Bondouuuuuur ! Alors, comme promis, mon petit chapitre. Promis, ce n'est pas le dernier. Mais ce n'est pas loin. La fiction en elle-même n'avait pas une graaaande intrigue, mais elle m'a permis de me jeter à l'eau. J'ai déjà une deuxième idée de scénario, beaucoup plus colossal, et surtout, intéressant. Aussi, je tiens à vous dire que ce sera un happy-end. Je ne me sens pas encore à rendre mes personnages malheureux jusqu'à la fin des temps (c'est psychologique.).
Je m'excuse aussi des fautes cachées dans le texte, que je n'ai pas pu trop relire (c'est le dawa(=bazar) chez moi, alors bon.) Bonne lecture, et vos avis sont toujours appréciés !
Musiques : - Broken Crown.
Devil's Blackbone - The Civil Wars.
Tell Mama - The Civil Wars.
- Soldier On.
Je me souvenais de ce jour d'automne. Celui ou pour la première fois, nos corps et nos âmes n'avaient faits qu'un. Nous nous étions unis dans le plus grand des secrets. Nous nous étions dévêtus de nos jugements, de nos insultes, et sous la grande lune, nous avions hurlé notre amour. Ce fut la seule fois où il se montra doux. La seule fois où il n'eut pas peur du réveil. La seule fois où j'avais pris les rennes, en âme et conscience.
J'étais assise sous le grand arbre, un livre à la main. Il était tard. Si quelqu'un me surprenait, j'irais pour la première fois de ma vie en heure de colle à recopier manuellement le livre de potion, sous les ordres de Rogue. Mais je m'en fichais quelque peu, aujourd'hui. Je réfléchissais à ce que Malefoy avait fait, hier. Je n'avais compris que trop tard. Peut-être aurais-je dû fuir, fuir cette affreuse réalité, laisser mes soupçons de côté, et ne pas sauter dans le wagon qui me conduisait à ma destruction. Or, je n'avais pas eu l'intelligence de le faire. J'avais plongé, tête baissée. Pour le meilleur, pour le pire.
« Drago…
-Tais-toi. Juste ce soir. »
Il venait d'arriver. Les cheveux en bataille, l'air débraillé. Il n'arrivait pas à dormir, lui non plus. Il savait ou me trouver. Je lui avais chuchoté à l'oreille, après notre baiser. Je posais mes mains sur la couverture au sol et me hissais sur mes pieds, pour pouvoir le fixer. Une fois que je fus debout, il tourna autour de moi, lentement. Il glissa ses mains sur mes hanches, dans une douceur infinie. Le silence régnait, mais si par la suite, lors de nos ébats, il devint gênant, aujourd'hui, il était parfait. L'instant n'en était que plus féérique. Drago passa ses doigts sous ma chemise d'écolière pour caresser mon ventre, glissant sa tête dans mon cou. Il y déposa une flopée de baiser léger, comme pour tester mes barrières, pour voir si je saurais m'arrêter à temps. Or, j'en étais incapable. S'il avait appuyé sur le bouton marche, c'est moi qui pédalais à présent. Mais pas maintenant, pas de suite. Il continua ses caresses sur ma peau avant de s'avancer vers les boutons de ma chemise. Il les enleva un à un. Et si vous n'y voyez-là rien de symbolique, j'y voyais là toute notre histoire. A chaque fois, chaque rencontre, chaque baiser, chaque parole, chaque insulte, nous enlevions un bouton. Plus nous nous aimions, plus les boutons s'effaçaient. Et bientôt, il n'y en aurait plus. Et nous serons morts. Morts parce qu'on s'était trop aimé. Enfin … peut-être, justement, nous ne nous aimions pas assez. Il avait laissé ma chemise blanche tomber au sol dans un choc sourd, le bruissement du vent, rien de plus. J'étais dos à lui, les yeux rivés sur l'horizon, frissonnant à chaque fois que ses doigts caressaient ma peau. Cela me faisait mal. Un mal de chien. J'aurais pu en mourir, de ses doigts sur ma peau. De son corps pressé contre le mien. De son souffle dans ma nuque. Je le détestais. Roi des cons. J'étais sa putain de marionnette, il se jouait de moi, et j'adorais ça. J'étais devenue accro, trop rapidement. A cause de cette fois-là. Car si je n'avais jamais loupé le plaisir dans nos batailles la nuit, je savais que c'était celle-ci qui m'avait fait sombrer. La meilleure de toute. Il glissa ses doigts et détacha mon premier sous-vêtement, toujours silencieux. Quant à moi, je tentais de rester calme, mais la situation en elle-même ne se s'y prêtait pas. Des soupirs s'extirpaient de mes lèvres pour venir échouer au sol, comme un millier de message codé pour signifier mon désarroi, un millier de larmes qui couleraient, encore et encore. Il glissa ses doigts sur ma poitrine, avec une lenteur frôlant l'insupportable, se montrant attentionné et doux. Il m'avait menti sur la marchandise. Et j'en avais encore mal. Je sentais encore ses doigts sur mon ventre, détaillant ma poitrine de ses doigts comme l'aurait fait un aveugle. J'en brûlais encore. Je m'étais retournée, après ce long moment de tendresse silencieux, et j'avais glisse ma tête sur son torse, pour entendre son cœur battre contre mon oreille. Tic, tac, j'enlevais un bouton, tic, tac, un deuxième, tic, tac … Bientôt, nous furent unis, dans l'ombre de la nuit, avec comme seule témoin la lune. Nous nous étions aimé plus qu'il ne l'était permis, le temps de quelques heures. Et au petit matin, la réalité m'était revenue en plein visage. J'étais allongée dans la salle sur demande, alors que nous étions, quelques heures plus tôt, dans le parc. Je n'étais même pas sûre que ce souvenir fût réel. Mais je restais persuadée de l'avoir vu avec moi. Le temps d'une nuit, nous étions ensemble.
Ensemble. Putain de mot. Putain de vie. Je le détestais. Encore et encore. Et même en essayant de faire fuir ma douleur, je n'y arrivais pas. Toujours là, toujours présente, prête à m'écraser. J'étais enfermée dans cette cage. Il avait la clé, mais il refusait de me la donner. J'étais son jouet. A disposition, entre deux vents. J'étais sa putain de service, et ça m'avait plu. Je me détestais pour ça. Parce que je n'avais pas su arrêter. Peut-être aurais-je dû vraiment le quitter. Sauf qu'on n'était pas ensemble. Il ne m'aimait pas. Nous n'étions rien l'un pour l'autre. Et c'est ça qui fait mal. Savoir qu'on serait prêt à tout donner pour quelqu'un, qui lui-même serait prêt à nous vendre au diable pour seul plaisir. Je le haïssais car il n'avait pas mal. Pas de brûlure, pas de griffure. Il n'avait jamais mal. C'était le plus vexant, je crois, de se faire sauter par le premier venu, tout en sachant qu'il ne connait pas notre prénom. Et pourtant … Ce soir-là, j'avais été heureuse qu'il soit là.
« Hermione, ce n'est pas bien de traîner seule dans les couloirs de Poudlard, la nuit … »
La voix de Marius Berrow me vrilla les tympans. Il était de ceux qui sifflaient leur parole, comme les serpents. Être détestable en somme. Je m'étais retournée, et je l'avais regardé. Il était vraiment beau, comme la plupart des Serpentards. Ses yeux étaient noirs comme la nuit, sa peau était légèrement bronzée. Marius était vêtu d'un simple tee-shirt et d'un jean, comme les moldus. A vrai dire, il était un des rares sang-purs à connaître des moldus, et osait se vêtir ainsi lors de ses rondes de préfet. Je le savais car j'avais appris à connaître ou ses pieds le menaient pour qu'il ne m'attrape jamais. Mais cette nuit, après avoir laissé Drago, je n'avais pas fait attention. J'aurais dû, putain, j'aurais dû.
« Lâche-moi, Berrow. »
Je regardai sa main sur mon bras avec dégoût. Depuis Malefoy, je ne supportais plus le contact des autres hommes –garçons- sur ma peau. Aucun ne lui arriverait jamais à la cheville, et si j'avais pensé pouvoir revivre après ses centaines de nuits, je m'étais trompée lourdement. On n'oublie jamais. Et ce jamais a toujours un certain goût d'éternité.
« Et pourquoi ça, Granger ? »
Il s'avançait, glissant ses mains sur ma peau, là où il ne devrait pas. Reine des salopes. Le trophée. A se faire de toute urgence. J'avais envie de crier, mais j'étais tétanisée. Incapable d'esquisser le moindre mouvement. Alors, je me laissais faire. Je laissais mon dos plaquer la pierre froide, je laissais ses doigts se glisser sous mes vêtements, des larmes ruisselant sur mes joues de porcelaine. Jusqu'à que cela cesse. Mes yeux étaient fermés si fort que je n'avais rien vu. Mais je l'avais senti, je l'avais entendu. Marcus avait été tiré en arrière, puis frappé. Il avait décampé comme un gamin face au grand méchant loup, me laissant avec mon sauveur. Des bras réconfortants s'étaient enroulés autour de moi, et je m'étais laissée faire. Encore. Puis, j'avais ouvert les yeux. Drago. Cette nuit-là, dans la salle sur demande, nous n'avions rien fait. Il m'avait bercé toute la nuit pour que je trouve le sommeil.
Je soupirai, tout en serrant maladroitement la main de Blaise. Je lui avais tout raconté, deux soirs après le départ de Drago. Il n'avait rien dit, il avait écouté, il m'avait réconforté. Blaise était parfait. Et j'étais triste pour lui. Parce que Blaise aimait Ginny, et Ginny, elle n'osait pas aller vers lui. Ils m'énervaient. Ils ne se voulaient que de plus, mais s'éloignaient encore. Quand moi je tuerais pour le voir, un instant. Je m'étais approchée de Ginny avec Blaise, j'avais donné sa main à la rousse avec un demi-sourire, et j'étais repartie à ma place dans le plus grand des silences. J'attendais ma copine la mort. Putain, qu'est-ce que je racontais ! Cette salope –au même titre que moi, notez-le- n'était pas ma copine ! C'était elle qui me séparerait de ceux que j'aime. Nous n'avions rien de semblable … « Et pourtant, Granger, tu veux le priver de ses parents, de ses amis, de ses croyances pour qu'il soit avec toi. Tu es sûre de ne pas lui ressembler ? » Je me maudissais avec tout l'aplomb que j'avais. Je n'avais pas à me rabaisser toute seule, les autres le faisaient déjà bien.
Dans un silence religieux, Harry et Ron vinrent à mes côtés. Je tenais leur main avec force ne voyant les hommes en noir arriver. Et alors, une mélodie surgit de nulle-part, une mélodie que je connaissais.
« Touch my mouth and hold my tongue
I'll never be your chosen one
I'll be home safely tucked away
Well You can't tempt me if I don't see the day »
J'étais la seule à la percevoir, je crois. Je lâchais les mains d'Harry et Ron, et je m'avançais. Je crois qu'ils hurlaient pour me retenir, mais je ne contrôlais rien. Je portais ma main à mes lèvres, dans un geste désespéré, fermant les yeux. Je crois que le silence était insupportable pour eux. Les hommes en noir étaient à dans la cour, la résistance en face, et moi, moi seule, au milieu, comme un fantôme.
« The pull on my flesh was just too strong
Stifled the choice and the air in my lungs
Better not to breathe than to breathe a lie
'Cause when I opened my body I breathe in a lie »
Je respirais mal. J'avais la gorge sèche, j'avais mal. Trop mal, trop fort. J'avais l'impression que chaque mot pressait ma peau, j'avais le monde sur les épaules, et j'étais incapable de le retenir. Mes jambes tremblaient sous moi, j'avais le regard vide, je ne voyais rien. J'étais face à tout ce noir… Et Harry, Ron, Blaise ou Ginny ne criaient plus. Ils avaient compris que cela ne servait à rien. Que si je voulais me sauver, je devais le faire seule. Je devais le vouloir …
« I will not speak of your sins
There was a way out for him
The mirror shows not
Your values are all shot »
Le monde tournait sous mes pieds. Une valse, un tango, je n'en savais trop rien. Ce que je savais cependant, c'est qu'une douleur venue de nulle part m'attaqua, fort, fort. Le monde ne tenait pas sur mes épaules, il avait glissé avec moi. J'étais à genoux au sol, la musique détruisant toujours mes tympans. Et je crois que le silence régnait dehors, loin de mon esprit. Je crois qu'ils me regardaient tous. Les Mangemorts avec un grand sourire, mes amis avec peur. Il fallait que je me batte … Mais je devais le vouloir.
« But oh my heart, was flawed I knew my weakness
So hold my hand consign me not to darkness »
Je murmurais son prénom, à présent. Une plainte inaudible pour qu'il me laisse. Pour qu'il détache ses chaînes, pour que je ne sois plus sa putain, pour que je sois libre. Pour que je puisse me battre, pour que je le veuille. Il devait me laisser prendre mon envol. S'il ne voulait pas de moi, soit, mais qu'il lâche prise. Je le suppliais à présent, silencieusement. Je crois qu'Harry n'entendait rien. Je crois que Voldemort n'entendait rien. Mais Drago … Je crois qu'il savait. Je ne pourrais vous le dire, car je ne voyais rien.
« So crawl on my belly 'til the sun goes down
I'll never wear your broken crown
I took the road and I fucked it all away
Now in this twilight, how dare you speak of grace »
Avec une lenteur inimaginable, je m'étais relevée. La musique continuait, encore et encore, sans répit. Elle résonnait en moi, encore et encore. Je ne porterai jamais sa couronne brisée. Je n'en voulais pas. Je ne voulais plus de lui. Il me faisait trop de mal. Il le faisait si bien. J'attrapais doucement ma baguette, sous le regard ahuri des mangemorts. Je la levais vers eux, lentement. Blaise était venu à côté de moi. Renier son nom, ses amis, sa famille pour la liberté, j'inclinais mon chapeau. Je serrais ses doigts entre les miens en voyant les hommes en noirs s'approcher. Puis, le premier sort fusa.
« So crawl on my belly 'til the sun goes down
I'll never wear your broken crown
I took the road and I fucked it all away
Now in this twilight, how dare you speak of grace »
J'avais hurlé un « SURSUM CORDA* ». Blaise avait alors fait de même, suivi de tous l'Ordre. Ce sort, je l'avais créé moi-même. La seule arme que Voldemort ne possédait pas. L'amour. « Elevez vos cœurs », nous criions. Tout notre amour en quelques mots, qui allaient briser l'armée adverse. Aucun n'était blessé, seul Voldemort était affaibli. Cela se voyait à son abominable visage. Il devait être déçu de ne pas m'avoir tué. Pourtant, la musique continuait. Comme une promesse. Toujours là. Puis, elle se finit. Les paroles cessèrent, la musique peu après. Le dernier accord fut un cri. Le cri d'un homme. J'eus soudain peur. Je m'avançai, je poussai chaque homme se trouvant sur ma route. Harry et Blaise tentèrent de me retenir, et c'est finalement Théodore Nott qui me plaqua contre son torse. J'hurlai. Chacun recula, me laissant entrevoir la scène. Drago était en train de se courber sous la douleur des Doloris, au sol. Théodore resserra sa prise quand ma folie reprenait. Immense. J'avais mal. Autant que lui. Mes larmes coulaient abondamment, mes lèvres saignées parce que je les maltraitai avec force. Voldemort me regarda avec un léger sourire, et siffla des paroles. J'étais la seule à les entendre.
« Si tu le veux, viens le chercher, Hermione. »
Je déglutis et se mordis la lèvre face au dilemme. Ma vie, la leur contre la sienne. Non, je ne pouvais pas. Drago me fixait, abattu. Je lui faisais une grimace désolée avant de poser ma main sur le bras de Théodore, qui me lâcha. Il avait compris que j'étais calmée. Il savait que j'allais arrêter mes conneries comme ça. « Sursum corda… » ma voix était faible, ma baguette tendue vers lui. Personne n'avait vu, personne n'avait compris. Et pourtant.
J'avais deviné ce qui allait se produire.
« Avada Kedavra. »
Je tombe.
« Oh Lord, Oh Lord, what have I done?
I've fallen in love with a man on the run
Oh Lord, Oh Lord, I'm begging you please
Don't take that sinner from me
Oh don't take that sinner from me »
Amour détestable qui nous faisait sombrer. On aimait ça, la douleur. Putain. On aimait tellement ça qu'on en crevait. Qu'on s'en arrachait les cheveux. On oubliait nos noms le jour alors qu'on les hurlait la nuit. On était des enculés de premières catégories. Roi et Reine des menteurs. On aimait se faire mal, à la lueur des chandelles. On se détestait. Et pourtant … Putain qu'est-ce qu'on s'aimait. On aimait que nous, au fond. Y'avait plus de distinction. Un peu comme une même âme dans deux corps. Et on aimait la détruire, cette âme, pour qu'on se détache l'un de l'autre. On aimait ça. Du feu qui léchait nos peaux. Autodestruction. Jusqu'au bout. Tu savais que j'aimais tes yeux ? Tes yeux mystérieux, orageux. Un océan en tempête puis l'océan calme … T'étais beau, avec ton regard des mauvais jours. T'avais rien perdu de ta splendeur, putain, une fois heureux. T'étais mille fois mieux. T'étais la foudre et le soleil. On aurait pu être heureux, tu sais. L'instant d'une nuit, l'instant d'une vie, si tu avais mis du tiens. Si t'avais arrêté d'être le roi des cons. C'était pour ça que je te détestais. Parce que t'avais pas cru en nous. T'avais pas cru en moi. Et ça faisait mal.
« Oh Lord, Oh Lord, what do I do?
I've fallen for someone who's nothing like you
He's raised on the edge of the devil's backbone
Oh I just wanna take him home
Oh I just wanna take him home »
J'avais fini par perdre la foi. Parce que Dieu n'existait pas. Parce qu'il était le roi des enfoirés, là-bas, haut perché. Il aurait pu nous aider à être heureux, à nous expliquer comment faire. Mais non ! Bien sûr que non. Parce que Dieu voulait le spectacle. Un Roméo et Juliette chez les magiciens. Oui, j'avais fini par perdre la foi. Par ne plus croire en moi, en nous. Je ne priai plus que par lui et son sourire goguenard. Ensuite, la douleur des abandons ajoutés à mon malheur déjà naissant, j'avais fini par ne plus croire en lui. Comme du sable entre mes doigts, ma propre volonté m'avait échappé, voguant vers d'autres horizons. Le vent n'avait pas soufflé en sa faveur. Et j'avais arrêté de croire en lui. Il ne pouvait et ne voulait pas se repentir. Il restait un putain de mangemort à la botte de Voldemort. Et moi, j'avais juste été sa putain. Je ne lui offrirais jamais de l'or ou de la renommée. J'étais peut-être pas assez bien pour lui. Je ne sais pas, je ne sais plus. Mais ça faisait mal.
« Oh Lord, Oh Lord, he's somewhere between
A hangman's knot, and three mouths to feed
There wasn't a wrong or a right he could choose
He did what he had to do
Oh he did what he had to do »
J'avais maigri, aussi. Mon corps de gamine avait grandi, pour devenir celui d'une femme. Et si j'avais eu un jour des formes, elles s'étaient évaporées avec mes sourires, avec lui. Je pouvais entrevoir mes côtes dans le miroir, la maigreur de mes jambes. J'avais des putains de baguettes à la place des bras, et ça n'inquiétait personne ! Mes lèvres avaient perdues de leurs éclats. Je me rappelle mes lèvres les jours ou il m'embrassait … Elles étaient d'un doux rosé. Comme si j'avais éclaté une cerise sur ma bouche. Et mon visage … J'avais l'impression d'avoir passé une vie sans dormir. Le visage anguleux, les cernes bleutés sous mes yeux vides autrefois pétillants. Ambrés, disions-nous. Aujourd'hui, c'était une sorte de chocolaté raté. Putain.
« Give me the burden, give me the blame
I'll shoulder the load, and I'll swallow the shame
Give me the burden, give me the blame
How many, how many Hail Marys is it gonna take? »
Pardon, mon père. J'avais cru qu'aimer ne détruirait pas tout ce qu'il a de pur en moi. Pardon mon père, je pensais m'en sortir. Je m'étais lamentablement trompée. Je n'avais pas cru que cela faisait mal. Voyez-vous, la bible en parle comme un acte pur. Une putain de bonne action que de ramener une âme à la dérive. Mais à cause de lui, c'est moi la putain d'âme à la dérive. Je ne peux pas lui en vouloir. C'est un peu ma faute, après tout. C'est moi qui lui ai donné le champ libre. C'est moi qui lui ai retiré ses boutons de chemise un à un, ce soir-là. J'aurais dû faire attention, mais je ne voulais pas. J'avais besoin d'électricité. J'avais besoin d'aventure. Il était là, pour moi … Et ça faisait pas mal, avant.
« Don't care if he's guilty, don't care if he's not
He's good and he's bad and he's all that I've got
Oh Lord, Oh Lord, I'm begging you please
Don't take that sinner from me
Oh don't take that sinner from me »
Je l'aimais. De toutes mes forces, de tout mon être. Comme un rappel à l'ordre. Une plainte sourde d'un trop plein d'amour. Comme un rappel à l'ordre, il avait dû partir. Je ne lui en voulais plus, plus maintenant. Parce que c'est sa lâcheté que j'aimais. Son regard orageux, ses réactions violentes, son sang sur les mains. Et le mien, putain, le mien sur ses doigts masculins. Qu'il m'égorge s'il le voulait. Rien n'importait plus vraiment, à présent. Je lui offrais ma vie, mon âme, mon corps, contre une dernière étreinte.
Un dernier coup de rein avant l'épuisement.
Un dernier baiser avant la mort.
Je tombai. Mais je me relevai. Comme dans un rêve. Le sort avait marché. Je regardai autour de moi. Et je le voyais, là. Drago Malefoy face à mon corps inerte. Il aurait dû mourir, mais par il ne savait quel barbarie, c'est moi qui était morte. Drago Malefoy était en train de pleurer ma mort. Et étrangement, je m'en réjouissais. D'un pas furtif, je m'avançais à travers la foule, avant de m'installer face à Harry et déposer mes lèvres sur sa joue. Bientôt, son corps s'affaissa au sol, et son esprit revint, sous forme spectrale.
« Nous n'avons pas beaucoup de temps !
-Hermione …
-On parlera plus tard. Je m'occupe d'eux, toi, finis-en avec cet enfoiré. »
Il fut étonné de mon langage, je crois, mais il eut la bonté d'âme de ne rien dire. Quelques instants après, tous les mangemorts se battaient contre le vent, sans comprendre. Neville, Ginny, Théodore, Blaise, tous furent d'abord morts de peur en voyant le corps d'Harry et d'Hermione au sol, mais finirent pas voir que l'attraction que subsistait le vide pour les hommes en noirs. Il ne leur en fallut pas plus.
Le réveil fut douloureux. Ma tête me tournait atrocement, mon cœur s'affolait. Mais j'étais heureuse. Le sort avait marché. Drago était vivant. Voldermort, mort. Je me relevais doucement en levant mes bras au-dessus de ma tête, avec un léger sourire aux lèvres. Je m'avançais dans le dédale de pierre qu'était devenu Poudlard, beaucoup plus légère qu'à l'accoutumée. Drago n'était plus obligé de choisir. Plus maintenant. Il m'avait moi. C'était parfait.
« Hermione ? »
Je me retournais pour faire face à Harry, en souriant. Mais comme une traîne de poudre mon sourire s'effaça à son air morne. Il avait l'air abattu. Pas parce qu'il était triste, non, mais parce qu'il savait comment je me comporterais.
J'avais deviné. Putain, non. Pas ça.
« Non, non, non … »
Je ne pouvais pas accepter. C'était plus fort que moi. Mon cœur tapait trop fort. Putain. Je l'aimais. Vraiment. J'avoue. Je laissai tomber les barrières. Je laissai ma carapace plus loin. Je l'aimais. Et il s'en était allé. Il m'avait abandonné sur le bas-côté. L'engrenage infernal s'arrêta. Quelque part, les rouages se stoppèrent, et j'eux l'impression de suffoquer. Mes larmes commencèrent à couler sur mes joues. Harry attrapa ma main et me tira dans une pièce. Ginny était installée dans un coin, caressant le dos de Blaise qui fixait le sol. Théodore n'était pas là. Ron fixait l'horloge d'un air morne. Mais je m'en fichais. Rien ne comptait. Parce que tout était fini. Il avait fallu un certain temps pour que cela m'atteigne. Il était mort. Harry, Ginny, Blaise, Ron, aucun n'avait à me le dire. Je le sentais. Je le voyais. Et mon cœur, mon cœur il saignait. Putain de guerre, salope en puissance. Reine des garces. Elle m'a volé mon trône, mon amant, mon amour. Toute décision ne m'appartenait pas. Ne m'appartenait plus. La personne pour qui j'avais donné l'illusion de ma vie venait de la perdre. Du jour au lendemain. Depuis combien de temps le savaient-ils ? Depuis combien de temps lui avaient-ils dit au revoir ? Je me sentais vide. Plus rien n'avait de sens. Respirer était une corvée. Les regarder était au-dessus de mes forces. J'avais joué le tout pour le tout pour le garder près de moi, et eux … Eux, ils n'avaient rien fait.
« On est désolés, Mia. »
La voix rauque de Blaise parvint à mes oreilles. Comme un long sifflement. Je le haïssais. Ma main se détacha de mon corps pour venir frapper sa joue. Avec une force que je ne me connaissais pas. Les larmes avaient cessé de couler. Et lentement, j'avais sombré. Je continuais de le ruer de coup. Encore et encore. Harry attrapa mes poignets, qu'il sera plus que de nécessaire, et m'emmena dans une de ses salles blanches capitonnées qui rendaient fous. Il était mort.
Quelque part, quelque chose se mit à faire terriblement mal.
