Bonjour à toutes et à tous !
L'auteur interrompit sa crise d'angoisse et d'hystérie quotidienne pour poster ce troisième chapitre ! ^^
En espérant qu'il vous plaira, je retourne angoisser pour les deux partiels qu'il me reste.
Bises et bonne lecture !
Chapitre 3 : Les joies de la vie de famille
« Donc, la fin du monde… Une fois de plus ! » songea Hermione avec amusement.
Ce n'était pas la première qu'elle avait eu à déjouer une apocalypse, elle avait l'habitude. Cependant, cette fois-ci, l'adversaire n'était pas identifiable. C'était une ombre qui planait, étendant son sombre pouvoir sur le monde.
« Et c'était la principale difficulté … » analysa l'enchanteresse avec le recul.
Maintenant que l'eau avait coulé sous les ponts, qu'elle avait enfin une vision globale des évènements, elle se dit qu'elle ne s'était pas trop mal débrouillée. Evidemment, avec l'âge, elle ferait mieux maintenant.
« Et avec des si, on mettrait un géant dans un tonneau ! »
Elle se rappela avec émotion des dîners chez Rose et Pansy, la chasse aux chimères, les piques de Severus. Elle laissa les souvenirs l'envahir et se plongea dans le passé.
Quelques heures après l'attentat
Hermione referma son agenda et soupira longuement. Elle avait passé son après midi à décaler ses rendez-vous de jeudi et plusieurs de ses interlocuteurs avaient été fort contrariés. Elle se leva, s'étira mollement et s'approcha de sa fenêtre.
Son regard se perdit sur le paysage automnal. Les feuilles se flétrissaient pour tomber sur l'herbe fanée avant d'être balayées par le vent froid. Le téléphone sonna, faisant sursauter la ministre qui abandonna sa contemplation pour décrocher le combiné.
- Oui ? demanda-t-elle trop sèchement à son goût en reconnaissant le numéro de sa secrétaire.
- Votre femme arrive d'ici quelques minutes, j'ai été prévenue par l'accueil.
- Vous pouvez la faire entrer. Merci Helen.
La neuvième sage déposa le combiné sur son socle et se dirigea vers un buffet pour préparer deux tasses de café. Alors qu'elle les déposait sur la table basse de la pièce, la porte s'ouvrit et Ginny pénétra en trombe dans le bureau. La rousse claqua la porte derrière elle et se précipita sur la ministre pour l'embrasser.
- Tu n'as rien ? Rose m'a prévenue pour l'attentat… dit rapidement le professeur de vol d'une voix inquiète.
- Tout va bien, ma chérie, la rassura Hermione. Un café ?
La rousse ne répondit pas, se contentant d'exercer une légère pression sur les épaules de sa femme qui tomba sur le canapé. Ginny se coucha sur l'enchanteresse pour l'empêcher de se relever.
- J'ai envie d'autre chose… murmura-t-elle en laissant glisser ses doigts le long du corps de la neuvième sage. J'espère que tu n'as pas de rendez-vous pour les prochaines trois quart d'heure.
- Il faudrait que je regarde dans mon agenda pour vérifier…
- Vous ne bougerez pas de ce canapé, Madame la Ministre, répliqua doucement la rousse avec un sourire malicieux.
Le professeur de vol se saisit de sa baguette et, d'un mouvement sec du poignet, ferma magiquement la porte du bureau. Elle posa la fine tige de bois sur la table basse et se saisit délicatement des lunettes de sa femme qui suivirent le même trajet.
- Laisse-moi juste deux minutes pour donner congé à ma secrétaire, et ensuite, je serai toute à toi… chuchota Hermione.
- Deux minutes, pas plus, répondit Ginny en embrassant sa femme.
La rousse se redressa, laissant l'enchanteresse quitter le canapé. Au moment où elle allait attraper le combiné, le téléphone sonna. La ministre décrocha avec un regard d'excuse pour sa conjointe qui lui faisait les gros yeux.
- Hermione Granger, s'annonça la neuvième sage. Rebonjour, Monsieur le Premier Ministre… Vous avez les premiers éléments de l'enquête ? Je vous écoute… Si je connais le mouvement « Brûlons les sorciers » ? Non, absolument pas…
Elle se saisit d'un morceau de parchemin, d'une plume et prit quelques notes.
- D'accord… Je vois. Vous me tenez au courant ? Merci Monsieur, à demain. Onze heures, c'est noté. Passez une bonne soirée.
Hermione raccrocha rapidement, puis composa un numéro. Elle se ressaisit du combiné et patienta quelques secondes.
- Bonsoir Helen… C'était pour vous dire que vous pouvez y aller. Je ne vais pas tarder à partir. Non, je n'oublie pas le rapport pour demain matin, promis. Bonne soirée !
L'enchanteresse débrancha le téléphone et eut un sourire pour Ginny, qui l'attendait bras croisé sur le canapé.
- C'est bon, on ne sera plus dérangé… dit-elle doucement en s'approchant.
- Alors, l'attentat ? demanda Ginny, inquiète.
La neuvième sage s'installa à côté de sa femme et la prit dans ses bras.
- Les auteurs seraient un groupe nommé « Brûlons les sorciers », branche armée du nouveau parti politique moldu « Vivre normalement », parti plutôt radical et anti-sorcier… expliqua Hermione.
- Et c'est toi qui étais visée ? insista la rousse.
- Pas particulièrement. Je pense que les activistes voulaient éliminer le gouvernement pour provoquer un remaniement, une nouvelle élection… Bref, ne perdons pas de temps là-dessus, je crois que tu avais d'autres projets en tête…
Ginny acquiesça et commença à déshabiller sensuellement sa femme.
- Tu me manques… murmura la rousse. On ne se voit quasiment plus, ces derniers temps. Tu pars tôt, rentres tard, et les week-ends, tu es ailleurs.
- Je suis le plus souvent possible à la maison, protesta Hermione.
- Quand je dis ailleurs, je dis que tu es dans tes pensées, inaccessible, explicita Ginny. J'aimerais qu'on se retrouve. Tu pourrais, je ne sais pas, prévoir un peu de temps pour moi dans ton agenda de ministre ? Maintenant qu'on n'a plus les enfants à la maison, ce serait bien d'en profiter…
- D'accord… répondit l'enchanteresse dans un souffle alors que les doigts de sa femme parcouraient sa peau.
- Maintenant que nous sommes parvenues à un compromis, passons aux choses sérieuses…
Rose agita rapidement sa baguette et les assiettes s'envolèrent du placard pour se poser harmonieusement sur la table. Les couverts et les verres suivirent le même trajet et la dixième sage jeta un coup d'œil rapide au poulet qui cuisait dans le four.
- Ma chérie ! J'vais avoir besoin d'aide ! s'exclama Rose en passant sa tête dans le salon.
- Deux secondes ! répliqua Pansy à l'autre bout de la maison.
Le professeur de DCFM soupira bruyamment et lança le sort pour que les pommes de terre s'épluchent.
- Les invités arrivent dans un quart d'heure et rien n'est prêt ! Et je voudrais bien me changer ! ajouta fortement la dixième sage.
Pansy finit par pénétrer dans la cuisine, trempée de la tête au pied.
- Ca tombe bien, moi aussi… grogna la médicomage en essorant ses cheveux sur le sol de la cuisine.
- Tu peux pas faire ça ailleurs ? s'écria Rose. Ca t'amuse de foutre de l'eau partout ?
- Va dire ça à ton fils… maugréa Pansy.
- Pour être aussi chiant, c'est aussi le tien ! rétorqua l'ancienne préfète en chef.
- Peut-être, mais la prochaine fois, c'est toi qui lui donne son bain, répondit Parkinson avec humeur.
- Est-ce que tu peux surveiller la bouffe deux minutes le temps que je me change ? soupira Rose en levant les yeux au ciel.
- D'accord, mais dépêche-toi, j'ai pas envie de choper une pneumonie…
- Faut voir l'avantage : si t'es clouée au lit pendant une semaine, tu feras moins de conneries dans la maison…
- Et tu joueras les infirmières ? demanda la médicomage avec un regard lubrique.
- Evidemment, dit Rose en posant ses lèvres sur celles de sa femme. Alexander est au lit ?
- Il dort, le veinard.
- Sers-toi un apéritif, je n'en ai pas pour longtemps…
Rose quitta la cuisine et Pansy ferma la porte avant de s'allumer une cigarette. Elle inspira profondément la nicotine et souffla doucement, se détendant enfin. Un bruit de chute retentit et la directrice de Sainte Mangouste se raidit.
- PANSY ! hurla Rose, furieuse, alors qu'Alexander se réveillait en criant.
La médicomage grimaça, sachant qu'elle allait se faire engueuler. La bonne question était de savoir ce qu'elle avait encore fait… ou pas. Elle écrasa sa cigarette et chercha un endroit où se cacher rapidement. Pas de chance, la porte s'ouvrit sur Rose, dégoulinante d'eau, tenant à la main un gros camion de pompier. Le visage de l'ancienne préfète en chef était rouge et Pansy haussa les sourcils.
- Tu sais que tu ressembles à Molly, c'en est flippant… se moqua la médicomage.
- Le camion de pompier, tu le veux dans la tronche ou dans ton arrière-train ?
- Tout dépend de si la grande échelle est sortie… commença Parkinson en ricanant.
Rose jeta le jouet et Pansy se baissa pour éviter le projectile.
- Fais attention, tu vas casser le camion préféré d'Alex…
- Ca te ferait mal de nettoyer le bordel que tu fous ? Je me suis prise les pieds dans cette saloperie pour ensuite glisser dans la mare qui remplace notre salle de bain ! s'exclama vertement Rose.
Pansy s'approcha de sa femme et l'attira contre elle pour l'embrasser. Rose voulut se dégager mais finit par répondre avidement au baiser. La médicomage assit la jeune femme sur la table et commença à lui caresser les épaules. La sonnette retentit, brisant l'étreinte des deux sorcières.
- Merde ! s'exclama Rose, la panique la reprenant. Rien n'est prêt et les invités arrivent déjà ! Et…
La dixième sage fronça le nez et pâlit brusquement.
- Et le poulet est entrain de brûler !
- Je m'occupe du poulet, va accueillir tes dindes, murmura Pansy, amusée.
Rose descendit de la table et gagna le salon tout en remettant de l'ordre dans ses vêtements. La médicomage soupira et, s'allumant une nouvelle cigarette, jeta un coup d'œil dans le four. Elle baissa la température, mit à chauffer les pommes de terre et quitta la cuisine avec la satisfaction du travail bien accompli.
- Fallait nous prévenir qu'un concours de tee-shirt mouillé était organisé… se moqua gentiment Hermione en regardant Pansy aussi trempée que sa fille.
- Laisse tomber, belle-maman, tu ne peux pas rivaliser avec ma divine poitrine, répliqua Parkinson en mettant en avant ses atouts.
Ginny roula des yeux tandis que l'enchanteresse riait franchement.
- Mais dites-moi, mes chères belles-doches, qu'avez-vous fait avant de venir ? ajouta la médicomage. Cheveux en désordre, étincelles dans les yeux, sourires béats et niais… Ne me dites pas que vous vous entraînez pour mettre un nouveau lardon en route, à vos âges…
Alors que le professeur de vol virait rouge brique, Pansy fit un clin d'œil à Hermione.
- Je vais me changer. Granger, tu ne voudrais pas venir m'aider à choisir quelque chose à me mettre, par hasard ?
- Je viens avec toi, ma chérie… murmura sèchement Rose en foudroyant du regard sa femme alors que les yeux noisettes de Ginny virèrent au noir. M'man G, je te laisse surveiller quelques minutes la bouffe. M'man H, si on sonne, tu peux ouvrir ?
- Tu attends qui d'autre ? demanda Hermione en haussant un sourcil.
- Minerva et Severus, lâcha Rose en s'engageant dans un couloir.
- Et bien, ce fut agréable de vous voir… Vous me raconterez, grommela Hermione en se dirigeant vers la porte d'entrée.
- Et tu comptes aller où ? demanda le professeur de DCFM en faisant demi-tour.
- J'ai oublié un dossier très important au ministère et…
Rose se planta devant sa mère et lui enfonça l'index entre les côtes.
- Tu es la neuvième sage et Minerva est ta Guide, que ça te plaise ou non ! Donc tu restes là et tu souris à la dame ! articula-t-elle froidement en martelant chaque mot de son doigt. Sur ce, je vais prendre une douche avant une nouvelle catastrophe !
- Allez, Hermione, tire pas la gueule, ajouta douloureusement Pansy. T'arrives à supporter ton homologue moldu, tu peux bien faire risette à ton amour de jeunesse…
- Cette fois, je t'en colle une ! maugréa Ginny en relevant ses manches.
- Ne va pas t'abimer le poing, ma chérie, je m'en occupe… gronda Hermione en s'approchant de la médicomage.
Pansy fut sauvée par la sonnette qui retentit une nouvelle fois. La médicomage slaloma entre ses belles-mères et ouvrit en grand la porte d'entrée.
- Bienvenue dans la maison du bonheur ! s'exclama Parkinson avec bonne humeur. Par Merlin, c'est déjà Halloween ? ajouta-t-elle, goguenarde, en voyant le visage fermé de McGonagall. Franchement, votre déguisement de sorcière acariâtre est très réussi !
- Farces ou friandises ? ricana Rogue en poussant légèrement Minerva vers le salon.
Ce dernier se prit un coup de coude par l'ancienne directrice de Poudlard. Pansy savoura par avance la soirée qui s'annonçait merveilleuse et fit entrer ces deux derniers invités.
Ginny lâcha bruyamment ses couverts dans son assiette et se leva pour fusiller Hermione du regard.
- C'est une blague, j'espère ? demanda-t-elle froidement.
L'enchanteresse se fit toute petite sur sa chaise et Severus la regarda, l'air navré.
- Et voilà comment la sorcière la plus puissante au monde se retrouve métamorphosée en serpillère devant sa femme… dit-il dans un soupir. Y seriez-vous pour quelque chose, très chère ? ajouta-t-il en direction de Minerva.
- Madame la Ministre est assez grande pour faire ses propres choix, répliqua McGonagall tout en coupant un morceau de poulet.
- A condition d'en avoir les moyens, Professeur, rétorqua sèchement Hermione.
- Les moyens, on se les donne, Madame la Ministre, répondit posément l'ancienne directrice.
- Il y a des choix que l'on fait à deux, Professeur…
Ginny jeta un coup d'œil interrogateur à sa femme, se promettant de revenir plus tard sur cette phrase pleine de sous-entendus.
- Faudra un jour que vous nous expliquiez vos histoires, mais pour l'instant, prévoyez donc une trêve ! coupa Rose, excédée.
- Comme sa mère et sa grand-mère, dans la pure tradition familiale, Rose est une empêcheuse de s'engueuler en rond… soupira Pansy avec regret.
Ginny, toujours debout, tapa du plat de la main sur la table et tous sursautèrent.
- J'étais en colère quand mon père t'a proposé de reprendre le poste de Ministre de la Magie. Je savais très bien que je ne te verrais quasiment plus, mais j'étais soulagée de savoir que tu allais arrêter de parcourir le monde à la recherche de mages noirs et autres cas sociaux. Et maintenant, tu m'annonces que c'est reparti pour un tour ! Que tu vas encore risquer ta vie ! explosa la rousse.
- Je n'y suis pour rien, répondit doucement Hermione, tentant de calmer sa femme. Je te jure d'être prudente…
- Comme tu l'as été la dernière fois ? J'ai dû fouiller des décombres toute une nuit pour te retrouver à moitié morte !
Pansy s'alluma une cigarette et regarda l'enchanteresse, goguenarde, l'air de dire « Moi je peux, mais pas toi… ».
- Et bien, commença la médicomage, peut-être que Sage et Guide pourront se réconcilier sous un parpaing…
Hermione se leva et balança brusquement sa serviette sur la table.
- Bien, quand vous aurez fini de me gonfler, tous autant que vous êtes, on pourra peut-être discuter… lâcha froidement la neuvième sage en tournant les talons.
Elle traversa le salon et se saisit de sa veste.
- Tu vas où ? demanda Ginny.
- Faire un tour pour me calmer…
- Elle va acheter des clopes, répliqua Pansy, amusée.
- Mais elle ne fume pas ! rétorqua la rousse.
- Traduction pour Weasley : ta femme se tire et ne reviendra pas… répondit Parkinson.
Hermione jeta un regard noir à la médicomage et quitta la maison en claquant la porte derrière elle.
- Qui se dévoue pour aller la chercher avant qu'elle n'agresse quelqu'un ? demanda Pansy en se resservant un verre de vin. Je plains le premier passant qui va lui demander son chemin…
- J'y vais, soupira Rogue. J'ai toujours eu un don pour calmer les hystériques…
- Ne la giflez pas trop fort, maugréa Ginny.
Le maître des potions attrapa d'un geste souple son verre et quitta d'un pas vif la maison de sa filleule. Une fois dans la rue, il regarda autour de lui et remarqua une silhouette qui s'éloignait, au loin.
- Granger ! aboya-t-il en prenant sa direction.
L'ombre s'arrêta et Severus remarqua un petit point rouge qui brillait. Il finit par rejoindre son ancienne élève qui tirait nerveusement sur une cigarette, visiblement au bord de la crise de nerf.
- Vous étiez plus résistante au stress quand vous étiez élève, remarqua Rogue avec un léger rictus.
- Désolée, je n'ai plus vingt ans, et mes artères non plus ! rétorqua froidement Hermione.
- Alors, arrêtez de fumer de suite, répliqua l'ancien directeur de Serpentard.
- Je pense que je mourrai dans une énième apocalypse avant de succomber d'un cancer des poumons…
- A moins que vous ne succombiez à vos prétendantes… trop nombreuses…
Severus trempa ses lèvres dans son verre et observa du coin de l'œil l'ancienne préfète en chef qui s'était raidie.
- Je ne vois pas de quoi vous parlez, Severus, marmonna la neuvième sage.
- Allons, je ne viens pas vous faire une crise, Hermione. Je sens des choses, et ce n'est pas parce que je ne les vois pas qu'elles n'existent pas.
- Justement, il n'y a rien ! répliqua vertement la ministre. Rien n'existe et, d'après votre chère et tendre, n'aurait dû exister !
- Vous êtes-vous déjà demandée si Minerva ne cherchait pas à vous protéger ? demanda Rogue d'une voix douce.
- De quoi ?
- De vous-même, peut-être…
- Que voulez-vous dire ?
- Minerva vous a-t-elle déjà fait défaut ?
- Pas à ma connaissance, acquiesça Hermione à contre cœur.
- Dans ce cas, pourquoi commencerait-elle maintenant ?
Il but une longue gorgée de vin et frissonna.
- Je vais retourner au chaud. A tout de suite, Madame la Ministre.
Et le maître des potions retourna dans la maison, laissant l'enchanteresse plongée dans ses pensées.
Hermione regagna la table alors que Rose découpait une tarte aux pommes. La neuvième sage ne leva pas les yeux de son assiette et avala sans un mot sa part. Le silence était pesant parmi les convives et Pansy soupira.
- C'est tout de suite plus chaleureux, quand il y a du dessert… marmonna la médicomage. Et on remet ça dans deux semaines ! Il va être sympa, l'anniversaire d'Alex.
Rose lui écrasa le pied tandis que Severus eut un léger rictus amusé.
- On peut reparler du sujet qui nous a amené à nous réunir ? demanda Ginny. Donc, vous allez partir toutes les deux à la chasse aux chimères avec Marylin. Et ensuite ?
La rousse regardait sa femme et sa fille, l'air inquiet.
- On n'en sait pas plus, répondit Rose tandis qu'Hermione finissait sa tarte. Je pense que Marylin nous donnera le reste des infos une fois sur place.
La dixième sage finit son dessert et posa sa serviette à côté de son assiette.
- Bon ben, c'est pas tout ça, mais demain faut aller bosser. Et je connais une administratrice de Poudlard qui me fera une retenue sur salaire si je présente un arrêt maladie, reprit-elle en souriant.
- Il est évident que, contrairement à ce qui se passait au ministère, tu ne bénéficieras pas de régime de faveur, et donc pas de congés supplémentaires, rétorqua Minerva avec un rictus amusé.
Hermione ne répondit rien, à la grande surprise de tous les convives.
- Marraine, c'est pas sympa, M'man n'a jamais été comme ça, et tu le sais…
- Elle n'a pas tort, Minerva, releva Severus. S'il y a bien sur cette terre une personne qui ne vous lâche pas au travail, c'est Madame la Ministre. Elle est aussi accro au boulot que vous à la comptabilité.
- Un poste dans mon ministère ? fit l'enchanteresse. J'ai besoin d'un contrôleur de gestion pour les notes de frais… Il s'agit de compter les sous et de dénoncer les abus… Pile dans vos compétences.
Et cette fois, ce fut Minerva qui se tut, au grand dam de Pansy qui finit par mettre tout le monde à la porte.
- Si vous n'avez plus envie de jouer à qui perd gagne, dehors ! Moi, j'ai mieux à faire à cette heure-ci, murmura la médicomage en regardant amoureusement sa femme.
- Oui, comme nettoyer la salle de bain, rétorqua Rose.
Sur le pas de la porte, deux couples se regardaient, deux femmes se dévisageaient, impassiblement.
- Merci pour la discussion, dit Hermione en tendant la main à Severus.
- Pas de quoi, répondit le maître des potions avec un ton affable.
Minerva tourna les talons et disparut dans un craquement sonore, sans un regard pour l'enchanteresse. Rogue haussa les sourcils et transplana à son tour.
- Je te rejoins d'ici une heure, je vais aller m'entraîner un peu… murmura Hermione à l'intention de sa femme.
- Je peux venir avec toi ? demanda Ginny. Ca fait longtemps que je me demande à quoi ressemblent tes séances de travail…
Hermione hésita quelques secondes puis acquiesça. Elle prit sa femme dans ses bras et les fit toutes deux disparaître. Elles réapparurent dans un grand canyon et un vent glacial soufflait.
- On est où ? demanda Ginny en frissonnant.
- Quelque part sur la côte Ouest des Etats-Unis… répondit la neuvième sage en regardant autour d'elle.
Elle sonda rapidement son environnement et eut un léger sourire.
- Bien, personne dans le coin, murmura-t-elle, satisfaite. Tu peux te reculer un peu, ma chérie ?
En sentant la magie de l'enchanteresse qui tourbillonnait autour de cette dernière, la rousse fit pas moins de trois pas en arrière. Hermione leva sa main et un jet de lumière blanche s'en échappa pour frapper une paroi rocheuse en son centre. Des centaines d'éclats de pierre furent projetés mais restèrent suspendus dans les airs par un mouvement du poignet de l'enchanteresse.
Hermione claqua des doigts et les pierres s'enflammèrent. Satisfaite du résultat, la ministre recula son pied droit, fléchit légèrement les jambes et agita rapidement la main. La multitude de pierres enflammées fusa vers elle et Ginny ne put contenir un cri apeuré.
- Ne t'inquiète pas, répliqua doucement la neuvième sage.
Elle contracta les muscles de ses bras et des boules de glace apparurent dans chacune de ses paumes. Alors que la première salve de pierres incandescentes était à quelques mètres, l'enchanteresse jeta dessus son attaque et les pierres éclatèrent en des milliers de particules qui se changèrent en cristaux de glace. La ministre fit une longue arabesque des deux poignets et la poussière de gel sembla emprisonner les dernières pierres incandescentes qui s'éteignirent sur le coup. Hermione écarta les bras pour les ramener lentement devant elle. Toutes les pierres et la poussière s'agglomérèrent en un tas compact que la neuvième sage envoya sur la paroi éventrée. La brèche fut colmatée rapidement et Ginny chercha à déceler une marque de l'intervention de sa femme, sans succès. La roche paraissait intacte.
- Bien, ça suffit pour ce soir… marmonna l'enchanteresse en massant son épaule droite.
- Par Merlin c'était… fantastique !
Le professeur de vol regardait sa femme, admirative. La rousse attira son épouse contre elle et l'embrassa tendrement.
- Si je me suis énervée tout à l'heure, c'est parce que je tiens à toi, Hermione… murmura tendrement Ginny. Et je vais te le prouver de suite. J'espère que tu as prévu de te lever tard demain, car tu ne vas pas beaucoup dormir cette nuit…
- Et sur ces mots, Ginny les fit transplaner, direction leur chambre à coucher.
« Ce fut une nuit merveilleuse ! » soupira Hermione avec un léger sourire.
Elle attrapa son paquet de cigarettes sur le rebord de la fenêtre et le fit tourner entre ses doigts. Elle hésita à en allumer une nouvelle mais résista à la tentation. En écoutant la respiration calme qui venait du lit, l'enchanteresse se dit qu'il ne serait pas prudent de tenter une nouvelle fois sa chance. La première n'avait pas réveillé sa femme, mais elle était sûre que le briquet à peine actionné une seconde fois, cette dernière se lèverait pour lui faire la morale.
Elle jeta un dernier coup d'œil à son paquet et se promit d'en allumer une à la fin du prochain souvenir.
Et voilà ! La suite la semaine prochaine si mes examens ne m'ont pas tué ! ^^
Une petite review pour l'auteur qui stresse ? Non, je peux toujours tenter ! lol
Passez un bon week-end !
Bises,
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