Bonjour à tous !
Comme promis, voici le troisième chapitre de notre petite histoire ! J'espère que vous aller l'apprécier autant que moi, car je dois dire que j'ai beaucoup aimé écrire cette parade.
Je vous laisse découvrir tout cela sur le champ, bonne lecture !
CHAPITRE 3
«Qui vit de combattre un ennemi a tout intérêt de le laisser en vie.»
-Friedrich Nietzsche
Tout le monde se tu, bouche bée, incapable de prononcer un seul mot pour décrire l'émotion qui les submergeait. Toutes les caméras se tournèrent, et tous les doigts pointèrent la même cible, cause de cette situation. Même Tobias Flickerman, le présentateur des jeux d'habitude si loquace, n'arrivait pas à faire vibrer ses cordes vocales lorsqu'il vu Opale, nue, sur son char flamboyant. Oui vous avez bien entendu, elle était complètement nue.
Malgré ce que vous pensez, ce n'est pas cette nudité qui choqua le Capitole. Dans un monde où l'apparence prime, si jamais une tribut ordinaire aurait eu l'audace de se montrer nue devant les caméras, tout le monde aurait été époustouflé -dans le bon sens du terme-. Mais vous l'aurez compris, Opale n'est pas ordinaire.
En effet, qu'auriez-vous fait à la place de ces gens, si vous aviez vu votre Carrière chérie dévoiler un tel corps meurtri ?
Personne ne pouvait quitter des yeux les hématomes inguérissables, semblables au dessin d'une galaxie, qui avaient rendu la jeune fille quasiment violette de peau. S'ils savaient que c'est en se débattant contre son beau-père Jake, qui lui attachait les poignets avec une ceinture aux barreaux de son lit pour qu'elle ne bouge pas pendant qu'il faisait tranquillement son affaire qu'elle avait hérité de ses bleus...
Tout le monde se demandait comment une fille si modèle, si populaire, avait fait le choix si douloureux de porter deux larges cicatrices verticales sur les poignets, à cet endroit stratégique. S'ils savaient qu'un jour, en rentrant de l'école lors de ces treize ans, Opale était si désespérée qu'elle est allée chercher une lame de rasoir dans la trousse de toilette de celui qui la persécutait depuis des années, qu'elle s'est fait couler un bain avant de s'ouvrir délicatement les poignets, et qu'elle avait regardé avec envie le sang qui coulait à vive allure de ses veines et qui se mêlait avec l'eau du bain en se disant qu'elle serait bientôt libre. Mais bien sûr c'était sans compter l'arrivée ''miraculeuse'' de Jake qui appela un médecin d'urgence avant qu'il ne soit trop tard...
Tout le monde avait oublié le joli garçon aux yeux gris dans un élégant costume assorti de diamants qui trônait, mal à l'aise à ses côtés, pour se concentrer et se questionner sur toutes les cicatrices de griffures qui envahissaient le dos, les jambes et la poitrine de la fille aux cheveux de feu. S'ils savaient que c'était les marques des ongles crasseux et mal taillés que son beau-père avait laissé sur elle lors de leurs '' parties de jeux consentantes'' dans un élan de pure sauvagerie et barbarie...
Puis finalement, après le choc passé, on entendit des gens se mettre à pleurer, d'autres s'évanouir... si bien que l'on oublia tous les autres tributs qui eux, tentaient de déchiffrer le message qu'Opale voulait leur faire passer depuis qu'elle avait avoué à la Moisson qu'elle les sauverait.
Alors que tous les chevaux continuaient d'amener les chars des tributs jusqu'à la fin du circuit où le président allait commencer son discours, tout le monde tenta de reprendre ses esprits. Il fallait faire bonne figure devant le Président Snow.
Mais la rousse, fière d'elle comme elle ne l'avait jamais été, ne pouvait s'empêcher d'arborer un sourire qui lui fendait presque les lèvres. Elle venait de réaliser la deuxième partie de son plan, et tout le monde avait merveilleusement marché en plein dedans. Elle voulait créer un électrochoc auprès de tout ce sublime, magnifique monde. Leur montrer que la vie était déjà assez injuste comme cela, leur montrer qu'ils n'ont pas besoin de torturer les enfants encore plus qu'ils ne le sont déjà, tous à leur manière. Elle voulait montrer aux autres tributs, que peut-importe si vous vivez dans le District 12, où la misère et la maladie règne, ou que vous viviez dans le District le plus riche de Panem, tout le monde souffre à sa façon. Tous les tributs devraient s'entraider, et non s'entre-tuer.
Ainsi, lorsque l'hymne de Panem retentit, et que le Président Conrad Snow fit son entrée, éclairé par un spot lumineux sur un haut balcon au-dessus des tributs, il se demanda ce qui pouvait bien causer toute cette agitation soudaine. Ou plutôt, tout ce manque d'agitation. En effet, Snow était habitué à se faire acclamer comme un Dieu vivant, et là, quelque chose ne tournait pas rond.
C'est en sondant le petit troupeau de tributs, qu'il comprit. Mais lui, contrairement au public, ne vit pas Opale comme une femme courageuse voire folle à lier, non. Lui, il prit ce geste comme une provocation. Une provocation directe contre Panem, contre le Capitole, contre lui. Et personne ne peut se permettre de provoquer le Président. Il sut tout-de-suite que cette rousse flamboyante allait être une affaire à résoudre. Mais pour l'instant, il ne fallait pas éveiller les soupçons – vous me direz que les Snow sont une lignée perfide, et vous avez raison -. Il fallait faire bonne figure devant le public.
C'est ainsi, qu'après avoir sondé la foule de son regard accusateur, et avoir souri de toutes ses dents jaunies à Opale, il s'approcha du micro.
- Mesdames et Messieurs du Capitole et habitants de Panem, bienvenue aux 19èmes Hunger Games !
Cette fois, le public avait compris le message, et tous applaudirent comme il se doit le Président, mais personne n'oublia Opale. Je suis sûre que certains en feront même des cauchemars cette nuit, et Opale aussi le savait. Elle en jubilait.
Alors que le Président continuait son ridicule discours sur l'histoire de Panem et l'importance des jeux comme si de rien n'était, personne n'avait remarqué que depuis le début de la cérémonie, se tenant dans l'ombre, une personne fixait les yeux fauves d'Opale. Cette personne n'avait pas besoin de regarder ses cicatrices ou ses bleus. Elle connaissait ces blessures par cœur, car elle les porte sur elle-même. Une seule personne comprenait Opale, et cette personne était bien décidée à dévoiler son identité prochainement, même si je vous l'avoue, nous la connaissons tous déjà. Mais un peu de suspens fait toujours sensation, à ce qu'on dit...
Le soir venu, l'équipe s'installa dans le grand canapé du salon, en face de la télé pour assister – à contre cœur – à la diffusion de la Parade. Depuis que les deux tributs étaient rentrés de l'enregistrement de la cérémonie d'ouverture, personne n'avait osé prononcer un mot à propos du choix d'Opale, sûrement par appréhension. Seul Opale était emplie d'excitation lorsqu'on vit apparaître Flickerman, à l'écran tout habillé de noir. Lèvres noires. Cheveux noirs. Costume noir. Ce n'était jamais arrivé auparavant.
Opale su à ce moment que quelque chose clochait.
- Mesdames et Messieurs...
Un soupir suivit ces mots, et Flickerman afficha une mine de deuil. Lui qui est toujours si joyeux et convivial...
- Je suis désolé de vous apprendre que ce soir, pour la première fois, nous sommes incapables de diffuser la Parade des tributs. Je vous laisse avec le Président pour des explications.
Tous les regards se tournèrent vers Opale, alors que celle-ci fixait avec fureur le portrait du Président Snow qui s'affichait à la télévision. Celui-ci s'excusait pour la ''panne technique'' qu'avait subi l'équipement de tournage de la Parade et Opale pour se contrôler, serrait si fort les poings que ses ongles s'enfonçaient dans ses paumes maintenant ensanglantées.
Opale se rendit le plus calmement possible dans sa chambre. Il fallait faire bonne figure devant son équipe.
Mais lorsqu'elle se retrouva seule, la porte de sa chambre fermée à double-tour, elle ne put se retenir une seconde de plus. Elle se rua sur son lit et enfouit sa tête dans son oreiller, pour pouvoir hurler de toutes ses tripes sans que personne ne l'entende.
Elle avait tout prévu. Tout. Elle savait que son plan serait dur à exécuter, mais cette incapacité à surmonter ce problème la rendait folle. Elle voulait s'attaquer à tout Panem, et s'attaquer à Panem signifie s'attaquer au Président, un adversaire de taille. Opale n'en avait pas peur. Elle n'avait plus peur de rien maintenant. Enfin si, elle avait peur de l'échec. L'échec de son plan, car son plan, c'est la concrétisation de toute sa vie. Pas de plan, pas de vie.
Hurler dans un oreiller ne réglera certainement pas ce problème. Alors pour tenter de retrouver les idées claires, elle se dirigea sous l'eau brûlante de la douche, comme lorsqu'elle venait de se faire souiller par Jake et qu'elle tentait d'accepter la situation. Mais cette fois, elle n'allait pas accepter cela. Pas encore. C'est alors, qu'en sentant que son corps raide commençait à se relaxer, elle comprit.
Si le Président a décidé de censurer la Parade, c'était car Opale représentait un danger, un obstacle. Mais bien plus que cela : il avait peur d'elle et de ce qu'elle pourrait faire. Et ça, c'était la plus belle des victoires qu'Opale pouvait espérer. Les tributs l'avaient vu, les habitants du Capitole l'avaient vu, le Président l'avait vu. Elle n'avait pas besoin que les habitants des Districts souffrent aussi pour elle. Oui, le Président avait peur d'elle.
Au même moment, tandis qu'Opale retrouvait sa force sous la douceur du savon à la rose sur son corps maintenant dévoilé aux yeux de tous et qui l'avait mené à son but, la mystérieuse personne qui avait suivi Opale tout le long de la Parade s'introduisit dans sa chambre, se posa délicatement dans l'ombre, sur le fauteuil en cuir de sa suite, et croisa les mains sur sa poitrine musclée. On pouvait entendre sa respiration puissante jusque dans la salle de bain, et Opale avait une fine ouïe. Il ne lui fallut qu'un dixième de seconde pour sortir de la cabine de douche et attraper un objet tranchant dans l'armoire à pharmacie.
Elle défonça en un éclair la porte de la salle de bain, et se retrouva en face de son ''ange gardien''. Mais lorsque celui-ci quitta l'ombre du fauteuil pour s'avancer dans la lumière, le sang d'Opale ne fit qu'un tour, et l'oxygène stoppa d'alimenter son cerveau. Elle tenta de ravaler la boule qui s'était formée dans sa gorge et laissa tomber à terre son arme tranchante. Elle ne pouvait détacher le regard de cette personne, qui avait elle aussi, et ce depuis longtemps, un plan très clair en tête...
Voilà pour ce troisième chapitre ! J'espère sincèrement que vous avez aimé cette Parade et les chamboulements qui en découlent et je vous dis à bientôt pour découvrir qui est la mystérieuse personne qui se dit ''ange gardien'' d'Opale, et pour suivre le commencement des entraînements qui seront vous vous en doutez, un peu différents de ceux que vous avez pu voir jusque-là et qui contribueront à la troisième partie du plan d'Opale.
Je tenais encore à remercier toutes les personnes qui suivent l'histoire d'Opale avec moi, vous ne savez pas comme cela me fait plaisir ! Alors à bientôt, et prenez soin de vous !
- Valentine822
