, qu'il a besoin d'en parler à Frypan, même si c'est douloureux pour lui. Alors c'est ce qu'il fait:
- Fry?
Le concerné relève une nouvelle fois la tête.
- Newt, hum… Il m'a écrit une lettre avant de… enfin, tu vois, quoi.
La gorge de Thomas se serre, quand il parle. Mais il continue, il veut aller jusqu'au bout de ses phrases, ne plus butter sur les mots. Ne plus se sentir aussi impuissant face à son deuil, à la douleur qui pèse sur son coeur, à toutes ces choses qui le submergent et qui l'étouffe. Il veut juste parvenir à redevenir maître de lui même - que ce ne soit plus sa souffrance, qui le gouverne.
- Parmi les choses qu'il me disait… Il m'a confié que quand il repensait au Labyrinthe, l'un des trucs qui lui manquaient le plus, c'était l'odeur de ta cuisine… il a parlé de ton ragoût, je crois.
Il termine avec avec un léger rire, et sur le visage de Frypan, il y a cette fois un large sourire. C'est étrange, de parler de choses aussi futiles que ça, mais ça leur fait du bien, dans un sens. Parce que l'atmosphère s'en trouve allégée. Et que c'est un pas en avant.
That's it! N'hésitez pas à me donner votre avis (même s'il est critique! Je suis preneuse des conseils aussi haha)!
Missfleurdelune
