Mesdames, mesdemoiselles, merci infiniment pour vos encouragements, je n'ai que quelques mots à vous livrer: Encore! (S'il vous plaît et seulement s'il vous plaît).
bonne lecture donc et à bientôt j'espère,
Calazzi
Chapitre 3
Contre les murs
Dans ses yeux, j'ai vu le brasier rouge de la colère.
Dans ses yeux j'ai bu le calice de la haine.
Quelque part en France, 1980
Je me suis éveillée au milieu de la nuit, en chien de fusil, à même le sol. Le froid et la rudesse de ce contact avait ramené ma vigilance à un niveau accessible. Tel l'animal pitoyable que j'étais devenue. Tremblante, secouée de toutes parts par les frissons, les remords toujours à l'assaut de ce qui me sert de conscience. Aujourd'hui, ai- je encore mérité la sollicitude, un regard complaisant de la part de mes semblables? J'étais la femme déchue, symbole de la fatalité amoureuse. La gravité de la passion qui ramène toute élévation des sentiments au ras du sol. Comme un vulgaire déchet des aspirations de la femme ardemment éprise que j'incarnais alors. J'étais bannie de la société. Enfermée à l'intérieur, recroquevillée en moi, comme un petit tas de saletés honteuses.
La fureur avait embrasé mon esprit, l'avait envahi et capturé tout sens critique, tout inhibition. L'impudeur de celui qui avait trahi avait déclenché en moi un goût soudain pour la brutalité. Je l'avais poussé violemment contre le mur, pour l'expulser de ma vie, de mon cœur en sang. Son regard avait témoigné de sa surprise
Je n'avais plus de filtre, plus de frein. Un désir d'anéantissement dirigeait mon esprit. Je m'étais enfuie, loin de lui et des éclaboussures de sa boue. Il m'avait souillée, moi qui était sortie de ma tour d'ivoire pour m'ouvrir à lui, me donner complètement, idolâtre d'un demi dieu issu de ma fantaisie amoureuse. Erreur de débutante me direz- vous. J'étais effectivement inexpérimentée, pour les choses de l'amour mais pas en matière de noirceur humaine. J'aurais dû savoir, j'aurais pu éviter le pire.
Je m'étais relevée, en rassemblant mes membres endoloris en une silhouette vaguement humaine et m'étais assise sur le bord du lit. J'étais restée un long moment comme hébétée, prisonnière de cet état de stupeur de celle qui se sait condamnée. Puis je m'étais allongée sous la couverture, à la recherche du sommeil de l'Oubli. Ne plus rien savoir de la laideur du monde, de la mienne, de la sienne. Évacuer la réalité comme s'il s'agissait d'un simple désagrément du quotidien. Et vivre, regarder de nouveau autour de moi, écouter autre chose que le bruit de métal entrechoqué, de pas feutrés, de cris déchirants, d'insultes omniprésentes. Toute cette tristesse, ma sinistre condition.
J'ai perdu mon âme en même temps que ma liberté. Avant je n'étais enchaînée qu'à mes passions, éventuellement mes contraintes professionnelles mais aujourd'hui...
Je voudrais avoir le courage d'en finir mais l'horreur qui gît dans mon ventre, dans mon esprit a tétanisé toute volonté propre. Je ne suis plus qu'une enveloppe vide, sans émoi, sans état d'âme. Pourtant j'étais de celles qui vivent et meurent d'amour, intensément, infiniment, violemment, entièrement.
J'étais déjà morte. Je ne ressentais que le vide à l'intérieur. Tout était gris, inodore, insipide, on a tort de croire que la conscience de la mort donne de l'acuité aux sens...c'est exactement comme si la vie avait fui sans fracas un vague édifice. Quelle ironie n'est- ce pas? Peut- on tuer ce qui est mort?
Les quatre saisons de la vie
Il était une fois... Joséphine
De la présence de Joséphine, quiconque y était confronté pour la première fois, sentait se dégager d'obscures mais aussi de lumineuses émotions. Comme autant de raisons de l'aimer ou même de la plaindre.
Sait- on pour quelles raisons précises tel ou tel être nous attire? Joséphine promettait un refuge, une trêve pour les créatures émotives, malmenées par la vie, non pas par une quelconque faiblesse originelle mais par excès de sensibilité. C'est l'essence même de cette vie qui la rendait vulnérable, Joséphine s'était construite tant bien que mal entre un père malencontreusement absent et une mère tout aussi singulière.
Les secret des âmes étaient soigneusement décryptés et jalousement conservés par ce cœur pur, non pas qu'il ne possède aucune aspérité, bien au contraire mais Joséphine comprenait tout, en peu de mots. Probablement parce qu'elle avait tant vécu, non pas en nombre d'années. Elle brillait d'une sagesse bienveillante, silencieuse et réconfortante dont ses grands yeux témoignaient chaleureusement à qui voulait s'y plonger.
Née rue Belleville à Paris, dans l'immédiat après- guerre (la première guerre mondiale) première horreur qui signa l'avènement du XXe siècle. Ce quartier populaire mais encore empreint de son passé rural, devint rapidement cosmopolite dans les années 20. Joséphine était issue d'une récente tradition d'artistes de rue. Alors qu'elle était enceinte, sa mère chantait en arpentant chaque trottoir de ce quartier, dans les cafés concerts bientôt eux- mêmes transformés en cabarets. Son père avait quant à lui développé ses talents d'accordéoniste, entre deux pintes de bière, et oeuvrait dans les mêmes conditions somme toutes précaires lorsque l'on est chargé de famille. Leurs revenus pouvaient donc aisément être qualifiés d'aléatoires et succincts.
J'avais passé de nombreuses heures en sa compagnie, l'interrogeant sans relâche sur ses souvenirs, images d'un temps révolu mais qui avaient de nouveau pris vie dans la bouche de celle qui les avait fidèlement conservés. Son langage si riche en métaphores transformait chacune de ses phrases en scène saisissante de réalisme. Une fois de plus, ce fut Lizzie qui me fit observer que je pourrais coucher tous ces mots et toutes ces images sur papier afin de témoigner de cette étonnante rencontre. J'étais subjuguée par chaque recoin de sa mémoire, c'était comme tourner les pages délicates d'un livre d'images émouvant et «pittoresque» pour une jeune fille de la bonne société anglaise. Les défaillances de ses parents offraient une nouvelle perspective à l'absence des miens.
L'enfance de Joséphine si elle incarnait une certaine image de la pauvreté ordinaire, se teintait également dune vision de la vie balançant entre légèreté et opiniâtreté. Elle avait été cette petite fille au sourire éblouissant qui courait et dansait le long des trottoirs de Belleville, au milieu d'une bande d'enfants qui s'étourdissaient de leurs propres cris, s'enivraient de leurs fous rires contagieux. Elle avait aussi connu les mauvais jours où la faim la tenaillait, où la solitude pesait sur ses frêles épaules alors que ses parents couraient les rues afin de gagner quelques pièces pour subvenir aux besoins les plus urgents.
Joséphine avait donc vu le jour dans ce lieu si contrasté, témoin d'une histoire inscrite dans la mémoire collective, celle de la Commune de Paris* en 1871 où les barricades de Belleville furent les dernières à résister. Finalement, la modernité modifia l'aspect du quartier, accueillant une population éclectique et représentative de la diversité culturelle avec ces familles venue d'Arménie, de Turquie, de Grèce puis des continents africain et asiatique.
Mon frère et moi avons toujours vécu dans l'opulence, nous ne connaissions des besoins fondamentaux que le confort de leur contentement, satisfaction certes triviale et bien heureusement tempérée par notre excellente éducation anglaise. Combler mon appétit était synonyme de rites, de conventions de tenue à table, j'éprouvais , enfant , peu de plaisir à passer à table car cela faisait partie d'un ensemble d'apprentissages de la vie en société avec son cortège d'interdictions, de maîtrise de soi. La mémoire de Joséphine me fascinait car elle exprimait un bouquet incandescent d'émotions, de nécessités impérieuses que l'on m'avait interdit d'éprouver depuis que j'étais en âge d'être éduquée. Ma propre fille dont j'étais si énamourée, jouait copieusement avec la nourriture que je l'admirais avaler goulûment... l'impudeur de sa gourmandise assumée représentait à mes yeux tout le bonheur de vivre. Elisabeth avait bien évidemment concouru à ce dés-apprentissage, elle m'avait littéralement appris ce que nous avions baptisé les «mauvaises manières françaises», consistant entre autres à se délecter de certains aliments avec le bout des doigts, à soupirer de contentement lorsque le jus d'un fruit parfaitement mûr giclait entre mes lèvres... Elle fut non seulement ma meilleure amie mais aussi une merveilleuse «marraine» qui m'autorisa patiemment à déployer mes propres ailes, à m'initier aux sombres lumières de cette existence si difficile à embrasser. Elle joua un rôle certain dans mon engouement à l'égard de Joséphine, femme perdue sur le rivage de cette cruelle période. Lizzie ne ménageait pas sa peine ni son courage pour préserver la fragile santé de notre protégée.
Nulle fatalité ne nous oblige à reproduire les choix malheureux de nos ascendants. Paraît- il. Une telle maxime pourrait- elle nous protéger de la répétition de la misère? Car naître dans des conditions d'insalubrité permet- il de développer le moindre espoir d'une vie meilleure? A l'instar de ses ascendants, Joséphine n'avait pas ressenti d'attirance particulière pour des croyances qu'elle estimait superstitieuses, promettant un au- delà idyllique à condition de se bien conduire ici et maintenant. L'âpreté de sa propre existence lui avait appris très tôt à ne croire qu'en ce qui était tangible. Le salut ne semblait alors possible qu'en une union avantageuse mais lorsque l'on attend ardemment le Grand amour, celui qui ne conçoit ni limite, ni loi, comment se résigner à un mariage de raison?
Les parents de Joséphine n'avaient pas fait vœu de fidélité à autrui, si ce n'était à eux- mêmes. Ils étaient de plus en plus rarement ensemble au domicile conjugal, leur fille passait de plus en plus de temps auprés de ses voisins d'infortune.
En grandissant, elle découvrit le pouvoir d'un joli minois alors que Belleville frémissait encore des folies de ses cabarets, des lumières éphémères de l'illusion d'une jeunesse éternelle. Elle connut un succès certain auprés des habitués des Folies Belleville où quelques fils de bonne famille venaient s'encanailler imprégnant l'atmosphère de la fumée de leur tabac. La joliesse des traits de Joséphine attirait maints regards appuyés mais celle- ci ne s'en laissait pas compter: ses jeunes années au milieu des bandes de garçons de Belleville lui avaient enseigné non seulement à se méfier mais aussi à se défendre efficacement. Très vite elle avait compris les motivations sous tendant leurs désirs toujours de la même nature: le contentement facile d'une chair bon marché.
Cependant, Joséphine ne boudait pas le plaisir de tours de danse au bras de jeunes gens bien éduqués, dont l'attitude respectueuse était le garant de sa moralité. Dans sa connaissance du monde et des relations entre les hommes et les femmes, elle avait pris soin de s'entourer de «gardiens» dont le rôle consistait à la protéger d'éventuels butors aux mains dangereusement caressantes. Vous imaginez bien qu'étant donné les circonstances, cette sécurité était devenue indispensable à toute jeune fille sensée, ou souhaitant le rester.
Je l'imaginais souvent, vêtue d'une sage robe blanche, agrémentée de quelques broderies, correspondant à sa sobriété naturelle. Je la voyais sourire, et même rire tandis qu'un jeune homme, aux contours toujours flous, la faisait tournoyer au son d'un orchestre enthousiaste. Joséphine était faite pour la lumière, pas pour un lit d'hôpital dans la grisaille de ceux qui déambulent le long de mornes couloirs menant d'une chambre à une autre. Ce teint livide ne pouvait lui appartenir, c'était une incongruité contre laquelle nous luttions chaque jour pour elle, pour nous. Pour sa fille, Myriam.
Joséphine, toutefois, ne dépensait pas toute son énergie en amusements collectifs et nocturnes, elle tentait de gagner sa vie dans un souci de stabilité, à la différence de ce que ces parents lui avaient donné à voir. Elle avait courageusement couru les rues de Belleville afin de démarcher chaque commerce, ce qui lui avait permis d'effectuer différents essais ici et là. Finalement, alors qu'elle s'était enhardie à changer de quartier, elle avait fait la connaissance d'un aimable couple, âgé, qui avait épousé la profession de marchand de couleurs, fournissant aux artistes (et apprentis artistes) la matière à couvrir leurs toiles d'un enchantement fondé sur le savoir- faire de ces deux êtres tellement épris de leur artisanat qu'ils ne comptaient pas prendre leur retraite autrement qu'au dernier jour de leur vie. Leur boutique se tenait dans le quartier latin, ce qui s'avérait assez éloigné de Belleville, les trajets incommodes et fatigants pour leur jeune protégée, M. et Mme Garnier lui proposèrent tout naturellement de venir s'installer chez eux, au- dessus de l'atelier. Ils aménagèrent en une chambre confortable une pièce qui avait longtemps servi de buanderie.
Ainsi débuta la seconde vie de Joséphine.
William était pour le moins désemparé par notre éloignement fulgurant. Sa main passée dans sa chevelure, il contemplait la brutalité de notre absence. Ce geste qui trahissait sa nervosité, n'était plus que le vestige d'un bonheur enfui, hors de sa portée. Le carcan émotionnel qui l'avait maintenu après la mort de nos parents et avant de connaître Elisabeth, avait repris vie et son regard pourtant si troublé lorsqu'il s'accrochait à la silhouette de son amante, s'était éteint. Si j'avais la plume d'un écrivain, j'oserais user d'images pour décrire un homme qui vacille, un être réservé dont la solitude au milieu de sa famille avait le goût amer de la défaite. Il était redevenu statue de pierre, insensible en apparence aux mouvements déraisonnables d'un être vivant et amoureux. Comment puis- je rendre compte du film intérieur envahissant l'imagination d'un homme violemment happé par l'horreur de son désenchantement. Ni Lizzie, ni moi n'avions pris la mesure de son désespoir, il avait sombré sous nos regards obscurcis. Il est bien connu que seuls ceux que nous aimons peuvent nous faire mal, irrémédiablement. Sa naissance au sentiment amoureux n'avait pas encore eu le temps de lui offrir suffisamment d'assurance pour balayer de nombreuses années de silence, d'étouffement de la moindre étincelle intérieure. Comment après lui avoir tant offert, pouvait- elle l'abandonner à une vie tissée de manques, de frustrations désolantes, de silences désespérés? Qui était- elle? Cette angélique jeune femme qui lui avait laissé entrevoir les promesses de la passion ou bien la traîtresse inconstante dont la main le frappait en plein essor amoureux? Tel Don José**, une femme l'avait ensorcelé et le dédaignait maintenant alors qu'il s'était livré coeur et âme enchaînés, jetés à ses pieds qu'il avait baisés fiévreusement comme l'amant forcené qu'il était... avait été. L'âme noire de la mélancolie avait saisi son esprit au fil des jours sans elle, sans son amour qui valait oxygène. Toutes ces heures de solitude éperdue, il avait camouflé ses larmes sous un sourire un peu las pour sa pétillante nièce dont il avait la charge pendant mon absence, ma désertion. Ces deux orphelins s'étaient consolés mais William s'était, comme toujours, tourné vers ses «affaires», il voyageait de plus en plus souvent et résidait de plus en plus longuement en Angleterre, tenant refuge en sa terre natale. Il était alors souvent accueilli par les Bingley, Charles et Jane en particulier lors de ses séjours à Londres.
Jane nous avait écrit, à Lizzie bien sûr mais également à moi afin de nous faire part de ses inquiétudes à ce sujet. Elisabeth n'était plus que l'ombre d'elle- même. Ses traits fatigués trahissaient son manque d'objectivité, elle ne parvenait plus à réfléchir posément sur ses actes, sur sa vie et encore moins sur la catastrophe annoncée. Elle n'avait plus de désir pour elle- même, tout entière jetée dans son combat pour la vie d'une autre, emblématique de la triste condition des femmes de cette époque. Elle n'incarnait ni Carmen, séductrice éternelle, ni Juliette, amante sacrifiée, elle affirmait simplement sa volonté de vivre librement en tant que femme, égale de l'homme qui l'accompagnerait le long du chemin qui nous mène à la fin de nos vies.
Voici un extrait d'une épître traçant le trouble de la douce Jane:
«Très chère Lizzie,
(...)
Tu l'auras sans aucun doute compris William paraît accaparé par ses affaires, dont j'ignore la nature mais qui lui ôtent tout repos et empêchent d'apprécier cette quasi spontanéité qui nous ravissait tellement depuis qu'il t'avait rejointe à Paris. Ne te méprends pas cependant, ma chère sœur, je ne regrette en rien de le recevoir, bien au contraire d'ailleurs, mais je déplore tout de même de ne pouvoir profiter de votre venue ensemble sur cette île. Quand pourrais- je espérer? Tu me manques si durement, Lizzie, que ne passe pas un jour sans que je parle de toi, matin, midi et soir. Penses- tu que nous ne nous sommes pas vues depuis mon mariage avec Charles il y a presque six mois aujourd'hui?
(…)
Ta sœur qui t'aime et se languit de toi, tes sourires, tes mots...
Jane Bellet- Bingley»
Mais il s'agit d'une autre époque, où les hommes et les femmes avaient appris à taire une intimité du cœur, de l'esprit et ne savaient guère apprivoiser les désirs de l'autre. Si aujourd'hui, nous savons l'importance de se dire entre êtres liés d'un amour assumé, autrefois, ces entrelacs sémantiques se bornaient à une déclaration d'amour suivie de fiançailles puis d'une demande en mariage. Et la messe était dite. Les mots d'amour n'avaient pas vraiment cours dans leur quotidien. Livrer ses sentiments n'étaient pas coutumier, certains proclamaient même que cela caractérisait une littérature... réservée aux femmes.
A ces maux que subissaient nos deux amoureux malavisés répondait une cacophonie internationale, nous laissant entrevoir déjà les clivages idéologiques, philosophiques, et en conséquence économiques, que le monde allait entretenir pendant de nombreuses décennies jusqu'à la victoire d'une société terriblement individualiste et matérialiste où les valeurs se confondraient avec les objets censés n'en être que des dérivatifs, des accessoires complaisants. La paranoïa commençait à étendre son brouillard sur une grande partie du monde occidental. En outre, la société française subissait les soubresauts d'une colère dirigée contre l'ennemi du progrés social, les grèves et même les actions «désespérées» de la part de certains ouvriers témoignaient du climat quasi insurrectionnel qui régnait alors. A la fin de la guerre, la paix avait- elle succédé? Tous les justes devaient accepter de vivre auprés de collaborateurs, délateurs en tous genres et autres attentistes. Aprés cette industrie du crime organisé (orchestrée par les Nazis et leurs alliés) le chaos n'avait pas totalement disparu, les luttes avaient changé d'objet ou plutôt avaient repris férocement entre les différentes obédiences politiques.
A suivre
L'amour est un oiseau rebelle
extrait de Carmen, Georges Bizet
(Quand je vous aimerai?
Ma foi, je ne sais pas,
Peut-être jamais,
peut-être demain.
Mais pas aujourd'hui,c'est certain. )
L'amour est un oiseau rebelle
Que nul ne peut apprivoiser,
Et c'est bien en vain qu'on l'appelle,
S'il lui convient de refuser.
Rien n'y fait, menace ou prière,
L'un parle bien, l'autre se tait;
Et c'est l'autre que je préfère
Il n'a rien dit; mais il me plaît.
L'amour! L'amour! L'amour! L'amour!
L'amour est enfant de Bohême,
Il n'a jamais, jamais connu de loi,
Si tu ne m'aimes pas, je t'aime,
Si je t'aime, prends garde à toi!
Si tu ne m'aimes pas,
Si tu ne m'aimes pas, je t'aime!
Mais, si je t'aime,
Si je t'aime, prends garde à toi!
Si tu ne m'aimes pas,
Si tu ne m'aimes pas, je t'aime!
Mais, si je t'aime,
Si je t'aime, prends garde à toi!
L'oiseau que tu croyais surprendre
Battit de l'aile et s'envola;
L'amour est loin, tu peux l'attendre;
Tu ne l'attends plus, il est là!
Tout autour de toi vite, vite,
Il vient, s'en va, puis il revient!
Tu crois le tenir, il t'évite;
Tu crois l'éviter, il te tient!
L'amour, l'amour, l'amour, l'amour!
L'amour est enfant de Bohême...
* La Commune de Paris: Période d'insurrection, entre le 18 mars 1871 et la semaine «sanglante» du 21 au 28 mai 1871. On pourrait la qualifier de révolte contre le gouvernement nouvellement élu (IIIe République), au cours de laquelle les insurgés ont élu un conseil communal (90 membres, qui prend le nom de "Commune de Paris") et le présentent comme un contre- gouvernement. Cette tentative révolutionnaire a été très sévèrement réprimée: 20 000 victimes. Si vous avez lu Les misérables de V. Hugo, vous avez déjà une petite idée de la violence de la lutte. Karl Marx définira cette insurrection comme la première dictature du prolétariat. Les hommes qui composaient la Commune, constituaient un groupe assez hétérogène: petite et moyenne bourgeoisie, ouvriers. Plusieurs mesures ou essais d'organisation sociale ont vu le jour. Je vous invite à faire quelques recherches à ce sujet...
** Don José est l'un des personnages principaux de l'opéra Carmen, de Georges Bizet, adapté d'après la nouvelle éponyme de Prosper Mérimée. Amant jaloux victime de la passion insolente que lui a inspirée Carmen, que l'on pourrait décrire comme une femme libre mourant sous les coups de Don José. Et non comme La femme fatale, entraînant malheur et damnation pour les pauvres hommes séduits par «la beauté du Diable», vision que nous pourrions éventuellement qualifier de misogyne...
