Voilà la suite/fin de cette fanfiction :)
Dans le chapitre précédent, j'ai oublié de préciser que la chanson était Pink Water d'Indochine, et je crois que dans le premier chapitre, je n'ai pas dit non plus que la chanson était Telle est ma prière de Kyo. En tout cas, ce coup-ci, je précise que la chanson True Love est une chanson de P!nk :)
Bonne lecture!
Deux jours se sont écoulés depuis que je suis revenu à Baker Street. Avant que Sherlock n'entre dans la pièce, à l'instant, je n'étais pas sûr de ce que j'avais vu dans le cimetière. Un fantôme? Une hallucination? Pourtant, cette chose bien réelle et solide m'avait pris mon revolver, et mon esprit me répétait en boucle qu'il était vivant.
Mais il ne pouvait pas être vivant. Je l'avais vu tomber du toit de St Bart. J'avais vu son corps ensanglanté sur le pavé londonien. J'avais vu sa tombe. Et malgré tout cela, il arrivait à être debout, devant moi, dans l'encadrement de la porte de notre ancien appartement.
"John?"
Ah… C'est sa voix. C'est vraiment sa voix.
"Dieu, si c'est un rêve, faites que je ne me réveille jamais."
Mais je sais que ce n'est pas un rêve. Dans mes rêves, il est soit mort, soit nu entre mes bras. Je n'ai pas de rêves intermédiaires. Je ne dors plus, d'ailleurs, car les bons comme les mauvais rêves me tourmentent.
Si ce n'est pas un rêve, c'est qu'il est vraiment là. S'il est vraiment là, c'est qu'il m'a menti pendant six mois. S'il m'a menti à ce point, il mérite de gouter à ma colère.
"John?", répète-t-il.
Je me lève, les poings serrés, la gorge nouée, sentant que tout ce que j'ai gardé enfermé en moi est en train de bouillir et va finir par jaillir.
*Sometimes I hate every single stupid word you say (Parfois je déteste chaque stupide mot que tu dis)
Sometimes I wanna slap you in your whole face (Parfois j'ai envie de te gifler au visage)*
"Tu m'as abandonné."
Il baisse la tête. Il a l'air honteux. Puis il relève les yeux vers moi, et son regard aussi est chargé de douleur. Il enlève son manteau et le pend au crochet, et ce geste du quotidien me donne envie de me rouler en boule et de pleurer.
"Je suis désolé, John. Je devais le faire, pour te protéger, pour protéger Mrs Hudson… Moriarty ne m'a pas laissé le choix."
"Il devait y avoir un autre moyen, tu aurais pu me laisser un message, venir me voir, quelque chose!"
"Tu étais surveillé, John. Et j'avais laissé un message pour toi, ici. Mais tu n'es pas revenu. Je n'avais pas prévu ça."
"Et le grand Sherlock Holmes n'a pas trouvé de meilleure idée pour se faire passer pour mort que de se suicider devant son meilleur ami?"
*There's no one quite like you (Il n'y a personne comme toi)
You push all my buttons down (Tu me rends complètement fou)
I know life would suck without you (Je sais que la vie craindrait sans toi)*
Il baisse la tête, et je sens que je l'ai blessé. C'est très bien. Ça nous fait une blessure chacun comme ça. La mienne déchire mon cœur, la sienne entaille son égo.
"John… Je te demande pardon. Je suis tellement désolé. Je te le jure."
*At the same time, I wanna hug you (J'ai envie de te serrer dans mes bras et de)
I wanna wrap my hands around your neck (t'étrangler en même temps)*
"Je suis tellement, tellement en colère contre toi, Sh-Sherlock."
Ma voix tremble un peu. Il me regarde, et je sens qu'il s'empêche de venir vers moi. Je sens qu'il a peur que je lui mette mon poing dans la figure, et il a raison. Je devrais le frapper. Je devrais même envisager de lui marteler le torse de mes poings, de me mettre à pleurer, et de le prendre dans mes bras.
*You're an asshole but I love you (Tu es un connard, mais je t'aime)
And you make me so mad I ask myself (Et tu m'énerves tellement que je me demande)
Why I'm still here, or where could I go (Pourquoi je suis toujours là, et où je pourrais aller)*
"Je sais, John. Je comprends que tu sois en colère. C'est ma faute. J'ai cru que tu ne souffrirais pas trop de cette mise en scène, puis j'ai réalisé... J'ai réalisé que tu n'avais personne pour te soutenir, pour t'aider à supporter cette épreuve. J'ai cru que tu pourrais tenir quand même, mais tu t'affaiblissais de jour en jour, tu devenais un fantôme…"
"Tu as fait de moi un fantôme. Chaque fois que je pose les yeux sur ce maudit pavé, je ne peux penser qu'à ces pavés que tu as noyés de sang, chaque fois que je suis obligé de passer près de St Bart, je fais un détour d'une heure pour ne pas traverser ces lieux où tu m'as quitté, chaque fois que je rentre chez moi, mes pieds prennent la direction de Baker Street et mon cœur saigne quand je dois m'en détourner. Tu as failli me tuer avec toi, Sherlock."
"Je… Pardonne-moi. S'il te plait. Pardonne-moi."
Je m'approche de lui, et son regard suppliant me fait presque changer d'avis. Mais mon cœur a besoin de ce soulagement, et je lui colle mon poing dans la figure. Il vacille, surpris, et se retrouve au sol. Je suis sur lui en une seconde, à califourchon sur ses hanches, les mains sur son col, et je le secoue, je veux lui faire du mal comme il m'a fait du mal, je veux le détruire, mais je ne peux pas. Je viens de le retrouver.
J'agrippe sa chemise et je me mets à pleurer, la tête posée sur son torse. Je pleure toutes les larmes que je n'ai pas laissé couler, même devant sa tasse de thé froide. Je pleure tout ce que je ne lui ai pas dit. Je pleure parce que l'homme que j'aime avait disparu de ma vie, et qu'il y est réapparu en force, créant un ouragan dans mon existence diminuée.
*You're the only love I've ever known (Tu es le seul amour que j'aie connu)
But I hate you, I really hate you, (Mais je te hais, je te hais vraiment)
So much, I think it must be (Tellement que je pense que ça doit être)
True love (Le véritable amour)*
Je sens ses bras se refermer autour de moi, et il me serre si fort contre lui que j'ai l'impression que je vais tomber en miettes entre ses bras. J'ai l'impression qu'il pleure aussi, mais je ne vois pas son visage, alors je ne peux pas savoir.
*It must be true love (ça doit être le véritable amour)
Nothing else can break my heart like (Rien d'autre ne peut briser mon coeur comme)
True love (Le véritable amour)*
C'est alors que je remarque son odeur. Elle est tout autour de moi, et elle n'a pas changé. J'ai l'impression d'être rentré à la maison, et cela répare l'une des multiples égratignures qui composent cette longue blessure au creux de mon cœur. Puis je sens ses mains se glisser dans mes cheveux, et il me fait lever la tête. Je plonge dans son regard, et j'ai envie de me noyer dans ses yeux, de ne jamais plus détourner le regard, de ne jamais plus le quitter des yeux.. Une autre petite blessure se referme.
"Sherlock."
"Je suis là, John. Je ne vais plus nulle part."
*It must be true love (ça doit être le véritable amour)
No one else can break my heart like you (Personne d'autre ne peut briser mon coeur comme toi)*
"Tu n'as pas intérêt. Si tu me fais ça, je te jure que je n'attends pas six mois avant de me coller un revolver sur la tempe."
Je pense chaque mot que je dis, et il le sait. Je sens qu'il se crispe, et il me serre à nouveau contre lui, enfouissant mon visage dans son cou.
"Ne fais plus jamais ça, John. J'ai cru mourir pour de bon quand je t'ai vu sortir ce revolver de ta poche. Je ne te survivrais pas non plus, John. J'espère que tu es conscient de ça."
Je hoche la tête doucement.
*Just once try to wrap your little brain around my feelings (Essaye rien qu'une fois de comprendre mes sentiments)
Just once please try not to be so mean (Rien qu'une fois, s'il te plait, essaye de ne pas être aussi mesquin)*
J'ai mal aux mains à force d'agripper sa chemise, mais je n'ose pas le lâcher. Je me dis que c'est peut-être un rêve, au final, et qu'il va s'évaporer si j'arrête de le toucher. Il doit avoir senti mon trouble, et il saisit mes mains pour les détacher du tissu auquel elles se sont greffées.
*Repeat after me now R-O-M-A-N-C-E-E-E (Répète après moi maintenant : R-O-M-A-N-C-E)
Come on I'll say it slowly (Allez, je le dirai lentement)
You can do it babe (Tu peux le faire, Bébé)*
"Je ne vais nulle part, John. Je reste avec toi. Pour toujours."
Je me contente de hocher la tête, encore une fois. Il se redresse, en position assise, et il me garde sur ses genoux, sans essayer de me repousser. Je passe mes bras autour de son cou et je fourre mon nez dans ses cheveux. Je respire son odeur à pleins poumons. A chaque inspiration, une petite plaie se referme.
*At the same time, I wanna hug you (J'ai envie de te serrer dans mes bras et de)
I wanna wrap my hands around your neck (t'étrangler en même temps)*
*You're an asshole but I love you (Tu es un connard, mais je t'aime)
And you make me so mad I ask myself (Et tu m'énerves tellement que je me demande)
Why I'm still here, or where could I go (Pourquoi je suis toujours là, et où je pourrais aller)*
Je sens ses bras se resserrer encore plus autour de ma taille, et j'ai l'impression étrange de ne pas avoir été le seul à être blessé dans la manœuvre.
*You're the only love I've ever known (Tu es le seul amour que j'aie connu)
But I hate you, I really hate you, (Mais je te hais, je te hais vraiment)
So much, I think it must be (Tellement que je pense que ça doit être)
True love (Le véritable amour)*
Il détache à nouveau mon visage de son cou et plonge son regard dans le mien. Pendant une seconde, j'ai l'impression qu'il va juste rester comme ça, à me regarder, pour le restant de nos jours. Puis il m'attire à lui, et je sens ses lèvres sur les miennes, et le monde devient de plus en plus beau, de plus en plus éclatant, de plus en plus réel. Je ne suis plus un fantôme. Je ne suis plus un spectre perdu dans une longue errance. La ville n'est plus morte autour de moi. J'entends le chant des oiseaux, et je goute, sur les miennes, la saveur de ses lèvres.
*It must be true love (ça doit être le véritable amour)
Nothing else can break my heart like (Rien d'autre ne peut briser mon coeur comme)
True love (Le véritable amour)
It must be true love (ça doit être le véritable amour)
No one else can break my heart like you (Personne d'autre ne peut briser mon coeur comme toi)*
I think it must be love*
J'écarte son visage du mien, une seconde, avant de replonger sur lui et de prendre possession de ses lèvres. Je veux sentir qu'il est en vie, je veux sentir la chaleur de sa peau, les battements de son cœur, et j'arrache, dans ma détresse, tous les boutons de sa chemise. Je romps notre baiser et pose mes mains contre son torse. Il est chaud. Son cœur bat la chamade. Et je me mets à pleurer.
"John..."
*Why do you rub me off the wrong way? (Pourquoi déteins-tu sur moi de cette manière?)
Why do you say the things that you say? (Pourquoi dis-tu les choses que tu dis?)
Sometimes I wonder how we ever came to be (Parfois je me demande comment nous nous sommes retrouvés ensemble)
But without you I'm incomplete (Mais sans toi je suis incomplet)*
Il me serre contre lui, et je glisse mes bras sous sa chemise, autour de sa taille. Je sens la chaleur de sa peau sur ma joue, et elle me rassure. Je ne veux plus jamais le lâcher, ne plus jamais le laisser s'éloigner de moi, ne plus jamais le perdre des yeux.
Je suis épuisé.
Il glisse un doigt sous mon menton et me fait relever la tête. Il dépose un doux baiser sur mes lèvres, et je le sens me pousser légèrement avant de se relever et de me tendre la main pour m'aider à faire de même. Il ne lâche pas ma main, et il m'emmène vers sa chambre.
*I think it must be (Je pense que ça doit être)
True love (Le véritable amour)*
"Sherlock?"
"Mrs Hudson a changé les draps. Tu es fatigué de ces six mois de chagrin. Je suis fatigué de mes heures d'interrogatoire et de ces six mois de fuite. Je te raconterai tout demain."
Je hoche la tête et me laisse conduire jusqu'à la petite pièce encombrée de livres et de produits chimiques, et je me déshabille avant de me glisser entre les draps, du côté où je sais qu'il ne dort pas.
*It must be true love (ça doit être le véritable amour)
Nothing else can break my heart like (Rien d'autre ne peut briser mon coeur comme)
True love (Le véritable amour)*
Je sens le matelas s'affaisser alors qu'il me rejoint, et sa chaleur m'enveloppe tout entier. Il glisse un bras autour de ma taille et m'attire à lui, jusqu'à ce que je sois calé contre son torse et que je sente son souffle sur ma nuque.
"Ne me quitte plus jamais, Sherlock. Je te jure que je n'y survivrai pas."
"Je n'irai nulle part. je resterai à tes côtés jusqu'à la fin de mes jours."
Il y eut un silence, le temps d'un battement de cœur, puis il ajouta :
"Je ne sais pas s'il y a quelque chose après la mort, mais quoi qu'il y ait, je resterai avec toi. Et si c'est la réincarnation qui nous attend, je parcourrai chaque centimètre carré de cette terre pour te retrouver."
Une larme solitaire coule sur ma joue, et une nouvelle égratignure se referme dans mon cœur. Je le sens déposer un doux baiser dans le creux de mon cou, et je me serre un peu plus fort contre lui.
"Dors, John. Je suis sûr qu'aucun rêve ne te tourmentera, ce soir."
Je laisse sa chaleur me bercer, et tout devient noir.
Je ne me sens plus vide. Je ne me sens plus seul. Je ne me sens plus mort.
Sherlock… je crois aux miracles.
*It must be true love (ça doit être le véritable amour)
No one else can break my heart like you (Personne s'autre ne peut briser mon coeur comme toi)*
Bon, j'espère que cette fin vous aura plu :3 Je n'ai pas très envie d'écrire un autre chapitre, parce que j'aime cette fin laissée en suspens, j'aime le fait de ne pas devoir expliquer, en détail, ce qu'il s'est passé sur ce fichu toit, et ce que Sherlock a fait pendant six mois.
Merci de m'avoir lue :3
Review?
- Layla
