Pendant ce temps, au sein de l'équipe d'exploration, on se posait aussi des questions.
- Je vous le dis, c'est dangereux de rester ici, avec tous ces télépathes, affirma Ronon lorsqu'ils s'engagèrent dans les ruelles aux bâtisses rustiques, moins harmonieux et détaillés que la Tour.
- Dangereux pour votre ego ou pour nous ? répondit Teyla sur un ton enjoué. La remarque fit sourire Sheppard, ainsi que McKay qui au soulagement général était redevenu lui-même de puis « la sainte gifle ».
-Haha très drôle ! Attendez qu'on soit au prochain entraînement !
- Ronon cela suffit maintenant, intervint le Colonel. Laissez-nous profiter pour une fois que les Wraith ne sont pas invités.
- Au fait McKay, vous avez trouvé l'E2PZ ? S'enquit Teyla pour changer de sujet.
- Non, je le cherche toujours. La Tour témoigne d'une telle énergie qu'il est difficile de dire où il se trouve.
- Je ne sais pas vous, mais j'ai l'impression que l'Impératrice n'est pas celle qu'elle prétend être, lança Ronon.
-Qu'est-ce qui vous faire dire cela ?
- Une intuition…
McKay après avoir mangé un gâteau qu'on lui avait offert, ajouta :
- Mais… il faut dire qu'elle…
Il ne finit pas sa phrase, attiré par une des vitrines :
- Ce n'est pas vrai ! C'est un…
- C'est exact ! C'est un bouclier personnel, termina Lorac qui avait surgi de nul part, faisant sursauter McKay.
- Mais c'est de la technologie Ancienne ! Qu'est-ce qu'elle fait là ? demanda Rodney intrigué.
- C'est simple. Jadis cette planète était sous la protection des Lantiens. Selon les dires, ils venaient souvent se reposer ici, mais quand la guerre a commencé, ils se sont repliés dans la grande Cité, Atlantis. Dans leur hâte ils avaient oublié certains objets, raconta Lorac.
Sheppard, Ronon et McKay prirent la nouvelle sceptiquement.
-Drôle d'histoire ! C'est fou ce que la peur peut faire… railla McKay
-Rodney !
-Mais je ne fais que dire mon opinion Colonel.
-Et bien cette fois-ci, gardez-là pour vous jusqu'au débriefing.
Et c'était reparti pour un tour. Sheppard contre McKay, round…tout le monde avait cessé de compter. Pendant que Ronon affichait un air faussement exaspéré, alors qu'il prenait un malin plaisir à rire de ces disputes, Lorac, lui, faisait les yeux doux à Teyla. Elle rougit, légèrement gênée par l'attitude du Mallankerien. Elle sourit chaleureusement à Lorac.
- Teyla ?
-Oui Lorac…
-Voudriez-vous être ma cavalière pour la fête de ce soir ? demanda Lorac.
La question avait le même impacte que la sourdine pour la trompette. Les reproches et piques avaient été remplacé par un rire étouffé venant des 3 Atlantes. Teyla leur jeta un regard noir avant de répondre :
-Avec plaisir, Lorac…
Le jeune homme se proposa par la suite à être leur guide pour le restant de la promenade.
- On dirait que notre Teyla lui a tapé dans l'œil, chuchota McKay lorsqu'ils eurent repris la marche.
- En effet…, nota John avec un sourire. Décidément le canadien le surprendrait encore et toujours. Il venait de réaliser qu'il ne connaissait pas encore toutes les facettes du scientifique. Il fallait dire qu'il était rare ces derniers temps de voir Rodney aussi détendu, presque normal, avec bien sûr toujours cette touche de supériorité dans la voix. A mi-chemin, le Colonel fit une pause, pris soudain d'une profonde fatigue.
-Vous vieillissez, John…même moi je peux encore marcher, plaisanta Rodney.
John afficha un maigre sourire. Il avait peine à garder les yeux ouverts et se demandait ce qui lui arrivait pour être aussi extenué…vidé. C'est à ce moment qu'il entendit une voix lointaine… Ce n'était qu'un murmure, certes, mais assez présent pour qu'il l'écoute. Elle lui soufflait de se laisser aller, de s'endormir, ici et maintenant. Elle s'occuperait de lui pendant son repos. Le Colonel luttait, mais ressentir un tel apaisement, une telle béatitude, quand on a de si lourdes responsabilités est un luxe rare et difficile à refuser. Ses défenses tombèrent l'une après l'autre, laissant s'engouffrer un brouillard dans son esprit, lui obscurcissant la vue. Il se sentit tomber dans les abysses… Mais soudain, se rendit compte qu'il entendait sa propre voix qui lui ordonnait de se réveiller, l'avertissait que tout ceci n'était qu'un piège. Il commença à ressentir une forte douleur au niveau du crâne. John était le pantin de 2 voix qui se disputaient son esprit. Etrange sentiment que d'être passif dans son propre corps et esprit. Finalement tant bien que mal, il se débarrassa, par il ne sait quel moyen, des deux voix en même temps. Il sentit une main se poser sur son épaule.
-John vous vous sentez bien ?
La voix de Rodney l'avait propulsé à la réalité. Il ouvrit les yeux et croisa un bleu intense et inquiet.
- Ne vous inquiétez pas McKay, un coup de fatigue…je crois que je vais rentrer à la Tour, dormir ne me fera pas de mal…
-Très bien, je préviendrai les autres.
Sheppard fit demi-tour et marcha d'un pas lent vers leur point de départ. McKay resta quelques instants à l'observer avant de rejoindre les autres qui l'attendait à l'angle d'une rue. Il les prévenu pour Sheppard et le petit groupe continua sa route.
Que s'était-il passé ? Pourquoi était-il tellement fatigué ? Et surtout, pourquoi sa tête lui faisait-elle tellement mal ? C'est avec toutes ces questions qu'il entra dans sa chambre, s'assit sur son lit et plongea dans un rêve des plus étranges.
Il se trouvait sur Atlantis, dans la salle d'embarquement. En regardant autour de lui, il remarqua que les fenêtres donnaient sur l'espace. John se demanda comment il était possible que la Cité vole, alors que l' E2PZ alimentait à peine assez le bouclier d'Atlantis. Cherchant encore une réponse, il entendit des bruits de dispute non loin. Pas besoin d'être un géni de l'orientation pour s'avoir qu'ils venaient de la salle de réunion. Il se rapprocha des portes closes et tendit l'oreille. Même avec une ouïe extrêmement fine due à la curiosité, Sheppard ne saisit que des bribes de phrases, mais constata qu'il s'agissait de deux personnes dialoguant en Lantien. Ce fait troubla, le militaire qui malgré avoir le gène ATA ne comprenait rien à l'Ancien, alors que là il comprenait parfaitement cette langue. Bien décidé à découvrir de quoi parlait les 2 personnes, il se concentra en fermant les yeux.
- Ce que vous avez fait ? C'est inacceptable !
-Monsieur, je l'ai fait, parce que je le croyais juste !
- Haha ! Et voyez ? Nous avons perdu trois destroyers et un vaisseau de transport!
- Alors inculpez moi de meurtre, puisque votre sens moral a tout à coup pris le dessus. Dans mes souvenirs vous avez fait bien pire que moi, chancelier.
- Comment osez-vous ! Votre pouvoir vous est monté à la tête ma chère. Certes ce qui est arrivé à votre frère est regrettable, mais bon sang vous êtes dans le « Triumvirat » !
- Eh je compte bien y rester…vous voulez une information ? Très bien, c'était vous la cible et d'ailleurs cela ne m'étonnerait guère qu'il y ait un accident dans les prochains jours…
- Serait-ce des menaces ?
- Non, un avertissement !
-Vous ne me faites pas peur. J'en ferai référence à l'Assemblée des Quinze. Vous êtes condamnée madame.
- Parlez au quinze, au triumvirat, ils n'attendent que ça pour me détrôner et puis si vous mettez en pratique vos dires, je crois que ma défense sera assez constructive pour l'assemblée, vous ne trouvez pas ?
- Vous êtes bonne pour l'asile !
Sheppard écoutait toujours, lorsqu'une main se posa sur son épaule. Il fit volte-face et tomba nez à nez avec Aisha.
- Réveillez-vous, Colonel ! dit-elle d'une voix de miel.
Sheppard ferma les yeux et les rouvrit. Il se trouvait de nouveau sur son lit.
- Ce n'est pas poli de regarder les souvenirs des autres, lui dit une voix familière. Il tourna la tête vers la propriétaire. C'était Aisha, assise au le bord du lit, sa main toujours posée sur l'épaule du Colonel.
- Les souvenirs des autres ? Mais qu'est-ce que…
-Vous le saurez bien assez tôt, croyez moi. En tous cas vous avez une grande résistance au con…
-Vous voulez dire que vous avez essayé de me contrôler ? s'exclama Sheppard.
- Non, ce n'était pas moi.
- Mais vous savez qui c'était, n'est-ce pas ?
Aisha acquiesça d'un hochement de tête, puis continua d'une voix encore plus douce.
- Vous avez quelque chose de spécial, Colonel. Peu de gens peuvent résister à une telle pression mentale.
- Je crois avoir la réponse à cette question, commenta Sheppard en se redressant.
Il regarda Aisha droit dans les yeux. Ceux-ci le troublaient. Ils reflétaient une inquiétude profonde de même qu'un soulagement immense.
- Je vous écoute.
- Eh bien, j'ai le gène ATA… le gène des Anciens, ajouta-t-il entrevoyant l'expression interrogative d'Aisha. Je pilote des Jumper à longueur de journée et j'initialise et utilise la plupart des artefacts et autres objets Lantiens.
Il fallut du temps à Aisha pour assimiler ces paroles. Elle frissonna, malgré la tiédeur de la pièce, puis murmura :
- Effectivement ça doit être cela. Dans ce cas, c'est plus grave que je ne le croyais ! Je n'aurais jamais cru qu'elle irait aussi loin.
- Elle ? demanda Sheppard arrachant ainsi Aisha de ses pensées.
Elle se leva d'un bond et s'apprêta à partir quand Sheppard l'imitant pour exiger des réponses, tituba et piqua du nez. Aisha le rattrapa de justesse et le traîna jusqu'au lit où elle le fit s'allonger. Puis elle lui caressa ses cheveux en bataille.
- Ah les hommes, vous êtes pires que des enfants et plus têtus qu'une femme par moment…Ne vous tourmentez pas mon ami ! Votre sommeil sera paisible. J'y veillerai… Je viendrai vous réveiller pour le banquet.
Sheppard garda le silence, appréciant tout simplement les caresses de l'Impératrice. Doucement il ferma les yeux. Elle resta auprès de lui jusqu'à ce qu'il soit complètement parti dans les bras de Morphée avant de se lever et partir de la chambre.
De leur côté, Teyla et Lorac étaient arrivés à la place du marché où se trouvait une grande fontaine à l'effigie de la cité d'Atlantis. Ronon et Rodney, eux avaient préféré aller boire quelque chose dans le pub. En fait Ronon avait surtout insisté pour y aller, ne pouvant plus supporter les plaintes de Rodney. Teyla s'était donc retrouvée seule avec Lorac et contemplait la fontaine en marbre.
- Vous ne voulez pas vous s'asseoir ? fit remarquer Lorac en montrant le rebord près de lui.
- Si avec plaisir. Vous avez la chance de vivre dans cette ville. Je n'ai jamais vu un endroit aussi beau encore intouchée des Wraith! Annonça Teyla.
Elle ferma les yeux et écouta le doux chant de l'eau pour finalement se laisser emporter par le doux parfum de fête qui régnait dans la ville.
-Toute la ville est excitée pour ce soir, vous avez de la chance d'être là.
-Que fêtons-nous au fait?
Lorac eut un rictus.
- J'avais oublié que vous n'étiez pas d'ici. Nous fêtons l'indépendance de la planète. Le jour où l'impératrice a vaincu les Wraiths.
- L'impératrice ? « Mais quel âge a-t-elle ? » pensa Teyla
- Oui, c'est un très grand événement. D'ailleurs beaucoup de gens d'autres planètes viendront.
- Vous en parlez comme s'il s'agissait d'une chose unique. J'ai hâte d'y être…
Le couple engagea une conversation assez animée. Teyla appris ainsi que toute la famille de Lorac avait été guide et que lui même avait commencé à 15 ans. Par contre l'Athosienne se lassa vite de cette narration trop parfaite, trop détaillée. Elle poussa un soupir de soulagement en voyant Ronon et Mckay arriver.
- Et bien, je ne croyais pas que cela irait si vite, déclara Ronon.
- J'ai malheureusement laissé mon traducteur conanien sur Atlantis….De quoi parlez-vous ?
-Je parlais de ces deux là bas ! répondit-il en montrant sans gène Lorac et Teyla.
Celle-ci avait tout entendu. Elle ne pouvait plus se retenir. Depuis leur arrivée, Ronon n'arrêtait pas de la « taquiner ». Elle se leva et marcha à son encontre d'un pas assuré et colérique. Ronon lui sourit. Teyla n'avait aucune envie de rire et, sans crier garde, le gifla de toutes ses forces.
- Aïe ! Qu'est-ce que j'ai encore dit ou fait? S'indigna Ronon en se massant la joue.
- Ah c'est la meilleure ça, mais quel culot de demander…vos propos sont incorrectes et puis si vous gifler vous rendra un peu plus mature, alors je m'en chargerai avec joie ! Hurla Teyla.
-Vous allez voir, je vais vous…, s'emporta Ronon
Autour d'eux une foule de curieux s'était formée et regardait le spectacle avec un certain amusement.
-Voyons, vous ne pourriez pas remettre cela à demain, quand nous aurons un médecin sous la main ? Supplia Mckay.
- NON !vociférèrent Teyla et Ronon d'une même voix.
-Et c'est reparti pour un tour, Xena contre Conan…soupira Rodney.
Ils s'apprêtaient à se battre quand ils perçurent le claquement sec et distinct d'un fouet.
-Ca suffit ! Dispersez-vous à moins que vous ne teniez à faire un tour dans les cachots ! Allez, du vent ! Hurla une voix claire et féminine derrière la foule.
L'assemblée disparut aussitôt, laissant Teyla et Ronon voir une jeune femme aux cheveux blond pâle, très mince et musclée. Tout habillé de noir dans un ensemble qui semblait être en cuir. Elle aussi a un problème de hanche, pensa Rodney, en voyant les mains posées sur sa taille fine. La jeune femme regardait les Atlantes un à un avec la même expression de supériorité, accentuée par ses yeux d'un bleu acier. En soit elle était belle, non plutôt jolie, à cette âge la beauté n'a pas encore fleuri.
- Puis-je savoir ce que cela signifiait ? Les combats publics sont interdits, sous peine de cent coups de fouet! Informa-t-elle d'un ton ferme et presque jovial voir sadique.
- Et qui me les donnera ? Vous peut-être ? Vous ne seriez pas même capable de soulever un oreiller ! se moqua Ronon.
Pour lui cette inconnue ne représentait aucun danger. C'était une fille de bourgeois qui terrifiait les habitants avec un fouet. Une petite fille qui jouait aux grandes, voilà comment Ronon percevait la Mallankerienne devant lui. Celle-ci ricana, avant de faire claquer son fouet.
- Madame, il ne voulait pas dire cela ! Intervint Lorac en s'agenouillant devant la femme.
- Tu es pitoyable, Lorac. Traîné avec ces gens, je croyais que tu avais du goût…pour apaiser ton inquiétude, je n'ai pas le droit de les toucher, même si celui-là (elle désigna Ronon) mériterait que je lui fasse ravaler ses paroles.
Lorac parut surpris.
- Ce sont les ordres de ma mère, ajouta-t-elle.
- Et qui est votre mère ? demanda Mckay avide d'apprendre à connaître cette jeune fille blonde ayant certainement…de l'esprit.
- L'impératrice et aussi longtemps que vous serait sur mes,… ses terres je vous demande de vous faire oublier. Est-ce clair ?
- Sont-ce des menaces ? Interrogea Teyla
- Non un avertissement !
Teyla consulta Ronon, puis s'adressa à nouveau à la Mallankérienne.
- Nous nous tiendrons tranquille et respecterons vos lois…
-Bien ! dit-elle satisfaite.
Elle s'apprêtait à partir quand Mckay lui demanda son nom.
- Satine, mon cher Docteur, mais laissez tomber ! Je n'aime pas les génies et encore moins lorsqu'ils ont des pensées comme les vôtres ou encore qu'ils sont Sa protection! T'auras tenté ta chance mon agneau…
Elle lui adressa un sourire jaune, puis disparut dans une ruelle, laissant un McKay abasourdi derrière elle. Teyla hésita à « consoler » Rodney, car elle savait qu'il supportait très mal les échecs et les critiques, même si dans ce cas, il ne s'était encore rien passé. Oubliant 2 minutes sa colère, elle décida de se rapprocha et posa une main sur l'épaule de Rodney.
-Ne vous en faites pas, je suis sûre que vous trouverez de très belles compagnes dans cette soirée…qui sait vous pourriez même surpasser le… comment vous dites ? Le capitaine Kirk…
McKay sourit à la remarque. Voilà pourquoi il appréciait Teyla, elle avait le don de remonter le moral à quelqu'un en utilisant des thermes dont elle ignorait la signification.
- Si on allait boire un verre ? Lorac, vous connaissez un bon pub ?
-Je préfère marcher encore un peu, si cela ne vous dérange pas ! Objecta Rodney
-Bien sûr, comme vous voudrez.
Ronon fronça les sourcils. Rodney et marcher dans une phrase ? Rodney demandant à marcher ? Même dans ses paris les plus fous, il n'aurait jamais misé sur la dessus. Sheppard ne le croirait sûrement pas. Il suivit McKay, Lorac et Teyla en retrait jusqu'à une petite colline où le groupe fit une halte.
