Nouveau chapitre, trèèèès en retard! J'ai plein de très bonnes excuses pour vous (compétition, examens...), toutes vraies, mais inutiles. Je pourrais me taper la tête par terre comme Dobby, aussi. Mais je pense pas que sa soit très productif.
C'est un chapitre que j'appellerai... De transition. Je vous laisse découvrir pourquoi ;)
Bonne lecture à tous !
Disclaimer : Comme d'habitude, rien ne m'appartient.
- NOONN !
Kurt avait crié, crié de toute la force de ses poumons. En sueur, tremblant de tout son corps, il réalisa qu'il était dans son lit, en pleine nuit.
Encore un cauchemar, un foutu cauchemar. Ils étaient de plus en plus nombreux, le réveillant en pleine nuit, terrorisé et épuisé. Il ne pouvait pas lutter contre ses peurs les plus profondes.
Et comme à chaque fois qu'il pensait à lui, les larmes refirent surface. Il était la raison de ses rêves horribles, ceux qui l'empêchait de faire une nuit correcte, depuis ces quelques mois…
Depuis ce jour fatidique, où il avait tant souffert. Il ne comprenait comment un corps pouvait autant souffrir sans mourir. Sous les coups qui pleuvaient, la seule pensée cohérente qu'il avait pu avoir était qu'il tuerait celui qui était la cause de tout ça.
Mais quand il avait découvert le commanditaire, son monde s'était écroulé. Ce monde qu'il avait tant aimé, celui qu'il avait lentement reconstruit. Ses points de repères disparaissaient, les limites et les murs qu'il s'était construit s'écroulaient. Et tout cela à cause d'une seule et unique personne.
Sebastian.
Celui qui avait fait son bonheur avant de devenir son enfer.
Celui qui, à l'issue de cette soirée, l'avait ruée de coups, avec quelques-uns de ses amis. Chaque coup porté, s'était comme un coup de poignard. Les rires, les moqueries qui fusaient, lui donnaient terriblement envie de mourir, à cet endroit, à ce moment.
Pour y'a-t-il fallut que quelqu'un passe par ici et appelle les secours ? Pourquoi avaient-ils branché cette foutue machine qui le retenait à la vie ? Il ne voulait pas de ça. Il voulait mourir, arrêter de souffrir, rejoindre sa mère…
Mais on ne lui avait pas demandé son avis, ce soir-là. Alors plutôt que de se vider de son sang sur le sol froid du parking de cette boite de nuit, il avait survécu. Physiquement, du moins. On l'avait abreuvé de médicaments, on lui avait insufflé la vie.
Mais dans son cœur, il était déjà mort. Mort d'avoir vu cette haine dans les yeux de celui qu'il aimait. Ce sourire sadique, de ce plaisir de le voir souffrir ainsi, de le voir se tordre de douleur à ses pieds. Mort d'avoir été aveuglé par un amour qui s'était transformé en adoration.
Il était tombé dans le gouffre de cette passion dévoratrice. Et en avait fait les frais.
Puis les mois étaient passés, les blessures physiques s'étaient refermées. Elles étaient superficielles.
Mais intérieurement, il ne voulait pas lutter. Il n'avait simplement plus la force de tenter de se reconstruire. Il en avait marre de se battre contre ses fantômes qui le hantait maintenant. Il avait trop souffert pour retrouver un jour le Kurt d'antan.
Alors il s'est construit une carapace, une façade froide. Il se tient loin des gens, aujourd'hui. Il ne veut plus jamais s'attacher à qui que ce soit, par peur.
Il n'est pas vraiment un lâche. Il sait juste par expérience qu'on fait vite un mauvais choix. Et la pente qu'y existe derrière est trop glissante pour avoir un espoir de la remonter. C'est un peu comme tenter de remonter un toboggan à l'envers en chaussettes : on a l'impression que le somment est tout proche, jusqu'au faux pas qui nous fait glisser jusqu'en bas.
Retour à la case départ.
Et passez votre tour.
Voilà pourquoi il semblait si lointain. Parce que la vie ne lui avait pas laissé le choix, elle l'avait forcé à avancer. Pas de répit, pas de pause.
Un mois après son accident, il était de retour dans la vie. Comme si de rien était. Et le monde continuait de tourner, les gens de vivre comme si de rien était. Pour Kurt, la Terre n'était plus sur son axe, en quelque sorte. Le pôle Nord foutait le camp, l'Amazonie était sous la neige. C'était un peu ça, la vie de Kurt. Rien ne marchait correctement.
La peur de revivre l'enfer l'avait poussé à s'éloigner des autres. Il avait progressivement perdu tous ses amis, toutes ses connaissances. Ses parents n'y avaient vus que du feu.
Mais aujourd'hui, cette promesse d'être loin de tous s'effritait. Il ne semblait plus inaccessible, plus intouchable. Et tout ça à cause de ce foutu quarterback : Blaine Anderson.
1m65, de magnifiques yeux verts mordorés, un sourire et une voix à damner les saints. Mais parfaitement prétentieux, désagréable, stupide et narcissique. Enfin, jusqu'à la semaine précédente. Jusqu'à cette pause du déjeuner qui s'était transformé en pause du déjeuner étrange. A croire que tout se déréglait, que tout se foutais en l'air.
Mais il devait garder son apparence. Après tout, ce n'est pas ça, la vie ? Chacun se dessine un masque, celui de ce qu'il voudrait être. Chacun se joue des règles de l'honnêteté. Les seuls choses qui comptent sont d'atteindre la perfection. Même si elle est fausse, comme tout le reste.
On s'en fout. On piétine les autres, on les humilie, pour atteindre notre but. La loi du plus fort règne en maitre ici. Chacun pour soi et les plus faibles meurent.
Pourquoi Kurt avait-il été un faible ? Et pourquoi l'était-il toujours ? Pourquoi ne se contentait-il pas de tourner la page de Sebastian et de profiter de la vie ? De ce magnifique cadeau qu'il a reçu de vivre ?
Parce qu'il n'en a pas la force. Kurt Hummel est faible. Alors il s'écrase.
/
Blaine est complètement out, aujourd'hui. D'abord, parce que nous sommes vendredi et que Blaine Anderson déteste le vendredi. La règle numéro 1, dans le cadre du vendredi, est de laisser le jeune bouclé grogner en paix. Et ses amis le savent.
Mais ce vendredi-là, ce vendredi qui ne précédait rien de plus qu'un week-end, monsieur Anderson grommelait dans son coin depuis le début de la matinée. Personne ne sait pourquoi plus ce vendredi qu'un autre. (Beaucoup trop de vendredi dans cette phrase…) Ni même lui, à vrai dire.
Le pire ? C'est que quand Kurt Hummel est apparu dans son champ de vision, il n'a pas pu s'empêcher à un magnifique sourire de venir s'étaler sur son visage.
En même temps qu'une vague d'exaspération.
Il se faisait franchement l'effet de la midinette devant son premier amour. Qui ne l'était même pas !
Alors pourquoi le fait de le voir, simplement, suffisait à le faire sourire ?
Et pourquoi était-il heureux de le voir sourire en retour ?
Trop de questions existentielles pour un vendredi. Il se dit qu'aller lui parler résoudrait peut être quelques-uns de ses problèmes.
Erreur fatale.
« -Salut, Kurt. Puis-je espérer pouvoir en placer une ou tu comptes me remballer violemment comme la dernière fois ?
-Où est donc passée ta troupe de fidèles chiens ? Pardon, je voulais dire amis… le rembarra Kurt, sur la défensive.
-Ahah, très drôle. Tu sais aussi bien que moi que je me fous complètement d'elles. Alors si tu pouvais avoir l'amabilité de ne pas détourner le sujet et de me parler autrement que comme à un chien, je t'en serais éternellement reconnaissant. Vraiment. »
Au tour de Kurt de se trouver complétement désemparé. Au vu de l'air excédé qui s'était peint sur le visage de Blaine, il était allé trop loin.
Machine arrière.
«-OK, je capitule. Désolé d'être agressif, c'est impulsif.
-Pas grave. Accepterais-tu de venir au Lima Bean prendre un café avec moi ? Je veux dire, en toute amitié ? »
Blaine avant volontairement mis l'accent sur le dernier mot. Il n'avait pas encore perdu son défi. Et même si gagner la confiance de Kurt était dans ses priorités, il ne perdait pas son but des yeux : le faire tomber dans ses bras.
Mais il se posait encore quelques questions : pourquoi ce défi prenait-il autant d'importance à ses yeux ? D'ordinaire, gagner des paris stupides n'était pas vraiment sa tasse de thé. Peut-être que Lauren avait raison, peut-être qu'il n'y avait pas que ce défi qui le poussait à se rapprocher du châtain. Peut-être en avait-il vraiment envie…
Ok, Blaine, pas la peine de te torturer. C'est un looser, tu es le roi. 0% de compatibilité. Défi, garde ça en tête.
Ouep. Pour une fois, il salua sa conscience. Elle avait totalement raison.
« -Avec plaisir…
- Bien. Ce soir, 18h ? Promis, je n'amènerai pas mon troupeau.
-Je t'en serais éternellement reconnaissant, répondit Kurt, avec un léger sourire. »
Et au bouclé de s'y mettre. Il n'avait jamais vu Kurt Hummel sourire. Il avait vu avec quelle facilité il avait réutilisé ses mots, il s'était joué de lui. Ce garçon devait être génial, quand il ne se planquait pas derrière une coquille. Quelque chose clochait chez lui. Son visage n'était pas fait pour être triste, il était tellement beau, heureux…
Wow, une minute. Pourquoi tu as ce genre de pensées, Anderson ? CE genre est réservé aux amoureux transis, sentimentalistes et geignards. Point barre.
Franchement ? Il était à deux doigts de se taper la tête contre les murs. Les monologues intérieurs, ce n'était pas vraiment sain.
Kurt le regardait avec un drôle d'air, puis s'éloigna. Avant qu'il ne tourne la tête, Blaine eu le temps de remarquer qu'il avait remis son masque de froideur.
Bon, d'accord. Eh bien, avant de faire en sorte qu'il l'accepte, il allait falloir faire en sorte qu'il s'accepte.
Ce serait déjà un grand pas…
Kling !
Ah, nouveau message. De Puckosaure.
« Salut, Frodon. Alors, la mission «Je suis tellement craquant que je peux faire tomber le plus gay des homos de McKingley », elle avance ? Si oui, arrange-toi pour prendre une photo de lui dans une position compromettante. On pourra peut-être en tirer un bon prix pour Ben Israel ! »
« Pardon ? Tu es en train de me dire que le but final de ça, c'est de ridiculiser Kurt ? »
« Ah, ça y est, tu l'appelles par son petit nom ? Tu es en bonne voie, alors -) »
« Réponds, à ma question, Noah Puckerman. »
« Bien sûr, que c'est juste pour le ridiculiser ! Et franchement, il n'a pas vraiment besoin de nous pour ça. Mais comme on est gentils on lui file un coup de main ! »
« Je ne joue plus, Puck. Hors de question que je le fasse souffrir. »
« Il t'as payé pour que tu dises ça ? A moins que tu ne sois passé du côté obscur de la force ? »
Blaine ne prit même pas la peine de lui répondre. Il savait que ce silence serait son arrêt de mort. Mais étonnement, il n'en était pas attristé. Il était même heureux d'avoir pu empêcher Kurt de souffrir plus qu'il n'avait déjà l'air de le faire. Il n'avait pas vraiment les caractéristiques du prince charmant idéal, mais il se contenterait de jouer les gros bras pour défendre Hummel. Il était nettement plus doué pour ça.
En marchant dans les couloirs vides du lycée, il prit conscience d'une chose : les footballeurs, les cheerleaders… Ils allaient faire de sa vie un enfer, pour avoir pris la défense du looser.
Par un simple silence, il avait réduit à néant sa popularité. Mais quelle importance ? Tout ici n'était qu'hypocrisie et faux-semblants. Même ceux qu'il aurait pu qualifier d'amis s'y mettait. Il ne voulait plus de cette espèce de vie étrange. En quelques mots, il avait chamboulé le reste de son année. Pour un simple garçon qu'il connaissait à peine.
La vie était vraiment compliquée.
Il se jura de découvrir ce qui se cachait derrière la tristesse permanente de Kurt. Il allait lui rendre le sourire. Et finalement, le prix à payer n'était pas si élevé quand on voyait ce qu'il y avait à la clé. Un magnifique sourire.
« Salut, Kurt. Ne me demande pas comment j'ai eu ton numéro. Enregistre juste le mien, et arrive au Lima à 17h. Faut qu'on parle.
Blaine. »
Et pour la première fois, Blaine se surprit à aimer le vendredi.
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Pensez-y ! (Jets de tomates non-inclus)
