Note de l'auteure : Mon dieu j'écris cette fic à toute allure. J'ai PLEIN d'idée, c'est atroce, j'arrive plus à m'arrêter ! Je viens de terminer d'écrire l'OS numéro 11. Vous imaginez ?!

Enfin bref... Voici les réponses aux reviews =D

Merci cat240 ! Oui n'essaie pas de prendre les Serpy en pitié, tu te prendrai un maléfice dans la trogne vite fait x) Ils ont leur fierté !

Hello Melu49 x) Oui c'ets bête que Rowling n'ai pas davantage détaillé les Serpentards. Antony Goldstein ou Ernie Macmillan ont plus de relief que Blaise, Daphnée ou Theo, et pourtant ils sont dans la même année, et n'auraient-ils pas un rôle tout aussi important ? Tout ça c'est la faute d'Harry qui ets le plus mauvais narrateur de l'Histoire ! Du coup, j'ai ajouté mon grain de sel...

Eh oui Dior, ça manquait d'infos sur eux ! J'ai respecté tout ce que je pouvait du canon, mais ils méritaient un peu de relief et de profondeur, ces pauvre petits Serpy x)

Merci Caella ! Mwahahaha, moi aussi j'adore les Serpentards (normal, c'est a aison xD).

Salut Varbo93 ! Un sans-faute, rien que ça ? Je suis flattée x) J'avoue que je me suis littéralement éclatée à approfondir chaque personnage,à les rendre uniques, durs, forts, méchants ou gentils, à personnaliser leur caractère. En bref, c'était fun x)

Yuuki ! Une fan de Blaise ! Oui il est cool Blaise x) On n'en parle jamais mais il est cool. Même si ben sûr Regulus joue dans une tout autre catégorie x) Blaise ets le playboy ténébreux, Regulus est le héros tragique...

Salut Allison26 ! Tu as la deuxième à dire que l'ensemble de mes fics victimisent les Serpentard... Alors je vais te dire la même chose : les Serpentards ne sont pas forcément des gens bien, mais nombre de héros ne l'étaient pas non plus (Rogue, Sirius, James par exemple), et on leur a pourtant donné une seconde chance, alors que pour les gamins de seize ans qui voulaient jute plaire à leurs parents, nope, nada. Ce qui est partial est injuste, pas totalement imérité, mais définitivement injuste. Tous les Serpentards ont eu un comportement LOGIQUE vu leur situation, et leur coller l'étiquette "mauvais" juste parce qu'ils ont été méchants avec Harry (qui n'a peut-être pas commencé, mais qui n'a certainement rien fait pour tempérer leur haine mutuelle) est franchement réducteur. Chaque antagoniste ets un protagoniste dans sa version de l'histoire. Je suis sûre qu'en consacrant deux ou trois heures sur un Serpentard, même un connard comme Theo (pardon Thedo), je pourrais écrire une fic où IL serai le gentil de son point de vue... Enfin bref. Pansy était une peste, certes, mais elle était certainement moins haineuse que Snape, moins violente que Sirius, moins arrogante que James : mais eux ont eu droit au pardon, et pas elle. Parce que l'étiquette qu'on lui a collé lors de son enfance lui colle à la peau. C'est quelque chose d'extrêmement cruel à faire à une fille de dix-sept ans.

Enfin bref, je pourrait débattre durant des heures là-dessus, mais il faut passer au chapitre x) Si tu es bonne en anglais, je te conseille fortement, fortement, de lire "ugly: in defense of Pansy Parkinson" sur AO3.

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Et voici le chapitre !

Ahem. Allons-y pour un petit truc qui m'a turlupiné un moment : la numérologie. Il y a plein de références au chiffre sept dans la saga d'Harry Potter. Sur Tumblr, quelqu'un s'était amusé à les lister, et le post était LONG COMME MON BRAS (oui je te vois petit malin qui pensait faire une blague spirituelle sur la longueur de…. ! Eh ben nan x) Dommage !).

Mais le chiffre trois est également important. Et en voici quelques exemples…

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Disclaimer ! L'inspi du kiwi :

Un post (Tumblr, flourishandblottsstories) pour les sœurs Black et les Reliques.

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Le chiffre trois

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Trois est un chiffre magique majeur. Même les Moldus le savent : après tout, c'est un nombre premier. Chez les sorciers, il est très important en Arithmancie, principalement parce qu'il a une grande valeur en Numérologie. Il porte bonheur, parfois : chez les sorciers, on dit que le troisième essai a trois fois plus de chance de succès.

Le chiffre trois est magique. Parfois pour le meilleur, parfois pour le pire.

Draco sortit avec trois filles dans toute sa vie. Les frères du conte des Reliques étaient trois et il y avait trois Reliques. Il y avait trois enfants dans la fratrie Prewett : Gideon, Fabian, Molly. Les sœurs Black, Bella, Andy et Cissy, étaient trois également. Les Malefoy étaient trois, généralement, à vivre dans leur manoir : père, mère et héritier. Les examens d'Arithmancie durent trois heures et trois minutes. Et les enfants de Draco furent trois, eux aussi.

Le chiffre trois est magique. Des fois, vous souhaitez qu'il le soit un peu moins.

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Draco sortit avec trois filles dans toute sa vie. Ce fut peut-être un hasard, pour le coup. Mais quand il reprit son vieux dictionnaire d'Arithmancie et analysa ce que le chiffre trois apportait dans la romance, il esquissa un sourire. C'était un bon chiffre. Ça n'annonçait que du bon pour la troisième et dernière élue.

La première fille avec qui sortit Draco fut, bien sûr, Pansy Parkinson.

Ce n'était pas vraiment de l'amour, au début. C'était juste confortable. Ils étaient petits, vaniteux et rêvaient de faire comme leurs parents, de gagner leur approbation. Leurs parents voulaient qu'ils se marient et aient des enfants. Alors, bien sûr, c'était devenu la grande ambition de Pansy et Draco, et ce dès qu'ils avaient eu six ans.

Pansy n'avait jamais été jolie. A huit ans, après avoir été traitée de bouledogue une fois de trop, elle pleura contre Draco en disant qu'elle ne l'épouserait jamais, parce que les Malefoy était beaux, et qu'elle était laide, si laide. Draco avait huit ans et un cœur en or, à l'époque : sale gosse gâté ou pas, il était capable d'aimer, et il aimait Pansy avec une tendresse véritable. Il la berça, la consola, lui dit qu'il la trouvait très bien, et qu'elle devrait jeter des sorts à tous ceux qui la traitaient de bouledogue. Il lui dit qu'il se fichait de ce que les gens disaient, et qu'il l'aimait comme elle était.

A Poudlard, quand on leur posait la question, ils répondaient "oui, nous sommes ensemble", mais leur relation était plus amicale qu'autre chose. Et ce fut une erreur, parce que les sentiments amoureux qu'ils auraient pu arborer l'un pour l'autre se fanèrent au cours du temps. A quinze ans, ils rompirent. Ils reprirent leurs vieux rapports, cette amitié bizarre et fusionnelle faite de sarcasmes et de piques cinglantes.

La deuxième fille avec qui sortit Draco s'appelait Eleanora Dovel.

Elle était belle, à moitié anglaise et à moitié mexicaine, avec une crinière soyeuse de boucles brunes, des yeux noirs aux longs cils, un teint hâlé, un sourire contagieux, de longues vestes un peu bohèmes et des chemisiers brodés de perles. C'était une Sang-Pure, techniquement, mais elle avait une mère de Sang-Mêlé : alors Draco la cacha comme un honteux secret. Ce fut une histoire courte, durant l'été après sa sixième année, quand le manoir était envahi de Mangemorts, que Dumbledore venait de mourir, et que Draco passait tout son temps possible à l'extérieur. Il rencontra Eleanora au Chaudron Baveur, et, comme il faisait beau, elle lui demanda s'il voulait marcher avec elle. Elle était belle, elle était gentille, elle semblait ignorer qu'il était un Malefoy et que son père était en prison : il dit oui. Elle l'attrapa par le bras et hop, elle l'entraîna du côté Moldu.

Draco découvrit donc, après une bonne minute d'effroi total, le monde Moldu. Eleanora riait de son étonnement, et faisait la conversation pour deux, lui expliquant telle ou telle chose, lui expliquant le nom des rues, lui faisant remarquer les fleurs aux fenêtres ou les chats qui faisaient leur toilette sur les balcons. Eleanora avait deux ans de plus que lui, était une ancienne Serdaigle, et revenait d'un voyage d'un an au Mexique où elle était allée voir sa mère. Elle ne savait absolument pas ce qui s'était passé ces derniers mois, et trouvait donc curieux toutes ces mines sinistres et la sécurité renforcée. Elle repartirait bientôt, de toute façon : cette fois, en direction de l'Égypte, où habitait son père en ce moment. Elle était juste revenue en Grande-Bretagne parce que son père ne pouvait pas l'accueillir avant septembre, elle n'était que de passage. Au fait, comment tu t'appelles ?

Draco et elle se revirent souvent, après. Toujours du côté Moldu, et quasiment tous les soirs, puis carrément tous les jours. Ils se donnaient rendez-vous dans des cafés, des bars, des restaurants, des arrêts de bus. Draco s'évadait avec reconnaissance de l'atmosphère oppressante du manoir, et la jeune fille remplissait ses jours moroses de couleurs, de découvertes et d'insouciance. Elle n'était qu'une distraction, à la base, mais au bout de trois semaines, elle était sa bouffée d'oxygène, et Draco était fou amoureux. Ce fut avec elle qu'il perdit sa virginité (Eleanora avait une chambre d'hôtel à Londres, et son permis de transplaner). Il lui parla en termes évasifs de ses problèmes, chez lui, de l'angoisse et du mal-être. Elle lui proposa de l'emmener avec lui en Égypte : ça ne serait pas difficile.

Draco refusa. Il devait rester, veiller sur sa famille. Ils auraient des problèmes s'il disparaissait.

Eleanora le regarda avec compassion puis l'emmena avec elle regarder les étoiles, sur le toit de l'hôtel. Ils se blottirent l'un contre l'autre et contemplèrent le ciel en parlant de tout et de rien, de la folie des hommes et de la saveur qu'avait leur liberté volée. Quand ils se dirent adieu, à la fin du mois d'août, Eleanora et lui se promirent de s'écrire. Puis Draco retourna à Poudlard où l'attendait Snape et les Carrow, et elle partit vers l'Égypte, emmenant avec elle ses rires joyeux et ses vestes bohèmes. Ni elle ni lui ne tinrent leur promesse.

La troisième fille avec laquelle Draco sortit était Astoria Greengrass.

Il l'avait remarquée depuis qu'il avait quinze ans et elle quatorze, mais il ne la vit réellement que vers la fin de sa septième année. Astoria était en sixième année (elle avait quatorze mois de mois que sa sœur Daphnée. Elle était studieuse, mais était aussi dotée du même caractère énergique que sa grande sœur, et ne se laissait pas marcher sur les pieds. Elle évitait les problèmes si elle pouvait mais, confrontée aux Carrow sans possibilité de s'échapper, elle se tenait droite et leur disait non en les regardant dans les yeux. A la fin de la septième année, alors que les choses étaient devenues presque insupportables, alors que Draco se faisait tout petit et encaissait, Astoria se dressait devant l'injustice et déclarait dans la salle commune que si ça c'était ce que les Sang-Purs faisaient, alors elle aurait préféré être Sang-Mêlé comme sa sœur. Et, au milieu des halètements d'effroi que faisait naître cette déclaration, Draco ouvrait de grands yeux et admirait.

Après le départ des Carrow, durant cette dernière année de cours qui leur permit à tous de passer leurs ASPICS, Astoria et l'une de ses amies se joignirent aux aînés de Serpentard dans leur défense des plus jeunes. Ce fut avec Astoria que Draco révisa ses ASPICS, c'est avec elle qu'il parlait de l'avenir et des chances de succès de Kingsley, des probabilités pour que McGonagall quitte le poste de Directrice. Astoria lui parla de sa mère, froide et hautaine, qui se disputait tout le temps avec elle. Draco lui parla de son père, de ses erreurs, de sa propre bêtise. Astoria lui dit que l'idéologie Sang-Pur, elle en était dégoûtée. Draco lui confia que lui aussi. Il lui parla même d'Eleanora, et Astoria le taquina durant des semaines à propos de son goût pour les cheveux en bataille (une référence pas si subtile que ça à son obsession, jadis, pour Potter…).

Après Poudlard, Draco et quelques autres firent comme la plupart des sorciers ayant achevés leurs études : un voyage autour du monde. Blaise, Daphnée, Astoria, Draco, Tracey et Theo partirent ensemble. Tracey les quitta en Europe pour se diriger vers les pays Scandinaves, tandis que le reste du groupe passait par la Méditerranée. Theo les quitta au niveau de Moyen-Orient après une engueulade avec Blaise. Les quatre derniers, eux, complétèrent leur tour du monde.

Quelque part dans le voyage, l'affection d'Astoria et Draco s'était muée en quelque chose de différent, et quand ils revinrent, ils formaient un couple solide et unis. Alors ils se fiancèrent, deux ans plus tard, et se marièrent un peu plus d'un an après.

Draco Malefoy sortit avec trois filles dans sa vie. Trois personnes, trois amours. Un amour d'enfance, rempli de sarcasmes et d'affection : un amour d'été, au goût d'interdit et de liberté volée : et un amour véritable. Trois, c'était un bon chiffre. Et ça n'annonçait que du bon pour la troisième et dernière élue.

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Le conte des Reliques de la Mort est celui qui est le plus lié à la symbolique du chiffre trois. Un frère choisit le pouvoir, un autre le regret, et le dernier choisit le secret. Dans les fratries de trois, il est dit que ce schéma se répète, parfois. C'est un signe de grandeur, selon certain. C'est surtout une tragédie, disent d'autres. On l'appelle le Signe des Trois.

Les Prewett étaient trois. Deux garçons, et une fille. Gideon, Fabian et Molly.

Il est difficile de dire si c'est bien le Signe des Trois qui a frappé leur famille : il est encore plus difficile de dire si cela annonçait la grandeur, la malchance, ou un coup du sort. Mais les enfants Prewett étaient trois. L'aîné, Gideon, était une tête brûlée avide d'aventure, bruyant et joyeux, farouchement indépendant : il mourut au combat, colérique et déchaîné, affrontant trois Mangemorts à la fois. Fabian était né sept minutes plus tard, et c'était un garçon contemplatif, intelligent et vif (le Choixpeau avait hésité à le placer à Serdaigle, avant de se décider pour Gryffondor) : Fabian se laissa dépérir après la mort de son jumeau, et fut abattu dans une embuscade quelques semaines plus tard. Molly, la petite dernière, était une sorcière énergique et joyeuse, mais aussi pragmatique, consciencieuse, et responsable. Elle fut la seule à survivre à cette guerre, puis à la suivante.

Le fait que Molly ait été la seule de sa fratrie à échapper à la mort été vu par beaucoup comme une manifestation du Signe des Trois. Molly refusa d'y croire, parce que Fabian ne s'était pas laissé mourir, parce que Gideon n'avait jamais été assoiffé de pouvoir, et parce que personne n'avait à lui dicter ses convictions. Plus tard, elle lut avec détermination le conte à ses propres enfants, en plaisantant sur ses charmantes petites histoires totalement inventées.

Le Signe des Trois avait-il frappé chez les Prewett ? Difficile à dire. Mais il est un cas où le doute n'a pas sa place, et où le schéma de la légende est clairement reconnaissable.

Le cas des sœurs Black.

Bellatrix, belle et charismatique, était l'aînée. Née en juillet sous un soleil impitoyable et un ciel bleu écrasant, Bella était si brave, si volontaire : elle était destinée à de grandes choses, disait-on. On le lui répétait tant et tant que cela devint sa certitude, et de certitude, cela devint destin. Bella, comme l'Aîné et sa Baguette de Sureau, désirait le pouvoir. Elle voulait la gloire, la puissance, le triomphe et la vengeance : elle voulait la victoire et le succès. Elle eut entre ses mains ce pouvoir, et elle fut puissante et destructrice, crainte et maudite par tous : et elle mourut aux mains de quelqu'un qu'elle avait appelé traître à son sang d'innombrables fois, une personne sur laquelle elle crachait et qu'elle méprisait. Où était l'honneur, où était la gloire promise ? Ce n'était pas une mort digne d'elle !

Andy, impétueuse et rêveuse, était la cadette, la seconde enfant. Andromeda était l'enfant de l'automne, née avec les rafales d'octobre et les caprices du temps. C'était l'inconstante, la nostalgique, celle qui posait les questions qui gênent et dont la curiosité agaçait ses parents. Celle qui voulait tout savoir et qui, à force de chercher tant et plus, finissait par se perdre. Andromeda, elle, était la Pierre de Résurrection. Solitude, regret, désespoir. Elle perdit sa famille qui la chassa, puis son mari tué par les Rafleurs, puis sa fille et son beau-fils aux mains des Mangemorts. Et Andromeda, comme le cadet du conte, resta seule vivante avec ses regrets, regardant les yeux naïfs de son petit-fils et se demandant si ça en avait valu la peine. Oh, il fallait que ça en ait valut la peine.

Narcissa, belle et fragile Cissy, aussi délicate que le dessin du givre sur les fenêtres de la maison des Black : Narcissa était une enfant de l'hiver, froide, pâle, pure, et aussi inflexible que la glace. Transparente et neutre, parfaite poupée de porcelaine, comme un élément du décor. Oh, quelle erreur de croire qu'elle ne serait que ça. Des trois sœurs, c'est Narcissa qui possédait à la fois la ruse et la clairvoyance. Comme le cadet des frères, elle fut la Cape d'Invisibilité. Elle était le secret que la Mort frôlait sans jamais prendre, elle était l'espion caché en pleine lumière : elle était celle qui se tourna vers Voldemort et lui mentit en le regardant bien en face, et le mena ainsi à sa perte.

Trois étaient les frères, et trois étaient les Reliques. Trois étaient les sœurs Black, et trois destins différents elles choisirent.

La similitude entre ces histoires apparut à Astoria assez vite, et quand ses enfants grandirent, elle leur raconta une version alternative des Reliques : une version où il s'agissait de sœurs, et non de frères. Trois sœurs nommées Bella, Andy et Cissy, qui rencontrèrent un jour un noir Seigneur qui voulait les faire combattre dans sa guerre, et leur proposa de leur offrir l'objet de leur choix…

Plus tard ces enfants répétèrent cette version à leurs propres enfants, qui transmirent cette histoire à leur tour, et ainsi de suite. Un jour, quelqu'un édita cette légende dans un livre de contes, au milieu d'autres petits récits adressés aux enfants. L'un d'eux parlait de trois braves héros à la recherche de sept objets maléfiques : un second parlait de jumeaux qui n'avaient qu'une oreille pour deux : et un autre racontait l'aventure d'un clan de lions qui s'alliait avec les aigles et les ours pour chasser un nid de vipère qui s'était installé dans leur château.

Il est difficile de savoir d'où venaient toutes ces histoires, mais ce qui est certain, c'est que celui qui les rechercha, les compila, et les édita était un vieil homme qui signa seulement de son nom de famille. Lupin.

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Ils étaient généralement trois à vivre au manoir Malefoy. Père, mère et héritier. Les parents du père pouvaient rester, mais à l'écart : le cœur de la maison était composé de cette minuscule famille. C'était comme une règle implicite de la maison. Un deuxième enfant était le bienvenu, tant qu'il ne résidait pas au même endroit… En effet, le sort semblait s'acharner sur l'habitant surnuméraire, jusqu'à ce que la maison n'abrite plus, à nouveau, que les trois résidents principaux.

C'est l'une des principales raisons pour lesquelles Narcissa a encouragé Draco et Astoria à se trouver leur propre foyer. Toutes ces histoires de malchance, elle les avait entendues de la bouche de sa belle-mère (Narcissa adorait sa belle-mère, et son décès l'avait fait pleurer presque plus que la mort de sa propre mère), et elle ne tenait pas à voir l'histoire se répéter si jamais Astoria donnait naissance à plusieurs enfants.

Vous la pensez paranoïaque ? Ne soyez pas si prompt à juger.

Le père d'Abraxas, Lotharius, mit longtemps à avoir un fils, sa femme étant de constitution fragile et ayant déjà fait plusieurs fausses couches. Mais finalement, elle donna naissance à un enfant, blond, vigoureux et colérique. Le chérubin qui deviendrait plus tard Abraxas Malefoy démontra très tôt qu'il était en parfaite santé, en mangeant comme quatre et en braillant plus fort qu'un hippogriffe en rut. Sa mère l'adorait : son père était exaspéré.

La mère d'Abraxas fut enceinte une deuxième fois et, à nouveau, elle chérit ce bébé de toutes ses forces. Cette fois-ci, en revanche, l'accouchement se passa mal. La mère mourut. Le bébé, Ellebora, survécut de justesse. Abraxas adorait sa petite sœur, et comme leur père les délaissait complètement, ce fut surtout lui qui s'en occupa, jouant avec elle et se donnant des airs importants en lui lisant des histoires.

Quand Abraxas eut dix ans et Ellebora huit, un revers de fortune mit à mal l'alliance de leur père avec une certaine famille de Sang-Purs. Deux factions à couteaux tirés, dans une communauté si réduite et si prompte à la violence, c'était mauvais. Un mariage fut proposé pour arranger les choses et, à contrecœur, Lotharius Malefoy se maria à nouveau.

Trois jours après ses noces avec sa nouvelle épouse, alors que lui, elle et Abraxas étaient dans le salon en train de parler de Poudlard et de la rentrée imminente, Ellebora sortit du parc pour se rendre au village en bas de la colline. Elle traversa la route sans faire attention. Un Moldu en voiture, perdu dans la région, la renversa au détour d'un virage : le choc n'aurait pas du être fatal, mais Ellebora provoqua une explosion de magie accidentelle à cause de sa peur et de sa douleur. La voiture explosa, et le Moldu comme la petite Sang-Pure furent tués.

(C'est probablement pour cela que, par la suite, en entendant Jedusor pester contre les Moldus, Abraxas lui apporta tant de soutien.)

Cette histoire ne vous suffit pas ? Voilà la suivante. Car Abraxas grandit, vieillit, puis se maria avec Callisa Pritchard. Et, par malchance ou par malédiction, l'histoire se répéta.

Lucius Malefoy, premier-né d'Abraxas, eut deux petits frères. C'est un fait peu connu. Sa mère mit au monde le premier au manoir, trois ans après la naissance de Lucius. Mais le petit frère mourut à l'âge de deux ans, en tombant dans l'étang et en s'y noyant. Quatre ans plus tard, Callisa fut enceinte à nouveau. Dès le début de la grossesse, le Guérisseur des Malefoy déclara qu'il y avait peut-être un problème. Callisa quitta donc le Manoir, trop plein de bruit et d'agitation (Abraxas aimait les fêtes et les réunions mondaines, où Jedusor et lui discutaient avec entrain), et alla habiter dans l'une de leurs résidences secondaires. C'est là qu'elle donna le jour à un petit garçon, faible et fragile. Elle ne l'emmena au manoir Malefoy que deux ans plus tard.

Quelques mois après, suite à de nombreux examens et à une entrée par effraction dans la salle des registres du Ministère, le verdict tomba : l'enfant était Cracmol.

Lucius ne sait pas exactement ce qui s'est passé. Il avait douze ans alors, et était à Poudlard. Seulement, quand il revint, son petit frère avait disparu.

Sa mère n'eut pas d'autres enfants, et reporta son amour sur Lucius, l'unique survivant. Abraxas, lui, sombra dans une étrange mélancolie, se détacha de Jedusor (à la grande colère de ce dernier, qui essaya de recruter Lucius par la suite), et laissa petit à petit les rênes du domaine à son fils. Il mourut peu de temps après que Lucius ait quitté Poudlard, et n'eut jamais le temps de voir son mariage.

La mère de Lucius, en revanche, fut là. Callisa adorait Narcissa, et c'était réciproque (et ça contrebalançait le fait que Druella Black détestait son gendre). A la venue au monde de Draco, quand Callisa conseilla à Narcissa de ne pas avoir d'autres enfants, la jeune mère ne l'écouta que d'une oreille. Et quand Callisa mourut, alors que Draco avait quatre ans, Narcissa oublia cette vieille histoire.

Elle essaya d'avoir d'autres enfants. Un bébé qu'elle perdit à quatre mois, quand Draco avait sept ans. Elle ne lui dit jamais qu'il avait failli avoir un petit frère ou une petite sœur, mais elle pleura, et Lucius avec elle. Plus tard, quand Draco fut à Poudlard, ils réessayèrent à nouveau. Cette fois encore, Narcissa perdit le bébé.

Elle se souvint de l'avertissement de Callisa, et prit peur.

Alors, quand Astoria et Draco se marièrent, Narcissa leur conseilla de prendre leur propre maison, une maison à eux, et ils sautèrent sur l'occasion. Astoria, parce qu'elle ne voulait pas vivre au même endroit que Lucius. Et Draco, parce que certains endroits du manoir lui donnaient encore des sueurs froides, même des années après. Ils remirent Square Grimmauld en état, ce qui prit quelques temps, puis y déménagèrent. Scorpius naquit certes au manoir Malefoy : mais sa sœur Callistia et son frère Orion virent le jour dans l'ancienne maison des Black.

Ce ne fut que des années plus tard que Narcissa raconta la légende à Draco et Astoria, et même s'ils se montrèrent un peu incrédules, ils décidèrent de tout cœur de ne jamais tenter le sort.

Les sorciers ne plaisantent pas avec les histoires. Surtout quand elles sont liées au chiffre trois.

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Chez les Malefoy, on suit systématiquement des cours d'Arithmancie. En effet, la Numérologie est considérée comme une des rares sciences sûres du monde sorcier, bien plus certaine que la Divination ordinaire. Génération après génération, les Malefoy suivent donc les cours d'Arithmancie… Et passent les épreuves.

Les épreuves d'Arithmancie durent en général trois heures et trois minutes : c'est une vieille coutume, à laquelle Poudlard ne déroge pas. Durant trois heures, il ne se passe généralement rien. Les élèves travaillent, suent, paniquent, réfléchissent, notent, gribouillent, barrent, raturent, pestent, raisonnent, écrivent. Vers la fin de la troisième heure, tout le monde a fini.

Une foule de choses intéressantes se passe toujours pendant les trois minutes restantes.

Le grand-père d'Abraxas Malefoy, Aerus Malefoy, entama la discussion avec son voisin, l'héritier des Black, et faillit être disqualifié. Heureusement, une Serdaigle fit diversion en accusant à voix haute son voisin de droite, un Gryffondor, de copier sur elle. Aerus et son ami Black l'invitèrent à manger à leur table ce soir-là. C'est ainsi que le jeune Malefoy fit la rencontre de celle qui deviendrait la mère de ses enfants.

Aerus eut une fille, qu'il maria à dix-sept ans, et qui prédit sa propre mort dans son épreuve d'Arithmancie. Lucellia Malefoy fut oubliée par l'histoire, mais elle montra son travail à son professeur de l'époque, et celui-ci tenta de la faire sortir de ce mariage qui s'annonçait si mal. Rien n'y fit. Deux ans après, Lucellia Malefoy, devenue Nott, mourrait en couches après une grossesse difficile et visiblement émaillée de très violentes disputes avec son mari abusif.

Aerus mit sa femme enceinte dès que Lucellia eut seize ans, et un garçon naquit donc juste quand sa sœur quittait la maison. Ce garçon, Lotharius, allait devenir le père d'Abraxas. Il fut aussi un petit prodige d'Arithmancie et son professeur lui conseilla de prendre la Divination comme option, car il avait évidemment un talent caché pour voir l'avenir. Lotharius refusa en riant. L'Arithmancie lui apprenait tout ce qu'il voulait savoir : les nombres s'alignaient, simples et logiques, et ses déductions lui prédisaient un avenir riche, facile, mis à part un problème familial dans un avenir lointain. Lotharius était tranquille. Il finit son épreuve en avance, et décida de consacrer le temps qui lui restait à essayer d'élucider ce que les chiffres lui disaient à propos de ce futur « problème familial ».

Durant les trois dernières minutes, Lotharius fit possiblement l'une des prédictions les plus exactes de l'Arithmancie : son deuxième mariage serait funeste pour ses enfants. Cependant, frustré de ne pas avoir réussi à décortiquer ce que voulait dire exactement "funeste", Lotharius froissa le bout de papier et le jeta à la corbeille.

Son fils Abraxas Malefoy suivit les cours d'Arithmancie à contrecœur, car il n'y était pas doué. Avec amusement, ses professeurs le voyaient passer les trois dernières minutes de chaque épreuve à relire frénétiquement son travail, cherchant les erreurs. Ça ne l'aidait pas tellement : il récoltait toujours des notes assez moyennes…

Lucius mit un point d'honneur à avoir de bonnes notes partout. Ce qui n'était pas vraiment difficile, pour un petit génie comme lui. En Arithmancie, néanmoins, il fallait un certain talent pour les devinettes, de l'intuition. C'était un truc pour lequel Lucius n'était pas très doué. Et puis il rencontra Narcissa, de deux ans sa cadette, et l'amour lui apprit l'art d'hasarder avec chance et talent. Ils révisaient ensemble dans la salle commune des Serpentard, tandis que derrière eux, Bellatrix faisait des grimaces pour faire rigoler McNair et Lestranges. Lucius s'en moquait : il était amoureux.

Les trois dernières minutes de l'épreuve pour lui, étaient consacrées à aligner des nombres pour prévenir son avenir proche avec Narcissa. Accepterait-elle son cadeau ? Irait-elle avec lui à Pré-au-Lard ? Aimerait-elle les fleurs qu'il allait lui offrir ? Lors d'une occasion mémorable, Lucius consacra la fin de son épreuve de sixième année à poser au nombre la question de leur mariage. Et quand l'Arithmancie répondit que oui, ils allaient se marier, le grand et digne Lucius Malefoy sourit jusqu'aux oreilles.

En sortant, il se précipita vers le plus proche coin sombre et fit une petite danse de la victoire, puis se dirigea vers la salle commune de Serpentard d'un pas sautillant.

L'Arithmancie fut, pour Draco, un vrai calvaire. Il avait cours avec Hermione et bien sûr, elle accaparait la parole. Le seul réconfort de Draco était que, visiblement, il avait hérité du don de son arrière-grand-père Lotharius : la plupart de ses suppositions était juste. Sans travailler, il égalait Hermione : en travaillant, il la dépassait. C'était un vrai baume pour son ego blessé. Il passait souvent les trois dernières minutes de l'épreuve à se tourner les pouces, ayant finit son travail, tandis que Granger raturait et relisait avec angoisse son travail.

Draco perdit en revanche tout intérêt pour l'Arithmancie en cinquième année, quand Voldemort était revenu, et que les chiffres ne cessaient de lui prédire souffrance, peur, ténèbres, sang et désespoir. Les chiffres se trompaient, les Malefoy allaient récupérer la place qui leur été dû, enfin !

(Après Poudlard, Draco reprit l'Arithmancie. Il n'avait pas perdu son talent, et cette fois, il n'était plus si prompt à dédaigner les conseils des chiffres).

Les trois enfants de Draco, eux aussi, prirent l'Arithmancie en option. Chacun eut un rapport bien spécial avec cette matière.

Scorpius Malefoy, l'aîné, fut un élève perfectionniste et critique. Il vérifiait toujours ses calculs et, parfois avec un amusement non-dissimulé, cherchait la petite bête dans les opérations des autres. Ses trois minutes à lui étaient remplies de marmonnements, tandis qu'il relisait ses calculs et que tous les autres élèves, rendus nerveux par son sérieux, faisaient de même. Son prof était exaspéré. Pourtant, difficile de critiquer : les calculs de Scorpius étaient souvent justes.

Callistia Malefoy, sa sœur de deux ans sa cadette, était radicalement différente. Déterminée et d'une intelligence vive, elle était néanmoins un peu trop impulsive avec les nombres, et se trompait souvent. Elle refaisait six fois ses calculs et ses résultats étaient toujours de niveau moyen. Mais parfois, elle avait un éclair d'intuition, et faisait une opération impeccable, une prédiction dont la véracité ne faisait aucun doute.

Orion Malefoy, trois ans après Callistia, s'assit à la même place qu'elle et eut quelques débuts aussi patauds que les siens. Puis, en quelques semaines, son don sembla se réveiller. Ses calculs devinrent fluides, logiques, rapides. Ses prédictions avaient du sens. Orion passait la dernière demi-heure de l'examen à se tourner les pouces. Bien vite, l'enseignant se rendit à l'évidence : s'il y avait jadis eu un Troisième Œil dans la famille, Orion était celui qui en avait hérité. Le cadet Malefoy passa tous ses examens d'Arithmancie haut la main, et quasiment sans jamais réviser.

Oui, une foule de choses se passe durant les épreuves d'Arithmancie, une foule de choses extrêmement révélatrices. Surtout pendant les trois dernières minutes.

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Généralement, les Malefoy ont peu d'enfants. Peut-être à cause de leur manoir et de sa possible malédiction. Peut-être juste pour ne pas diviser l'héritage. Mais Draco rompit la tradition, et eut trois enfants. Un perfectionniste, une impulsive, et un rusé. Comme si le destin avait redistribué trois sets d'ADN : un Malefoy, une Greengrass, et un Black.

Scorpius, Callistia, et Orion.

L'aîné, Scorpius Hyperion Malefoy, naquit au manoir de ses grands-parents paternels, à la fin du mois de juin, durant une journée pluvieuse. Comme son père, il avait les cheveux d'un blond très clair, mais les yeux bleu ciel de sa mère. Draco le nomma selon la tradition des Malefoy et des Black, avec un nom latin, et un nom d'étoile. Et si Scorpius était aussi un nom de constellation, eh bien, c'était juste un bonus. Peu de temps après, la Gazette annonça la naissance d'Albus Severus, et Draco grogna : un Malefoy et un Potter allaient encore se retrouver à Poudlard. Astoria se moqua de lui de bon cœur.

Callistia Lesath Malefoy naquit deux ans plus tard, dans la maison des Black. C'était un mois de février doux et brumeux, et une nuit de pleine lune, signe de chance. Étrangement, deux autres enfants naquirent le même jour : Elias Caerwyn Greengrass, le fils sans père de Daphnée : et Lily Luna Potter. Sur l'insistance de Narcissa et de Lucius, Draco donna à sa fille un nom romain inspiré de celui de sa grand-mère Callisa. Lesath, le deuxième prénom de la petite Callistia était un nom d'étoile en l'honneur des Black. C'était aussi le deuxième prénom de Nymphadora Tonks.

Orion Severinus Malefoy naquit trois ans plus tard, le jour du solstice d'hiver, au terme d'une grossesse difficile qui fatigua beaucoup Astoria. Draco déclara tout net que ça serai leur dernier enfant. Alors que Scorpius et Callistia étaient nés blond (même si la chevelure de Callistia s'était assombrie avec l'âge), Orion naquit avec une touffe de cheveux châtain tirant vers le brun. Il avait visiblement tout hérité des Black, au plus grand ravissement d'Andromeda, de Narcissa, et de Teddy. En cet honneur, Draco donna d'abord un nom d'étoile à son fils (Orion, comme la constellation du Chasseur), et ensuite un nom latin (Severinus, en souvenir de Severus Snape).

Pour la première fois depuis des générations, la famille Malefoy eut trois héritiers.

Ils grandirent dans la vieille maison des Black, qui avait retrouvé une seconde jeunesse. Ils apprirent à ne pas faire de bruit en passant dans l'entrée, jusqu'au jour où Astoria résolut le problème du tableau en colère : elle colla une toile enchantée, représentant une vue de Poudlard, par-dessus la peinture de Mme Black. Le stratagème la priva de lumière et de sons, et les piments magiques de la peinture se mirent donc en sommeil. Pour vérifier l'efficacité du procédé, Scorpius et Callistia passèrent quand même les deux années suivantes à dire des gros mots à chaque fois qu'ils passaient devant le tableau de leur arrière-grand-tante, pour voir si elle se réveillait. Elle ne se réveilla pas, mais quand Astoria surprit leur manège, elle leur passa un savon mémorable.

Scorpius et Callistia firent mine de regretter, mais ils s'étaient beaucoup amusés. Orion, lui, pouffa en silence : il avait fait de même aussi longtemps qu'eux, et il ne s'était pas fait prendre !

(Il se fit prendre deux semaines plus tard. Par Draco. Ce qui fut pire).

Draco et Astoria, comme tous les parents sorciers, apprirent à leurs enfants le fonctionnement de leur monde et quelques rudiments de ce qu'ils devraient apprendre plus tard à Poudlard. Scorpius s'interrogeait sur les autres pays, les vieux contes, les animaux légendaires. Callistia voulait savoir si on ne pouvait vraiment pas faire de magie avant d'entrer à Poudlard, même caché avec un sort de Dissimulation. Orion voulait savoir pourquoi Teddy pouvait changer la couleur de ses cheveux et pas lui. Leurs parents répondaient, avec patience et parfois amusement.

Ils ne leurs dirent jamais que les Nés-Moldus étaient inférieurs. Ils naissaient chez les Moldus, c'étaient tout. "Oui, mais Papa, est-ce que ça veut dire qu'ils sont différents ?" Astoria et Draco échangeaient un bref regard, et le père haussait les épaules. "Eh bien, ils savent des choses sur le monde Moldu que nous ne savons pas, mais ils ignorent totalement certains aspects du monde magique, comme ce qu'est un elfe de maison. Ils apprennent, cela dit. La mère de votre tante Daphnée était Née-Moldue. Le grand-père de Teddy aussi. Et le mari de Lisa".

Lisa Turpin, devenue Lisa Bridge, était la marraine du fils de Daphné. Elles étaient restées très proches. Lisa avait d'ailleurs un fils, qui avait à peu près l'âge d'Orion, et dont Daphnée était la marraine. Dans la communauté sorcière où tout le monde se connaissait, les enfants de sorciers se retrouvaient souvent, et gardaient contact par lettres ou brefs coups de Cheminette. Le fils de Lisa ou bien Teddy étaient des éléments familiers aux enfants Malefoy, et apprendre qu'ils n'avaient pas une ascendance pure ne changea en rien leur vue sur eux. Ils plissèrent le nez, acceptèrent l'explication, et la conversation changea de direction.

Quelques années plus tard, Scorpius partit à Poudlard. Dans le train, il salua courtoisement ses amis nés de sorciers, et serra aussi la main d'un Né-Moldu qui cherchait son chat, échappé de son panier. Il l'aida à le retrouver.

Deux ans après, Callistia monta à son tour dans un wagon rouge. Elle y rencontra une fillette sautillante qui avait perdu son compartiment, et elles passèrent leur trajet assises dans le couloir à manger des bonbons.

Orion bouscula sans le faire exprès deux jumeaux blonds qui se promenaient le nez en l'air. Pour une raison qu'il ignore, les jumeaux se retournèrent, le regardèrent, se regardèrent, et décidèrent de l'adopter. Ils passèrent le restant du trajet à discuter de théories du complot.

Généralement, les Malefoy ont peu d'enfants. Peut-être à cause de leur manoir et de sa possible malédiction. Peut-être juste pour ne pas diviser l'héritage. Mais Draco rompit la tradition, et eut trois enfants. Scorpius le perfectionniste, Callistia l'impulsive, Orion le rusé. Comme si le destin avait redistribué trois sets d'ADN : un Malefoy qui marchait sur les traces de sa famille, une Greengrass au tempérament fougueux, et un Black aussi imprévisible que ses ancêtres.

Scorpius, Callistia, et Orion.