J'ai besoin d'un beta. Pour corriger mes fautes, ma cohésion, et me botter les fesses quand je préfère lire des fanfics plutôt que d'en écrire. Et aussi pour m'aider à rédiger la liste exaustive des bienfaits psychologiques engendrés par la lecture d'un Harry/Draco. Parce que les HPDM, camarades, c'est la vie. LA VIE ! Qui veut être mon ami ?


Châtiment ultime

Chapitre 3

Enfin de retour à Londres. Pas que je n'ai pas aimé New York, mais il n'y a rien de tel que d'être enfin chez soi. Bien que je serais resté un peu plus longtemps aux États-Unis, mais je perdais sérieusement mon temps là-bas. Et tourner en rond c'est pas trop mon fort. Max était bien un atout indiscutable à cette ville - ce mec baise comme un malade - mais il était quand même flippant. Il aurait sans aucun doute parlé de mariage dans quelques semaines si j'avais continué à le voir. Et les relations tordues, très peu pour moi.

Je vais rester un jour ou deux chez moi. Je vais en profiter pour m'occuper un peu de ma chouette et j'ai des gens à visiter. Je dois voir Neville qui aurait, apparement, refait sa potion de Détecteur Sensible. Il semblerait que sa version 2.2 soit bien meilleure. Bien sûr, je vais attendre que quelqu'un d'autre la teste avant moi cette fois-ci. Je ne suis pas masochiste quand même. Je dois également aller voir Hermione. Je lui ai demandé de faire quelques petites recherches pour moi et elle aurait trouvé un livre bien intéressant qui pourrait peut-être m'aider. Je ne dis pas non à la moindre piste, et de toute façon, ça me fait toujours plaisir d'aller voir mon amie. Ron, de son côté, a un contact à Sydney en Australie. Il s'agit d'un marchand de balais qui revend ses créations. Si je pouvais parler à cet homme, ça serait super. C'est quand même un homme qui travaille dans les quartiers sorciers d'une grande ville, alors s'il a la moindre informations pertinentes à me donner, je suis preneur.

Ici, à part la quantité de poussière qui s'est accumulée, rien n'a changé. Ni dehors, ni dedans. Ron est venu quelques fois, comme je lui avais demandé pour s'assurer que les barrières magiques que j'ai mis avant de partir étaient toujours en place. Selon lui, rien à signaler. Tant mieux. Je n'aime pas que des inconnus viennent rôder dans le coin. Depuis Poudlard, c'est vraiment le seul endroit qui arrive à me faire sentir bien.

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On est installé sur la table de la cuisine d'Hermione. Plusieurs livres sont ouverts devant nous et d'autres forment une pile flottante près de la chaise de Ron. Mon amie est penchée vers l'avant et tourne frénétiquement les pages d'un gigantesque livre à l'odeur douteuse. Visiblement, elle cherche quelque chose de très important.

- Je lisais ''L'essence du sorcier au fil du temps'' par Violette Green il y a quelques jours. Un livre passionnant qui traite sur le fonctionnement de la magie chez le sorcier. Comment elle réagit lors des sorts ou pendant le sommeil. La puissance, les informulés, etc. Comment tout ça fonctionnait fondamentalement dans le corps et l'esprit jadis par rapport à aujourd'hui. Il y a un chapitre passionnant sur les empreintes et j'ai pensé que ça pourrait t'aider. Ou au moins t'éclairer un peu sur les empreintes magiques.

Ron-Ron a l'air complètement perdu. Alors il demande :

- C'est quoi la différence entre une empreinte et une signature ?

- Même chose, lui dit Hermione en cherchant toujours sa fameuse page. Alors... voilà ! Ici, ça dit que l'empreinte magique est propre à chaque sorcier. Ça, on le savait déjà. Mais en fait, ce que ça dit c'est que selon la puissance de la magie de chaque individu, l'empreinte imprègne plus ou moins les objets. C'est là que ça parle des Intracables. Apparemment, certains sorciers très puissant sont capable de dissimuler leurs empreintes de façon constante. Du moins ce fut le cas au temps de Merlin. Lui-même ainsi que quelques fidèles avaient la capacité de cacher eux-mêmes leurs propres empreintes, ainsi ils étaient pratiquement impossible à suivre ou à retrouver. Mais selon toute vraisemblance, ce sort se serait perdu au fil du temps, et il n'y a plus aucune preuve qu'un tel sort ait même déjà existé, le plaçant ainsi dans la liste des sorts mythiques. Par contre, il est possible de camoufler une empreinte mais il s'agit là de magie noire encore une fois très puissante, et le sort n'est pas mentionné dans le livre, bien entendu.

J'avoue que je ne comprend pas bien en quoi cette information me serait utile. Où veut-elle en venir ? Que Malfoy fait de la magie noire très puissante ? Qu'il est un descendant de Merlin et connait une quelconque formule pour se cacher ? Il faut croire que mon expression désapointée est évidente, tout comme celle de Ron, parce qu'elle lâche un soupir.

- Écoute Harry, je n'ai pas terminée. Ce livre mentionne bien sûr l'empreinte magique APRÈS la vie. Ça dit que lors du décès d'un sorcier, sa magie s'échappe de son corps et imprègne tout ce qu'il y a autour. De façon quasi permanente. De la même façon qu'un objet aillant appartenu à un sorcier et manipulé de façon quotidienne - comme une baguette par exemple - est également imprégné de façon très importante. Là où je veux en venir, c'est qu'avec un objet aillant appartenu à Malfoy, et la potion de perceptivité de Neville, tu pourrais être capable de détecter Malfoy dans un important rayon. Tu pourrais même dire si il se trouve dans la même ville que toi ou pas.

- Je suis complètement paumé Hermione. Je suis désolé, mais où veux-tu en venir EXACTEMENT ?

Ron me regarde de façon intense. Il a l'air content que j'aie posé la question. Je me replace sur ma chaise - c'est tellement inconfortable. On aurait pas put s'installer au salon ?

- Si je te parle de chien-renifleur de la police, qu'est-ce que ça t'évoques ?

- La police ?

- Oui Ron, la police. Ce sont des aurors moldus. Alors, Harry ?

- Tu voudrais que je fasses comme un chien-renifleur, et que je renifle l'odeur de Malfoy ?

- Pas son odeur, me dit-elle, son empreinte ! Mais oui, c'est à peu près ça.

- Beurk Harry, tu vas vraiment renifler Malfoy ?

- Tu sais Ron, je crois que c'est une excellente idée.

Je me lève de la table de la cuisine pour me dégourdir un peu.

- Dis-moi Ron, ce fameux contact en Australie, je pourrais lui parler ?

Il semble perplexe.

- Je veux bien Harry, mais je me disais que tu aurais peut-être plus de chance en contactant directement le ministère de la magie d'Australie, non ? Il pourrait placarder des avis de recherche ou alors mettre des aurors sur le coup.

- C'est déjà fait. Tous les cas d'héritage sont gérés par le ministère, sans exception. J'imagine que c'est pour avoir un plus grand contrôle de ce qui se passe de génération en génération... question de savoir où sont les gros joueurs, probablement. Alors tu crois bien que Blaise s'est assuré que toutes les démarches au niveau international se sont prises avant de nous contacter. Je ne sais pas trop comment ils procèdent, s'il se font des rencontres de ministres des quatres coins du monde de temps en temps... j'en doute. Bref, une personne ne peut être déclaré morte avant un certain temps, et pas tant que les réserves sorcières du monde entier n'ait été fouillées. Un autre beau travail pour les aurors..

- Ah bon. Je ne savais pas. Alors oui, je vais le contacter via le réseau de cheminette et lui demander s'il peut te recontrer. Tu n'auras plus qu'à aller chez lui et lui parler de... tes trucs.

- Merci Ron !

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Société Hashenbay Recherche

Journal d'Harry Potter, Agent #5972

Le contact de Ron - Michel - en Australie a accepté de me rencontrer. Il dit que je n'ai qu'à passer à sa boutique pour le voir au moment où ça me convient. Il semblerait que cet homme vive dans l'arrière-boutique, il est donc toujours sur place. J'ai hâte de voir ce que l'Australie cache dans ses rues. Ce qui est bien, c'est qu'à Sydney (l'une des plus grande réserve de sorciers du monde), il y a des quartiers uniquement sorciers, comme à Londres. Ça devrait être plus facile pour mes recherches, puisque les sorciers sont concentrés au même endroit. Encore une fois, j'espère que Malfoy n'a pas eut l'idée de merde de vivre côté Moldu.

Avant de quitter New York, j'ai placardé des affiches de détection un peu partout dans la ville. Alors même si je n'ai eut aucun indices sur la position de Malfoy, on ne le manquera pas s'il est effectivement dans la grosse pomme.

Je repense encore à ce qu'Hermione m'a dit à propos des empreintes et des chiens-renifleurs. J'espère vraiment que Neville a testé sa potion, parce que je vais l'utiliser très bientôt.

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Un gobelet de café dans une main et mon sac rouge dans l'autre, je transplane à l'accueil de la société.

-Béa !

Émergeant de sa bulle de concentration, mon amie relève la tête pour m'offrir mince sourire. Le genre de grimace que ferait une femme débordée de travail.

- Tout va bien ? je lui demande.

- Harry ! Contente de te voir. Oui, tout va bien, juste un peu dépassée.

- Comment ça ?

D'habitude, Béatrice est le genre de femme toujours à son affaire. Jamais en retard ou prise au dépourvue. Elle est toujours si sure d'elle que je m'inquiète de sa petite mine.

- Justin est rentré tard hier soir avec son dossier dûement rempli. Une autre demande exécutée à la perfection.

- Il a clos son affaire ? Où est le problème ?

- Le problème, c'est qu'il a eut la confirmation que l'homme qu'il recherchait est.. mort. Et la famille souhaite que nous fassions les démarches de mortalité. Et je suis déjà débordée.

Merde. Bien sûr on est toujours content de pouvoir mettre un point final à chacune des demandes de recherches que nous recevont. Mais quand on ferme un dossier pour cause de décès, c'est toujours plus difficile. D'abord, il faut bien entendu avertir les familles, ce qui est en soit assez difficile. Ensuite, il arrive souvent que les familles, dans le deuil, nous demande de faire les démarches de mortalité vis-à-vis du ministère. C'est un service que nous rendons au famille qui le demande, moyennant bien sûr une somme supplémentaire. Il faut donc faire la déclaration de décès, et c'est là un document assez volumineux. Béa déteste faire cela.

- Je passe la journée ici, veux-tu me passer quelques uns de tes dossiers en cours ? Je pourrai t'aider après ma discussion avec Neville, si tu veux. Je t'en ferai quelques uns avant de quitter pour l'Australie.

Elle me lance alors un regard ému. Je pose mon gobelet de café devant elle et prend la direction des labos, dans le fond de la bâtisse.

- Tiens ma belle, tu en as plus besoin que moi !

À peine j'entend un ''Merci Merlin'' que j'arrive devant les portes doubles me séparant des laboratoires de recherches et développement. Je sors ma baguette et l'agite pour signifier ma présence. Puisqu'il s'agit de laboratoires, il est strictement interdit de faire du bruit ou d'entrer sans d'abord en avoir eut l'autorisation. Si un collègue prépare une potion instable, il ne faut pas le faire sursauter ou le déconcentrer. Il faut donc envoyer des petites étincelles rouges de l'autre côté des portes pour indiquer que l'on veut entrer, et attendre que quelqu'un vienne ouvrir.

Je n'ai qu'à attendre quelques secondes avant que Neville lui-même ne vienne m'ouvrir.

- Ah, enfin te voilà ! La potion de perceptivité a été testée et approuvée ! Je t'annonce officiellement que je dépose le brevet du ''Détecteur Sensible'' très bientôt ! Je dois remplir quelques formalités, mais ce n'est pas encore fait. Alors évites d'en oublier une fiole quelque part si jamais tu en prends. Même vide ! Quelques gouttes seulement, et une analyse poussée suffirait à découvrir les composantes utilisées ! Je ne voudrais surtout pas perdre la face en apprenant que quelqu'un a déposé un brevet de notre propre invention avant moi ! Enfin bon, je t'ai préparé une petite trousse comme la dernière fois. Je crois qu'avec 5 fioles, tu devrais en avoir assez pour un petit bout. De toute manière, tu ne peux pas vraiment en utiliser plus d'une dose par jour. Tu te souviens de ce que je t'ai dit... la digestion et tout. D'ailleurs, dans la trousse, je t'ai ajouté un sirop de feuille de céleri et de fleur de lotus, si jamais tu te sens nauséeux en la prenant. Et puis pour revenir au Détecteur, si jamais tu en manques tu n'as qu'à -

Je sais qu'il est un passionné, mais ses monologues sans fin sont difficiles à suivre. Surtout à la vitesse où il parle !

- NEV !

Enfin, il revient sur terre. Je profite de son court silence pour parcourir le labo des yeux.

- T'es tout seul aujourd'hui ?

Jouant avec le cuir de la trousse entre ses mains, il me fait signe que non.

- Nan, y'a Marie-Rose dans la serre pour l'entretien, et Yvan se trouve dans la réserve pour lister ce qu'il manque. Enfin, à l'heure qu'il est, il doit déjà être parti chercher de quoi nous remplir les pots. Pourquoi, ma douce présence n'est pas assez pour le grand Harry Potter ?

- Ne dis pas des choses comme ça. On dirait un mélange douteux entre l'humour de Ron et l'égocentrisme de Malfoy.

Neville me fait une grimace.

- Parlant du loup, quelles sont les avancées ?

Je m'avance un peu et m'appuie les fesses sur le rebord du comptoir.

- Je ne peux pas vraiment dire qu'il y a des avancées, mais je fais mon possible. J'ai tapissé les murs de New York d'affiches de détection, alors côté américain, je ne peux pas vraiment faire plus tant que je n'ai pas de pistes. Côté australien, je vais rencontrer un revendeur de balais dans la réserve sorcière de Sydney. Il pourra m'indiquer les bonnes gens influentes à qui je devrais parler. Il connait le coin, il y vit depuis toujours. Pour l'instant, c'est tout ce que j'ai.

Je soupire.

- Si jamais ça ne donne rien, je devrai creuser un peu plus. Je vais également installer des affiches de détection et tenter dans les communautés sorcières plus reculées. Apparemment que Malfoy aime les coins de campagne, donc.. mais je verrai à ce moment-là. S'il trempe dans des affaires louches, il est fort probable qu'il se cache dans un trou quelque part. Sinon, il devrait se trouver dans une ville. C'est toujours plus commode, surtout pour les gosses de riches. Sinon, je ne sais pas. Je vais étudier davantage son dossier pour voir si je ne serais pas passé à côté de quelque chose.

Des affiches de détection - une incroyable invention de l'un de nos ingénieur-développeurs chez Hashenbay - sont très pratiques. Parce que si la personne qui y figure trouve l'une de ces photos, un signal nous est envoyé pour nous dire que l'une de nos affiches ''s'est reconnue''. Le point positif, c'est qu'on peut savoir exactement laquelle, et où. Le point négatif, c'est que toutes ressemblances pourraient également être détectée. Nous ne sommes donc pas à l'abris des sosies. Néanmoins, on les utilise dans les cas désespérés.

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La pile de dossier que m'a légué Béa est très impressionnante. J'en aurai pour le reste de la journée, et même une partie de la soirée. Par habitude, je tend la main vers le coin de mon bureau pour attraper.. le néant. C'est vrai. J'ai laissé mon café à mon amie. Je songe un instant à remplir la tasse vide qui traine sur mon bureau d'un coup de baguette, mais le café invoqué, c'est jamais aussi bon que du fraichement moulu. Tant pis. Je me contenterai de passer les filières une par une sans carburant à me mettre dans le gosier.

Au fil des demandes, je perd un peu la notion du temps. Je ne saurais dire si ça fait deux heures que je suis là, ou quatre. Un coup d'oeil sur l'horloge accrochée au mur, et je dépose ma plume pour me délier les muscles. J'espère au moins que Béa aura rattrapée son retard. Malheureusement, demain elle est de nouveau toute seule, parce que de mon côté, je vais rencontrer ce revendeur de balais que Ron m'a présenté. Michel, qu'il s'appelle.

Les pensées tourbillonnent dans mon esprit. Je m'autorise une pause avant de reprendre la paperasse. J'en profite pour tirer mon carnet hors de mon sac posé à même le sol. Je repasse mes entrées précédantes en les lisant en diagonale. Il faudrait que je dresse la liste des choses prioritaires à faire en mettant les pieds à Sydney.

1. Installer les affiches de détection.

À New York, j'avais fini par ça alors que si Malfoy avait été dans les alentours, il m'aurait été bien utile de le savoir. Comme un con, j'ai pu passé à côté de ça. C'est chiant et long à installer, mais peut-être que ça me portera chance.

2. Rendre visite à Michel, le revendeur de balais.

Avec beaucoup de chance, il a déjà vu Malfoy. Mais bon, je n'y crois pas trop. Il faudrait que je sois un sacré veinard pour mettre la main sur quelqu'un qui a déjà rencontré ce petit con alors que ça fait des années qu'il est porté disparu. Sinon, il pourra toujours me fournir les spots pertinents de la réserve sorcière. S'il traine quelque part, ce merdeux, je le trouverai.

3. Visiter les lieux fréquenter chez les sorciers et investigué.

Je sais, c'est super vague comme point, mais tant que je ne saurai pas à quel genre de lieux j'ai à faire, je ne saurai pas à quoi m'en tenir. Est-ce que les sorciers influents Australien trainent davantages dans les bars miteux de fond de quartier ou dans les salons huppés de riche ? Aucune idée. D'ailleurs, comment considère t'on un sorcier comme ''influent'' ?

Une légère migraine s'installe. Si ça ne fonctionne toujours pas, il faudra que je songe à recontrer Zabini-je-suis-sexy-à-mort de nouveau. Non pas que d'être assis en sa compagnie ne soit vraiment désagréable, mais si je pouvais sauter cette étape, je le ferais. Quoi qu'à bien y penser, je pouvais choisir ce que je voulais sauter, ce ne serais surement pas une étape.

Il faut chaud dans ce bureau. Je referme mon carnet avec mes trois pauvres petits points inscrits tout seuls au milieu de la page, et me lève pour aérer la pièce. J'ouvre la porte et jette un coup d'oeil vers le bureau d'accueil. Béa y est toujours, la tête penchée vers l'avant, vraisemblablement en train de remplir les formulaires de mortalité du ministère. Je m'approche d'elle, autant pour faire parvenir un peu de sang à mes pauvres orteils que pour voir où elle en est.

- Ça avance ?

Elle fait un petit saut et replace une mèche brune derrière son oreille.

- J'achève. Ce qui aide, c'est que Justin a fait un rapport extrèmement complet et détaillé qui ne laisse aucune place à l'interprétation. Ce mec fait un boulot fabuleux.

- Alors tu crois que tu auras fini d'ici une petite heure ?

- Avec la qualité de son rapport, je dirais une demie-heure. Sérieusement Harry, il remet toujours des dossiers de haute qualité, meilleurs que les tiens ! Il faudrait vraiment qu'on envisage de l'augmenter. Il ne faut pas le perdre, celui-là.

Je souris. C'est vrai que Justin est bon dans ce domaine. Il ne baisse jamais les bras devant une affaire complexe et met toujours un point d'honneur à finaliser ses recherches de façon extrèmement professionnelle. Il faudrait d'ailleurs que je lui demande son avis sur le cas Malfoy. J'en prend note mentalement.

- Tu as raison. Alors on dit une demie-heure ? Ça devrait me laisser d'avancer un peu sur la demande en cours, et après, on sort prendre un verre. C'est moi qui paye.

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Ça fait très longtemps qu'on ne s'est pas retrouvé, juste Béa et moi, à discuter et prendre un verre. Elle a dénoué ses longs cheveux bruns et en la voyant comme ça, siroter son cocktail du bout des lèvres, la chevelure tombante, je la trouve absolument fabuleuse. Elle est canon c'est femme. Je prend une gorgée de mon amaretto-citron. La musique n'est pas trop forte, ça nous permet de bavarder un peu. J'aime bien ce bar moldu.

- Alors Béa, en dehors de la société, qu'est-ce qui t'arrive, ces temps-ci ?

C'est dommage que je doive lui poser la question. Je me rend compte que j'ai laissé dériver notre amitié dernièrement.

- Bah, tu sais, pas grand chose de tellement nouveau. Je met beaucoup d'heures chez Hashenbay ces temps-ci, et j'ai peu de moments vraiment à moi.

Malgré moi, j'ai un pincement au coeur. C'est un peu de ma faute si elle est débordé de la sorte. Quand je fais du travail de terrain, je ne fais pas de travail de bureau, et c'est elle qui est chargée de reprendre le dessus. Il faudrait songer à...

- Une assistante, ça te dirais ?

Elle lève ses yeux marrons vers moi.

- T'es sérieux Harry ? Parce que tu sais, je fais moi-même la comptabilité, et si on augmente Justin, on ne pourra pas se le permettre. On devrait même diminuer les annonces, parce que ça nous coûte un bras chaque mois !

Une autre gorgée. Merde, mon verre est déjà vide. Je lève le bras vers le serveur, l'index vers le ciel. ''La même chose, monsieur !''

- Oui, je suis super sérieux. Si on coupe complètement les annonces, on aura à la fois suffisament d'argent pour augment Justin, mais aussi pour engager une belle jeune et fraiche femme en soif de connaissance qui fera tout ce que tu lui dis de faire.

J'ajoute un clin d'oeil. Parce que ça me fait rire. Et sans rougir, totalement pince-sans-rire, mon amie ajoute :

- Si tu engages une femme pour étancher mon désir sexuel, attends-toi à débourser gros. Elle a du pain sur la planche, la petite. Et non, on ne peut pas couper les annonces, ce sont de nouveaux clients chaque mois.

Et parce qu'elle reprend une gorgée de son cocktail rose fluo d'un air monotone, j'éclate de rire. Quelle pessimiste !

- Tu sais, ça serait tellement moins compliqué si on n'était pas complètement gays toi et moi. On pourrait baiser ensemble de temps en temps, comme deux célibataires blasés de la vie qui ont besoin de tirer leurs coups.

En disant ça, elle affiche un sourire. Un vrai, sincère sourire. Le genre qui se fout un peu de ma gueule. Le genre qui me fait sourire, moi aussi !

- Ouais, c'est ça ma belle, on s'attendrait après le boulot, on se rendrait chez moi, parce que mon lit est vachement mieux que le tien, et on.. baiserait ? Et après quoi, on retournerait au bureau ensemble le lendemain matin ? Tu nous vois vraiment faire ça ?

- Nah. Et puis je disais ça pour rire. Mais les pénis, c'est vraiment pas mon truc.

- Tu ne sais pas ce que tu manques.

Le serveur dépose un nouveau verre devant moi et repart avec l'ancien.

- Pas besoin d'avoir essayer pour savoir que ça ne me manque pas. T'as déjà couché avec une fille ?

- Non. J'en ai bien embrassé quelques unes, et y'a une nana qui m'a fait une pipe y'a quelques années, mais on dirait que les hommes sont meilleurs à ce jeu-là.

- Normal. Ils ont une queue eux aussi. Tu sais, je pense que c'est là toute la qualité des relations homosexuelles. Parce que quand tu couches avec quelqu'un qui a la même chose que toi entre les jambes, il sait ce qu'il a à faire pour atteindre l'orgasme. Et pas besoin d'une carte pour trouver les coins intéressants.

- Tu as surement raison.

- J'ai raison.

- Tu vois, moi je suis homo.

Béatrice lève un sourcil au ciel l'air de dire ''quelle révélation !''.

- Attend, j'ai pas fini. Alors, je suis homo, mais le suis-je vraiment ? Peut-être que je suis bi sans le savoir ! J'ai jamais couché avec une fille pour faire le test.

- T'es con Harry, pas besoin de mettre ta bite nulle part pour savoir si t'es gay ou pas. Et de toute manière, t'as pas dit qu'une fille t'avais déjà astiqué le manche ?

- Quelle jolie façon de le dire. Oui, une fille m'a déjà ''astiqué le manche''. Fit-je en faisant les guillemets avec mes doigts.

- La voilà ta relation sexuelle. Baiser ne veut pas dire obligatoirement pénétration. Sinon je suis mal foutue mon gars. Je ne peux pas baiser.

Je sens une légèrement pointe d'agacement.

- C'est pas ce que je voulais dire. Si la fille était nulle, alors peut-être que je n'ai pas aimé l'expérience pour ça ! Peut-être que je me croyais homo, mais qu'en fait, je pourrais très bien apprécier le sexe avec une autre femme, et être bisexuel !

- Tu veux m'enrager ou quoi ?

Elle descend son verre d'une traite et s'en commande un autre. Elle reprend :

- C'est quoi cette manie de vouloir à tout prix rentrer dans le moule politically correct de notre foutue société. Tu baises avec des mecs. Parfait. N'essaie pas de vouloir trouver une échapatoire à ton orientation sexuelle parce que tes amis ou même les journaux trouveraient ça plus normal. Cherche pas plus loin, merde. De toute façon, ce sont des choses qui se sentent, ça. Est-ce que vraiment, VRAIMENT, tu sens que tu pourrais être bi d'une quelconque façon ?

- Non.

Je me sens un peu honteux, là. Parce qu'elle a raison. À cent pour cent.

- Et puis qu'est-ce que ça change que tu sois gay, hein ?

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De retour chez moi, j'ai la tête qui tourne. J'ai un peu abusé de l'amaretto, et je me sens encore ébranlé par ce que m'a dit mon amie. C'est vrai qu'au fond, je cherche encore à plaire à tout le monde alors que je n'ai rien à prouver à qui que ce soit. C'est que je me sens vraiment seul, et j'ai souvent l'impression qu'il n'y a que des filles qui sont intéressées par moi. Ou alors des New Yorkais possessif et jaloux hyper déstabilisant. On dirait que la solution à mon célibat, c'est l'hétérosexualité. C'est moi où les homos ont toujours plus de misère à se caser ? Je m'avance vers mon lit, sans enlever mes chaussures, et me laisse tomber sur le matelas comme une roche. Je n'ai pas eut le courage de transplaner jusqu'ici. De toute manière, en état d'ébriété, c'est très peu recommandé. Je ne voudrais surtout pas être désartibulé.

Heureusement, que Béa a fini par changer de sujet. Je ne savais plus quoi dire. On a finalement discuté de quelques projets concernant la société. On a parlé un peu de Neville et de ses nouvelles recherches impressionnantes, et on a parlé de Malfoy. J'en suis encore à l'envers quand j'y pense. J'ai comme un pincement au coeur quand quelqu'un évoque la possibilité d'un décès. Bizarrement, je me refuse d'envisager la chose. Comme si c'était le dernier truc possible. Honnêtement, je ne saurais pas trop comment je réagirais s'il s'avérait qu'effectivement, Draco petit con Malfoy était mort.

Mais il ne l'est pas, n'est-ce pas ? Demain, je vais en Australie pour le trouver. Et cette fois-ci, je le trouverai.

Merde, je suis vraiment saoul.