Guest des bises : Ah je croyais bien avoir reconnu ton écriture... Mais si tu signes pas « des bises » je suis perdue XD Et merci beaucoup pour tes reviews sur Opération Serpentaire, je suis contente que cette histoire t'aie plu :D Puis oui la référence était volontaire :D J'aime bien glisser des allusions un peu partout. En ce concerne le casque, il ne vient pas de la série, il vient d'autre part...
Guest : J'espère que la suite te plaira autant x)
Bonne lecture !
Regina réduisit l'écaille en une poudre fine. Elle incorpora la poussière noire à sa potion. Le petit appartement des Charmings était le théâtre d'une étape cruciale. Henry suivit son geste du regard. Mary Margaret prit la main de David. Ils étaient attentifs aux moindres de ses gestes. Ils savaient qu'il s'agissait d'une concoction expérimentale mais cela n'empêchait pas leur espoir de croitre. La potion toussota et un faible nuage s'éleva brièvement dans l'air avant de se dissiper.
- « Il me faut un vêtement, dit Regina.
- Fais comme chez toi » répondit Snow.
Regina monta les escaliers du petit appartement. Elle ouvrit le placard et parcourut la penderie du regard.
« Ces horribles vestes m'auraient presque manquées. » marmonna-t-elle pour elle-même.
Le cuir rouge se déclinaient sous différentes teintes et coutures sur les cintres. Des vestes aux couleurs plus ternes s'alignaient un peu à l'écart. Regina arracha la veste bleue à ses consœurs et redescendit. Elle étala le cuir bleuté sur la table. Les Charmings l'observaient avec attention et curiosité.
« Lily et Emma on été connectées par la noirceur d'Emma » expliqua Regina.
Snow grimaça, coupable à l'évocation de ce douloureux souvenir et David passa un bras autour de sa taille avant de se rapprocher de son épouse. Regina poursuivit son raisonnement :
- « Elles sont toujours restées à proximité l'une de l'autre, même adultes. J'ai supposé que la noirceur en Lily l'attirait jusqu'à Emma. Cette noirceur est plus puissante depuis que Lily a commencé à user de la magie et depuis qu'Emma a absorbé le pouvoir du Ténébreux. J'ai incorporé une de ses écailles à la potion de localisation.
- Ça va nous guider jusqu'à Emma ?, demanda David.
- Je ne sais pas ce que le mélange peut donner, avoua-t-elle. Mais nous pourrions retrouver les lieux où Emma a laissé sa trace. Ce sera sans doute imprécis et même plutôt aléatoire mais c'est mieux que rien... »
Regina versa le contenu du flacon sur le cuir bleu. Le liquide incolore se propagea comme une vague sur le vêtement qui devint alors noir. Henry regarda sa mère, inquiet de cet effet. Regina fronçait les sourcils et ne quittait pas le vêtement des yeux. La veste retrouva son bleu naturel. Regina la saisit par les épaules et l'observa sous toutes les coutures.
« Je crois que ça a marché..., fit Regina. Il ne manque plus que... »
La porte de l'appartement s'ouvrit. Hook rejoignit le petit groupe.
- « J'ai récupéré ce que tu avais demandé, informa le pirate.
- Je suis supposée être impressionnée parce que tu as volé un calamar ?, se moqua Regina. Donne-le moi. »
Elle tendit la main dans un geste impatient. Hook soupira et s'exécuta.
« Un mot gentil ne t'aurais pas écorché, ma reine. » souffla Hook avec dédain.
Regina lui lança un regard plus menaçant que toute réplique dont elle aurait pu le gratifier. Elle s'empara du flacon qu'il lui tendait et versa le liquide sirupeux sur la veste. La substance visqueuse gratta la surface de la veste en crépitant des étincelles.
- « Qu'est-ce que c'est ?, s'interrogea Henry tiraillé entre le dégoût et la curiosité.
- Crois-moi, tu préfères ne pas le savoir. » répondit Hook en suivant son regard.
Lorsque la dernière étincelle se fut éteinte. Regina s'empara du vêtement et se glissa dedans. Elle rajusta ses cheveux bruns et tira sur les pans de la veste. Henry ne put s'empêcher de penser qu'il était étrange de voir sa mère vêtue ainsi.
- « Nous voulons venir, déclara Snow en prenant le bras de David.
- Et qui va s'occuper de Neal ?, demanda Regina. Qui ?
- Moi je peux venir, intervint Henry en se levant.
- Je dois être du voyage, exigea Hook.
- Vous allez tous m'écouter. »
Elle les regarda tour à tour d'un regard dur.
- « Snow, tu dois rester pour ton fils. Je refuse de m'imposer la présence d'un pirate inutile.
- Mais je suis...
- Vous n'êtes rien du tout, coupa Regina. Vous n'avez aucune magie, vous n'avez aucune utilité. »
Elle posa son regard sur son fils et sa voix se fit plus douce :
- « C'est sans doute dangereux. On ne sait pas où on va, ni qui nous allons rencontrer. Je refuse que tu sois en danger.
- Mais Maman...
- Non, Henry. »
Henry se pinça les lèvres, contrarié. Il comprenait ses raisons mais cela ne rendait pas sa décision moins frustrante. David s'écarta doucement de son épouse et s'approcha de Regina.
« Emma comptait sur nous pour la sortir de ces ténèbres, rappela David. Je viens. »
Regina le fixa quelques secondes pour se donner le temps de la réflexion et céda finalement :
« On fait un test dans cinq minutes. »
David acquiesça et partit chercher son épée et son fourreau. Il se devait d'aller chercher sa fille et pour lui, nul doute qu'il lui faudrait croiser le fer. Regina profita de ces quelques instants pour s'entretenir avec Hook.
- « Malgré tout le déplaisir que vous m'inspirez, Emma tient à vous. Elle est déjà perturbée par ce qui lui arrive, votre mort l'anéantirait et ne ferait que noircir d'avantage le tableau.
- C'en est presque gentil..., commenta Hook.
- Tâchez de rester en vie, reformula-t-elle. Et gardez mon fils éloigné de votre épave misérable.
- Vous ne me faites pas confiance, n'est-ce pas ? »
Regina prit une profonde inspiration et fit taire un soupir qui en disait long sur sa réponse.
- « Emma vous fait confiance. C'est suffisant.
- Faites attention à vous. » demanda le pirate.
Regina haussa les sourcils et l'interrogea du regard. Il se racla la gorge, gêné de laisser entrevoir à quel point la disparition d'Emma l'affectait. Hook savait que dans la situation actuelle, il n'était pas en mesure de l'aider, alors il ne pouvait qu'encourager ceux qui le pouvaient.
Le roi passa une main dans ses cheveux courts et blonds comme le soleil. Il posa son casque sur l'accoudoir du trône sur lequel il se laissa choir. Il était essoufflé mais néanmoins heureux. Ses courtisans clamaient déjà sa prouesse, vantait son hardiesse, Il est vrai qu'il était d'une aisance certaine pour les combats. L'atmosphère était légère et joyeuse et le peuple célébrait la victoire et la fin d'une guerre. La grande salle du trône accueillait la noblesse pour festoyer et vanter la grandeur du royaume.
Emma était parmi la foule. Hadès lui avait pour l'occasion offert des vêtements sombres dont l'esquisse du tissu lui permettrait de se fondre dans la masse. « Ce sont les couleurs de la maison. » avait-il déclaré en lui donnant la tenue de cuir noir.
Sa peau n'en était que plus blanche et sa chevelure que plus lumineuse. Elle avait repoussé à plusieurs reprises des chevaliers trop curieux et des femmes trop bavardes. Elle ne quittait pas le roi des yeux. Ses chevaliers demeuraient près de lui et Emma comparait cette dévotion à de la pure et simple soumission.
Elle essayait de paraître admirative des prouesses du roi mais ne parvenait pas à feindre ne serait-ce qu'une esquisse de ce sentiment. Les traits de son visage étaient tirés. Elle était concentrée, soucieuse de réussir. Elle avait déjà échoué par une fois. L'échec n'était plus envisageable.
Le roi s'excusa auprès de sa cour et disparut. Il emporta son casque avec lui. Emma le suivit comme son ombre. Le souverain se para d'un vêtement d'écarlate et d'or. Il abandonna son armure sans un regard. Emma entendit la porte claquer. Le roi referma la porte et la Ténébreuse apparut dans la pièce. Elle s'approcha du casque qui était disposé sur un élégant présentoir. Elle tendit une main avide vers ce dernier. Sa main se heurta contre quelque chose d'invisible. Elle se recula d'un pas et ne put retenir un petit cri de douleur.
« Putain, qu'est-ce que c'est... », jura-t-elle.
Elle chercha autour d'elle puis se saisit d'une petite statuette. Elle passa l'objet tour à tour dans ses mains et toisa le heaume du roi d'un regard noir. Elle avisa le casque et jeta la statuette avec force. L'objet se désintégra et révéla une cloche translucide et brillante. La protection ensorcelée crachait des perles de lumière et pestait contre celle qui essayait de la braver.
La Ténébreuse sourit et son expression était terrifiante. Elle ouvrit sa main et sa paume ruissela d'une magie crépitante et sombre. Elle apposa sa main sur le rempart magique qui l'empêchait de s'emparer du casque. Elle appuya de toutes ses forces. Ses traits se tiraient sous l'effort. Le carrelage se brisait et plus Emma tentait d'anéantir l'enveloppe magique et plus le sol s'affaissait. Elle grogna et apposa sa deuxième main, luisante d'une noirceur toujours plus puissante. La pièce commença à trembler. Le mur translucide crissa et de fines craquelures apparurent sur la surface.
Emma leva brièvement les mains. Elle inspira et abattit ensuite ses poings sur cette muraille en proie à l'écroulement. Un tableau se détacha du mur et chuta au sol. La porte s'ouvrit à la volée. Le roi entra, amenant avec lui un homme plus âgé aux cheveux blancs. Emma s'empara du casque.
« Arrêtez-la ! » ordonna le roi.
Le vieil homme posa ses yeux sur Emma et cette dernière sentit son bras la bruler. Elle lâcha le casque. Il roula au sol et le roi s'approcha pour reprendre son bien. Emma donna un coup de talon sur le sol et le plancher se dissolut sous les pieds du roi qui sombra un étage plus bas. La surprise déconcerta un instant le vieil homme qui se soucia plus de son souverain que d'Emma. Cette dernière saisit cette occasion pour s'emparer du casque et disparaître dans un nuage où se mêlaient blancheur et noirceur.
David commençait à perdre espoir. Regina se laissait gagner par la colère. Ils se téléportaient mais pour l'instant, ils atterrissaient toujours à Storybrooke.
- « Emma ne peut pas être ici, murmura David.
- Je sais, s'agaça-t-elle.
- Elle a dû quitter ce monde.
- Je sais, répondit Regina plus sèchement.
- Mais pourquoi nous ne... »
Regina abandonna sa contemplation de la vue du toit de l'hôpital et se retourna pour fusiller David du regard.
- « Je vous ai dit, articula Regina la mâchoire serrée, que nous apparaîtrions dans les lieux qui l'ont marqués. Je n'ai jamais dit que ce serait efficace dès le premier essai.
- Mais pourquoi devant chez vous? Pourquoi la rue principale ? Notre appartement je comprends, fit David, mais ces autres lieux ne semblent pas... marquants.
- Mon manoir est aussi la maison d'Henry. Qu'elle y soit attachée n'est pas étonnant. Quant à la rue principale, cela doit incarner sa passion immodérée pour la junk food... c'est aussi là qu'elle retrouvait souvent Henry... », expliqua Regina d'un air suffisant.
Elle tira de nouveau sur les pans de la veste bleue d'Emma et posa sa main sur le bras de David.
« Si on doit passer par Neverland..., marmonna Regina, je peux vous assurer qu'elle me le payera. »
David ne répondit rien mais apposa sa main sur le pommeau de son épée accrochée à sa ceinture. Il ne voulait pas se retrouver démuni si un combat s'avérait nécessaire.
Les rives étaient calmes mais on entendait au loin les lamentations des morts. Emma marchait d'un pas lent et ne quittait pas la rivière du regard. Le silence était maître du lieu. On n'entendait plus les longues lamentations des morts près de ce cours d'eau. Les flots silencieux étaient clairs et brumeux par endroit. Une simple gorgée aurait le pouvoir de tout lui faire oublier...
« AAAAAAAAAAAAAAARRRGGHHHH ! »
Emma chercha la source du bruit. Elle courut parmi ces galeries sinueuses dont elle connaissait à présent les différents points de chute. Elle rejoignit la grande salle, le seule pièce qu'Hadès habitait réellement. Sa colère était telle que le royaume des morts se figea pour éviter les foudres de son maître.
« J'étais si près ! Je me suis fait coiffé sur le poteau par ce vieux dément ! »
Elle le vit pester et jeter le casque à terre. Ses cris raisonnaient dans la grotte et la pierre renvoyait autant d'échos déchirants. Le roi des ombres prit son visage entre ses mains. Son dos se voûta, accusant le poids de son châtiment. Il jura et maudit son impuissance.
Emma lui signala sa présence d'un bref raclement de gorge. Hadès se redressa aussitôt et chassa de son visage toute émotion.
- « Em', quel plaisir... Les morts ne sont pas de si bonne compagnie, n'est-ce pas ? Tu en viens à te languir de moi ?
- Où étiez-vous ?
- Ici et là... en train de me soucier du bon équilibre de la vie et de la mort... Des banalités sans importances... »
Ses lèvres s'étiraient en un sourire et ses yeux trahissaient son manque d'enthousiasme, la fausseté de ses dires. Emma restait toujours habile à déceler ce genre de détails.
« Je ne vous crois pas. Et pourquoi vous vouliez ce casque ? Il devait bien vous servir à quelque chose. », pointa-t-elle.
Emma patienta et attendit qu'Hadès se résigne et daigne répondre. Elle ramassa le casque et l'épousseta. Hadès le regardait avec haine.
« Ce joli couvre-chef me rend invisible mais pas insensible. En d'autres termes, il n'est d'aucune utilité » cracha Hadès.
Emma baissa le regard sur le casque entre ses mains. Elle voyait toujours pas où il voulait en venir.
Hadès longea un mur et retrouva son trône encastré dans la pierre. Il prit délicatement le sceptre qui reposait sur son siège.
- « Tu as entendu le cœur de mes enfants, lui rappela Hadès. Ils sont sept et un est actuellement aux Enfers. Pourtant tu as bien entendu sept cœurs.
- A qui est le septième ?, demanda naturellement Emma.
- A mon épouse, répondit-il. Quand elle me quitte, la belle saison commence mais pour moi, tout devient glacial et sombre. La mort n'est jamais aussi douce que lorsqu'elle est là. »
Le sceptre frappa le sol dans un coup bref. Un cœur fit entendre ses battements, tantôt lents et mourants, tantôt rapides et anarchiques. On pouvait deviner les sanglots et la douleur. Emma ne savait pas pourquoi la femme d'Hadès était absente. Elle soupçonna néanmoins cette femme d'avoir consciemment voulu fuir cet endroit morbide et lugubre.
- « J'aimerais que tu me ramènes une fleur, étaya le souverain des morts. Je ne peux souffrir de la lumière du soleil et je ne peux l'atteindre la nuit. Elle est la plus resplendissante de toutes, la plus pure et la plus délicate.
- Je vous ai déjà aidé à plusieurs reprises, fit valoir Emma. J'ai failli me faire tuer. Je ne vais pas aller faire une cueillette parce que vous êtes... un amoureux des fleurs.
- Si tu me ramènes cette fleur, je pourrais te trouver un moyen de te débarrasser de cette noirceur.
- Cette fleur pourrait me débarrasser du pouvoir du Ténébreux ? », ironisa-t-elle.
Emma le regarda avec méfiance. Elle soupçonnait une ruse de sa part. Il devait vouloir se porter secours à lui-même avant tout et cette fleur devait l'y aider. Elle doutait qu'une simple fleur puisse détenir un tel pouvoir. Mais elle n'était pas une experte et de nombreuses choses du monde magique demeuraient hors de sa connaissance. Elle se tut quelques instants et réfléchit à sa proposition. Elle savait qu'elle ne pourrait pas vivre avec cette noirceur éternellement et que cette obscurité finirait tôt ou tard par la dévorer toute entière, comme ce fut le cas pour Gold. Elle jaugea sa sincérité. Hadès lui tendit la main, confiant.
« Merci mon petit coup de foudre, tu es trop gentille. » conclut-il devançant sa réponse.
Emma roula des yeux et serra la main du roi sous-terrain. Elle avait fait son choix.
David sortit son épée de son fourreau. Ils étaient enfin dans une autre contrée, dans un autre monde. Une large route de terre serpentait à travers les arbres. Les troncs épais témoignaient de leur grand âge et leur habits verts attestaient de la belle saison. Regina plongea les mains dans les poches de la veste de cuir et avisa les environs d'un œil méticuleux.
- « Savez-vous où nous sommes ?
- Je n'en ai pas la moindre idée. », répondit Regina dans un souffle.
Ils suivirent le chemin, indécis quant à leur destination. Un homme en armure les aperçut, un peu plus loin. Il s'éloigna d'eux à grands pas, courant à présent aussi vite que sa lourde armure le lui permettait. Regina balaya l'air de sa main et le soldat atterrit lourdement sur le sol. Il grogna. L'éclair de douleur qui remonta le long de sa colonne vertébrale entrava tout mouvement. Regina accourut, suivie par David.
Charming plaça la lame près de la nuque de l'inconnu. L'homme déglutit et il sentit le froid de la lame tranchante le chatouiller. Regina s'attarda sur la pièce de tissu qui couvrait cet homme de métal. Le vêtement couvrait son torse, l'habillant d'un bleu royal. Le tabar portait des armoiries que Regina ni David ne connaissaient : deux couronnes étaient brodées avec du fil d'or, surplombant une troisième identique un peu plus bas sur son poitrail.
- « D'où venez-vous ?, demanda Regina.
- Et vous ? De quelle contrée venez-vous ? » répliqua l'homme avec audace.
Leurs vêtements trahissaient le monde moderne. Ils en étaient conscients mais pour le moment, peu disposés à être conciliants.
- « A qui sont ces armoiries ?, interrogea David.
- Au roi Arthur, répondit le chevalier avec fierté.
- Je me demande comment réagirait votre roi en apprenant que ses hommes fuient délibérément devant des intrus... » murmura Regina en se penchant vers lui.
L'homme déglutit. Sa couardise était traîtrise et si cela s'ébruitait, il en payerait le prix.
« Vous ne serez pas contre nous faire une visite guidée des lieux ? », demanda David sans attendre de réponse.
Il empoigna le bras du soldat et l'aida à se hisser sur ses deux jambes.
La salle immense. Le plafond était haut, si haut que les tapisseries peinaient à les habiller de leurs couleurs et de leurs broderies. Toutes rappelaient le blason du roi : trois couronnes d'or sur un bleu saphir. Quatre cheminées ronronnaient paresseusement et chauffaient péniblement la pièce. A l'image de cette immense salle du trône et du château, les cheminées étaient si volumineuses que l'ont aurait pu y rôtir un bœuf entier. Les murs étaient sculptés et attestaient du goût du souverain pour le beau.
Le trône du roi était ouvragé et regorgeait d'ornements. Le dossier était haut et tendait vers cet immense plafond. Tout était démesure. Arthur apposa ses mains sur les bras de son trône. Il n'était pas impressionné par ces deux inconnus. Il les dévisagea curieusement à cause de leur accoutrement atypique. Deux gardes le séparaient de ces invités. Regina s'étonna cependant de la présence d'un homme à proximité du trône. L'homme se tenait à la droite du roi. Il était grand et mince. Sa musculature fine ne laissait pourtant pas présager un guerrier.
David gardait sa main droite sur le pommeau de son épée. Il était sur ses gardes.
Arthur détailla David et Regina du regard. La brune savait qu'il s'impatientait silencieusement, et un souverain n'aimait pas attendre.
« Nous venons d'un autre monde. Je suis... l'Evil Queen et cet homme est le roi de l'Enchanted Forest. Nous cherchons quelqu'un. Elle s'appelle Emma Swan. Elle a des cheveux blonds, des yeux verts et un immense pouvoir, expliqua succinctement Regina. L'auriez-vous vue ? »
L'inconnu à droite du roi ne lâchait pas Regina des yeux. Peut-être suscitait-elle un quelconque intérêt de sa part... à moins qu'il ne soit juste curieux de cet étrange vêtement sur ses épaules.
- « Je crains que non, mentit Arthur.
- Nous savons qu'elle a dû venir ici, continua David. Nous souhaitons rester sur vos terres afin d'approfondir nos recherches. »
L'inconnu à la droite du roi se pencha vers Arthur et murmura quelques chose à voix basse. Ni Regina ni David ne put entendre ce qu'il lui soufflait.
« Votre voyage a dû vous exténuer. Je serais un roi horrible si je ne vous recevais pas comme il se doit. Mon chevalier et ami que voici, déclara Arthur en désignant l'inconnu à ses côtés, va vous conduire dans vos chambres. Ma demeure est la vôtre. »
Regina et David remercièrent le souverain pour son hospitalité. Arthur ajouta à l'intention de son homme de main :
« Réponds à leurs moindres désirs. »
Le chevalier désigné descendit les quatre petites marches de l'estrade qui surélevait le roi et son trône.
Il s'inclina cérémonieusement devant Regina et David et se présenta :
« Je suis Séraphin, un des chevaliers de la table ronde. Si Arthur vous considère comme ses amis, je suis votre chevalier. Veuillez me suivre. »
Regina et David lui emboîtèrent le pas. La brune restait soupçonneuse quant aux regards appuyés de ce Séraphin. Le chevalier d'Arthur présenta une chambre à David. Charming questionna Regina du regard qui lui fit un discret hochement de tête. David remercia Séraphin et disparut dans la chambre.
Regina suivit l'homme dans le couloir. Elle profitait de marcher à côté de lui pour détailler son profil. Ses traits étaient fins, son visage imberbe. Il avait des lèvres fines qui ne peignaient jamais de sourire. Ses fins cheveux était de la couleur du cuivre. Ils retombaient négligemment sur sa nuque. Regina ne pouvait distinguer la couleur de ces yeux sous ces sourcils épais et l'obscurité du couloir.
Il s'arrêta et désigna une large porte de bois :
- « C'est la pièce la plus chaude. La saison est belle mais les nuits sont encore fraiches.
- Merci. », répondit simplement Regina.
Elle s'apprêtait à tourner la poignée mais loin de disposer et de partir, Séraphin resta devant la porte. Elle se tourna vers lui et d'un regard, s'enquit de sa demande.
Notes :
Les attributs d'Hadès sont le sceptre qui lui permet de guider les morts et le casque de Kunê qui lui permet de se rendre invisible.
Le tabar est une pièce du tissu portant les armoiries qui couvrait les armures au Moyen-Age.
Je me représente le château du roi Arthur comme le château de Chambord.
Séraphin est un OC mais il aura son rôle à jouer. Des spéculations sur son identité ?
A samedi pour la suite !
