Salut la compagnie ! Comment va ?
Voici donc (déjà) la suite et fin de mon OS (prétendu OS, en fait). J'espère que vous vous êtes bien amusés à le lire, et que vous apprécierez cette fin ouverte.
Je vous remercie pour vos reviews, vous m'avez bien fait rigoler ! Et Alamane, tu n'auras pas à me molester pour avoir une suite. Heureux ?
Je vous retrouve en bas !
Bonne lecture ! ~
Troisième partie
Le lendemain matin, la fiancée d'Uryuu se pointa à l'improviste.
Ichigo venait à peine de se lever et d'ouvrir sa fenêtre pour aérer qu'il remarqua la présence d'un carrosse inconnu dans la cour. Cinq chevaliers l'encadraient et une magnifique jeune femme en descendit avant de se diriger d'un pas ferme vers la grande porte. Pris d'un mauvais pressentiment, le rouquin se hâta de rejoindre la salle du trône après s'être habillé. Là, il trouva le prince en grande discussion avec la jeune femme tandis qu'Ulquiorra le saluait avec un sourire…triomphant ? Qu'est-ce que ça voulait dire ?
-Ah, Ichigo, bonjour ! s'exclama Uryuu, un peu trop heureux au goût d'Ichigo. Je vous présente ma fiancée, la princesse Neliel Tu.
Le triton s'inclina devant la nouvelle venue et la dévisagea à la dérobée. Elle était indéniablement belle, avec ses longs cheveux d'un beau vert irréel et ses grands yeux gris enthousiastes. Elle avait un visage de poupée, un corps de rêve, une glorieuse poit…un beau décolleté et le nom d'une famille puissante et riche.
En plus, c'était une femme.
Ichigo sentit le désespoir s'abattre sur ses épaules. Il ignorait que son coup de foudre était fiancé… En fait, il n'était pas détestable, juste…fidèle. Pouvait-on le lui reprocher ? Sûrement pas.
-Ma chère, voici Ichigo Kurosaki, mon chanteur personnel. Il me sert parfois de garde du corps aussi, s'esclaffa Ishida, qui n'avait rien remarqué. Figurez-vous qu'Ichigo m'a sauvé d'un monstre marin pas plus tard qu'hier !
-He bien ! Vous êtes très courageux ! Merci d'avoir sauvé cet empoté, Mr Kurosaki. Il doit vous donner beaucoup de boulot, ne fut-ce que pour le garder en un seul morceau !
Ichigo ne put s'empêcher de ricaner.
Non seulement cette femme était belle, mais en plus elle était amusante et pleine d'esprit. Comment pouvait-il espérer rivaliser ? En avait-il seulement envie ?
Pourquoi avait-il si mal ?
Il allait devoir se faire à sa nouvelle vie, dans la caverne de Grimmjow…
Bon sang, sa poitrine allait se déchirer…!
…
Il voulait rentrer chez lui, avec son père et ses sœurs.
…
Et ne plus jamais aimer qui que ce soit, aussi.
Il aurait dû écouter Grimmjow, au lieu de se croire plus intelligent que le sorcier.
Ichigo mangea du bout des lèvres, l'appétit coupé par sa défaite. Le pire, c'est qu'il appréciait vraiment Nell. Elle ressemblait à une princesse de conte de fée, avec toutes ses qualités et sa beauté. Ichigo aima beaucoup discuter avec elle des tubes en vogue, et fut heureux de découvrir qu'elle chantait à ses heures perdues. Elle avait la voix d'une sirène.
Déprimé, le triton s'éloigna du couple au moment où ils sortirent se promener dans les jardins et erra dans les couloirs comme une âme en peine, inquiétant ses amis humains. L'ambassadeur, plus psychologue qu'il l'aurait cru, ne le suivit pas.
Heureusement pour lui, car le rouquin se sentait d'humeur à frapper quelqu'un, et le regard "je te l'avais bien dit" que ne manquerait pas de lui envoyer le brun l'aurait poussé à bout.
Au bout de quelques heures qu'il passa à hanter le palais, Ichigo réalisa qu'il n'était même pas jaloux du couple. Il était juste dans la merde, et les tourtereaux n'y pouvaient rien, il s'y était mis tout seul.
Son seul espoir résidait maintenant en le peu d'affection que le prince lui portait. Il n'aurait qu'à l'embrasser en espérant que ça marche et regagnerait sa liberté. Puis il passerait un nouveau contrat avec Grimmjow pour redevenir un triton et rentrer à la maison. Mais cette fois il prendrait de quoi payer avec lui, histoire de ne pas devoir sacrifier sa virginité ou les dieux savaient quoi d'autre. Ichigo décida d'aller se promener sur la plage.
Grimmjow l'y attendait déjà.
-Ichi… commença-t-il.
-Je sais, je suis dans la merde, c'est entièrement ma faute, mais là, tu vois, j'ai pas trop envie d'en parler.
Le sorcier garda le silence, et pour une fois qu'il faisait preuve de compréhension, Ichigo n'allait pas s'en plaindre.
-J'imagine que je ne peux pas embrasser Ulquiorra à la place ? souffla-t-il au bout d'un moment.
-J'ai vérifié, mais non, le contrat stipule que ça doit être Ishida. Désolé. Et puis, tu passerais ta vie avec Ulquiorra ?
Le rouquin rigola doucement.
-Je ne pense pas. Ni avec Uryuu, d'ailleurs. J'ai l'impression que ce monde ne veut pas de moi.
-Crois-moi, il y a beaucoup de représentants du peuple des mers qui sont venus me voir, et aucun ne se plaisait vraiment ici. Nous ne sommes pas faits pour la terre, Ichigo.
-Et pourtant tu les aides à s'y rendre, observa le jeune homme.
-C'est vrai. Tu as déjà essayé d'interdire à un gosse de faire quelque chose ? Une fois que tu as le dos tourné, tu peux être sûr qu'il est en train de le faire. Les tritons ne sont pas différents. Au moins, je les surveille pour qu'il ne leur arrive rien jusqu'à ce qu'ils regagnent l'océan. S'ils n'avaient personne vers qui se tourner, ils se tortureraient l'esprit avec ça sans réaliser à quel point la terre est…décevante.
-Grimmjow Jaggerjack, le grand bienfaiteur des mers, persiffla Ichigo. J'ai un peu de mal à le croire.
-Pourtant c'est vrai ! bougonna Grimmjow. C'est pas parce que j'ai des putains de tentacules que je suis un monstre, nom de… !
-J'ai compris, inutile d'être malpoli. Au fait, d'où te viennent-ils, ces tentacules ? Si ce n'est pas indiscret ?
-De mon père. Bien avant que ton peuple ne gouverne l'océan, une ancienne race mi-pieuvre, mi-humaine y vivait. Mon père en était le tout dernier représentant et il s'est marié à une sirène, ce qui m'a permis de survivre. Les sirènes et les tritons résistent mieux à la pollution que nous, vois-tu. Ma mère m'a offert cette protection, et mon père m'a appris la magie.
-Où sont-ils maintenant ?
-Morts tous les deux.
-Oh…je suis désolé Grimmjow.
-Bah, c'était il y a longtemps. Et puis, je ne suis pas le seul orphelin ici, pas vrai ? Ta mère a été piégée dans un filet, c'est ça ?
-Ouais.
Le silence se fit alors qu'ils observaient tous les deux les vagues qui déferlaient sur la plage et les bateaux de pêche qui revenaient au port.
-Je t'aime bien, Ichigo, tu sais.
-Ah bon ? Tu apprécies toutes les conneries que j'ai faites en arrivant ici ?
-Nan, déjà avant je t'aimais bien. Je t'ai vu la première fois quand mon père m'a amené à la Cour pour aller à l'école. Tu étais dans la classe inférieure, parce que tu es plus jeune d'un an, il me semble. T'étais tellement mignon à cet âge-là…
-Tu parles comme un vieux pervers, au fait.
-Je t'emmerde. Arrête de massacrer l'ambiance, bordel !
-Héhé, désolé, ricana un Ichigo pas du tout sincère. C'était tentant.
-Bref, je disais que tu étais mignon. Maintenant tu l'es un peu moins.
-C'que t'es soupe au lait, Grimm !
-Maintenant, je dirais que tu es canon. Ouais, t'es sexy mec.
-Trop biiiiieeeen, ironisa Ichigo.
-Et on se demande pourquoi tu n'arrives pas à séduire un bête humain… grommela le sorcier. C'que j'essaie de te dire, fils d'andouille, c'est que je t'apprécie depuis que je te connais, voilà. Et maintenant démerde-toi avec ton crétin à lunettes. Bye !
Vexé, le bleuté disparut sous l'eau. Ichigo sourit à pleines dents.
-Moi aussi je t'aime bien, Grimmjow.
Ichigo ne réapparut au château que quelques heures après son départ. Il semblait de bien meilleure humeur et dut passer dans les cuisines pour se faire un sandwich au poulet car il avait raté le repas de midi. Nell s'en attrista, car elle aurait voulu continuer à parler de musique et d'art avec lui. Le rouquin s'excusa et la princesse s'apaisa, lui apprenant du même coup qu'une fête aurait lieu le soir même et qu'il était invité à y chanter ses meilleures compositions. Le rouquin accepta de bonne grâce et partit à la recherche d'un costume plus formel que ce qu'il portait habituellement, c'est-à-dire un pantalon en toile et une chemise.
Le triton passa l'après-midi avec le jeune couple et l'ambassadeur, qui le collait de plus en plus depuis qu'il avait retrouvé sa bonne humeur. Il aurait dû dire texto au brun qu'il ne l'aimait pas et prévoyait de quitter cet endroit au plus vite, mais il n'eut pas le cœur de repousser aussi sèchement l'homme qui avait été si gentil avec lui, même si c'était intéressé. Après tout, on ne contrôle pas ses sentiments, et Ulquiorra n'avait pas fait exprès de l'aimer, n'est-ce pas ? Donc inutile de le faire souffrir. Quand Ichigo partirait, il s'y habituerait et finirait par l'oublier, voilà tout.
Pour passer le temps, il alla aider les domestiques à décorer la salle de bal (vu qu'il était nul en cuisine) et fit une course de chaise qui glisse sur le parquet de la pièce avec un garçon d'écurie qui passait par là. Il s'éclata contre un mur, se fit disputer par Inoue, mais il gagna quand même la partie, la chaise de son adversaire ayant dérapé à la moitié du parcours.
Bon, il dut cirer le plancher, mais il avait gagné au moins !
Après une dernière razzia de desserts à la crème dans les cuisines, le triton dut remonter dans sa chambre pour s'habiller décemment pour la soirée.
Ce fut en pénétrant dans la salle de bal qu'Ichigo comprit que tout avait été orchestré depuis longtemps. La venue de la fiancée d'Uryuu, la fête… on n'invitait pas autant de gens en dernière minute, c'était tout bonnement impossible ! La pièce était pleine à craquer de femmes en robes colorées et en hommes vêtus de costumes pareils au sien qui évoluaient dans un bel ensemble au rythme des valses qui s'enchaînaient. Il s'empressa de rejoindre Orihime et Ulquiorra qui discutaient près du buffet (connaissant la rousse, ce n'était même pas étonnant) et passa presque tout son temps avec eux. Neliel dansa avec Uryuu pendant quelque temps, puis vint auprès d'eux pour voir Ichigo tandis que son fiancé allait s'entretenir avec des partenaires commerciaux et des ministres plus ou moins importants. Les quatre amis mangèrent donc plus de petits fours que de raison, se fichant pas mal d'en laisser aux aristocrates pompeux qui constituaient la majorité des invités.
Quelle bande de sales gamins.
Ichigo fixait avec nervosité la couleur du ciel quand Uryuu vint le chercher pour lui demander de leur chanter quelque chose. Le rouquin alla donc se percher sur l'estrade où se trouvait l'orchestre et entonna un air hypnotique, bientôt suivi par les musiciens. Peu à peu, les couples dansants s'arrêtèrent pour écouter le jeune homme et plus un bruit ne retentit dans la salle. Même les serveurs avaient cessé de louvoyer entre les convives pour le regarder. Sa chanson, qui serait sans doute la dernière que les terriens entendraient, parlait de magie et de merveilles. Elle racontait les trois jours qu'Ichigo avait passés sur terre, elle reprenait chaque instant de bonheur et de malheur, elle parlait de l'indifférence d'Uryuu, de ses dons de couturier, de la gentillesse d'Inoue, de la beauté de Nell, de l'amour qu'Ulquiorra lui portait, mais aussi du caractère épineux de Grimmjow et de son royaume sous-marin qui lui manquait, de ses sœurs, de son père, de sa défunte mère… Bien entendu, les paroles étaient compréhensibles uniquement pour les autres sirènes, mais l'émotion qu'y mettait Ichigo prit tout le monde à la gorge, les faisant sourire aux moments joyeux et sangloter lors des coups durs.
Lorsque la mélopée s'arrêta, le triton rouvrit les yeux et regarda le public. Des mouchoirs avaient fleuri un peu partout, mais Ichigo n'en avait cure. Il avait exprimé tout ce qu'il ressentait, et il se sentait déjà mieux. Le rouquin salua gracieusement, puis retourna se perdre dans la foule pour retrouver ses amis.
-Mais comment fais-tu ? s'extasia Orihime en le prenant dans ses bras, les larmes aux yeux.
-Uryuu ne plaisantait pas, quand il parlait de ta voix, souriait Nell. Ah, je me sens toute retournée !
-C'était vraiment magnifique, Ichigo, complimenta Uryuu.
-Magique, je dirais, ajouta Ulquiorra, qui n'avait pas quitté Ichigo des yeux un seul instant. Par contre, connaissant ta haine de la foule, tu devrais sortir, tout le monde vient par ici pour te rencontrer.
Le triton se tourna vers le reste de la salle, qui était effectivement en phase d'approche.
-Uryuu, on va faire un petit tour ? proposa-t-il alors avec un sourire crispé.
Le prince le suivit sans trop de difficulté et ses alliés firent barrage pour qu'il puisse sortir sans être pourchassé par ses fans. Ils se retrouvèrent donc sur la plage pour admirer le coucher de soleil.
Le coucher de soleil.
-Oh, merde, gémit Ichigo.
On voyait encore les trois quarts du soleil, mais il n'avait plus trop le temps de traîner.
-Heu, Uryuu ?
-Hm ?
-J'ai une chose à te demander, ce sera la dernière, je le jure.
-Vas-y ?
-Ce…c'est un peu bizarre, et si je t'explique, tu ne me croiras pas, donc…
-Vas-y, répéta le prince, amusé par son hésitation.
-Je…Est-ce que tu veux bien m'embrasser ?
-Pardon ?!
-S'il te plaît. Je sais que tu aimes Nell, et je respecte ça, mais ça n'a plus rien à voir avec… Raaah, je m'embrouille ! Juste… embrasse-moi, et je t'explique tout après.
Ishida resta un instant perplexe, puis haussa les épaules avant de s'emparer de celles d'Ichigo.
-On dira que c'est pour m'avoir sauvé la vie, soupira-t-il avant d'embrasser le rouquin avec délicatesse.
Le baiser ne dura pas longtemps, et malgré l'expérience du brun et le soin qu'il y mit, Ichigo ne ressentit…rien. Pas de papillons dans l'estomac, pas de frisson de bonheur, rien.
Comme il le pensait depuis maintenant deux jours, il n'aimait pas Uryuu.
Pas comme ça en tout cas.
Les deux hommes se détachèrent l'un de l'autre et reculèrent tous les deux d'un pas. Ichigo eut un sourire triste et regarda son ami avec gratitude.
-Merci quand même, dit-il juste au moment où le soleil disparaissait sous la ligne d'horizon.
Ichigo tomba en avant, comme si ses jambes venaient de céder sous son poids. Sous le regard stupéfait du brun, il se mit à se tortiller sur le sol pour se débarrasser de ses vêtements alors que ses jambes se soudaient entre elles et que des branchies se découpaient sur son torse pour le laisser respirer. Sa poitrine se souleva avec difficulté alors que des écailles bleu nuit et argent venaient recouvrir sa queue et ses bras, et que des nageoires blanchâtres se déployaient de ses hanches à la pointe de ce qui était ses pieds quelques secondes auparavant. A force de se retourner sur le sable, le triton s'était empêtré dans ses cheveux roux, qui avaient repoussé dès l'instant où l'astre du jour avait cessé des les éclairer.
-U-Uryuu… De l'eau… fit douloureusement Ichigo, en train de suffoquer.
Au même moment, Grimmjow fit son apparition entre les vagues et ouvrit de grands yeux quand il vit ce qui se passait. Le prince, hébété, ne réagissait pas.
-Hé ! Remets-le vite dans l'eau ou il va mourir, abruti ! s'écria-t-il.
Ishida écarquilla les yeux quand il vit une seconde créature marine et ce déclic fut suffisant pour le sortir de son état catatonique. Il saisit Ichigo sous les épaules et le hissa à moitié sur son dos avant de se diriger vers la mer, où attendait Grimmjow. Le prince entra dans l'eau jusqu'à mi-cuisse, se fichant bien de son costume, et déposa Ichigo en douceur le plus loin qu'il le put. Dès que les branchies du rouquin touchèrent son élément vital, il se remit à respirer normalement, toussant lorsque l'air entra de nouveau dans son organisme.
-Merci… Uryuu, articula-t-il difficilement. Tu m'as sauvé la vie.
-En même temps, fallait te rapprocher un maximum de l'eau avant de te transformer, gros idiot ! le tança Grimmjow en lui donnant un coup de poing sur le crâne.
-Mais aïeuuh !
-Ichigo…tu m'explique ce qui se passe ou je vais devoir deviner ? fit Uryuu, un poil hésitant.
Le pauvre n'avait toujours pas compris s'il était dans un rêve ou dans la réalité.
-En gros, ce sale gosse ici présent est le prince héritier du roi des océans et a eu le malheur de tomber amoureux de toi, l'humain, répondit Grimmjow avec force froncements de sourcils. Il est donc venu me voir, moi, le plus grand sorcier des mers, pour que je le transforme en humain et qu'il puisse vivre heureux avec toi sur terre et gnagnagna. Il ne disposait que de trois jours pour te séduire et recevoir un baiser d'amour sincère de ta part. Seulement, comme tu ne l'aimes pas, ben il est redevenu un triton. Ballot, hein ? Maintenant tu vas devoir dire à tout le monde que leur chanteur favori est parti.
-Que…mais… Ichigo, tu m'aimes ? Je ne savais pas… Et j'ai été horrible avec toi !
-Je pensais que je t'aimais, en fait. Mais quand tu m'as embrassé, j'ai compris que je m'étais trompé. Je suis désolé de t'avoir mis dans une situation aussi bizarre, Uryuu. Vraiment. Dis à Neliel que je l'aime beaucoup, et que je suis désolé. Enfin, si tu choisis de lui dire la vérité, bien sûr. Même si tu ne le fais pas, dis-lui que je regrette de ne pas lui avoir dit au revoir. Et dis-le aux domestiques, ils étaient tous très gentils avec moi. Et aussi à Orihime, Kensei, Sado…
-Je le ferai, ne t'inquiète pas. Mais je leur dirai que tu es parti retrouver ta famille, pas que tu es un …triton ?
-D'accord, sourit Ichigo, soulagé. Je suis content que malgré tout, on ait pu devenir amis. Peut-être nous reverrons-nous, qui sait ?
-Je l'espère.
Étrangement, Uryuu se sentait…ému ? D'une part, découvrir qu'Ichigo était un triton, une créature de conte de fée, mais qu'en plus il avait été amoureux de lui le faisait se sentir bizarre. Il ne parvenait pas à mettre le doigt sur ce sentiment, mais il se savait heureux d'avoir rencontré le triton, et ça lui suffisait.
-Toutes mes félicitations pour ton mariage avec Nell ! Au revoir Uryuu !
-Au revoir Ichigo !
Le jeune homme vit les deux créatures marines disparaître sous l'eau et se sentit un peu vide. Mais ça, c'était avant de se rappeler qu'il venait de ruiner son costume de soirée. Il cria un juron pour le principe et fila se changer en vitesse en priant pour que personne ne le voie.
A peine revenu dans la caverne de Grimmjow, qui ne savait pas trop comment lui parler maintenant qu'il était sa bonniche officielle, Ichigo se rappela d'une chose importante qu'il avait oubliée. Et d'une personne importante, aussi.
-Grimmjow, je peux utiliser ta boule téléphonique s'il te plait ? Faut que je voie quelqu'un.
-Ouaip, suffit de dire le numéro à voix haute, indiqua le sorcier en lui lançant la boule de cristal.
-Merci.
Ichigo composa le numéro de la personne qu'il cherchait et attendit que celle-ci décroche.
-Allo ?
-Ichigo ! Où es-tu passé ? fit la voix inquiète d'Ulquiorra. Le prince a dit que tu étais rentré chez toi, et la princesse est triste parce qu'elle voulait te voir une dernière fois ! Il faut que tu reviennes ! Il y a des personnes qui voudraient t'offrir un job dans la musique !
-Wow, t'as jamais parlé autant en une seule fois, rigola Ichigo. Ulquiorra, ce que j'ai à te dire est important, mais je ne veux pas faire ça par téléphone. Peux-tu me retrouver, seul, à minuit sur la plage sous la falaise ? Et si tu pouvais prendre avec toi le collier que tu m'as offert, s'il te plait… Je l'ai oublié tant mon départ a été précipité.
-D'accord, fit la voix stressée de l'ambassadeur. Tu as intérêt d'avoir de bonnes explications à fournir !
-Oui, oui…
Le rouquin raccrocha et essaya de mettre un peu d'ordre dans la grotte, histoire de tuer le temps. Grimmjow, un poil soupçonneux, le suivit du regard jusqu'à ce que l'heure du rendez-vous arrive.
-Tu comptes revenir, j'espère.
-Ne t'en fais pas, quand je prends un engagement, conscient ou non, je m'y tiens, déclara le prince en se redressant de toute sa hauteur.
Et mine de rien, en format poiscaille, il faisait bien dans les deux mètres cinquante.
Heureusement, le bleuté le laissa partir sans trop grogner et Ichigo put atteindre la plage dans les temps. Le jeune homme aux yeux verts et dépressifs l'y attendait déjà.
-Ulquiorra ! appela le triton.
-Ichigo ? Où es-tu ?
-Ici, dans la mer.
-Qu-Ichigo ! Que fais-tu là ? Et…tes cheveux !
Le rouquin soupira, puis souleva sa queue jusqu'à la sortir de l'eau, montrant bien sa nageoire caudale à l'ambassadeur, qui sentit sa mâchoire inférieure toucher le sol.
-Je suis désolé, Ulquiorra, j'ai menti à… à peu près tout le monde, ces trois derniers jours. Je m'en excuse. Et je suis désolé de ne pouvoir te retourner tes sentiments. J'ai déjà essayé de quitter la mer, et je n'aurais jamais dû le faire. Néanmoins, je suis content de l'avoir fait et d'avoir rencontré tous ces gens, et de t'avoir rencontré.
-Mais, Ichigo, tu es un…
-Un triton, oui.
Le prince expliqua à son soupirant qui il était, et tout ce qui s'était passé. Si le brun fut assommé par ces révélations, il n'en montra presque rien.
-Puis-je… te voir ? demanda-t-il avec hésitation.
Le rouquin se hissa sur la terre ferme, prenant bien garde de garder au moins une flaque d'eau sous lui pour respirer librement. Le regard d'Ulquiorra se posa sur les longs cheveux arachnéens couleur de feu, puis glissa sur les écailles du jeune homme pour ensuite parvenir à l'énorme nageoire bleu et argent qui luisait d'humidité sous la lumière de la lune.
-Tu es magnifique, conclut-il.
-M-merci.
-Tu es sûr que tu ne peux plus revenir ?
-Je ne reviendrai pas, Ulquiorra. J'ai épuisé la seule chance que j'avais. Mais, si tu repasses dans le coin, appelle-moi. Si je t'entends, je viendrai te voir. Et… si tu pouvais éviter de parler de ma …bizarrerie à quiconque, j'apprécierais.
-Merci de me l'avoir dit, en tout cas. J'imagine qu'Uryuu est au courant ?
-Oui, il m'a vu redevenir un triton, alors…
-Bon, je me sentirai moins seul quand j'aurai envie de parler de notre drôle d'ami, alors, sourit Ulquiorra. Au fait, je te rends ton collier, comme ça tu ne m'oublieras pas.
-Merci beaucoup Ulquiorra. Pour tout ce que tu as fait pour moi. Je suis sûr qu'on se reverra un jour, répondit Ichigo avec le même sourire un peu triste que son interlocuteur. Bon. Mon nouveau colloc' va s'impatienter, vaut mieux que j'y aille maintenant. Au revoir, mon ami.
-Au revoir Ichigo.
Ils se serrèrent la main une dernière fois, et Ichigo profita d'une déferlante pour repartir en sens inverse. Sans grande surprise, Grimmjow l'attendait au large, histoire d'être sûr qu'il reviendrait.
-Ça fait du bien d'être de retour, mine de rien, se réjouit Ichigo en étirant ses muscles dorsaux et sans faire grand cas de la méfiance du bleuté.
-Ouais, bah tu commenceras par aller voir ton père et tes sœurs, ils sont morts d'inquiétude. Les gardes royaux ont sillonné toute la surface du globe pour te retrouver. Enfin, ils ont oublié de vérifier la partie terrestre… s'emporta Grimmjow, comme à son habitude.
-Oui, maître, ironisa le triton.
-Ichi…soupira le sorcier. Cette histoire de "tu seras à moi si t'échoues"… ça m'emmerde un peu. Enfin, si tu veux vivre avec moi, j'y vois aucun inconvénient, hein, mais alors là, aucun. Mais si tu veux rentrer chez toi… je peux te libérer du contrat.
-Vraiment ? Tu ferais ça pour moi ? s'étonna le prince.
-Bah… ouais. Je t'ai dit que je t'aimais… enfin, que je t'appréciais, quoi. Donc oui, si tu veux, tu es libre. Heu, seulement si tu le veux, ok ? Parce que sinon, il me suffit de faire de la place chez moi (j'en fait depuis trois jours en fait) et tu t'installes quand tu veux !
Ichigo ne put s'empêcher de s'esclaffer devant la gêne quasi palpable qui émanait de Grimmjow.
-Hé ! Te moque pas de moi !
-Désolé, mais c'est juste que t'es tellement mignon, à toujours répéter la même chose !
-La même chose ?
-Que tu m'aimes bien, sourit Ichigo en se calmant brutalement.
Le bleuté rougit comme une écrevisse et lâcha un son incompréhensible.
-Hmmm, pour répondre à ta demande, je pense que je vais d'abord voir ma famille. Ensuite, je vais transformer ta caverne immonde en quelque chose d'habitable. Je vais en avoir, du boulot… soupira Ichigo, produisant une colonne de bulles colorées.
-Tu…Tu vas habiter chez moi ? Sérieux ?
-Bah ouais. Mon pauvre, tu vis dans un vrai taudis. Y a des cavernes en vente, un peu plus au Sud, tu devrais peut-être ouvrir les petites annonces, parfois. Il y en a certaines qui sont pas mal. Et si vraiment ta nouvelle maison me plait, je pourrais, dans l'éventualité où elle m'attire énormément, penser à m'y installer avec toi. Sait-on jamais. Parce que les châteaux, c'est cool, mais c'est horriblement chiant au bout d'un moment. Quand on en a vu un, on les a tous vus !
-Bon. Okay…
Et ils continuèrent ainsi à se chamailler comme à leur habitude sur la meilleure couleur de papier peint et sur l'importance de la cuisine dans une habitation, sur le fait que Grimmjow devrait s'occuper de faire les plats parce qu'Ichigo était nul à chier, sur le prix à ne pas dépasser pour leur nouveau logement, sur la hausse du prix des palourdes, sur…
THE END
Et voilà, c'est fini ! Et ma prochaine fic…n'arrivera pas tout de suite.
Grimm : Quelle organisation n'empêche.
Lilisu : Je te zut. N'oubliez pas de reviewer en partant, ce serait sympa de votre part !
NDA : Non, il n'y a pas de lemon, parce qu'à la fin d'une fic ça aurait fait tache. En plus, c'est un rating T, pas M. Donc, pas de sexe. J'espère que les plus pervers(es) s'en remettront :p
Sur ce !
