« Les Onze Stratagèmes »
Lordess Ananda Teenorag
Titre : « Les Onze Stratagèmes »
Auteur : Lordess Ananda Teenorag
Série : Inazuma Eleven / Inazuma Eleven Go
Genre : Comique, frienship, romance
Résumé : Recueil de mini-fics entre nos deux stratèges d'Inazuma, dans différents contextes. Parfois rattachées à certaines fics.
Personnages principaux : Jude Sharp (Yuuto Kidou), Caleb Stonewall (Akio Fudou)
Pairing principal : Jude Sharp (Yuuto Kidou) x Caleb Stonewall (Akio Fudou)
Pairings secondaires : Allusion Victor Blade (Kyousuke Tsurugi) x Arion Sherwind (Tenma Matsukaze).
Mot de l'auteure : Un petit passage... un petit one-shot. (Rating T pour le langage fleuri de certains persos)
~…~
Troisième Stratagème
~…~
…
Soirée animée.
Sherleyton, terrasse.
…
« Et n'oublie pas la Santa Anita à la 305. »
« A votre service, Patron. »
Ah, les joies de la vie. Le travail d'équipe, le sentiment d'être utile à la société…
« Tch, tch, tch. C'est pas du tout ça, minus. Là t'es trop poli. Fallait dire 'Boss, tu me paies pour servir des pigeons, mais pas un couillon dans ton genre.' »
Rien que pour ça, ça valait la peine de bosser en plus de ses études, au lieu de surfer sur InaLink.
« Boss, vous êtes peut-être un couillon, mais vous payez bien et j'aime me foutre de la gueule des gens, vous y compris. »
« Bah voilà, quand tu veux ! Allez, rien que pour ça, je te mets une super note de stage. Oh, merde, j'en ai fait quoi, déjà, de ta fiche ? Ah oui, j'avais plus de papier toilette… »
Le Stagiaire du Sherleyton aimait son job. Ouuuuui, être serveur, c'était être au service des autres, avoir le sens du contact, et blablabla blablabla. Mais surtout…
…c'était l'occasion d'emmerder les gens, en compagnie du Dieu de la Parodie.
« J'y vais ? »
Parce que, avec Caleb Stonewall comme maître de stage, on ne s'emmerdait jamais.
« Nan nan nan. Là, t'as fait ta parodie de bon élève. J'te l'ai déjà dit, faut pas être poli. Ici, on est au Sherleyton, pas au Ritzanuma. On se la joue Bad, on se la joue Boy, et on emmerde les gens. Pigé ? »
« Yes, Patron. Tenez, vous avez vu sa tête, au gars qui arrive, là ? Je suis sûr que les motards doivent le plaindre à chaque fois qu'il met son casque… »
« Ah, lui. C'est cas spécial. Tu peux l'emmerder autant que tu veux, mais le fais pas fuir. J'ai des comptes à régler avec lui. »
Un sourire. Démoniaque. Roooooh, béni sois-tu, Maître de la Parodie.
« Je vous le cuisine à point ou saignant ? »
« A point, ça lui fera pas de mal. C'est encore un bleu. »
Quelle bonne soirée. Oui, vraiment. Encore mieux que de regarder ce dernier anime stupide et invraisemblable, sur des collégiens footballeurs qui affrontent des extraterrestres pour sauver le monde…
« Une bière. »
Tête de Pastèque était le client préféré du Stagiaire. D'abord, parce qu'avec une coiffure aussi ridicule, il avait acheté un aller direct à Parody Land – alias le Sherleyton, domaine sacré de Caleb Stonewall.
« Une… bière ? »
Et regardez-moi cet air de diva. Une… bière ? Mais ouais, t'en as jamais bu ?
« Oui. Vous n'en avez jamais bu ? »
Qu'est-ce que je disais…
« Le Sherleyton ne propose pas de bière, Monsieur. »
C'était faux, mais Caleb Stonewall lui avait appris que pour bien connaître un client, il fallait le pousser à bout. Et, de toute évidence, Tête de Pastèque the mâle avait une tronche à boire de la bière.
Et la suite avait prouvé qu'il avait totalement raison.
« Alors vous avez perdu un tiers du marché de la boisson. Les grandes figures gouvernementales sont amatrices de bière tout autant que de vin, et vous n'êtes même pas fichus d'en proposer ? »
« Je ne sais pas si les grandes figures gouvernementales apprécie la bière de comptoir, mais à priori, je pense que vous n'en faites pas partie, Monsieur. »
Et paf, IN YOUR FACE-EUH.
« … »
Ah, le délice de voir la Tronche de Pastèque s'en prendre une. Et avec ça, je vous sers… ? Ô joie, ô sarcasme, ô désespoir. C'était ça, la vie. Avec tous ses petits plaisirs. Rien que pour ça, il allait lui faire une grosse réduc, histoire de le fidéliser. Parce que, hors de question qu'il ne revienne pas…
« En vous souhaitant une agréable soirée, Monsieur. »
« (…c'est bien parce que les prix sont bas je reviendrai ici… pfff.) »
Oh, pas de méprise : le Stagiaire aimait bien Tête de Pastèque. D'ailleurs, il le connaissait plus qu'il ne le laissait entendre : lui et sa petite copine, ils avaient assisté à tous ses concerts, avec son groupe Unlimited Seeds. Eh ben, avec l'autre saxophoniste ténébreux – qui avait une coiffure aussi tarte que lui – ils étaient vachement bons. (D'ailleurs, il projetait de lui écrire une lettre de fan, mais version les Feux de l'Humour, histoire de bien le faire chier encore…)
D'ailleurs, en parlant du saxophoniste ténébreux…
« Tu es déjà venu ici ? Wouah, c'est chic ! »
« Oui. Mon collègue chanteur m'a parlé de cet endroit. Il y a pas mal de choix, c'est bien situé en plus. Et puis… on y sera tranquille. »
Oh, yeah. Coiffure Tour de Pise, à l'horizon. Le pote de Tête de Pastèque, dans le club des gens bizarres mais cools (cools pour se payer leur tronche, entendons). Décidemment, on allait bien s'amuser, ce soir. Mais, avec lui, qui c'était… ?
« Bonsoir. Deux personnes ? »
« Oui. »
Oh-ho. Un collègue coiffeur lui avait parlé de… ah, oui ! Tourbillon Ambulant. Le gars qui avait troqué ses neurones contre deux tornades aussi invraisemblables que ridicules. Alors, comme ça, il sortait avec le saxophoniste d'Unlimited Seeds ? Tch tch tch, c'était une mine d'or, ça.
« Que veux-tu boire, Arion ? C'est moi qui offre. »
« Un lait grenadine ! »
Toi, t'es encore un gamin. T'as encore rien fait avec une fille ou ton copain, n'est-ce pas ? Allez, comme je suis sympa, je vais vous donner un coup de main pour votre vie amoureuse.
« Messieurs, que puis-je vous servir ? »
Le saxophoniste prenait toujours une limonade. Ouais, allez comprendre pourquoi, le mec qui avait un regard à faire tomber les filles et un look à trucider les racailles, ne buvait pas une goutte d'alcool. Le Stagiaire du Sherleyton suspectait un sombre passé familial (ou, à défaut, un frère assez surprotecteur).
« Un lait grenadine pour lui. Et pour moi… »
Merde, lait grenadine et limonade, ça allait pas promettre les Feux de l'Amour. Merde, on était dans une fic, hein. Fallait faire un peu de fan service, nan mais.
« Rupture de stock. »
« … »
« Pour votre deuxième demande. »
Gros blanc. Battement de cils.
« Euh, comment vous pouvez deviner qu'il y a rupture de stock, pour une chose dont vous ne savez pas encore ce que c'est ? »
Ah, Tourbillon Ambulant. Béni sois-tu pour ta logique, qui, en de rares instant de lucidité, met les gens intelligents dans l'embarras.
« Intuition masculine. »
A côté, les yeux (dorés, wouah !) du saxo ténébreux s'étaient étrécis.
« Pour résumer, vous n'avez plus ce que j'allais vous demander. Et ce, même si vous ne savez pas ce que c'est. Est-ce que, par hasard… vous seriez en train de vous payer ma tête ? »
Hé, la tête du ténébreux, elle en valait la peine. Le foutre en rogne, ça faisait briller ses yeux et les gens adoraient ça. Par contre, il était intelligent, et, contrairement à Tête de Pastèque – dont l'égo obscurcissait le jugement, il avait bien vu à travers son jeu.
« En fait, il n'y a soudainement plus de lait grenadine non plus. »
« … »
Les yeux de la Tour de Pise menaçaient de faire lampadaires.
« Ça ne fait rien ! Il reste plein d'autres choses, hein, Victor ? »
« … »
Ouais, fais ton charme, Tourbillon Ambulant. Evite-moi un homicide par la Tour de Pise, parce que ce mec est beau, mais il est terrible aussi (je vous raconterai plus tard la soirée, où il a failli noyer Tête de Pastèque dans le seau de glaçons pour champagne, lorsque ce dernier a voulu danser un tango avec lui… un tango).
« Arion… ! C'est… alcoolisé. »
« Hein ? »
Les iris se doraient de nouveau – paniqués cette fois.
« Vlad ne veut pas que je boive de l'alcool… »
Clic ! Enregistré. Sa copine allait adorer le scoop, en plus. Elle qui était fan de Totor Blady, comme elle l'appelait… ça allait donner un sacré coup à son image.
« Oh ? Je croyais que quelqu'un comme toi buvait déjà de l'alcool. Mais, c'est très bien ! Tu aimes vraiment Vlad, n'est-ce pas ? Enfin… j'ai bien envie d'essayer, pour une fois. Je me demande quel goût ça a… »
« … »
« …s'il te plaît ? »
Les neurones absents du Tourbillon Ambulant touchèrent la Tour de Pise, au sommet du monde : et Cupidon arriva à Inazuma.
Autant en emporte le Vent, qu'ils disent.
« Donnez-nous ce que vous avez. »
Et une BA, une. D'ailleurs – par charité pure, bien sûr – le Stagiaire avait pris soin de les placer dans un endroit tranquille, pour qu'ils puissent faire ce qu'ils voulaient après avoir absorbé un concentré d'alcool.
« La la la la la… »
« Arrête de chanter ! Merde, la chanson des Unlimited Seeds, c'est sacré ! »
Les gens, en le voyant, se disaient : 'Oh, quel courageux garçon ! Il met tant de cœur dans son travail, c'est touchant !'. Mais, ils oubliaient que l'essence de la parodie, c'est le fun. Et son travail, il était fun.
« Je prends ma pause. »
« Ok. Tant que tu arrêtes de massacrer La Légende du Dragon Blanc… j'aime trop ce single… »
Pourtant, aujourd'hui était un jour spécial. Le Stagiaire allait passer l'examen ultime : celui qui allait déterminer son niveau d'excellence, et, son aptitude à évoluer dans le monde du travail.
« Patron ? »
Dans la pièce du fond, des éclats de voix. Forts. Amusés. Il était sûr que c'était son maître de stage, et – le plus important – pas tout seul.
« Hé, p'tit Jude. Ça fait longtemps que t'es pas venu. Tu me boudes ? »
Grand silence – celui de deux personnes qui s'apprêtent à commettre un truc rating M.
« Une partie de fous, ça te dit ? »
« Caleb, cesse de communiquer par sous-entendus. Je viens me mesurer à toi mentalement. Mentalement. Je recherche un partenaire pour une partie. Tu es intéressé ou pas ? »
Rire à la Stony. Définitivement, un rating M se profilait…
« T'inquiète pas. En termes d'excitation… mentale, ha ! Je suis toujooooours intéressé. Tiens, prends mon fou, je prendrai le tien. »
« Caleb ! »
Sieur Stonewall était un sacré joueur d'échecs. Il avait une langue acerbe comme la bière chérie de la Tête de Pastèque, et était plus brillant que les prunelles de la Tour de Pise. Mais, ce qui intéressait le Stagiaire, aujourd'hui, c'était de voir comment il allait se servir de tous ces atouts, avec le mystérieux homme qui venait si souvent.
« Kess tu fous là, toi ? »
Oups, repéré.
« Je viens voir votre partie de fous. Vu comment ça se présente, j'ai de quoi me recycler comme journaliste pour tabloid. »
« … »
L'éclat des lunettes bizarres, sur l'inconnu, ressemblait furieusement à un bouclier contre le démon qui le dévorait.
Le Démon de la Parodie.
« 20 sur 20. »
A côté de lui, Stony ricanait.
« Oh, vous aviez pas pommé ma fiche de stage dans les toilettes ? »
« Si, mais je suis pas encore allé là-bas. Du moins, pour pisser. »
« … »
Le majestueux inconnu s'enterra dans ses lunettes bizarres. C'était surréaliste – mais on se trouvait au Sherleyton, après tout.
« Caleb Stonewall, je ne te connais plus. »
« Ah, Jude, Jude, Jude… que de timidité, fier lion que tu es ! »
Quoi, le Maître de la Parodie fait de la poésie, aussi ? Franchement, trop de la balle, ce stage…
« Et maintenant… »
Charitablement, son maître de stage lui mit un coup de pied au cul – hors de la pièce.
« …tu peux dégager ? J'ai une partie de fous à livrer, moi ! Pas vrai, Jude ? »
Une partie de fous. Mais bien sûr. Ils étaient bien fous, eux, de jouer à ça.
« Je veux une augmentation. »
« On en rediscute. Après. »
La prochaine fois, le Stagiaire mettrait une caméra cachée dans la pièce. Histoire d'avoir l'occasion de négocier un contrat à durée indéterminée, dans ce lieu de perdition humoristique.
