La pièce ne contenait que des chaises, tournées face à une petite estrade devant le tableau. Vanille en visa une en plein milieu de la salle, pour se noyer dans la foule, et s'y rendit en observant devant elle. Sur l'estrade se tenaient debout et alignés une dizaine d'élèves, tous immobiles et observateurs.
Le blond, au milieu, se tenait droit comme un chef, le menton relevé. Il avait une mâchoire carrée, un visage doux et, malgré sa taille, sa prestance était frappante. Les mains jointes derrière son dos, sa posture annonçait qu'il dominerait la réunion.
La grande rousse se tenait juste à sa droite, sa baguette à la main, souriante. Elle avait un nez fin, des tâches de rousseur, et dépassait aisément en taille le blond. Elle dévisageait chacun des élèves qui s'installaient, comme si elle essayait de tous les garder en mémoire. Ses yeux passaient régulièrement d'un élève à un autre, imperturbables. Elle était placée assez près du chef pour que l'on puisse deviner une certaine proximité entre les deux, leurs coudes se touchaient presque.
Encore à droite, deux filles presque identiques, aux cheveux noirs tirant sur le bleu fusillaient du regard ceux qui n'étaient pas encore assis. Elles faisaient penser à deux soeurs siamoises, tant leurs mouvements se suivaient, leurs yeux s'arrêtaient sur les mêmes personnes, et les expressions qui défilaient sur leurs visages étaient identiques. Vanille leur trouva un air mauvais.
Derrière elles se tenait le garçon à la peau noire et aux yeux froids. Il regardait droit devant lui, les bras croisés, sans chercher à rencontrer le regard de quiconque, ce qui rassura Vanille. Elle ne savait toujours pas qui il était, et pourquoi il l'avait ainsi autant croisée et perturbée ces derniers jours, et espérait pouvoir le découvrir aujourd'hui. Mais malgré tout ça, elle n'arrivait pas à s'empêcher de lui trouver un attrait indescriptible. Cette fascination la troublait, plus encore à ce moment précis, où elle allait enfin savoir qui il était. Pourquoi était-il si attirant ? Exerçait-il sur elle un quelconque sortilège ? Elle frissonna à cette pensée. Puis, elle se demanda si, tout simplement, Ambre n'avait pas mis le doigt sur quelque chose. Son cerveau devait inventer toute sortes de scénarios pour se cacher d'une attirance banale. Se rendant compte qu'elle le fixait, encore une fois, elle détourna le regard et se concentra sur les autres.
A gauche du chef, une fille avec une queue de cheval trop haute et des lunettes bleues écrivait sur un parchemin qui se tenait magiquement droit et solide devant elle. De temps en temps, elle relevait les yeux vers le groupe d'élève qui commençait enfin à s'asseoir.
Un garçon, derrière elle, aux épaules larges et à la carrure de brute, lisait avec intérêt ce qui était écrit sur le parchemin.
Encore à gauche, un garçon et une fille, qui ne pouvaient être qu'en couple au vu de leurs mains serrées, discutait en riant. Le garçon avait des boucles claires et des cils interminables, et la fille portait un serre-tête orné de fleurs et des boucles d'oreilles en plume. Les regards complices qu'ils se lançaient laissaient paraître leur évidente affection.
Et tout à gauche, un garçon qui rappelait vaguement quelque chose à Vanille soutint son regard.
Elle sursauta.
Prise d'un étrange et soudain sentiment de flagrant délit, elle détourna les yeux, essayant de se souvenir d'où elle connaissait ce garçon. Il avait l'air plus jeune que les autres, était brun avec des mèches qui tombaient sur les côtés de la tête. Vanille osa le regarder à nouveau, et vit qu'il était pâle et cerné, et qu'il arborait un sourire rieur sans la lâcher du regard. Regard qu'ils échangèrent, pendant plusieurs secondes, lui amusé, elle incertaine.
Les bavardages et installations ayant laissé place à un silence poli et curieux, le chef s'avança au devant de l'estrade, coupant court aux réflexions de Vanille, qui lui porta son attention.
- Bonsoir à tous, merci de votre présence ici ce soir. Je m'appelle Jules Wincher, septième année, Serpentard.
Il balaya de la main le groupe qui se tenait derrière lui.
- Nous sommes ici pour vous présenter un Club.
Un murmure s'éleva dans les rangs, une réunion pour présenter un club, ce n'était pas courant. Toutes les associations étaient plus ou moins connues et faisaient l'objet d'un affichage au début de l'année pour les inscriptions, pas de réunions de présentation énigmatiques.
- Il s'agit d'un club créé il y a presque cent-cinquante ans, poursuivi-t-il d'une voix lente et mystérieuse, qui réunit cinq des plus grandes écoles de sorcellerie du monde - Poudlard, Beauxbâtons, Durmstrang, Mahoutokoro et l'Institut des Sorcières de Salem. Ce Club existe dans chacune de ces écoles, indépendamment. Il a traversé et survécu à plusieurs guerres, a compris dans ses membres les plus grands sorciers de notre ère, et travaille en collaboration avec le ministère de la magie, plus précisément avec le Département des Mystères.
Il laissa un temps, balayant du regard l'ensemble des élèves. Son visage reflétait toute sa fierté d'être dans ce club. Fierté teintée de suffisance, semblait-t-il à Vanille.
- Un club secret, dont toute personne n'en faisant pas partie ne peut en connaître l'existence.
Une deuxième vague de murmure monta. La rousse eut un petit geste de baguette qui attira l'attention de Vanille, et elle vit la serrure de la porte se refermer. Etonnée et passablement inquiète, elle lança un coup de coude à Leanne, qui l'ignora, absorbée par ce qui se disait.
- Aussi il m'est imposé, ce que je comprends et respecte, de vous prévenir maintenant, continua le chef. Avant de vous expliquer ce en quoi consiste ce club, vous devez savoir que nous tenons à ce qu'il garde sa discrétion. Aussi, et en toute légalité, je vous demanderai de signer ce papier.
Il inclina la tête vers la fille aux lunettes bleues qui, la plume relevée, semblait satisfaite de son parchemin.
- Signer un papier pour nous retrouver recouverts de boutons ? s'éleva une voix grincheuse derrière Vanille. Merci, on connaît le truc !
En effet, l'histoire du club secret de Harry Potter continuait à faire parler de lui à Poudlard.
- Ce papier vous enchantera, en effet, répondit honnêtement le chef, pour que lorsque vous parlerez du club entre vous, aucune personne n'ayant pas participé à cette réunion ne puisse vous comprendre. Il n'entendra qu'un charabia.
- Mais si on décide de ne pas faire partie de votre Club, après cette réunion nous le connaîtrons bien, osa une petite voix du fond de la salle.
La fille à la gauche du chef, celle aux lunettes et au parchemin, s'avança.
- Je suis Oreste, septième année, Serdaigle. Je suis secrétaire du club et chargée des relations avec le Ministère de la Magie. Il sera exercé sur vous, dans le cas où vous ne voudriez pas entrer dans le club, un sortilège d'Oubliette très contrôlé et en présence d'un agent du ministère de la magie.
Un grondement mécontent s'éleva dans la salle.
- Ce sortilège vous sera appliqué avec votre pleine conscience, par un Oubliator expert, qui s'assurera de votre parfait état de santé mentale après le sort, assura-t-elle d'une voix forte pour recouvrir les protestations. Seuls cette réunion et vos discussions entre vous à ce propos seront effacées. Une fois le sortilège appliqué, nous vous dirons qu'un groupe secret dont vous ne voulez pas faire partie tient à rester secret. Aussi, ce sortilège nous permet de nous assurer que dans le cas où vous écririez à notre sujet, vous ne pourriez pas relire vos notes après l'Oubliette.
- Avez-vous un document officiel nous prouvant que ce vous faites est légal ? s'exclama Olivier, le camarade de Serdaigle de Vanille.
Le fille aux lunettes - Oreste - se pencha sur son sac et en sorti un rouleau de parchemin.
- Vous êtes invités à consulter ce document à la fin de la réunion.
Le silence se fit. Vanille était partagée entre le sentiment frustrant d'avoir été piégée, et une envie irrésistible de savoir en quoi consistait ce Club. Pour la première fois en quatre ans, son attention était à son maximum. Ou du moins, bien plus haute que d'habitude.
- Nous savons que ces informations peuvent être difficiles à accepter, poursuivit Jules, le chef. Aussi, je vous invite à une réflexion : si le ministère lui-même, depuis plus de cent ans, envoie un Oubliator au sein de notre club, c'est qu'il s'agit là d'un intérêt qui le concerne et qui peut vous dépasser. Si vous ne faites pas partie de ce club, vous n'avez pas à en connaître l'existence.
La tournure fit tiquer Vanille. Ce club était donc d'intérêt public, assez important pour que le ministère lui-même en régule les informations. Et il s'autorisait même à mépriser les droits fondamentaux les plus basiques des sorciers, en leur imposant un sort, non seulement sans leur demander leur avis, mais en l'ignorant lorsqu'il était émis. Vanille trouva le terme parfait qui les définissait à cet instant : l'arrogance.
Que se passait-il dans ce club pour avoir autant de pouvoir et d'autorité ?
Le parchemin passait de main en main, sous le regard d'Oreste, la fille aux lunettes bleues, qui le suivait. Quand tout le monde eut signé, l'attention fut reportée sur le chef, mais celui-ci s'était écarté. Un des garçons du club, celui aux épaules larges qui lisait le parchemin au début, avait brandit sa baguette sur le tableau noir, et sur celui-ci apparut un tracé qui prenait toute la hauteur du tableau.
C'était un blason, au fond violet et bordé de noir, sur lequel étaient croisées deux baguettes, au-dessus d'un chaudron. Sous ce chaudron, un feu animé illuminait la salle, faisant à Vanille se rendre compte que la lumière des chandeliers de la pièce s'était atténuée.
Au-dessus du dessin était écrit "Club des Créateurs".
Les membres du Club, alignés et synchrones, détachèrent leur capes d'un unique geste et dévoilèrent chacun une cravate aux rayures obliques, violettes et noires, et l'écusson épinglé sur le torse.
Les murmures s'étaient tus, laissant place à l'admiration de la mise en scène. Peu épatée, Vanille ne put s'empêcher de rouler les yeux en remarquant les expressions de ses amies : Leanne était ébahie, à en voir son regard obnubilé et sa bouche entrouverte, et Ambre n'avait jamais eu l'air si concentrée, les lèvres pincées, les sourcils presque froncés. Vanille reporta son attention sur la présentation.
- Nous sommes membres du Club des Créateurs, annonça le chef. Il réunit des étudiants de cinquième, sixième et septième année inventant, créant des sortilèges et des potions. Notre passion commune pour la magie nous a réunit pour pouvoir l'étudier en finesse et en détail, nous améliorons des sorts et potions existants, nous poussons nos recherches dans des domaines encore méconnus, et repoussons certaines limites de la magie.
- Nos recherches sont validées et encouragées par le ministère, poursuivit Oreste, qui semblait avoir ce sujet à coeur, qui nous surveille également pour ne pas nous voir nous pencher vers des domaines dangereux et interdits. Aussi, lorsque nous créons quelque chose d'utilité publique, le ministère nous rachète les droits, nous recevons en échange un fond d'argent permettant au Club de vivre, et le droit de poursuivre les recherches.
Ils laissèrent sa place à la rousse, qui s'éclaircit la gorge :
- Je suis Morgane, septième année, Serpentard.
Elle dégageait la même prestance que le chef, qui la regardait en coin, un air indescriptible figeant son visage. Il sembla à Vanille qu'il remuait faiblement les lèvres quand elle parlait. Ils avaient certainement répété leur texte plusieurs fois.
- Le Club des Créateur est présidé par le Maître Créateur.
Elle se pencha vers le chef.
- Il est élu par les autres membres de septième année, les Grands Créateurs (la rousse qui parlait, le chef, la fille aux lunettes bleues et le garçon qui se trouvait derrière elle s'avancèrent), et ceux de sixième année, les Jeunes Créateurs (s'avancèrent à leur tour les deux jumelles diaboliques, le couple et le garçon à la peau sombre qui jeta un oeil à Vanille, ce qui la fit frissonner). Les membres de cinquième année sont les Novices.
Elle se tut et évalua l'assemblée. Tout le monde suivait avec attention ce qui se disait.
- Le directeur ou la directrice de l'Ecole, poursuivit-t-elle, possède les pleins pouvoir en ce qui concerne les admissions et les thématiques de recherches de Club, mais il ne se réserve ce droit qu'en cas extrême. En d'autres termes, il ou elle a le droit de radier un membre ou d'interdire des recherches qui ne lui semblent pas appropriées. En dehors de cela, le Club est géré entièrement en interne.
Le chef reprit la parole :
- Si votre magie est puissante, que vous aimez comprendre et découvrir, si vous aimeriez pousser vos connaissances dans un domaine au-delà de ce que disent les livre, songez à ce Club. Il existe des branches de la magie encore inexplorées à ce jour. Vous pouvez vous concentrer sur de la pratique, ou sur de la recherche. Le Club possède sa propre bibliothèque, très fournie, et il arrive que des entrevues avec des sorciers du Département des Mystères soient organisées.
Justement, Oreste, s'avança :
- Pour pouvoir prétendre à une admission au Club des Créateurs, il y a plusieurs conditions à respecter.
Elle tendit sa baguette vers le tableau où une liste s'inscrivit à côté du blason en même temps qu'elle parlait :
- Vous devez faire votre demande avant le 31 Octobre, sur papier. Vos professeurs doivent nous assurer que vous êtes sérieux, attentifs (Vanille déglutit), et avez de bonnes notes, voire excellentes. Nous vous réservons un entretien, et enfin choisirons qui accédera au Club. Evidemment, pour pouvoir y rester en sixième année, vous devez avoir toutes vos BUSEs, donc aucune notes sous Acceptable, avec deux Optimals en Potion et en Sortilèges.
Certains élèves eurent l'air choqués.
- Il est possible de déroger à cette règle. Si votre projet ne nécessite pas d'avoir de connaissance en Histoire de la Magie ou Divination, par exemple, il n'est pas obligatoire d'avoir ces BUSEs. Evidemment, rien ne vous empêche d'étudier la Divination au Club des Créateurs.
La Poufsouffle assise devant Vanille secoua ses longs cheveux l'air satisfait.
- Aussi, sachez que nous n'avons ni d'affectif minimum, ni maximum. Si aucun d'entre vous ne peut accéder à ce Club, nous ne vous accepterons pas pour remplir nos effectifs.
Un nouvelle fois, la tournure de la phrase fit tiquer Vanille.
"iEt si personne ne VEUT accéder à votre Club ? Peut-être que ça n'intéresse personne de faire partie du Club des Crâneurs./i" pensa-t-elle. L'arrogance qui se dégageait était de plus en plus palpable. Malgré ça, elle commençait à éprouver une forte envie de découvrir en détail ce sur quoi travaillait le Club. Des branches de la magie encore inexplorées ? C'était le genre d'idée qui la motivaient à étudier aussi durement.
Le chef reprit sa place, devant des autres. Il regarda l'assemblée d'un air satisfait.
- Avez-vous des questions ?
Leanne leva la main.
- Pouvons-nous accéder au Club sans avoir trouvé de thème sur lequel travailler ?
- Les Novices ne travaillent pas en autonomie sur leurs propres thèmes, répondit la rousse. Ils assistent les Jeunes et Grands Créateurs dans les leurs, cela permet d'apprendre la démarche expérimentale et d'aider dans les recherches. Un peu comme un rôle d'assistant. Mais rien ne vous empêche de réfléchir à ce sur quoi vous voulez travailler et à commencer à vous documenter pendant ce temps.
- Et pouvons-nous savoir sur quoi vous travaillez actuellement ? poursuivit Leanne.
- Non.
Le chef avait prononcé ce non d'un ton sans appel. Tout le monde comprit qu'il faudrait faire partie du Club pour savoir.
- Par rapport à l'entretien, demanda un Serpentard quand il fut désigné, est-ce qu'on aura des indications sur sa nature quand on aura posé notre candidature ? Ça sera un test, ou plus une entrevue pour analyser notre personnalité ?
- Vous pouvez juste savoir maintenant, dit la rousse après que Jules lui ait fait un signe de la tête, que ce ne seront pas des tests sur votre niveau de magie, vos connaissances ou vos capacités, il nous suffit pour cela d'avoir accès à vos notes.
Une Gryffondor leva la main :
- Et si on change d'avis après coup ?
Jules fronça les sourcils.
- Nous vous conseillons de bien réfléchir avant de poser votre candidature. Si vous hésitez, ne le faites pas. Une fois intégrés dans le Club, vous le faire oublier sera plus difficile, il y aura beaucoup plus de souvenirs à passer sous le sortilège d'Oubliettes.
Personne d'autre n'eut de question, et ceci signa la fin de la réunion. Le chef leur demanda encore une fois de faire preuve de discrétion, et les pria de ne pas les aborder en groupe à chaque fois qu'ils croiseraient un membre du Club.. Ils désignèrent Oreste comme réceptrice des courriers, que ce soit les questions ou les demande d'adhésion.
Les élèves se levèrent alors pour partir. En passant devant l'estrade, Vanille observa l'écusson sur le torse de Jules, le chef, d'un peu plus près : des étoiles jaillissaient des deux baguettes croisées, et des gouttes de potion s'échappaient du chaudron.
Le blason des Créateurs est identique pour tous les Clubs des cinq écoles, lui dit Jules. Il a été créé par une étudiante de l'Institut des Sorcières de Salem.
Ambre, qui s'était arrêtée à côté de Vanille pour écouter Jules, s'étonna :
- Vous portez les cravates et l'écusson du Club en permanence ? Je suppose qu'ils sont invisibles pour les non-membres.
- Effectivement, sourit Jules.
Il lança un regard appuyé à Vanille, sans que celle-ci ne puisse comprendre pourquoi. Gênée, elle se tourna vers la porte et fit face au garçon qu'elle avait voulu éviter, celui qui l'avait troublée.
Elle essaya de le contourner, mais n'y arriva pas, doublée de chaque côté par les élèves qui sortaient. Elle essaya de faire demi-tour, mais fut encore bloquée, et tenta de s'infiltrer dans la file des élèves qui partaient, elle se prit les pied... dans ses propres pieds, et tomba sur les fesses.
« Je suis ridicule. »
Elle se sentit alors être soulevée par les épaules et remise debout. Elle osa alors lever les yeux et croiser le regard de celui qui l'avait aidée. Le regard de ce garçon qui lui avait dit de ne plus s'aviser de le heurter. Celui-ci avait perdu toute sa froideur des derniers jours. Sans préambule, dès qu'il fut certain d'avoir son attention, il lui dit :
- N'oublie pas de poser ta candidature. On ne voudrait pas manquer quelqu'un comme toi.
Son ton était clairement méprisant, tinté de sarcasme. Il lui tourna le dos. Complètement interloquée, Vanille ne répondit rien et sortit rejoindre les autres.
En chemin, elle se répéta dans sa tête ce qu'elle aurait pu lui répondre : "Non mais pour qui tu te prends?" "Qu'est-ce que tu sais de moi?" "Pourquoi je voudrais faire partie d'un Club de prétentieux?" "Pourquoi tu me lances des regards assassins et après tu me rabaisse ?" Frustrée de la lenteur de sa répartie, se dit que oui, elle voudrait peut-être faire partie du Club.
Si seulement ils avaient moins l'air de se prendre pour les réincarnations de Merlin lui-même.
