Bonsoir à tous, et en ce 24 décembre (au vu de l'heure, je pense que vous ne lirez pas ce chapitre avant minuit), je tiens à vous souhaiter un joyeux réveillon à tous.

J'ai enfin pu mettre la main sur le jeu (avec ma connexion internet, suivre les Playthrough est une épreuve en soit), donc, je reprends sérieusement la fiction. Pour vous donner une petite idée, j'ai déjà écrit je crois bien six chapitres pour cette fiction, dont quatre si je me trompe pas entre les mains de la Bêta.

Je tiens donc à vous remercier de votre patience pour ce nouveau chapitre que je vous offre donc en cette veille de Noël, régalez-vous.

Je vous remercie aussi de vos reviews, ce fut un plaisir de les lires, et je tiens à répondre à quelques questions qui sont apparu :

Arya39 : Non, du tout, ça n'a rien à voir avec cette attaque pour la libération de Desmond. C'est juste les Shirohige qui veulent savoir ce que veut faire Ace.

Eiko6Carol : Tu as vu juste, c'est bien les utilisateurs du fruit du démon que l'on appelle Noryokusha. Je me laisse un peu trop souvent aller au japonais.

Mimica3466 : Non, pas de couple dans l'histoire. / On verra assez rarement les Shirohige dans la fiction, outre une exception que vous découvrirez au chapitre 6 ou 7 si je me trompe pas. / Cela ne veut pas dire que l'histoire sera courte, bien au contraire.

Celiazay : Le contrôle de l'information le permet. C'est pas le plus bizarre que les Templiers ont fait. / Tu sauras comment les Shirohige ont appris pour Ace un peu plus loin dans l'histoire, mais aussi comment ils ont eu l'idée de le retrouver. / Continue avec les longues reviews :)

Voilà !

Autres petites précisions sur l'histoire que je veux faire afin de ne perdre personne dans son déroulement (j'ai tiré mes leçons de mon x-over avec Skyrim) :

- Assassin's Creed se déroule normalement dans le monde réel, avec notre calendrier, Edward ayant vécu au XVIII Siècle. Je me base pour cette histoire sur le calendrier de One Piece, et on sait que Gol D. Roger est mort en 1500. D'où la différence notable que vous verrez avec les dates si vous jouez au jeu ou si vous regardez le Wiki.

- Je conserve les différents pays, mais aussi différentes monnaies. Les Anglais et les Gallois comme la majorité des pirates présent dans l'Animus sont de West Blue pour la plus part, et leur monnaie est le Livre Sterling. Pour les Espagnols et l'Amérique du Sud c'est le South Blue comme vous l'avez compris, mais j'abandonne les Reales pour les Berrys. En partant du principe que le Berry se rapproche du Yen, on a de toute façon des sommes presque semblable.

- Je sais aussi que Vidic a clairement expliqué que l'enregistrement de la mémoire d'un parent s'arrêter à la conception de l'enfant. Donc, en prenant en compte l'histoire, Caroline devait être enceinte de l'aïeul d'Ace quand Edward est parti pour devenir Corsaire. Je me suis rappelée de ce fait après la publication de la fic, et je tiens à m'excuser pour cette entorse au Lore du jeu.

- Dernier point, la fan que je suis est allée voir le film (je ne ferais aucun commentaire sur la 3D dont on aurait pu se passer et qui était même assez mal justifier ni sur le fait que même si le film est bien fait pour les non-connaisseurs, il m'a laissé sur ma faim). Il se pourrait que j'y fasse brièvement allusion vers la fin de la fic. Etant donné qu'on bosse de toute façon sur une chronologie différente, je peux me permettre de zapper les années qui séparer Black Flag du film.

Je pense avoir fait le tour. Si vous avez besoin de précision, n'hésitez pas. Oh, et inutile de vous faire de faux espoirs… Thatch n'est pas de retour d'entre les morts. Si vous voyez ce nom, il s'agit d'Edward Thatch, le Barbe Noir de IRL. Voilà voilà ! Bonne lecture !


Ezio se réveilla brutalement avec un coup de pied dans les côtes. La douleur sourde à l'arrière de son crâne et le sol de pierre sous son corps lui disaient que ce n'était pas l'alcool le coupable.

Avant même qu'il ne puisse se mettre debout, deux bras se saisirent de lui et le traînèrent dans les couloirs jusqu'à l'extérieur, après lui avoir attaché les mains devant lui.

Il faisait froid et il neigeait.

Qui aurait cru que cela soit possible dans ce coin coupé du monde, des terres syriennes.

Son regard tomba sur le dallage extérieur et un maigre sourire étira son visage marqué par l'âge et les combats. Ni le temps, ni les hommes n'avaient pu effacer l'emblème de la Confrérie.

On continua de le traîner à travers la cour, deux hommes armés d'hallebardes marchant derrière, le tenant en joue.

Ezio se souvenait des évènements qui l'avaient conduit à cet instant.

Il avait fait un long et épuisant voyage, un pèlerinage.

D'abord par la mer, puis par la terre.

Il avait traversé les marées et le désert avec détermination, et sur ses deux jambes, ne s'attardant même pas pour observer les ruines d'une civilisation glorieuse, aujourd'hui disparue, sur son trajet.

Il était en quête de conseils et de réponses.

Le nouveau chef de la Confrérie des Assassins, le nouveau Mentor, n'était pas là pour le tourisme.

C'est au bord de l'épuisement qu'il était enfin arrivé aux portes de Massyaf. La forteresse était magnifique sous son manteau de neige.

Le temps et les hommes ne lui avaient en rien retiré sa beauté.

Cette simple vue lui avait bloqué le souffle dans la poitrine. Jusqu'à ce qu'il se prenne une flèche dans l'épaule.

Il avait reculé de quelques pas, gardant la flèche en main, cherchant le coupable autour de lui, avant de voir, depuis les remparts, un homme au crâne rasé entouré d'une armée. Ezio ne s'était pas démonté. Il avait cassé la hampe de la flèche pour la jeter au loin. Il avait vu pire, ce n'était pas ça, ni son âge, qui ferait qu'il ne pourrait pas se battre.

Sa cape tomba au moment où on donna le premier assaut. Il courut sur un hallebardier, reconnaissant l'armure rouge/ocre des templiers byzantins et sauta sur lui avec agilité. Un mouvement qu'il avait fait tant de fois depuis qu'il avait perdu son père et ses frères, il y avait de ça trois décennies. Sa lame secrète trouva la gorge de son adversaire. Il ne s'attarda pas et fonça sur un nouvel assaillant, déviant du poignet le manche de la hallebarde pour lui planter la lame secrète dans la poitrine et profiter du fait qu'il soit en train de chuter pour se projeter sur son dos et rouler par-dessus lui. Le suivant eut droit lui aussi à la lame dans la gorge, juste sous l'attache de son heaume. Il le désarma au passage, avant de tournoyer sur lui-même pour esquiver une attaque latérale, puis de repousser vers l'arrière le nouvel assaillant. Un autre homme l'attaqua à l'épée. Ezio lui tordit le bras pour parer avec l'arme de son ennemi une attaque dans son dos. Il parvint à arracher l'arme de la prise de son adversaire et la planta dans son nouvel ennemi en plein dans le dos, la faisant jaillir de l'autre côté.

Le combat était un enchaînement bien rodé.

La pratique et les troubles qui avaient suivi sa vie d'Assassin lui avait donné cela.

Il se baissa sous l'attaque latérale d'une hallebarde pour se relever une fois la lame passée et frapper violement sur le heaume du garde, l'assommant.

Quelqu'un le saisit par derrière, parfaite cible pour un hallebardier, mais Ezio se retira à temps, le templier sournois se prenant la lame à sa place. L'attaquant, quant à lui, se prit un coup de boule. Ezio ne chercha pas à s'attarder sur la douleur qu'il ressentit. Le métal contre l'os… Il était chanceux.

Un épéiste se prit un poing dans l'estomac et un autre dans le menton.

Il ondulait entre les attaques. Il se saisit d'un homme pas loin d'un mur de pierre et l'envoya au loin, faisant face à la foule. Loin de se démonter, Ezio répondit à leur défi par le sien :

Ses deux lames secrètes jaillirent de leur fourreau d'un simple mouvement de poignet.

C'était un message limpide :

« Venez, je vous attends. »

Deux templiers partirent à l'assaut et Ezio les eut tous les deux en même temps… jusqu'à cette vision.

Quelqu'un en blanc marchait dans la foule.

Un blanc lumineux.

Une bure, avec une ceinture faite d'une étoffe rouge sang et des protections de cuir ouvragées. Une capuche était remontée sur le visage de l'inconnu, descendant sur ses yeux, mais Ezio était certain que cet individu le regardait lui.

L'inconnu en blanc le regarda un instant encore, avant de s'enfoncer dans la foule, sans que personne, hormis lui, ne le remarque.

- Altaïr ? avait demandé tout bas le Mentor, incertain.

Sa déconcentration lui valut cher car un coup d'épée lui parvint dessus. Il le para d'une de ses lame secrète de façon désordonnée, tombant à terre alors que sa lame se brisait.

C'était ainsi qu'il avait été capturé.

Revenant au présent, Ezio réalisa qu'on l'avait mené jusqu'au chef apparemment, en haut d'une tour avec des grandes fenêtres se prolongeant par des plongeoirs. Le chef de cette bande de templiers l'attendait avec une corde se finissant en nœud coulant.

Ezio se releva et se dégagea de ses geôliers d'un grand mouvement de bras. En représailles, d'autres sortirent leurs armes, mais le chef les interrompit d'un geste de la main.

Digne et sans peur, Ezio s'avança, bien droit, regardant le chef ennemi.

Un templier sans nom, pour lui, après les Borgia.

L'homme le poussa sur le plongeoir et Ezio se retrouva au dehors, devant les montagnes de Massyaf. Sur le plongeoir à sa droite, Altaïr était là, avançant tranquillement, légèrement translucide, comme un souvenir ou un fantôme. Il s'arrêta au bord.

Le chef des Templier jeta un regard curieux vers l'endroit où regardait Ezio, mais ne vit rien.

Ezio regarda de nouveau devant lui, ses yeux suivant la course d'un aigle tournoyant autour de la tour.

L'animal poussa un cri quand le templier retira la capuche d'Ezio, dévoilant son visage légèrement ridé et aminci, la barbe assez fournie et ses cheveux noirs parsemés de cheveux blancs.

On referma le nœud coulant autour de son cou.

A côté, Altaïr fit un saut de la Foi.

Ezio se retourna d'un bond pour l'attaque…


Ace se réveilla en sursaut, couvert de sueur.

Son cœur battait fort dans sa poitrine.

Il passa une main sur son cou, s'attendant presque à sentir la brûlure d'une corde, mais il n'en fut rien. Hiken soupira et se laissa tomber de nouveau dans ses oreillers.

Il ne devait pas se perdre. Il ne devait pas oublier qui il était. Il devait cesser de se rappeler de ses ancêtres, même s'il avait besoin d'eux. Il passa des mains tremblantes sur son visage.

« Faîtes que mon état ne s'aggrave pas, je ne veux pas finir comme Seize » songea Ace.

Il passa un long instant à essayer de repousser dans un coin de sa tête les souvenirs de ses aïeuls. La surexposition à l'animus à cause de Warren Vidic et Lucy Stillman n'aidait pas sa santé mentale. Ace essayait tant bien que mal de faire le tri. Mais c'était si dur.

Il avait cette fichue impression d'avoir vraiment vécu cela.

N'avait-il pas tué cet homme à Acre, qui prétendait aider pauvres et prostitués en testant sur eux des médicaments durant les Croisades… ? Cet homme était un prête, en plus ? Ce n'était pas lui qui avait recueilli sa confession et trempé une plume d'aigle dans son sang ?

Ce n'était pas lui qui avait essayé d'empêcher la mort du Doge de Venise en s'infiltrant dans le palais avec la machine volante de Vinci ?

De frustration, il mordit son coussin.

Il avait bien fait de laisser ce message à Haruta pour lui dire de le laisser tomber. Avec un esprit aussi brisé que le sien, il ne servait plus à rien dans l'équipage. Il ne serait qu'un poids mort, incapable de différencier le présent du passé. Incapable de faire la différence entre Altaïr, Ezio ou lui-même.

Ace eut un pauvre sourire.

Qu'est-ce qu'il aurait voulu revoir ses frères et sœurs des Shirohige. Agir dans le monde en tant qu'Assassin.

Mais il ne fallait pas se voiler la face.

Il perdait lentement pied avec la réalité.

Son temps était compté avant qu'il ne devienne fou, comme Seize. Bientôt, il s'ouvrirait les veines pour dessiner des symboles bizarres un peu partout avec son sang.

Il frappa le matelas du poing et se leva.

Il s'assit à la table et prit son carnet de notes, qu'il utilisait pour maintenir les apparences. Il alla dans les dernières pages et en arracha une.

L'arabe vint naturellement sous son stylo alors qu'il notait tout ce qu'il savait sur Ceux-qui-étaient-là-avant et les projets d'Abstergo.

Cela serait utile si un autre Assassin passait un jour par ici. C'était peu, mais c'était déjà quelque chose.

Il reposa finalement son stylo et se leva.

Il avait besoin de finir cette plongée avec Edward pour compléter les informations.


Rebecca raccrocha son téléphone et soupira, assise sur le bord du quai, à l'écart des passants et à l'abris des regards.

Ils avaient la confirmation.

Portgas était vraiment le vrai Portgas, cette fois. Et il avait vraiment choisi d'être l'un des leurs. On avait réussi à fouiller les locaux d'Abstergo où lui et Desmond avaient été retenus auparavant, et les vestiges, en plus des caméras de surveillance, montraient le choix plus qu'évident du pirate sur son avenir. William, avant de couper les ponts, avait émis son regret et celui de Desmond, de ne pas avoir pu faire sortir Ace de là, quand il y avait eu cet incident qui leur avait permis de tuer Vidic. William aurait été content de savoir qu'ils avaient une possibilité de le tirer de là, et qu'il avait déjà choisi d'être un Assassin.

Choix confirmé par l'étrange disparition de son doigt, de ce que lui avait rapporté à l'instant Shawn quand le nouvel employé d'Abstergo était venu prendre un café à son stand, dans l'Atrium. Le même doigt que se coupait les Assassins à l'époque d'Altaïr. Celui marqué au fer rouge durant la Renaissance avec Ezio.

Unique petit problème sur le sujet.

C'était la Révolution qui les avait mis sur la voie d'Ace, avant même que Lucy ne fasse les démarches, comme devait le demander le Projet Sirène mis en place par Abstergo.

La Révolution se fichait de Desmond, mais son contact voulait des infos sur Ace.

Rebecca mordit son pouce pensivement.

Ace était un inconnu pour elle, si on était franc. Ils n'avaient fait que se croiser quand il était arrivé à Abstergo Entertainment. Mais Desmond avait beaucoup parlé de lui, quand il faisait des pauses entre deux cessions d'Animus. Il avait parlé d'un autre Portgas que l'image que l'on pouvait avoir du « défunt » fils de Roger. L'image d'un garçon avec des rêves et des désirs de liberté. Un garçon qui, comme Altaïr, était plus que curieux et voulait transcender le voile, l'illusion. Un garçon qui avait réussi à se reconnaître en le Crédo et l'histoire des Assassins, comme elle et Shawn, à leur époque.

Rebecca ne tourna pas la tête quand le Révolutionnaire qui avait aiguillé les Assassins vint la rejoindre.

Pouvait-elle le trahir ? Pouvait-elle livrer toutes ces informations sur celui qui était plus ou moins l'un des membres de son groupe ? Un Assassin, au même titre qu'elle ?

- Tu dois être Rebecca-san.

Rebecca regarda le blond en costume de noble s'asseoir à côté d'elle, puis de nouveau le large.

- Et toi Sabo, le Second de la Révolution.

- Alors ?

- Il est vivant, mais montre des signes clairs de fatigue et sous-alimentation. Il a dû perdre pas mal de kilos, même si bizarrement, il a gagné en muscle. Outre le fait qu'il ait perdu un doigt et qu'il ait gagné deux cicatrices sur le visage, je n'ai rien de plus à dire.

Rebecca tendit le dossier qu'elle devait remettre au Révolutionnaire. Sabo fit un mouvement pour le prendre, mais Rebecca le laissa tomber à l'eau avec un petit sourire, avant de se lever.

Elle avait fait son choix.

Pour les Assassins.

Et pour Desmond et William.

- Portgas D. Ace est un des nôtres. Nous verrons qui de la Révolution ou des Assassins le tirera de là en premier. D'autant plus qu'on a l'appui de son équipage dans cette mission. Bonne chance…

Sabo regarda le dossier qu'il aurait dû récupérer tomber à l'eau, puis Rebecca s'en aller. En grognant, il retira son chapeau et son manteau avant de plonger, pour essayer de sauver ce qui pouvait l'être. Les notes se désagrégeaient déjà en une masse impossible à reconnaître. Sabo tendit une main vers le dossier, en apnée sous l'eau, et parvint à saisir quelque chose d'encore résistant. Il remonta à la surface et perça à l'air libre, pour ramener son butin au-dessus des eaux.

C'était une photo d'Ace, bien que le casque qu'il ait sur les yeux rende l'identification difficile. On notait le bout d'une cicatrice sur la joue gauche qui remontait sous le casque et une lèvre avec une coupure cicatrisée. Il était pâle, c'était un fait.

Mais c'était son frère.


Ace ajusta son nouveau pansement autour de ses doigts alors qu'il revenait vers son animus. Un regard à son clavier lui fit dire qu'il avait une réponse.

Avec un grognement, le jeune homme se laissa tomber dans sa chaise de bureau et la fit pivoter pour faire face à son poste de travail. Il récupéra discrètement le message et le cacha dans ses poches, s'assurant que personne ne le regardait. Une fois l'action faite, il remit son matériel sur le crâne en s'installant confortablement dans son siège.

Second jour à Abstergo Entertainment, action.


Pourquoi passer par la rue comme tout le monde, quand le ciel était bien plus beau et proche depuis les toits ? Quand le vent était si bon sur sa peau ?

Edward continua sa route jusqu'à la résidence du Gouverneur de La Havane.

Un détour sur une haute tour et le pirate parvint à trouver sa destination. La demeure la plus luxueuse de l'île était à deux pas de là. Un Saut de la Foi dans une botte de paille, et Edward se remit en marche, rejoignant aisément la demeure. Il arrangea machinalement sa tenue, et priant mentalement pour ne pas se faire démasquer, il se présenta à l'entrée, attirant l'attention des deux gardes.

- Buenos dias. Je suis Monsieur Walpole d'Angleterre et je voudrais parler au gouverneur. Je crois qu'il m'attend.

- Si señor Walpole. Entre por favor. (Oui Monsieur Walpole. Entrez, s'il vous plaît).

On ouvrit la grille devant lui avant de s'écarter pour le laisser entrer. Edward les remercia d'un geste de la tête et pénétra dans le patio de la résidence. Encore une fois, Ace maudit la reprise de contrôle du personnage qui se hâta sur le pavé et retira sa capuche, suivant les deux gardes qui l'escortèrent jusqu'au Gouverneur. Lui, il l'aurait gardé sa capuche.

- Es ese hombre el… ¿cómo lo llamabas… Asesino? (C'est cet homme… comment l'appelles-tu… Assassin ?) dit l'un des soldats qui l'escortait.

- Si, Duncan Walpole. Llegue con un retraso de muchos días, répondit l'autre. (Oui, Duncan Walpole. Il arrive avec un retard de plusieurs jours.)

- No me gusta que esos extranjeros anden así por las calles. No me fio de ellos. (Je n'aime pas que ces étrangers se baladent comme ça dans nos rues. Je n'ai pas confiance en eux).

« Oi, kuso yarro, je comprends ce que tu dis. » songea Ace en serrant les mâchoires.

Il jeta un regard mauvais aux gardes qui parlaient entre eux.

- Cállate. ¡El Gobernador recibe amigos! ¡De Francia e Inglaterra ! (Tais-toi Le Gouverneur reçoit des amis. De France et Angleterre).

- Tiene una apariencia bestial. Esperaba una persona de apariencia más… respetable. (Il a l'air d'une brute. J'attendais quelqu'un d'apparence plus… respectable).

« Gentil, Ace, pas morde » songea Ace.

Ils montèrent quelques marches au milieu d'une garde importante.

- Ha pasado varios meses en el mar. Sea indulgente con él. (Il a passé plusieurs mois en mer. Sois indulgent avec lui.)

Ils finirent par arriver sur une terrasse, et malgré les bruits constants d'un tir au pistolet, Edward avait les sens en alerte. Une fois sur la terrasse, il regarda les individus autour de lui. Trois. Tous des hommes. L'un d'eux semblait tester un pistolet et en était satisfait. En voyant Edward, il rendit son arme à un serviteur et alla saluer l'homme qu'il croyait être Walpole. Il se présenta comme Woodes Rogers. Ce qui marqua chez lui, c'était l'étrange cicatrice sur son visage basané. On aurait dit une marque de brûlure. Mais le motif rappelait presque une fleur.

Et là se présenta le premier problème.

- J'ai bien peur que ma femme ne fasse une bien piètre physionomiste.

- Pardonnez-moi ? demanda Edward.

- Ma femme, rappelez-vous, il y a quelques années, au bal masqué du baron Percy.

- Ah oui…

- Elle vous a trouvé terriblement séduisant. Un pauvre mensonge pour attiser ma jalousie.

Et il se mit à rire.

- Le voyage et la fatigue ne jouent pas en ma faveur, je le crains, sourit péniblement Edward.

L'autre homme se retourna enfin. Il rappela étrangement Mihawk à Ace, avec sa tenue assez sobre et sa chemise ouverte sur le torse, mais surtout, le chapeau à plume qu'il avait sur le crâne. Seul point gênant : il avait une cape rouge et pas d'énorme épée qui devait juste servir à compenser quelque chose.

- Ah… ! Je suis Julien du Casse, se présenta le second invité. J'espère que votre conversion à notre Ordre est des plus sincères. Je n'affectionne guère les Assassins. Mais je les préfère aux menteurs.


- STOOOOOOP!

« Pourquoi tu mets la séquence sur pause ? » s'enquit Ritsu.

- Me dis pas que je suis sur le point de rejoindre des Templiers ! s'indigna Ace. Si c'est le cas, je me barre direct et basta !

« Donne-moi un instant, je vais essayer de voir dans la base de données s'ils ont des références d'un Duncan Walpole comme Templier. »

Ace attendit patiemment, la scène autour de lui totalement figée.

« Fais. Tu peux continuer sans crainte, il n'y a aucune référence à ce sujet. Mais ils en ont avec un Edward Kenway en tant qu'Assassin. Le seul Templier de la famille Kenway, c'est son fils Haytham. »


La mémoire reprit et Julien proposa à Edward un peu d'exercice de tir en attendant que leur hôte puisse les recevoir. On lui confia un flingue et il s'en servit sur des cibles de paille installées dans le jardin en contrebas de la terrasse. Ils s'amusèrent un instant, puis Julien remarqua l'absence des lames secrètes.

- Duncan, où sont vos lames de poignets ? Je n'ai jamais vu d'Assassin aussi mal équipé que vous.

- Détruite, j'en ai peur. Je n'ai pu les réparer, répondit Edward.

Du Casse lui fit signe de le suivre, lui montrant une boite en bois contenant des tas de lames secrètes. Edward chercha celles de meilleure qualité du lot, quand on l'invita à se servir.

- Je ne les ai pas trouvées, je les ai prises. Ce sont des souvenirs, répondit fièrement et férocement Du Casse quand Edward s'enquit de la provenance des lames.

Au moins, il pouvait être content qu'on l'équipe.

Ace aimerait bien en avoir deux lui-même. Voire une seule, ça serait déjà cool. Quand on est dans la merde, il ne faut pas être trop gourmand.

Et des classiques ! Il ne demandait pas les lames polyvalentes à la Ezio avec le pistolet caché, les fléchettes empoisonnées ou même le grappin. Juste une simple petite lame secrète.

On réclama une démonstration de leur usage à Edward, lui proposant un petit parcours d'entraînement. Là où Edward était inquiet, Ace se frottait d'avance les mains.

Il leur fit la totale !

Lame dans l'ombre de deux travailleurs qui éventra un mannequin de paille. Assassinat depuis un tas de foin, un autre en allant à toute vitesse sur la cible, et un dernier pour la route en assassinat aérien depuis le toit d'une maison.

Ace aimait ce style de combat, autant que les flammes, étrangement. Rapide. Discret. Sobre. Efficace.

- Les Assassins vous ont bien formé, Duncan. Vous avez attendu le bon moment pour les trahir.

- A votre plus grand péril, sans nul doute. Trahir les Assassins est rarement bon pour la santé.

- Ma foi, l'alcool n'est pas plus recommandable, mais ses dangers m'attirent tout autant, répondit Edward à ses interlocuteurs.

Il se renseigna sur les deux hommes. Du Casse était un contrebandier, un marchand de mort. L'autre avait chassé du pirate du côté de Madagascar. Edward voulait savoir où était sa femme, qui risquait certainement de le trahir, mais l'homme ne lui répondit pas. Il lui dit néanmoins qu'il avait l'intention de s'en prendre à Nassau pour régler l'histoire des pirates dans les Caraïbes. Là, on n'aurait que deux options, si on était pirate : accepter le pardon du Sekai Seifu, ou finir au bout d'une corde.

Durant la discussion, ils s'étaient enfoncés dans la résidence pour finir sur une terrasse, à l'arrière.

- Grand Maître Torres. Ducan Walpole est arrivé.

Le Gouverneur était un homme assez âgé pour avoir une barbiche et des cheveux totalement blancs. Il était très richement vêtu. Il se leva de là où il lisait sa lettre et vint à leur rencontre.

- Il y a une semaine que je vous attends.

- Mes excuses, Gouverneur. Mon navire a été pris d'assaut par des pirates avant de finir par le fond. Je ne suis arrivé que très tard hier, expliqua Edward.

C'était en partie vrai. Pas besoin de préciser que c'était lui qui avait envoyé le navire en question par le fond et qui l'avait attaqué en premier lieu. Pas non plus la peine de dire qu'il avait tué le vrai Duncan.

- C'est fâcheux. Pardonnez ma défiance, mais avez-vous pu protéger des pirates les objets que vous m'aviez promis ?

Edward lui donna le contenu, priant pour qu'il ne manque rien.

Le cube de verre fut examiné à la lumière, plus le papier qui allait avec (un miracle qu'il eut survécu au bain de mer, d'ailleurs, ce papier).

- Increíble. Les Assassins ont bien plus de moyens que je ne l'imaginais… mais pas suffisamment pour nous dissuader.

Et il tendit sa seule main gantée à Edward pour la lui serrer.

- C'est un plaisir de pouvoir enfin vous rencontrer, Duncan. Vous êtes le bienvenu parmi nous. Venez messieurs, nous avons fort à faire.

Ace avait la sale impression d'avoir fait une grosse connerie en lui donnant cet objet.

Surtout que cela lui valut d'être aussi facilement accepté parmi les Templiers. Il essaya de ne pas regarder le gars en armure (qu'il reconnut comme El Tiburón) juste à côté et suivit le groupe qui lui-même était sur les talons du Gouverneur. Il était pris en sandwich, entre le Gouverneur qui marchait devant avec son garde du corps dévoué et derrière, Rogers et Du Casse. Ils marchèrent le long de l'Hacienda, admirant les jardins tropicaux resplendissant sous l'embrun marin. Mais Ace n'avait d'yeux que pour Torres. Le vieil homme tournait et retournait à la lumière l'étrange cube de verre, à peine plus petit qu'un poing d'enfant. Qu'est-ce que ça pouvait bien être pour que Torres y porte autant d'attention ?

Ils finirent par arriver dans une partie couverte de la cour intérieur du Palais du Gouverneur. Joli endroit, respirant le luxe, et pourtant très rustique.

Sur un côté, on avait une sorte de mini-bar (de l'époque) qui était installé, mais ce qui attira l'attention du pirate, ce fut la grande table ronde au centre. On y trouvait une carte et quelques documents entassés çà et là.

- Nous sommes enfin réunis entre gentilshommes du vieux continent, annonça Torres avec un ton aussi pompeux que ses vêtements. Inglaterra; Francia y España. Todos. Tous ressortissants de pays au pouvoir tristement corrompu.

Ils marchèrent tous jusqu'à la table ronde, à l'exception de ce cher El Tiburon qui alla se placer dans l'ouverture de la salle pour monter la garde, tournant le dos à la réunion. Du moins, il s'y positionna après avoir remis au Gouverneur une boite ronde que le vieillard garda sous le bras.

- Mais vous êtes des Templiers, aujourd'hui, poursuivit Torres. Les authentiques législateurs secrets de ce monde. Veuillez tendre la main.

A sa demande, Du Casse et Rogers rejoignirent Torres de son côté de la table ronde, l'un derrière l'autre, une main tendue.

A Rome, faire comme les Romains, se dit Kenway et il suivit le mouvement, jetant un regard au cube de verre que Torres avait posé sur la table en rentrant, avant de regarder de nouveau Torres quand il recommença à parler :

- N'oubliez jamais notre but. Guider les âmes égarées vers la paix et la sérénité.

Torres ouvrit la boite qu'il avait sous le bras et en retira un anneau qu'il passa à l'annulaire droit de Du Casse, avant de s'avancer vers Rogers qui venait en suivant.

- Guider les esprits égarés vers la raison et la quiétude, poursuivit Torres.

Et Rogers se retrouva avec lui aussi un anneau à l'annulaire, avant de s'avancer vers Kenway.

- Guider les esprits égarés vers la sagesse et la lucidité.

Edward tendit la main, paume vers le sol, et Torres lui passa à son tour un anneau au doigt. (Cool, j'adore les mariages ! Hein ? Ah non, pardon…s'excite la Bêta)

« C'est une grosse connerie que t'as fait là… » songea Ace en espérant que ça soit bientôt fini.

- Par la Lumière du Père de la Sagesse, que commence notre œuvre ! bénit Torres.

« Amen ? » songea sarcastiquement Hiken, bien que le visage de Kenway resta impassible.

Torres referma la boîte qu'il rendit au Tiburon, avant d'inviter les autres à se réunir près de lui, au niveau de la carte. Les Caraïbes. Par instinct, Ace chercha sa terre natale, avant de revenir à l'observation de la carte dans son ensemble. Pirate un jour, pirate toujours. Prétextant de changer de place pour mieux voir la carte, Kenway passa derrière les trois hommes et leur fit les poches en un coup de vent, avant de prendre place aux côtés de Du Casse qui s'était appuyé sur la table pour voir un peu mieux la carte.

- Il y a plusieurs décennies, le Conseil m'a chargé de découvrir au cœur de ces îles un lieu oublié que nos Précurseurs appelait l'Observatoire, raconta Torres.

Cela sonna quelques cloches chez Ace.

Oui, c'était ce que cherchait les Templiers. Ritsu le lui avait dit quand ils étaient tombés sur un morceau de rapport au cap de Bonavista.

- Contemplez ces images… gravez-les dans votre mémoire, encouragea Torres. Elles racontent une histoire aussi ancienne que cruciale.

Ace regarda les autres documents. C'était tous des croquis sur l'Observatoire. Ses défenses, les possibles fresques et même un mode d'emploi. De quoi en avoir des frissons… si seulement il savait à quoi servait cet Observatoire et pourquoi Abstergo cherchait cet endroit.

- Cela fait plus de vingt ans que je cherche l'Observatoire, car ce lieu abrite un outil de pouvoir incommensurable, continua Torres.

Et sans même le savoir, il répondit à la question silencieuse d'Ace :

- Il s'agit d'une sorte de sphère armillaire, un appareil qui nous permettrait de localiser et surveiller toutes les personnes de ce monde. Où qu'elles se trouvent. Imaginez ce qu'implique la possession d'un tel pouvoir… (Si tu veux le Professeur Xavier de X-men a un truc dans le genre…Pourrais lui demander de te le prêter…propose la Bêta)

Oh, Ace n'avait aucune difficulté à l'imaginer. Cela lui faisait même déjà très peur.

- Grâce à cet appareil, personne n'aura plus de secret ; plus de mensonge ; de tromperie… solamente queda la justicia. Il ne reste plus que la justice. A l'état pur.

Ace leva le nez pour regarder Torres. Avait-il trouvé l'ancêtre d'Akainu ?

- Telle est la promesse de cet Observatoire. Notre devoir est de nous en emparer.

« J'espère que ce con d'aïeul t'en a empêché, parce que si j'avais eu mon mot à dire, tu aurais déjà eu ma lame secrète dans la gorge. » songea Ace.

Du Casse posa une question très pertinente :

- Sommes-nous en mesure de le localiser ?

Il se redressa en rejetant sa cape rouge dans son dos.

- Nous le serons bientôt, assura Torres. Nous détenons l'homme qui en est capable. Il se nomme Roberts, jadis appelé un Sage.

Vu la tête de Du Casse et Rogers, c'était pas quelque chose de banal le fait qu'ils aient cet homme entre leurs mains. Ace se fit une note mentale à ce sujet. Dans l'extrait de rapport qu'il avait lu, on parlait aussi d'un Sage. Qu'est-ce qu'ils étaient, vraiment ?

- Cela fait bien quarante-cinq ans que personne n'a plus vu d'authentique Sage, êtes-vous certain que cet homme en est bien un ? s'enquit Rogers.

- Tout nous porte à le croire, confirma Torres.

- Les Assassins viendront, j'en suis sûr, prévint l'Anglais.

- Je les attends, ronronna le Français.

- Sans aucun doute, confirma encore une fois Torres. Mais grâce à Duncan et aux informations qu'il nous a fournies, les Assassins vont bientôt cesser de nous poser problème.

Ace aurait bien voulu pouvoir récupérer et le papier et le cube. Mais il était incapable de bouger. La mémoire prenait le dessus sur son libre-arbitre. Et cela fit monter de la bile dans la gorge du pirate. Il venait de vendre les Assassins. Leurs différentes bases ou quelque chose dans le genre. Assez important pour les mettre en danger. Il regarda Torres retourner vers le petit cube de verre pour l'examiner et le faire tourner entre ses doigts avec un immense sourire. Il s'éloigna de la table vers le bar, sans lâcher le cube de verre. Ace le suivit des yeux, loupant l'échange silencieux de regard entre Rogers et Du Casse.

- Tout s'éclaircira demain, señores, quand vous rencontrerez le Sage. D'ici là, buvons !

Torres avait posé l'objet de verre pour servir des boissons. Il tendit deux verres à Du Casse et Rogers qui l'avaient rejoint, avant de se retourner pour en servir deux autres.

Kenway frôla la table et récupéra un document qui traînait sur la table, décrivant l'Observatoire, pour le glisser rapidement dans ses vêtements avant que Torres ou quelqu'un d'autre ne le voit. Il rejoignit l'assemble et prit le verre que Torres lui tendit.

- Nous trouverons l'Observatoire. Nous réussirons. Devant son pouvoir, les rois tomberont ; le clergé chancèlera et le monde entier s'empressera de rallier notre cause. (mais oui, mais oui, commente la Bêta)

Ace avait vraiment l'impression d'avoir fait la connerie du siècle, pourtant, comme tous, il leva son verre pour porter un toast. Ils burent, puis Torres parla :

- Reposez-vous, Duncan. Demain, la flotte du trésor arrivera là, avec votre récompense. Après cela nous discuterons de notre avenir.

Ace réalisa pour la première fois que le soleil se couchait.

Il n'avait néanmoins qu'une chose à dire :

- J'ai hâte d'y être.

- Excelente, approuva Torres. Retrouvez-moi sur les quais demain, à la première heure.

Et deux soldats hispaniques escortèrent Kenway jusqu'à la sortie, non sans lui avoir rappelé son rendez-vous sur les quais du Castillo.

Ace ne fit aucun commentaire. Il ramena sa capuche sur sa tête et tourna le dos au portail que l'on fermait derrière lui de la résidence du Gouverneur. Il s'en alla, les mains dans les poches, et avec un document en plus.


Avec un grognement, Ace retira le casque de son visage et fit craquer ses vertèbres.

L'appel du ventre était plus fort que celui du travail.

Il se souvenait d'un petit bar pour les fringales à cet étage, avec de la pizza, de ce qu'il avait vu, mais pour le café, c'était au rez-de-chaussé, dans l'Atrium. Il allait y faire un tour. Que ce soit du côté des pizza ou des expressos.