Bonjour tout le monde ! Je vous souhaite une excellente lecture pour ce chapitre 3 modifié !


CHAPITRE 3 : Une machiavélique assaillante.

Pour une fois, Mai exécuta les ordres de son patron avec grand plaisir. Depuis qu'elle avait quitté son chevet dans la salle de bain, la jeune fille s'inquiétait pour Maxime. Dans la confusion du moment, discerner l'étendu des brûlures s'était avéré difficile, et elle ignorait l'importance des commotions de l'enfant. Elle espérait de tout son cœur que ses atteintes soient superficielles et que d'ici quelques jours il puisse reprendre le cours de sa vie insouciante et gaie. Le jeune femme sentit la colère monter en elle, comment pouvait-on s'en prendre à un si jeune enfant ? Quoi qu'il advienne, elle se jura de mener cette enquête à bien, et de débarrasser le monde d'un être si cruel.

Elle errait à travers les étages, confuse devant les allées de portes toutes semblables les unes aux autres. Elle ignorait où se situait la chambre de Maxime, et parcourait les couloirs aléatoirement. Elle gardait bon espoir de rencontrer quelqu'un capable de l'aider. Elle pressa le pas, impatiente de connaître l'état de santé du blessé. Après un enchaînement de couloirs et d'escaliers, elle toucha enfin au but. Elle aperçut au loin une silhouette qu'elle reconnut aussitôt, aucun doute possible, il s'agissait de Caroline. La femme pourrait lui indiquer son chemin. Soulagée, elle fit un pas vers elle.

-Excusez-moi madame, pourriez-vous m'accorder un petit instant ?

Mai s'était efforcée d'être la plus naturelle possible mais devant la chef de famille elle devenait timide.

-Que puis-je pour vous ? Répondit Caroline en se retournant.

Elle découvrit alors son visage avec surprise. Certes elle n'avait eu que peu d'occasions de la voir, mais elle le savait cette fois-ci, quelque chose semblait différent. Ses traits paraissaient plus froids, plus sévères. Son expression ainsi fermée dégageait un sentiment inquiétant. Mai l'observa avec attention, elle ne put réprimer une sueur froide. Il lui fallut un instant avant de réussir à parler.

-Je me demandais si vous pouviez m'indiquer la chambre de Maxime. Demanda-t-elle très gênée.

Elle percevait désormais une impression d'hostilité autour de Caroline, qui se mua rapidement en une présence maléfique. Oui, elle pouvait très nettement ressentir une troisième personne derrière la maîtresse de maison. Cependant, elle ne l'aperçut pas.

-Continuez dans cette direction, ce sera la dernière porte avant la bibliothèque.

Son ton sec et distant glaça le sang de Mai, elle voulut couper court à cette conversation.

-Merci, Je m'y rends immédiatement.

Caroline repartit vers le couloir opposé. La jeune femme quant à elle ne bougea pas, ne préférant pas lui tourner le dos. Elle suivit son ainée des yeux, la gorge nouée, comme si quelque chose allait surgir. Malheureusement, elle ne s'était pas trompée. Lorsque la chef de famille passa devant le petit miroir suspendu sur le mur entre deux tableaux d'une valeur inestimable, la jeune fille cru voir quelque chose. L'espace d'une seconde, Mai avait vu deux reflets dans la glace, celui de Caroline et celui d'une autre femme la poursuivant.

Elle mit un instant avant de réaliser ce qu'il venait de se dérouler sous ses yeux. Elle pouvait enfin associer un visage à cette présence qu'elle avait ressenti toute la journée. Paniquée, elle partit précipitamment vers la chambre de Maxime pour s'y réfugier.

Elle arriva essoufflée devant la porte mais malgré sa terreur attendit d'avoir retrouvé son souffle avant d'entrer. Elle ne voulait pas débarquer dans cet état et effrayer d'avantage le garçon et sa mère. Mai trouva Béatrice au chevet de son fils endormi. L'enfant semblait enfoncé dans un sommeil paisible et seuls les bandages qui recouvraient son corps trahissaient son accident.

-Comment vas-t-il ? Interrogea la jeune fille.

Beaucoup mieux, merci. Le médecin n'a décelé aucune blessure profonde et est assez confiant quant à la rapidité de sa guérison.

-Qu'elle excellente nouvelle ! Il a eu de la chance !

Mai rassurée sentit les muscles de sa nuque se détendre un peu. Cependant la vision flou de cette femme qu'elle avait entre-aperçut plus tôt la perturbait encore. Au risque de paraître impolie, elle se devait de questionner Béatrice sur le sujet. Après tout, elles étaient sœur et la femme devait elle aussi avoir ressenti quelque chose.

-Je sais que la situation ne s'y prête pas mais il faut que je vous le demande. Caroline nous a fait part de ses problèmes concernant sa mémoire et son comportement. Je voudrais votre avis sur ses modifications de personnalité. Avez-vous noté d'autres phénomènes particuliers ?

-Ne vous sentez pas gênée, vous faites votre travail et moi aussi je souhaite régler cette affaire au plus vite. Mais je ne comprends pas ce que vous voulez dire. J'ai certes noté une agressivité surprenante et inhabituelle chez elle ces derniers jours, mais rien de plus.

-En êtes-vous bien certaine ? N'avez-vous pas perçu comme une gêne, des frissons en sa présence ?

-Fort heureusement non ! Rien de tout cela.

Elle n'osa pas la questionner sur l'ombre qu'elle soupçonnait de suivre la présidente.

-Très bien, je vous remercie. Sur ce je dois retourner à mes occupations, mon patron n'apprécie pas que je disparaisse trop longtemps.

-A bientôt

Mai devint de plus en plus sceptique, il était désormais évident qu'elle seule percevait la présence de l'esprit. D'abord avec Masako qui n'avait pas été touchée plus tôt dans la journée et maintenant avec Caroline. Il restait une autre possibilité : peut-être que la femme s'était manifestée pour la première fois aujourd'hui ? Cela lui sembla fort probable. Dans le cas contraire la medium qui avait discuté à plusieurs reprises avec Caroline l'aurait obligatoirement remarqué. De toute manière, il fallait qu'elle se rende au quartier général au plus tôt. Elle reprit alors la route, en sens inverse.

Elle marchait depuis un certain temps, convaincue d'avoir suivi le même chemin sauf qu'autour d'elle rien ne lui apparaissait familier. Elle ne reconnaissait plus l'endroit. Envahi par l'exaspération, elle soupira. Elle était lasse de se perdre lors de chacun de ses déplacements. Où se trouvait-elle ? Elle l'ignorait. Vers où se dirigeait-elle ? Elle n'en avait pas la moindre idée. La prudence voulait qu'elle face demi-tour, qu'elle retourne dans l'autre partie du manoir, mais une part d'elle restait certaine qu'elle se dirigeait vers la bonne direction. Que se passait-il ? Elle aurait dû arriver à destination depuis un long moment. Pourquoi ses pas ne l'emmenaient-ils pas où elle le souhaitait ? Sans même en savoir la raison, elle continuait à suivre le même chemin, attirée mystérieusement vers une direction inconnue.

Mai marchait encore, l'inquiétude la gagnait, mais où allait-elle donc ? Fonçait-elle dans un piège ? Inconsciemment, elle poursuivait toujours sa route lorsque quelque chose retint son attention. C'était cette pièce, oui c'était cette pièce que tout son corps recherchait. Elle ressentait le besoin urgent d'y pénétrer sans même s'en rendre compte. C'était comme si ses mouvements étaient orchestrés par une entité lointaine, et qu'elle ne maîtrisait plus ses déplacements.

Soulagée de toucher au but, elle s'approcha de la porte restée entrouverte. A première vue, la pièce ne contenait rien d'exceptionnel. Elle fut surprise par la décoration intérieure, simple mais sublime à l'image du reste de la demeure. Les murs recouverts d'un papier peint fleuri donnaient un côté de légèreté à la chambre. Dans l'atmosphère régnait une odeur douce et délicate de jasmin. Sans contexte, la personne qui habitait ici ne manquait pas d'un certain goût. Curieuse de connaître son identité, elle observa attentivement la pièce à la recherche d'une réponse. La solution à cette énigme lui apparut très vite. En effet, elle trouva sur la petite coiffeuse au pied du lit des indices qui l'aidèrent dans son enquête.

Elle vit deux cadres photos. Sur l'un d'entre eux se trouvait l'image d'un homme qu'elle ne connaissait pas. Il ne restait qu'une seule personne de la famille qu'elle n'avait pas encore rencontrée. Ses soupçons furent bientôt confirmés, sur la seconde image, on pouvait voir le même homme en compagnie d'une femme et d'un enfant qui étaient familiers à la jeune fille. Sa certitude se renforça, cet inconnu s'avérait être Ferdinand De Plessis, le mari de Caroline resté en France.

Mai soupira, les amants vivaient séparés depuis de nombreux mois et n'avaient sans doute pas eu l'occasion de se revoir. Elle essayait de s'imaginer à quel point Caroline pouvait se sentir seule loin de la personne qu'elle aimait, surtout en ces temps difficiles. Aurait-elle pu à sa place rester si forte ? C'est vrai qu'avec un enfant à élever et à protéger elle ne devait certainement pas avoir le temps de se lamenter sur son sort. Elle admirait de plus en plus cette femme.

Délaissant les photos, Mai continua sa visite des lieux. Elle était consciente de son impolitesse, mais ne pouvait s'empêcher de s'immiscer ainsi dans la vie de cette personne qui la fascinait. Elle explorait la chambre depuis un certain temps déjà lorsqu'une présence hostile se manifesta de nouveau.

Ses poils se hérissèrent le long de ses bras, ses cheveux se dressèrent sur le bas de sa nuque tandis-que la sensation se renfonçait. Elle sentit subitement les yeux de quelqu'un sur son dos. Horrifiée elle se retourna d'un seul coup pour parcourir la pièce à la recherche de ce mystérieux observateur. Elle ne pouvait s'empêcher d'imaginer une créature terrible guettant le moindre de ses mouvements.

Ces pensées lui arrachèrent un frisson. Toutefois, malgré son attention, elle ne découvrit rien de suspect. Mais Mai ne s'y trompait pas ! Son ressentiment continuait de grandir et elle se fiait à son instinct. La menace restait présente ! Si cela ne provenait pas de derrière, la source de ce malaise se trouvait sans contexte devant elle. Après une telle conclusion la jeune fille osait à peine bouger.

Elle dut réunir tout son courage pour redresser la tête. La vision qui lui apparut alors l'horrifia. L'ombre qu'elle avait aperçu derrière Caroline n'était pas une chimère créée par son imagination. Elle était bien réelle et se tenait debout, juste là, tout près de la pauvre Mai qui tremblait de toutes ses forces. La jeune fille crut tout d'abord que l'ectoplasme se trouvait sur le même plan qu'elle mais en le détaillant d'avantage elle comprit mieux la situation.

Le miroir devant lequel Mai se tenait servait de cage à la créature. Elle comprit alors que ce simple morceau de verre serait son ultime rempart face à la haine qu'elle lisait au fond des orbites saillant du reflet maléfique.

Elle la fixait, oui, elle la fixait avec ses pupilles opaques bordées de rouge. Tétanisée, Mai ne détourna pas le regard, persuadée que si elle le faisait, le fantôme en profiterait pour l'atteindre. La femme elle, agit. Son visage d'une pâleur extrême jusque-là glacial et inexpressif se changea en un rictus machiavélique. Mai ressentit dans chaque parcelle de son corps un effroi innommable. C'était comme si elle avait devant ses yeux l'incarnation du mal.

Cet être décharné se délectait de sa peur, la jeune fille pouvait le comprendre sans la moindre hésitation. La créature soudainement éclata d'un rire fou où pointait un accent de sadisme, Mai sentit ses jambes se dérober sous son poids.

Elle savait que la chambre possédait comme toutes les autres pièces des micros et des caméras et elle était certaine que quelqu'un surveillait via les écrans en permanence. Son seul espoir résidait en ses amis, il fallait que l'un d'entre eux ne tarde pas à venir la sauver.

Elle attendit. Une longue minute s'écoula, elle fut pour Mai aussi longue qu'un mois entier. Elle patienta encore, mais personne ne venait lui porter secours. Elle se trouvait toujours immobile, terrifiée devant le miroir. La femme tout comme elle, semblait perdre patience. Mai la vit se mouvoir derrière le verre salvateur et implora le ciel pour que la surface résiste. Le sourire de la créature s'élargit, son rire retentit de nouveau dans la pièce. Lentement, comme si le temps s'écoulait pour elle au ralentit, le monstre plaqua ses deux mains sur la surface lisse de la glace, et pencha la tête vers l'avant comme si elle s'évertuait à en sortir.

Mai effarée, n'en pouvait plus. Elle se précipita vers la porte, temps-pis pour les conséquences. Elle tira de toutes ses forces sur la poignée mais rien ne se passa. Elle hurla, réalisant qu'elle était prisonnière de ces murs, enfermée avec l'effroyable fantôme. Elle voulait sortir, elle devait sortir. Elle se dirigea le plus rapidement qu'elle put vers la fenêtre, dernière issus possible. A son plus grand soulagement, celle-ci s'ouvrit du premier coup.

Elle arriva sur le balcon, et s'avança en direction de la rambarde afin d'évaluer la distance qui la séparait du sol. Sa gorge se noua, elle dut se forcer à déglutir. La chambre se situait au deuxième étage, la chute serait périlleuse, mais pas forcément mortelle. Quelle meilleure solution se présentait-à-elle ? Il n'y en avait pas. Sa seule porte de sortie, sa seule chance de survie était devant ses yeux. Sauter la libérerait. Peut-être ne se relèverait-elle jamais ? Cela lui semblait toujours mieux que de subir quelques tortures épouvantables en retournant à l'intérieur à la merci de cette femme.

Derrière elle, un bruit d'explosion de verre se fit entendre. Le fantôme avait sans doute réussit à sortir du miroir. Elle ne devait plus hésiter. Elle inspira et elle passa par-dessus la barrière la séparant du vide. Elle tenait maintenant en équilibre sur le petit rebord derrière la grille de ferraille. Elle prit une grande inspiration, le moment était venu.

Elle allait se laisser tomber, quand tout à coup, elle sentit une main se poser sur son épaule. Elle hurla, hurla et se débattit contre cette main qui la retenait avec force. Elle se sentit peu après projetée en arrière, sur le balcon. Toujours choquée et tétanisée par la peur, elle perdit connaissance.

Le noir, il n'y avait que le noir. Un noir complet, opaque, s'étendant à perte de vue. Autour d'elle il n'y avait rien. Seulement le noir, le noir, le vide et la solitude. Dans cette eau glaciale, le froid la figeait. Seule et perdue, elle grelottait. Elle était seule, seule et terrorisée. Il n'y avait rien, uniquement le noir, le froid, et une jeune fille recroquevillée dans les abîmes. Elle agonisait, elle suffoquait. Quoi qu'elle fasse l'air n'entrait pas dans ses poumons. La mort ? Était-ce la mort ? Était-elle aussi triste? Si Solitaire? Si Glaciale? Si c'était la mort, souffrirait-elle ainsi pour l'éternité?

Mai!

Une voix humaine ? En ce lieu dépourvu de toute trace de vie était-ce une voix humaine ?

Mai !

Oui, c'était une voix, c'était son prénom, quelqu'un l'appelait.

Mai!

Elle paraissait douce, chaude. Elle l'a connaissait. Oui, elle connaissait cette voix et elle l'aimait.

MAI !

Son corps se réchauffait lentement. Elle le savait, elle en était sûre. Naru, cette voix appartenait à Naru! Il était venu pour elle, pour la sauver. Elle devait le suivre, elle devait le suivre, elle devait absolument le suivre.

Lui seul serait capable de la ramener vers la lumière.

Avec peine, ses paupières s'ouvrirent.

- Enfin réveillée ? Comment te sens-tu ?

Le ton de Naru se voulait doux et rassurant, et tous avaient pleinement conscience de la rareté de ce genre d'occasions. Encore confuse, la jeune fille mit de longues secondes à revenir à la réalité. N'était-elle pas morte il y a quelques instants ? Elle essaya de se remémorer les événements précédents, tout ce qui lui revint à l'esprit c'était un froid saisissant embaumant son corps et son incapacité à respirer.

-Mai ! Tu vas bien ? Questionna de nouveau le jeune homme.

Elle sentit une main fraiche se poser sur son front. Instantanément, elle se remémora la scène du balcon. Paniquée, elle détailla la pièce. Elle reconnut vaguement sa chambre, gênée par la forte luminosité environnante. Ayako était assise sur son lit à quelques centimètres d'elle la paume sur son visage. C'était la prêtresse qui l'avait touché, elle soupira de soulagement. De l'autre côté, tout aussi proche se trouvait Naru, et à quelques mètres le reste de l'équipe.

Elle était vivante, elle était en sécurité et entourée par ses amis. Réalisant enfin pleinement la situation, elle ne put retenir des larmes à la fois de soulagement et de bonheur.

-Mai tu as mal quelque part ? S'inquiéta immédiatement Ayako en voyant la jeune fille pleurer.

- Non… visiblement je vais bien. Que s'est-il passé là-bas? J'étais pourtant persuadée d'avoir été tuée par cette femme.

-Tu veux plutôt dire par ta stupidité ! S'énerva Bo-san ne pouvant plus contenir sa colère maintenant qu'il la savait sauve. Peux-tu nous expliquer ce que tu faisais sur le rebord du balcon prête à te jeter dans le vide ? Je n'ose même pas imaginer ce qui se serait passé si Naru était arrivé une seconde plus tard.

-Quoi ? S'offusqua aussitôt Mai. Tu rigole j'espère ! Réussit-elle à placer malgré le mal de crane abominable qui la gagnait. J'essayais juste d'échapper à cette psychopathe ! Je me suis dit que sauter me laissait plus de chance de survie que d'être découpée en morceaux !

-Mais de quoi est-ce que tu parles à la fin ? S'impatienta le moine.

-Comment ça ? Je parle du fantôme du miroir bien évidemment ! Celui qui m'a attaqué lorsque je me trouvais dans les appartements de Caroline.

-Tu étais seule là-bas Mai. S'étonna John. Hormis toi, nous n'avons croisé personne.

-Elle était là pourtant ! Je peux vous le garantir ! Regardez sur les enregistrements vidéo ! Vous pourrez l'apercevoir.

-Nous l'avons déjà fait poursuivit Naru tout aussi surpris que les autres. Nous étions au QG quand tu as commencé à paniquer, à pleurer et à hurler à travers la pièce. Nous t'avons ensuite vu te diriger vers la fenêtre sans comprendre, à notre plus grand désarroi.

-Quoi ? Mais c'est impossible ! Hurla-elle à moitié.

Elle ne comprenait pas, elle l'avait bien vu, elle n'en doutait pas un seul instant. Mais pourquoi était-elle l'unique personne à pouvoir la voir?

-Laissez-la un peu tranquille ! Intervint Ayako. Vous ne voyez pas qu'elle est toujours très faible ? Elle a besoin de plus de repos.

-Non ! Je vais bien ! Contesta la jeune fille. Je suis prête à me remettre au travail.

-Tu plaisantes j'espère ! S'emporta la Miko à son tour. Ton corps ne va pas bien, tu es à bout, tout le monde ici pourrait le dire rien qu'en te regardant. Sans compter que tu n'as quasiment pas dormi la nuit dernière.

-Je n'ai pas besoin de repos ! Insista-elle, je ne changerai pas d'avis.

La dernière chose qu'elle désirait c'était de se retrouver mise sur la touche. Sans compter que rester dans cette grande chambre la terrifiait. Quelqu'un serait sans aucun doute resté à ses côtés le temps de sa convalescence, mais sur l'instant elle préférait se changer les idées en se rendant utile.

-Impuissants face à la détermination de leur amie, Ayako et Bo-san cédèrent.

-Alors qu'attendez-vous ? Retournons travailler ! S'impatienta Mai.

-Très bien Mai, mais ne te force pas trop. Demanda le moine à contre cœur.

-Naru? Nous attendons tes instructions! Continua Ayako.

La journée se terminera bientôt, avant la tombée de la nuit on ferait mieux de prendre nos précautions. Allez vérifier le matériel et préparez tout pour qu'on soit prêts en cas d'urgence, les choses vraiment sérieuses vont commencer.

Ils acquiescèrent tous en cœur et Naru reprit.

-Mai, tu resteras au QG avec Lin et moi.

-Quoi? Pourquoi? Je vous ai pourtant dit à tous que j'allais bien! Protesta la jeune fille.

-Ce n'est pas la question. Je n'accepterai pas de contestations! Tu resteras au QG, c'est tout.

Le ton glacial et sévère de Naru fit disparaître les sentiments de rébellion de la jeune fille. Elle se résolu à les suivre jusqu'à leur centre de réunion. En se levant, une fatigue écrasante s'abattit sur elle. Elle fut prise de vertiges et de nausées. Visiblement, elle n'allait pas si bien qu'elle voulait le faire croire, mais fit tout pour que personne ne remarque rien. Elle soupçonna tout de même les deux hommes d'avoir lu en elle, car le long du chemin ils marchèrent lentement et firent même quelques pauses.

Finalement, ils arrivèrent à destination. Lin lui donna quelques fiches à lire sur les nouvelles informations qu'il avait découvert auprès de la famille un peu plus tôt. Il se mit ensuite à surveiller les écrans pendant que le patron de la SPR remplissait des formulaires.

Bien que sa tâche ne soit pas très difficile, son mal de tête empêchait Mai de se concentrer. Sans qu'elle ne s'en rende compte elle sombrait peu à peu vers le sommeil. La présence de ses collègues la rassurait, c'était la première fois depuis son arrivée dans le manoir qu'elle se sentait autant en sécurité. Elle retira ses chaussures avant de s'allonger, son corps arrivait enfin à se détendre. Elle ferma les yeux, se laissant bercer par le silence. Peu après, elle dormait déjà.