La nuit passa, plus calme qu'elle ne l'a jamais été. Même les animaux n'osaient pas s'approcher de la cabane hurlante, et leurs cris ne résonnaient donc pas dans la douce lueur de la Lune. Remus se réveilla au petit matin, son corps beaucoup moins endoloris que d'habitude, mais toujours sans aucun souvenir de ce qui s'était passé. Pourtant, la fatigue alourdissait ses paupières. Il avait froid, étant allongé sur le sol, nu comme un veracrasse, et n'avait qu'une envie : aller dans le dortoir pour dormir sur quelque chose de plus confortable. Il ouvrit les yeux et tomba face à face avec Sirius, encore endormit, et aussi nu que le loup-garou. Une fois que ce dernier s'en aperçut, il rougit et se releva précipitamment. Ils étaient seuls dans la pièce où seuls quelques rayons de lumière matinale filtraient à travers les planches en bois qui obstruaient les fenêtres. Les bougies étaient entièrement consumées et... Mais au fait, où étaient donc James et Peter ? Ils devaient être déjà partis au château. Remus ne put s'empêcher de tourner son regard vers Sirius. Il avait l'air si innocent ainsi, étendu sur le sol, un bras sous la tête, les cheveux emmêlés et éparpillés sur son beau visage. Il devait rêver car un petit sourire étirait sa bouche. Son torse nu, musclé par le Quidditch, donnait envie de s'approcher, de le toucher... Et puis le regard du jeune Lupin descendit encore vers... le membre tendu de son ami. Il déglutit difficilement, la chaleur lui monta aux joues. Le bel endormi remua un peu en grognant, ce qui fit glapir son observateur secret. Il plaqua sa main contre sa bouche et se retourna, gêné : il était complètement excité par la vue qui s'était offerte à lui et son corps exprimait parfaitement bien ce qu'il ressentait.

Heureusement pour Remus, les Maraudeurs avaient prévu qu'une fois redevenue humains, ils devraient avoir des affaires de rechange, surtout pour les trois plus gros mammifères, c'est pourquoi deux petits tas de vêtements gisaient dans un coin, l'un pour Sirius, l'autre pour lui. Il s'habilla à la hâte en s'efforçant de ne pas regarder l'autre jeune homme, toujours profondément endormi et poussant quelques gémissements de temps à autres.

Seulement voilà, la vue de Sirius ainsi positionné obsédait les pensées de Remus ! Et son pantalon en toile était tendu au niveau du bas de sa ceinture, faisant en sorte que la couleur écrevisse de ses joues ne s'efface pas. Il fallait qu'il fasse quelque chose ! Il n'allait pas partir et laisser l'endormit seul, mais pourtant il avait une envie pressante à soulager... très pressante : son pantalon commençait déjà à lui faire mal tellement il était étroit. Il décida, sur un coup de tête, de juste sortir de la pièce et aller dans une autre ; après tout, le manoir était assez grand ! Il reviendrait auprès de Sirius après avoir fait ce qu'il avait à faire, comme si rien ne s'était passé.

Il se précipita vers la porte, décrocha la clé suspendue à côté et l'ouvrit nerveusement pour la refermer juste après être passé. Il s'adossa au mur juste en face, la chaleur le submergeant tellement qu'il ne pouvait plus autant réfléchir qu'il l'aurait voulu. Il fit descendre prestement son pantalon, manquant de peu de le déchirer : son sous-vêtement était descendu avec. Il regarda son membre tendu et se mordilla la lèvre. C'était Sirius qui lui faisait cet effet, c'était le corps nu de Sirius qui faisait réagir le sien de cette manière, et il n'attendit pas plus longtemps pour le saisir. Il commença à faire de longs va et viens rapides, fermant les yeux sous le plaisir qu'il se procurait, la vague de bonheur que sa main générait. Et dans sa tête, comme un disque que l'on se met en boucle pour ne pas l'oublier, pour y déceler les moindres détails, le corps de Sirius offert à lui se mouvait. Il mit son poing libre dans la bouche pour ne pas hurler et réveiller l'objet de ses désirs les plus intimes. Il se contenta de gémir le plus doucement possible dans son état, des grognements qui s'échappaient de sa gorge brulante.

Et puis, quand le dernier gémissement, plus rauque et sauvage, fit vibrer sa gorge, son corps se relâcha, humide de sueur et brûlant de désir. Le souffle du garçon était saccadé, et il aurait aimé être loin de la cabane hurlante, loin de cet endroit emplit de mauvais moments. Il ne réfléchit pas plus et remit son pantalon, réduit à un tas de tissu jeté au sol comme un vulgaire chiffon. Sirius ne devait pas le voir dans cet état... Mais il devait lui parler, il devait parler à Sirius. Peut-être allait-il taire l'acte de ce matin, mais il allait devoir lui parler de ce qui l'avait provoqué.

De son côté, Sirius s'était réveillé à cause du bruit d'une porte. Il ne savait pas si c'était son rêve ou non, mais il s'aperçut qu'il était seul dans la pièce principale de la Cabane Hurlante. Il se redressa pour finir assis, nu, le sexe gonflé de sang comme chaque fois qu'il faisait un rêve érotique avec Remus comme personnage principal. Il bougonna d'avoir été ainsi abandonné par ses amis. Il fut prit d'une grosse flemme et se rallongea sur le parquet de la maison. Sa main caressa son ventre pour descendre de plus en plus vers le bas. L'imagination de Sirius était en ébullition et il ne se gênait pas puisqu'après tout, il était seul ! Il se voyait sous Remus, remplaçant sa propre main par celle du loup garou, cette main qui s'amusait à le faire languir. Il s'interdit d'aller vite et caressa sa peau plus que sensible du bout des doigts, presque comme un simple souffle. Au moment où il arriva sur son gland, des frissons parcoururent son corps tout entier, des frissons de plaisir et d'impatience. Il ne put se retenir plus longtemps et prit son membre à pleine main, faisant des allers et retours saccadés, dans un rythme de plus en plus rapide. Il ne tarda pas à venir entre ses doigts, le corps tendu comme un arc, les cheveux collés à son front, les mains tremblantes de ce plaisir intense, et un prénom sur les lèvres, un seul, le même depuis toujours, son visage se formait derrière ses paupières closes : Remus !

Il avait envie de le voir, une envie incontrôlable, mais il ne pouvait pas retourner au château dans cet état, transpirant de tout son corps, sa semence plein les doigts et le ventre. Il prit ses vêtements propres et se dirigea vers la salle de bain.

Car ce qui était pratique, c'est que la Cabane Hurlante était composée de plusieurs pièces, comme une maison normale. Il y entra donc et se fit un brin de toilette, puis s'habilla. Cela ne valait pas une bonne douche mais l'eau chaude n'était pas encore d'actualité dans la masure. Lorsqu'il sortit, il tomba nez à nez avec Remus, qui sortait de la porte juste en face, impeccablement habillé, rayonnant comme d'habitude. Il avait juste l'air ailleurs. Il s'était nettoyé d'un coup de baguette et avait réfléchit à ce qu'il pourrait dire à Sirius.

Tous deux furent surpris de trouver l'autre sorti de la pièce d'en face, la même question gênante dans la tête : « M'a-t-il entendu ? ». Un silence pesant s'installa un ange passa, puis deux, et quand ils arrivèrent à un nombre incomptable, Sirius se permit de briser ce calme.

- Tu vas bien ?

- Euh… Oui… Je ne me souviens de presque rien, comme d'habitude. J'ai fait quelque chose de mal ?

- Non, tu es resté allongé toute la nuit !

La nouvelle choqua Remus. Il n'avait jamais été calme lors de l'une de ses transformations. La déclaration de Sirius l'avait-il autant bouleversé ou était-ce autre chose ?

- Ecoute Rem, pour hier, si tu ne m'aimes pas je comprendrais mais dis-le-moi. Je ne veux pas avoir de faux espoirs.

Remus fronça les sourcils. Ce n'était pas exactement ce qu'il s'attendait à entendre.

- Et toi, est-ce que tu m'aimes autant que tu le dis ?

Le silence réapparut, plus tendu que jamais. Une atmosphère étouffante se répandit autour des deux jeunes hommes qui n'osaient pas même se regarder. Remus se souvenait. Il se souvenait que Sirius était souvent indécis, que Sirius s'emportait facilement. Comment savoir que ses sentiments étaient réels et pas juste de passage.

Remus soupira. Sirius n'avait pas répondu, il n'avait pas de réponse. Le loup-garou se demanda même pourquoi il avait posé la question. Après tout, il savait comment était son ami : il était réactif, ne savait pas ce qu'il disait, agissait sans réfléchir aux conséquences.

Sirius, lui, se demandait comment Remus pouvait avoir aussi peu confiance en lui. Cela faisait depuis la quatrième année que son petit loup était plus qu'un ami à ses yeux. Certes il n'avait pas été très sûr lorsqu'il s'en est aperçu, mais cela faisait deux ans qu'il se posait des questions et avait remarqué à quel point Remus prenait de place dans sa vie, que ce soit au château, pendant les vacances ou même dans sa tête, à longueur de temps, n'importe quand. Le moindre chose, n'importe laquelle, aussi petite soit-elle, lui faisait penser au beau brun. Chaque nuit, son visage et son corps lui étaient offerts dès qu'il fermait les paupières. L'état dans lequel il retrouvait son corps au réveil lui indiquait à quel point son désir était fort. Mais si ce n'était que cela ! Combien de fois James et Peter lui ont fait la remarque qu'il devrait changer de sujet de discutions. La thématique « Remus » n'était pourtant toujours pas tarie.

Alors comment l'objet de ses désirs les plus forts osait-il lui demander s'il l'aimait vraiment ? Et lui, comment pouvait-il lui montrer à quel point son amour brûlait pour lui ? Il redressa la tête et s'avança d'abord lentement en hésitant puis plus sûrement d'un pas pressé. Il se jeta sur Remus, le plaqua contre le mur et lui prit la bouche. Parler sans se mélanger les pédales, s'exprimer, ça n'était pas la chose que Sirius savait le mieux faire. Combien de fois a-t-il rêvé de faire ça ? Lèvres contre lèvres, les mains dans ses doux cheveux. Mais Remus, après un temps de réaction, le repoussa : le charme était rompu sous les yeux surpris de Sirius.

- Laisse tomber, j'ai compris. Mais désolé de te décevoir, je ne serais pas ta poupée gonflable !

Et sans laisser le temps à Sirius de le rattraper, il s'introduisit dans le passage secret pour rejoindre Poudlard en courant, les yeux baignés de larmes.

Le brun resta immobile, comme pétrifié. Compris quoi ? Et qu'est-ce que c'était, une poupée gonflable ? Un truc de fille encore, non ? Un jouet… mais ce ne devait pas être un jouet banal pour que Remus l'utilise ainsi. Remus… Sirius tomba à genoux et se recroquevilla, parcouru de sanglots incontrôlables, pendant que Remus avançait à l'aveuglette à cause des larmes qui brouillaient sa vue. Alors c'était ça. Sirius était juste en manque de sexe et il avait choisit la première personne assez faible pour croire en son mensonge !