C'est encore moi !

Voici la suite - et fin - de ma première fic sur House. Je vais essayer de ne pas faire de long discours pour une fois mais c'est avec une certaine émotion que je clos cette fiction sur laquelle j'ai travaillé pendant ces deux derniers mois (et oui que voulez-vous, je suis trop émotive !).

Avant de vous laisser, je tiens à vous remercier tous encore une fois pour toutes vos reviews et vos encouragements qui me vont droit au coeur ! J'espère vous retrouver bientôt pour une nouvelle fiction mais en attendant, n'hésitez pas à jeter un coup d'oeil à mes traductions !

Bonne Lecture ! =)


Troisième partie – Et après ?

Une fois remis du choc, Wilson se précipita aux côtés du diagnosticien. Il lui donna une petite tape amicale à l'épaule, sachant que son ami n'apprécierait aucune effusion de tendresse. Il se hâta de vérifier son état mental.

« Tu te souviens de qui tu es ? »

Le diagnosticien répondit d'une voix rauque mais enjouée :

« Gregory House, le grand diagnosticien renommé du Princeton-Plainsboro Teaching Hospital, dont les yeux bleus et la canne irrésistible font chavirer tous les cœurs alors que la… » Il s'apprêtait à continuer sur sa lancée lorsque Wilson l'interrompit.

« C'est bon, on a compris. Ça à l'air d'aller. Est-ce que tu sais quel jour on est ? »

« Quelque part en mai 2010, je suppose que je suis resté plusieurs jours dans le coma… »

« En fait, on est le 2 juin, ton coma à duré deux semaines », dit-il d'une voix calme, laissant House digérer la nouvelle. « Tu te souviens de ce qu'il s'est passé ? » reprit-il d'une voix hésitante.

« J'ai un peu forcé sur les comprimés ? »

« Un peu ? » Cuddy explosa.

Depuis le début, elle n'avait pas bougé. Trop bouleversée de le voir soudain parler et bouger. Si vivant alors qu'elle l'avait imaginé mort à tant de reprises ces dernières semaines. Elle était partagée entre l'envie folle de se jeter dans ses bras et lui dire qu'elle l'aimait et celle de lui hurler dessus pour avoir encore frôlé la mort. C'est la colère qui avait pris le dessus mais comme elle se sentait toujours coupable de sa présence dans le lit d'hôpital, elle se reprit aussitôt.

« Je… Je suis contente que vous vous soyez réveillé House. »

Ne pouvant soutenir son regard, elle lui tourna aussitôt le dos et sorti de la pièce.

« Elle a l'air remonté dis donc ! » s'étonna House.

« Il faut dire que tu nous as fait une sacré peur House, nous étions morts d'inquiétude, encore une fois. » lui répondit Wilson.

« Je sais bien que tu t'inquiètes pour moi et que tu ne peux pas vivre sans moi mon petit Jimmy », répondit House, la bouche en cœur, se moquant de son meilleur ami comme il l'en avait l'habitude. Bien qu'il essayait de faire comme s'il s'en fichait, il reprit d'un air plus grave : « Mais ne me fait pas croire que Madame la Doyenne en a quelque chose à foutre. »

Lui, qui quelques secondes plus tôt était encore dans le brouillard cotonneux que dans lequel l'avait plongé son profond coma, sentit soudain la colère s'emparer de lui. La colère contre cette douleur psychologique que tous les médicaments du monde ne pouvaient soigner. Cette douleur qui était réapparue au moment où Cuddy lui avait hurlé dessus, lui rappelant les « je ne vous aime pas » et autres belles paroles qu'elle lui avait crachées à la figure deux semaines auparavant.

« - House… » Commença son meilleur ami.

« - Non Wilson. Ne commence pas à me prendre la tête avec ce que je ressens et tout ton baratin de psy du dimanche. C'est plus la peine de te mêler de tout ça, c'est terminé. Tu ne sais pas ce qu'elle m'a dit. J'abandonne. »

La gorge du diagnosticien se serra sur ces dernières paroles. Il avait abandonné tout espoir au moment où il avait pris le premier comprimé de Vicodin et la sensation de légèreté qui l'avait envahi l'avait empêché de penser à l'avenir, aux conséquences. Il s'était sentit tellement bien sur le moment, sa chute était si douce et indolore qu'il n'avait pas pensé qu'il y survivrait et qu'il devrait s'en relever. Et il n'avait aucune idée de la façon dont il allait s'y prendre cette fois.

Heureusement, Wilson le corrigea presque aussitôt :

« - Détrompe-toi. Je sais parfaitement ce qu'elle t'a dis ce jour-là. Je ne peux qu'imaginer le mal que cela t'as fait et je sais que c'était la goutte d'eau faisant déborder le vase. Je me rends compte que malgré tes efforts, tu avais l'impression d'échouer et que c'est pour ça que tu es sur ce lit. Et je suis désolé de ne pas avoir été là pour toi. Mais je sais aussi que c'est elle qui est venue et t'as trouvé gisant dans ta salle de bain. Que c'est elle qui m'a appelée en larmes et qui hurlait quand nous sommes arrivés à ton appartement parce qu'elle croyait t'avoir perdu. Je sais qu'elle est restée à ton chevet pratiquement chaque minute que tu as passée dans ce lit et que les seules fois où elle n'était pas là, c'est parce qu'on la mettait dehors pour qu'elle prenne l'air. Et surtout, je sais qu'elle s'en veut, pas parce qu'elle aime se sentir coupable comme tu te plais à le penser, mais parce qu'elle t'aime et qu'elle regrette d'en être arrivée là alors qu'elle était juste venue pour te dire qu'elle avait largué Lucas. »

De tous les discours les plus interminables que Wilson lui avait faits, celui là était probablement l'un des plus longs mais aussi le plus intéressant. House ne répondit pas tout de suite, trop perdu dans ses pensées. Pour une fois, il n'avait pas envie de rire ou de se moquer de la situation. Tout cela avait trop duré, ces jeux qui avaient fait souffrir Cuddy et qui, par conséquent, lui retombaient dessus des années plus tard étaient terminé. Il avait réalisé en sortant de Mayfield qu'il ne voulait plus lui mentir, qu'il avait vraiment envie de s'essayer à être heureux. Et si à l'époque, il était arrivé trop tard, si le jour de l'accident à Trenton il avait eu mal de croire qu'il l'avait définitivement perdue, aujourd'hui était un autre jour. Et même s'il était exténué, ralenti par tous les médicaments qu'on lui avait injectés, même s'il venait de se réveiller d'un coma de type 3 et qu'il était censé se reposer, il n'avait plus envie d'attendre.

Doucement, il s'assit dans son lit, étirant ses muscles engourdis et tentant de se lever prudemment sous le regard de son meilleur ami qui se demandait, depuis son sermon, quel effet ses paroles allaient avoir sur le diagnosticien.

« - Mais qu'est-ce que tu fais ? Rallonge-toi tout de suite ! Tu ne peux pas… »

« - Je vais la voir. » déclara-t-il d'un ton ferme. « Cuddy. » ajouta-t-il devant l'air surpris de son ami.

« - Ça peut attendre. Elle ne va pas s'envoler et toi tu dois te reposer. » Affirma l'oncologue.

« - J'ai assez attendu. Je dois la voir maintenant. »

Le diagnosticien était bien trop têtu et son meilleur ami le savait.

« - Je peux tout aussi bien lui dire de venir, ça t'évitera toute fatigue inutile… » L'oncologue tentait de faire un compromis.

« - Non, ça va aller. Je ne veux pas qu'elle ait le temps de réfléchir sur le chemin, voire de repousser ou d'éviter la conversation. Mais si tu t'inquiètes tant pour moi, accompagne moi jusqu'à son bureau. »

Wilson hocha de la tête pour lui montrer son accord, il était déjà étonnant que le diagnosticien se laisser accompagner et surveiller. Ils défilèrent donc sous le regard ébahit des infirmières, House s'accrochant à la tige de sa perfusion, boitant plus que de coutume, et Wilson à ses côtés, l'air de rien, même s'il jetait des coups d'œil fréquents vers House pour s'assurer que celui-ci n'allait pas s'écrouler.

Alors qu'ils arrivèrent tant bien que mal devant le bureau de la doyenne, Wilson lâcha un « Je serai dans mon bureau si tu as besoin de moi » et s'éclipsa.

House se retrouvait donc devant les portes qu'il avait si souvent franchies à la volée ces dernières années, presque toujours avec des idées absurdes ou des requêtes folles. Pourtant, c'était la première fois que ce qu'il s'apprêtait à faire lui paraissait vraiment fou, suicidaire. Il savait que les prochaines minutes étaient décisives. Il comprenait enfin le sens de cette phrase qu'il avait lue un jour : « L'amour est une catastrophe magnifique: savoir que l'on fonce dans un mur, et accélérer quand même. » Il s'apprêtait à foncer les yeux fermés. Mais il en avait besoin. Et puis, ça n'allait pas obligatoirement mal se terminer, se dit-il dans un élan rare d'espoir.

Alors pour la énième fois, il passa les portes du bureau avec le vacarme habituel.

« House ! Vous devriez être au lit ! » S'exclama Cuddy qui avait sursauté à son entrée.

« Je m'ennuyais Maman ! » protesta-t-il en faisant cette moue enfantine qu'elle connaissait par cœur.

« Vous avez besoin de repos ! Vous venez de vous réveiller d'un profond coma après avoir fait une overdose ! » Bredouilla-t-elle, angoissée de se retrouver seule avec lui après tout ce qu'il s'était passé dernièrement.

« Encore une idée de génie hein ? J'ai même réussi à me rater ! J'espère que ce petit coup de théâtre n'aura pas retardé votre super mariage. » Marmonna-t-il.

« Vous…Vous avez vraiment essayé de vous suicider ? » Murmura-t-elle. Même si elle se doutait de la douleur qui avait pu l'amener à agir d'une telle sorte, la confirmation de ses doutes n'était pas plaisante à entendre.

Ne soyez pas mélodramatique ! » Dit-il en faisant de grands gestes. Puis il reprit son sérieux : « Je ne sais pas Cuddy. J'avais mal et je voulais juste que ça s'arrête. »

Elle sentit son cœur s'arrêter pendant une fraction de seconde. « J'avais mal. » Lorsqu'il avait dit ça, elle avait bien sentit qu'il ne parlait pas que de la douleur à sa cuisse même si c'est ce qu'il voulait faire croire. Elle savait qu'il parlait de la douleur bien plus profonde dont elle était en partie responsable.

« Je ne vais pas me marier », déclara-t-elle sans oser le regarder.

« Votre homme-objet à trouvé une Barbie plus jeune ?

House ! »

Elle était au bord des larmes. Il le sentait. Il voulait la faire craquer, voir si elle avait aussi mal que lui, comprendre ce qu'elle ressentait. Il voulait la mettre hors d'elle, voir que ses paroles avaient encore de l'effet sur elle.

Les paroles qu'elles avaient prononcées sur les lieux de l'accident et ses regards durs ne cessaient de défiler dans sa tête, il se repassait ses moments en boucle depuis son réveil. Mais après la discussion avec Wilson, il s'était aussi rappelé de ses mains douces sur son visage quand elle l'avait trouvé dans sa salle de bain, de sa voix apaisante qui murmurait son nom comme une litanie, de ses larmes lorsqu'elle l'avait supplié de ne pas fermer les yeux, du « Je t'aime » qu'il avait cru entendre au moment où il sombrait… Il était complètement perdu.

L'an dernier, elle avait été prête, n'attendant que son accord pour se lancer dans une relation avec lui malgré tous les risques que cela comportait. Puis elle en avait eu marre d'attendre et avait essayé de passer à autre chose et c'est à ce moment-là que lui s'était sentit prêt à se lancer, mais c'était trop tard. Dès que l'un faisait un pas en avant, l'autre reculait davantage.

Mais aujourd'hui, et peut être pour une courte durée, ils étaient tous les deux prêts, bien que perdus et blessés, ils avaient arrêté de nier. Alors il se lança.

Il s'approcha d'elle et caressa sa joue du bout des doigts. Cuddy frissonna et ferma les yeux alors qu'elle sentit la main de House descendre lentement et se loger au creux de sa hanche pour la rapprocher de lui dans un mouvement possessif. Elle n'eut pas besoin d'ouvrir les yeux pour savoir qu'il se penchait vers elle pour l'embrasser.

Il frôla ses lèvres pendant quelques secondes avant qu'elle ne passe ses mains derrière son cou pour s'agripper à lui et approfondir le baiser, entraînant leurs langues dans une danse effrénée.

A bout de souffle il fini, à regrets, par s'écarter d'elle sans pour autant s'éloigner et posa son front sur le sien, ne la quittant pas des yeux.

« Je dois être encore en train de délirer… » Sourit-il.

Elle offrit le sourire rassurant qu'il attendait et se blottit contre lui, alors qu'il l'entourait de ses bras, lui offrant l'étreinte tendre dont ils avaient tous les deux besoin.

« Peut-être pas en fait », dit-il en se reculant et grimaçant. « Vous auriez beaucoup moins de vêtements si tout ça n'était que le fruit de mon imagination, Dr Cuddy ! » Déclara-t-il en observant la doyenne, ses yeux brillants d'une lueur lubrique. « Et je n'aurais pas aussi mal au crâne… » Ajouta-t-il en voyant que, malgré le sourire qu'elle lui adressait, elle n'était pas dupe quand à la raison de son éloignement soudain.

« Je suis tellement désolée », dit-elle enfin, les yeux brillants.

« Cuddy… » dit-il d'une voix presque suppliante. Il n'avait vraiment pas envie de s'attarder sur de longs discours larmoyants.

« Laisse-moi parler, s'il te plaît. Il faut que tu saches à quel point je m'en veux de t'avoir fait autant de mal, d'avoir cru que je pourrais t'oublier aussi facilement, d'avoir dit tout ce que j'ai dit parce que je me rendais compte que peu importe ce que je faisais, je n'ai jamais réussi à m'empêcher de t'aimer… » Sa voix se brisa sur les derniers mots. Elle le regarda, craignant sa réaction.

« Tu as fini maintenant ? On à déjà perdu 20 ans Cuddy, on ne va pas en perdre 20 de plus à ressasser le passé ! » Dit-il, sincère mais essayant d'esquiver le trop plein de guimauve qui se répandait dans la pièce.

Il savait que si elle continuait, il allait finir par lui faire une grande déclaration digne des plus grands romans à l'eau de rose, perdant ainsi toute crédibilité pour les années à venir. Il préférait mille fois lui montrer plutôt que de lui dire. Il saurait faire preuve de créativité pour qu'elle sache à quel point il l'aimait.

« Très bien… Retournons à ta chambre ! » dit Cuddy en s'apprêtant à l'accompagner.

« Je suis un grand garçon, je peux y aller tout seul tu sais ! A moins que tu veuilles m'y emmener pour me faire une petite gâterie histoire de me remettre sur pieds, dans ce cas, tu es la bienvenue ! » répondit-il en lui adressant un sourire coquin.

« Dans tes rêves ! » dit-elle, parvenant à peine à cacher son sourire en coin. « J'ai de la paperasse à finir, je te rejoindrai plus tard pour voir quand est-ce que tu pourras sortir.»

« Et après ? » demanda-t-il avec un brin d'inquiétude.

Ils n'avaient pas encore clairement parlé de leur relation et il voulait être certain qu'elle n'allait changer d'avis.

« On essaiera d'être heureux. » répondit-elle en scellant sa promesse d'un baiser.

Fin.