Bonjour, bonjour…

Tout d'abord je tenais à m'excuser. M'excuser pour ma petite absence (même si je viens de commencer, oui !). En fait, je tenais vraiment à poster de manière régulière. Sauf qu'une chose en entraînant une autre… Je me suis rendue compte qu'il était préférable (comme vous comme pour moi) que je poste lorsque… Bah oui, lorsque je peux et surtout quand j'en ai envie… Entre évaluations scolaires, fatigues, maladie, et… Je m'étais un peu forcée à écrire le chapitre 2 (que je ne regrette nullement en plus !) mais… Je préfère poster lorsque j'en ai envie (et bon sang, ça m'avait trop manqué en fait !) plutôt que me forcer et être dégoutté par l'écriture… Bref ! Du coup, je pense au moins que j'essaierai de mettre un chapitre toutes les deux semaines (sinon je ne vais pas me sentir complète quand même x)) (et en plus, je vais pouvoir m'avancer parce que… Je suis en vacances ! Enfin !) Ceci dit ! (je suis sûre que ma petite vie vous intéresse… Non ?… Même pas un peu ? Ok… J'me tais.)

Je vous laisse donc ce petit chapitre (que j'ai écrit d'un traite tellement j'étais impatiente !), il doit alors rester quelques fautes ou maladresses… On verra bien ! Je vous souhaite donc… Bon lecture ! =) (Ah oui, une dernière chose... Je ne remercierais jamais assez les individus pouvant lire cette fiction ! *-*)


Fuusuke repensait souvent à ce moment. A ce moment où tout avait vraiment commencé. Où tout avait pris un sens, logique. Où sa passion était revenue. Où ils avaient créé une sorte de révolution. Leur propre révolution. Du nom de Chaos.

Lorsqu'on lui avait annoncé qu'il ne comptait plus pour quoi que ce soit, il ne l'avait pas cru. GranBurn… Avaient continué de se lancer des boutades pour savoir qui serait Génésis. Lui qui n'allait plus l'être. Et il avait tout quitté. S'enfermant dans sa sédentarité assassine. Et… Il avait accepté l'idée d'Haruya, quelques jours plus tard. Et même si… Même s'ils avaient d'autant plus échoué, la création de Chaos… Avait atténué celui dans son esprit. Dans sa conscience. Dans son cœur.

Fuusuke tourna la tête vers son compagnon de chambre. Il y vit une touffe de cheveux écarlate. L'argenté se redressa et prit la couette entre ses doigts. Et si… Et si Haruya rêvait également du passé ? Et si… Et si ce souvenir surgissait une nouvelle fois dans son esprit ?

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Il entendait souvent des bruits la nuit. Particulièrement ces derniers jours. A plus d'une dizaine dans le dortoir, il avait toujours trouvé ceci normal. Sauf que ce soir-là était différent. Comme souvent, il ne trouvait pas le sommeil. Encore et encore. Malgré tout, au bout de quatre heures à se tourner et retourner sur le matelas, il sentait la fatigue le quitter peu à peu. Et ce son métallique incessant... les draps traversèrent soudain le lit et s'échouèrent sur le sol. Le coupable allait morfler. Parole du grand Burn. Il ouvrit la porte de sa chambre. Et la claqua sur le mur, moyennement, délibérément. Il ne vit que la fine lumière bleutée du couloir lui répondre. Burn pesta. Il regarda de part et d'autre du bâtiment. Il n'y avait rien. Ni personne. Pourtant le bruit persistait toujours. Il grogna. Le son se nichait par la droite. Par conséquent... Des quartiers de Diamond Dust. Le jeune garçon sourit insolemment. Et, dans un élan de colère et d'arrogance, il quitta sa chambrée dans un boucan monstre. C'était Burn. Burn capitaine de Prominence. Burn capitaine d'une des équipes pouvant accéder à Genesis. Théoriquement, il en devenait donc supérieur. Il sourit davantage. Et traversa le couloir.

Diamond Dust était tombée. Avait perdu l'opportunité de jouer. Avait abandonné ce pourquoi les joueurs se battaient depuis tant de temps. Le titre de Genesis s'était définitivement évaporé. Par une égalité. Par une défaite. Par un simple choix de Père. Burn s'en fichait royalement. Son grand rival du nom de Gazel avait trébuché, puis s'était effondré, emportant avec lui toute son équipe. Ayant finalement amené une probabilité plus grande au carmin. D'être nommé plus haute équipe de l'Aliea Gakuen. Un frisson parcourut le capitaine de Prominence. D'une part, parce que ces chances étaient plus fortes et parce qu'elles s'étaient accrues grâce à Gazel. D'autre part, parce qu'il parvenait dans la partie du bâtiment lui étant réservé. Et fichtre, qu'est-ce qu'il faisait froid.

Burn fronça les sourcils. Le couloir, les portes… Tout était similaire à l'étage de Prominence. Tout, comme la température, anormale. Chez eux, il faisait abominablement chaud. Chez les Diamond Dust, affreusement glacial. Burn se demanda un instant si son rival arrivait à trouver le sommeil avec une atmosphère aussi glaciale, lui n'y parvenant parfois pas avec une telle chaleur étouffante.

Le carmin secoua la tête. A quoi pensait-il ? Il était ici pour engueuler celui qui dérangeait sa nuit. Qu'il survienne à fermer l'œil. Ou pas. Ce joueur de glace importunait le cours de ses pensées avec son agaçant bruit métallique. Bruit métallique qui lui rappelait étrangement un son qu'il connaissait. Et qui était bien plus régulier qu'il ne l'aurait prévu. Comme avant. Comme lorsqu'il n'était encore que petit garçon. Il devait dormir. Il en avait le besoin. Sa conscience n'étant plus maîtresse d'elle même, surtout pour avoir de telles pensées.

Il arriva peu à peu au terrain d'entrainement. Il abaissa les yeux. Un sourire carnassier se dessina sur ses lèvres. Alors, il continuait à s'exercer la nuit. Il fixa quelques instants le ballon. Il ne visait pas le filet, mais les barres en métal. D'où l'aigu appel grinçant. Le ballon revenait incessamment dans ces pieds. Et il frappait à nouveau. De plus en plus fort. Burn descendit prudemment jusqu'à la pelouse et se posta derrière le second garçon.

- Tu sais que ce que tu es en train de faire est totalement inutile.

Son sourire arrogant n'avait pas quitté ses lèvres. Son vis-à-vis cessa alors ses frappes, en immobilisant la balle.

- Tu peux me dire ce que tu fais ici ?

Il semblait même que cet insolent rictus se soit agrandi.

- Tu t'amuses bien ?

Gazel tira une nouvelle fois. Le ballon rebondit alors sur la barre transversale et atterrit dans les pieds de son rival.

- Burn ça ne répond pas à la question.

- Arrête de faire du bruit, tu m'empêches de dormir.

Celui de glace se retourna alors, les bras croisés. Les deux se toisèrent un instant, l'un totalement effronté, l'autre complètement indifférent. En façade.

- Burn, casse-toi.

Ce dernier fronça les sourcils. Cependant, il recouvra bien vite son rire moqueur.

- Tu m'excuseras mais… Nan, j'ai pas envie.

Le carmin fit alors rebondir le ballon, jusqu'à l'envoyer de plein fouet dans les cages. Fière de lui, il attendit une quelconque réaction de la part de Gazel. Ce dernier ne fit pourtant rien. Même lorsque la balle se retrouva à nouveau contre ses pieds.

- Tu ne dis rien ? Je suppose alors que tu as fini par concevoir que mon talent est bien plus grand que le tien. Si celui-ci existe du reste.

Burn se tourna vers l'argenté. Il sourcilla d'autant plus, dans la mesure où il vit le visage de son rival s'obscurcir.

- Burn… Dégage.

Le carmin eut un mouvement de recul et grogna. L'égalité de l'équipe de glace avait eu lieu hier. Et, tant bien même les membres de Diamond Dust avaient toujours été plutôt discrets dans l'académie, les autres équipes ne les avaient absolument plus vus depuis que leur Père leurs avaient annoncé qu'ils comptaient désormais comme perdants. Particulièrement Gazel. Il n'avait pas vraiment laissé échapper une quelconque émotion. Si bien que Burn avait renforcé l'idée que, depuis la construction de l'Aliea Gakuen, son riva n'avait plus une once de sentiment ou même d'empathie. Malgré tout, ce qu'il ne voyait ne ressemblait plus au garçon froid qu'il connaissait. Gazel s'était tout d'un coup assombri, émanant une sorte de terrifiante aura destructrice. Et pourtant, le carmin ne discernait que moyennement le visage de l'albinos. Burn serra les poings.

- Non.

Puis se dirigea vers son opposé.

- Je refuse. Dans la mesure où tu as perdu, j'en deviens meilleur. Par conséquent…

Et lorsqu'il fut à sa hauteur, il sourit insolemment.

- Je fais ce que je veux.

Burn toisa alors l'argenté.

- Tu as perdu petit Gazel. Comme la Gemini Strom. Comme Epsilon. Tu es au même rang qu'eux. Tu étais censé être de rang suprême si je ne m'abuse...

Il était pleinement conscient que remuer le couteau dans la plaie, aussi profonde soit-elle, était assez déloyale. Mais ça lui importait peu. La vie venait de leur prouver, après des années de lutes acharnées, que le feu était supérieur. Bien supérieur. A son parfait contraire. A sa parfaite opposée. La glace.

- Cependant, tu n'as même pas été capable de faire mieux qu'une égalité. Se prendre un but, passe moyennement. S'en prendre lors d'une première rencontre, est davantage audacieux –ou peut-être lamentable. Ne pas leur mettre une affreuse tôlée, est tellement raisonnable de ta part –ou sans doute pitoyable. Etre incapable d'avoir, ne serrait-ce qu'un point de plus, est totalement… Irresponsable. Minable et…

Burn n'était même plus arrogant, il en devenait horriblement ironique, sarcastique et... Méprisant.

- Pathétique. Oui voilà, mon chez Gazel, tu es… Pathétique.

Jusque là, l'albinos n'avait rien dit, se contentant d'assumer les chocs, sans broncher. Tel un bloc de glace. Tel le bloc de glace qu'on avait conçu pour lui.

- Tu fais pitié. Pas capable de battre Raimon au premier match…

Burn soupira.

- Si même tu ne l'as pas fait pour ta petite équipe, qui, ne mens pas, t'est bien plus chère que tu ne le dis… Et qui, à présent, n'est plus qu'un tas de joueurs réduit en poussière… De désolantes petites personnes sans but existant…

Gazel serra les dents. Le carmin le vit, en étirant davantage ses lèvres. Il savait une chose. Que le sang qui coulait timidement entre les dents de l'albinos n'allait être que plus présent, quand il aura craché sa dernière parole dédaigneuse.

- Tu aurais au moins pu te dépasser, pour que Père ne soit pas encore secoué par une honteuse défaite… Tu aurais au moins pu le faire… Pour lui… Lui qui a toujours tout fait pour…

Le coup partit tout seul. Sans que Burn ne s'en rende compte. Il fut projeté vers l'arrière, en sentant un objet sphérique tournoyé contre son ventre. L'objet était puissant. Terriblement puissant. Et affreusement froid. Le carmin atterrit quelques mètres plus loin. Et resta pétrifié au sol. Sans pouvoir bouger. Une larme perlant au coin de ses yeux, il vit tout de même le ballon roulé, le nuage blanc autour se dissiper peu à peu. Il tenta de se relever mais la douleur fut d'autant plus mordante. Il parvint à se hisser sur ses genoux, en enroulant son bras droit autour de sa taille. Il releva la tête. Et essaya d'hurler. Le juron se bloquant dans sa gorge. Des maux lui arrachant le corps. Gazel demeurait toujours aussi apathique et statique, même si son tir l'avait fait se déplacer quelque peu.

- Tu ne comprends rien.

Sa voix était faible. Faiblement... Effrayante.

- Burn, tu ne comprends rien.

Cette fois, ce fut dans sa propre bouche que le gout métallique se nicha, le carmin comprimant furieusement ses dents.

- Qu'est… Qu'est ce que tu veux dire au juste ?

Les yeux ambre brûlaient de colère. En cachant au mieux la vigoureuse affliction abdominale. Et la grande désillusion.

- Regarde. Regarde-toi. Regarde à quel point tu es rendu. Le plus pathétique des deux, c'est toi.

Comment… De quel droit ce perdant lui disait qu'il était pathétique ? allait-il chercher une telle ineptie ?

- Si j'en suis là actuellement, c'est à cause de ta frappe. Imbécile.

Gazel se rapprocha. Lentement. Le visage toujours obscurcie par ses cheveux.

- Tu es tellement inconscient que tu ne te rends compte de rien.

- Et je devrais me rendre compte de quoi au juste ?

Burn jaugea son rival. Qui arriva rapidement à ses côtés. Il tenta une énième fois de se lever, afin de garder un minimum de dignité. Particulièrement face à ce non-victorieux. Cependant, l'expérience se révéla impossible. La douleur était toujours lancinante. Mais ce fut ses épaules qui se retrouvèrent immobilisées. Immobilisées par une ferme poigne. Le carmin releva les yeux. Et déglutit. Gazel risquait un contact physique. Donnant un étrange sentiment à son rival. Un sentiment d'impuissance. D'impuissance physique.

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Leurs visages étaient proches. Burn pouvait sentir le souffle chaud de son opposé. Malgré tout, les yeux bleus demeuraient encore imperceptibles. Une goutte de sueur dégoulina le long de son front. D'un mal. D'une peine. D'une souffrance. Tous autant présent sur son estomac, que ses épaules, littéralement broyées par l'argenté. Et peut-être même au creux de son conscience. Mais également d'appréhension. Oui, Burn avait peur. Peur parce qu'il n'avait jamais vu Gazel ainsi. Et c'était bien là qu'était le problème. Cela faisait maintenant quelques années qu'ils s'étaient, pour simplement dire, perdus de vue, l'un et l'autre ayant grandi loin de son ami du Sun Garden. Si proche et pourtant à si éloigné. Gazel avait toujours été imperturbable. Par protection et timidité dans l'enfance. Par protection et nouveau tempérament avec Aliea. Et si… Et si finalement le carmin s'était trompé ? Et si Gazel se révélait… Bien plus sombre qu'il ne l'aurait jamais pensé ?

- Tu as peur Burn.

- C'est faux !

Le carmin tenta de retirer l'emprise que l'autre avait sur lui. Mais Gazel écrasa davantage sa doigts sur ses omoplates.

- Comment je pourrais avoir peur…

Burn crut voir un mince filet translucide survenir devant ses yeux, avant de s'écraser au sol.

- Tu as tellement peur de t'écrouler… Tu as toujours eu si peur de t'écrouler... Que tu as encore besoin d'abattre les autres pour te sentir mieux.

- Tu dis n'importe quoi ! Tu dis juste ça pour te rassurer que je perdrais avec toi !

Gazel anéantit une énième fois les muscles des épaules adverses. Et le reflue métallique entre les lèvres de Burn ne se fit que plus présent. Mais il desserra sa mâchoire aussitôt. Gazel venait de se reculer. Et en se mouvant… Le carmin avait vu ses yeux. Il avait réussi à voir un millimètre des orbes de glace. Des froides prunelles azur. Embuées. Embués d'un minuscule flot limpide. Et l'argenté lâcha la prise. En ayant remis une distance entre son corps et celui de Burn.

- Je vais te faire une promesse Burn.

Et pourtant… Et pourtant sa voix ne tremblait pas…

Burn avait omis l'idée de se relever. Il fixait Gazel. Toute l'agressivité tombée. Tout le feu de colère dans son cœur étouffé. Il avait juste les yeux exorbités, et la bouche, entre-ouvertes, laissant échapper le sang de la rage, détruite. Il était perdu. Perdu dans l'incompréhension.

- Je vais te promettre que tu feras moins le malin.

Gazel commença à se diriger vers la sortie. Le carmin entendit le son de la porte s'ouvrir.

- Tu…

Ainsi que… Gazel avala sa salive… Difficilement ?

- Tu feras moins le fier. Dans la mesure où tu tomberas. Où on tombera tous. Les uns…

Burn sentit une affreuse électrisation lui fendre le cœur.

- Après les autres.

Et la porte claqua.

Burn put enfin reprendre de l'air. Il expira. Et inspira. L'air parvenant péniblement dans ses poumons. Et il abattit son poing sur le sol. En jurant. En hurlant toutes les insultes qu'il connaissait. Aussi fort qu'il le pouvait. Et l'écho lui répondit. Un simple écho. Assurant sa solitude. Et le fait que personne ne pouvait l'entendre.

¤.¤

Il déambulait. Dans les couloirs de Diamond Dust. Purement. Et simplement. Il n'avait croisé que deux membres. Deux joueuses. En le voyant, celle qu'on nommait Rhionne avait étrangement baissé la tête. Et lorsque Clear l'avait rejointe dans le couloir, elle s'était contentée de lancer un regard noir au carmin. Peu lui importait. Il était le coq du poulailler. Le mâle alpha dans cette meute d'aliens. Il était Burn. Capitaine de Promince. Ayant tout autant de chance d'être Génésis. Etant, théoriquement, le prochain à affronter Raimon. En sortant des couloirs d'Epsilon, quelqu'un lui agrippa le poignet. Et il se rappela enfin de la raison pour laquelle il traînait ainsi dans l'académie.

Il n'avait pas dormi de la nuit. Après l'entraînement de la journée, il s'était rendu dans le réfectoire. Mis à part la Gemini Strom, Reize essayant, quasiment en vain, d'affronter son regard, la cantine était déserte. Burn avait pris son repas. Rapidement rejoint par Nepper et Heat. Puis il était parti se coucher. En étant la victime d'une énième insomnie. Il s'était agacé dans son lit. La fatigue se moquant de lui. Puis, finalement, elle l'avait brutalement embrassé. A un moment dont il se serait bien passé. Incapable de bouger, il était longuement resté inerte sur la pelouse, en criant. La douleur était intense. Le mal était de trop. A bout de souffle, il s'était écroulé. En fermant les yeux. Il avait hanté son esprit. Un rêve se répétant inlassablement. De quelques secondes. Lui exposant d'extraordinaires yeux bleus ciel. Voilés. Embués. A moitié rempli de larmes. Un flot translucide brouillant ces orbes de glace. Burn avait alors senti la chaleur du soleil matinal sur son visage. Sa vision trouble, il se leva. Un vertige lui fracassant le crâne. Au ralenti, il avait quitté le terrain d'équipe aux antipodes de la sienne. En dissimulant son tournis par sa fierté. Une affolante pensée tournoyant également dans sa tête. Il devenait fou. Fou de penser que Gazel avait pu être violemment en colère –littéralement. Fou de croire qu'il avait pu être accablé par la tristesse. Et ce songe tournait en boucle. Il tournait, tournait, tournait… Comme le monde autour de lui.

- Burn ?

- Eh oh, ici la Terre.. Burn, tu nous entends ?

Le carmin papillonna des yeux et repoussa la main posée sur son bras.

- En tant qu'Aliea Gakuen, on n'est pas vraiment sur Terre Heat, murmura un dénommé Nepper.

- Abruti…

- Qu'est ce que vous me voulez ?

Les deux se tournèrent alors vers leur capitaine.

- Tu es enfin reconnecté ?

- Ça un moment qu'on te cherche…

- Et qu'on t'appelle accessoirement.

Le carmin pesta.

- Ça ne répond pas à la question…

- Tu étais où ?

Burn croisa alors le regard de ses compagnons. Ils étaient étrangement… Inquiets ?

- Je me baladais…

- Dans l'académie ?

- Tu… Tu n'as pas dormi ?

- Burn, Père te cherche.

Ce dernier releva la tête. An lui sourit et les rejoignit. Son capitaine soupira.

- C'est pour ça que vous me cherchiez ?

- Oui mais…

Le carmin ne laissa pas ses coéquipiers finir et se dirigea vers le centre du complexe. Il avait beau être mort de fatigue, cela ne l'empêcha pas d'entendre leurs chuchotements à son égard.

- Vous ne le trouvez pas… Un peu pâle… Plus pâle que d'habitude ?, demanda An, anxieuse.

- Si, il l'est… Même beaucoup… Nepper, tu penses à quoi ?

- Je me demande simplement où il a passé la nuit.

- Les garçons, je crois qu'il… Qu'il n'est pas dans son état normal. En plus, on dirait qu'il vient de… De Diamond Dust… C'est… Son comportement… m'angoisse un peu...

- Pareil, c'est bizarre tout ça.

- Ça sent même très mauvais, je trouve.

Burn sentait leur regard sur son dos. Et leurs paroles se nichant dans son ouïe… Il eut alors la même souffrance dans la poitrine que la vieille. Il avait un mauvais pressentiment. Et ses coéquipiers n'arrangeait rien… C'en était trop pour lui.

¤.¤

Les yeux dans le vague, il parvenait tout de même à scruter la porte du bureau de leur Père. Il avait la nette impression d'être sur une autre planète. Dans une autre dimension. La fatigue, l'horrible mot de ventre, les palpitations dans la poitrine… Et cet étrange sentiment… Sans réfléchir, il entra dans la pièce, oubliant que lorsque l'on toquait, il fallait attendre une quelconque réponse. Il ne réagit guère plus lorsqu'il vit Gran, dans un coin, les bras croisés. L'autre le regarda, toujours aussi hautain, un léger sourire aux lèvres. Burn cligna des yeux en discernant difficilement le chouchou venir à sa gauche et poser sa main sur son épaule.

- Bonne chance, mon cher Burn.

Sans ajouter un mot de plus, Gran s'en alla, laissant le petit capitaine de Prominence seul avec son Père.

- Burn.

Le carmin se redressa. L'homme en face de lui paraissait toujours aussi doux, bienveillant, avec son délicat minois.

- Mon garçon, tu m'as l'air bien fatigué… Approche.

Burn s'exécuta. Ce fut alors que son esprit se reconnecta. Il passa sa main sur son visage. Leur Père souriait. Sa voix était suave, reposante. Le garçon arriva rapidement dans la lumière du bureau. Il avait toujours aimé ce rictus. Il le trouvait si rassurant. Mais le fait qu'il lui demande de venir. Que Gran soit dans cette pièce, il y avait encore quelques secondes. Qu'il sourît aussi doucement, presque pour rendre l'obscurité… Plus claire. Burn n'était pas aussi dupe qu'il le laissait croire.

Il n'avait franchement jamais fait confiance à son instinct. Il entreprenait ses actions, puis réfléchissait aux conséquences et ne se rendait compte qu'après coup du résultat. Il fonçait. Sans penser. Il suffisait juste que son corps soit en accord avec lui-même. Et il partait. Il n'était pas du genre à faire les choses dans un ordre, dans un but, avec un plan, précis. Il répondait. En fonçant. Dès que sa tête était prête à lui obéir. Et ce n'était pas ce fichu phénomène nommé "instinct" qui le contredirait. Sa logique? Il en avait eu. Qu'il utilisait rarement. Mais elle était présente. Et à cet instant, elle lui hurlait de suivre son instinct. Qui s'assassinait à lui faire ressentir qu'il y avait une potentielle… Anguille sous roche.

- Mon petit, comme tu le sais, vous n'êtes qu'une seule équipe à pouvoir accéder à Génésis…

Contre toute attente, le fulminant garçon ne laissait transparaître aucune émotion. Et il venait de comprendre. De comprendre une chose. Une chose lui paraissant encore aberrante, une fraction de seconde plus tôt. Si Gazel était si froid, n'était-ce pas également pour… Pour ne pas qu'on le manipule ? Pour… Se défendre ?

- Et, comme tu l'as si bien déclaré, l'équipe de ton ami Gazel…

Ami ? Ils étaient… Amis ? Malgré tout, ces mots ne réussirent pas à décocher une seule réaction au capitaine de feu.

- N'est plus dans la course. Par conséquent, il ne restait plus que Gran et toi, comme potentiel capitaine de Génésis…

Burn arqua un sourcil. Si son rival le voyait, il se fendrait la poire. Honnêtement. Voir le grand Burn, blanc comme un linge, d'horribles cernes affreusement creusés sous ses yeux vitreux, n'arborant aucune réaction… A part de quelqu'un qui se fiche bien de ce qu'on lui expose, étant à mille lieux de ces problèmes. Gazel rirait. D'ailleurs… Cet abruti ne pourrait pas quitter ses pensées ? Il le monopolisait depuis trop longtemps désormais… Burn suivit alors des yeux l'adulte, qui se leva, pour se servir un thé. Thé qu'il sirota quelques secondes plus tard, en laissait un soupire d'aise envahir la sale. L'adolescent tourna la tête. Sous son regard d'or, était présent un terrain. Le terrain. Celui qui servirait quand Génésis affrontera Raimon… Raimon… Raimon... Raimon, Génésis, terrain… Gloups. Deux minutes… N'était-ce pas le temps qui s'était écoulé depuis que Père avait déclaré « qu'il ne restait plus que Gran et…. » Burn eut l'impression de recevoir une décharge. Son expression corporelle demeura la même. A un détail près : il avait la bouche entrouverte, essayant de sortir une quelconque parole… Ses lèvres, sa gorge…. Tout était sec. Bordel, mais qu'est-ce qu'il faisait ici ? Il recula d'autant plus lorsqu'il entendit un faible rire et que la tasse de thé fut reposée sur une étagère.

- Rest… Restait…

Un murmure perdu quand le petit homme se tourna vers lui.

- Mon garçon, te souviens-tu des événements de la semaine précédente ?

Bien sûr qu'il s'en souvenait. Epsilon avait à son tour échoué. Et l'équipe de Fuus… Oh. Quelque chose clochait dans la tête écarlate. Burn se donna une monumentale gifle mentale. Epsilon avait perdu, avec le retour de ce Goenji. Et l'équipe de Su… De Gazel, était entrée en scène. Burn se contenta alors de déglutir en mettant une plus grande distance entre son Père et lui. Non pas qu'il avait peur… Non pas qu'il ne l'aimait plus… Mais il avait besoin d'un soutien. Soutien qu'il trouva en posant sa main sur une chaise.

Sa conscience avait un souci. C'était indéniable. Il était en train de rêver. Cauchemarder. De faire un malaise. Peu importe. Mais ça ne tournait plus rond. Il devait cependant agir. Père attendait. Incapable de parler, le garçon acquiesça.

- Tu comprendras alors mon choix.

Choix ? Mais de quel choix parlait-il ? Qu'est-ce… Mais quelle idée avait-il eu de répondre positivement, vu qu'il ne voyait pas pourquoi…

- Je suppose que vous vous parlez d'Okinawa.

Burn se retint de faire un bon. Cette voix rêche... Qu'est-ce qu'il faisait là, lui ? Ce type, ce Kenzaki Ryuuchi, lui flaquait des sueurs froides et… Depuis quand était-il présent en fait ?

- Oui, c'est exact.

Exact ? Mais qu'est-ce qui était exact ? Ah oui, Okinawa. Burn eut soudain envie de crier. Crier parce que son esprit tournait au ralenti et que… Il se figea.

- Mon garçon… Tu te souviens des événements à Okinawa ?

Burn avait baissé la tête, ses yeux désormais recouverts par la pénombre. Il avait compris.

- Lorsque tu as affronté Raimon, seul…

- Kenzaki. Laissez-moi faire.

- Bien.

Le plus petit et dodu des adultes se rapprocha alors de l'adolescent. Burn avait envie de régurgiter. De lui régurgiter à la figure. Cependant il suivit pour la première fois son instinct. Il ne fit rien.

- Mon garçon, lorsque tu t'es rendu à Okinawa, seul, sans ton équipe, avec ton nom d'humain, sans suivre mes ordres… Avais-tu pensé aux conséquences ? Avais-tu réfléchi au fait que tu aurais pu mettre en danger mon projet ? Mettre en danger tes amis ? Mettre en danger ce pourquoi vous, mes enfants, vous battez depuis tant de temps ?

Ce dénommé, ce susnommé Père posa alors ses mains sur les joues de son fils. Elles étaient censées être tout aussi douce que la voix de leur propriétaire. Elles brûlèrent néanmoins le visage qu'elles entouraient.

- Tu comprends donc pourquoi j'ai choisi Gaïa comme équipe représentant le point culminant de ce beau projet, pour lequel tu t'es tout de même battu… Tu concevras donc ma décision de nommer Gran comme capitaine de Génésis ?

L'adulte sentit la figure hocher de haut en bas entre ses doigts.

- Parfait.

Puis il se détacha, retournant ainsi à son bureau.

- Tu es un bon garçon, Burn. Tu as quand même montré que tu avais un certain talent.

Une lumière grise inonda alors la pièce. La grande porte était ouverte. Signe que le carmin devait disposer. Son Père tendit alors le bras vers la sortie, en souriant.

- Et la manière dont tu prends mon choix aujourd'hui, me prouve davantage que j'ai eu raison de te nommer capitaine de Prominence. Mais ton comportement de la semaine dernière offre donc, en partie, Génénis à Gaïa. Maintenant, va mon cher garçon, mon cher petit. Et prévient ton équipe de ce rebondissement.

Burn trouva alors la force de saluer son… Il salua ses aînés et se détourna lentement vers la porte. Il l'entendit se claquer derrière lui. Ainsi que des applaudissements étouffés.

- Tu l'as étonnement bien pris finalement.

Gran. Et ses étincelants yeux émeraude.

- Je devrais toutefois acquérir un certain nombre de remerciements.

Burn tourna la tête. Cependant il fut soudain immobiliser entre le mur et un corps, de gris vêtu. Gran avait ses bras de part et d'autre de son visage, son crâne de feu ayant violemment rencontré la paroi derrière lui.

- Tu devrais me remercier. Grâce à moi et à mon intervention à Okinawa, j'ai sauvé l'Aliea Gakuen en quelque sorte. Et, par conséquent, toi et particulièrement ton équipe également. N'est-ce…

- Gran.

Ce dernier tourna la tête.

- Oh tiens, Nepper, Heat. Que faites-vous ici ?

- Je te rétorque la question.

- Qu'est ce que toi tu fais ?

- Moi ? Je discute juste avec votre capitaine.

Le nouveau capitaine de Génésis se décolla et croisa les bras. En gardant son rictus supérieur.

- Ouais, j'espère bien.

- Burn, qu'est-ce que Père voulait ?

Un air hautain se forgea davantage sur la figure de Gran. Encore plus lorsque aucune réponse ne se fit entendre.

- Burn, tu es sûr que ça va…

- Burn. Tu ne devrais pas leur dire quelque chose ?

Le carmin releva les yeux. Gran semblait s'amuser à les torturer.

- Capitaine... Qu'est ce que…

- Qu'est ce que tu es censé nous dire ?

- Bah oui Burn, tu ne dois par leur spécifier un petit détail…

S'il n'y avait pas eu ses équipiers de Prominence pour précipitamment le retenir par les épaules, le chouchou aurait disparu de la surface du globe.

- Burn !

- Eh ho, calme-toi !

Burn cessa alors de se débattre et se retira de l'emprise de ses compagnons.

- Mais enfin qu'est-ce qu'il t'arrive ?

- Bordel mais qu'est-ce que tu fous ?

- Il a perdu.

Son sang afflua alors douloureusement dans ses tempes.

- Il a perdu. Vous avez perdu.

Heat se tourna vers son capitaine et Nepper toisa Gran. Il eut soudain l'impression d'être face à un fou.

- Burn de quoi…

La porte du bureau de leur Père s'ouvrit. Kenzaki. Il fit voyager son affreux regard entre les adolescents puis demanda à Gran de retourner dans le bureau. Ce dernier ne se fit pas prier et y entra, en riant. Une fois la porte refermée, l'homme aux joues creusées sur tourna vers les trois joueurs de Prominence.

- Je vais vous expliquer.

- Nous expliquer quoi ?

- Ce que Gran essayait de vous expliquer, voyons.

Heat et Nepper jaugèrent Burn, interdits. Leur capitaine faisait peur. Il avait le dos courbé, les bras ballants et sa figure était voilée d'une lueur noire.

- Burn, au risque de me répéter...

- Tu es sur que ça va ?

- Si vous voulez bien m'excuser.

Burn se retourna et se dirigea vers le couloir adjacent.

- Burn attend !

Mais ses équipiers furent bloqués. Kenzaki leur barrait la route. Un horrible sourire peint sur le visage. Heat et Nepper se lancèrent un regard. Et ils lurent, dans les yeux de l'autre, que l'aventure touchait sans doute à sa fin.

¤.¤

Burn était incapable de rester. Il ne pouvait pas. Comment… Comment avait-il pu… Comment, lui, avait-il eu l'idée de se rendre à Okinawa ? Pour la première fois de sa vie, il ressentit alors le remord. La culpabilité. La profonde désillusion.

- Capitaine !

Quelqu'un lui attrapa alors le poignet. An.

- Qu'est ce que…

La jeune fille se retrouva alors sur sol.

- Je… Désolé…

- Ne t'excuse pas mais... Je m'inquiète pour toi… Et ne je suis pas la seule !

L'idiote. Il aurait préféré la remettre sur pieds mais… Si il croisait encore un regard d'un quelconque autre membre de son équipe, il exploserait.

- Je… Demande à Heat et à Nepper.

- Mais… Burn, ne part pas !

Bon sang, rien n'allait plus.

- Désolé…. Je suis…

Il ne termina pas sa phrase. An était loin. Il courut si vite qu'il était déjà dans ses propres quartiers. Le monde était ligué contre lui. Tout ici, dans cette académie, lui rappelait son équipe. Il nepouvait plus regarder ses équipiers dans les yeux. S'ils avaient perdu, s'ils avaient échoué, si le titre de Génésis leur était passé sous le nez… C'était sa faute. De sa faute. Il devait endosser la responsabilité. D'une part, parce qu'il était le capitaine. D'autre part parce qu'il était… Il en était le fautive. Pourquoi, pourquoi s'était-il rendu à Okinawa…. Pourquoi n'avait-il pas écouté… Burn s'arrêta alors. Sa respiration bloquée. Son corps étendu sur le sol. Il papillonna des yeux. Et il vit une dernière chose avant de sombrer. Une touffe de cheveux… Une touffe de cheveux clairs.

¤.¤

Il avait mal au crâne. Au ventre. Aux yeux. Au cœur. Partout. Il rouvrit les yeux et dut les fermer aussitôt. Une agressive lumière blanche l'accueillant.

- Tiens, prend ça.

Il se força à retenter l'expérience. Une ombre lui barra alors la vue et il vit un objet flou à quelques centimètres de son visage. Un simple verre d'eau.

- Je ne vais pas rester infiniment comme ça.

En pestant, il prit le gobelet entre ses doigts et porta l'eau jusqu'à ces lèvres. Mine de rien, le liquide le détendit. Il s'assit plus confortablement contre le mur en étendant une jambe devant lui. Son vis-à-vis le toisa quelques instants. Avant de le rejoindre. En se laissant glisser à ses côtés. Du coin de l'œil, Burn vit son rival ramener ses genoux contre son torse. Comme lorsqu'ils étaient petits. En rabattant ses yeux en face de lui, le carmin lui donna la coupe d'eau.

- Qu'est ce que tu veux que j'en fasse ?

- Dans la mesure où tu m'as amené ici.. Ça a dû te demander un certain effort.

- Ben voyons… Je ne suis pas du genre à perdre connaissance au milieu d'un couloir, parce que je manque cruellement de sommeil et que j'ai dévalé l'ensemble de l'académie d'une traite.

- Gazel… La ferme.

L'albinos sourit légèrement et prit alors le verre des mains de son opposé. Il en eut bu une gorgée et posa la tasse sur le sol.

- Cette eau est immonde.

- Ça remet alors les choses en ordre. Tu me prends en charge mais tu me files de l'eau dégueulasse. Ça rééquilibre un peu le tout.

- Tsst… Pour une fois, une de paroles à un minimum de logique.

Et ils laissèrent quelques instants le silence reprendre ses droits. Burn eut l'étrange sentiment qu'un certain souvenir tournait dans la tête argentée. Le souvenir du stop qu'ils lui avaient mis, Gran et lui, après son égalité. Tandis que lui se demandait vraiment ce qu'il foutait là. Dans cette existence. Mais également dans cette salle. Après tout, Gazel avait chuté bien avant lui. Il était sans doute le mieux placé pour le comprendre. Mais il n'osait pas briser leur mutisme. Par simple fierté peut-être. Cependant, il savait davantage que Gazel ne ferait jamais le premier pas.

- Pourquoi ici…

- Mmh ?

- Gazel, pourquoi est-ce que tu m'as amené dans la salle du conseil ?

L'albinos sourit une nouvelle fois.

- Parce qu'il n'y a que nous qui peuvent y accéder. De plus, Gran ne viendra pas. Il est bien trop occupé à fêter sa victoire.

- Tu es au courant ?

- C'est évident.

- Tu m'excuseras, mais je ne sais pas combien temps s'est écoulé depuis ma…

Burn serra les poings.

- Chute…

- Je ne sais de quelle chute tu parles, si même tu utilises la manière figuré ou propre. Cependant je savais qu'en venant ici, on serait seul. Ayant le pressentiment que c'était la seule chose dont tu avais besoin. Mais manque de pot, tu dois également supporter ma présence.

Le carmin sourcilla. Gazel était perspicace. Il avait toujours pensé à tout. Et il prouvait une nouvelle fois cette qualité en lui disant ceci.

- Et puis… C'est là que tout a commencé. Du coup, je me disais que…

- C'est là que tout devait s'achever.

- Exact.

Burn comprima sa mâchoire.

- Ils sont au courant ?

- Les membres de ton équipe ? Et bien… Oui.

- Et…

- Et non Burn, j'ignore la suite des événements, ainsi que leurs réactions...

- Ça ne te fait rien ?

Gazel tiqua.

- D'avoir perdu, ça ne te fait rien ?

Puis soupira.

- Bien sûr que si, imbécile. Si je t'ai tiré dessus avant-hier, c'est bien que ça me faisait quelque chose.

- Avant... Avant-hier ?!

- Oui, avant-hier… Tu as l'air d'avoir perdu ta notion du temps si je ne m'abuse.

- J'en ai jamais eu.

L'argenté sourit plus encore, exaspéré, et dirigea ses doigts vers ses cheveux. Malgré tout, sa main n'atteignit pas le creux de ses mèches, si clairement ordonnées. Le capitaine de feu lui ayant attraper le poignet, l'étreignant de toutes ses forces. Gazel eut un flash. Il ne devait aucunement repensé à son enfance, sinon, ses tourments empirèrent. Contre toute attente, l'albinos souffla et fronça les sourcils, sans se détourner.

- Burn lâche-m…

- Une alliance…

Gazel crut tomber. Son rival avait, marmonné, susurré, murmuré… qu'il n'était pas sur d'avoir bien compris.

- Je te demande ce que tu penses d'une alliance…

Il avait chuchoté une seconde fois. Promptement, Gazel tourna la tête vers la chevelure écarlate.

- De quoi… Dis-moi que j'ai mal entendu...

La prise sur son poignet devint plus forte et l'argenté perçut l'autre sourire, d'un rictus carnassier et arrogant. Comme il avait toujours su le faire. Le regard de glace croisa alors celui d'or.

- Gazel, ça te dirait de créer l'équipe Néo-Génésis ?

- Néo-Génésis… Mais ça ne tourne pas rond chez toi !

Le regard d'ambre devint soudain plus sérieux. Gazel dégagea son poignet de l'emprise de Burn et put enfin remettre sa tignasse en place. Il réfléchit. Longtemps.

Burn déglutit. C'était son dernier espoir. Gazel. Cette idée complètement aberrante. C'était sans doute une dernière attente de la vie. Camouflant une certaine…

- C'est d'accord.

Vengeance.

Burn cligna plusieurs fois des yeux et finit par retrouver son minois insolent. Il se releva et tendit sa main en direction de son rival. Celui-ci se remit également sur pieds. En saisissant sa poigne.

- Burn.

- Gazel.

Ils comprimèrent les doigts de l'autre. Assurant ainsi le jumelage de leur équipe.

- J'annonce désormais…

- La création du projet…

Avec celle de leur rival. Rival devant ainsi coéquipier.

- Néo-Génésis.

Le Chaos naquit.

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Fuusuke sentait la moquette sous ses doigts. Il laissait ses mains caresser le tapis. En étreignant de son autre bras ses genoux contre son cœur. Il ne parvenait pas à trouver le sommeil. Et même si il y avait ici l'excuse que c'était leur première nouvelle nuit au Japon… La fatigue se moquait de lui. L'insomnie le tiraillait. Il vit alors le carmin se tourner sur le côté.

Fuusuke sourit. Haruya avait une bouille assez… Adorable dans son sommeil. L'argenté se risqua alors à effleurer une mèche de cheveux écarlate.

- Fuu'…

Il se figea. Oups. Il retira rapidement sa main mais quelque chose l'en empêcha. Haruya l'avait agrippée.

- Fuu'… Tu…

Les murmures étaient si fragiles. Qu'ils en devenaient délicatement doux.

- Tu n'arrives pas à… A dormir ?

L'albinos sourit faiblement.

- Oui mais rendors toi. Je ne voulais pas te réveil…

- Est-ce que tu te souviens…

Haruya se redressa en remettant ses cheveux en ordre. En vain. Fuusuke savait qu'il était toujours à moitié en train de dormir. Mais il ne pouvait s'empêcher de dévisager cette adorable figure ensommeillée.

- Est-ce que tu te souviens des entraînements de Chaos ?

Bingo. Fuusuke ne s'était pas trompé. Haruya rêvait bien d'un de leur… Souvenir.

- Des entraînements de Chaos ?

- Oui.

- Et bien… Je me souviens déjà qu'on a eu du mal à accorder nos équipes. Lorsqu'on leur a annoncé qu'on souhaitait les mêle, certains membres de Prominence ont pesté, en colère, pendant que d'autres, de Diamond Dust, se muraient froidement dans le silence. Par conséquent, on a du faire des choix. On a du choisir entre…

Fuusuke fit une moue.

- Entre nos coéquipiers…

- Bah fallait bien, on était nombreux quand même.

- Sans doute…

Haruya bailla et finit par se lever en rejoignant Fuusuke sur le sol.

- Haru' mais qu'est-ce que…

La tête écarlate trouva refuge dans le cou de l'albinos. Fuusuke resta quelques instants penaud.

- Du coup, on a mis de côté ceux qui refusait ou ceux qu'on jugeait trop… Peu important.

- Haruya… Tout le monde avait sa place.

- Je sais mais… Les plus braqués faillaient bien les mettre de côté.

- Oui mais…

- Moi je voulais savoir pour les entraînements.

Fuusuke soupira et continua, sans se rendre compte qu'un de ses mains ébouriffait tendrement les cheveux de son opposé.

- Et bien tout a commencé avec le fait qu'on devait trouver un terrain pour s'exercer. Sans qu'on nous trouve. Du coup, on a finit par prendre celui de Diamond Dust, étant celui le plus en retrait de l'académie.

- Je me suis mis en colère.

- Oui, et tu n'étais pas le seul. La plupart des membres de ton équipe l'étaient. Enfin… Après avoir mis tout le monde d'accord, c'est donc toi qui a enfilé le brassard de Chaos, parce que… Et bien... Haruya, tu sais pourquoi j'ai voulu que ce sois toi le capitaine attitré ?

- Mmh, non…

- Parce que… Parce que je trouvais que la manière dont on avait mis hors-jeu était bien plus injuste que… Que la mienne.

- Oh… Mais, c'est mignon ça.

Fuusuke rougit.

- Et du coup, comme j'étais le capitaine…

- Ça ne changeait nullement le fait que, toi, comme moi, étions tout aussi capable d'exiger de nos anciens coéquipiers, que de nos nouveaux. Et après on s'est entraîné. Le jour, de nôtre côté. La nuit, ensemble. Et puis… On a créé nôtre technique combinée.

- A l'aube, je m'en souviens. Il ne restait plus que nous. Tu as tiré. J'ai réceptionné. Puis ai frappé une seconde fois. Et puis pouf… Le Blizzard Enflammé est apparu une première fois.

- Oui, pouf… Haruya, on en a bavé pour la mettre au point. Même si elle s'est faite en une matinée, on n'a pas pu retoucher le ballon jusqu'au match contre Raimon.

- Bah oui mais quand tu mixes le feu et la glace, ça met plus de temps. Et plus de blessures.

- Sans doute…

- N'empêche…

Haruya se releva et entraîna Fuusuke avec lui, dans son lit. L'albinos ne réagit que lorsqu'il se retrouva collé à son meilleur ami, emprisonné dans les draps de feu.

- Tu peux rester avec moi ? Histoire que j'évite de rêver une nouvelle fois de ça ?

- D'a-D'accord…

Haruya en fut heureux puis retrouva rapidement le fil de son sommeil, ainsi que sa douce respiration régulière. Fuusuke finit par sourire, une légère teinte rose sur le visage. Il déplaça minutieusement une mèche de cheveux roux.

- Tu es conscient que demain, tu ne te souviendras de rien, et ne comprendras pas pourquoi on dort ensemble dans le même lit…

Il n'attendait pas forcément de réponse. Fuusuke soupira puis trouva une petite place sur l'oreiller du carmin.

Oui, le lendemain, Haruya ne se souviendrait probablement pas de son rêve, ni de cette conversation nocturne.

Ce qu'il aura cependant en mémoire, et ce, jusqu'à la fin de sa vie, sera l'étrange sentiment qu'il avait eu. L'étrange chose qu'il avait ressentie. Lorsque Fuusuke avait accepté la création de Chaos. Lorsque Fuusuke l'avait sans doute sauvé d'un trépas certain. Lorsqu'il avait, avec son rival, créé l'une des techniques les plus puissantes qu'il utilisa. Faisant ainsi naître un chaos entre eux. Un chaos heureux. Car ils étaient enfin réunis dans une même équipe, pour la première fois.

Haruya se souviendra de ça. Et pas qu'un peu.


Voilou… J'espère que ça vous a plus et que le passage de fin n'est pas trop long (je trouve que si personnellement mais… Il me plaît quand même, même beaucoup ! eheh~)

Blablatage futile : Bon sang, j'ai trop aimé écrire ce chapitre ! Il est peut-être pas parfait, j'en rajoute peut-être moyennement, je détaille sans doute trop mais… J'ai adoré ! Je n'étais tellement pas sereine lorsque je l'ai commencé… Que le résultat me satisfait d'autant plus ! =) Ce n'est pas forcément celui que je préfère mais... Je me suis tellement éclatée à l'écrire et à l'imaginé ! Et puis l'intervention de Heat et Nepper, pas du tout prévue, rajoute peut-être une... Une certaine touche de légèreté et un peu plus d'ironie je trouve... Enfin à vous de juger si ce chapitre est moins dramatique, peut-être moins sardonique parfois et surtout si vous avez remarqué un changement ! (J'ai rajouté une petite chose… Hihi… Je ne sais pas si vous l'avez sentie (dans le début et dans la fin, or du contexte du rêve je veux dire)mais vous le comprendrez très vite dans le prochain chapitre… Ou plutôt dans le dernier eheh (oui, théoriquement il en reste deux après celui-ci et après je passe à autre chose ! D'ailleurs j'ai plein d'idées, j'ai troooopp hâte !) Bref, trêve de blabla, ce chapitre était assez long comme ça ! (oh, si, une dernière chose… Lorsque Gazel emmène Burn dans la salle du conseil… C'était surtout pour rapprocher au mieux la scène de celle de l'anime, dans la mesure où je change pas mal la réalité (ce qui se passe dans l'anime, hein…) (et d'ailleurs, je ne m'en excuserais jamais assez…. TuT) Je souhaite en tout cas que ce chapitre soit, pour vous, à la hauteur des deux autres ! Et je vous retrouve au plus vite ! (dès que j'ai fini le quatrième chapitre en fait, c'est-à-dire… Très rapidement je pense ! (Oui… A part écrire, je ne fais rien pendant mes vacances…) Je vous fais des bisous partout ! (Et bon dieu, que suis-je paradoxale… Je dis que j'aimerais être régulière mais que je n'y parviens pas... Et pourtant… Je vais poster l'autre chapitre dès qu'il sera fini… Je suis un paradoxe vivant, dépourvu de logique… Et fière de l'être en plus… (Bah voui, mai en même temps, je suis trop impatiente de commencer l'autre fiction !) :3