Voici le chapitre 2 ! Que dire... j'aime comment commence cette histoire, j'espère que vous l'apprécierait aussi ! Elle est sortit d'un rêve que j'ai fait il y a un moment déjà. J'ai baeucoup aimé le personnage de June Johnson dans ce rêve.
Bonne lecture ! ;)
Disclaimer : Sherlock Holmes appartient à Athur Conan Doyle.
Rating : K
CHAPITRE 2 : Orgueils et Déductions
Depuis quand son matelas était-il devenu si inconfortable ? June ne se souvenait plus. Se réveillant à peine, elle essuya le filet de bave qui la reliait encore à son lit. Ses yeux avaient vraiment du mal à s'ouvrir, la lumière était trop intense. Elle avait sûrement due oublier de fermer les volets la nuit dernière quand elle avait été obligée de soigner un inconnu qui avait pénétré chez elle sans se gêner.
-Oh mon dieu !
Elle s'était souvenu de tout dans un temps record, ses yeux étaient grands ouverts mais ils n'arrivaient à rien distinguer de ce qui l'entourait. Aucune ombre aux alentours, elle avait peut être rêvé. Mais le fait qu'elle soit assise sur le sol, couché contre le flanc de son lit, des pansements entre les mains, lui indiqua qu'en fait tout s'était réellement passé.
-Beuh…Mmh… Où est-il ? Se demanda-t-elle en s'étirant longuement, puis en baillant ouvertement.
Du mieux qu'elle le put, elle se leva et elle se dirigea vers la salle de bain. Son arrière boutique qui lui servait d'appartement était un endroit assez grand. Elle avait réussit à agencer tous les meubles comme elle le souhaitait sans que ça fasse trop chargé. Un corridor reliait toutes les pièces, à droite c'était la salle de bain et les toilettes séparées, puis à gauche la cuisine et le salon, et au bout de ce couloir, c'était sa chambre où l'inconnu avait passé la nuit à se reposer de ses blessures. La salle de bain était assez petite, mais il y avait une baignoire, et dans cette baignoire le corps d'un homme…
-AAAAH ! Se mit-elle à crier en apercevant cet homme, endormi dans sa baignoire.
June mit ses mains autour de sa bouche, puis discrètement, elle s'avança d'un pas peu rassuré. Avait-il essayé de prendre une douche, ou bien c'était qu'il préférait dormir dans ce genre d'endroit plutôt que dans un lit douillet. Elle aventura lentement sa main pour toucher la joue de l'homme endormi. Au premier grognement, elle étouffa un cri entre ses mains fortement pressées contre sa bouche.
-Oh non, qu'est-ce que je vais faire… Commença-t-elle à se plaindre, en sautillant sur elle-même.
-C….. Murmura l'homme, incompréhensible.
June osa se pencher vers lui pour essayer d'entendre ce qu'il essayait de lui révéler.
-Pardon ? Demanda-t-elle toute tremblante.
-Café noir… deux sucres…
Franchement, il avait un culot monstre. Avec une moue plus que lassée, elle se redressa et elle sortit de la salle de bain pour rejoindre la cuisine en titubant. Elle ne buvait jamais de café, elle n'en avait pas. Mais la question n'était pas là ! Elle n'était pas la bonniche de cet inconnu qui attendrait sûrement un moment d'inattention pour la faire prisonnier et la violer, avant de la tuer.
-Tu lis trop de romans policiers, ma pauvre… Se dit-elle, en se donnant des claques mentales.
Le propriétaire de la brasserie française avait sûrement de quoi faire un café, de si bon matin. Elle jeta un regard à sa montre, il était 7H45 pétante. Plus qu'un quart d'heure, et ce serait à son tour d'ouvrir sa boutique. Etrangement, elle sentait que la journée serait longue.
Après un petit moment, elle revint dans son appartement, le café noir à la main. Elle ne se souvenait plus avoir fermé la porte de la salle de bain. Bloquée devant cet obstacle, elle ne réfléchit pas et elle ouvrit la porte. Derrière, prenant une douche tout à fait normalement, l'individu dans son plus simple appareil. Elle avait envie de refermer vivement la porte en hurlant un pardon, mais l'étranger la retint d'un geste de la main.
-Posez ça là et donnez-moi une serviette, demanda-t-il sèchement en se voilant derrière le rideau de la baignoire.
-Euh….Oui ! Répondit-elle, totalement pétrifiée par ce qu'il se passait.
Mais où est-ce qu'il se croyait cet homme ! C'était intolérable pour elle de le laisser prendre ainsi ses aises dans son appartement et de se balader l'anatomie à l'air libre. Le grand brun lui jeta un regard froid et distant, ses pupilles s'agitaient discrètement en l'analysant de haut en bas. June se sentit presque aussi nue que lui sous ses yeux qui la scrutaient.
-Vous pouvez partir, dit l'inconnu orgueilleux.
-Oui !
Tout son corps s'était précipité vers le couloir. La porte claqua derrière et elle s'y adossa, le joues aussi rouges que possible. C'était bien la première fois qu'elle voyait un corps d'homme d'aussi près. Ce n'est pas qu'elle n'est jamais eu d'expériences « sexuelles », au contraire, juste que c'était loin dans son adolescence et elle n'avait jamais remit le couvert depuis. Trop absorbée par ses livres.
-Mince ! Les livres ! Dit-elle en se tapotant le front.
Ses livres l'attendaient avec impatience, elle en était persuadée. Au moment de rentrer dans l'avant de sa boutique, son sourire s'élargit. Il n'y avait pas d'endroit plus merveilleux. Le livre qui était resté sur son chevet, la nuit dernière, se vit ranger contentieusement à sa place. Un petit dépoussiérage de ses étagères, une ouverture de porte vitrée pour laisser le champ libre à la clientèle de venir faire un tour. Et surtout des présentoirs à cartes postales, aussi vieilles que la vile elle-même. Sous une centième menace de son voisin, elle sourit, les mains sur ses hanches et elle revint travailler à son bureau. Elle se permit même de chantonner Titanium, un de ses titres favoris.
-Le café est froid.
June se crispa à en casser son stylo. Elle en avait oublié l'inconnu qui prenait sa douche dans SA salle de bain. Elle retourna vivement son visage vers lui et elle se précipita à sa rencontre pour le forcer à retourner dans son appartement.
-Je ne sais pas qui vous êtes, ce que vous me voulez, mais…. Si vous vouliez un café chaud, il ne fallait pas prendre de douche ! Lui murmura-t-elle, visiblement énervée.
L'homme esquissa un sourire, finalement elle lui plaisait bien. Un peu niaise mais attachante. Il reprit son air orgueilleux et il la repoussa délicatement.
-Vous êtes la gérante ?
Il s'était avancé vers la vitrine, puis il avait tourné son attention sur les livres présents partout, dans cet endroit.
-C-C'est chez moi oui ! Commença-t-elle, rouspétant. Monsieur ? Finit-elle par demander, peu sûre d'elle.
-Holmes. Sherlock Holmes.
Elle sourit, rassurée, sans vraiment de raison valable puis elle tenta de se présenter mais elle fut interrompu par ce monsieur Holmes qui touchait à sa précieuse collection.
-Non, ne touchez pas à J ! Cria-t-elle en se précipitant pour protéger et remettre en place son précieux livre.
-J ? Demanda Holmes, décontenancé.
-C'est son nom…
Elle baissa le regard, en lui tournant le dos. Elle ne voulait pas lui montrer que son geste l'avait profondément apeuré.
-Pourtant, son titre c'est « L'Etranger » d'Albert Camus.
-Ce n'est pas en rapport avec son titre, soupira-t-elle devant l'inconscience de son non-invité. C'est ainsi qu'il est rangé dans mon monde.
-Votre monde ? S'interrogea Holmes, en penchant légèrement la tête.
-Oui, dans mon esprit.
Elle rapprocha ses bras au creux de sa poitrine, puis elle se dissocia de la proximité qu'avait instauré Holmes entre elle et lui. Elle rejoint son bureau. Elle n'osait plus lever le regard sur le jeune homme.
-Si vous pouviez partir rapidement, j'ai du travail.
-J'en doute fort, dit-il avec un petit air supérieur.
Elle bouillonnait de l'intérieur. Ce monsieur Holmes était des plus abjects qu'elle ait connu jusqu'à aujourd'hui. Mais, étrangement, elle ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour lui.
-Si…
-Hm ?
-Si vous voulez, vous pouvez rester plus longtemps.
Sherlock Holmes la dévisageait, littéralement.
-Euh ! Je-Je veux dire, si vous êtes toujours poursuivi, vous pouvez vous cacher ici sans problème !
Elle regrettait déjà ses paroles. Pourquoi souhaitait-elle qu'il reste alors qu'il n'avait été jusque là qu'un importun visiteur. Elle avait vraiment eu la peur de sa vie quand elle le vit entrer dans sa boutique la nuit dernière, mais bizarrement, il l'intriguait.
-Ce serait surement plus sage.
-Un merci aurait suffit, dit-elle en regardant ailleurs.
-…Merci.
Elle lui sourit timidement avant de se diriger dans sa direction. Elle lui indiqua la petite table et la banquette près de la vitrine. Il n'avait pas remarqué ce petit endroit, propice à la lecture. C'était chaleureux à souhait et tout aussi confortable quand il décida de s'y installer.
-Du thé ? Proposa-t-elle avec un doux sourire.
-Je ne bois jamais de thé.
-Oh, je n'ai que ça ici…
-Et le café de tout à l'heure ? Lui demanda-t-il froidement.
-J-Je suis allée vous le chercher chez monsieur Lanoix, à la brasserie française de la rue.
Elle remit en place une mèche de ses cheveux blonds, un sourire gêné sur ses fines mais délicates lèvres. Holmes la fixait intensément, il émanait d'elle comme une douceur réconfortante. Mais il ne pouvait s'empêcher de l'envoyer balader méchamment.
-Allez m'en chercher un autre.
June perdit rapidement son sourire, elle serra les poings contre ses cuisses, puis elle souffla un bon coup. Il était insupportable mais elle n'allait pas se laisser faire si facilement.
-Je ne peux pas ! J'ai une boutique à tenir !
-Il n'y a aucun client.
-Il peut y en avoir !
-Sûrement pas, répondit-il en jetant un rapide coup d'œil au voisin de la boutique.
-Qu'est-ce que vous pouvez en savoir ?! Avait-elle osé lui demander.
Holmes eu un rictus peu rassurant. Un peu comme s'il avait accepté le défi qu'elle lui avait lancé avec innocence.
-Vous vous êtes installée récemment, dernière chance pour vous de réaliser votre rêve. Vous y avez mis toutes vos économies. Un endroit médiocre dans une rue isolée de tout, vous n'avez surement pas payé l'endroit bien cher malgré sa surface, déblatéra-t-il à une vitesse impressionnante. Vous êtes éloignée de votre famille, vous vivez seule, vos seuls passe-temps sont vos bouquins auxquels vous vouez un culte assez effrayant. Vous n'avez presque jamais de client, vous vivez avec le peu qu'il reste de vos économies, ce qui est expliqué par votre réfrigérateur désespérément vide. Vous lisez pour oublier à quel point votre vie n'est pas celle à laquelle vous vous attendiez…
Elle l'écoutait étaler sa vie, elle avait l'impression qu'il la jugeait, qu'il voulait la blesser. Des perles salées se mirent à effleurer ses joues rosies. Son regard se détacha de cet homme et elle fixait son écran d'ordinateur à son bureau.
-En bref, votre vie est si peu digne d'intérêt que vous vous cramponner à ce dernier rêve comme…, s'arrêta-t-il de parler quand il vit qu'il l'avait fait pleurer. Hum…, toussota-t-il l'air faussement désolé.
-J'aurai dû vous laisser vous vider de votre sang.
Ses mots étaient tellement froids, que Sherlock Holmes sentit comme un frisson le parcourir. Il ne s'attendait pas à ce revirement de personnalité. Il n'aurait jamais pensé qu'elle puisse lui dire ce genre de chose, il l'avouait, il aimait taper sur plus faible, et c'est pour cela qu'il avait commencé à déduire sa vie sans retenue. Mais là, une étincelle d'intérêt s'éveilla en lui devant ce petit bout de femme.
-…P-Pardon ! S'excusa-t-elle en se rendant compte de ce qu'elle venait de lui dire.
-Inutile, je fais cet effet à de nombreuses personnes, dit-il en ricanant amèrement.
-Je vais vous chercher un café ! De toute façon, personne ne viendra aujourd'hui ! Dit-elle, un sourire forcé aux lèvres comme pour accuser le coup.
Il la laissait faire. Après tout, il avait bien envie d'un café. Mais il se rendit rapidement compte, qu'il était à deux doigts de regretter ce qu'il venait de dire à cette jeune femme, dont il ignorait encore le nom. Il attendit son retour pour lui poser la question.
-June Johnson.
-De quel monde parliez-vous, au sujet de vos livres ? Osa-t-il lui demander.
-Vous allez penser que je suis folle…
Elle s'était assise sur l'autre bout de la banquette, en face de lui. Ses rougeurs étaient des plus charmantes, et le décolleté de sa robe bleutée était …divin ! Mais dans un mouvement compulsif de sa tête, il reprit ses esprits.
-Pas plus que…dit-il en voyant qu'elle le fixait d'un air menaçant. Noooon, pas du tout ! Ajouta-il avec un grand sourire hypocrite.
-C'est comme si j'avais une autre bibliothèque dans la tête, je ferme les yeux et je me rends dans cet endroit fascinant ! Une sorte de…
-Palais ? Demanda-t-il, apparemment très intéressé.
-Non… plutôt comme un manoir hanté !
-Sordide…
-Quoi ? Interrogea-t-elle, visiblement vexée.
Il sourit malicieusement. Finalement, elle avait beaucoup plus de choses à révéler que ses premières analyses. Elle aussi pouvait accéder à une sorte de « palais mental ». Ce qui prouvait qu'elle avait une sorte d'intelligence qu'il ne décelait pas au premier regard.
-Il y a une fabuleuse bibliothèque dans ce manoir hanté ! Essaya-t-elle de le rassurer.
-Je me doute, c'est un peu votre « truc » les bouquins… s'était-il amusé à dire en ajoutant des guillemets avec ses mains.
-Vous n'aimez pas les livres ?
-Seulement quelques uns…
-Lesquels ? s'interrogea-t-elle.
-Je ne suis pas certain que vous les ayez dans votre boutique voyez-vous… Ce ne sont pas des lectures courantes.
-Vous ignorez où vous avez mit les pieds, monsieur Holmes.
Un sourire taquin sur le visage, elle se pencha encore un peu plus vers lui, dévoilant sa poitrine généreuse à tout regard curieux. Holmes rougit légèrement.
-Ici, c'est un endroit magique !
Le sourire du jeune homme s'effaça, il était à présent sceptique sur les capacités intellectuelles de son interlocutrice.
-Peines de mort : Histoires et techniques des exécutions capitales des origines à nos jours…
-De Martin Monestier ? Peu répandu, mais connu dans son domaine, répondit-elle avec un sourire satisfait.
-Le Codex de Leicester ? S'amusa Sherlock Holmes.
-Ne soyez pas stupide, il n'existe qu'en un seul exemplaire, et je doute que l'un de nous deux ait les moyens de se l'acheter !
Elle rigola de bon cœur puis elle reprit doucement sa place dans le fond de sa banquette. Encore une fois, elle éloigna une de ses mèches blondes de son visage. Elle dévoila une oreille discrète, qui donnait vraiment envie d'être croquée. Holmes eut un réflexe de honte quand il eut cette pensée, il tourna vivement le regard vers le voisin, encore lui.
-Il ne vous aime vraiment pas…
-Je lui vole la clientèle qu'il n'a pas, c'est vraiment embêtant pour lui.
Elle plaisantait. C'était agréable de voir, qu'en quelque sorte, elle ne lui en voulait plus pour la description brutale qu'il avait fait de sa vie.
-Buvez, sinon ça va encore se refroidir.
Sherlock Holmes acquiesça. L'odeur de ce café était des plus agréables, mais le simple faites de déglutir lui faisait un mal de chien à ses cotes. June remarqua immédiatement ce tressautement de paupière.
-Vous avez mal ?
-Non, dit-il calmement.
-Ne mentez pas, je l'ai vu à votre micro expression.
-Ma quoi ?
-Micro expression ! Insista-t-elle. Cet imperceptible mouvement de paupière, il montre que vous avez terriblement mal malgré vos efforts pour le dissimuler.
Sherlock Holmes ouvrit légèrement la bouche. Il venait de se faire duper à son propre jeu. Comment une jeune femme à l'allure si nunuche pouvait cacher autant de connaissances et de talents ? Il déglutit encore, laissant cette fois échapper un gémissement. Puis il lui sourit, sincèrement étonné.
-Je l'admets. Vous avez fait un pitoyable travail de soin.
-C-C'était la première fois que je faisais un bandage ! Si vous ne m'aviez pas retenu pour appeler les secours, vous seriez sûrement en meilleur état actuellement ! Insista-t-elle, l'air complètement paniqué d'imaginer le voir de nouveau s'évanouir.
-Ca va aller, ça va se guérir tout seul, la rassura-t-il en lui attrapant calmement la main. Et puis, je n'aurai pas fait votre connaissance.
Rapidement, elle se détacha de son contact, trop intime pour elle. Elle rougit vivement en se rendant compte de ce qu'elle venait de faire et de l'expression surprise de son invité.
-Reposez-vous ici autant que vous le souhaitez… Je dois faire quelques commandes.
Elle lui sourit puis elle retourna à son bureau, non loin de lui. Elle l'observait à distance et discrètement, il le faisait aussi. Elle lui plaisait bien. Il avait préjugé trop vite de la personne qui lui avait sauvé la vie.
