Titre : L'incrédule
Auteur : Selsynn
Résumé :
Harry Potter est le Sauveur. Quoi de plus normal qu'une nouvelle prophétie le concerne ? Et si cette fois, elle ne concernait pas le Mage Noir, mais tout simplement la Magie elle-même ? Et si Harry avait un pouvoir si particulier que la survie de la magie elle-même en dépendait ? Avant Poudlard.
Note :
On m'a fait remarqué que le canon explique qu'un enfant ne peut pas devenir Cracmol, à la suite de violences. C'est vrai, je reconnais que je ne pensais pas à Ariana Dumbledore quand j'ai imaginé cette histoire. Si vous voulez bien, on va dire que le cas de Harry est légèrement différent... On lui a fait croire que la magie n'existait pas, et sa propre magie a réagit et l'a adapté pour que la magie n'existe pas.
RAR anonyme :
Emilie : Tu vas le découvrir. Tu ne te trompes pas vraiment, mais ce n'est pas que Severus qui peine à faire de la magie. En tout cas, merci de ton passage !
petite grenoyie : merci, j'espère que la fin est à ton goût !
Partie 3 : La Magie de la liberté
Un enfant qui rêve, c'est un enfant qui vit…
Le lendemain, le réveil fut dur pour Severus. Il ne comprenait pas comment le lancinant mal de crâne qu'il avait pouvait s'expliquer, ni pourquoi il entendait distinctement des coups à sa porte.
Il se leva, dans le brouillard de sa mémoire, parvint peu à peu à se souvenir des évènements de la veille. Et quand il posa les yeux vers la porte qui communiquait vers la chambre du gamin Potter, c'était de là que venaient les coups.
Il ouvrit la porte face à l'enfant.
« Qu'est-ce qu'il y a, Potter ?
— Qu'est-ce que vous avez voulu dire à la madame de l'accueil, hier ? Comment ça, je n'avais pas le droit de me plaindre, comment pouvez-vous passer au-dessus ?
— Car ce n'était pas vrai, ils ne voulaient pas que tu te plaigne, petit, car sinon, cela leur aurait fait des ennuis, trop d'ennuis que leur épaules n'auraient pu en supporter. Mais c'est fini, maintenant. Tu n'es plus avec eux. Et j'espère que tu ne seras plus jamais avec eux…
— Je vais rester avec vous alors ?
— Non, je ne suis pas la bonne personne. Mais je te trouverais quelqu'un, ne t'en fais pas ! Mais pourquoi tu m'as réveillé pour ça ? Il est quelle heure au fait.
— Il est six heures trente, mais je n'arrivais plus à dormir. Là-bas, il frissonna, là-bas, je devais le lever tôt pour avoir une chance de manger quelque chose au petit déjeuner. Sinon, je devais seulement commencer ma liste de tâche. Vous êtes sur que je n'aurais pas à y retourner ? Sinon, je ferais bien de ne pas perdre l'habitude… »
Severus se passa une main sur le front. Il ne voulait pas de ce genre de discussion, pas à cette heure là, pas avec ce lancinant mal de crâne qui le narguait. La potion qu'il avait vite avalée n'avait pas eu d'effet.
« Écoute, Potter, on verra ça plus tard, je suis un peu fatigué. Tu devrais essayer de te calmer, de regarder le ciel, les oiseaux, les nuages, enfin, un truc calme sans faire trop de bruit. Si tu veux, tu peux même lire ce que j'ai sur moi. »
Le professeur avait senti la rigidité d'un livre ou d'un journal dans sa veste, qu'il avait enfilé avant d'ouvrir au gamin infernal. Il sortit le livre, qui était plutôt un journal mensuel, sans le regarder. Il ne prit pas attention au regard d'incompréhension que lui lança l'enfant, en décryptant le titre de la revue : « Chaudrons, Poisons et Bénédictions, le mensuel des Maîtres de Potions ».
A quoi ça rime ?
Severus retourna se coucher, et tenter de faire disparaître ce mal de crâne, laissant l'enfant seul, avec l'accès aux deux chambres.
Harry commença comme il le lui avait demandé. Il passa un moment à jeter des regards en coin à la revue, qui l'intriguait, et il regarda le ciel. Il ne lui semblait pas avoir beaucoup de choses intéressantes, au contraire de ce journal insolite.
Il s'intéressa au lever du soleil quelques secondes, avant de ne plus pouvoir tenir en place, et de changer de position, se rapprochant sans faire exprès de la revue.
Il finit par s'installer confortablement sur le tapis, les jambes repliées sous lui, tandis que ses mains tournaient délicatement la revue. Il ne s'intéressa pas à la couverture, trop sombre, trop pleine de mots qu'ils ne connaissaient pas, d'expressions qui lui semblaient dans une autre langue, et certainement pas en anglais.
Il passa rapidement la table des matières, qui était particulièrement dure à lire, et inintéressante. Il tourna encore les pages, et s'arrêta devant une publicité qui prenait une double page. Un chaudron bouillonnait en bas de l'illustration, et de sa fumée sortait tout plein de choses bizarre, comme un oiseau – un hibou ? –, une espèce de balai assez peu efficace, et d'autres objets trop tarabiscotés pour que l'enfant les reconnaisse. Le texte au-dessus proclamait : « Avec les chaudrons Duracuir, vos potions seront plus rapide et agiront plus fortement. Commandez tout de suite le chaudron Duracuir et profitez d'une remise sur votre prochain à Eyolops, ou sur le produit Nimbus de votre choix. Duracuir, le meilleur des chaudrons pour le meilleur des maîtres de potions ! ».
L'enfant réprima un moment l'éclat de rire, mais quand il lut la fin de la publicité, il n'en put plus et éclata d'un rire cassé, mais sonore. Il réveilla le dormeur.
« Me voilà réveillé pour de bon cette fois-ci. Mon mal de crâne a diminué. Qu'est-ce qui te faisait rire de cette façon-là ? »
L'enfant rougit, il avait oublié l'homme qui tentait de dormir. Il bafouilla pour toute réponse « le journal », le laissa sur le bureau de la chambre du professeur et courut rejoindre sa chambre. Que faisait-il ici ? Il n'aurait pas dû y être.
Severus sembla comprendre son problème, car il vint à la suite, il se rapprocha de l'enfant, se pencha vers lui.
« Harry, petit, je ne te reproche pas de m'avoir réveillé. Mon mal de crâne est parti, c'est la meilleure nouvelle qui pouvait venir. Alors tu regardes quoi ? La mensuel Chaudrons Poisons et Bénédictions. Mouai… je ne suis pas parfaitement sure qu'il soit adapté à ton âge, tu sais… Qu'as-tu trouvé qui te fasse rire comme ça ? »
L'enfant tremblait, ne sachant pas s'il avait fait une bêtise. Il finit par dire
« Le nom des chaudrons, Duracuir, comme dur à cuire, mais un chaudron, ça se met sur le feu, alors ça cuit ! ahaha ! »
Le professeur, et possesseur de la revue poussa un soupir à la bêtise des publicistes. Au moins, ils avaient réussis à arracher un rire à l'enfant, et c'est la première fois qu'il l'entendait.
« Hum… je conçois parfaitement que ce soit drôle, et je suis heureux que tu te sentes suffisamment à l'aise pour rire, mais j'aimerais aborder des sujets plus importants. Premièrement, est-ce que tu sais qui tu es ?
— Je suppose qu'il faut que je réponde Harry Potter, et pas le vilain garçon des Dursley ?
— Tu t'appelles Harry Potter, et je ne supporterais pas d'autre nom. Même si on va te les donner bien assez vite… Non, je parlais de qui sont tes parents, comment ils se sont connus, comment ils sont morts.
— Oh ! Ca je sais tout ! »
Le visage de Severus se fronça sur l'attention, Pétunia n'avait-elle pas dit qu'elle ne lui avait rien dit ?
« Ma maman, c'était la sœur de Pétunia, elle s'appelle Lily, et elle est en enfer parce qu'elle a été méchante avec Tante Pétunia. Et mon papa il s'appelait James Potter, et il est aussi en enfer, mais dans un autre que celui de ma maman, parce que sinon, ils seraient trop content. Et puis, ils sont tous morts dans un accident de voiture. Parce que papa était alcoolique. Et que les voitures c'est dangereux.
— Non… Ceci, c'est ce que ta tante et ton oncle t'ont raconté, ce n'est pas la vérité. Si tu veux, je pourrais te raconter ce que je sais de ta maman, parce que je la connaissais bien, c'était ma meilleure amie, à l'école. Ils ne sont pas morts dans un accident de voiture, mais cela, je te l'expliquerais plus tard. As-tu une photo, un souvenir de tes parents ? Si tu veux je peux te copier cette photo que j'ai de Lily qui date de notre scolarité. Elle doit avoir quinze ans. L'été. Sais-tu pourquoi je connaissais ta mère ? Car nous étions deux voisins.
— Alors vous connaissez aussi Tante Pétunia.
— Oui, malheureusement, et pour tout te dire, nous n'étions pas les meilleurs amis. Par contre… Lily… Lily était tout ce que sa sœur n'était pas. Intelligente. Belle. Énergique… et puissante, très puissante. Déterminée, aussi. »
L'enfant ria quand il compris que le professeur disait implicitement que Pétunia n'était pas tout ce qu'était sa mère. Et ses nouvelles informations attisèrent une soif de vouloir en savoir toujours plus.
« Et mon père, il était comment ?
— Ne demande pas à moi comment était ton père. Nous… n'étions pas les meilleurs amis. Je… ne le connaissais pas vraiment.
— Il devait être merveilleux pour que ma maman l'ait choisit.
— Lui n'a pas fait d'erreur, murmura Severus à mi-voix, puis il reprit plus fort : Ta mère, elle, aurait arraché la tête de Pétunia si elle avait su que cette dernière te traiterait de cette manière. Tu étais la prunelle de ses yeux, elle aurait fait tout ce qui était en son pouvoir pour que tu ais une belle vie. Elle a d'ailleurs laissé sa vie pour toi…
— Comment ça ?
— Elle t'aimait tellement qu'elle ne pouvait pas imaginer vivre si tu mourrais, alors elle s'est sacrifiée pour que tu puisses vivre.
— Comment le sais-tu ? Heu, comment le savez-vous, Monsieur ?
— Je connais le rituel qu'elle a utilisé, pour cause, j'étais avec elle quand nous l'avons découvert. Et j'ai bien identifié les restes dans la chambre, où elle est morte.
— Maman n'est pas morte en voiture ?
—Non, ta mère n'est pas morte en voiture, et à vrai dire, je ne suis pas sure qu'elle soit entrée dans une voiture depuis ses dix-sept ans. »
Le visage de Severus se ferma un instant, il revivait cette époque difficile où il était séparé de Lily. Avant qu'il n'ait de ses nouvelles par les journaux. Et par les réunions de Mangemorts.
« Ses parents, tes grands-parents, sont morts cette année-là. Je ne crois pas qu'elle soit retournée dans le monde moldu à partir de ce moment-là, c'était trop dangereux. Ta tante a failli mourir en même temps, mais Lily l'a sauvé au dernier moment. J'ai appris le soir même qu'elles avaient été attaquées. Ma victoire personnelle n'avait plus aucune valeur, car on avait attaquée ma meilleure amie, même si on était brouillé… »
Severus s'arrêta un instant avant de reprendre :
« Je parle, je parle, et ton évaluation ne continue pas pour autant. Je n'ai pas beaucoup de support pour faire le test de lecture, mais on va tenter sur ce magazine de potions qui m'a valu un réveil plus chaleureux.
— Comment ?
— Se faire réveiller par un rire, quand cela fait plusieurs dizaines d'années qu'on est seul est un peu un enchantement. Alors, tu vas lire à voix haute, n'hésite pas à poser des questions si tu ne comprends pas ce que tu lis. »
L'enfant tourna la page pour ne plus être sur la publicité, après les révélations du professeur, il n'avait plus envie de rire. C'est donc sur un article parfaitement sérieux, sur l'incidence du sang de mouton prélevé lors d'une pleine lune qu'il débuta son test.
Dire que Severus fut ravi de l'éducation de l'enfant ne refléta pas tout à fait la vérité. Il trouvait que cet abus, ajoutés aux autres, lui donnait simplement envie de retourner à Privet Drive et de tuer tout le monde.
Néanmoins, l'enfant avait encore un an avant d'aller au supérieur, quand il aurait dû aller à Poudlard, il y avait moyen en cherchant un professeur particulier, de lui faire rattraper son retard. Par contre, quelque chose qui lui plaisait beaucoup plus, était les interruptions, de plus en plus courantes, de l'enfant, qui demandait des explications.
Il avait l'air d'avoir accepté que les potions soient quelque chose qui existe et du coup, il voulait comprendre de quoi parlait l'article. Même s'il buttait sur la forme, il comprenait le fond, et il s'y intéressait. Et Severus ne pouvait pas s'empêcher de lui expliquer tout ce qu'il lui demandait. Même si des fois, il n'avait pas la réponse, et le lui disait simplement. Cela se passa si bien entre les deux personnes, qu'ils furent surpris quand une femme de chambre demanda si elle pouvait entrer pour faire le ménage. Elle s'attendrit devant le rapport d'élève à maître qui se tissait pratiquement sous ses yeux. Elle leur conseilla de profiter de la mini terrasse et du soleil, au lieu de rester enfermé.
Ils s'exécutèrent de bonne grâce, Harry plus volontaire que Severus.
L'heure du midi arriva, quand ils finissaient d'éplucher l'article sur le sang de mouton. Harry avait maintenant un solide bagage en potions, même s'il se refusait à dire le mot, préférant les synonymes comme les 'préparations', les 'mixtures', qui pouvaient donner l'impression de quelque chose de plus normal, de plus moldu. Severus ne s'en vexait pas, et commençait à regretter que l'enfant fût un cracmol, il aurait fait un élève particulièrement doué.
L'après-midi, après une solide collation, fut consacré à la maîtrise de l'écriture. Severus découvrit qu'il y avait encore des énormes progrès à faire de ce coté là. Il s'agissait très certainement d'un manque de pratique.
Le calcul fut rapidement expédié. L'enfant savait compter mais il ne savait pas jouer avec les nombres, comme n'importe quel autre élève de son âge. Un autre point qui mériterait de se pencher sérieusement dessus.
Quand Severus fut heureux de son évaluation, il leur restait à peine deux heures avant que le dîner ne soit servi. Severus laissa l'enfant à la surveillance de l'hôtel, et pendant que l'enfant profitait de la piscine pour la première fois de sa vie, l'homme alla faire des courses de premières nécessité : des vêtements présentables autant sorciers que moldus. En passant par l'allée sorcière, il en profita pour envoyer un hibou à Albus Dumbledore et Minerva MacGonagall, pour les tenir informés de son affaire.
Partout autour de lui, il voyait des visages inquiets, des prospectus qui ventaient la fin du monde. Quand il se pencha dessus, un frisson glacial lui remonta la colonne vertébrale : « La magie disparaît ! »
Il acheta alors en passant le numéro spécial de la gazette du sorcier qui était sur cet évènement. Il n'était pas le seul à avoir senti ce phénomène.
Un rapide feuilletage lui indiqua qu'il n'y avait aucune explication convaincante. Néanmoins, il la garda pour savoir si son protégé savait toujours exercer son sens critique sur ce genre d'inepties. Il ne s'attendait pas à recevoir une réponse avant de rentrer pour retrouver Harry.
« Ce que tu me dis est très consternant. Il y a fort à parier que c'est notre petit ami qui a fait l'alerte d'hier. Je n'ai rien révélé à la presse pour ne pas affoler tout le monde davantage, mais il devient impératif que Harry découvre notre monde et croit en la magie, notre survie en dépend et ça, même plus que le fait qu'il soit un sauveur.
J'espère que tu prends en compte la taille de la tache que tu t'es imposé. Évidement, tu es en congé illimité jusqu'à ce que tu trouves une autre solution. Je devrais bien réussir à retirer Horace de sa retraite.
Prend bien soin de lui.
Pardonne-moi.
Albus Dumbledore, et tout le tatouin… je ne te le mets pas, tu le connais suffisamment. »
Laisser à Dumbledore le choix de ses mots pour que nos actes reprennent bravoure et majesté ! Il n'avait pas décidé de rester avec Potter-fils, bon dieu !
Mais cette hypothèse, il fallait dire clairement que Severus la craignait. Peut-être plus que tout. Que ce soit Potter qui est ce pouvoir là, sur tout le monde, le faisait se sentir tout petit, et Severus n'aimait pas du tout cette sensation.
Et qu'en plus son mentor compte sur lui pour rendre Harry croyant envers la magie, cela devait être une tache encore plus difficile.
Épilogue
Quelques heures plus tard, Severus fut accueilli par un enfant épuisé, qui avait appris à se débattre dans l'eau, et donc espérait pouvoir aller dans la grande piscine dès le lendemain. Et il avait réfléchi. A tout ce qu'avait dit le professeur, et à ce que son oncle et sa tante lui faisait croire depuis qu'il était petit.
Et si la magie existait ? Il y aurait des balais magiques, des chaudrons bouillonnant, des licornes et des dragons… Serait-ce possible ? Et il y aurait, évidement, des sorciers en robe noir, chapeau pointu et baguette magique.
Harry ne croyait pas encore à sa magie, mais il avait admis qu'elle pouvait exister.
C'était son premier pas vers la guérison.
FIN
Et voilà. C'est fini. J'ai mis l'épilogue, vu la taille qu'il a, je n'osais pas vous faire attendre plus longtemps avant de le poster.
J'espère que ça vous a plu !
