Titre: Etincelle

Auteur: Maeve Fantaisie (ou Maeve tout court :) )

Disclaimer: Les personnages ne sont pas à moi, mais appartiennent aux fabuleuses Clamp! Puissent-elles toujours créer de si merveilleuses histoires :) !

Genre: Euh... Je suis incapable de choisir un genre pour ce truc... En tout cas, ce n'est pas joyeux... (mais est-ce si triste que cela?)

Note: Cette fanfiction est née d'une question que je me suis posée: "Quel genre d'enfant était Seïshiro?" , mais ce n'est que mon humble vision des choses :) ! J'espère toutefois que cela vous plaira...

Note 2: Je remercie de tout mon coeur Sofela, Lyra Squirrel, Altayr et Kokoroyume pour leurs reviews qui, à chaque fois, me transportent de joie! Gros gros bisous à vous :) .

Bonne lecture à tous, et merci à ceux qui ont la gentillesse de me lire :) !


Etincelle, chapitre III : Trois petits mots

Ce jour-là, un sentiment était né en elle: un sentiment brûlant comme la flamme, mais qui se déversait en elle tel un torrent, bouleversant tout sur son passage. Un sentiment qui pouvait être tour à tour doux et violent, calme et tempête. Un sentiment à la fois feu et eau, et qui, jour après jour, ne faisait que croître et s'affermir au fond d'elle, au point de la dévorer toute entière...

Un bien drôle de sentiment.

Ce sentiment, elle l'avait d'abord tout simplement nié, refusé de tout son être et de toutes ses forces, mais il avait fini par s'imposer à elle, tel une évidence...

Maintenant, plus que jamais, tandis qu'elle enlaçait toujours le petit garçon et que son coeur battait à tout rompre dans sa poitrine, au risque de se décrocher.

Elle s'écarta de l'enfant, à regret, et le fixa de ses prunelles sanguines, avec, sur les lèvres, le petit sourire tendre qu'elle ne réservait qu'à lui, et qui, lui aussi, était né ce jour-là.

Après huit ans d'existence, les yeux de l'enfant étaient toujours aussi dorés et vides... et toujours aussi fascinants. Elle plongea dans ce regard dirigé uniquement vers elle avec délice, et, caressant du bout des doigts les cheveux noirs et soyeux, elle murmura doucement:

- Je t'aime...

Parce-qu'il n'y avait que ce sentiment-là pour exploser ainsi en elle et emporter avec lui à la fois sa raison et ses sens, en un tourbillon de couleurs et de sensations capable de la tirer hors d'elle-même.

Elle le serra contre elle une fois de plus.

L'enfant ne réagit pas. Habitué à ces marques d'affection, il se laissa totalement faire, se contentant d'observer le visage de la femme au-dessus de lui, les yeux à peine écarquillés.

D'observer ces prunelles écarlates qui pétillaient, comme réchauffées par un feu intérieur et invisible.

D'observer ces lèvres carminées qui esquissaient un sourire doux comme une caresse.

Alors le regard du petit garçon se perdit au loin, par-delà les arbres du jardin, et il murmura lentement, presque sans s'en rendre compte, presque avec difficuté, toujours niché au creux des bras maternels:

- Ai... mer...?

La jeune femme recula légèrement tandis qu'un éclair de tristesse traversait ses yeux de sang.

xxx

"Je t'aime"

Auparavant, ces mots n'avaient aucune signification pour elle.

Ces mots, qu'étaient-ils donc? Juste trois petits termes collés les uns à côté des autres. Trois petits mots futiles, sans sens, et bien fragiles en vérité.

Trois petits mots de toute manière vains, puisque l'être humain était destiné à mourir.

Mais ce que la jeune femme ne s'avouait pas à elle-même, c'était que ces trois petits termes, aussi futiles soient-ils, l'intriguaient. Ces trois petits mots sans importance, mais dont finalement elle ignorait le sens véritable...

Et puis ce jour-là, le voile mystérieux qui les recouvrait se déchira enfin.

En plongeant pour la première fois son regard dans celui de l'enfant, tout se fit jour dans son esprit, et son coeur fut soudain rempli de ce sentiment qu'elle ne connaissait pas encore, un sentiment sur le coup si intense qu'il avait menacéde l'engloutir.

Un sentiment qui n'avait pour origine qu'une seule personne, n'était tourné que vers elle, et n'avait pour fin qu'elle.

Alors, ces trois petits mots s'imposèrent tout simplement à elle, comme la chose la plus naturelle du monde. Ces mots s'offrirent à elle, en toute simplicité, et c'était cet enfant qui détenait, sans le savoir, la clef qui les avait libérés de leur prison.

Et, depuis, elle veillait jalousement sur ces petits mots qu'elle possédait enfin, les dissimulant au plus profond d'elle-même, les cachant de la vue du monde au milieu de sombres et épaisses ténèbres.

Mais ces mots étaient aussi Lumière et, au coeur même de leur obscure demeure, ils continuaient de briller, chaque jour avec plus de force, chaque jour avec plus d'intensité. Et malgré tous ses efforts pour les enfouir au fond de son coeur, elle les sentait la brûler, toujours un peu plus...

Mais cela lui était égal.

Parce-que malgré tout, ces trois petits mots qui doucement la rongeaient, et qui, elle le savait, causeraient un jour sa perte, elle les chérissait plus que tout. Parce-que malgré tout, ces trois petits mots, elle était simplement heureuse qu'ils soient enfin à elle.

Ces trois petits mots, elle était tout simplement heureuse de pouvoir enfin en apprécier la saveur dans sa bouche lorsqu'elle les prononçait.

Elle entendit soudain le vent souffler entre les branches du Cerisier et resserra inconsciemment son étreinte autour du petit garçon.

Ces mots avaient été gravés au plus profond de son être, et personne ne pourrait jamais les en retirer. Personne. Ce sentiment n'était rien qu'à elle, et le serait pour l'éternité.

Mais l'enfant, lui...

"Ai... mer...?"

Son regard rencontra celui du petit garçon et elle lui sourit avec tendresse.

Lui ne possédait pas ces mots. Paradoxalement, c'était lui qui les lui avait appris, sans toutefois les connaître lui-même.

Ou, tout du moins, sans les connaître encore.

Alors il cherchait. Il observait, et cherchait de toute son âme à comprendre ces trois mots qu'elle prononçait avec tant de douceur. Mais il avait beau tendre les mains pour essayer de les saisir, ils lui échappaient, coulaient entre ses doigts comme de l'eau, semblant presque le fuir.

Il avait beau tambouriner comme un fou contre la porte derrière laquelle ils se cachaient, celle-ci restait obstinément close. Il possédait la clef qui permettait d'ouvrir la porte de sa mère, pas la sienne.

Cette dernière, c'était quelqu'un d'autre qui la possédait.

Ainsi, la signification de ce sentiment lui restait obscure malgré tous ses efforts, et lui demeurait finalement creux et vide.

Mais elle les avait bien devinées, les questions qui se bousculaient malgré tout dans l'esprit de l'enfant, comme dans le sien autrefois.

Elle les avait bien senties, ces questions qui le hantaient sans cesse, tournaient et retournaient dans sa tête, toujours les mêmes, et auxquelles il n'avait pas de réponse.

Cependant, elle attendrait qu'il les lui pose pour tenter de l'éclairer.

Tout comme elle, son fils n'avait confiance en personne, sinon en lui-même. Il ne croyait en rien et ne se fiait à personne, même pas à sa propre mère. Dès son plus jeune âge, elle l'avait bien remarqué...

Son fils, tout comme elle, était fier et obstiné.

Il ne criait ni ne pleurait après s'être blessé.

Il se relevait seul après être tombé.

Il chercherait seul les réponses à ses questions.

Alors, obstinément elle aussi, elle attendrait.


L'auteur, heureuse et songeuse : Je suis finalement arrivée au bout de ce chapitre, youpi :) ! Il m'a donné du fil à retordre, surtout la deuxième partie: je n'arrivais pas à bien exprimer ce que je voulais, et mes phrases ne me convenaient pas trop. Raaaaah! Je n'arrive pas à me mettre dans la tête de Seïïï! (Seïshiro: Encore heureux... ; l'auteur: Maiheu! T.T ; Seïshiro: Et avec ma mère, tu y arrives mieux? ; l'auteur, hésitante : Bah c'est que... Pas vraiment en fait, parce-que, euh... (avec une toute petite voix) Je ne pense pas véritablement à elle lorsque je parle de ses sentiments... Mais c'est vrai que c'est plus facile! ; Seïshiro: ... Je vois. En vérité, toi aussi tu es "obstinée". ; l'auteur, toute penaude : Dé... désolée! T.T) Et puis, il y a deux jours, j'ai réécrit le passage qui m'embêtait le plus, presque d'une seule traite, et en changeant presque toutes mes phrases :) ! Les mots se sont "imposés à moi", si je puis dire, hihi! C'est quand même bizarre, l'inspiration... (haha, je crois que j'aime bien le mot "bizarre" :) ! )

Au final, je suis tout de même contente :) ! N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez...

Le prochain chapitre est normalement le dernier, à part si je le coupe (mais je n'ai pas envie...) . Je ne suis décidément pas douée pour équilibrer mes chapitres, hihi :) !

Bon, je ne vais pas vous embêter plus longtemps avec mes bavardages :) . Merci à tous ceux qui m'ont lue, gros bisous, et à bientôt pour la suite :) !

Maeve