Hello mes lapins !

Heureuse de vous retrouver Je sais que beaucoup d'entre vous étaient impatients… Très même lol. Cependant je vous avais avertis : emploi du temps plus que surchargé alors je fais vraiment au mieux Surtout que baaah… Je n'ai pas envie de vous décevoir donc il faut que ce que j'écris soit à la hauteur de ce qu'on peut attendre de cette histoire. Et puis je n'ai pas de connexion internet digne de ce nom alors c'est galère pour le coup à publier (naaaan je ne me cherche pas toutes les excuses du monde, z'avez qu'à venir à ma place et on en reparle nan mais oh !).

Donc voilà le chapitre 3… Que dire ? Je vous avais laissés dans une situation critique donc… On entre dans l'univers des elfes. Alors je préfère vous avertir, pour moi ce ne sont pas des êtres gentils, plein de sagesse, de vertus et tout ce qui va avec nan nan. Donc navrée si je détruis l'image que vous pouvez en avoir )

Ensuite bin c'est un chapitre disons transitoire. Il n'y a pas forcément d'action, plus des éclaircissements sur quelques points, une avancée dans l'histoire, du renouveau (bah oui quoi de nouveaux personnages tout ça tout ça ^^) bref il n'y a rien d'extraordinaire ici… ou presque pas :p

J'ai tenté donc de répondre à tous vos commentaires, mais l'internet est très très merdique, mille excuses. Tous mes remerciements à vous chers lecteurs et aussi chères lectrices, ainsi qu'aux guest qui malheureusement ne peuvent pas être correctement remerciés, et merci aussi aux anonymes qui ne commentent pas d'ailleurs ^^

Pour finir merci particulièrement à justinejannedu0760 (détends toi tout va bien… Ou presque ) ), solae44 (tu m'as trop faire rire, des flèches en caoutchouc, sérieusement ? ah oui évite les menaces mm voilées je pourrais en prendre ombrage et changer l'histoire ^^), Emy Louise Swan-Mills (finalement je ne sais pas combien il y aura de chapitre car j'ai dû couper celui-ci), lily (inscris toi ) ), moithea (l'attente a été moins longue j'espère, j'essaie de faire au mieux ne m'en veux pas), swann33 (impatience comblée j'espère), MARGUERITE . ROXTON – JONES, OoO-RED-OoO (je préfère restée modeste et qu'on me surnomme Stitch parce que Dieu c'est vraiment trop :p), MissHarpie (j'espère que tu continues de kiffer, et pas de quoi pour le temps qu'effectivement je lui consacre à cette fic c'est du bonheur ^^), Elea Angel (merci de brider ton impatience, j'espère qu'elle sera récompensée cette patience), Summerspell (oui au départ ce n'était qu'un OS, dévore moi ce chapitre ahah), Pilounana (merci pour les félicitations et d'apprécier les longueurs des chapitres qui me semblent essentielles pour permettre au lecteur de se plonger dedans, j'espère que tu voyageras encore ^^), Joasy937 (heureuse de faire plaisir), franchuilla (un « s'il te plaît » et hop voilà la suite lol), dreydrey76, Menolly (ne me supplie pas, voilà la suite régale-toi !), Blackkfeather (haaaaan je t'accorde le pardon, moi mm ayant vu ta nlle fic seulement parce qu'on me la fait remarquer humhum, bref merci encore ta plume aussi vaut de l'or ) ).

Le meilleur pour la fin parce que, non, je ne t'ai pas zappée merci à Mystik.7 qui m'a relue, m'a corrigée, m'a soutenue, m'a conseillée, m'a félicitée aussi… Merci pour ta présence et ton soutien qui me sont chers. Tu es tout simplement adorable.

Voilàààààà donc eh bin bonne lecture

SQSQSQSQSQSQSQSQSQSQSQ

Elle luttait ardemment pour sortir des brumes du sommeil dans lequel elle avait été plongée contre son grès. Ses paupières étaient si lourdes, tout comme le reste de son corps qu'elle ne parvenait pas à bouger malgré ses efforts. Elle replongeait inévitablement dans les limbes.

Après plusieurs essais infructueux, elle réussit l'exploit d'ouvrir les yeux. Elle prit quelques instants pour s'adapter à la lumière, prendre des repères. Il y avait quelqu'un tout près d'elle, elle le sentait. Elle tenta de tourner la tête vers cette personne mais ses muscles refusaient de lui obéir. Elle essaya alors de parler. Sa bouche était pâteuse, elle déglutit plusieurs fois.

_ Ne forcez pas. Buvez plutôt ça. Lui dit la personne d'une voix plate en lui amenant un verre sur ses lèvres.

La moitié coulait à côté mais elle n'y faisait pas attention et avalait ce qu'elle pouvait ne lâchant pas du regard la femme qui s'était penchée au-dessus d'elle et qui l'aidait.

C'était celle sur laquelle elle était tombée dans la forêt. Les cheveux blancs, un teint de nacre, les yeux d'un bleu de glace, et les lèvres roses. Sublime. Et cette colère qui brûlait dans ses iris électrisa la louve, qui se racla la gorge.

_ Je dois… aider mes amis. Dit-elle vaseuse, d'une voix rauque.

Elle voulut s'expliquer en montrant la bague et le bracelet accrochés autour de son cou. Elle fut stupéfaite de découvrir ses poignets attachés l'un à l'autre par une chaîne en argent qui lui mordait la chaire. Le plus étonnant est qu'elle n'avait rien sentit. Elle releva les yeux étonnés sur sa geôlière.

_ Vous avez reçu une dose de somnifère assez importante, et je me suis permis de vous injecter un mélange de plantes qui soulage la douleur. Ceci dit vu votre métabolisme vous devriez ressentir les brûlures dû aux chaînes plus tôt que prévu. Expliqua l'inconnue qui se leva pour partir.

Scarlett, dans un effort de volonté lui saisit le poignet, retenant un couinement de souffrance.

_ Attendez ! Il faut que vous portiez secours à la Reine Noire… Notre Commandant est…

_ Les sentinelles les ont interceptés, tout le monde a été ramené il y a peu. J'ai été appelée pour aider c'est pourquoi je dois vous laisser. Je repasserai plus tard, reposez-vous en attendant et pas de bêtise. L'informa la blonde en s'éloignant à nouveau.

_ Votre nom ? Demanda alors soudainement Scarlett.

_ Elsa. Lui répondit simplement la jeune femme avant de disparaître derrière la porte de la pièce.

Finalement elle avait remplis sa mission. Pas comme elle l'avait voulu, certes, mais tout le monde se retrouvait chez les elfes. Il n'y avait plus qu'à espérer que ce peuple ait envie de les aider, mais surtout qu'ils détiennent le remède pouvant sauver la vie de son Commandant. Les dés étaient jetés, elle ne pouvait plus rien faire de plus.

Tout ça l'avait fatigué plus qu'elle ne l'avait voulu. Aussi elle ferma les yeux, souhaitant que tout se passe pour le mieux et qu'à son réveil tout aille bien comme dans le meilleur des mondes.

SQSQSQSQSQSQSQSQSQSQSQ

Tout s'arrêta brusquement. Elle était à nouveau entourée de blanc.

_ Qu'est-ce que tu fais ici ? Questionna une voix suspicieuse qui semblait venir de partout à la fois. Je ne peux pas faire de toi ce que je veux alors tu ne dépends pas de moi. Mais si tu ne dépends pas de moi, d'où viens-tu exactement ? Continua la voix sans lui laisser le temps de répondre.

Cette voix qui lui avait tant manqué. Elle se mit à pleurer.

_ C'est moi… C'est Régina. Répondit-elle tentant de calmer ses sanglots.

Le silence régnait. Puis d'un coup une série d'images d'elle-même et de son Commandant défilèrent sous ses yeux. Mais c'était plus contrôlé que la première fois, plus lent. Les sensations, les sentiments qui s'insinuaient en elle étaient plus constants. Passionnés et doux, violents et apaisants, protecteurs et libres, vertigineux et immuables. Elle en avait la tête qui tournait, et le cœur remplit de bonheur.

Le blanc remplissait à nouveau l'espace autour d'elle.

_ Régina ? Qu'est-ce que tu fais dans… mon esprit ? Que se passe-t-il ? La questionna la voix, inquiète.

_ Tu ne te souviens pas ? Demanda la brune surprise.

Des images de la clairière apparurent. Les enfants crièrent en attaquant. Régina désemparée s'éloignait sur un cheval. Puis tout s'arrêta sur un bleu ciel. Il régnait une ambiance d'incompréhension totale, de peur et de soulagement mélangés.

_ Je ne comprends pas... Je ne comprends rien. Qu'est-ce que tout cela veut dire ? Pourquoi ? Est-ce toi la cause de tout ceci ? Que s'est-il passé ? La voix s'emportait.

Les images repassaient, plus rapides, plus floues. L'atmosphère se ternie, troublée, l'angoisse était lourdement présente. Puis tout bascula dans le chaos le plus total. Régina était affolée. La tempête qui l'avait paralysée à son arrivée était de nouveau là. Elle tentait de ne pas céder à la folie, de ne pas se laisser toucher, happer par ce tourbillon de pensées, de souvenirs, de sentiments. Mais elle était déstabilisée, démunie. Alors son dernier recours fut de se plonger dans ses propres souvenirs.

Ce sont les siens qu'elle put contempler. Ils défilaient également se mélangeant à ceux d'Emma. Les faisant plus précis, comblant les manques. Ce sont ses propres sentiments, ses propres émotions qui régnaient maintenant. Leurs esprits se mélangeaient. Régina se sentait fusionner avec Emma. Elle paniqua et arrêta tout brutalement. Le silence et le blanc immaculé reprenaient leur droit.

_ Je suis morte ? Demanda la voix tremblante.

_ Non ! Non, Emma tu n'es pas morte et je ne laisserai pas cela arriver. Nous sommes en chemin pour te guérir. Répondit Régina déterminée.

_ Pourquoi… Qu'est-ce que tu fais ici alors ?

_ Tu es… Je… Je suis là pour que tu restes avec nous. Je suis un point d'ancrage. Expliqua laborieusement la brune.

_ Tu sais que je le sens quand tu mens ? Encore plus quand tu partages mon esprit. La pressa la voix.

_ Je ne mens pas. Pas vraiment. Le poison t'affaiblie de plus en plus et… le lien que je viens de créer entre nous devrait nous permettre de gagner assez de temps pour…

_ Rassure-moi Régina, dis-moi que tu ne crains rien. La coupa la voix, transmettant ainsi toute son inquiétude.

_ Non. Il n'y a aucun risque pour moi. En théorie.

_ En théorie ?

_ Je ne vais pas te mentir. C'est la première fois que j'utilise ce sort, je sais que normalement je ne risque rien, physiquement. Après je n'en sais pas plus. Avoua Régina mal à l'aise.

_ Mais tu es totalement inconsciente ! Je ne veux pas que tu restes ici un instant de plus tu m'entends ? S'écria alors la voix.

L'atmosphère s'alourdie d'un coup. Régina pouvait sentir la colère se mêler à de la peur et à… de l'amour ?

_ Je ne sais pas comment faire pour revenir dans mon corps. Souffla-t-elle quelque peu honteuse.

_ …

_ Je, je n'y ai pas réfléchi, j'ai agis au plus pressé. Continua Régina affolée par l'ambiance de plus en plus tendue.

_ …

_ Je n'ai pensé qu'à te retenir… Je voulais te sauver. Juste te sauver Emma. Je veux que tu restes avec moi. Ton, ton cœur s'est arrêté et, et…

Régina ne put retenir l'angoisse qui la dévorait, et sanglota, resserrant ses bras autour d'elle. L'espace autour d'elle se chargea de gris, rempli d'une tristesse infinie qui s'ajoutait à la sienne. L'air sembla tournoyer autour d'elle. L'image d'Emma clignota plusieurs fois, comme si elle avait du mal à se créer, puis elle se stabilisa. La brune hésita un instant, jusqu'à ce que cette Emma, souriante, écarte les bras en une invitation à venir s'y réfugier ce qu'elle se précipita de faire.

Quelques instants plus tard, elles étaient posées tranquillement dans une prairie, créée par Emma. Elle était assise, adossée à un arbre, Régina était blottie dans ses bras, contre elle. Elle profitait de pouvoir à nouveau la sentir près d'elle, vivante.

_ C'est étrange d'être dans un décor qui semble figé. Fit remarquer la brune.

_ Hum… Je peux amener beaucoup de choses à nous, mais plus il y a d'interactions dans mes pensées moins cela sera net et puis je risque de perdre le fil.

_ Tu n'es pas non plus réelle n'est-ce pas ? Demanda tristement Régina.

_ Oui et non. Tu es dans mon esprit alors je suis bien réelle, mais physiquement nous ne sommes pas vraiment là. Nous sommes juste la projection de nos consciences. Expliqua pensivement la blonde.

_ J'ai tellement peur de te perdre Emma. Vivre sans toi… C'est impensable, ça, ça me terrorise. Lâcha la brune tremblotante.

_ Arrête de te torturer, nous n'en sommes pas encore là Régina.

_ Tu ne sais pas. Tu ne sais pas ce que c'est de te voir immobile, inconsciente et pâle comme la mort, recouverte de sang qui, qui coule sans s'arrêter. Reprit vigoureusement la Reine en se redressant.

Emma la contemplait, voyait la flamme s'allumer dans ses prunelles noires, le rose teinter son beau visage. La colère lui allait tellement mieux que le chagrin. Elle tendit la main pour lui caresser la joue. Elle avait ce besoin irrationnel de la toucher, de la sentir près d'elle, même si cela n'était pas réel, même si cela leur faisait courir un risque inconsidéré. Pouvoir la percevoir même ainsi la comblait d'un profond bien-être. Son inquiétude, sa dépendance, son amour, sa colère pour elle, la faisaient chavirer. Son cœur en était ivre de bonheur.

_ Quoi qu'il arrive, je serais toujours là Régina. Toujours.

_ C'est une promesse ? Demanda radoucie, la brune, le doute pointant dans sa voix.

_ C'est bien plus qu'une promesse, Majesté, c'est une certitude. Susurra la blonde, succombant à la force de ses sentiments, embrassant amoureusement sa Reine.

Le baiser aussi irréel soit-il était d'une intensité insoutenable. La force de leurs sentiments était telle qu'ils les envahissaient leur donnant à chacune irrémédiablement envie de plus. Bien plus. Régina avait tellement peur de ne plus jamais la retrouver, qu'elle se laissait emporter par cette euphorie commune, cédant à ce qu'elle ressentait plus que de raison. Elle se sépara des lèvres de la blonde pour reprendre son souffle. Haletante, la tête lui tournait. Emma l'embrassait dans le cou, la faisant gémir. Ce qu'elles ressentaient était-il réel ? Soudain, la brune fut prise de vertiges et se sentit particulièrement affaiblie. Par force de volonté, elle éloigna la blonde qui se stoppa, la fixant d'un air interrogateur.

_ Quelque chose ne va pas ? Demanda Emma inquiète de voir la brune dodeliner de la tête.

_ Je… me sens… faible. Murmura la brune, qui se laissa glisser dans les bras solides et chauds de son amante.

_ Régina ? Attends ! Qu'est-ce qu'il se passe ? S'alarma la blonde, changeant les alentours en un fond bleu glacial, comme la terreur qui la tenaillait.

_ Je, je ne sais pas… Emma. Répondit la Reine, vidée de toute énergie.

Elle se sentait lasse, incapable du moindre mouvement, comme si on lui retirait toute sa vitalité. Comme si on voulait qu'elle disparaisse définitivement. Elle aurait dû également être terrorisée, mais au contraire, cela lui semblait juste et elle était apaisée quoi que fatiguée. Elle voulait rassurer son Commandant qu'elle voyait totalement pétrifiée.

_ Régina, tu es, tu es en train de… Tu disparais ! Paniqua Emma, constatant que le corps de sa compagne se faisait de plus en plus ténu.

La brune tendit la main pour lui frôler la joue, en lui faisant un sourire réconfortant.

_ Reste avec moi, je t'en supplie… Régina, reste. Sanglota Emma en resserrant ses bras autour de la brune pour la garder auprès d'elle.

_ Toujours. Chuchota la Reine avant de s'évanouir.

Emma pleurait. Seule. Elle ne comprenait pas ce qu'il s'était passé. Elle savait juste que celle qu'elle aimait avait disparue. Sous ses yeux. Elle n'avait rien pu faire pour l'en empêcher. Elle était bloquée. Là, en elle-même. Encore une fois, son incapacité à protéger sa Reine était prouvée. Son environnement vira au gris qui fonça au fur et à mesure que la colère enflait, grondait en elle. Jusqu'à ce que le noir prédomine. Elle se sentait prête à éclater. Elle se mit à hurler de rage. Puis quelque chose céda en elle et son image explosa.

SQSQSQSQSQSQSQSQSQSQSQ

Elsa regardait les deux corps encore inconscients. Elle était épuisée, mais était parvenue à guérir Estel et rétablir l'ordre des choses grâce Wilwarin et sa magie. Tout irait pour le mieux. Elle ferma la porte, laissant à présent le relais aux gardes qui protégeaient l'entrée de ces appartements.

Elle se dirigeait vers celle qu'elle avait laissée bien plus tôt dans la journée. Il fallait qu'elle la surveille de près. Les autorités avaient peur d'elle et de ce qu'elle pouvait faire. Elle devait s'assurer et rassurer tout le monde qu'elle était bien sous contrôle. Elle allait pénétrer dans la pièce lorsqu'elle fut stoppée.

_ Que comptes-tu faire Elsa ? Demanda sèchement une voix derrière elle.

La jeune femme se crispa sensiblement. Elle savait qu'elle allait passer un moment désagréable, mais elle se devait d'être forte, peu importe les conséquences pour plus tard. Elle se retourna lentement et fit face à l'elfe. Il était blond, les yeux noisette, les traits sévères, les lèvres pincées. Il émanait de lui quelque chose de malsain à en donner des frissons.

_ Je ne fais qu'obéir aux ordres de notre Altesse, Monseigneur Tilion. Répondit-elle docilement, baissant le regard vers la pointe de ses propres chaussures.

Surtout ne rien faire ou dire pour le provoquer. L'elfe s'avança, glissa une de ses mains le long de sa mâchoire, lui relevant la tête.

_ Quels sont-ils exactement ? Exigea-t-il d'un ton glacial.

_ Je suis responsable de toutes les personnes rattachées à la Reine Noire. Je me dois de rester à leur chevet jusqu'à ce que tout le monde soit remis et soit présentable devant la cour. Expliqua la blonde sans flancher.

_ Il serait bon que leur guérison s'accélère un peu. Il est hors de question que tu m'échappes trop longtemps. Les conséquences pourraient t'être… Plus que douloureuses, ordres ou pas de notre Altesse. Dit-il dans un sourire cruel, avant de s'en aller.

Le cœur d'Elsa battait à tout rompre. C'était une des rares fois où elle arrivait à s'en sortir sans trop de mal. Même si elle se doutait que cette nuit de répit aurait ses conséquences plus tard. Elle souffla, se ressaisit et pénétra dans la chambre.

La brune était assise dans son lit et semblait attendre. Elsa constata avec soulagement qu'elle ne s'était pas transformée, et n'était pas dans un état second. Elle s'approcha quand même avec prudence, sous le regard intense de la louve.

_ Comment vont la Reine et le Commandant ? Vous avez pu faire quelque chose ? La questionna Scarlett fébrile.

_ Elles devraient aller mieux. Le poison a été neutralisé. Comment vous sentez-vous ? Demanda-t-elle platement, embarrassée d'être détaillée de la tête aux pieds.

_ Bien. Les chaînes brûlent mais ça reste supportable. Est-ce que je vais devoir les garder encore longtemps ? La questionna-t-elle profondément soulagée d'avoir de bonnes nouvelles.

_ Non. Nous les avons utilisées pour voir si vous étiez capable de contrôler votre animal. Expliqua la blonde en saisissant précautionneusement les bracelets pour les ouvrir.

L'argent avait dévoré la peau des poignets laissant la chair à vif. Scarlett se laissait docilement faire. Il y avait quelque chose chez cette elfe qui l'interpellait. Elle ne savait pas encore quoi mais maintenant que les effets des produits avaient disparus, elle sentait que la présence de cette femme mettait tous ses sens en alerte. Ne sachant pas à quoi s'en tenir, elle observa, fascinée, les moindres faits et gestes de la jeune femme qui, après avoir ôté les chaînes, prit une boîte sur une commode et revint s'asseoir à ses côtés.

_ Vous auriez pu simplement poser la question vous savez. Dit posément la louve en tentant de croiser son regard, curieuse.

Elsa ouvrit le pot, et prit du baume du bout de ses doigts.

_ Nos méthodes ne sont pas forcément les plus… appropriées. Mais elles sont efficaces et souvent nécessaires. Sembla s'excuser la soigneuse. Je vais vous passer une crème cicatrisante, ça risque d'être un peu douloureux mais vous guérirez bien plus vite. Ajouta-t-elle.

_ Qui vous dit que je ne risque pas de me transformer maintenant et me jeter sauvagement sur vous ? Demanda alors Scarlett sur un ton taquin, le regard pétillant.

Cela surprit Elsa qui releva brusquement la tête. Le bleu de glace plongea dans le brun chocolat. Elle fut déstabilisée quelques secondes : les elfes n'étaient pas particulièrement connus pour leur humour. La brune lui sourit chaleureusement, sentant sa louve s'ébrouer. La blonde sembla se détendre.

_ Vous ne devriez pas plaisanter là-dessus. Je pourrais très mal le prendre et vous obliger à me supplier à genoux de vous épargner. Rétorqua sur le même ton la blonde un sourire en coin.

Elle saisit une des mains de Scarlett. Au contact de sa peau froide sur celle plus que chaude de la louve, un frisson lui parcourut la colonne vertébrale de bas en haut. Elle le réprima non sans peine, et appliqua l'onguent sur la plaie.

La brune avait senti la jeune femme frissonner, et son cœur s'était emballé. Elle était subjuguée par cette beauté froide qu'elle ne demandait qu'à réchauffer. Son animal semblait vouloir se glisser contre sa peau pour ressentir son toucher.

_ Si je devais me trouver à genoux, c'est vous qu'on entendrait supplier. Lança l'impétueuse brune dont le côté primaire prenait le dessus, jetant la diplomatie au placard.

Elsa, gênée et rougissante, se recula instinctivement. Elle se reprit très vite, recouvrant son masque de froideur. Elle se devait de calmer au plus vite les ardeurs déplacées de cette femme, ne serait-ce que pour la protéger d'elle-même.

_ Vous avez conscience que vos propos sont offensants ? Fit-elle remarquer d'un ton froid.

La brune sentit qu'elle était allée trop loin, mais elle n'avait fait que formuler ce qu'elle pensait. Cela avait été plus fort qu'elle. Les loups étaient ainsi, ils fonctionnaient à l'instinct et c'était parfois dur de se retenir. Scarlett avait bien du mal à se contenir et cela la troublait autant que cela semblait la réjouir. Elle devait être vraiment faible pour que sa louve ait autant de pouvoir et s'amuse à ses dépens. Cependant, elle avait remarqué les joues roses et le regard troublé de son interlocutrice. Elle se gifla mentalement.

_ Je suis navrée, je ne voulais pas être désobligeante. Dit-elle sincèrement. A l'approche de la pleine Lune il est parfois difficile de bien se comporter. Ajouta-t-elle comme excuse.

_ Dans ce cas, je vous conseille vivement d'éviter de parler. Vous risquez de vous attirer de sérieux problèmes. L'avertit la blonde en appuyant plus que nécessaire sur le second poignet qu'elle était en train de panser.

La louve ne put retenir un grognement de douleur.

_ Comme vous avec ce Monseigneur Tilion ? Demanda alors Scarlett malgré elle.

La blonde fut à nouveau déstabilisée. Elle referma le pot d'onguent d'une main tremblante.

_ Je dois vous laisser. Souffla-t-elle.

La brune lui saisit le bras l'obligeant à rester assise à ses côtés.

_ Je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas mais…

_ Vous avez raison, ne vous en mêlez pas. La coupa sèchement la blonde en se dégageant de sa prise.

_ Ce que je veux dire c'est que si vous avez besoin de quelqu'un pour vous débarrasser de cet ordure, je me porte volontaire. Insista Scarlett fixant la blonde dans les yeux, mettant toute la sincérité possible dans son propos. Elle sentait sa part animal acquiescer à ses dires sans pour autant en comprendre la raison profonde.

Elsa était perplexe. Elle était touchée par cette déclaration. C'était une des rares fois où une personne offrait de la défendre. Cependant cette femme ne savait pas de quoi elle parlait. Elle ne savait pas ce qu'elle se proposait de faire, qui était Tillion et ce dont il était capable. Elle devait la tenir éloignée de ses propres problèmes.

_ Tillion est mon maître. Je suis chanceuse de lui appartenir, il protège ses gens comme personne et

_ Il abuse de vous ! Comment cautionner cela et vous dire chanceuse ? La coupa vivement la brune vibrante d'une colère qu'elle ne maîtrisait plus, son pouvoir animal s'échauffant dans ses veines.

La blonde sursauta, surprise. Elle avait remarqué la flamme dans le regard de la louve. Cette étincelle qui lui en rappelait une autre qu'elle avait vue s'éteindre par sa faute il y a maintenant plusieurs années. Il fallait qu'elle parte. Elle devait s'en aller d'ici, reprendre ces esprits et le contrôle d'elle-même. Elle devait fuir.

_ Je… Vous ne comprendriez pas. Soupira-t-elle fatiguée de devoir s'expliquer, ses épaules s'affaissant.

Scarlett sentit la colère qui avait enflée en elle disparaître d'un coup. Elle était si révoltée que cette femme accepte la manière dont elle était traitée sans rien dire. C'était pour elle inconcevable. Cependant la voir abattue lui brisa le cœur. Elle ne savait plus sur quel pied danser. Ascenseur émotionnel qu'elle ne contrôlait pas. Elle voulait la défendre, la protéger tout en ayant conscience qu'elle ne savait absolument rien d'elle. Cette volonté de prendre soin de cette inconnue était si soudaine, si impulsive, comme-ci elle y était attachée depuis toujours. Ce qui la perturbait énormément. Elle se connecta à sa louve qu'elle sentait plus à même de comprendre les choses. Et c'est à ce moment qu'elle saisit ce qu'il n'allait pas. Cela la laissa complètement interdite. Elle qui pensait que jamais cela ne pourrait lui arriver, elle tombait de bien haut. Plongée dans ses pensées qui fusaient de toutes parts et qui la laissaient abasourdie, elle se rendit compte du départ d'Elsa seulement quand celle-ci ferma la porte, laissant derrière elle l'odeur particulière de l'hiver. Elle aurait tant voulu la rejoindre, s'expliquer, comprendre. Mais ce qu'elle venait de découvrir sur elle-même la stupéfiait plus que tout. Elle devait d'abord y faire face, et l'accepter avant tout autre chose, enfin si c'était seulement possible.

SQSQSQSQSQSQSQSQSQSQ

Il fallait qu'elle sorte de là. Il fallait qu'elle se réveille. Maintenant. Elle ouvrit les yeux d'un coup, les referma aussitôt en pleurant. Elle y était allée peut-être un peu trop brutalement. Elle recommença l'opération plus lentement, laissant son regard s'acclimater à la lumière. Il ne faisait aucun doute sur le lieu où elle se trouvait. Elle tourna la tête et tomba sur un visage familier qui la scrutait sans détour.

_ Mae tollen na mar. (Bienvenue à la maison). Lui dit Elsa d'un ton neutre, ne sachant pas à quoi s'en tenir.

Cela faisait longtemps qu'elles ne s'étaient pas vues, encore plus longtemps qu'elles ne s'étaient pas adressé la parole. Leur amitié s'était achevée, bien des années plus tôt, dans un échange plutôt tumultueux, qui les avaient poussées à faire des choix qui les avaient définitivement éloignées l'une de l'autre.

_ Im gelir ceni ad lîn. (Je suis heureuse de te revoir à nouveau). Répondit difficilement Emma d'une voix faible, fronçant les sourcils, cherchant à remettre ses idées en place alors que son cerveau semblait fonctionner au ralentit. Elle était complètement désorientée et ne comprenait pas pourquoi elle portait un bandage autour du torse et de l'épaule.

_ Lle tyava quel ? (Te sens tu bien ?).Sembla s'inquiéter la guérisseuse tout en conservant ses distances et une certaine froideur.

Le Commandant tentait de reprendre ses esprits. De se souvenir des événements qui l'avaient amenée jusque dans ce lit. Elle tenta également de se redresser mais se stoppa net quand une fulgurante douleur parcourut son corps de la tête aux pieds. Elle ne put retenir un cri de souffrance. Elsa effaça aussitôt l'espace qui les séparait et lui vint en aide. Elle la redressa un peu et la cala du mieux qu'elle put sans la faire trop souffrir, puis elle lui fit avaler une concoction calmante.

_ Hantare. (Merci). Lui répondit Emma quelques peu soulagée, avant de se figer en apercevant face à elle, une femme immobile, allongée dans un lit.

C'est à ce moment qu'elle se souvint de tout. Les souvenirs se bousculaient alors dans sa tête. L'attaque de la prairie, cette flèche qu'elle avait reçue en pleine poitrine. Du ciel immensément bleu qui l'accueillait à bras ouverts dans un apaisement salvateur. Puis les ténèbres insondables. Régina apparaissant dans son esprit. Régina qui avait pris un risque inconsidéré pour la sauver. Qui avait mis sa propre vie en péril pour protéger la sienne. Puis il y avait eu cette rage qui avait explosé en elle quand Régina avait soudainement disparue sans qu'elle puisse y faire quoi que ce soit. Cette fureur dont elle ressentait encore l'écho dans ses veines, dans ses os et qui la fit frissonner. Elle se retient de justesse pour ne pas se précipiter auprès de sa Reine, serrant douloureusement la couverture de ses mains jusqu'à ce que ses phalanges blanchissent.

_ Estel…

_ Mon nom est Emma… Comment va-t-elle ? Demanda soudainement moins chaleureusement le Commandant sans lâcher du regard la brune.

Elsa fut surprise d'entendre son ancienne amie utiliser la langue des hommes. Cela n'aurait pourtant pas dû l'étonnée. Dès leur plus jeune âge Emma avait tenu à rester démarquée des autres. Tenant à faire de sa particularité sa force, contrairement à elle. Elle se ressaisit rapidement, laissant de côté les lointains souvenirs des années passées en sa compagnie.

_ Cette inconsciente a utilisé un sort qui dépassait ses compétences. C'est le sang qui coule dans ses veines qui lui a sauvé la vie, sans compter notre intervention. Elle a besoin de repos, comme toi. Lâcha l'elfe quelque peu méprisante, utilisant à contrecœur ce langage grossier que semblait pourtant apprécier l'autre.

_ Cette « inconsciente » comme tu dis a risqué sa vie pour sauver la mienne. Et je ne pense pas devoir te rappeler que tu lui dois le respect. Répliqua simplement Emma feignant l'indifférence, sans jeter un seul regard à Elsa.

Cette dernière fut blessée de constater que malgré le temps, rien n'avait été oublié. Elles avaient gâché leur amitié depuis plusieurs années maintenant et leur fierté les empêchait de faire le premier pas l'une vers l'autre. Elle avait tout de même espéré. Quand on l'avait amenée jusqu'à elle, elle avait été inquiète au point de ne plus se soucier du reste. Sauver sa vie, la retrouver vivante était aussitôt devenu sa priorité. Elle lui avait tant manqué. Elle avait tellement eu envie de la prendre dans ses bras, la serrer contre elle. Lui dire combien elle était désolée, combien sa vie était devenue si terne sans elle… Mais elle devait se résoudre à ce que les choses restent malheureusement figées.

_ Quand vous serez reposées et prêtes, vous serez priées de venir vous présenter devant la cour. Ton oncle aussi demande à te voir. Annonça Elsa d'un ton neutre avant de se diriger vers la sortie, résignée.

_ Si tu pouvais tenir ta louve éloignée de moi. Tilion n'apprécie toujours pas qu'on me tourne autour… Malgré ce que tu peux penser, je suis heureuse de te voir. Ajouta la guérisseuse d'une voix adoucie avant de quitter définitivement les lieux.

Emma s'était figée. Le nom de Tilion résonnait encore douloureusement à ses oreilles et avait amplifié cette colère froide qu'elle tentait de faire disparaître. Elle ferma les yeux, inspira et soupira profondément plusieurs fois pour chasser cette sensation désagréable hors d'elle. Elle réussit à retrouver un semblant de calme. Quand elle ouvrit les yeux, son regard tomba inévitablement sur la tête brune qui dépassait des couvertures.

Elle ressentit alors ce besoin impérieux d'être auprès d'elle. Sans réfléchir une minute de plus, elle repoussa ses draps et déplia ses jambes hors du lit. La fraîcheur la saisie immédiatement, mais elle n'y fit pas plus attention que ça. Elle parvint laborieusement à se mettre debout. Son corps était faible et la douleur l'accompagnait dans chacun de ses gestes. La tête lui tourna quelques instants. Elle serra les dents, ignora les tremblements et mit un pied devant l'autre, avançant difficilement ses muscles tendus au possible comme prêts à craquer. Mais sa volonté de rejoindre sa Reine était plus forte que tout. Arrivée au pied du lit, en sueur, elle n'hésita qu'une fraction de seconde avant de se glisser péniblement sous les couvertures. Elle se rapprocha de Régina, jusqu'à se plaquer contre, et passer un bras protecteur autour d'elle. Elle sentit alors ce parfum qui lui avait tant manqué, la douceur de sa peau et la chaleur de son corps. Cela l'apaisa instantanément, elle laissa les quelques larmes de soulagement couler sur ses joues. Elle soupira d'aise, ferma les yeux et sombra à nouveau, heureuse.

Dès la porte fermée, Elsa s'éloigna précipitamment de la chambre. En appuie contre un mur elle laissa la souffrance l'envahir, et pleura, le cœur compressé par la peine. Elle n'entendit pas les pas derrière elle, si elle avait su elle se serait davantage contenue. Mais c'était trop tard, et elle n'y pouvait rien changer.

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Elle était bien là, au calme. Tout semblait aller pour le mieux. Mais était-ce réellement le cas ? Probablement. Sinon elle ne pourrait pas se sentir aussi bien, non ? Il faisait chaud mais pas trop et elle pouvait sentir cette odeur si singulièrement plaisante. Ce mélange de terre fraîche, de verdure et de chaleur, comme la rosée un matin de printemps ensoleillé. Cela lui rappelait étrangement quelque chose. Quelque chose d'important ou en tout cas qui lui tenait particulièrement à cœur, ou bien c'était censé lui tenir à cœur ? Elle ne savait plus trop ce qu'il devait en être véritablement. D'ailleurs était-ce seulement réel ? Devait-elle s'en inquiéter ? Plus elle y réfléchissait, plus les choses devenaient confuses dans son esprit. Plus rien n'avait de cohérence et elle n'arrivait pas à remettre le doigt sur ce qui se devait d'être important. C'est en sueur et avec la sensation d'étouffement qu'elle ouvrit subitement les yeux. Le souffle court, elle observa rapidement ce qui l'entourait, mais elle ne reconnut pas les lieux. Ce n'était pas chez elle. La panique commença à l'envahir. Elle voulut bouger mais un poids la retenait. Elle se retourna vivement, se retrouvant nez à nez avec une femme endormie. Elle eut un mouvement de recul, le bras qui l'enserrait la retient. Elle voulut crier mais son cri mourut dans sa gorge quand elle comprit et que la peur s'effaça laissant place à un soulagement indescriptible : elle était dans les bras de son Commandant. Elle était submergée par les émotions, tiraillée entre l'envie de pleurer et l'envie de hurler de joie. Elle la voyait à ses côtés, les traits tirés certes, mais elle respirait paisiblement, ne semblait plus en proie à la fièvre et la douleur, et le bandage tout propre attestait que sa blessure avait été soignée. Elle lui caressa le visage d'une main tremblante, touchant à sa peau douce et chaude, écartant une mèche rebelle qui lui barrait une partie de la joue. Elle la vit remuer. Quand les deux orbes d'émeraude se posèrent sur elle et qu'elle lui sourit, l'émotion fut trop forte. Quelque chose céda en elle, et elle éclata en sanglots.

Emma ignora la douleur, et vint immédiatement tout contre sa Reine pour la réconforter. Elle l'avait sentie se réveiller, mais elle était restée soigneusement immobile pour ne pas l'effrayer. Cependant sous l'exquise caresse contre sa joue elle n'avait su résister plus longtemps. La voir enfin éveillée avait été un véritable soulagement, avant de devoir faire face à ses pleurs

Régina, le visage plongé dans la chevelure blonde, la sentit tout contre elle, autour d'elle, ce qui la calma immédiatement. Elle se recula légèrement et plongea son regard dans ce vert qui la sondait. Elle se sentit soudainement libérée de la terreur qui l'avait prise au piège jusqu'à cet instant. Ses barrières cédèrent et un feu impétueux se répandit dans ses veines. Son souffle se fit plus court quand les battements de son cœur s'affolèrent.

Elle avait aperçu cette flamme briller dans les orbes sombres qui la fixaient. Elle n'avait plus qu'une envie c'était de la garder contre elle, près d'elle, la serrer dans ses bras et l'embrasser fougueusement jusqu'à ce que l'oxygène vienne à lui manquer, et que la tête lui tourne. Elle observa sa Reine rougir et se mordiller la lèvre inférieure. Avait-elle deviné ses pensées ou juste lu le reflet de son désir dans son regard ? Elle n'eut pas le temps d'y réfléchir davantage que déjà leurs bouches se liaient.

Elles étaient autant affamées du contact l'une de l'autre, et n'arrivaient pas à se contenir. Leurs baisers, leurs caresses n'avaient rien de chastes. Leur pulsion, leur désir les plus primaires semblaient vouloir s'exprimer ici et maintenant. Aucune des deux n'arrivait à se résonner. Plus rien ne comptait plus que l'autre. Même la douleur n'était qu'un vague souvenir.

Ce furent des coups forts et répétés qui atteignirent leurs consciences. Elles s'écartèrent soudainement, haletantes, rougissantes, aussi surprises l'une de l'autre de l'emprise de leur désir. Elles n'eurent pas le temps de trouver de réponse que quelqu'un entrait.

C'était un elfe. Grand, tout rachitique, les yeux d'un bleu froid et perçant, ses cheveux étaient longs retenus dans une tresse complexe, tout comme sa longue barbe tressée. Il portait une robe simple et d'un vert très pâle. Il s'avança dans la pièce et remarqua que les deux femmes qu'il avait aidé à soigner étaient enfin réveillées.

_ Màra aurë ! (Bonjour). Im veren le gevedi. (Je suis heureux de vous rencontrer). Déclara-t-il en faisant une légère révérence avant de se redresser souplement, sous les regards étonnés des deux femmes gênées d'être découvertes ainsi.

Emma fut la plus rapide à se ressaisir et à prendre la parole.

_ Màra aurë ! Elle ne parle pas l'elfique, mais l'humain. Dit-elle simplement.

L'elfe fit une très légère grimace, à peine perceptible mais elle n'échappa à aucune des deux interlocutrices.

_ Je suis Wilwarin, enchanté de vous rencontrer. Je suis celui qui a rompu le sort qui vous unissait. Je venais voir comment vous vous portiez et en parler avec vous. Déclara-t-il avec un accent assez prononcé, avant de prendre une chaise et de s'asseoir auprès d'elles.

Ses deux interlocutrices froncèrent des sourcils ne comprenant pas trop où il voulait en venir. Elles se regardèrent ensuite, Emma haussa les épaules face à la mine interrogative qu'arborait Régina. Elles attendaient alors qu'il reprenne la parole.

_ Tout d'abord comment vous sentez-vous toutes les deux ?

_ Je vais bien, juste un peu de fatigue je crois. Répondit la brune se repositionnant correctement pour faire véritablement face au sorcier.

_ J'ai mal partout, surtout à ma blessure, mais je pense que c'est normal, non ? Rétorqua la blonde en se replaçant également correctement.

_ Oui, la fatigue et les douleurs, tout ça c'est tout à fait normal. Mais il n'y a rien d'autre ? Aucune de vous ne ressent en elles quelque chose d'étrange, de particulier ? Insista-t-il calmement.

_ Non. Dirent-elles en même temps.

Il les fixa quelques instants.

_ Dans ce cas-là, est-ce que vous pourriez m'expliquer pourquoi vous vous retrouvez dans ce lit ?

Les deux femmes rougirent de concert, extrêmement gênées.

_ N'ayez pas honte, je suis là pour vous aider.

Elles ne comprenaient rien, mais quelque chose dans sa façon de formuler les choses éveillait un certain trouble.

_ J'étais éveillée quand… Quand j'ai vu sa Majesté en proie à des probables cauchemars alors je me suis glissée près d'elle pour tenter de la rassurer. Mais entre la fatigue et les douleurs je me suis tout simplement endormie là. Mentit Emma pour se justifier.

L'elfe la regardait, d'un air soupçonneux, qui mit mal à l'aise la blonde. Il soupira.

_ Il faut me le dire s'il y a le moindre problème vous savez ? Navré si j'insiste lourdement, mais c'est parce que le sort que vous avez utilisé n'est pas inoffensif, loin de là. Et il peut y avoir de graves séquelles.

_ Expliquez-vous dans ce cas-là. S'impatienta le Commandant tandis que Régina gardait son calme.

Le sorcier jeta un œil furtif à la brune puis revint à la blonde.

_ Ce sort, à la base, était utilisé par les chamans pour faire revenir l'esprit de ceux qu'ils considéraient comme égarés, ceux qui étaient dans un coma. Ils les ramenaient à la conscience soit, si c'était trop tard, vers la mort. Par la suite il a été utilisé à mauvais escient. Les mages corrompus les plus puissants l'utilisaient pour pouvoir voler les corps dans le but d'avoir une certaine forme de vie éternelle. Ils brisaient l'esprit de l'ôte et s'appropriaient leur corps délaissant le leur trop vieux ou abîmé. Souvent, il est arrivé que les deux esprits fusionnent et que les deux personnes meurent. Développa l'elfe.

_ Je ne comprends pas où vous voulez en venir. L'interrompit Régina qui, face à leur situation, était perdue.

_ J'y viens. C'est un sort qui a été banni, mais ayant connu votre mère je me doute bien que vous avez du hériter de ces connaissances par un quelconque moyen. Vous êtes restée dans l'esprit d'Estel

_ Emma ! Lança froidement la blonde, contrariée.

_ Donc vous êtes restée dans son esprit pendant un long moment. Plus long que prévu et qui plus est sans expérience. Il se peut que de ce fait vous ayez toutes les deux créé un lien. Un lien très fort l'une envers l'autre, voir même une dépendance. Et c'est surtout cela qui motive ma présence ici. Je suis venu voir déjà si vous étiez bien revenues à vous et que vous étiez encore vous-même. Sachez que si vous vous sentez attachées, attirées l'une à l'autre de manière irrépréhensible c'est à cause de ce sort. Nous ne pouvons rien faire pour briser ce lien, de peur que ça ne produise un certain déséquilibre.

_ Et si nous étions dans ce cas de figure, comment faire alors pour se débarrasser de ça ? Demanda la brune innocemment.

_ Eh bien les écrits ne sont pas très clairs à ce propos. Soit vous arrivez à vivre avec, soit il faut espérer qu'avec le temps ce lien s'atténue et disparaisse. Mais vous semblez aller bien d'après ce que vous me dîtes.

_ Oui, heureusement pour nous, il n'y aura pas de séquelles. Ajouta la blonde, pressée d'en finir.

_ Vous êtes chanceuses effectivement. Décréta le sorcier quelque peu songeur, en se lissant la barbe.

_ Autre chose à nous dire ? Le questionna Régina inquiète.

_ Oh oui ! Se ressaisit l'elfe en se levant d'un coup. Maintenant que vous êtes réveillées et plus ou moins en forme, vous êtes conviées à vous présenter en fin de journée auprès de son Altesse avant la réception et le repas de ce soir. Des tenues ont été mises à vos dispositions dans les armoires de la chambre. Vous avez également une pièce d'eau attenante à celle-ci si besoin. Dit-il en désignant une petite porte.

_ Merci beaucoup pour toutes ces informations et surtout pour nous avoir sauvées Wilwarin, ça a été un immense plaisir de vous rencontrer. Déclara Régina en lui souriant chaleureusement.

L'elfe fut quelque peu surpris par cette reconnaissance et ses remerciements qu'il jugea étrangement sincères. Il hocha la tête avec un léger sourire et prit congés.

Un étrange silence s'abattit dans la chambre. Aucune des deux n'osa regarder l'autre.

_ Tu penses qu'il a raison, que ce sort a créé un lien entre nous c'est ça ? Demanda Emma quelque peu amère même si elle ne le voulait pas.

Car au fond d'elle, elle avait peur de se voir rejetée. C'était stupide, Régina l'aimait, elle le savait. Elle en avait eu la preuve. Mais cette peur restait, persistait malgré tout.

_ Non, ce sort n'a rien créé du tout, ce que nous partageons nous l'avions déjà avant tout ça. Répondit la brune immédiatement voyant la mine de son amante s'assombrir.

_ Mais ? Demanda la blonde car elle sentait qu'il y avait une suite.

_ Eh bien… Je ne sais pas comment toi tu le ressens mais il se pourrait que le sort ait, comment dire… renforcé notre lien. Lui donnant plus de force, plus de profondeur. Tenta d'expliquer maladroitement Régina, remarquant que plus elle essayait de s'expliquer plus sa compagne se tendait.

_ Tu crois que ce n'est pas possible d'avoir des sentiments de cette ampleur pour quelqu'un c'est ça ? Grimaça la blonde en serrant les poings, sentant déjà le chagrin mordre douloureusement son âme.

La Reine se rapprocha doucement de son Commandant, prenant une de ses mains dans la sienne, et de l'autre relevant son visage pour pouvoir plonger son regard dans le sien. Elle la sentit frémir.

_ Ce n'est pas du tout ce que j'ai voulu dire Emma. Je voulais simplement expliquer que ce qu'il s'est passé tout à l'heure est peut-être le résultat du sort. Je ne sais pas pour toi mais j'ai eu l'impression que mes sensations étaient exacerbées au possible. Que j'allais me briser en mille morceaux tellement c'était bon de pouvoir à nouveau te toucher et t'embrasser. Confia-t-elle aussi rassurante qu'elle le pouvait.

_ Et ça ne pouvait pas être juste le bonheur de pouvoir enfin se retrouver, en vie ? Parce que pour moi ce n'était que ça. Chuchota la blonde malgré elle. Elle s'en voulait de se montrer aussi fragile.

_ Maintenant que tu le dis, tu as probablement raison… J'ai eu tellement peur de te perdre, je ne veux plus jamais que tu me fasses une frayeur pareille. Lui intima Régina avant de se blottir tout contre elle.

Emma se détendit légèrement, et entoura sa Reine de son bras valide, la pressant contre elle. La chaleur de leur étreinte la réconforta. Elles restèrent ainsi quelques instants, profitant d'être en vie et l'une avec l'autre, avant de se lever péniblement pour se préparer à affronter l'aristocratie elfique.

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Scarlett ne savait pas ce qu'elle faisait ici. Plus tôt dans la journée, on lui avait annoncé qu'elle devrait être présentable pour la réception du soir même. On lui avait amené des vêtements, qu'elle avait dû enfiler après s'être lavée. Elle fut étonnée de sa tenue apparemment conçue exprès pour elle. Il s'agissait d'un ensemble de la caste des guerriers, le tissus était très agréable, léger et souple. Ses habits la collaient tellement que c'était comme une seconde peau. Son pantalon était noir ainsi que ses bottes, et son haut, avec une magnifique tête de loup brodée en rouge au niveau du cœur, surmontée de la couronne du royaume noir. Elle avait été flattée par cette charmante attention bien que peu discrète. Une jeune fille avait également fait irruption pour s'occuper de sa chevelure, rassemblant ses cheveux en une simple et magnifique tresse. Quand elle avait voulu la remercier, la petite s'était déjà échappée.

Elle suivait à présent un garde qui était passé la chercher pour l'amener elle ne savait où. Ils passèrent sur de nombreuses passerelles surplombant le paysage, longeant la falaise qui dominait les bois. Elle avait beau l'assommer de question son guide restait muet face à ses sollicitations. Bien que passablement irritée, elle se tut, scrutant les alentours. Au bout de quelques minutes, elle prit conscience qu'en réalité, elle cherchait du regard une personne bien particulière. Elle soupira d'exaspération.

Elle n'avait eu de cesse de penser à elle. Son image gravée dans sa mémoire. Elle ne comprenait toujours pas comment cela pouvait être possible. Une chose pareille n'arrivait qu'entre loups, alors avec une personne qui n'était pas un loup et qui en plus était une femme… Pendant un instant elle avait pensé faire erreur, s'être terriblement trompée. Elle avait alors prit le problème à bras le corps et avait communié avec sa louve, entrant dans une transe profonde apprise dès son plus jeune âge comme tous les louveteaux dans son clan pour écouter au mieux l'animal qui était en eux. La réponse n'avait pas tardé, et aucun doute n'était possible alors. Elsa était bien son âme sœur. Celle que sa louve avait reconnue comme telle. Depuis elle avait tenté de la revoir, mais Elsa n'était pas revenue et elle, elle n'avait pas eu l'autorisation de quitter ses appartements. Du moins jusqu'à présent.

Ils arrivèrent jusqu'à une énorme ouverture dans la falaise, dans laquelle ils pénétrèrent. Une salle immense, avait été taillée à même la roche. Le plafond était étonnamment haut, éclairé par un nombre incalculable de lanternes, telle une myriade d'étoiles sur un ciel complètement noir. Sur les parois lisses, étaient sculptées de magnifiques arabesques à n'en plus finir. La pierre était un élément si brut et ils étaient parvenus à lui donner une certaine élégance, une certaine finesse. Scarlett en était ébaubie.

Il y avait déjà beaucoup de monde et les festivités semblaient déjà avoir commencées. Il l'accompagna jusqu'à rejoindre enfin August et Graham, qui s'empiffraient avec les mets proposés sur un buffet. En se voyant les uns les autres, ils s'étreignirent heureux de se retrouver. Scarlett se recula légèrement pour les examiner. Ils semblaient être en forme et portaient également des uniformes de guerriers noirs avec brodé au niveau du cœur la couronne du royaume noir. S'ils étaient intrigués par le loup qu'elle portait, ils n'en firent pas la remarque, ce qu'elle apprécia grandement. Ils lui racontèrent tout ce qu'ils avaient vécu depuis leur séparation, jusqu'à leur captivité par les elfes. Ils exposaient les faits, les yeux pétillants d'excitation d'avoir la chance de côtoyer ce peuple légendaire, d'avoir l'honneur d'être présents parmi eux et de les voir évoluer. Ils avaient été bien traités, avaient participé à une démonstration des guerriers elfiques et de leur incroyable vélocité et dextérité au maniement d'armes, ils étaient enchantés par l'expérience qu'ils vivaient ici. Scarlett restait un peu plus sur la réserve, car elle n'avait pas eu le droit au même traitement de faveur du fait son côté lupin. Elle était en train de scruter les personnes qui les entouraient quand elle aperçut la Reine et son Commandant arriver.

Régina portait une somptueuse robe noire, faite d'un corset qui soulignait sa taille fine et dessinait sa poitrine, laissant ses épaules nues, recouvertes d'un fin voile blanc. Le bas s'élargissait légèrement jusqu'à ses pieds qu'on ne pouvait distinguer. Ses cheveux étaient coiffés haut, ce qui laissait apparaître la peau halée de sa nuque découverte et, sur sa tête était posé un diadème noir représentatif de son habituelle couronne. Elle semblait fatiguée mais radieuse, tenant le bras à Emma qui lui était assortie. La blonde, les traits tirés, un bras en échappe portait quant à elle également un ensemble noir de la caste des guerriers. Si ce n'est que sa tenue était complétée par une fine lame attachée à sa taille côté gauche, et des épaulettes qui retenaient une cape blanche qui descendait jusqu'à ses genoux. Sur son cœur était brodé un magnifique cygne les ailes légèrement déployées comme prêt à s'envoler avec au-dessus encore une fois la couronne du royaume noir. Ses cheveux étaient coiffés en arrière, plusieurs tresses sur le dessus et le côté partaient se perdre dans l'épaisse chevelure, cela durcissait ses traits et lui donnait l'air fier d'une combattante sauvage du Nord. Leur duo détonnait, et attisait les regards des gens présents. Elles les rejoignirent d'un pas pressé. Il n'y eut pas d'embrassade mais chacun était soulagé de se retrouver, surtout de constater que tout le monde allait visiblement bien mieux. Les deux soldats reprirent le récit des événements passés. Scarlett leur rendit leur bijou respectif et s'en tint au strict minimum quant à ce qu'il lui était arrivé, mais son Commandant et la Reine savaient très bien qu'il leur faudrait se retrouver isolées avec la louve pour avoir plus de détail.

L'annonce de l'arrivée de son Altesse les coupa. Plus de bruit dans la salle jusqu'à ce qu'une elfe à la beauté froide et renversante fasse son entrée. Elle portait une magnifique robe simple, ample et blanche. Aussi blanche que ses longs cheveux bouclés lâchés dans lesquelles apparaissaient de fines tresses complexes et une fine couronne très ouvragée d'un brillant blanc immaculé quasiment translucide, si ce n'était les diverses pierres précieuses qui en soulignaient les contours. Elle portait également une longue chaîne avec un pendentif représentant une fleur de cerisier, ainsi qu'une ceinture assortie qui venait souligner la finesse de sa taille. Sa peau était aussi pâle que son vêtement et ses yeux noirs contrastaient étrangement avec le reste. Elle s'immobilisa debout et droite devant son trône sculpté de bois blanc. Toute la cour s'agenouilla devant elle, la saluant et lui exprimant son profond respect.

_ Hannon gen a tholed ! (Merci d'être venu)… Nous avons l'immense honneur d'accueillir parmi nous la reine Régina, dernière descendante d'une prestigieuse lignée de dragon de feu, souveraine du royaume noir. Accompagnée de son commandant Estel, fille de notre très regretté Elemmacil et nièce de notre estimé Meneldil, de son capitaine Scarlett, femme louve. N'étant pas coutumiers de notre langue, je vous prierai de bien vouloir faciliter l'échange en utilisant le dialecte humain lorsque vous vous adresserez à eux, merci. Relevez-vous je vous prie.

Tout le monde se leva et suivit le regard que leur reine portait sur ceux qu'elle venait de présenter.

_ Mae tollen ! (Bienvenue). Dit-elle avant de légèrement pencher la tête en guise de salut.

Régina lui rendit sa politesse.

La reine prit alors place sur son trône et tapa dans ses mains ce qui sonna le début des festivités en lançant l'orchestre. Le monde qui s'était alors figé et tut pendant le discours royal reprit vie dans un brouhaha assourdissant.

_ Pourquoi elle t'a appelée femme louve ? Demanda Graham curieux en se tournant vers Scarlett.

_ Que fait-on maintenant ? Questionna Scarlett à son Commandant, ignorant la question de son compagnon d'armes.

_ Vous pouvez profiter de la soirée tout en restant cependant corrects et sur vos gardes. Mêlez-vous à la foule, évitez de vous faire remarquer ou d'engendrer des conflits. Nous, nous allons devoir nous taper tout le gratin. Sur ce, bonne soirée. Les renseigna Emma d'un ton peu enjoué, en s'écartant avec sa Reine.

Scarlett n'attendit pas une seconde de plus et se fondit dans la masse, à la recherche d'une personne bien spécifique. Graham la regarda s'éloigner, contrarié de n'avoir obtenu aucune réponse. August attira son attention et lui fit oublier sa légère déconvenue en l'amenant vers l'orchestre et une compagnie de danse qui faisait le spectacle.

Cela faisait un long moment que Régina s'entretenait avec divers représentants de différentes contrées. Certains lui proposant de conclure échanges commerciaux, d'autres des alliances, voir même des visites officielles. Emma se tenait droite à ses côtés, silencieuse mais fine observatrice, lui soufflant les renseignements les plus importants sur ses interlocuteurs. Elle sentit cependant un regard peser sur elle, elle tourna sur elle-même et découvrit que la reine la scrutait tout particulièrement.

_ Je vais devoir te laisser pour m'entretenir seule à seule avec son Altesse. Murmura-t-elle discrètement à l'oreille de la blonde.

_ Très bien. Fais bien attention à toi. Et s'il y a le moindre problème, n'hésite pas à me le faire savoir surtout. Susurra-t-elle en guise de réponse.

Régina hocha la tête d'un air entendu. Puis se détacha du bras de son amante avant de s'en aller faire son devoir de souveraine.

Emma la regardait s'éloigner. Elle n'arrivait pas à détacher son regard d'elle, complètement hypnotisée par sa démarche, sa posture royale qui en imposait. Elle ressentait une certaine fierté pour cette femme qui lui avait volé son cœur.

_ Tu nous quittes pour protéger une jeune princesse naïve et innocente, et tu nous reviens avec une reine de caractère semble-t-il. S'exclama une voix à ses côtés qu'elle connaissait que trop bien.

Elle se tourna et se retrouva nez à nez avec un elfe qui arborait une toge verte, recouverte d'un long et fin manteau blanc, avec une ceinture de cuir ou pendait une courte lame d'un côté et une petite bourse de l'autre. Il avait les cheveux longs, lâchés, aussi blonds que le blé en été, et ses yeux étaient deux billes noires qui la fixaient sans gêne. Ses lèvres étaient pincées exprimant une probable et profonde analyse personnelle. Il gardait les mains dans son dos semblant attendre quelque chose.

_ Bonsoir mon oncle. Lâcha froidement le Commandant.

_ Bonsoir chère nièce, tu me vois heureux de te revoir enfin. Dit-il dans un faux sourire qui n'atteignit pas son regard.

_ Que puis-je pour vous ? Demanda-t-elle tournant à nouveau son attention vers Régina qui parlait tranquillement avec son Altesse.

_ Tu n'as jamais daigné répondre à mes missives, je me demandais au moins s'elles te parvenaient. S'expliqua-t-il placidement.

_ Je les ai bien reçues. Je les ai même lues si vous voulez tout savoir. Répondit calmement la blonde.

Elle vit du coin de l'œil qu'elle l'avait déjà contrarié en constatant le tressautement de la mâchoire de son oncle. Signe typique d'un mécontentement contenu chez ce dernier. Elle sourit intérieurement.

_ La moindre des politesses aurait été de me répondre ou de te présenter à moi comme demandé dans mes lettres. Fit-il remarquer irrité par le comportement désinvolte de sa nièce.

_ Et pour quoi faire ? Accepter votre requête et me voir mariée à un inconnu pour une affaire de bons procédés ? Pour faire davantage briller le blason familial et faire lever la honte que mon père a jeté sur votre lignée en m'engendrant ? Hors de question. Lâcha Emma posément.

Elle sentait son oncle se tendre. Il devait probablement être en train de serrer les poings pour se contenir et ne pas faire esclandre devant tout le gratin aristocratique.

_ Quand comprendras-tu que tu me dois respect et obéissance ? Que tu ne dois ta vie qu'à ma miséricorde et …

_ Quand comprendrez-vous que vous ne détenez aucun pouvoir sur moi ? Que j'ai d'ores et déjà choisis ma vie, qu'elle est très bien ainsi et que je ne reviendrai pas vivre avec les elfes ? Le coupa sèchement la jeune femme en le regardant droit dans les yeux lui démontrant sa détermination.

Il soupira exaspéré, relâchant la pression. Les confrontations avec Estel avaient toujours été plus ou moins houleuses. Des luttes intensives au quotidien.

_ Je veux juste t'offrir une vie qui, à mon sens, correspondrait davantage à ton statut. Tu serais parmi les tiens, et tu aurais une vie plus qu'agréable ici. Sans parler du fait que la mortalité des gens que tu côtoies va être lourde à porter avec le temps. S'expliqua-t-il tentant d'être persuasif.

_ Votre bienveillance me touche mon oncle, mais je me sens enfin à ma place aujourd'hui. Et il me suffit de m'unir avec un humain pour que mon immortalité ne soit plus, si vraiment elle venait à devenir trop pesante. Coupa court la blonde.

_ T'unir avec un humain ? Mais… tu n'y penses pas sérieusement ? Demanda complètement interdit Meneldil.

_ Si… De plus en plus. Répondit la blonde songeuse, le regard et l'esprit focalisé sur sa Reine.

_ Je m'y oppose formellement ! S'exclama l'elfe vindicatif.

_ Vous vous y opposez ? Sembla s'en étonner Emma avant de rire face à l'air ahuri de son oncle.

_ Moi vivant, il est hors de question qu'une personne de mon sang se lie avec un humain ! Cracha-t-il en serrant les dents, furibond.

_ Je ne vous demande ni votre avis, ni votre bénédiction. Et je vous fais la promesse que si vous tentez quoi que ce soit, et je dis bien « quoi que ce soit » contre la personne que je choisirais ou moi-même, je me ferai un malin plaisir de vous détruire ! Déclara la blonde d'un ton qui ne laissait pas de doute possible quant à la véracité de ses propos, affrontant son oncle d'un regard glacial et déterminé.

_ Nous verrons bien. Souffla ce dernier avant de tourner les talons et s'en aller, passablement excédé.

Emma serra les poings. Elle sentait sa colère prendre le dessus. Il fallait qu'elle se calme. Elle jeta un œil à sa Reine et la vit toujours occupée avec son Altesse. Elle chercha Scarlett du regard mais ne la trouvant pas, elle se dirigea vers Graham et August.

_ Vous ne la lâchez pas d'une semelle, toujours à deux. Au moindre problème vous l'évacuez. Je ne serai, de toutes manières pas très loin. Lança-t-elle toujours vibrante de colère.

Les deux hommes n'eurent pas le temps de répondre quoi que ce soit. Ils se regardèrent étonnés, puis d'un seul mouvement se dirigèrent en vue du trône royal et de leur souveraine.

Scarlett se faufilait à droite, à gauche, observant, cherchant des yeux la femme avec laquelle elle tenait absolument à s'entretenir. Mais cela ne donnait rien. Elle avait fait le tour de la salle, mais il y avait tellement de monde. Elle se concentra alors ses efforts sur son odorat. Quand elle capta enfin une légère émanation qui correspondait à Elsa, son cœur se mit à battre plus vite. Bien plus vite. Elle se laissa alors guidée par cet effluve. Elle traversa la salle, puis emprunta une galerie s'enfonçant plus profondément dans l'antre de la falaise, débouchant sur plusieurs autres passages plus ou moins sombres, croisant çà et là quelques elfes dans un état plutôt surprenant. Gardant l'odeur en nez, concentrée, elle poursuivit son chemin jusqu'à entendre des voix. Plus elle avançait plus les voix se faisaient distinctes et moins elle était sûre d'elle. Cela ne ressemblait à rien à une conversation. C'étaient plutôt des grognements, des petits cris plaintifs suivis ou précédés par de brefs claquements. Elle accéléra le pas imaginant le pire. Elle déboucha sur une petite mansarde aménagée, légèrement éclairée. Et se figea face au spectacle qu'elle avait sous les yeux.

Une elfe, nue, était au centre de l'alcôve, poings liés à une chaîne fixée au plafond, mais ce n'était pas celle qu'elle s'était imaginée. A ses côtés, il y avait un elfe, torse nu, une canne en main, qui avait suspendu son geste quand il l'avait aperçue. Scarlett était abasourdie mais surtout gênée. Elle ne comprenait pas comment son flair, jusque-là infaillible avait pu la mener dans un guêpier pareil.

_ Vous comptez rester regarder ? Questionna l'elfe en se moquant délibérément de la brune.

Cette voix semblait faire écho à des souvenirs de Scarlett, mais elle était bien trop mal à l'aise pour trouver à qui elle pouvait correspondre.

La femme releva alors la tête et contempla la nouvelle arrivée d'un œil appréciateur et gourmand.

_ Tilion, ne serait-ce pas la petite louve du royaume noir ? Demanda l'attachée d'une voix suave.

_ Maintenant que tu le dis, ma charmante Tintallë, il me semble que oui. Répondit l'autre avec dédain.

Tilion ! Cela venait de faire tilt dans la tête de Scarlett. C'est lui qui devait être le porteur de l'odeur d'Elsa, voilà pourquoi elle se trouvait dans cette fâcheuse posture.

_ Vous tombez bien ma chère, mon ami a quelque peu abîmé son jouet habituel, peut-être accepteriez-vous de vous de prendre sa place et nous rejoindre ? Lui proposa alors la dénommée Tintallë toute mielleuse.

Son jouet habituel ? Pouvait-il s'agir d'Elsa ? Elle sentait la colère enfler en elle et sa louve gronder faisant écho à ses sentiments. Elle aurait voulu se jeter sur lui et lui montrer de quoi était capable une louve de son acabit. Mais son Commandant avait été claire : ne pas créer de problème, faire profil bas. Elle serra les poings et fit brusquement demi-tour, fuyant les lieux aussi rapidement que possible, sous les ricanements des deux interlocuteurs.

Emma était partie prendre un bol d'air sur un des balconnets creusés au flanc même de la falaise. Elle pouvait distinguer en bas la forêt et les ombres des habitations elfiques cachées par les arbres. Mais elle préféra se concentrer sur le ciel dégagé et les étoiles qui l'illuminaient. Sa colère n'avait pas désemplie bien au contraire. Elle tapa du poing sur la rambarde. Tentative échouée pour évacuer sa contrariété. Son oncle lui avait imposé une éducation stricte et dure, à laquelle il n'avait pas réellement participé, laissant ce soin aux précepteurs elfiques. Elle se souvenait parfaitement des corrections infligées, des tâches ingrates dont elle avait dû durement s'acquitter, des entraînements brusques et violents. Bien évidemment c'est ce qui faisait d'elle une des meilleures combattantes et tacticienne d'aujourd'hui, mais à quel prix ? Il n'avait jamais eu pour elle le moindre encouragement, le moindre soutien, la moindre réelle attention sauf quand elle semait le trouble ou échouait. Dans ces moments il n'avait pas hésité à la rabaisser et la traiter comme une moins que rien. Lui rappelant très volontiers qu'elle n'était rien sans lui. La fureur qui parcourait à présent ses veines était un poison qui l'effrayait plus que n'importe quoi, elle qui pensait enfin avoir trouvé une certaine paix. Elle savait qu'il fallait qu'elle retrouve son calme rapidement. Ne serait-ce que pour ne pas inquiéter sa Reine. Penser à elle l'apaisa quelque peu. Elle ferma les yeux et prit de profondes respirations lentes et contrôlées en se focalisant sur Régina. Elle se sentit à nouveau maître d'elle-même après quelques instants.

_ Ce n'était pas si difficile. Souffla-t-elle pour elle-même, fatiguée.

_ Il paraît que parler seule annonce le début de la folie ! S'exclama une voix enjouée, coupant la blonde dans sa recherche de sérénité.

_ Que me veux-tu Varda ? Demanda alors Emma sur la défensive quand une elfe vint se planter à ses côtés.

Elle avait toujours ce physique plantureux qui faisait d'elle une exception chez les elfes. Les cheveux châtains, ondulés, la peau blanche sans défaut, des yeux jaunes tels des pépites d'or, la bouche rose et pulpeuse, une poitrine opulente. Un corps aux formes voluptueuses, engoncées dans des vêtements à la limite de la décence, parsemés de bijoux en tout genre.

_ Je me souviens d'un temps où tu m'aurais guidée dans un coin discret pour en profiter plutôt que de me poser cette question. Minauda l'elfe en se rapprochant langoureusement d'Emma.

Cette dernière se crispa, empoignant fermement la rambarde de sa main valide. A croire que les elfes s'étaient passés le mot pour venir la rappeler à eux de manière peu charmante.

_ Ces temps-là sont révolus. Soupira la blonde refusant de repenser à ces instants d'égarement où, aveugler par ce qu'elle pensait être de l'amour partagé, avait entretenu une liaison plus que passionnelle avec l'elfe en question.

Cette dernière, loin d'être découragée se colla davantage au Commandant, venant poser sa main sur la sienne, remontant lentement le long de son bras. Ses yeux brillants de luxure, lui promettaient un moment très agréable en sa compagnie.

_ Si tu me laisses faire, je suis prête à te rappeler à quel point je sais te contenter. Je veux te montrer à quel point tu m'as manquée mon brave chevalier. Susurra sensuellement Varda à ses oreilles, venant, sans aucune gêne se frotter légèrement contre elle.

Emma restait de marbre, face à ces tentatives dépourvues d'attrait. Elle se demandait même comment elle avait pu avoir la stupidité d'y être sensible, il y a quelques années. Croire en une possible histoire d'amour entre elles, alors qu'il était évident qu'elle n'avait été qu'un objet, pimentant le quotidien ennuyeux de cette pauvre elfe pathétique unie à un haut juge psychorigide, qui lui prêtait autant d'attention qu'à un arbre. Elle en riait intérieurement.

Scarlett marchait d'un pas coléreux, fendant la foule, plongée dans ses pensées tumultueuses, quand elle aperçut sur un balconnet son Commandant aux prises avec une elfe assez démonstrative, ce qui l'a surpris légèrement. Elle jeta nerveusement un regard à la ronde et vit la Reine discuter avec Son Altesse. Elle ne semblait pas encore avoir remarqué la scène qui ne se déroulait pas si loin que ça d'elle. N'écoutant que son instinct, c'est naturellement qu'elle se dirigea vers Emma d'un pas pressé.

C'est en arrivant aux abords du balconnet, qu'elle se signala en se raclant la gorge, coupant l'échange qu'il y avait entre les deux femmes qui se retournèrent dans un sursaut.

_ Navrée de vous interrompre, Commandant, mais c'est une urgence. Dit-elle d'un ton très sérieux, fixant la blonde du regard, lui montrant clairement qu'elle lui ouvrait une porte de secours.

_ Désolée le devoir m'appelle Varda, mes salutations à ton cher mari. Lança Emma en laissant l'autre femme vexée de se voir rejetée de la sorte.

La blonde s'était précipitamment fondue dans la foule suivit de près par son Capitaine.

_ Vous l'avez échappé belle Commandant, je ne pense pas que notre Reine ait remarqué quoique ce soit. Déclara la louve d'un ton taquin.

_ Tant mieux. Je n'ai pas l'énergie pour faire face à une dispute. Souffla la blonde mollement.

_ Par contre, il y a vraiment une urgence dont j'aimerai vous parler. Déclara la louve soudainement hésitante.

Emma se souvint immédiatement de l'avertissement qu'elle avait reçu de son ancienne amie, concernant son Capitaine.

_ C'est au sujet d'Elsa ? Demanda-t-elle.

_ Je… Et bien… euh Oui. Répondit la louve quelque peu déstabilisée par la perspicacité de son Commandant.

_ Tenez-vous éloignée d'elle et tout se passera pour le mieux. Lui conseilla alors Emma.

_ Vous ne comprenez pas. Je ne peux pas la laisser entre les mains de ce Tilion. Il… Il lui fait des choses qui... Il faut que nous intervenions Commandant. Lui raconta la brune, submergée à nouveau par la colère et l'urgence.

_ Scarlett, je suis désolée mais nous ne pouvons rien y faire. Soupira la blonde regrettant sincèrement de ne pouvoir aider ni son ancienne amie, ni sa nouvelle amie. Car c'est ainsi qu'elle considérait aujourd'hui la louve.

_ Comment ça ?

_ Tilion est le fils d'un haut seigneur elfe, c'est un sadique de première certes, mais un puissant sadique apparenté à Son Altesse. Elsa savait exactement à quoi elle s'engageait quand elle a abandonné ses droits pour lui appartenir. Nous ne pouvons absolument rien y faire. Expliqua Emma amère, se remémorant le choc et la souffrance qu'elle avait ressenti il y a quelques années de ça, quand elle avait appris qu'Elsa s'était détournée d'elle pour aller s'offrir à cet abruti de première.

_ Je ne peux pas y croire. Il y a forcément quelque chose à faire. Nous pourrions en discuter avec Son Altesse ou faire annuler cet engagement. Se révolta la louve énervée par la situation, et l'abandon dont elle se sentait victime.

_ Même si elle obtenait sa liberté, elle n'est qu'à moitié elfe, elle n'a plus aucune famille ou soutien amical, elle serait rejetée par tous parce que personne ne prendrait le risque de s'attirer les foudres de Tilion. Elle serait alors seule et dépossédée de tout. Elle retournerait immanquablement vers lui. Lui expliqua brutalement la blonde.

_ Mais elle pourrait…

_ Pourquoi ? La questionna soudainement Emma, ne comprenant pas ce brusque intérêt plus que poussé de son Capitaine pour une personne qu'elle ne connaissait même pas.

_ Pourquoi quoi ? Demanda la brune mal à l'aise, le regard fuyant.

_ Pourquoi tant d'intérêt pour Elsa précisément ? Insista la blonde, sa curiosité éveillée.

_ Je… elle… Elle m'a soignée et je me sens redevable. Tenta péniblement la louve, peu convaincante.

_ Scarlett je n'ai même pas besoin d'avoir recours à mon don pour savoir que vous mentez. Soit vous me donnez la raison réelle à cette subite lubie soit cette conversation est terminée. La menaça le Commandant essayant de tirer les vers du nez à la louve, qu'elle trouvait de plus en plus gênée.

_ Vous allez penser que je suis folle. Marmonna la brune en serrant les dents.

_ Essayez toujours. Taquina la blonde d'un ton plus posé .

_ Il, il existe chez les loups une légende. Enfin, ce n'est pas vraiment une légende puisque cela existe. Disons… qu'il existe un phénomène un peu spécial. Hésita la brune sous le regard perçant et étonnamment intéressé de son Commandant.

_ Développez Scarlett, vous avez toute mon intention. Confirma la blonde intriguée.

_ Les loups vivent librement et avec qui ils veulent. Du moins jusqu'à ce que nous nous unissions à une personne, et ce n'est jamais n'importe qui. Nous le faisons uniquement avec la personne que notre animal choisit. Enfin… il ne la choisit pas vraiment en fait… C'est compliqué à expliquer. Nos anciens appellent ça l'âme du loup. Il s'agit de la moitié qui nous complète. S'expliqua difficilement la louve.

_ Est-ce que vous êtes en train de me dire qu'Elsa serait votre âme sœur ? Ce n'est pas une louve et puis vous l'avez à peine vue. Fit remarquer dubitativement Emma.

_ Je pensais qu'au vue de votre histoire avec la Reine vous pourriez peut-être comprendre… C'est beaucoup plus complexe que ce que vous sous-entendez. Ma, ma louve ne veut qu'elle. JE ne veux qu'elle. C'est quelque chose au fond de moi, instinctif, incontrôlable… Si je ne peux pas être avec elle alors… je n'ai plus de raison d'être. Termina dans un murmure la brune abattue.

Le Commandant n'en croyait toujours pas ses oreilles, et pourtant elle connaissait la valeur de la parole de son Capitaine, et son regard accablé, découragé, la touchait.

_ Comme je vous l'ai dit, il n'y a pas de solution à proprement parler. Mais je vais voir ce qu'il serait possible de faire. Après tout, les choses peuvent avoir changé depuis le temps. En attendant, je vais vous demander de vous tenir tranquille et surtout loin d'Elsa ou bien même de Tilion. Est-ce bien clair ?

_ Oui, très. Affirma la louve, qui sentait son cœur se gonfler d'espoir malgré tout, et qui se retint de ne pas sauter au cou de son Commandant.

_ Maintenant essayez de profiter de la soirée. Je m'occupe de notre Reine. Dit Emma en prenant congés de son bras droit, rejoignant rapidement Régina qui venait à peine de terminer son entretien royal.

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Finiiiiiiiiiiiiiii ! Non, ne pleurez pas, il y a une suite… Plus tard :p bisous mes p'tits loups.