Bonjour à tous !
... Pour ceux qui me suivent depuis le début de Prisonnière : Eh non, vous ne rêvez pas ! C'est bel et bien le chapitre 2, enfin là ! J'avoue avoir presque douté moi-même de ma capacité à le sortir, malgré ma conviction de ne jamais abandonner un projet démarré. J'ai eu une fin d'année scolaire difficile il y a deux ans, et l'année suivante, j'ai vécu une année à l'étranger très chargée. Et puis, bien sûr et surtout, il y a eu tous mes doutes, et mes peurs liés à l'écriture. Peur de ne pas écrire assez bien, suffisamment, peur que ça ne plaise pas... Et à force, je n'ai fait que fuir l'écriture de la suite de mes projets.
Seulement, voilà, ça suffit. Je reprends Prisonnière, je reprends mes projets, je reprends tout ; je veux arrêter de fuir alors que l'écriture est très importante pour moi, alors que je veux vraiment en faire quelque chose. Bref. J'arrête mon mélodrame xD
Du coup voilà enfin le chapitre 2 ! J'espère que vous l'apprécierez, j'espère aussi que malgré toute l'attente vous serez au rendez-vous, car si j'ai réussi à me relancer c'est grâce à vos messages et à votre soutien ! Bonne lecture ! :3
Chapitre 2 : Une Potion
Les rayons du soleil qui se glissèrent par l'étroite fente de sa prison éveillèrent Emma. Elle serra les paupières en grimaçant. Dérangée à la fois par le bruit des marins ivres sur les docks, par son imposante robe dans laquelle elle était toujours et par la sensation de ballottement du navire durant toute la nuit, elle avait très mal dormi. Sans cesse réveillée, elle n'eut pas la chance de se perdre dans une quelconque brume matinale, ce moment semi-éveillé paisible avant que la réalité ne frappe, et elle n'avait que trop conscience de la situation dans laquelle elle se trouvait. Cette situation révoltante.
La veille, une fois retournée dans sa cellule et la porte refermée, Emma avait retiré les aiguilles de la serrure, à son plus grand damne. Elle détestait l'idée d'avoir perdu une chance de s'échapper, surtout à cause de ce maudit pirate et sa maudite demande de rançon. Elle détestait le fait d'être toujours sur ce maudit bateau.
C'était bien trop de maudites choses.
Dépitée, elle s'était laissée tomber sur le lit et avait espéré échapper à tout cela quelques heures. Mais, alors qu'elle attendait que le sommeil vienne, des bruits de pas avaient résonné dans la cale et s'étaient approchés de sa cellule. Emma s'était redressée au moment où un pirate avait ouvert sa geôle pour y déposer une assiette. L'homme, dont le visage était caché par une capuche et l'ombre de la nuit, était parti sans un mot.
Désormais éclairée par le soleil levant, l'assiette était tout aussi remplie que la veille. Emma n'y avait pas touché. Elle ne comptait pas se laisser mourir de faim, mais pour l'instant, elle n'avait pas la moindre envie de se montrer docile et conciliante.
Les yeux papillonnant pour s'accoutumer à la clarté du petit matin, la jeune femme resta pelotonnée dans les draps délavés. Elle était dans un navire pirate, pourtant, il était bien plus confortable qu'elle ne se l'était imaginée. Non pas que le confort fût réellement au rendez-vous, mais elle s'était toujours imaginé cela… Plus sauvage, plus barbare. Sale, puant. Répugnant. Entre autre. Au moins, la réalité était différente ; heureusement pour elle.
Immobile, elle commença à fixer avec haine la porte de sa cellule, comme si cela pouvait la faire fondre. Les échos du port en effervescence lui parvenaient, vague cacophonie agaçante. Pourvu que personne ne puisse informer ses parents de là où elle se trouvait… Etrange appréhension, dans une telle situation ; pourtant, c'était tout ce qu'elle souhaitait. Là où d'autres n'auraient qu'espéré contacter quelqu'un pour être sorti des ennuis dans lesquels ils seraient tombés, la jeune femme ne le voulait pas.
Vraiment pas.
Elle s'en sortirait toute seule, et cette affaire resterait sous silence. Tout simplement.
Lorsqu'elle entendit quelqu'un approcher, Emma s'assit précipitamment, passant une main dans ses cheveux pour tenter de leur donner une allure correcte. Sa robe était froissée, et elle la remit correctement en place sur sa poitrine juste au moment où un pirate entrait dans son champ de vision, derrière les barreaux de sa prison. Elle jeta au nouveau venu un regard assassin. Il semblait être la même personne que la veille, du moins par sa corpulence ; son visage était toujours à l'ombre d'une grande capuche. Seule une partie de sa mâchoire anguleuse était visible.
« Tu n'as rien mangé. »
Le ton était égal, ce n'était qu'une constatation. Pourtant, cette affirmation agaça profondément la prisonnière, qui répliqua avec hargne et sarcasme.
« Bien vu. »
Le pirate haussa les épaules, récupéra l'assiette pleine et tourna les talons. Emma poussa un soupir. Combien de temps allait-elle rester enfermer ici ? Il y avait forcément un moyen de sortir ; il y avait toujours un moyen. Ses parents le lui avaient bien fait comprendre, les méchants ne gagnent jamais. Aussi manichéen que cela puisse paraître, elle en avait eu de nombreux exemples. Que ce soit les voleurs sans foi ni loi de son enfance ou les héros des anciennes légendes… La méchante reine, notamment. Celle dont ses parents parlaient avec tant de retenue mais tant de colère. C'était morceau par morceau qu'elle avait eu l'explication de son passé, dont faisait partie cette femme. Emma avait appris que cette dénommée Regina avait planifié une gigantesque malédiction contre tous les habitants du Royaume, malédiction dont la seule entrave aurait été Emma elle-même. Seulement, tout cela avait été découvert grâce à Rumplestilskin, le Ténébreux, qui l'avait révélé aux parents de la jeune fille pour d'obscures raisons. Pourtant la malédiction n'avait finalement pas été lancée ; c'était l'exemple parfait d'échec des méchants face aux héros. Puisque Regina avait appris que…
Emma se leva d'un bond.
Rumplestilskin.
Evidemment ! La voilà, sa solution. Bien sûr, ses parents lui interdiraient d'avoir recourt à la magie du puissant sorcier s'ils étaient là pour l'en empêcher ; seulement, ils ne l'étaient pas. De toute façon, elle n'avait pas d'autre idée. Elle avait été mise en garde contre les contrats de cet homme, mais elle était prête à prendre le risque. Elle était prête à prendre n'importe quel risque pour se sortir de ce pétrin. Le dilemme ne fut pas long.
Elle l'appela.
« Rumplestilskin. »
Un maraudeur inconscient lui avait révélé la facilité qu'il avait un jour eut pour invoquer le Ténébreux, lorsqu'il avait évoqué l'histoire désastreuse qu'il avait vécu avec sa magie noire. Il lui avait dit qu'il suffisait de le nommer ; et s'il savait qu'il pouvait tirer parti de l'embarras d'une personne, il apparaissait. Alors elle attendit, avant de l'appeler une seconde fois.
Toujours rien.
Puis, dans un soupir agacé :
« Rumplest…
-Il faudrait que tu apprennes à te méfier de ce qui peut apparaître dans ton dos ma chère. »
L'intéressée eut un hoquet de surprise et se retourna dans un sursaut alors qu'un ricanement amusé tintait dans son dos. Tranquillement assis sur sa couchette, un homme à l'étrange peau écailleuse et dorée la fixait avec intérêt. Il se leva avec souplesse et leva un bras dans une pose théâtrale, l'autre replié devant lui.
« Tu m'as l'air en mauvaise position, Em-ma. »
La façon dont il appuya son prénom tout en détachant les deux syllabes créa un frisson désagréable dans le dos de la princesse. Elle ne se laissa pas déstabiliser pour autant. Fièrement droite, elle répondit :
« J'ai besoin de votre magie, Rumplestilskin.
-Ça je l'ai bien compris. »
Il pointa un doigt doté d'un long ongle noir vers elle.
« Mais toute magie a un prix, très chère. »
Elle hocha la tête, décidée. Le Ténébreux eut un bref rire agité.
« Très bien très bien. Alors, tu n'as qu'à verser… Ceci dans le verre du capitaine de ce navire. »
Une fiole argentée apparut dans la paume de l'homme. Il la prit entre les ongles de son index et de son pouce, et la tendit vers Emma. Celle-ci fronça instinctivement les sourcils.
« Et que voulez-vous en échange ? »
Elle avait beau le rencontrer pour la première fois, elle n'oubliait pas toutes les mises en garde qu'elle avait pu entendre au cours de sa vie. Il venait de le dire lui-même. Il y avait toujours un prix.
« Disons que pour cette fois, il n'y aura rien à me fournir. »
Emma n'eut aucune confiance en la lueur insidieuse qui brillait dans le regard dérangeant du Ténébreux. Qu'avait-il donc à y gagner ?
L'hypothèse s'imposa soudain à la jeune femme, bien qu'elle n'eût aucune idée de la motivation qui pouvait se cacher derrière.
« Ça va… le tuer ?
-Evidemment ! »
Il arborait un grand sourire, comme si un tel fait ne l'affectait absolument pas. En fait, non, ce n'était pas que cela ne l'affectait pas ; il s'en réjouissait. Il était encore pire qu'Emma ne l'avait imaginé. Sa détermination flancha. Finalement, elle n'était pas prête à tout ; elle n'était pas capable d'aller jusqu'à tuer pour réussir à s'en sortir.
« Vous n'avez pas autre chose ? »
Rumplestilskin claqua la langue et agita la potion de droite à gauche, l'index tendu.
« Voyons très chère, tu souhaites partir d'ici non ?
-Oui, mais vous devez bien avoir quelque chose de plus… de moins radical ! »
Devant la volonté de la femme, le Ténébreux rit une nouvelle fois. Finalement, il lança :
« Eh bien… Essaie de verser la moitié, cela devrait l'assommer une demi-journée ! Normalement. »
Il lança la fiole sur ce dernier mot, et Emma ne put la rattraper que grâce à des réflexes développés par des années de chasse, de vol et de fuite.
« Comment ça… »
Après un regard vers la potion qu'elle venait d'attraper, la jeune femme releva la tête.
« … "normalement" ?… »
Rumplestilskin avait disparu.
...
Un bruit sourd réveilla Emma en sursaut.
Après sa rencontre aussi rapide que troublante avec Rumplestilskin, elle avait camouflé la potion contre sa poitrine, entre son corset et sa peau, à défaut de trouver meilleure cachette. Elle avait ensuite longuement fait les cents pas dans sa chambre, avant de s'écrouler finalement sur le lit de sa prison. Elle pensait n'avoir fermé les yeux que quelques secondes, mais visiblement, le sommeil l'avait gagné. Le soleil se couchait doucement, éclairant le haut des murs et le plafond au-dessus d'elle. Emma plissa les yeux dans le clair-obscur, les oreilles aux aguets. Pourtant, seul le bruit des vagues lui parvenait. C'était un son doux et impressionnant à la fois, qui lui était inconnu mais agréable. Un son qui emplissait la geôle toute entière.
La jeune femme fronça les sourcils. Rien ne trahissait les activités portuaires bruyantes qui l'avait sortie sans cesse de son sommeil la nuit dernière. C'était le calme plat.
Le navire n'était plus à quai.
Nul besoin de vérifier, Emma avait l'intime conviction que la terre était désormais loin d'eux. Comme pour confirmer ses pensées, une vague frappa un peu plus fort le Jolly Roger, le faisant tanguer légèrement. Ils étaient en pleine mer.
A nouveau, un bruit sourd semblable à celui qui l'avait réveillée se répercuta dans la cale, cette fois bien plus proche. L'instant d'après, une clé se glissa dans la serrure de sa prison. La porte s'ouvrit sur le pirate dont le visage était masqué par un foulard et le front mangé par sa capuche.
«Vous êtes libre de vos mouvements. Ordre du capitaine. »
Surprise, Emma resta un instant sans voix. Libre ? Puis le sens de ce mot se glissa en elle. Bien sûr qu'elle était libre. Au mieux, tout ce qu'elle pouvait tenter de faire désormais pour fuir était de sauter par-dessus bord. Nul doute qu'elle finirait nourrir les poissons des abysses si elle tentait cela.
Le pirate déposa un plateau garni d'une assiette et d'un pichet d'eau, puis il repartit. Si la jeune femme ne prêta nul intérêt à la nourriture malgré son estomac qui criait famine, elle se servit un grand verre d'eau, avant de se diriger vers la porte désormais ouverte. L'idée de se balader sous les yeux des pirates qui peuplaient le navire ne lui faisait guère envie, mais rester dans cette minuscule pièce où elle avait été enfermée était pire encore. Tant qu'à faire, autant mettre à profit cette fausse liberté gagnée par l'impossibilité de fuir afin de préparer une évasion future. Ils n'allaient pas rester pour toujours loin des côtes ; lorsqu'ils y seraient à nouveau, Emma comptait bien en profiter pour fausser compagnie au capitaine Crochet, son Jolly Roger et son équipage.
Alors qu'elle arpentait la cale, une certaine agitation était perceptible au-dessus de sa tête, sur le pont du bateau. En soit, cela la rassurait ; plus il y avait de monde à l'oeuvre là-haut, moins elle risquait de tomber sur un matelot lors de son exploration, ce dont elle se passerait très bien.
Seulement, le sort n'était pas vraiment avec elle.
Tandis qu'elle s'approchait de la pièce visiblement centrale de la cale, Emma ne remarqua pas l'homme qui l'observait, jusqu'au moment où il fondit sur elle Il la plaqua d'un bras puissant contre le mur proche.
« Il parait que tu peux valoir cher ma jolie… J'espère pour toi que tu sauras te tenir tranquille… »
Il lui écrasait la gorge, coupant presque sa respiration. La panique s'empara d'Emma. Elle tenta de se débattre mais, toujours encombrée par sa robe, il n'eut aucun mal à avorter tous ses efforts en lui bloquant les jambes des siennes, ses mains immobilisées devant elle par la poigne redoutable de l'homme. D'une seule main, il l'empêchait de faire le moindre geste. Comment pouvait-elle se défendre ?
Pourtant, elle refoula immédiatement l'idée d'appeler à l'aide. A quoi bon ? Ce navire n'était empli que de bandits de bas étage tel que lui. Alors elle se débattit comme un beau diable, sans réelle efficacité. Elle avait déjà connu pire situation, mais jamais elle n'avait été handicapée par l'absence d'arme et par ses vêtements eux-mêmes. Le souffle aviné du pirate lui effleurait le cou tandis que l'angoisse commençait à lui faire perdre ses moyens. Un instant, elle songea à l'épée qu'elle gardait dans ses appartements, au château… Si seulement elle l'avait eue sur elle à cet instant. Bien sûr, vu son incapacité de se mouvoir, la porter n'aurait sans doute pas changer grand-chose ; mais être ainsi sans défense était pire que tout.
Elle sentit une main se glisser contre sa peau froide. Elle ferma les paupières malgré elle, la peur envahissant chaque parcelle de son être.
Puis soudain, plus rien.
Rouvrir les yeux lui prit plusieurs longues secondes tant elle était crispée. Elle le sentit avant de le voir ; l'homme n'était plus face à elle. A la place, elle put poser les yeux sur Killian Jones qui, le crochet autour du cou du pirate, le regardait avec animosité.
« Je ne pensais pas avoir dit que molester une femme était permis sur mon navire, matelot. »
La lueur vicieuse qui brillait auparavant dans les yeux du pirate était désormais loin. L'appréhension peinte sur son visage, il regardait son capitaine, incapable de formuler le moindre mot. Qu'aurait-il pu dire de toute manière ? Killian avait vu de ses propres yeux ce qu'il se passait, avant qu'il ne prenne la décision d'intervenir. Pourtant, un sourire moqueur vint allonger ses lèvres, éclairant les traits tendus de son visage.
« En général, lorsque l'on pose une question, c'est pour avoir une réponse. »
Le malaise se fit encore plus palpable chez le matelot. Il n'avait pas besoin de plus que cette seule affirmation à l'air innocent pour lui faire comprendre que Killian lui coupait toute esquive ou toute retraite. L'échappatoire qu'aurait put lui offrir, avec un peu de chance et de précaution, la fuite du sujet et le refus de répondre s'envola en fumée. Il n'eut pas d'autre choix que de balbutier du mieux que son appréhension lui permettait.
« La.. La prisonnière s'était échappée, je l'empêchais simplement… de partir. »
Killian haussa un sourcil, l'air faussement amusé.
« Tu l'empêchais de partir ? Où voulais-tu donc qu'elle aille ? S'amuser avec les poissons ? »
Sa voix suintait tant d'ironie que son interlocuteur n'osa pas répondre une seconde fois. Peu à peu, le sourire de Killian s'effaça. Si une chose était importante à respecter sur le Jolly Roger, c'était l'autorité du capitaine. Lui désobéir était présomptueux ; et encore, le mot est faible. Peu étaient ceux qui osaient le faire. Certains ne s'en n'étaient pas sortis en un seul morceau. Qu'allait-il en être de celui-ci ? Killian lui-même ne le savait pas vraiment. Il n'avait jamais signalé à ses hommes que toucher la princesse qu'ils détenaient en otage était interdit. Pourtant, à son humble avis, cela coulait de source. Il ne voulait pas voir qui que ce soit tenter quoi que ce soit. Même des pirates pouvaient comprendre cela. Pour ceux ayant le moins de valeur, faire baisser le prix de sa monnaie d'échange n'est jamais bien avisé ; pour ceux ayant encore un peu de conscience, toucher une femme, prisonnière ou non, n'est guère galant. Or, Killian Jones, tout pirate qu'il fût, tenait à se montrer gentilhomme.
Affirmant avec son crochet sa prise autour du cou de l'homme, il se rapprocha de celui-ci, qui se recroquevilla irrépressiblement, autant qu'il pût.
« Va donc nettoyer la cale. Chacun de ses recoins, toute la nuit s'il le faut. Je veux qu'elle brille demain, avant mon réveil. »
Son ordre n'avait été qu'un souffle de voix au timbre grave, promesse de bien pire si le pirate venait à contrarier à nouveau son capitaine. Dès que le crochet s'éloigna de son cou, le matelot s'esquiva, particulièrement attentif à mettre le plus de distance possible entre Killian et lui.
Tout ce temps, Emma était restée non loin, observant l'échange sans un mot. Elle avait fait quelques pas en arrière afin de mettre de la distance avec son agresseur, bien qu'elle eût refusé de fuir. C'était hors de question de laisser le capitaine Crochet la sauver et la voir fuir en courant comme une princesse effarouchée, loin de sa tour. Alors lorsqu'il se tourna finalement dans sa direction, après avoir suivi des yeux son subordonné qui prenait la poudre d'escampette, c'était une Emma droite et confiante qui lui faisait face. Elle avait déjà vécu pire, connu plus grand traumatisme, elle savait se montrer forte ; tout ce qu'elle devait faire, c'était surveiller ses gestes, qui trahissent un peu trop souvent ce qu'elle ressentait.
« Je n'avais pas besoin de votre aide. »
Il haussa un sourcil tout en se rapprochant d'Emma, qui se fit violence pour ne pas reculer.
« Ah non ?
-Non. »
La jeune femme voyait bien qu'il n'était pas convaincu. Elle-même avait, au fond, ses propres doutes. Seulement, elle les enterra rapidement encore plus loin en elle, se convainquant de sa propre affirmation. Après tout, pourquoi pas ? Elle savait se défendre, elle n'était pas une petite poupée fragile.
« Ce n'était pas vraiment ce qu'il semblait pourtant. Que comptais-tu faire, l'enrouler dans ta robe pour l'immobiliser peut-être ? »
Comme à chaque fois qu'il avait pu lui adresser la parole, Emma sentit l'agacement picoter chaque fibre de son être. Ce qu'il pouvait être agaçant et haïssable. Elle ne rata pas le regard critique qu'il jetait à sa robe, désormais bien moins jolie, froissée et moins bien ajustée, mais toujours aussi handicapante. Déterminée à tenir tête à Crochet, elle passa une main désinvolte sur la soie de son vêtement avant de reporter son attention sur le capitaine pirate.
« Pourquoi pas ? C'est peut-être difficile à imaginer pour quelqu'un comme vous, mais avec deux mains, les choses sont plus faciles. »
Il fallut peu de temps à Crochet pour qu'un sourire se fraie un chemin sur son visage, une fois la surprise passée. Il se pencha légèrement vers la jeune femme, cette éternelle lueur aguicheuse dansant dans ses yeux marin.
« Tu n'imagines pas tout ce que je suis capable de faire, même avec une seule main. »
Le sous-entendu était trop évident pour qu'Emma puisse faire semblant de ne pas l'avoir compris. Elle leva les yeux au ciel, puis se décala pour s'écarter du pirate qui s'était un peu trop approché d'elle.
« Étonnamment, c'est très loin de me passionner.
-Tu ne sais pas ce que tu rates ma belle.
-Rien que je ne risquerais de regretter. »
Le pirate passa un pouce contre sa lèvre inférieur, avant de hausser les épaules et de se diriger vers l'escalier qui menait au pont.
« Je suppose que Charlie te l'a déjà dit, mais tant que nous ne sommes pas à terre, tu peux aller où bon te semble… Cependant, tu ferais bien d'éviter d'être seule dans un coin désert de mon navire. »
Sur ces mots, il disparut du champ de vision d'Emma.
Elle poussa un soupir. Combien de temps allait-elle devoir supporter cela ? Avec le soin qu'elle avait mis à empêcher la demande de rançon, qui sait quand elle retrouverait sa liberté. Dire qu'elle avait sacrifié son unique chance de fuir pour un malheureux chantage…
Son unique chance ?
Passant une main contre son corset qui lui écrasait toujours la poitrine, elle vérifia que la fiole s'y trouvait toujours. Son regard se perdit vers là où avait disparu Crochet. La potion qu'elle contenait était peut-être la clé de sa liberté. Pourtant, sa conscience était mise à mal. Était-elle réellement prête à risquer de tuer quelqu'un, fut-ce le capitaine Crochet, pour s'enfuir ? Si elle avait été en danger de mort, la décision aurait été évidente, instinctive. Mais là, alors même qu'elle venait de retrouver une certaine liberté de mouvement,la réflexion était bien plus difficile, presque douloureuse. Surtout qu'elle n'avait aucune foi en la parole du Ténébreux lorsqu'il affirmait que même la moitié de la potion ne tuerait pas forcément le pirate.
Un soupir lui échappa. Quoi qu'elle décide, ils étaient en pleine mer ; ce n'était pas maintenant qu'elle aurait à agir. Tant qu'ils ne seraient pas de retour sur la terre ferme, tout ce qu'elle pouvait fait, c'était prendre son mal en patience et cesser de se morfondre. Eviter les pirates douteux, aussi. Crochet avait raison sur un point, il fallait le reconnaître ; se rendre vulnérable face à de telles personnes n'était pas la meilleure des idées. Elle vérifia que sa fiole ne pouvait pas tomber, arrangea comme elle put cette robe, et se dirigea vers les escaliers. Tandis qu'elle en atteignait les marches, la jeune femme aperçut le pirate qui avait voulu l'agresser, un balais à récurer dans les mains, le regard rivé vers le plancher qu'il nettoyait aussi efficacement qu'il le pouvait. Un instant, Emma se figea, incapable de se détourner de ce spectacle. L'homme finit par se sentir observé.
Lorsqu'il releva la tête, elle n'était plus là.
...
Les murmures qui accompagnaient Emma tout au long de sa déambulation sur le pont ne cessèrent que lorsqu'enfin elle y trouva un endroit un peu plus calme. Sur la partie arrière du bateau, un peu en hauteur, seul un pirate était présent, bien trop affairé à sa tâche au niveau du bastingage pour prêter attention à la jeune femme. D'une démarche souple, la jeune femme s'approcha de la barre, où personne ne se trouvait. Comme la première fois, elle remarqua les marques faites sur le bois du navire. Elle avait vu le regard de Crochet s'y arrêter la veille, lorsqu'il l'avait amenée ici. Elle se demandait bien quelle pouvait être la signification de ce B et de ce T mais, surtout, de la raison pour laquelle ces deux lettres étaient barrées. Le bois laissait deviner sans mal que les marques étaient très anciennes ; mais à quel point ? Qui avait pu les faire et pourquoi ? Malgré elle, malgré sa propre situation, Emma était intriguée.
Elle ne sentit la présence de quelqu'un derrière elle que lorsque les gravures furent recouvertes par l'ombre de cette personne. Le jeune femme voulut se retourner brusquement, mais elle se prit les pieds dans sa robe, et, dans la précipitation, elle perdit l'équilibre.
Une main solide la rattrapa par le bras, un crochet de métal se glissa contre sa hanche.
« Je n'ai peut-être pas deux mains, mais au moins je tiens debout princesse. »
Le capitaine Crochet l'avait ramenée contre lui d'un geste pour l'empêcher de tomber, et leur proximité soudaine était loin de plaire à Emma. Dès qu'elle eût repris son équilibre, elle se dégagea d'un mouvement sec des épaules. Alors qu'elle s'éloignait sans un mot, Killian l'interpella à nouveau.
« Tu ne penses pas que d'autres vêtements seraient plus pratiques ? »
Les mots étaient sortis d'un ton léger, ne trahissant pas l'hésitation qui avait traversé le pirate de part en part. Il se gratta l'oreille d'un geste détaché tandis qu'Emma se tourna à nouveau vers lui. Au moins, il n'avait pas parlé en vain, ce qui était une véritable petit victoire en soi avec elle.
« Si vous cherchez ainsi à me déshabiller, je ne marche pas. »
Un sourire étira un peu involontairement les lèvres de Killian. Décidément, ce brin de femme pouvait être aussi surprenante que prévisible.
« Ce n'est pas que l'envie puisse me manquer, mais j'ai malheureusement des principes qui m'en empêche. Je cherche simplement à sauver mon navire des catastrophes que semble pouvoir créer cette robe. Et t'en sauver, car je n'aimerais pas qu'une partie de la rançon me soit amputée par la faute de ce seul vêtement. »
Si Emma ne releva ni le sourire moqueur ni l'évidente raillerie des paroles de Crochet, elle ne mit pas longtemps à se décider. Il n'avait pas tort ; sans cette robe, elle s'en porterait bien mieux.
« D'accord. »
Ravi de sauver son bateau d'un éventuel désastre, Killian ouvrit une trappe non loin de la barre et y descendit après avoir demandé à Emma de le suivre. Elle le fit sans un mot, contrariée de devoir lui faire ainsi confiance ; pourtant, son instinct lui affirmait qu'il ne mentait pas. Or, elle savait lorsque quelqu'un lui mentait. Alors elle n'avait rien à craindre… Pour le moment, pour cette fois.
Une fois descendus le long d'un escalier très incliné, ils firent face à deux portes ; Crochet poussa celle de gauche, avant de s'effacer pour laisser Emma passer la première.
« Après toi. »
Loin d'être touchée par la galanterie du pirate, elle entra sans un mot.
La pièce était relativement vaste, du moins pour celle d'un bateau. Sobrement décoré, elle avait pourtant un certain charme ; ce charme qui tire sa force dans ce qui se devine au-delà de ce qui se voit, qui vit à travers les détails qui semblent sans importance et que l'on ne remarque pas consciemment.
Dans le dos de la jeune femme, le capitaine pirate entra à son tour. Étrangement, ce fut sans un mot qu'il se dirigea vers l'armoire murale qui se trouvait non loin du lit double qui trônait dans un coin de la pièce. Il avait l'air bien plus confortable que le lit plus que moyen dans lequel Emma avait dû dormir cette nuit, et elle se surprit à envier le confort perdu de sa chambre royale. Elle qui reniait tant des choses que la vie de château lui avait offertes, elle devait désormais reconnaître qu'elle aurait beaucoup donné pour retrouver son matelas, ses coussins, ou bien même ses couvertures. Quelques fugaces secondes, elle se demanda si elle avait réellement bien fait d'intervenir lorsque l'oiseau prenait son envol avec la demande de rançon ; puis elle se secoua. Après des années à vivre parfois de la plus rude des manières, dormant à même le sol dans la forêt et n'osant pas même rêver des lits les plus miteux des auberges les plus miteuses, elle pouvait bien survivre au léger manque de confort qu'elle vivait ici.
L'interrompant dans ses pensées, Crochet se tourna vers elle, une tenue bordeaux et noire dans les bras.
« Essaie donc ça. »
Emma les prit en silence, une fois de plus, et y jeta un rapide coup d'oeil. C'étaient des vêtements féminins, indubitablement. Pourquoi donc avait-il cela dans son garde-robe ? Elle y jeta un regard, par-dessus l'épaule du pirate. De ce qu'elle pouvait voir, il y avait un certain nombre de tenues principalement noires, plus ou moins semblables à ce qu'il portait en ce moment même ; mais ce qui se dénotait, c'étaient les quelques habits de couleurs parfois plus voyantes, qui semblaient tous de la même taille. Une seule chose accordait les vêtements, qu'ils soient masculins ou féminins : ils étaient anciens, comme d'une mode ancienne. Cependant, Emma ne put en voit plus ; Crochet referma sèchement l'armoire.
« Change-toi ici. »
Il lui désigna une partie de la pièce, à peine en retrait. Pas assez au goût de la jeune femme. Pas alors que Crochet se contenta de se retourner pour montrer qu'elle pouvait se déshabiller en toute pudeur.
« Vous ne me sortez pas ? »
Il regarda un instant à nouveau vers elle, un sourcil arqué.
« Pour que tu en profites pour piller ma cabine ? Je suis un homme de parole, tu peux te changer. A toi de me croire, ou de garder cette robe que tu n'as pas vraiment l'air d'apprécier particulièrement. »
Une vague de frustration parcourut Emma, mais elle réussit à se contenir. De toute façon, ce n'était pas comme si elle avait le choix. Si elle se changeait ailleurs, c'était d'autres pirates qui risquaient de la voir. Autant profiter que celui-ci ait au moins la décence de se retourner.
La précipitation et la suspicion qui la poussèrent à tenter de faire vite tout en observant le moindre mouvement du pirate finirent par lui faire perdre du temps, et elle s'emmêla dans ses propres vêtements. A trop vouloir être certaine que Crochet ne pose pas les yeux sur elle, tendue et crispée d'en être réduite à une telle situation, Emma faillit ne pas réussir à se déshabiller, et encore moins à s'habiller des nouveaux vêtements. L'agacement fit accélérer son coeur, tout comme la panique que créait sa pudeur ; mais enfin, elle se retrouva vêtue du pantalon sombre, qu'elle avait passée laborieusement par-dessous les innombrables couches de sa robe. Il ne lui restait plus qu'à enlever le haut qui l'étouffait, et passer la chemise qui lui avait été donnée, le tout sans trop se mettre à nu. Pourtant, alors qu'elle imaginait plus ou moins comment faire cela, elle se figea.
La potion était toujours cachée dans son corset.
Si Crochet la voyait, c'était la fin. Elle n'aurait plus d'autre réel échappatoire autre que celle que lui offrirait peut-être le hasard, sans aucune certitude.
Elle ne tergiversa pas bien longtemps. Malgré son envie écrasante de libérer enfin ses poumons, sa cage thoracique et absolument tout son buste, Emma attrapa la chemise et la passa à même le corset, le laissant en place bien qu'elle n'en ait nullement besoin. C'était d'un désagréable sans nom, mais ainsi, elle conservait la potion de Rumplestilskin en lieu sûr.
Une fois changée, et certaine qu'elle n'avait pas oubliée un vêtement dans la précipitation ce qui, fatalement, la mettrait extrêmement mal à l'aise, elle toussota. Sa robe, qui avait dû coûter une fortune à ses parents, ornait le sol devant elle. Peu lui importait le luxe ; elle se sentait enfin bien plus libre de ses mouvements sans les volants bien trop nombreux que comptait cette robe de bal.
Pendant un temps, Killian resta un temps interdit en se retournant après avoir entendu la jeune femme. Il avait eu peur qu'un autre visage ne se superpose à celui d'une autre, une autre qui avait si souvent porté ces vêtements. Pourtant, Emma dégageait une telle aura aux yeux du pirate, si différente de celle qu'il redoutait de voir revenir tel un fantôme, que cela n'arriva pas. Emma restait Emma ; malgré ses joues empourprées, malgré ses mains serrées dans son dos qui trahissaient le malaise qui l'avait saisie. Elle gardait cette allure fière et distante, cette assurance qui semblait briller autour d'elle malgré la lueur qu'il discernait dans ses yeux, qu'il avait tant vu des années durant, dans un autre monde. Il n'y avait qu'elle face à lui. Il n'y avait qu'Emma.
Sans la connaître, il réussissait à voir beaucoup de choses en elle. Ce qui ne la rendait que plus intéressante. Qu'avait-il pu lui arriver ?
La jeune femme, aussi interloquée par le silence du pirate que dérangée d'être ainsi dévisagée, haussa les sourcils. Ce seul geste sorti Crochet de ses pensées, qui reprit instantanément contenance d'un léger mouvement de tête. Son éternel sourire revint flotter sur ses lèvres auparavant figées.
« Eh bien parfait. J'espère pour mon navire que tu as laissé ta maladresse dans cette robe. »
Evidemment qu'à partir de là, elle cesserait de se prendre les pieds dans sa robe à chaque mouvement ; seulement, pour tous ceux ne connaissant pas Emma, le doute était permis. Après tout, ce n'était pas tous les jours que l'on rencontrait dans la Forêt Enchanté une princesse incapable de se mouvoir convenablement avec une robe simplement car celle-ci était trop fastueuse. Emma elle-même en avait conscience.
Avant qu'elle n'ait le temps de répliquer, Crochet continua, de son fameux sourire aguicheur :
« Non pas que je ne veuille pas te voir tomber dans mes bras à chaque fois. »
Emma afficha un amusement sarcastique.
« Dommage que ça n'arrivera plus.
-Oh, la vie réserve souvent des surprise princesse. »
Il se dirigea vers la porte de sa cabine et lui fit à nouveau signe de passer devant, ce qu'elle fit. Elle aimerait bien cesser de céder à ses actes de galanterie, seulement, lui demander de partir le premier de sa propre cabine aurait plutôt été mal choisi comme moment pour réagir. La première, elle remonta les escaliers serrés qui menaient au pont. Elle ne pouvait qu'apprécier la sensation du pantalon contre ses jambes, la légèreté du tissu unique, le confort et la souplesse que le vêtement lui offrait. Elle retrouvait enfin la fluidité de ses mouvements. La jeune femme savait apprécier la beauté des tenues luxueuses qu'elle avait la chance de porter depuis qu'elle avait retrouvé sa vie au château. Fut un temps d'ailleurs, à ses débuts de princesse, elle ne jurait que par celles-ci. Seulement, désormais, il n'était plus question de porter cela au quotidien. S'en débarrasser enfin lui faisait indubitablement le plus grand bien. Surtout au vu des circonstances.
De retour sur le pont, Emma put constater que le soleil était lentement en train de sombrer dans l'océan, le baignant de reflets ocres agités au gré des vagues. Cela faisait donc plus d'une journée toute entière qu'elle était là ; plus de vingt-quatre heures passées sur ce bateau, plus de vingt-quatre heure qu'elle était prisonnière ici.
Pourtant, elle devait le reconnaître, cela aurait pu être pire. Outre la frustration qui ne cessait de la parcourir à chaque mot prononcé par le capitaine, et l'abjecte sensation fantôme contre sa hanche et sa gorge des mains du pirate qui avait tenté de l'agresser, elle s'en sortait relativement bien. Elle n'était pas aux fers dans le fin fond d'une cale sale et étroite, et outre son refus de manger, elle était nourrie. Il n'était pas dur d'imaginer comment les choses auraient pu être différentes, en mal. Oui, elle était prisonnière ; mais dans son malheur, le Jolly Roger n'était sans doute pas le pire navire pirate sur lequel elle aurait pu se retrouver. Même si cette constatation la contrariait quelque peu, au fond. C'était pourquoi elle ignorait les constatations positives qui se frayaient un chemin en elle. Le mieux aurait été qu'elle ne se soit jamais retrouvée captive. Tout simplement.
Crochet arriva dans son dos.
« Il est temps de retourner dans ta cabine privée pour la nuit princesse. »
Surprise, elle se tourna vers lui. La contrariété se lisait sur ses traits.
« Je croyais que j'étais libre de mes mouvements ?
-Oui, mais ton repas va bientôt t'y attendre, et ce serait dommage de le savourer froid.
-De toute manière, je n'en veux pas. »
L'affirmation avait claqué. Sèche, inflexible. Visiblement, Crochet, ne s'y attendait pas. Il la dévisagea avec surprise, avant d'afficher une mine perplexe.
« Mourir de faim pour nous empêcher de toucher la rançon est une bien triste façon de se rebeller. »
Elle haussa les épaules, peu envieuse de continuer cette discussion. Elle ne tenait pas réellement à rester dans les parages avec ce pirate qui réussissait si facilement à l'agacer. Autant retourner dans la prison qui lui avait été désignée. Elle préférait retrouver cet endroit plutôt que risquer d'éventuelles nouvelles allusions douteuses. D'un mouvement souple, elle se retourna et descendit sur la partie principale du pont depuis lequel elle prit les escaliers menant à la cale. De l'agitation se faisait entendre. Sans demander son reste, Emma se rendit dans la pièce qui lui avait été attribuée.
Tout était tel qu'elle l'avait laissé ; elle but à même le pichet d'eau qui lui avait été laissé, avant de se tourner vers la fenêtre haute non loin du lit. Les derniers rayons du soleil miroitaient sur le bois du plafond. Emma inspira longuement l'air marin, avant de pousser un soupir. Quand allaient-ils retourner à terre, quand allait-elle pouvoir s'échapper de cette prison flottante ? Elle passa une main contre sa poitrine, sentant le léger renflement causé par la présence de la fiole de Rumplestilskin. Allait-elle réellement être capable de l'utiliser ? Ce qu'elle avait entendu concernant le Ténébreux ne le décourageait que davantage. Seulement, elle l'avait appelée, c'était un fait, et désormais elle avait cette potion.
Quelqu'un entra soudain dans la pièce non verrouillée, faisant sursauter la jeune femme qui retira vivement ses mains de son buste en se retournant. C'était le pirate dont le visage était constamment plongé dans l'ombre ; visiblement, cet homme lui avait officiellement été attribué. Il déposa un plateau de nourriture au sol sans un mot, avant de se préparer à partir. Emma l'arrêta.
« Vous pouvez le garder, je n'en veux pas. »
Le pirate resta de dos, pourtant, il ne reprit pas son chemin pour autant. Plusieurs seconde s'écoulèrent ainsi, puis finalement, toujours tourné vers le reste de la cale, il lui répondit. Sa voix était flûtée, étonnamment harmonieuse.
« Vous savez, le capitaine pourrait vous traiter plus mal, bien plus mal. Un autre que lui ne vous aurait pas offert plus que le minimum vital afin d'obtenir la rançon qu'il attend, un autre ne vous aurait pas considérée autrement que comme une monnaie d'échange. »
Il s'arrêta un instant, avant de reprendre.
« Vous devriez manger, vous ne gagnez rien à vous affamer. Le capitaine ne vous relâchera pas pour autant, et il est évident que la nourriture n'est pas empoisonnée. Vous vous infligez cela pour rien. »
Sans un mot de plus et sans attendre la moindre réaction, le pirate s'éloigna, laissant seule la jeune femme qui encaissait ce qu'il venait de lui dire.
Emma se laissa tomber sur le matelas, les yeux rivés sur l'assiette. Plus que jamais, son ventre criait famine. Elle se savait capable de résister, bien sûr. Elle avait connu pire privation que quelques jours de jeûne. Pourtant…
Pourtant, au fond d'elle, elle savait que le pirate avait raison.
Plusieurs minutes de réflexion plus tard, vaincue, elle se pencha pour attraper l'assiette et la porter jusqu'à elle. Elle commença à manger ce qu'elle contenait ; ce n'était pas un festin de roi, mais ce fut tout comme pour son estomac. Lorsqu'enfin elle fut finalement rassasiée, elle reposa l'assiette vide sur son plateau et se laissa tomber sur le matelas de tout son long.
Et maintenant ?
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On se retrouve bientôt pour la suite !
