Excusez moi, je m'étais trompé de bidule n__n'


Bella

-Tu sais qu'il pleut chérie ?!

Je claque la porte en disant au revoir à Louise. Je descends les quelques marches du perron. La pluie s'arrête.

Quelle veinarde !

Quatorze heures. Heure la plus attendue de la journée.

Je marche d'un pas tantôt décidé, tantôt timide vers mon but. Cette rue qui me donne des frissons de peur et de plaisir à la fois.

Mon cœur s'accélère. Je me ronge l'ongle de mon index, moi qui ai pris tant de temps à arrêter. Je regarde le bout de la ruelle et m'arrête. J'attends.

Il recommence à pleuvoir. Je lève les yeux vers le ciel, furibonde. Pourquoi étais-je sortie comme ça, aussi ?

La pluie dégouline sur mon corps, elle se fait plus brutale, incessante. Des gouttes se coincent dans mes cils, je cligne des paupières pour les chasser.

-Mademoiselle !

Je me retourne précipitamment.

-Ne restez pas comme ça sous la pluie, vous allez attraper froid. Si ce n'est déjà fait.

Je me rends compte que mon corps tremble violemment. Mes dents s'entrechoquent. Je souris à ce vieux monsieur si aimable timidement. Il reste à mes côtés, me couvrant de la pluie avec son parapluie.

-Vous pleurez ?

-Non. C'est la pluie.

Je me frictionne avec mes bras. Compte jusqu'à cent dans ma tête. Attends.

C'était trop tard. Il ne viendrait pas, ou il serait déjà là. A trop attendre j'avais tout fait foirée. Je n'en peux plus. Je passe ma main sur mon visage pour chasser ces gouttes incessantes.

Et mes pieds écorchés, et mes doigts gelés, et mes pas dévoués, et l'asphalte trempée. M'abime et m'use.

-C'est toujours la pluie petite ?

-Non. C'est des larmes.

Je le remercie et fais demi-tour. Je n'ai pas le courage d'aller chez Jasper –à présent.

Où était cet inconnu ? Pourquoi décidait-il de ne pas venir juste le jour où je me lançais ? Je frissonne et cours sous la pluie. Mes pas claquent sur le trottoir et raisonnent dans mon crâne. Douloureusement. J'ai peur.

Mon corps me fait souffrir.

(Aimer et mourir) sont deux lueurs qui ne font qu'un seul feu, et sans douteest-ce pour cela que nous aimons si peu, si mal: il nous faudraitconsentir à notrepropredéfaite.*

Je cours. De plus en plus vite. Je traverse Kerry Park. Des enfants rient. Une fille de mon âge est sur la balançoire, poussée par ce qui doit être son petit-copain. Un sourire nié sur le visage. Je secoue ma tête.

Ma maladresse avait disparue, comme par hasard.

J'étais face à ma propre défaite.

*

Deux semaines. Et ce manège recommençait depuis. Mais mes pas étaient plus lourds. J'étais certaine de ne plus le trouver. Et pourtant je m'obstinais. Même si au fond tout était clair depuis le premier jour.

J'étais complètement déstabilisée alors que je n'aurais pas dû.

Je devais me rendre à l'évidence.

Il avait disparu.

***

Edward

2semaines plus tôt.

C'était la course tous les midis. J'avais réussi à avoir un cours de piano tous les jours pour les vacances pendant une heure mais il commençait à une heure de l'après-midi.

-Chéri, reste là s'il te plait.

-Esmée, je dois être au conservatoire dans dix minutes.

-J'ai annulé ton entrainement d'aujourd'hui.

-D'accord.

-Emmet, reste ici.

-Grmbl, grogna celui-ci

J'hausse les épaules. Lui était surtout pressé de retrouver une grande brune, stéréotype de la poupée Barbie qu'il jetterait dans les prochains jours.

-Nous allons déménager.

C'était sans surprise. Carlisle et Esmée en avaient déjà parlé il y a quelques mois.

-Quand ça ?

-Nous somme pris de cours. Nous devons partir ce week-end. Carlisle devra déjà être à l'hôpital lundi prochain.

Là, par contre, j'encaissais sans broncher. Je ne m'attendais pas à partir dans…3jours !

-Maman… Vous ne comptez pas vendre la villa ? Demandai-je prudemment.

-Oh non, je la regretterais trop. J'y ai fait tellement de chose. Nous la gardons.

-Mais pour la fac ? demande Emmet.

Je tourne le visage vers Emmet et hausse les sourcils. Et c'était lui qui demandait ça ?! Non mais je rêve. Il me fait un sourire innocent.

-Pas de soucis les garçons. Tu iras en première année de musicologie Edward et toi en sport Etude. J'arrangerai cela.

-Où allons-nous, demanda Emmet sans broncher.

Ah. Il avait le mérite de poser une question utile.

-San Francisco.

Ah ouais… Quand même.

-Olé ! S'écrie Emmet. Tu sais ce que ça veut dire Edward ?

-Non…

-Soleil. Fille. Plage. Fête du bikini.

-Crétin, soupirai-je pour la forme.

-Quand San Francisco s'embrume
Quand San Francisco s'allume
San Francisco
Où êtes-vous
Lizzard et Luc
Psylvia
Attendez-moi

-Aaah! La ferme Emmet. Tu continues à chanter ça et je te fais...

-Ne sois pas vulgaire frérot!

Esmée fit un aller-retour au garage et nous ramenas des cartons.

-On commence aujourd'hui. Dans trois jours tout doit être bouclé. Vous êtes grands, musclés, vous pouvez y arriver, dit-elle en nous faisant un clin d'œil.

Je ris alors qu'Emmet sors ses muscles.

-On a compris gros balourds ! Dis-je en m'enfuyant dans ma chambre après l'avoir bousculé.

Une chose me tracassait.

Je ne la verrais plus…

Cette fille m'intriguait. Elle avait des paillettes plein les yeux et rayonnait. Pourtant elle avait l'air étrangement fragile.

Et je devais la laisser derrière moi.

***

Bella

Je me lève de mon lit, où je suis enfouie depuis trois jours. J'avais fait semblant d'être malade pour ne pas à affronter les gens dehors. Je n'avais rien avalé depuis, même si Mamilou me laissait à chaque repas de quoi manger.

Mes jambes me font souffrir. Ma tête cogne. Mon cœur bat douloureusement contre ma cage thoracique et fait résonner ses battements trop lents dans mon corps. Mon ventre est noué. Mes mains tremblent, tout comme mes jambes.

Je m'approche du miroir et touche l'image qu'il me renvoi de moi. Mes cheveux sont gras, ternes. Ma peau a perdue sa couleur. Mes yeux sont rouges, soulignés par de grands cernes.

J'enfile un vieux jean, un vieux gilet, des chaussettes troués tout comme les baskets et descend dans la rue. Je traine des pieds.

Je pousse la porte du coiffeur et attends mon tour.

Mon comportement est excessif mais rien ne m'arrête.

A dix-sept ans on est vulnérable. Un rien chamboule notre vie. On accorde de l'importance à ce qui ne devrait pas en avoir. On se créer des points de repères à ce qui n'est pas stable.

Le bonheur est éphémère, il passe sans s'arrêter, il s'attardeparfois, l'espace d'une illusion, mais rares sont ceux qui savent le retenir, le garder. Il est si fragile, si vulnérable, il suffit de troisfoisrien pour l'effrayer, le voirfuir à jamais.**

Après un shampoing, je m'assois sur un siège.

Je ferme mes paupières afin de garder ces putains de larmes pour moi et dis, un sanglot dans la voix :

-Rasez-moi, s'il vous plait.

***

J'espère que vous aurez… aimé. Ne me tuez pas :')

Ce chapitre est assez court. Mais j'étais obligé d'arrêter ici.

De vos nouvelles dans une review, j'espère.