Merci à Lin et ALittleSeaStar pour vos reviews:)
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Le Général Hammond fut extrêmement satisfait du travail de SG1. La destruction du temple était finalement ce qui leur était le plus profitable malgré la présence des inscriptions sur le mur d'entrée. Le Docteur Jackson était en ce moment même en train de les traduire et pourrait leur dire très prochainement s'il y avait un quelconque danger de voir l'existence des Goa'ulds découverte.
L'urne avait été ramenée intacte et était en ce moment même passée au scanner. Hormis Daniel, tous étaient réunis aux côtés du Docteur Fraiser et les premières images apparurent à l'écran. Jack fronça les sourcils.
- Euh… Il n'y a rien là-dedans… Je me trompe ?
A l'instar des autres personnes présentes dans la pièce, Janet regardait le scan avec incrédulité. Il n'y avait pas la moindre trace d'un symbiote.
- Vous êtes sûre qu'elle n'a pas été ouverte ? demanda-t-elle en se tournant vers le Colonel.
Celui-ci se permit un rictus.
- Vous croyez vraiment que si l'urne s'était ouverte, je serais là, la bouche en cœur, à attendre ce maudit scan ?
- Colonel, intervint Hammond.
- Je vous assure qu'elle est restée sous surveillance du début à la fin !
- Sauf lorsqu'elle se trouvait dans la voiture, sans nous, intervint posément Teal'c.
Tous les regards convergèrent vers Jack mais celui-ci se récria aussitôt :
- Elle est restée enfermée là-dedans jusqu'à notre arrivée ici ! s'exclama-t-il en désignant une malle métallique aux pieds du Docteur Fraiser. Il faudrait un bazooka pour ouvrir ça !
- La question ne se pose pas de toute façon, intervint Sam. Le sceau n'a pas été brisé.
- Tout à fait ! Le sceau n'a pas été brisé ! répéta Jack avec véhémence, avant de tourner un regard interdit vers elle : Quel sceau ?
La jeune femme s'avança vers l'urne et leva le fin tissu de soie toujours parfaitement glissé entre le récipient et le couvercle.
- Celui-ci.
Hammond lança un regard d'incompréhension.
- Mais alors, pourquoi n'y a-t-il rien dans cette urne ?
- Parce que Poséidon n'était pas enfermé dedans, intervint Daniel qui pénétrait dans la salle, une main levée contenant plusieurs feuilles de papier couvertes de son écriture quasi-illisible.
Il s'arrêta devant le petit groupe, le visage soucieux.
- Il était dans le pilier.
Un silence pesant s'instaura et Sam sentit son estomac se tordre d'appréhension. Janet fut la première à parler :
- Pourquoi le pilier ?
- Eh bien en fait, il y avait… tenta d'expliquer Daniel avant d'être interrompu :
- Un mécanisme de sécurité… finit Jack à sa place, le visage sombre.
Daniel acquiesça.
- Oui… Le symbiote était enfermé dans la colonne parce que l'urne était trop fragile. Elle aurait pu être brisée facilement. Quant au transfert du pilier à l'urne, il suffisait juste de suivre les instructions gravées dans la pierre.
Sam ferma un instant les yeux puis se tourna vers le Colonel. La ride entre ses sourcils était plus creusée que jamais et ne présageait rien de bon. A le voir ainsi, perdu dans ses pensées, elle sut de suite ce qui le tourmentait. Ce qui les tourmentait tous en cet instant.
Lors de l'éboulement, le pilier avait très bien pu être brisé, libérant ainsi Poséidon de sa prison de marbre.
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Une lueur mystérieuse vint le frapper de plein fouet et le sortit brutalement de sa léthargie. Il n'avait entendu ni le bruit assourdissant qu'avait fait la caverne en s'effondrant sur elle-même, brisant ainsi le pilier où il était détenu depuis des temps reculés, ni senti la fraîcheur des eaux profondes se mêler à celles attiédies de son linceul.
Perdu dans une somnolence proche du coma, ce fut la lumière qui le ramena à la vie.
Le liquide dans lequel il était resté si longtemps prisonnier avait mis en sommeil ses besoins vitaux, mais dès qu'il en fut extrait, la faim - une faim de plusieurs siècles - le saisit. Son instinct le plus primaire prit aussitôt le dessus et le poussa à se frayer un chemin parmi les décombres pour rejoindre la lumière. Sa petite taille aidant, il ne mit qu'un instant à se faufiler hors son tombeau et, une fois libéré, il partit en chasse. Ni sa haine envers son ennemi juré, ni les souffrances qu'il s'était juré de lui infliger ne vinrent lui traverser l'esprit. Seule une faim démesurée le faisait avancer.
Il ne mit qu'une fraction de seconde à fondre sur sa proie, à en déchirer la chair et s'en nourrir avec avidité. Le festin était maigre mais sa faim en fut en partie atténuée. Suffisamment tout du moins pour faire taire son instinct de prédateur et rassembler ses esprits.
Combien de temps était-il resté enfermé dans ce tombeau ? Comment allait-il rejoindre son temple ? Qu'allait-il faire sans armée ?
Une multitude de questions affluait en lui en un désordre perturbant. Bientôt, il manquerait d'oxygène et il ne survivrait pas longtemps sous cette forme dans un milieu aussi hostile.
Il lui fallait un hôte.
Fort de cette idée, Poséidon s'élança vers le large, à la recherche de sa prochaine victime. Il désirait mettre toutes ses chances de son côté aussi son choix fut vite arrêté. Il fouilla donc avec convoitise les eaux autrefois abondantes et aujourd'hui quasi dépeuplées. Comment la mer avait-elle pu être désertée de son prédateur le plus féroce ? Qu'était-il arrivé ?
Enfin, au bout de plusieurs heures de recherches infructueuses et de questions inutiles, le soleil disparut soudain et une ombre menaçante fondit sur lui. Il l'évita de justesse et leva les yeux vers son agresseur.
Sa proie.
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Près d'un mois s'était écoulé depuis la mission en Grèce. A peine rentré au SGC avec l'urne vide, SG1 avait aussitôt demandé à repartir, mais c'était sans compter les autorités Grecques qui n'avaient pas apprécié la destruction de leur tout nouveau site archéologique. Le déblayage avait donc commencé sans eux mais le gouvernement américain s'était assuré d'avoir quelques hommes sur place afin de vérifier la bonne marche des évènements. Jusqu'ici, aucune personne travaillant sur le site n'avait été soudainement prise d' « arrogance aiguë ».
Poséidon avait certainement été tué dans l'éboulement et son corps reptilien emmené par les eaux.
Tout semblait donc aller pour le mieux.
Ici, sur Terre… et au SGC.
C'était, en tout cas, ce que tentait de se convaincre le Major Carter.
Après tout, leur mission restait la priorité, non ? Quelle importance que son supérieur ne veuille pas rester seul en sa présence ? En quoi le mutisme de cet homme devait-il affecter son travail… et le reste ?
Pourquoi son moral à elle était si dépendant de ses actions à lui ?
Sam s'adossa à sa chaise et repoussa le dossier sur lequel elle planchait depuis deux heures. Elle balaya son laboratoire des yeux et son cœur s'alourdit. Cela faisait bien quatre à cinq mois qu'elle ne l'avait plus vu franchir le seuil de sa porte. Quatre à cinq mois… Une éternité, lui semblait-il. Et plus le temps passait, plus il redoublait d'efforts pour l'éviter, chose pourtant difficile étant donné le poste qu'occupait la jeune femme dans l'équipe.
En un sens, ce comportement aurait dû la réjouir, du moins en partie. Après tout, s'il n'avait plus rien ressenti pour elle, jamais il ne se serait contraint ainsi à passer le moins de temps possible en sa compagnie. Son attitude était finalement plus que révélatrice. Il tentait tout simplement de la sortir de son esprit.
Mais comment aurait-elle pu se réjouir d'une telle chose ? Cette situation la rendait folle ! Qu'est-ce qui lui faisait le plus mal, au juste ? Le savoir avec une autre femme ? Le voir tenter de rendre cette relation sérieuse ? Ou tout simplement le regarder l'ignorer à longueur de journée ?
Au début, elle croyait juste qu'il lui manquait. Que leurs conversations, leur jeu de regards et son sourire lui manquaient. Mais elle avait rapidement compris qu'il y avait plus.
Elle avait peur, elle était même terrifiée. Elle était terrifiée à l'idée d'être en train de perdre sa chance. Leur opportunité.
Cette situation l'avait confrontée à des sentiments qu'elle avait si longtemps réfrénés, et il lui avait fallu du temps pour comprendre ce qui la terrorisait tant. Comprendre et surtout accepter.
Depuis qu'elle avait entendu deux soldats parler de la « petite amie du Colonel » combien de nuits sans sommeil avait-elle passé à refuser l'évidence ? Combien de crises de larmes avait-elle eu en réalisant soudain le temps perdu, en voyant ses chances s'amenuiser ? Elle le perdait. Elle l'avait même peut-être déjà perdu. Et cette constatation la pétrifiait.
Dans un soupir, Sam observa l'heure qu'affichait sa montre et décida de rejoindre le bureau de Daniel. Depuis quelques mois, c'était devenu le lieu de prédilection du Colonel et la jeune femme sentit son cœur battre sourdement dans sa poitrine à mesure qu'elle se rapprochait. Pourtant, lorsqu'elle parvint sur le seuil, son pouls reprit aussitôt un rythme normal.
Il n'était pas là.
- Salut, lança-t-elle en s'avançant dans la pièce avant de réaliser que Daniel se trouvait en pleine communication téléphonique.
Le visage du jeune homme était sombre et Sam lança un regard interrogateur à Teal'c qui se contenta de hausser les épaules. Machinalement, elle observa l'amoncellement de feuilles sur le bureau de Daniel et y découvrit quelques photos. Il s'agissait de celles prises en Grèce dans la grotte maintenant détruite. Les deux hommes étaient sur la traduction de ces clichés depuis des semaines mais ils avaient été contraints d'arrêter à plusieurs reprises, SG1 ayant eu beaucoup à faire ce mois-ci.
Faisant quelques pas dans le bureau, elle choisit de se poster un peu à l'écart et s'adossa au seul mètre carré de mur ne contenant ni étagères couvertes de livres, ni commodes débordant d'artefacts. Les bras croisés sur sa poitrine, elle observa Daniel toujours figé, le combiné téléphonique rivé à son oreille.
- Mon Dieu… dit-il soudain. En même temps, vous êtes sûr ?
Un nouveau silence se fit puis le jeune homme acquiesça.
- Oui, je comprends… Au revoir.
- … Que se passe-t-il ? demanda aussitôt Sam, dès qu'il eut raccroché.
Daniel redressa la tête et, le visage toujours étrangement figé, il répondit :
- Il y a eu deux raz de marée.
La jeune femme marqua un temps d'arrêt avant de répéter :
- Deux raz de marée ? Comment ça ?
- Un en Chine et un autre sur la côte Est des Etats-Unis. Au même moment.
Sam sentit son estomac se tordre d'appréhension.
- Ca s'est passé quand exactement ?
- Il y a quelques dizaines de minutes.
- Est-ce courant, deux raz de marée simultanés ayant des points d'origine différents ? s'enquit Teal'c.
- Non, c'est la première fois que j'entends parler d'un tel phénomène.
- Quel phénomène ? s'enquit une voix venant du couloir.
Sam sentit son cœur bondir dans sa poitrine et tourna la tête vers le nouvel arrivant. Le Colonel s'avança tranquillement dans la pièce et alla se poster devant le bureau de Daniel. En partie dissimulée par une plante artificielle et une série d'étagères, la jeune femme se garda bien de signaler sa présence.
- Deux raz de marée ayant eu lieu simultanément en Chine et à l'Est des Etats-Unis.
Sam vit le dos de son supérieur se raidir et imagina aisément son visage se fermer. Il était inutile d'être devin pour savoir quelle direction avaient pris ses pensées. Exactement la même que les leurs, quelques secondes auparavant.
Daniel dut également s'en faire la réflexion car il poursuivit :
- C'est étrange, mais pas impossible. Deux tremblements de terre au même moment de chaque côté de la planète, ou une irruption volcanique sous-marine et peut-être un glissement de terrain… Une méchante coïncidence, voilà tout.
Jack émit un grognement dubitatif.
- Je vais vérifier l'origine de ces raz de marée, intervint finalement Sam.
Elle vit son supérieur sursauter puis se tourner avec plus de vivacité que nécessaire. La découvrant dans son dos, il se troubla légèrement avant de retrouver un visage indifférent.
- Très bien, répondit-il avec raideur. Bon… Je vais vous laisser.
La mâchoire de Sam se contracta et elle dut réprimer une envie fulgurante de l'attraper par le col de son tee-shirt afin de le secouer. Mais au même moment, l'interphone au-dessus de leur tête se mit à grésiller et la voix de Walter Harriman retentit :
« SG1 est appelé de toute urgence en salle de commande. SG1 est appelé de toute urgence en salle de commande »
L'équipe se concerta un instant du regard puis s'enfonça vivement dans les couloirs du SGC. Lorsqu'ils parvinrent dans la pièce attenante à celle de la Porte des Etoiles, Hammond les y attendait déjà, debout, à côté d'Harriman.
- Mon Général ? demanda Jack sans attendre.
- Nous venons de perdre tout contact avec notre réseau de satellites.
- Comment ça, Monsieur ? intervint Sam, perplexe. Vous voulez dire qu'ils ont été détruits ?
- Non. Le Prométhée, qui est en orbite pour un exercice de routine, affirme qu'ils sont toujours en état. Ils semblent juste… en panne.
Jack inclina la tête sur le côté, sceptique.
- Tous ? En même temps ?
- Ça me semble peu probable, abonda dans son sens le Major Carter.
- Vous auriez une explication ? demanda Hammond.
- Il faudrait que je vérifie les derniers relevés des activités de ces satellites.
Au même instant, le téléphone mural se mit à sonner et le Commandant du SGC s'en saisit vivement.
- Hammond.
L'appréhension de Sam s'accentua lorsqu'elle vit les sourcils du Général se froncer et son regard sombre se tourner vers eux. Elle sentait que quelque chose de grave était en train de se tramer, et les deux mystérieux raz de marée n'y étaient pas étrangers. Hammond finit par raccrocher et leur ordonna de rejoindre rapidement la salle de Briefing. Ils montèrent les escaliers métalliques quatre à quatre et contre toute attente, le Général s'approcha du téléviseur présent dans la pièce et l'alluma. SG1, qui commençait à s'asseoir autour de la table de réunion se figea, le regard rivé aux premières images qui apparurent à l'écran :
00 : 01 : 35
- Qu'est-ce que c'est que ce bordel… ? grommela Jack en regardant les trente cinq secondes se transformer en trente quatre... trente trois…trente deux….
Sam observa le compte à rebours et demanda, inquiète :
- C'est sur quelle chaîne ?
- Toutes, déclara le Général, en changeant machinalement de canal.
L'écran renvoyait la même image. Ce compte à rebours qui indiquait que dans moins d'une minute maintenant, un évènement se produirait.
Impuissants, SG1 et le Général Hammond observèrent avec une inquiétude grandissante les secondes décroître pour finalement atteindre le zéro fatidique. L'image changea aussitôt et un océan d'un bleu azur apparut à l'écran. L'immensité de la mer semblait se fondre avec le ciel et pas une once de vent ne venait troubler la surface étrangement plane.
Il régnait un silence de mort dans la salle de Briefing. Ces images étaient retransmises en direct sur toutes les chaînes de télévision du pays et nul doute qu'elles l'étaient également dans le monde entier.
Sam fronça les sourcils.
L'appareil qui filmait était d'une immobilité singulière, compte tenu de sa présence en pleine mer. A croire qu'elle était suspendue dans le vide. Mais bientôt de légères vagues se formèrent à la surface de l'eau à une vingtaine de mètres de la caméra. La jeune femme crispa ses mains moites sur son pantalon et dut réfréner un violent sursaut lorsqu'une forme indistincte jaillit des profondeurs marines. Le remous que provoqua cette irruption mit quelques secondes à s'apaiser puis la haute silhouette d'un homme apparut clairement à l'écran. D'une carrure imposante, il était vêtu d'une longue tunique d'un blanc éclatant. Ses cheveux souples voletaient autour de son visage aux traits sévères et la froideur que Sam lut dans son regard soudain brillant vint lui confirmer ce qu'elle redoutait tant depuis l'annonce des raz de marée.
- Poséidon… grommela Jack, la mâchoire crispée.
Le Goa'uld flottait sur l'eau. Immobile, il semblait aussi à son aise que sur la terre ferme. Levant légèrement les bras de chaque côté de son corps, l'homme s'avança vers la caméra d'un pas théâtral et des gerbes d'eau jaillirent autour de lui. Ses pieds nus s'enfonçaient dans la mer de quelques millimètres seulement à chaque pas et il ne s'arrêta que lorsqu'il fut à deux mètres de la caméra.
Ses yeux se mirent de nouveau à briller et, de son timbre guttural, le Goa'uld dit :
- Hommes de la Terre, soumettez-vous à la toute puissance de votre Dieu Poséidon !
D'un large geste, le Goa'uld fit jaillir d'imposantes colonnes d'eau derrière lui et il poursuivit, la voix menaçante :
- Les deux raz de marée qui ont touché vos côtes aujourd'hui même étaient mon œuvre et si vous ne voulez plus subir ma colère, inclinez-vous devant moi ! Peu m'importe vos divergences religieuses, ethniques ou politiques, je m'adresse à la totalité des Hommes vivant sur cette planète ! Chaque dirigeant de chaque pays se soumettra dès demain, sinon il connaîtra ma vengeance ! Ceci est un ordre de votre Dieu. Qu'il en soit ainsi !
Les lourdes colonnes d'eau avaient formé un mur spectaculaire dans le dos du Goa'uld et, obéissant à un nouveau signe, l'immense vague s'étira vers le ciel dans un bruit assourdissant. Alors, Poséidon commença à s'enfoncer lentement dans la mer. Une bulle invisible semblait le protéger, comme si sa seule volonté maintenait l'eau glacée éloignée de lui. Lorsqu'il eut totalement disparu, un torrent s'abattit sur la surface de l'océan et la transmission fut interrompue.
Le silence en salle de Briefing persista encore quelques secondes puis Hammond se tourna vers SG1.
- Comment a-t-il fait tout ça ?
Le regard du Général s'était naturellement tourné vers le Major Carter et la jeune femme répondit :
- Il a dû prendre le contrôle des satellites afin d'émettre sur toutes les ondes mais pour le reste, il utilise une technologie Alien. Sa façon de manipuler l'eau… C'est incompréhensible. Nous n'avons jamais rien vu de pareil jusqu'ici, même dans les rangs Goa'ulds.
- La Tok'ra pourrait peut-être nous aider ? proposa Daniel.
- Et le Prométhée pourrait scanner le point d'origine des raz de marée, intervint Sam.
Hammond acquiesça.
- Prévenez la Tok'ra et le Prométhée immédiatement, répondit-il, faisant mine de rejoindre son bureau.
- Mon Général, le retint cependant Sam. Qu'allons-nous dire aux gens ? Comment allons-nous justifier ce qui s'est passé ?
- Ce n'est pas votre problème, Major. Trouvez-moi ce Goa'uld.
Le regard soucieux d'Hammond démentait la dureté de ses propos mais la jeune femme s'empressa d'acquiescer.
- A vos ordres.
SG1 rejoignit la salle de commande et Harriman contacta la Tok'ra et le Prométhée. Le Colonel n'avait plus dit un mot depuis plusieurs minutes et la sévérité de son expression décourageait quiconque de lui adresser la parole. Mais Sam n'en avait pas besoin. Elle n'avait aucun mal à comprendre les raisons d'un tel comportement.
Il se sentait coupable. Coupable d'avoir ordonné à Daniel de prendre l'urne sans lire les inscriptions sur le pilier. Coupable d'avoir permis à Poséidon de fuir et de provoquer deux raz de marée.
Tandis que tous attendaient l'arrivée de la Tok'ra, le Colonel se tint donc à l'écart, ruminant dans son coin. Sam lui jetait de fréquents coups d'œil, espérant capter son attention et tenter de le déculpabiliser d'un regard mais il resta obstinément tourné vers la Porte. Enfin, celle-ci se mit en branle et bientôt une vague luminescente envahit la salle d'embarquement.
La jeune femme sourit en découvrant Jacob Carter sortir du vortex et partit l'accueillir.
- Papa, salua-t-elle en le serrant dans ses bras.
- Sam. Tu vas bien ? demanda-t-il en s'écartant doucement afin de l'examiner avec attention.
- Très bien, merci.
Mais elle ne dut guère être convaincante car les sourcils de Jacob se froncèrent. Elle se contraignit donc à sourire puis se hâta de se détourner. Daniel, Teal'c et Jack étaient derrière elle et saluèrent le Tok'ra avec plus ou moins d'entrain.
Quelques minutes plus tard, ils se trouvaient tous aux côtés du Général Hammond en salle de Briefing. En quelques mots, ils mirent Jacob au courant de la situation et bientôt la voix rauque de Selmak s'éleva dans la pièce.
- Athéna n'était pas une Goa'uld mais une Tok'ra, dit-il tandis que Daniel sautait sur son siège en lançant un « Je l'savais ! ». Elle a été tuée par Ra quelques années après sa victoire contre Poséidon.
- Elle n'a jamais découvert son temple, en tout cas. Elle le signale dans les écrits que nous avons trouvés dans la grotte.
- En effet. Mais Athéna n'avait pas la technologie des Goa'ulds. Elle a vaincu Poséidon d'une autre façon.
- Comment a-t-elle fait, précisément ? intervint Sam.
- Hélas, nous ne le savons pas. Nous n'avions que peu de moyens de communication avec la Terre, à l'époque.
Un Airman entra dans la pièce et tendit une feuille à Carter qui s'en saisit aussitôt afin de la consulter.
- Et puis Athéna était une Tok'ra solitaire, poursuivit Selmak. Elle ne se mêlait pas à nous et appréciait sa… popularité auprès des êtres humains.
- Mouais, grommela Jack jusqu'ici silencieux. C'était une Goa'uld, en fait.
Mais le Tok'ra secoua la tête.
- Non. Elle partageait son corps avec son hôte. Elle n'imposait rien à l'Homme.
- Mais elle aimait dominer… Tok'ra, Goa'uld… Finalement, la différence est plus mince qu'on ne le pense…
- Colonel, intervint sèchement Hammond.
Le regard hostile de Jack se tourna vers son supérieur mais il consentit à se taire.
- Major ? Vous avez des nouvelles ?
- Oui, Mon Général, acquiesça la jeune femme. Cela vient du Prométhée. Ils ont scanné les Océans mais n'ont rien trouvé, hélas.
- Que proposez-vous ?
- Eh bien… Nous pouvons toujours envoyer nos sous-marins afin d'y jeter un œil. Que le Prométhée n'ait rien découvert ne prouve pas grand chose. Poséidon possède sûrement des moyens technologiques qui nous dépassent. En allant voir de visu, peut-être trouverons-nous quelque chose.
Hammond approuva de la tête.
- Très bien. Je vous laisse vous en occuper. A présent, Selmak, sauriez-vous comment ce Goa'uld a-t-il pu faire cela ?
Le Général se saisit de la télécommande du téléviseur et mit en marche la vidéo montrant l'apparition spectaculaire de Poséidon. Tous examinèrent de nouveau avec attention les images diffusées puis se tournèrent vers le Tok'ra lorsque ce fut terminé. Hélas, le visage de son hôte n'était guère optimiste.
- Je n'ai jamais vu jusqu'ici une telle technologie, je dois l'avouer, finit-il par annoncer de sa voix grave. Je suis désolé.
Jack émit un soupir agacé mais réfréna tout propos et la réunion prit bientôt fin. Sur l'initiative d'Hammond, le petit groupe se leva et le Sergent Harriman profita de cet instant afin de rejoindre le Colonel O'Neill.
- Mademoiselle Morgan a appelé plusieurs fois et souhaiterait que vous la rappeliez, annonça-t-il d'une voix discrète mais cependant parfaitement audible.
Jack fronça les sourcils afin de masquer son embarras et acquiesça.
- Merci, dit-il en prenant bien soin d'éviter le regard de son second. Excusez-moi.
Sans un mot de plus, il quitta la salle de Briefing et Jacob s'empressa de lever les yeux vers sa fille. L'attention de celle-ci restait dirigée vers le Colonel O'Neill qui disparaissait dans le couloir et il fallut quelques secondes à la jeune femme pour comprendre que son père l'observait. Elle se raidit aussitôt.
- Comment te sens-tu ? demanda-t-il.
- Bien, répondit-elle tandis qu'Hammond, Teal'c et Daniel s'éloignaient afin de leur laisser un peu d'intimité.
Son teint pâle, ses traits tirés et les cernes sous ses yeux furent examinés avec attention puis Jacob lança d'une voix pleine d'ironie :
- Tu rayonnes, en effet.
- Merci, fit-elle en lui lançant un regard noir.
Le Tok'ra croisa les bras sur son torse et inclina la tête de côté.
- J'imagine que si je te demande comment va ta vie privée, tu vas m'envoyer sur les roses ?
- Tu imagines bien… répliqua-t-elle avant de consentir à répondre : Rien à signaler de ce côté-là.
- C'est ça le problème, non ?
- Le problème ? Il n'y a aucun problème puisqu'il n'y a rien à signaler, papa, éluda la jeune femme avec un sarcasme évident.
Tous deux se jaugèrent puis Jacob émit un hoquet sceptique.
- Hun ! Et ce qui vient de se passer à l'instant même ?
- Comment cela ? Que s'est-il passé ? fit la jeune femme en regardant autour d'elle.
Une moue désabusée apparut sur les lèvres du Tok'ra.
- Sam… Tu joues aussi mal la comédie que ta mère. Tu sais très bien de quoi je parle.
- Oh ? Et de quoi parles-tu, exactement ? demanda-t-elle.
Touché. La jeune femme savait parfaitement qu'il n'oserait jamais mettre des mots sur ce qu'il sous-entendait.
- Petite rusée.
- Je suis allée à bonne école, fit-elle remarquer le regard rieur.
Un nouveau silence se fit puis un sourire narquois étira les lèvres de Jacob.
- Eh bien… j'ai été ravi d'avoir cette petite discussion père/fille avec toi, dit-il avec entrain. C'est toujours si instructif !
- Que ne ferais-je sans toi et tes conseils, papa ? lui répondit-elle sur le même ton.
Que croyait-il, à la fin ?
Sam était aussi pudique que lui lorsqu'il s'agissait de sentiments. Et leurs échanges sérieux pouvaient se compter sur les doigts d'une seule main. Mais il ne risquait rien à essayer. Il avait beau tourner ça en dérision, cela faisait parti de ses préoccupations de père.
Mais il n'avait pas besoin de l'écouter parler pour savoir ce qui se passait. Tout était si clair, et ce, depuis tant d'années maintenant.
Quand donc le comprendraient-ils enfin ?
A SUIVRE ..
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