DISCLAIMER : Tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling.
Rating : M+ 18
Genre : romance / slash / Yaoi
Merci à tous les followers et pour vos review !
Bonne lecture !
23 décembre
A cinq heures du matin, Harry fut réveillé en sursaut par le son tonitruant d'un cor de chasse.
Il maudit Blaise sur cinq générations avant d'enfouir sa tête sous l'oreiller. Rien n'y fit. A croire que ce maudit cornet sonnait directement à l'intérieur de sa tête.
- Soudain, il entendit un retentissant « T'ES UN HOMME MORT BLAISE ! ».
Harry ne put s'empêcher de sourire en constatant qu'il n'était manifestement pas le seul que ce réveil en fanfare contrariait. Dans la chambre d'à côté, Draco Malefoy semblait de fort méchante humeur …
Malefoy.
Harry avait ressassé toute la soirée et une bonne partie de la nuit son humiliation de la veille. Il en était encore mortifié …
Il ne parvenait pourtant pas à se sortir de la tête les mots du blond.
Ne présume pas de ce que je peux penser …
Pour une fois dans ta vie, ouvre les yeux …
Ouvrir les yeux sur quoi ? Sur le fait qu'il avait changé ? Harry eut pour lui-même un petit rire méprisant. Malefoy n'avait pas changé. Il était toujours le même bâtard méprisant et imbu de lui-même qu'il était à Poudlard.
Toujours dans la chambre d'à côté, Harry entendit l'eau de la douche couler. Le blond avait apparemment décidé de participer à la chasse.
Le brun soupira et s'extirpa de son lit. Si Malefoy le faisait, il pouvait le faire aussi.
Comme un automate, il se rendit dans la salle de bain et actionna la douche qu'il régla à bonne température. Alors qu'il laissait l'eau chasser les brumes du sommeil, son esprit s'égara encore vers ce blond prétentieux qui occupait trop souvent ses pensées. Il ne put s'empêcher de l'imaginer, debout sous le jet, l'eau ruisselant sur son corps d'éphèbe.
Harry ferma les yeux et s'adossa au mur de la cabine. Que n'aurait-il pas donné pour sentir à nouveau ses mains dans son dos, sur ses reins ? Que n'aurait-il pas donné pour que ces mêmes mains voyagent sur son torse, ses flancs, ses fesses ? Inconsciemment, Harry caressait sa poitrine, son ventre, jusqu'à arriver à son sexe qui s'était considérablement durci. Il s'en saisit, presque à son corps défendant. Une petite voix dans sa tête lui disait qu'il était intolérable qu'il puisse se caresser en pensant à Malefoy mais le premier mouvement qu'il imprima sur son membre la fit taire définitivement.
Il se masturba avec ardeur, une main appuyée contre le mur l'autre fermement enroulée autour de sa virilité. Cette main qui lui prodiguait du plaisir, il l'aurait voulu plus pâle, aux doigts plus fins et plus longs. Cette main, il aurait voulu que ce soit celle de Malefoy. La jouissance lui arracha un cri presque désespéré, étouffé par le bruit de l'eau qui coulait toujours et qui emportait avec elle, les traces de sa forfaiture.
De retour dans la chambre, il essaya de ne pas s'appesantir sur ce qu'il venait de faire.
Il trouva sur le lit les vêtements de chasse que son elfe de maison venait de lui apporter. Il se vêtit donc du pantalon vert en velours côtelé, de la chemise en coton épais kaki et de la veste d'hiver kaki également. Des bottes marron foncé complétaient l'ensemble.
Dans le grand hall du manoir, tout le monde ou presque était là.
- En route, les gars. On discutera du plan de chasse dehors, dit Blaise.
- Les filles restent ici ? demanda Harry.
- La chasse n'est pas faite pour les femmes, commenta Théodore d'un ton docte.
- Merlin Théo ! Quel macho tu fais, rigola Ron. Heureusement que Pansy ne t'entend pas …
Vu la façon dont Théo écarquilla les yeux, il valait mieux en effet que Pansy n'ait rien entendu …
A l'extérieur, chacun reçut une besace remplie de tout ce qui était utile au chasseur : couteaux de tailles différentes, lampe de poche avec piles de rechange, allumettes, jumelles, …
Malefoy considéra le contenu de sa besace et dit avec un sourire en coin :
- Tout ça ne remplacera jamais ma baguette …
- Personne ne t'a dit d'abandonner ta baguette Malefoy, répliqua Zabini. Bon, reprit ce dernier à l'attention de tous, comme certains d'entre vous n'ont jamais chassé, je propose de faire des équipes mixtes chasseur confirmé/amateur. Grégory avec Dean, Théo avec Seamus, Draco avec Harry et Ron avec moi.
Harry soupira. Evidemment, il allait faire équipe avec Malefoy.
Le blond s'était approché de Blaise.
- Tu veux vraiment qu'on s'entre-tue Zabini ? Pourquoi tu ne l'as pas pris avec toi ?
- Il y a 12 heures à peine, tu pensais pourtant que c'était moi qui avais essayé de le tuer … Faut savoir ce que tu veux Draco ! Tu restes avec Potter, un point c'est tout dit Blaise en lui tendant une arme.
Draco s'empara de la carabine et tourna les talons.
- Bon Potter, tu me suis. Tu ne fais pas de bruit et tu écoutes ce que je dis. Et avant que de t'entendre râler, dis-toi que c'est pour ta sécurité. Crois-le ou non, je n'ai pas envie qu'on te retrouve avec une balle entre les deux yeux.
- Trop aimable Malefoy.
- Ce matin, on va utiliser deux techniques de chasse : la chasse à l'approche, qui implique, comme son nom l'indique d'approcher le gibier. Elle nécessite beaucoup de discrétion, ce dont tu es naturellement dépourvu. On pratiquera aussi la technique de l'affût, qui implique d'être dissimulé au sol et de faire preuve de patience, ce dont tu es dépourvu également. On chassera le lièvre mais surtout le brocard, qui est un chevreuil mâle d'un an au moins. En route ! On en a pour au moins une heure de marche avant d'arriver dans la zone de chasse qui nous est attribuée.
Les différents groupes se mirent en marche dans le petit matin silencieux.
O°O°O°O°O°O°O
Ils marchaient depuis une bonne demi-heure sans avoir échangé une parole quand Harry finit par demander :
- Tu chasses depuis longtemps ?
- Depuis que je suis petit. Mon père m'emmenait avec lui. Mais j'avais quatorze ans la première fois que j'ai pu tirer avec sa carabine.
- Ton père avait des instruments moldus ? s'étonna Harry.
- Et oui … c'est la grande hypocrisie des sangs-purs. Nous sommes des aristocrates, nous pratiquons donc les mêmes activités, nous avons les mêmes traditions. L'équitation et la chasse en font partie, même si pour cela nous devons recourir à des instruments moldus … Et toi ? Je suppose que tu n'as jamais tué un animal de ta vie ?
- J'ai tué un serpent il y a quelques années …
- Très drôle Potter …
Au travers des lambeaux de brumes, Harry put cependant voir que le blond souriait.
Peut-être avait-il vraiment changé finalement ?
- Malefoy … je … je suis désolé pour hier. Ma réaction était excessive …
- Quelle réaction ? Quand tu m'as repoussé comme un malpropre ou quand tu as insinué que je ne cherchais qu'à t'humilier ? demanda le blond sèchement.
- Les deux … C'est juste que c'était vraiment embarrassant …
- Ecoute Potter, dit Malefoy en s'arrêtant et en le regardant bien en face, si j'avais vraiment voulu t'humilier, je l'aurais fait il y a bien longtemps et dans un endroit un peu plus peuplé que ta chambre, histoire de faire un bon spectacle.
- Que veux-tu dire ?
- Je veux dire que ça fait quatre ans que j'aurais pu répandre dans la presse les véritables raisons de ta rupture avec la rouquine ! Mais je ne l'ai pas fait.
Draco s'était remis à marcher à grandes enjambées et Harry dût presque courir pour le rattraper.
- Quoi ? Tu veux dire que … que tu sais que …
- Oui, je le sais. Ça fait quatre ans que je le sais et que je me tais car il s'agit de ta vie privée.
Flash-back
Draco Malefoy venait de recevoir une note interne du Ministre de la Magie lui annonçant la visite officielle de son homologue égyptien. Il lui demandait de prendre en charge l'organisation de la rencontre et de se concerter avec les Aurors concernant les mesures de protection.
Draco soupira. Se concerter avec les Aurors … Donc, allez voir Potter.
Bon, allons-y directement, s'exhorta Draco lui-même. Autant se débarrasser au plus vite de cette corvée.
Depuis un an qu'il travaillait comme Directeur du Département des Affaires sorcières étrangères, Draco limitait autant qu'il pouvait ses contacts avec le balafré. Malheureusement, le Survivant étant en charge des services secrets et de protection des personnalités, ils se rencontraient encore trop souvent.
Sans compter le zèle que Potter mettait à être présent à toutes les réceptions organisées par le Ministère … Lui qui criait sur tous les toits qu'il avait horreur des mondanités …
Sur ces pensées décousues, Malefoy arriva à proximité du bureau de Potter.
- …. pas ce qui me retient de te mettre mon poing sur la gueule ! criait une voix qu'il identifia comme étant celle de Ron Weasley.
Ouh ! J'arrive au bon moment, se dit-il. Il y a de l'eau dans le gaz entre la belette et le balafré. Etonnant ! La dernière fois que je les ai vu en froid, c'était en quatrième année à Poudlard quand Weasmoche a cru que Potter était parvenu à mettre son nom dans la Coupe de Feu.
- Ron, écoute … c'est compliqué …
- Il n'y a rien de compliqué ! Je veux savoir pourquoi tu as largué ma sœur ! Ginny n'a rien voulu me dire et elle était dans tous ses états !
Ooh. De mieux en mieux. Saint Potter a lourdé la mini-moche … Pour le coup, il a bien fait.
- C'est personnel Ron … je n'ai pas envie d'en parler.
- Tu te rappelles ce que je t'ai dit quand tu as commencé à sortir avec elle ? poursuivit le rouquin d'une voix menaçante. Je t'ai dit que tu aurais affaire à moi si tu lui faisais du mal !
- Justement ! s'énervait Potter. J'ai préféré rompre avec elle plutôt que de la rendre malheureuse ! J'aime ta sœur Ron mais pas comme elle le mérite !
- Foutaises ! Dis plutôt que tu as rencontré quelqu'un d'autre ! Que tu es amoureux de quelqu'un d'autre et c'est pour ça que tu la vires de ta vie !
- C'est plus compliqué que ça … Je …
- TU NE NIES PAS ! TU AIMES QUELQU'UN D'AUTRE !
- OUI BORDEL ! J'AIME LES HOMMES !
Oh putain ! Là, j'entends le cerveau de Weasmoche qui fait psccchhhhhhhh, comme une tranche de foie de veau qu'on met à cuire dans une poêle trop chaude …
- Répète ce que tu viens de dire …
Oui, oui, bonne idée. Ce sera encore meilleur la deuxième fois.
- J'aime les hommes, Ron. Je suis gay.
Ooh le doux bruit de la tranche de foie de veau qui grésille …
- Et … et tu … tu as découvert … ça … maintenant ?
Soupir à fendre de l'âme du Survivant.
- Non … je m'en doutais déjà depuis un petit temps …
- Quand ?
- Notre sixième année …
- QUOI ? Mais c'est l'année où tu es sorti avec Ginny !
Mm… pas très classe ça, Potter.
- Je sais. J'étais un peu perdu face à tout ça … je croyais que c'était un truc d'adolescent mal dans sa peau. Alors je suis sorti avec Ginny et c'était super … j'étais vraiment convaincu d'être amoureux d'elle. Et après la guerre, j'étais tellement heureux de la retrouver, que tout soit fini … J'avais l'impression d'avoir enfin une vie normale. Mais tout ça n'était qu'une façade. Et je n'arrive plus à mentir à Ginny, à toi, à tes parents et à moi surtout … je suis désolé si ça te choque Ron mais c'est comme ça. Ginny mérite mieux qu'un homme qui doit penser à un autre homme pour lui faire l'amour.
- Et … et moi … enfin, je veux dire … toi et moi … tu n'as jamais …
AAARGH ! Quelle horrrreeeeeeeuuuuuur !
- Non Ron, dit Harry en souriant. Ne le prends pas mal mais tu n'es pas celui qui hante mes rêves.
- Aaah, répondit le roux manifestement soulagé. Et … qui est … cette personne ?
Oui, bonne question Weasmoche ! On veut savoir. Je veux savoir.
- Quelqu'un qui restera à jamais un rêve, Ron.
Pauvre petit pote Potter. Si je connaissais ce sentiment, je pourrais avoir pitié.
Fin du flash-back.
- T'es vraiment qu'un sale enfoiré Malefoy ! Une sale fouine qui écoute aux portes !
- Je te signale Potter que tu n'étais pas vraiment discret ! N'importe qui aurait pu t'entendre !
- Ouais, et forcément, c'était toi !
- Oui, c'était moi. Et au cas où ça t'aurait échappé, je te rappelle que je n'ai rien dit à personne !
Harry se calma un peu. C'était vrai. Personne n'était au courant, la preuve que la fouine n'avait pas vendu l'information.
- Pourquoi ?
- Pourquoi quoi ?
- Pourquoi tu n'as rien dit ? Tu aurais pu te faire des couilles en or avec une info pareille …
Draco s'arrêta de marcher pour regarder Harry. Ses yeux gris exprimaient la colère et la douleur en même temps.
- Tu me prends vraiment pour une ordure de la pire espèce, hein ?
- A ma décharge, tu ne m'as pas habitué à autre chose qu'à me faire des coups bas…
- J'ai changé Potter ! Tout le monde le voit sauf toi ! Même tes copains le voient ! Mais toi, tu es toujours aussi aveugle, asséna Draco en reprenant sa marche.
- Tu n'as pas répondu à ma question. Pourquoi ?
- Je te l'ai dit : c'est ta vie privée. Mais je dois bien admettre que je ne comprends pas pourquoi tu tiens absolument à garder ça secret. T'as honte ou quoi ?
- Non, pas du tout. C'est juste que… j'ai pas envie que ça se sache… J'ai pas envie que les gens commente ma vie sexuelle.
- Ton mec, ça ne lui fait rien ?
- Je n'ai personne, dit Harry en rougissant légèrement.
- Quoi ? Tu n'as jamais …
- Mais si ! coupa le brun en roulant des yeux. Mais ce sont juste des coups comme ça … personne ne parvient à ...
Harry ne termina pas sa phrase.
- Hmm … ouais … ton rêve inaccessible, dit Draco.
- Tu as entendu ça aussi …
- Oui. Et il sait que tu existes ton homme idéal ?
- Oui, il le sait.
- Il sait que tu l'aimes ?
- Non.
- Pourquoi tu ne lui dis rien ?
- …
- J'y crois pas ! Par les couilles de Salazar, j'y crois pas ! dit Draco en se tournant vers Harry. Le Survivant, celui qui a maté Voldemort, le Dieu vivant du monde sorcier a peur de se prendre un vent !
Le brun était rouge jusqu'à la racine des cheveux, de colère et de honte en même temps.
- Pour ton info, c'est pas quelqu'un de très abordable ... grinça-t-il.
- Oh ça va, répondit Draco en levant les yeux au ciel. Il peut pas être pire que moi ! Or, ça ne t'a jamais empêché de me dire les choses en face !
Harry était scotché. Et comme s'il n'était plus maître de son propre cerveau, il entendit sa bouche dire :
- Ben justement … Il se trouve que c'est…
- Chhht Potter ! On est arrivé. Prends tes jumelles et observe les alentours. Si tu repères une proie, fais-moi signe. A partir de maintenant, on avance doucement et en silence.
Harry souffla. Il avait bien failli lâcher le morceau. Il respira un grand coup et fit ce que Malefoy lui demandait.
Ils avancèrent dans les bois avec précaution. Malefoy portait son arme, une carabine à deux canons superposés basculants, ouverte sur son avant-bras, afin de ne pas déclencher un tir accidentel. Il était aux aguets de tout mouvement ou bruit de la forêt et Harry lui trouva véritablement l'air d'un prédateur.
Cela faisait maintenant deux bonnes heures qu'ils déambulaient dans la forêt sans rencontrer le moindre animal. Pour autant, Harry ne s'ennuyait pas. Draco était un excellent connaisseur du milieu forestier et c'était un plaisir de le voir à l'œuvre.
Soudain, Harry remarqua un mouvement sur sa droite. A l'aide des jumelles, il avisa un chevreuil à une soixantaine de mètres. Il donna un petit coup de coude à Malefoy en lui faisant un signe de tête. En une seconde, le blond avait repéré l'animal, évalué la distance et armé son fusil.
D'un bras, il recula Harry derrière lui, épaula son arme, visa et tira. La détonation fut assourdissante. D'un coup d'œil dans ses jumelles, Malefoy eut la confirmation qu'il avait atteint sa cible.
- Et voilà, chuchota-t-il. Blaise a son repas de Nouvel An.
Ils s'approchèrent de l'animal, étendu sur la couche d'humus qui recouvrait le sol. Malefoy avait tiré avec adresse car la bête était morte sur le coup.
A l'aide de sa baguette, le blond jeta un sort sur le chevreuil pour empêcher les charognards de l'approcher, le temps qu'ils puissent revenir le récupérer.
- Viens, avançons dit Draco.
Ils se retrouvèrent ensuite dans une grande clairière.
- C'est un lieu de passage du gibier ici, précisa Draco. Installons-nous ici et attendons.
Ils s'assirent tous les deux sur un gros tronc d'arbre sec, adéquatement dissimulé derrière un buisson.
- Tu m'as impressionné tout à l'heure, chuchota Harry. Tu as eu l'animal du premier coup.
- Il semble que je t'impressionne beaucoup ces derniers jours, répondit Draco tout bas.
- Ouais … tout arrive.
Harry et Draco restèrent silencieux un moment, scrutant les alentours.
- Tu veux essayer ? demanda soudain le blond.
- Quoi donc ?
- Tirer.
- Je … oui … je veux bien essayer mais …
- Ne t'en fais pas, c'est pas compliqué. Je vais te montrer.
Il empoigna son fusil et le tendit à Harry.
- D'abord, tu fais basculer le canon comme ceci, dit-il en actionnant une molette. En faisant cela, tu veilles bien à diriger l'arme vers une direction non dangereuse, vers le sol ou vers le ciel. Ensuite, tu engages les cartouches dans les deux chambres prévues à cet effet, ici et ici. Puis tu refermes l'arme en relevant la crosse. Comme ça.
Pendant qu'il donnait les explications, il accompagnait les gestes de Harry, frôlant ses mains des siennes.
- Maintenant que l'arme est chargée, tu la portes à ton épaule, exactement au niveau du creux formé par ton épaule et ton muscle pectoral. Détend bien ton cou et pose ta joue contre la crosse. Voilà. Tu ne mets ton doigt sur la détente qu'au moment du tir. Jamais avant ! Tiens-toi bien droit, dit-il en passant sa main dans le dos du brun pour le redresser légèrement.
Il se posta ensuite juste derrière Harry et ajusta la position de l'arme. Pour se faire, il avait passé ses bras autour de ceux du brun pour repositionner la main qui soutenait le canon et celle qui allait presser la détente.
Harry ressentait avec acuité la chaleur qui se dégageait du corps de Draco et sa respiration se fit plus courte.
- Ne bloque surtout pas ta respiration Harry, dit Draco à son oreille. Tu dois être parfaitement détendu.
Le brun était tout sauf détendu alors que les mèches blondes de Draco lui chatouillaient la joue, que ses bras l'entouraient et qu'il pouvait sentir son odeur, un doux mélange d'écorces d'orange, de quelque chose de boisé et de lui.
Harry se força néanmoins à se calmer et prit une profonde inspiration qui eut pour effet de le coller encore davantage au torse du blond et de s'enivrer encore un peu plus de sa fragrance.
- Voilà. Ta position est parfaite. Quand tu actionneras la détente, l'arme aura un mouvement de recul. Pour éviter de te faire mal à l'épaule, tu dois bien tenir sur tes jambes et tenir l'arme fermement sans pour autant te crisper. Pour ton premier tir, je vais accompagner ton mouvement, d'accord ?
- D'… d'accord.
Draco se positionna plus fermement ses mains autour de celles du brun.
- Vas-y.
Harry eut à peine touché la détente que le coup parti, occasionnant un important recul comme Draco l'avait annoncé mais qui fut amorti par le corps du blond. Le choc de la crosse contre son épaule fit grimacer Harry.
- C'était très bien, dit Draco en s'écartant. Maintenant, essaye seul. L'arme est toujours chargée. Veille bien à viser le sol pour ne toucher personne en face.
Le deuxième tir fut plus précis mais toujours aussi douloureux.
- C'est parfait ! dit-il en reprenant l'arme pour la sécuriser. Ça t'a plu ?
- Ouais, j'ai bien aimé. Merci Malefoy !
- Pas de quoi … Viens, allons plus loin. Les coups de feu et nos bavardages ont dû faire fuir le gibier.
Ils s'enfoncèrent à nouveau dans la forêt. Harry marchait un peu en avant sans plus dire un mot. Ses pensées étaient confuses et son corps totalement en feu malgré la température hivernale.
Il n'arrivait plus à gérer ce qu'il ressentait pour le beau blond. Un maelstrom d'émotions se déchaînait en lui.
Draco était également perdu dans ses pensées quand un éclat métallique attira son regard plus loin devant eux.
- HARRRYYYYYY ! ATTENTION ! cria-t-il.
Il se jeta sur le brun au moment où retentissait une déflagration. Harry fut projeté au sol, Draco sur lui.
Étourdi par le choc, il mit une bonne minute à reprendre ses esprits. Draco était toujours allongé sur lui, immobile.
- Malefoy…. Draco … appela-t-il.
Il saisit le blond par l'épaule mais sa main glissa dans quelque chose de poisseux.
Du sang.
- Merde ! Draco ! paniqua Harry. Draco ! Non !
Il fit rouler le corps inerte de Draco à côté de lui et s'agenouilla. Ses mains tremblaient et la peur lui tordait le ventre.
Malefoy avait pris une balle à sa place. Il l'avait sauvé. Et il était peut-être mort.
Des larmes coulaient sur les joues d'Harry tandis qu'il déboutonnait la veste de Draco pour essayer de localiser la blessure.
Il extirpa rapidement sa baguette de sa poche et la passa le long du corps de Malefoy. C'était un sort de diagnostic sommaire qu'il avait appris à l'école des Aurors.
Apparemment, il n'avait rien au torse. Par contre, il était blessé à l'épaule. La balle avait touché son bras, déchirant le tissu et la peau. A priori, ça ne semblait pas trop grave.
Pourquoi était-il inconscient alors ?
Harry repassa sa baguette autour de la tête du blond et localisa une entaille derrière son oreille. Sans doute s'était-il cogné en tombant, occasionnant une commotion.
- Draco ! Réveille-toi dit Harry en lui frappant légèrement les joues. Allez Draco !
Draco papillonna des yeux et reprit doucement conscience.
- Merlin Draco ! Tu es vivant, dit Harry, soulagé.
- Ha… Harry … tu n'as rien ? demanda péniblement Draco en essayant de se relever.
- Ne bouge pas ! Tu es blessé à l'épaule et derrière la tête. Laisse-moi arranger ça.
A l'aide de sa baguette, il désinfecta et cicatrisa sommairement la plaie à l'épaule. Il nettoya soigneusement celle à l'arrière de la tête.
- Voilà, ça suffira le temps de rentrer au Manoir. Essaye de te redresser, lentement.
Harry soutenait Draco au cou et à la taille et parvint l'asseoir contre le tronc d'un arbre.
- Merci, dit le blond.
Il regarda Harry et porta sa main à son visage. Le brun tressaillit au contact des doigts tièdes sur sa joue.
- Pourquoi … tu … pleures ?
Harry se rendit compte que les larmes inondaient toujours ses joues et il les essuya rapidement.
- J'ai eu peur … que tu sois ... je … je ne veux pas que tu meures Draco …
- Il en faut plus pour m'abattre Potter …
- Pourquoi as-tu fait ça ?
- P… parce que … moi non plus je ne veux pas tu meures … Harry, répondit le blond avec un faible sourire.
Le brun sentit ses joues s'échauffer suite à cet aveu inattendu.
- Mais bon sang ! Qui a fait ça ? demanda-t-il avec une certaine véhémence, histoire de reprendre contenance.
- Aucune idée … je n'ai pas eu le temps de voir le tireur.
- Bon … on se préoccupera de ça plus tard. Pour le moment, on doit rentrer au Manoir pour te soigner. Es-tu en état de transplaner ?
- Oui … je pense bien que oui.
- Ok. Alors accroche-toi à moi.
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Un instant plus tard, Harry apparut dans le hall de Pembroke Manor, tenant Draco dans ses bras.
- HERMIONE ! cria-t-il.
La brune apparut sur le seuil et retint un cri d'effroi.
- Harry ! Mais que s'est-il passé ?
- Draco est blessé au bras et à la tête. Accident de chasse.
- Merlin ! Quelle idée Blaise a encore eu ! pestait-elle.
A ce moment, Ginny apparut à son tour.
- Hermione ? J'ai entendu crier. Qu'est-ce … Oh Merlin !
La rousse était livide.
- Je l'emmène dans sa chambre dit Harry. Tu as des potions avec toi Hermy ?
- Oui, j'ai tout ce qu'il faut. De l'essence de dictame et de murlap.
Pendant qu'Harry aidait Draco à gravir les marches, Hermione partit chercher ses produits.
Dans sa chambre, Draco était allongé sur son lit. Harry avait enlevé sa veste, son pull et sa chemise pour pouvoir mieux le soigner. Comme il l'avait envisagé la blessure n'était pas trop profonde mais saignait abondamment.
Il prit des mains d'Hermione les flacons de potions et entreprit de soigner les plaies en évitant de trop fixer ce torse parfaitement sculpté, à la peau fine et pâle. Quand tout fut bien nettoyé, désinfecté et cicatrisé, il posa des pansements et donna au blond une potion antidouleur.
- Repose-toi maintenant, dit-il à Draco quand il eut terminé.
- Merci … souffla le blond.
- Non … merci à toi Draco. Tu m'as sauvé la vie. Encore.
Draco arbora un rictus très malfoyen et glissa doucement dans le sommeil.
Harry le regarda s'endormir et soudain, tout devint clair pour lui. Tout ce qu'il était parvenu à refouler au plus profond de lui depuis des années explosa.
Il l'aimait.
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Pendant que Harry soignait Draco, Hermione avait envoyé un patronus à Ron et aux autres pour leur demander de revenir d'urgence.
Quand le brun redescendit au salon, ils étaient tous rentrés.
- Harry ! s'écria Blaise. Comment va Draco ?
- Ça va. Il est légèrement commotionné et il dort pour l'instant.
- Et toi ? demanda Ron. Il paraît que Malefoy t'a écarté de la trajectoire de la balle ?
- En effet … s'il n'avait pas été là, j'aurai pu être grièvement blessé.
- Mais je ne comprends pas, dit Théo. Qui t'a tiré dessus ?
- Aucune idée. Moi j'étais de dos et Malefoy n'a pas vu le tireur, répondit Harry.
Tout le monde était perplexe.
- Se peut-il que ce soit l'un d'entre nous ? formula Dean alors que tous se posaient la question.
- Ce n'est pas dur de le savoir, répondit Grégory.
Comme tout le monde le regardait, il expliqua.
- Il suffit de prendre le plan de chasse et de lancer dessus un sort de géolocalisation. Ça donnera la position de chacun au moment des faits …
- Merlin Greg ! dit Théo. J'y crois pas … On t'a greffé un cerveau !
En réponse, le grand baraqué lui montra ostensiblement son majeur.
Indifférent aux chamailleries de Théo et Greg, Blaise avait déjà sorti le plan et jetait dessus le sort adéquat :
- Locus et tempus !
Aussitôt des petits points rouges accompagnés de noms apparurent sur la carte à différents endroits en fonction de l'heure.
- Regardez ! Nous voici, Malefoy et moi. Voyons voir maintenant qui vient en face …
Tout le monde était penché sur la carte le temps de voir apparaître le nom à côté du petit point rouge qui venait de se former à un centimètre de celui de Harry.
Ron Weasley.
Harry n'en croyait pas ses yeux. Quant à Ron, il était au bord de l'apoplexie.
- Merlin … je … c'est impossible… bégayait-il. Harry … je te jure que je ne savais pas…
- C'est toi qui a tiré Ron ? questionna Seamus. Mais je croyais que tu n'avais jamais utilisé une arme !
- C'est vrai mais … je … j'ai …
- Ron m'a demandé de lui montrer comment tirer. Et je lui ai laissé faire un tir d'essai, dit piteusement Blaise. C'est entièrement de ma faute …
- Non Blaise, réagit Ron. C'est moi qui t'ai convaincu de tirer … j'avais cru repérer un gibier alors que …
Ron était livide. Il ne surmontait pas l'idée qu'il avait été à deux doigts de blesser grièvement ou mortellement son meilleur ami.
- Ecoutez, c'était un accident … dit Harry pour apaiser les esprits. Personne n'est mort et la blessure de Malefoy est superficielle. Oublions tout ça, d'accord ?
Chacun opina du chef, soulagé d'être passé à côté de la catastrophe.
- Avec ça, on aura rien à dîner pour Nouvel An, dit platement Grégory. Personne n'a eut le temps de tirer la moindre bestiole …
- Si, contra Harry. Draco a tué un chevreuil. Il est dans notre zone de chasse. Ici, dit-il en pointant la carte du doigt.
- C'est pas vrai !? s'extasia le baraqué. Oh Draco, quel saint homme. Je crois que je l'aime d'amour.
Tout le monde accueillit cette déclaration avec de grands éclats de rire sauf Harry qui restait un peu perplexe.
- Greg, si tu tiens à l'intégrité de ton entre-jambe, évite de dire ça devant lui, l'avertit Pansy en riant de plus belle.
- Ouais … merci de me rappeler que je ne suis pas son genre d'homme. Je sais qu'il les préfère plus …
- GREGORY ! Tais-toi, siffla Blaise entre ses dents.
Goyle se tut mais trop tard. Harry avait entendu.
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Draco se réveilla quelques heures plus tard, la tête et l'épaule douloureuses.
- Ça va mieux ?
Le blond tourna la tête vers l'endroit d'où provenait la voix. Harry était assis dans un fauteuil près de la fenêtre. Il avait un livre posé sur les genoux.
- Que fais-tu là Potter ?
- J'attendais que tu te réveilles.
- Tu es resté là tout l'après-midi ?
- Une bonne partie oui. Seamus, Dean et Gregory sont allés récupérer le chevreuil et les autres sont partis choisir l'arbre de Noël.
Le brun se leva et vint s'asseoir au bord du lit.
- C'était un accident… C'est Ron qui tenait le fusil … Blaise l'avait laissé essayer. Il … il ne savait pas qu'on était là.
- Hmmpff… grogna le blond.
- Ron s'en veut beaucoup, tu sais.
- Il peut ! Il a quand même failli te tuer !
- Mais ce n'est pas arrivé … grâce à toi. Par Merlin, tu me sauves la vie deux fois en deux jours de temps … je vais finir par croire que tu tiens quand même un peu à moi ! dit Harry sur un ton qu'il voulait léger.
- Ne crois rien Potter et n'en fais pas tout un plat… Considère que j'ai payé ma dette.
- De quoi tu parles ? questionna Harry sur la défensive.
- J'avais une dette de sorcier vis-à-vis de toi depuis que tu m'as sauvé de la salle sur demande. Nous sommes quittes.
Harry s'était relevé brusquement, douché par les propos du blond. Ses yeux exprimaient la colère, la peine, la déception.
- Sache que je n'ai jamais considéré que tu avais une dette envers moi Malefoy ! dit-il les poings serrés. Ce jour-là je t'ai sauvé parce que ... parce que … peu importe, soupira-t-il soudain très las. Tu as raison … nous sommes quittes.
Il se dirigea vers la porte mais avant de l'ouvrir, il dit encore :
- Tu sais, si ça t'est aussi insupportable, il ne fallait pas mentir à ton père et à ta tante, le jour où les raffleurs m'ont amené chez toi. Tout aurait été terminé ce jour-là. Tu aurais été débarrassé de moi. Définitivement.
Et il sortit en claquant la porte.
Si tu savais Harry. Tu es si loin de la vérité.
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Le soir venu, Blaise monta voir Draco. Le blond avait préféré prendre son repas dans sa chambre, prétextant une légère fatigue. La réalité était qu'il ne voulait pas affronter le regard de Harry.
- Entrez, dit le blond après que des coups furent frappés à la porte.
- Bonsoir Draco. Tu te sens un peu mieux ? demanda le métis.
- Oui, la plaie a bien cicatrisé grâce à l'essence de murlap. Et les potions ont fait disparaître mon mal de tête.
- Bien. Je suis venu te parler de ce qui s'est passé ce matin.
Draco eut un rictus méprisant.
- Mais que s'est-il donc passé ce matin, Blaise ? dit-il sur un ton parfaitement ironique.
- Pas la peine de faire du sarcasme Draco ! Ron s'en veut énormément et moi aussi !
- Oh … voyez-vous cela. J'imagine bien que la belette doit être au quarantième dessous à l'idée d'avoir failli envoyer son meilleur ami ad patres. Mais toi, Blaise ?
- Qu'essayes-tu d'insinuer ? répliqua le métis avec hargne.
- Je n'insinue rien. Je constate. Deux jours. Deux « accidents » dit le blond en mimant les guillemets avec ses doigts. Dénominateur commun : toi.
- TU NE VAS PAS RECOMMENCER !
- Dis-moi comment quelqu'un comme toi, Blaise, un chasseur confirmé, prudent, a-t-il pu permettre un tir à un débutant sans vérifier qu'il était dans une zone sécurisée ?
Comme le métis ne répondait pas, Malefoy insista.
- Alors Blaise ? Les silences sont parfois plus éloquents que les mots.
Le métis soupira.
- Draco … je n'y suis pour rien. C'est de ça dont je suis venu te parler. Je n'y suis pour rien car contrairement à ce que tu penses, j'ai vérifié que la zone en face de nous était bien inoccupée avec d'autoriser Ron à tirer.
- Elle était occupée puisque Potter et moi y étions …
- Justement … pas d'après mon plan.
- Quoi ?
- Regarde toi-même.
Blaise déplia son plan de chasse sur une commode. La zone de chasse avait été quadrillée en dix secteurs. Quatre avaient été attribués aux groupes de chasseurs et les six restant étaient des secteurs dits de sécurité. Malefoy put constater en effet que, d'après le plan, le secteur de chasse de Ron et Blaise était entouré de deux zones de sécurité.
- C'est insensé ! s'exclama Draco. Nous occupions ce secteur Potter et moi ! dit-il en pointant du doigt une case sensée être vide.
Il avisa sa veste de chasse posée sur un dossier de chaise. Il s'en empara et sortit de la poche intérieure son propre plan qu'il déplia à côté de celui de Blaise.
- Ton plan ou le mien a été modifié, dit Blaise. Pour faire croire que la zone en face de nous était safe …
- Tu comprends ce que cela implique, dit lentement Draco.
- Oui …
- Qui ?
- Ginny, dit Blaise sans détours.
- Tu sais qu'on parle de ta femme, là.
- Ma femme qui ne l'a jamais vraiment été, répondit Blaise en soupirant. Elle n'est toujours pas remise de sa rupture avec Harry. Je le sais. Moi, là-dedans, je ne suis qu'un ersatz, un faire-valoir. Mais ça ne me dérangeait pas vraiment… Je lui apporte la sécurité financière, un statut social et moi j'ai une femme splendide à mon bras qui me fait des choses prodigieuses au lit… Mais jamais je n'aurais imaginé qu'elle puisse s'en prendre physiquement à Harry. Je lui ai demandé à plusieurs reprises d'aller consulter un psychomage, mais elle refuse... elle dit qu'elle n'a pas de problème, qu'elle n'est plus amoureuse de lui...
- C'est de la vengeance alors ?
Le métis haussa les épaules.
- Va-t'en comprendre les femmes ! Elle l'aime mais elle le déteste en même temps. Car elle sait qu'elle ne pourrait jamais le récupérer. Elle n'a pas ce qu'il faut où il faut …
- Que vas-tu faire ? La dénoncer aux Aurors ? On a en deux pour le prix d'un ici.
- Personnellement, je pense qu'il vaut mieux qu'Harry ne soit au courant de rien. Il en souffrirait beaucoup trop. Il s'en veut déjà suffisamment pour les tensions que leur rupture a créées dans la famille. Il croit que ce sont deux accidents … Il a pardonné à Ron et c'est bien comme ça.
- Je suis d'accord avec ça, dit Draco. Mais elle risque de recommencer …
- J'ai un moyen de la coincer. Voilà ce qu'on va faire.
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- … si mon plan a été délibérément modifié, on trouvera dessus la trace du sort qui a été jeté. Je demanderai à Ron et Harry d'y jeter un coup d'œil, ils pourront sans doute identifier la baguette qui l'a lancé, disait Blaise bien fort, depuis le pas de la porte de la chambre de Draco.
- Excellente idée ! Je laisse les plans dans ma chambre le temps que Potter et Weasley viennent les examiner. En attendant, je t'accompagne en bas.
Draco et Blaise s'éloignèrent dans le couloir, faisant mine de se rendre au salon.
Cinq minutes plus tard, un alohomora prononcé dans l'obscurité du couloir déverrouilla la porte de chambre du blond et une silhouette s'insinua furtivement. Des mains effleurèrent les meubles, soulevant les objets, ouvrant les tiroirs, palpant les vêtements.
- C'est ça que tu cherches ? dit une voix traînante en même temps que les lumières s'allumaient.
Ginny sursauta en voyant Malefoy nonchalamment installé dans un fauteuil, des documents pliés en main.
- Je … je …
- Tu quoi Ginny ? dit Blaise, apparaissant à son tour.
Le teint de la rouquine était passé du blanc au rouge vif en quelques secondes.
- Ecoute Blaise, c'est pas ce que tu crois, commença-t-elle.
- Je ne crois rien. Je sais que tu as saboté la selle de Harry pour qu'il tombe de cheval. Je sais aussi que tu as modifié les plans pour que Draco, Ron, Harry et moi chassions côte à côte, au risque que l'un d'entre nous soit blessé, Harry en particulier.
Comme elle ne disait rien, Draco intervint :
- La question, c'est pourquoi ? Pourquoi vouloir faire du mal à Harry ?
- Parce que cette ordure m'a laissée tomber ! Il m'a larguée du jour au lendemain parce que soi-disant il aime les mecs ! siffla-t-elle mauvaise. Je voulais qu'il paye, qu'il souffre autant que je souffre depuis quatre ans ! Je voulais... lui faire du mal, peu importe comment. Mais je ne voulais pas le tuer... ajouta-t-elle plus bas.
- Ce que tu dis n'a pas de sens, répliqua Blaise. En modifiant les plans de chasse, n'importe qui aurait pu être blessé. Draco, Moi, Harry ou Ron...Comment pouvais-tu savoir qu'Harry serait touché?
- Je... je ne le savais pas... c'était... un risque à prendre...
- Hm... dit Draco d'un ton méprisant, nous étions des dommages collatéraux en quelque sorte.
- Non contente de vouloir faire du mal à Harry, renchérit Blaise, tu étais prête à blesser délibérément ton propre mari ou ton frère ! Sans compter que tu as littéralement torturé Ron qui s'en veut à mort d'avoir failli tuer son meilleur ami !
Comme elle ne répondait pas, Draco s'était levé et lui dit, en la dominant de toute sa taille :
- T'es qu'une pauvre conne Weasley. Il s'est séparé de toi parce qu'il t'aimait assez pour vouloir que tu sois vraiment heureuse … Il ne voulait plus te mentir, il voulait pour toi quelqu'un de bien, qui puisse t'aimer comme lui n'en était plus capable.
La lèvre inférieure de Ginny trembla et elle se mit à pleurer.
- Je suis désolée... je n'ai pas réfléchi... j'étais aveuglée par la colère... Qu'allez-vous faire ? Mes parents, mes frères … ils vont être anéantis …
- Justement, dit Blaise. Tes parents et tes frères ont déjà suffisamment souffert avec la perte de Fred. Quant à Harry, n'en parlons pas. Alors voilà ce que je te propose Ginny : Draco et moi gardons le silence sur ce qui vient de se passer. En échange, tu vas te comporter de manière exemplaire pour le reste des fêtes de fin d'année. Ensuite, tu partiras. Je te donnerai suffisamment d'argent pour toi faire le tour du monde dont tu rêves. Ce sera ton cadeau de Noël. Personne ne s'étonnera que tu partes seule car moi, j'ai mes affaires à gérer ici. Durant ton voyage, tu découvriras qu'hélas, nous n'étions pas fait pour être ensemble et tu te trouveras quelqu'un d'autre, de préférence quelqu'un qui vit très loin d'ici. Nous divorcerons à l'amiable. Tu auras ce qui te revient, ne t'en fais pas. Tu referas ta vie à l'autre bout du monde et nous te verrons une fois par an pour les fêtes. Le reste du temps, je ne veux plus entendre parler de toi.
Ginny avait considérablement pâli et Draco ajouta :
- Si, d'une manière ou d'une autre, tu reprends contact avec Harry pour autre chose que lui dire des banalités, je le saurai … et crois-moi, je ne te dénoncerai pas aux Aurors. J'ai d'autres ressources, plus douloureuses mais aussi plus radicales … Je me suis bien fait comprendre ?
La rousse hocha frénétiquement la tête. Elle savait que Malefoy ne plaisantait pas.
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Esprit de Noël oblige, j'ai été très clémente avec la rouquine. Elle s'en sort plutôt bien il me semble...
A demain !
