Chapitre 2

-Madara-sama ? Vous sentez-vous mal ?

Le regard emplis d'une préoccupation sincère, Uchiha Hikaku l'observa les lèvres pincées.

Comme à son habitude, l'homme avait attaché ses cheveux bruns en une queue de cheval haute qui donnait une bonne vue de son visage en lame de couteau, ainsi de ses yeux perçants. Une tunique mauve à col haut, pourvue de chainettes au torse, le couvrait jusqu'à ses genoux, révélant les bandages enroulés autours de ses tibia.

Il paraissait perplexe.

-Ca va, croassa Madara en sachant pertinemment que son conseiller ne le croirait pas.

Avec ses cheveux ébouriffés et son air hagard, il devait être loin de la définition de « bien ».

Il avait passé toute l'après midi sur la falaise à se morfondre jusqu'à que la nuit tombe. C'était à ce moment précis qu'il avait compris ce qu'il devait faire : Détruire la tablette de pierre dans les souterrains du quartier de son clan pour empêcher quiconque de reproduire les mêmes erreurs que lui.

A savoir, ressusciter Kaguya.

Ce serait la première chose qu'il ferait. Ensuite, il se tiendrait à distance des affaires du village pour se focaliser sur la recherche de Zetsu.

Si la tablette n'était plus là, cela ne signifiait pas qu'il ne manipulerait pas quelqu'un d'autre.

Profitant de la pénombre du crépuscule, il s'était alors précipité vers le bâtiment abritant la stèle, mais s'était heurté à Hikaku au coin d'une ruelle.

-En êtes-vous sûr ? Lui demanda l'homme en le tirant de ses pensés.

-Je vais bien, répondit Madara.

-Si vous le dites…

Le shinobi se tut un moment.

-Si ce n'est pas indiscret, reprit-il, où alliez-vous ? Votre demeure se trouve à l'opposé de cet endroit.

Avec un grognement intérieur, Madara se fustigea mentalement pour son manque de discrétion, lui ayant valut de se faire surprendre. Maintenant, il ignorait quoi dire à son conseiller pour le tenir à distance.

Or, s'il ne faisait pas erreur, Hikaku avait toujours été le membre de son clan le plus fidèle. Jamais il ne l'avait trahi et avait toujours eut foi en lui. L'homme était mort peu de temps avant sa désertion lors d'une mission aux frontières de la terre des vagues. Un regrettable incident qui avait profondément affligé Madara.

Pendant un instant, il se surprit à penser qu'il pourrait peut-être le mettre dans la confidence, du moins en partie. Après tout, il était plus que convaincu que son camarade de clan ne le dénoncerait pas.

-Ecoute, commença-t-il en se penchant vers celui-ci jusqu'à que leurs visages ne soient plus qu'à quelques centimètre l'uns de l'autres. -Ce que je m'apprête à te dire ne doit être répété en aucun cas. Est-ce clair ?

Semblant percevoir la gravité de son ton, Hikaku hocha brièvement et grimaça légèrement à leur proximité.

Ne tenant pas compte de l'expression gêné qui venait rougir les joues de l'homme, Madara enchaina immédiatement :

-Je vais détruire la tablette, déclara-t-il de but en blanc en faisant taire d'un mouvement de main un hoquet de surprise, je l'ai décodé il y à de cela quelques temps. Le secret qu'elle renferme est terrible.

La bouche grande ouverte par la stupéfaction, le conseiller balbutia quelques mots inintelligibles avant de se reprendre :

-Que voulez-vous dire ? Haleta-t-il, cette tablette est sacrée ! La briser vous attirerait l'ire de tout le clan !

-Parles moins fort, le sermona Madara avant de poursuivre :

-Ils n'auront aucune preuve que c'est de moi qu'il s'agit, murmura-t-il, même si seul quelques membres privilégiés du clan connaisse la salle secrète ou la pierre repose, personne ne pourra directement remonter à moi si tu te tais.

Il rapprocha encore plus sont visage de l'autre Uchiha :

-A moins que tu comptes me dénoncer évidemment… Susurra-t-il d'un ton se voulant à la suave et menaçant.

Pour faire bonne mesure, il activa son sharingan.

Dans un premier temps, Hikaku resta figé sur place, probablement trop abasourdit pour emmètre le moindre son. Puis, après ce qui sembla être de longues minutes, il se décida enfin à réagir :

-Qu… Sous-entendez-vous que je pourrai vous trahir ?! S'étrangla-t-il d'un air profondément outré.

-Je donnerai ma vie pour vous ! Clama-t-il en claquant sa main sur son cœur.

La respiration pantelante comme s'il avait courut un marathon, le shinobi leva vers lui des yeux tout aussi rougeoyant que les siens.

Dire que Madara fut surprit était un euphémisme. Il ignorait qu'Hikaku pouvait être autant passionné. Dans sa précédente vie, l'homme lui avait toujours parut être une personne ne perdant jamais son sang-froid quoiqu'il se passe.

C'était d'ailleurs lui qui le retenait de bruler des choses –ou quelqu'un- lors des réunions qu'il avait avec les anciens de son clan.

Le voir ainsi le surprenait et l'intriguait : Il ne se serait jamais imaginé que la fidélité qu'éprouvait Hikaku à son égard pouvait le pousser à de tels extrêmes.

Il ne sut pas pourquoi, mais il ne pu s'empêcher de sourire. Dans sa première vie, il était complètement passé à coté de ce fait. Maintenant qu'il l'avait pleinement réalisé, il sentait heureux que quelqu'un d'autre qu'Harashima lui ait été aussi dévoué.

-Très bien, dit-il en s'éloignant finalement du conseillé troublé, allons détruire cette maudite tablette dans ce cas.

Sans attendre de réponse, il le dépassa dans un tourbillon de robes noires. Quelques secondes plus tard, le claquement significatif des sandales ninja retentissait derrière lui, et Hikaku le rejoignait.

Durant tout le trajet, aucun des deux hommes ne prononça un seul mot. Une sorte de silence solennel régnait entre eux.

Finalement, leur destination apparue devant eux sous la forme d'un temple en bois rouge. Aux poutres de chênes avait été accroché d'épaisses cordes d'où des lanternes pendaient, et diffusaient une douce lumière dorée autours de l'endroit.

Aussi silencieusement que possible, les shinobis gravirent les quelques marches menant à une grande double porte, et se glissèrent tel des ombres dans le bâtiment avant d'ouvrir une trappe secrète se trouvant sous un tapis.

Se sentant quelque peu ému de revenir ici après tant d'années, Madara ne pu s'empêcher de prendre une inspiration haché en redécouvrant la petite salle grise, éclairé par deux flambeaux placés de part en part de la fameuse tablette de pierre.

-Et maintenant ? L'interrogea Hikaku d'une voix aigue trahissant sa nervosité.

-Et maintenant nous la détruisons, répondit Madara en s'avançant.

D'une de ses larges manches, il en tira un petit couteau de rituel : un athamé.

C'était la seule chose qu'il avait pu se procurer sans attirer l'attention. Un katana ou son gumbai auraient été trop voyant.

Lentement, il s'approcha de la stèle et, pendant un bref instant, il se revit à cet endroit même dire à Hashirama qu'il quittait le village.

Il dû se faire violence pour repousser la vague de nostalgie qui l'assailli.

-Je dois le faire, murmura-t-il pour lui-même, je dois le faire… Répétât-il.

-Madara-sama, souffla Hikaku les yeux écarquillés, qui à-t-il d'écrit sur cette tablette pour vous mettre dans un tel état ?

-Quelque chose de terrible, déclara Madara, si terrible que cela pourrait détruire notre monde.

Puis, d'un geste si rapide qu'il en devint flou, il fendit l'air de sa lame.

Lorsque l'athamé entra en contacte avec la stèle, il se brisa net. Sans surprise, Madara observa l'unique fragment de poignard raccroché à la garde d'un œil critique alors qu'un son de fissure se faisait entendre devant lui.

Il n'eut pas besoin de regarder pour savoir que la pierre sacrée venait d'être réduite en miettes si fines qu'il serait impossible à quiconque de les assembler une nouvelle fois.

-Vous… Vous l'avez réellement fait, ahana Hikaku stupéfié.

L'homme s'accroupit au niveau des gravas, en prenant une poigné entre ses mains qui eut vite fait d'être réduite en poudre sous la pression de ses doigts.

-J'espère que vous ne le regretteriez pas, lui dit-il sans venin dans la voix.

-Ne t'inquiète pas pour ça, répliqua Madara, je n'ai jamais été autant convaincu de la justesse de mes actes qu'à ce moment là.

Le conseillé le fixa avec ce qui semblait être de l'admiration, puis se redressa avant d'épousseter ses longues robes.

-Que vos paroles vous honores, déclara-t-il en fermant brièvement les yeux, avez-vous quelque chose d'autre à faire ici ?

-Non. Nous pouvons rentrer.

Hikaku hocha la tête :

-Par ici, dit-il en lui ouvrant la voie.

Madara le remercia en hochant une fois la tête et prit les devant. Il était commun chez les Uchiha de laisser leur leader passer le premier le seuil des portes lorsqu'ils étaient chez eux. Hikaku avait été un des rares à le faire encore durant cette période de sa vie une preuve qu'il le considérait toujours comme son chef de clan et le respectait.

Alors qu'il montait les escaliers en sens inverse, Madara se surpris à se sentir plus léger. Il ne savait pas si c'était le fait qu'il ait comprit que son conseillé lui avait toujours été fidèle, ou bien qu'il ait détruit la stèle maudite, mais il avait l'impression qu'un poids avait été ôté de ses épaules.

Même savoir que Tobirama avait eut cette conversation avec Hashirama concernant le moyen de vote pour élire l'Hokage, et les secrets des yeux des Uchiha, ne pouvait atténuer sa bonne humeur.

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oOo

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Comme prévus, Hashirama remporta le vote avec plus de la majorité.

Stupéfait, l'homme était resté la bouche béante, et les bras ballant lorsque les résulta avaient été annoncés.

Sous les exclamations du village entier, le nouvel Hokage avait été coiffé de son nouveau chapeau tandis que ses proches venaient le féliciter uns par uns.

Madara fut le dernier à se présenter devant lui, surprenant une bonne partie des personnes présentes ce jour là. Hashirama lui-même eut l'air hébété en le voyant apparaitre devant lui.

-Félicitation, déclara le meneur du clan Uchiha en posant une main sur l'épaule de son ami.

Et sans qu'il ne puisse s'en empêcher –et peut-être car le visage de Tobirama était inestimable- il sourit sincèrement.

-Je… Merci, avait hoqueté Hashirama, visiblement touché, avant que Madara ne tourne les talons, passant au centre d'un groupe de membre du clan Senju qui se fendit en deux à son passage.

Le shinobi ne pouvait s'empêcher de se sentir amusé en voyant leurs visages choqués. Surement que beaucoup s'attendaient à ce qu'il ait l'air furieux, non pas à ce qu'il sourît et congratule le nouvel Hokage.

Les années passées l'avaient assagit en fin de compte, se dit-il alors qu'il rejoignait Hikaku un peu plus loin.

Plusieurs mois après, il pensait toujours de même tandis qu'il aidait Hashirama avec des documents administratifs, dans lequel son nouveau bureau était noyé. Dans un coin de celui-ci, il classait tranquillement les papiers en pile pour faciliter la tache à son ami lorsque le pauvre homme devrait les signer.

C'était une sorte de routine qui s'était installé avec le temps. Une routine assez agréable –bien qu'il ne l'avouerait jamais- même si celle-ci avait certain inconvénient. Le premier était probablement que le nouveau bâtiment de l'hokage (une grande tour rouge) était gardé par un nombre important de Senju qui avaient tendance avoir un comportement hostile envers Madara.

Le pire d'entre eux était probablement Tobirama, qui, à chaque qu'il le voyait, claquait de la langue et lui jetait un regard noir. Généralement, il ne lui disait rien, mais ses yeux parlaient pour lui : Il désapprouvait sa présence aux cotés de son frère.

Ce jour-ci n'avait pas fait exception : A peine passait-il les porte de la tour que des murmures retentissait dans celle-ci. Madara avait ensuite gravit les escaliers, y croisant Tobirama qu'il avait salué avec froideur.

Puis, finalement, il était rentré dans le bureau d'Hashirama qui l'avait accueilli chaleureusement comme son habitude avant qu'ils ne se mettent au travail. Une journée en toute somme banale.

A une exception près : Son ami ne cessait de lui jeter des regards en biais, tout en feignant d'écrire quelque chose sur un morceau de papier dans le but de faire croire qu'il était profondément absorbé par ses taches.

Madara n'y croyait pas une seconde : C'était l'homme qui tentait à toutes les occasions de se soustraire à ses responsabilité lorsqu'il s'agissait de paperasse. Une fois, celui-ci avait même poussé le vice jusqu'à tenter de les manger pour s'en débarrasser.

A force d'assister à se genre de démonstration de stupidités, le meneur de clan en était venu à contracter une forme de paranoïa à chaque acte ou mouvement suspect de son supérieur.

C'est pour cela que, las de son manège, Madara abandonna ce qu'il faisait, et arracha la feuille des mains d'Hashirama :

« Je fais semblant d'écrire quelque chose » lut -il.

Son sourcil gauche tiqua.

-Ah oui, en effet, gronda-t-il, je vois ça !

Il claqua le papier sur le bureau et fusilla des yeux l'hokage qui eut la décence de paraitre embarrassé.

-Désolé, gloussa-t-il nerveusement, mais…

-« Mais » quoi ?!

Si c'était possible, Hashirama se recroquevilla encore plus sur sa chaise.

-Et bien, marmonna-t-il d'une voix soudainement apathique, tu m'as l'air assez sur les nerfs ses temps-ci… Et ce n'est pas que toi, ton clan entier est dans le même état.

Madara cligna des yeux.

Ce que disait l'homme était en fait vrai : une semaine plus tôt, un vieillard du clan Uchiha avait enfin découvert que la stèle avait été brisée. La nouvelle avait provoquée un véritable émoi parmi les anciens qui étaient déterminés à trouver le coupable. Depuis, cette agitation s'était étendue au clan entier qui, même s'il ignorait l'existante de la pierre pour la majorité de ses membres, ne pouvait s'empêcher de se sentir sur les nerfs.

Honnêtement, Madara était surpris qu'Hashirama l'ait même remarqué.

-C'est normal, soupira-t-il, un de nos artefacts les plus sacré viens d'être réduit en miette.

-Oh, tu parles de cette stèle dans les souterrains ? Dommage, tu avais dit que tu me la montrerais un jour.

-J'avais dit ça ?! S'exclama-t-il en perdant momentanément son sang froid.

Il ne s'en souvenait pas. Avait-il tant fait confiance à l'hokage par le passé qu'il lui avait promis d'aller voir la tablette sans aucune raison valable ?

-Tu ne t'en rappel pas ? S'étonna Hashirama, tu m'en avais parlé vaguement à la sortie du bar il y de cela plusieurs mois. Nous avions bien bu.

-Non, souffla-t-il, je n'en ai aucun souvenir…

Il devait avoir été sacrement ivre pour qu'il lâche une pareille information.

-Sinon, reprit Hashirama, veux-tu que j'envoie de l'aide pour démasquer le coupable ?

-Non ! Lâcha brusquement Madara avant de se rendre compte que sa réponse était trop précipitée.

-Non, répéta-t-il cette fois plus calmement, ce n'est pas nécessaire, ajouta-t-il.

-Comment ça ce « n'est pas nécessaire » ? S'enquit l'Hokage en fronçant les sourcils, je connais ton clan : Ils ne cesseront pas leurs recherches tant que l'acteur du crime ne se sera pas agenouillés à leurs pieds.

-Nous n'avons pas besoin d'aide pour découvrir qui à fait ça, renifla Madara en croisant les bras.

-Mais…

-Je t'assure que nous nous débrouillons très bien seul. Nous ne sommes pas faibles au point d'avoir besoin de l'assistance des Senju.

-Ce n'est ce que je voulais dire ! S'insurgea Hashirama.

-Alors éclaire-moi, qu'insinuais-tu donc ?

-Je n'insinuais rien ! Je me disais juste que la stèle du clan Uchiha pouvait être la première étape.

Le ton montait.

-La première étape de quoi ?

-D'un plan visant à semer la zizanie dans le village !

-Et quel intérêt y aurait-il à faire ça ?

-Cette personne veut peut-être nous diviser pour pouvoir s'emparer des secrets des clans !

-Ne saute pas aux conclusions Hashirama. Rien n'indique qu'il veut mettre la main sur les objets sacrés des autres clans.

-Mais si c'était réellement son but ? S'il s'en prenait à d'autres artefacts?

-Aucune chance.

-Et comment sais-tu qu'il ne le fera pas ?! Insista Hashirama se levant soudainement pour aller claquer ses deux paumes sur son bureau.

-Cela m'étonne de toi, enchaina-t-il aussitôt, d'habitude tu es le premier à envisager le pire ! Alors pourquoi aujourd'hui es-tu aussi passif concernant la situation ? Qu'est-ce qui te pousse à croire qu'il n'ira pas s'attaquer aux autres objets ? Comment peux-tu en être si sûr ?!

-Parce-que je suis celui qui à brisé la stèle ! Explosa Madara.

Frustré par la persévérance d'Hashirama, il s'était laissé submergé par son mécontentement, et avait finit cracher la vérité.

Il le regretta immédiatement, surtout lorsque l'Hokage en resta bouché-bée.

-Qu… Quoi ? Bafouilla-t-il en se rasseyant lentement sur son siège, comment ça ?

-C'était nécessaire, grommela Madara en détournant le regard, cette tablette était dangereuse.

Autant avouer toute la vérité au point ou il en était.

-Tu as décrypté ce qu'il y avait écrit dessus ?

Si c'était possible, Hashirama parut encore plus étonné.

-C'est cela.

-Mais qu'y avait-il d'écris dessus pour te pousser à la détruire ?

-Quelque chose d'horrible, répondit Madara. -Je ne peux malheureusement pas t'en faire part : Mais sache que si ces informations étaient tombées entre de mauvaise mains, cela aurait eut de très grave conséquences.

L'Hokage fronça les sourcils, mais n'insista pas. A la place, il le fixa avec une gravité que peu avait eut la chance d'observer chez lui hors des champs de batailles.

-Et que vas-t-il arriver si ton clan découvre ce que tu as fais ? Demanda-t-il.

Seul un haussement d'épaule désinvolte lui répondit : Madara n'en avait cure. Sa principale idée, lorsqu'il avait détruite la pierre, était d'appâter Zetsu. Après tout, la stèle était un élément clef de du plan de résurrection de Kaguya.

Pourtant, la créature ne s'était pas manifestée. Pas un œil jaune ou une peau noire d'encre en vue.

-Je me ferais bannir du clan, déclara-t-il une fois sorti de ses pensés.

-Mais tu es leur chef !

-Et alors ? Me chasser du pouvoir sera facile une fois que la vérité aura été exposée. Les anciens n'attendent que ça.

Hashirama se tût, se contenant de le dévisager avec de grand yeux, comme si l'idée même que des membres d'un même clan puisse se faire de pareil coups bas lui était inconcevable.

Il était encore bien naïf, se dit Madara tout en faisant volte-face pour retourner à ses piles de papiers.

Agenouillé, il se remit à les placer au bon endroit et ignora volontairement son ami qui cherchait à attirer son attention de nouveau. Il ne voulait plus continuer cette conversation.

Seulement, il semblait qu'Hashirama n'en avait pas terminé avec lui :

-Madara ! S'exclama-t-il en se levant.

Il contourna son bureau, et vint se poster devant l'Uchiha qui leva délibérément la tête d'un mouvement lent.

-Quoi ? Gronda-t-il

-Que se passera-t-il si tu te fais excommunier par ton clan ? Ou iras-tu ?

-Si tu penses que je vais quitter le village, alors détrompe-toi, je ne le ferais pas.

Il ne commettrait pas deux fois la même erreur.

Aussitôt, Hashirama eut l'air soulagé.

-Je vois, dit-il en retrouvant sa bonne humeur.

-Tu sais… Poursuivit-il, si jamais tu as besoin d'un endroit ou dormir si tu te fais réellement bannir, les porte de ma maison te sont ouverte.

Secouant la tête avec incrédulité, Madara ne pus s'empêcher de lâcher un bref rire :

-Comme si ton frère me laisserait rentrer chez vous. Il tenterait de me tuer à peine le seuil de la porte passé.

-Mon frère et moi ne vivons pas ensemble, rétorqua Hashirama, il n'a plus besoin de moi : Il se débrouille très bien tout seul.

-Ah bon ? J'aurais pourtant juré que c'était toi qui avais besoin de lui, et non le contraire.

Son ami étouffa une exclamation indigné.

-Ce n'est pas vrai ! Le contredit-il, je suis l'homme le plus responsable qui soit !

-Voyez-vous ça, ricana Madara, l'œil brillant. –Tu n'es même pas capable de remplir ces papiers sans mon aide. Comment veux-tu que je te crois ?

Sans qu'ils ne s'en rendent compte, ils débutèrent un débat, avec comme sujet principal, la maturité d'Hashirama. Par la suite, ils ne surent pas combien de temps ils se querellèrent ainsi, mais leur petit argument dégénéra rapidement en en une dispute amicale ou chacun des deux partis essayait de prendre le dessus sur l'autre.

Et tandis qu'il se lançait diverse piques verbale, Madara sentit quelque chose lui chatouiller agréablement la poitrine. Il mit plusieurs secondes comprendre qu'il s'agissait de la piqure familière du bonheur.

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oOo

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S'il y avait bien une chose qui avait énormément manqué à Madara durant toutes ces années, c'était à coup sûr Nadja.

Pour lui, elle avait toujours été la plus belle : Un caractère noble, un port de tête fier, le regard vif et acéré ; le tout complété par un air perpétuellement hautain.

Elle était, sans aucun doute, la plus magnifique créature sur laquelle il avait eut l'honneur de poser ses yeux.

Malheureusement, il semblait que peu de gens partagent son opinion.

Hikaku, par exemple, la dévisageait en ce moment même avec une forme de révulsion à peine dissimulé. En retrait, il avait préféré rester à l'extérieur de la volière dans laquelle Madara se trouvait actuellement, nourrissant son précieux busard cendré avec des campagnols morts.

Nadja les gobait rapidement, rejetant sa tête en arrière à chaque fois que l'un d'eux atterrissait dans son bec.

Une fois son repas terminé, elle gazouilla joyeusement et alla se percher sur l'avant bras de Madara qui ne broncha pas en sentant les serres pointues de l'animal s'enfoncer dans sa chaire.

-Avez-vous finit ? Demanda alors Hikaku en grimaçant.

-Presque, répondit le chef de clan en passant tendrement une main sur la tête du rapace qui ferma les yeux, comme si elle profitait au maximum de cette marque d'affection.

-La réunion va bientôt débuter, lui fit pourtant remarquer son conseiller.

L'homme n'obtint qu'en retour un regard aigre de la part de Madara, et courroucé venant de Nadja, qui semblait comprendre que son maitre allait bientôt la quitter à cause de ses obligations.

-Très bien, dit d'ailleurs celui-ci, j'arrive.

Il caressa une dernière fois son busard, et sortit de la volière. De toute manière, il y reviendrait après : Nadja apprécierai surement un petit vol au-dessus de la falaise après tout.

Madara rejoignit ensuite Hikaku qui, comme à son habitude, lui céda la voie.

Aujourd'hui, l'homme semblait nerveux. Ses yeux allaient d'un point à l'autre tandis qu'une de ses mains allait régulièrement frotter sa nuque, avant de laisser son bras retomber contre son corps. Il recommençait ensuite son manège, toujours de la même façon.

C'était tout à fait compréhensif : La réunion à laquelle ils étaient conviés portait sur le sujet de la stèle qu'il avait détruite. Les anciens avaient, selon leurs dires, trouvés des indices qui les mèneraient au coupable.

Le fait qu'il soit angoissé était tout à fait normal.

-Vous pensez qu'ils ont devinés ? Murmura soudain Hikaku en prenant la parole.

Madara haussa les épaules :

-Qui sait, répondit-il.

Cotes à cotes, ils rejoignirent une grande maison de bois qui se démarquait à travers les petits chalets identiques du quartier Uchiha. Ce matin là, quelques personnes furetaient dans les rues, s'écartant du passage à chaque fois qu'elles apercevaient Madara.

Parfois, le ninja entrevoyait des yeux devenir rouges alors qu'il passait devant eux.

-Madara-sama et Hikaku-san sont arrivés ! Clama un garde lorsqu'ils se retrouvèrent face à une immense porte recouverte de gravures.

Aussitôt, la porte s'ouvrit, révélant une grande salle rectangulaire au sol en tatami et dont le seul ameublement consistait en une table basse en cerisier autours de laquelle quatre vieux Uchiha étaient assis en seiza sur des cousins rouges.

D'un geste de la main, l'un deux les invita à entrer et la porte se referma derrière eux avec un claquement funeste.

-Prenez donc place, déclara un homme aux cheveux blanc et aux sourcils si épais qu'ils dissimulaient presque entièrement ses yeux entrouverts.

Ils s'exécutèrent, sans détacher leur yeux de ce qui était le patriarche du clan, soit le plus vieux et respectable membre de celui-ci.

Du moins, c'était ce que tous prétendait, et ce que Madara abhorrait : Qui était l'idiot qui avait décrété que les plus ancien étaient les plus apte à diriger ? Bien qu'il doive admettre que l'âge apportait une forme de sagesse, un crétin demeurait un crétin peu importe les années passés. Que ce soit en dizaine ou en centaine, cela ne changeait rien.

Et de son point de vue, Uchiha Takeshi n'était qu'un simple d'esprit, tout comme ses trois autres comparses.

-Alors, déclara Madara une fois qu'ils se furent installés, quel me vaut le plaisir de cette rencontre ?

Les anciens froncèrent les sourcils, appréciant peu le sarcasme ouvert dont il faisait preuve.

-Comme vous le savez, dit pourtant l'un d'entre eux, abordant un court bouc. –Nous pensons avoir identifié le coupable de la destruction notre tablette de pierre.

Hikaku se trémoussa nerveusement sur son coussin.

-Ah oui ? Fit Madara en prenant volontairement un air étonné, et qui est-ce donc ?

Pour toute réponse, Uchiha Takeshi claqua des doigts et, aussitôt, une porte dans le fond de la salle s'ouvrit pour laisser passer une jeune fille portant un morceau de tissus.

Sans un mot, elle vint le déposer devant l'ancien, s'inclina, et repartie d'où elle était venue.

-Ceci… Dit Uchiha Takeshi en s'emparant de l'étoffe, est notre preuve.

Puis, avec des gestes précautionneux, il écarta doucement les pends de tissus.

Poussé par la curiosité, les autres anciens se penchèrent par-dessus la table tandis que Madara se contentait d'activer son sharingan pour apercevoir quelques minuscules fragments d'acier argenté, se démarquant particulièrement sur la soie pourpre.

Le shinobi sentit son cœur tomber dans son estomac en reconnaissant là les restes de son athamé.

Hikaku lui envoya un regard catastrophé.

Ne laissant aucune émotion, autre que l'ennui, transparaitre sur son visage, Madara prit la parole :

-Qu'est-ce donc ? S'enquit-il, quelques vulgaires morceaux de métal ? En quoi cela nous permettrait-il d'identifier notre coupable ?

-Ne jouez pas aux ignorants Madara-sama, répondit Uchiha Takeshi en allant cacher son visage derrière un éventail de plumes, vous savez parfaitement ce que sont ces fragments d'acier.

-Que voulez-vous dire ? Intervint soudain un des anciens, vous insinuez que Madara serait impliqué dans la destruction de la tablette sacrée ?

Il paraissait tendu, comme si le fait même de suggérer que leur chef de clan ait pu commettre un tel acte le rebutait. Après tout, Uchiha Heizo était son grand oncle. Imaginer que son petit neveux ait pu faire une chose pareil le blessait.

-Tout à fait, lâcha alors le patriarche en agitant son éventail, regardez attentivement ces morceaux. Ne vous semblent-t-ils pas familiers ?

Des murmures se mirent à parcourir les rangs des anciens. Un par un, ils firent circuler l'étoffe de mains en mains jusqu'à que celle-ci eut fait le tour de table et ait été placé face à Madara qui serra les dents.

Uchiha Takeshi lui sourit affablement. Peut-être avait-il l'impression de le mettre face à ses crimes ? Le chef de clan l'ignorait, mais tout ce qu'il savait était que la situation n'était pas en sa faveur et qu'il était un parfait abrutis pour avoir laissé trainer de pareils indices.

Le voyage temporel avait dû lui détruire des neurones, se dit-il en toisant le tissu.

Tous les regards étaient sur lui désormais. Incrédules et choqué, la table entière le dévisageait comme s'il eut été une sorte de créatures difformes venant toute juste d'être découverte.

-Est-ce que c'était l'athamé de Tajima ? Souffla soudain Uchiha Heizo.

-Oui, c'est lui, répondit Uchiha Takeshi, je me demande bien pourquoi des fragments du poignard du père de notre vénérable chef se retrouve au mélangés aux débris de notre stèle. Surtout quand nous savons tous que l'athamé était une part de son héritage familiale…

Madara se retint de grogner : Il n'était pas dupe. Derrière cet éventail, le vieux patriarche souriait. Il pouvait le dire rien qu'en regardant les plis de ses yeux.

Quelle ignoble crapule.

Le sentiment de dégout que le ninja éprouvait envers l'homme atteignit soudainement son paradoxisme. S'ils avaient été seuls dans cette salle, il l'aurait probablement réduit en cendre à l'aide d'un jutsu bien placé.

Il avait été démasqué, et tous ce qu'il dirait ne serait pas crus. Maintenant, restait à savoir quel sort les anciens lui réservait.

-C'était moi !

Le cri soudain d'Hikaku les figea tous.

Lentement, les têtes se tournèrent vers le conseillé qui venait de se lever d'un bon. Pale et fébrile, celui-ci abordait une expression déterminé.

-Pardon ? Susurra Uchiha Takeshi en plissant les yeux de manière menaçante.

Le plus jeune dégluti, mais ne se défila pas.

-C'était moi, répéta-t-il cette fois avec plus de calme, c'est moi qui est détruit la tablette de pierre. J'ai dérobé le poignard de Madara-sama dans le but de le faire accuser. En faisant cela, je pensai que vous l'exilerez et qu'ainsi, je pourrai prendre la tête du clan.

Entouré par le silence, Madara ne pouvait qu'observer Hikaku avec une stupeur mêlé à de l'effroi alors qu'il réalisait que celui-ci tentait de prendre le blâme à sa place.

-Voyez-vous, poursuivit le conseiller, je déteste ce village. J'en voulais à Madara-same pour avoir accepter de le fonder. Mais, il y a de cela une semaine, j'ai eut une profonde discutions avec lui et j'ai comprit quel importance avait le village, ce qu'il évitait et nous offrais. J'ai soudain réalisé à quel point j'étais égoïste…

Hikaku se tut un instant, laissant aux anciens le temps de prendre conscience de l'importance de sa confession. Puis, il se tourna vers Madara :

-Je m'excuse sincèrement de mes actes, murmura-t-il en s'inclinant, me pardonnerez-vous un jour ?

La salle était plongée dans le silence le plus total. Personne n'osait même, ne serait-ce, respirer trop fort. Madara lui-même en restait comme deux ronds de flan. Sidéré, il mit plusieurs secondes à comprendre qu'il devait donner une réponse.

C'était là un cruel dilemme qui lui était imposé : S'il pardonnait à son conseillé, se serait lui qui serait jugé coupable à sa place, mais s'il se refusait à lui pardonner –sans avouer son crime- cela signifierait qu'il était un être sans cœur.

Il prit une grande inspiration, et se leva.

Lorsqu'il avait accepté son retour dans le temps, il s'était juré qu'il corrigerait ses erreurs passées, qu'il ne blesserait plus personne. Et il comptait bien tenir cette promesse.

Le menton fièrement levé, il laissa ses yeux balayer la salle dans toute son intégralité jusqu'à finalement s'arrêter sur Hikaku qui baissait toujours la tête.

-Je ne te pardonne rien, gronda-t-il en provoquant des halètements choqué.

-Car il n'y à rien à pardonner, enchaina-t-il, tu n'as pas à prendre la responsabilité de mes actes Hikaku.

Le conseillé releva la tête, et ses yeux s'emplirent de larmes alors qu'il hoquetait son nom. Madara n'y fit pas attention : Il ne laisserait personne souffrir à sa place.

-Je suis celui qui à détruit la pierre, clama-t-il haut et fort.

Des cris stupéfaits suivirent cette déclaration. Les sentiments sur les visages des anciens étaient divers : Passant du choc le plus totale, à l'air le plus trahis qui soit. Seul le patriarche Uchiha ne paraissait pas surpris au contraire, il semblait victorieux.

-Madara… Pourquoi ? Dit alors Uchiha Heizo d'un ton suppliant.

Aucune attention ne lui fut accordée.

-Ca alors ! S'exclama le patriarche d'une voix faussement surprise. –C'est un aveu que nous avons là ! S'écria-t-il alors que ses lèvres se tordaient en une affreuse grimace qui déforma son visage ridé, le rendant hideux.

-C'est un aveu, en effet, approuva Madara, tout ce que j'ai à dire est que mes raisons étaient justes, bien que je ne puisse vous en faire part.

-Si tu ne te justifie pas correctement, tu sais ce qui t'attend n'est-ce pas gamin.

-Takeshi-san ! S'étranglèrent les anciens en notant le manque de respect total.

Malgré l'humiliation, Madara hocha la tête. Il remarqua également du coin de l'œil qu'Hikaku serrait les poings comme s'il se retenait de les enfoncer dans le visage patriarche.

Un horrible sourire, emprunt d'une malignité sans nom s'étira sur les lèvres d'Uchiha Takeshi.

-Très bien, murmura-t-il, c'est donc ta réponse. Dans ce cas (il brandit son éventail de plumes) puisque s'en est ainsi… Par le pouvoir qui m'est octroyé, en tant que patriarche de ce clan, je te désiste de ton rang de chef de guerre et de paix et te bannis avec l'interdiction formelle de poser un pied dans nos quartiers ! Cet acte de haute trahison ne peut demeurer impuni.

-Non !

Les hurlements d'Hikaku et Heizo résonnèrent longuement. Mais c'était inutile : La sentence avait été prononcée, aucun retour en arrière n'était possible désormais.

Il ne pouvait qu'accepter son sort.

C'est pour cela, avec tout ce qui restait de sa dignité, il fit volte-face et prit la direction de la sortie sous les murmures de ses ex-camarades de clan.

Et alors qu'il posait une main sur la poigner de celle-ci, le patriarche prononça une phrase qui résonna dans toute la pièce :

-Ne t'inquiète pas Madara. Bien que tu ne sois plus notre meneur, je m'assurai que le clan conserve la grandeur éternelle qui lui est due.

Il ignorait à quel point ces mots le hanteraient dans le futur.

…..

Donc voilà le chapitre 2.

Avant de vous quitter, je voudrais vous faire part d'une chose : Les review, et compagnie, qui sont quasi-nulle sur cette fic qui est, sans vouloir me vanter, correcte. Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi toutes mes fics précédente ont toujours reçues un nombre conséquent de review et favory/follower, mais celle-ci curieusement non.

Je dois vous avouer que cela est très décourageant, surtout que j'ai déjà écrit plusieurs chapitres à cette fic et y prend réellement plaisir. Je voudrais sincèrement la finir comme toutes mes autres fics, mais avec si peu d'encouragement et d'avis j'ai du mal à concevoir qu'elle pourrait avoir une fin.

J'espère que ce message vous touchera d'une certaine manière. Je suis désolée si j'ai l'air agaçante, mais si vous êtes vous-même auteurs vous me comprendrez ^^

Je pensais vraiment que cette histoire serait une de mes meilleures.

Merci d'avoir lu ces mots si vous l'avez fait ^^ Je sais que beaucoup ont tendance à sauter les fins de chapitres (moi la première à vrai dire… Oui, je sais, c'est horrible).

Donc si vous avez quelque chose à dire, à me faire part (même si c'est pour signaler des erreurs n'hésitez pas !