Cette nuit là, Severus fût appelé par le Seigneur des Ténèbres. Il fût torturé par son « Maître » quand il dit à celui-ci qu'il ne savait pas où se trouvait Harry Potter pendant les vacances. Ce qu'il ne savait pas, c'est que deux autres personnes assistaient à cette torture, une, impuissante, alors que l'autre faisait de son mieux pour arrêter cette séance de torture.

- Père, murmure la voix de Amélia dans l'esprit de Voldemort, si tu le tues, il ne te servira plus à rien.

- Amélia, chuchote la voix du Seigneur des Ténèbres en arrêtant le sort de douleur sur son serviteur. Amélia, la chaire de ma chaire, où es-tu?

- Je suis avec toi, entend le Seigneur des Ténèbres dans son esprit. Je suis dans ta tête, père. Si ses nerfs sont affectés, tu ne pourras plus profiter de ton investissement de sa Maîtrise de Potions. Sois le Serpentard que tu es et fais honneur à notre ancêtre. Vois à long terme. Tuer ou rendre ton espion invalide n'est utile à personne.

- Tu as raison, ma petite flamme des Ténèbres, dit Voldemort à haute voix. Que serais-je sans tes bon conseils, ma petite conscience rousse?

- Laisse le partir, père. Laisse le penser ses plaies pour qu'il puisse te rendre fier de lui.

- Severus!

- Oui, Maître, dit le Maître des Potions, encore tremblant en se relevant pour se remettre à genoux devant le Lord noir.

- Il semblerait que tu sois chanceux, se soir. Ma conscience me pousse à te laisser partir. Alors vas! Et ne me déçois plus.

- Bien, Maître, dit Severus en se levant et en partant le plus rapidement possible.

Il retourne donc dans les cachots de Poudlard en tremblant de tous ses membres. Quand il entre enfin dans ses cartiers, il est surpris de voir une potion antidouleur, une de régénération de nerfs, une de régénération de tissus et une fiole de sommeil sans rêve, sagement installées sur la table basse du salon et dans cet ordre. Il ne sait pas si il doit être en colère contre Amélia d'avoir fouillé dans ses réserves personnelles ou la remercier sur les 15 prochaines générations pour ce qu'elle a fait. Il décide d'y penser plus tard en avalant les fioles dans l'ordre où Amélia les a placées. Il s'affale ensuite sur le divan et s'endort d'un sommeil profond et sans rêve.

Quelques minutes plus tard, Amélia appelle Winky pour qu'elle installe son maître dans son lit, le mette en pyjama et le borde avant de sortir de la chambre. Une fois la jeune femme rassurée de son état, elle retourne dans la sienne, dit à Salazar que Severus s'en remettra et va se coucher pour le reste de la nuit.

- Comment tu as fait? Demande la voix du professeur de potions dès que Amélia ouvre les yeux au matin.

- Fais quoi? Demande Amélia en fronçant des sourcils.

- Ne joues pas à ça avec moi! Comment tu as fait pour lui dire d'arrêter de me torturer! Je ne t'ai pas entendu toi, mais je sais qu'il te parlais, à toi! Comment tu as fait!

- Je… Je partage, plus ou moins, mon esprit avec lui, dit doucement Amélia en regardant ses doigts d'une voix tremblante d'appréhension. Si… si ma mère était encore en vie, je partagerais ça avec elle aussi, je crois. Il ne peut pas entrer dans ma tête, mais la sienne m'est grande ouverte. Il me croit morte depuis qu'il a disparu, il croit que je suis sa conscience depuis presque toujours. Il m'a vue grandir dans son esprit, même quand il n'avait pas encore de corps. Il me voit moi, comme vous m'avez vue dans votre tête il y a deux jours.

Un long silence s'étire entre les deux sorciers avant que le Maître des Potions ne le brise.

- Merci, Amélia, dit doucement Severus, une fois satisfait de cette explication. Et merci pour les potions, cette nuit.

- Je… je ne savais pas si j'avais le droit de les prendre. Mais j'ai décidée d'assumer votre hypothétique colère que de vous voir souffrir plus longtemps…

- Je ne suis pas en colère contre toi, Amélia.

C'est à ce moment que quelqu'un frappe à la porte des appartements de Severus. Il va répondre et fait entrer la personne qui s'est invité chez lui. Amélia entend alors la voix de son grand-père.

- Severus, vous devez aller au Quartier de l'Ordre, c'est urgent. Harry a encore eu une vision de Voldemort et ça l'atteint de plus en plus. Il a besoin de vos cours d'Occlumancie. Je me suis arranger pour que vous restiez sur place avec Amélia au Square pour le temps qu'il reste aux vacances. Moi je reviens à Poudlard.

- Vous ne croyez pas que VOTRE petite-fille souhaiterait rester avec vous? Demande Severus, d'un ton polaire. Ou même que vous lui demandiez son opinion sur la chose?

- Je crois pas qu'Amélia ait vraiment une opinion sur ce sujet. Tant que vous êtes là pour la surveiller, je sais que tout ira bien.

- Je ne parle pas de ça, Albus! S'écrit Severus. Vous êtes sa seule famille qui lui reste, avec le Seigneur des Ténèbres et vous ne la considérez pas plus qu'une vulgaire marchandise!

- Ne vous emportez pas comme ça, mon garçon. Elle comprend le rôle que j'ai à jouer dans cette guerre. Elle sait que le bien commun passe avant les caprices individuels. Elle n'est ni égocentrique, ni égoïste. Elle sait où est sa place et où est la mienne.

- Votre rôle dans cette guerre, certes, mais votre rôle dans SA vie! Vous êtes son grand-père! Par Salazar! Vous jouez au grand-père avec Potter, qui est un étranger pour vous alors que vous négligez totalement les besoins de votre propre petite-fille!

- Non! Je ne le fais pas, dit Albus d'un regard dur. Et vous serez au Quartier Général avec Amélia dans une heure. Me suis-je bien fais comprendre?

- Oui, Maître, dit amèrement Severus d'un ton acerbe. En passant, c'est son anniversaire aujourd'hui. Je tenais à vous le rappeler, comme vous aviez l'air de l'avoir oublié.

- Je m'arrangerai avec Molly pour qu'elle lui fasse un gâteau, dit Albus, d'un geste vague de la main, avant de tourner les talons et partir à grands pas vers son bureau.

Severus reste sans bouger à regarder la porte que vient de passer son employeur, sous le choc. Il ne pensait pas que Albus pouvait être aussi sans cœur. Lui qui passe son temps à parler d'amour et de deuxième chance. Il n'offre ni l'un ni l'autre à la seule famille qui lui reste.

- Ça n'a pas d'importance, Severus, dit doucement Amélia en sortant de sa chambre.

- Ça devrait en avoir, Amélia, dit Severus en passant des bras protecteurs autour des épaules de l'adolescente. Ça devrait en voir…

Il pose doucement sa joue sur le sommet de la tête rousse en caressant distraitement ses cheveux. Amélia ferme lentement les yeux en laissant couler une larmes sur sa joue. Jamais personne n'avait pris sa défense de cette façon avant. Jamais personne n'avait pris sa défense tout court.

45 minutes plus tard, Amélia est dans l'entrée du 12 Square Grimmaurd avec son petit sac de perles dans la poche de son jean et Alya autour de son poignet gauche, qui était invisible. Sentir le corps fin, enroulé autour de son bras, l'aidait à étouffer son angoisse. Ça et la présence de Severus derrière elle. Il la guide vers la cuisine en posant une grande main rassurante dans son dos.

Elle s'arrête dans l'encadrement de la porte. Il y a énormément de gens dans cette pièce. Beaucoup de têtes rousses, plus orangées que la sienne, qui est plus sombre, un homme bizarre avec un œil magique et une jambes de bois, une jeune fille de son âge au cheveux ébouriffés, un garçon aux cheveux noirs avec des yeux verts perçants derrière des lunettes rondes, un homme avec plusieurs cicatrices sur le visage avec des cheveux châtains et un regard doux qui était assis à côté d'un autre aux cheveux brun foncé avec des yeux gris et encore plusieurs autres personnes qui la regardent avec compassion.

- Ah! Amélia! Te voilà! Dit une femme rousse, pas plus grande qu'elle, qui s'approche trop rapidement à son goût.

Amélia se recule et se colle à Severus sans le faire exprès. Il pose une main apaisante sur son épaule et elle se détend immédiatement.

- N'ais pas peur, mon petit. Tu es en sécurité ici.

- Tu es plus en danger avec Servilus qu'avec nous, dit l'homme aux yeux gris.

Amélia lève un sourcil dubitatif en le détaillant du regard. Elle n'a pas besoin de plus pour savoir qu'elle ne l'aime pas. Il y a des gens comme ça, avec qui on sait qu'on ne s'entendra jamais sans vraiment les connaitre. On en a pas besoin, c'est l'instinct. Et l'instinct de Amélia lui disait de ne pas écouter les conneries de cet homme.

- Albus nous a dit que c'était ton anniversaire aujourd'hui, reprend la dame rousse. Il est désolé de ne pas pouvoir être là, mais on va te faire un petit quelque chose.

- Merci, madame, dit timidement la jeune fille. Mais ce n'est pas nécessaire.

- Ça nous fait plaisir. En passant, je vais te présenter tout le monde. Je suis Molly Weasley, voici mes fils Ron, Fred, George et Bill et ma fille Ginny. Ensuite il y a Hermione, Harry, Remus, Sirius et Tonks. De l'autre côté de la table il y a Maugrey, Kinsley, Mondingus, Estia et finalement Dédalus. Je n'ai pas besoin de te présenter Severus. Hermione va te montrer la chambre des filles et tu pourras t'installer.

Prise de panique, Amélia lève la tête vers le Maître des Potions qui voit tout de suite la détresse dans ses yeux océans.

- Elle restera avec moi, dit Severus, catégorique.

- Voyons, Severus, c'est inconvenant. Une jeune fille de son âge, dit Molly.

- Je n'en ai rien à faire, dit-il. Elle reste avec moi ou nous repartons à Poudlard.

- Et toi, ma chérie, où veux-tu aller? Demande Molly en la regardant avec des yeux doux.

- Je… je veux rester avec Severus, dit Amélia, hésitante, comme si elle s'attendait à ce que l'homme la rejette.

- Alors c'est réglé, dit l'homme en noir.

- Severus, dit Molly en fronçant des sourcils.

- Où nous installons-nous, demande le Maître des Potions en la coupant dans son élan.

L'homme du nom de Remus se lève alors et leur dit de le suivre. Amélia lui emboite le pas quand Severus met une main dans son dos pour l'inciter à avancer.

Elle monte deux étages avant que Remus ne s'arrête devant une chambre.

- On ne s'attendait pas à ce que vous partagiez la chambre, dit-il en se frottant la nuque de sa main droite. Alors il n'y a qu'un lit.

- On va s'arranger, lui dit Severus d'un ton cassant.

Severus passe devant Amélia et lui tient la porte pour qu'elle entre avant lui. Elle remercie timidement Remus et entre dans la pièce sombre. Severus entre derrière elle est allume les lampes à l'huile d'un coup de baguette. La pièce est quand même assez grande, avec un très grand lit dans un coin et un divan de l'autre. Il y a aussi une salle de bain avenante où Amélia propose au Maître des Potions de le convertir en laboratoire pendant leur séjour ici. Il lui sourit en acquiesçant à cette suggestion.

- Est-ce que…

- Oui? Demande Severus.

- Est-ce que j'aurai le droit de venir?

- Si tu ne fais rien exploser et que tu ne fais rien quand je ne suis pas avec toi, je ne n'y vois pas d'inconvénient, dit-il avec un fin sourire.

- Merci, Severus! S'exclame la jeune femme avec le sourire le plus rayonnant qu'il ait vue sur ce magnifique visage.

- Allez! Installe toi, je vais prendre le diva.

- Je peux le prendre, moi, dit doucement Amélia. Je suis beaucoup plus petite que vous. Je n'aurai pas à me plier en trois pour y entrer.

- Je te suggère alors une nuit sur deux, propose le Maître des Potions.

- D'accord, mais je refuse que vous dormiez sur le divan quand vous êtes appelé.

Vaincu, Severus hoche la tête en sortant sa malle rétrécie de la poche de sa robe. Amélia fait alors la même chose avec son sac de perles. Elle sort le pyjama que Severus lui a prêté la première nuit dans ses cartiers et le dépose sur le bras du divan. Elle sort plusieurs livres et les range sur la commode que Severus lui dit de prendre alors qu'il prend l'autre à côté. Severus lui propose ensuite de protéger la porte de leur chambre avec un mot de passe. Avec la horde de Gryffondor dans cette maison, on n'est jamais trop prudent. Elle rit doucement et lui propose un mot de passe en Fourchelang. Elle lui apprend le mot belladone, dans la langue des serpents. Quand il finit par pouvoir le prononcer à la perfection, il fait le sortilège sur la porte en glissant le mot sifflé en Fourchelang dans la formule. Une fois fait, Amélia sort, de son sac de perles, le portrait de Salazar qu'elle avait dans sa chambre et qu'elle avait rétrécit et l'installe sur sa commode. Elle le laisse en compagnie de Alya avant de sortir de la chambre avec Severus pour retourner dans la cuisine avec lui.

C'est le moment de déjeuner et Molly l'invite à s'assoir. Elle s'installe donc à la droite du Maître des Potions quand il lui présente la chaise à côté de lui. La fille du nom de Hermione lui pose plein de questions sur ses études, d'où elle vient et Amélia se sent de plus en plus détendue quand Hermione commence à lui parler en français. Cette langue lui avait manquée.

- Tu as vraiment tes ASPIC depuis que tu as 13 ans? Demande la lionne ébouriffée en levant les sourcils de surprise.

- En effet, dit simplement Amélia.

- Alors tu vas pouvoir nous aider pour nos devoirs de vacances, demande alors le garçon du nom de Ron.

- Je peux, répond Miss Dumbledore. Mais je ne les ferai pas à ta place. Si je te donne les réponses, tu aurais l'air d'un idiot devant ton parchemin de jour de l'examen.

- C'est ce que je me tue à lui dire depuis notre première année, dit alors Hermione en levant les yeux au ciel, devant le regard amusé de Amélia.

Sirius Black passe son temps à envoyer des pics au directeur de Serpentard en essayant d'amuser Amélia, qui perd de plus en plus patience envers cet homme puéril.

- Vous savez, Mr Black, vous devriez vous trouver un passe-temps. Ça vous ferait du bien et penser à autre chose. Ce n'est pas bon de vivre dans le passer, comme vous le faites, dit Amélia avec sagesse. J'imagine que pour vous, les années à Poudlard ont étés les meilleures de votre vie, mais vous vous empêchez de profiter de ce que vous avez maintenant, en vous emprisonnant de cette façon dans vos souvenirs.

- Et qu'est-ce que j'ai, maintenant? Demande Black en la regardant curieusement.

- Vous avez votre ami d'école à vos côtés et votre filleul avec vous. Vous devriez en profiter au lieu de laisser les bons moments vous filez entre les doigts, comme vous le faites. C'est ce que je ferais moi, si j'en avais la chance.

- Mais, tu as Dumbledore, non? Demande Sirius.

- Ah oui? Et il est où, en ce moment, selon vous?

Sirius a le regard dans le vague un moment avant de reprendre un peu du poil de la bête et de relever la tête.

- Tu nous as, maintenant. Et tu as Servilus.

- Qui? Demande Amélia en faignant l'incompréhension.

- Rogue, répond Sirius.

- Oh! Severus, vous voulez dire. Oui, je suis très reconnaissante qu'il s'occupe de moi comme personne ne l'avait fait avant.

Elle est seule avec Sirius dans la cuisine pour leur petite conversation. L'animagus canin voit bien qu'insulter Rogue devant cette jeune fille n'est pas une bonne idée. Si la petite-fille de Dumbledore apprécie autant Rogue, il va se faire passer un savon si il lui fait de la peine. Sirius voit Amélia sursauter violement quand Molly lui touche l'épaule pour lui demander quelque chose. Sirius reconnait immédiatement les réactions de mauvais traitement sur un enfant. Il avait les mêmes quand il est arrivé à Poudlard. Ça ne peut pas être Rogue qui l'a battue, elle est avec lui seulement depuis une journée et demi, de ce que leur a dit Dumbledore. Alors que ces réactions se forgent avec les années à vivre la violence. Sirius se demande bien où est-ce que cette fille était avant d'arriver à Poudlard et ensuite chez lui. Et elle a passé ses ASPIC à l'âge de 13 ans! Même Hermione, qui est vue comme la sorcière la plus brillante de sa génération ne pourrait pas passer ses ASPIC maintenant et elle a 16 ans depuis le mois de septembre. Elle s'est peut-être réfugiée dans les livres pour s'évader de la violence qu'elle vivait là où elle était. Il repense alors à Rogue, toujours son gros nez dans un grimoire presque plus gros que lui, quand ils étaient adolescents. Ses réactions d'être déjà sur la défensive quand ils ont commencé à l'attaquer, les Maraudeurs et lui, dans les couloirs, sa façon de surprotéger cette gamine.

Sirius déglutit avec difficulté, il a peur de comprendre, tout à coup, le genre de vie qu'a peut-être eu Rogue en dehors de Poudlard. Il sort de ses pensées quand il voit Amélia se lever doucement et sortir de la pièce.