Chapitre 3
Son odeur, sombre et musquée. Le genre d'odeur qui englobe tous vos sens, qui vos colles à la peau, qui vous étourdis. Le défi se révélait plus corsé que je ne l'avais imaginé. Il fallait que je trouve un moyen de m'échapper de cette envoûtante tentation. Le manque de son odeur, de son touché se voyait refaire surface du plus profond de mon cœur quand avec la main qui tenait encore la mienne effleura le creux de mon poignet. Des picotements d'adrénaline partant de la zone touchés pour s'étendre à tout mon système nerveux. Soudain, je comprenais mieux la difficulté d'un drogué à combattre la rechute après une cure de désintoxication quand sa dose se trouvait à portée de main. C'était tellement simple de replonger ! Son odeur, son touché... Je libérai mon poignet de son emprise, me retourna et le poussa loin de moi.
Enfin, à un mètre de moi, ce qui était encore trop près. Même à Suna je serais trop près de lui...
Opération : sortir de l'emprise de la tentation réussie, il fallait que je trouve une excuse donne... J'allais m'excuser en prétextant que quelqu'un m'avait appelé, quand j'entendis des cris provenant de l'intérieur de la salle se rapprochant de plus en plus de nous. Quand j'ai aperçu un méli-mélo de rose et de blond, j'ai tout de suite su ce qui me passer. Et mes soupçons se sont confirmé quand Sakura et Ino la porte en grand en se tenant mutuellement par la joue.
J'ai soupiré en me passant la main dans les cheveux, certes je voulais un moyen d'échapper au grand méchant loup, mais franchement, pourquoi Shikamaru et Saï n'avaient pas prévu ce qui allait se passer ? Et surtout pourquoi ils ne les avaient pas séparées ?
« Ino ! Sakura ! Maintenant c'est fini ! Vous lâchez tout ! »
Autant parler à un sourd... Bref j'ai pris l'initiative de les séparer en leur tirant chacune une oreille, il fallait préciser qu'en faisant quelque chose comme ça à Ino et Sakura en même temps, je risquais de mourir...
En ignorant leurs plaintes je les aie traînées jusqu'au banc le plus proche et les fie s'asseoir.
On aurait dit deux petites filles qui c'étaient fait prises à utiliser le maquillage de leur mère sans autorisation.
Et pour rien arranger à la situation, Sasuke m'avait rejoint et c'était positionné à côté de moi. Super, à ce moment j'avais réellement l'impression que j'étais la mère qui disputais ses filles et que mon mari venait me soutenir... Attendait ! Pourquoi ça serait moi la femme d'abord ?
Mon cheminement de pensé saugrenu prit fin quand Ino et Sakura avaient reporté la faute l'une sur l'autre.
« Je me fiche complètement de qui a commencé ! Je vous rappelle que nous sommes au mariage d'Hinata et de Kiba ! À ton mariage elle ne se tapait pas dessus avec Tenten, et je ne me suis pas chamaillé avec Kiba, n'est-ce pas Ino ! Et toi Sakura le jour de ton mariage je ne pense pas non plus qu'Hinata va s'amuser à sauter sur les tables ! Donc maintenant vous allez aller toutes les deux présenter vos excuses ! »
La tête baissée et sans un mot elles étaient réparties dans la salle de fête. Je pinçais l'arête de mon nez entre mes doigts, essayant en vain de faire partir un début de migraine.
« Je voudrais te passer une commande. » j'ai sursauté quand mon problème numéro un me rappela sa présence en replaçant une de mes mèches rebelles derrière mon oreille. Je me reculais instantanément
« Hein ? » Il se foutait de moi en plus avec son sourire narquois !
« Neji m'a dit que tu étais le nouveau sculpteur en vogue de Konoha, je voulais donc te passer une commande. »
« Oui... Il y a plein d'autres sculpteurs en vogue à Konoha, et je ne suis sûrement pas le meilleur... Tu devrais aller voir Deidara, il fait des choses avec l'argile qui rend ses œuvres vivantes... »
Ce n'était pas que je ne voulais pas de son argent, surtout que la famille Uchiwa possédait la moitié de la ville voir du pays, mais je ne voulais pas qu'il vienne chez moi, je ne voulais pas que l'on se côtoie plus que nécessaire, je ne voulais pas avoir mal. Il fallait donc que je le refile à quelqu'un d'autre.
« C'est toi que je veux. Personne d'autre. » Le bon côté des choses c'était que les gens qui iraient chez lui demanderont :"'mais qui ont fait cette magnifique œuvre d'art ? " Et comme ça je me ferais connaître par d'autres dirigeants de village, ou du Conseiller des maires ! Comme ceux de mon père ! Ou même par des rois de pays voisins ! Je serais le meilleur !
« Bon alors je serais chez toi demain pour parler de ce que je veux. » Je savais que je me répétais mais... Hein ?
« Je n'ai jamais dit que j'acceptais ! » criais-je alors qu'il partait en direction du parking.
« Tes yeux me l'on dit. » Mes yeux ? Mes yeux de rien du tout oui !
« Tu ne sais même pas où j'habite ! » lançais-je en dernière tentative désespérée. Pour seule réponse, il c'était arrêté, avait incliné la tête légèrement sur le côté et m'avait souri avec CE sourire ! Il devrait être enfermé pour faire des choses comme ça rien qu'avec un sourire... Puis il est reparti et avait disparu dans les voitures.
Hébété, je rentrais dans la salle où Kyubi m'attendait de pied ferme à côté du Champagne. Ce traître ! Il croyait vraiment que j'allais lui pardonner si facilement. Plus je me rapprochais de lui plus son sourire prenait de l'ampleur sur son visage de démon. Tout en l'ignorant, j'avais pris un verre et mettais servi de l'alcool.
« Alors ? » « Je t'ignore ».
« Ta encore un peu de crème là... »
Il fallait que je l'ignore. Il fallait que je l'ignore.
« Il vient quant à l'appartement. » Comment savait-il ?
« Demain...» dis-je en grimaçant. Pourquoi j'habitais avec mon frère stupide ? Pourquoi ? On n'aurait pas habité ensemble, Sasuke serait venue, il aurait passé commande et basta ! Personne n'aurait su ! Mais là avec Kyubi... Tout Konoha serait au courant d'ici ce soir...
« Je le savais ! C'est pour cela que j'ai pris la liberté d'acheter des préservatifs grande taille, parce que d'après mes souvenirs, le lendemain tu pouvais carrément plus marcher, et ça pendant quatre jours... et j'ai aussi pris deux tubes de lubrifiant, autant être prévoyant... Oh ! Et le truc que t'avait vu quand tu étais rentré à l'improviste et que j'étais sur le canapé entrain de... »
Oh. Mon. Dieu. Je voulais que l'on m'achève.
« Naruto ? Mon chéri ? Qu'est-ce qu'il y a ? » Demandait ma mère en passant sa main sur mon front. « Tu es tout blanc ! »
J'avais vingt et un ans et ma mère me traitait encore comme un enfant ! Comment voulez-vous que j'évolue mentalement quand on me prenait pour un bébé dès le moment où je franchissais le pas de la porte d'entrée de mes parents ? Que l'on ne vienne pas se plaindre après...
J'étais venu me réfugier " dans les jupons de ma mère " comme me la si bien dit Kyubi, pour passer le temps et surtout pour éviter de prendre mes jambes à mon coup direction Pays de la foudre. Qu'est-ce que je ne ferais pas pour éviter de me retrouver dans la même pièce que Sasuke ! Je regardais l'horloge au-dessus de la porte du salon, elle indiquait 15h37. Il me restait cinquante-trois minutes avant que je ne fasse une crise de nerfs.
« Ce n'est rien maman... » J'essayais de sourire sans grand succès.
« Il y a Sasuke qui vient le voir en fin d'après-midi tout à l'heure ! » lançait une voix provenant de la cuisine.
« La ferme Kyubi ! »
Je l'avais pourtant prévenu ! Je lui avais dit de ne rien dire à maman ! Mais non il fallait qu'il ouvre sa grande bouche.
Quand je lui avais annoncé que j'allais passer l'après-midi chez nos parents, j'aurais dû remarquer la lumière qui c'était mise à briller dans ses yeux, comme quand il prépare un mauvais coup. Mais moi qui étais encore dans mon bulle encore perturbé de la veille, je n'avais rien vu. C'est comme ça qu'il était aussi chez mes parents, à prendre du plaisir à me torturer encore plus que je ne l'étais déjà.
L'attention de ma mère se reportait sur moi d'un coup, mais pas l'attention que porte une mère à son enfant malade. Non ce serait trop simple, elle reporta son attention sur moi comme si j'avais cassé son outil préféré : la cuisinière. Comment Habanero la sanglante était devenue une mère, femme au foyer, et bonne cuisinière ? Elle qui avait traumatisé une génération d'enfants de la primaire au lycée. Kyubi m'avait expliqué que c'était depuis qu'elle avait rencontré notre père qu'elle c'était calmée... Heureusement pour lui d'ailleurs !
« Naruto, tu veux vraiment que je te plonge la tête dans une bassine d'eau froide pour te rafraîchir les idées. Tu veux que je te rappelle dans quel état on t'a récupéré avec ton père et ton frère. »
Je grimaçais aux souvenirs qu'elle évoquait, c'était vrai que j'étais dans un piteux état...
« Mais maman ! Je n'ai pas envie de le voir ! Mais il veut me passer une commande... ». Vu l'expression de son visage elle ne comptait pas en rester la...
« Je te préviens Naruto Uzumaki Namikaze, si Sasuke Uchiwa touche à un seul de tes cheveux, je ferais en sorte qu'il ne puisse plus jamais toucher personne ! »
Je me disais bien aussi que ça aurait été trop simple si tout Konoha n'avait pas était mis au courant que Sasuke venait chez moi aujourd'hui. J'entendais Kyubi acquiescé en ricanant.
Je préférais partir quant au bout de vingt minutes mon cher frère continuait encore à me rappeler les endroits où il avait caché " le matériel nécessaire " que nous utiliserions avec Sasuke pendant nos ébats, sans oublier ma mère qui continuait à proférer des menaces de torture et de mort envers " la vilaine vipère ". Du coup j'avais laissé mon démon renard - mon frère – se débrouiller pour rentrer.
Le moment où je m'étais installé dans ma voiture, un superbe porche Cayenne Turbo S noir, je pris réellement conscience que l'homme avec qui j'avais couché la première fois et qui m'avais laissé comme une vieille chaussette, allait venir chez moi. Dans mon appartement. L'endroit où se trouvait ma chambre. Dans ma chambre se trouvait mon lit. L'endroit aux multiples fonctions. Pour cette raison il fallait que je trouve un moyen de me faire rappeler ce que ça fessait de coucher avec Sasuke Uchiwa et toutes les conséquences. Et le meilleur moyen était de me passer la main sur le cou, là où j'avais encore la cicatrice de sa morsure.
Après avoir approuvé cette technique j'ai démarré moi voiture et prit la direction de mon appartement.
Mauvaise idée. Très mauvaise idée d'être rentré chez moi pour attendre l'arrivée de Sasuke ! Je ne trouvais rien pour me distraire ou pour me déstresser. Ce qui avait pour effet de me faire réfléchir plus que d'habitude en me posant des questions telles que « Es-ce qu'il faut que je me change ? », « Faut-il que je me coiffe ? ». Des questions qu'une fille de seize ans se pose avant son premier rancard.
Pour m'éviter de cogiter, je partis dans mon atelier finir une de mes commandes. Avoir les mains dans l'agile avait toujours eu un effet positif sur mon moral. Il fallait que je sculpte un requin blanc pour Kisame Hoshigaki, un autre cinglé... D'ailleurs Kyubi a fini dans son lit.
Au bout de cinq minutes, mon esprit était complètement vide, plus rien ne comptait à par le chef-d'œuvre que j'étais en train de faire. Le plus dur était le moment de faire les dents du requin, surtout qu'il en avait quatre à six rangées. Heureusement que mon atelier n'était pas petit ! Même si l'argile servait comme miniature, je devais le refaire en pierre, six mètres de long et deux de hauteur.
Je passai le revers de ma main sur mon front pour essuyer la sueur qui commençait à se former. Je m'étais remis au travail absorbé par les formes que je créais quand évidemment on sonna à l'interphone. Le stresse était remonté en flèche, mon cœur battait la chamade, mes mains devenaient moites. En essayant de ne pas trébucher sur mes pieds j'étais allé répondre.
« Euh... Oui ? » « Dobe ».
Sans en demander davantage, je pressais le bouton qui ouvrait les portes de l'ascenseur au rez-de-chaussée. J'ai raccroché et j'ai attendu nerveusement devant les portes qui menaient chez moi tout en ne quittant pas des yeux les numéros clignotants qui indiquaient l'endroit où se trouvait le cabine. Soudain je remarquai les dépôts d'argile qui se trouvaient sur mes mains que j'essayais de faire partir en les frottant sur mon Jeans. Je relevais la tête au moment où j'entendais l'ascenseur s'ouvrir, pour dévisager l'homme qui en sortait. Il portait des chaussures noires avec un pantalon de la même couleur qui serrait ses cuisses musclées et qui descendait bas sur ses hanches, son haut était bleu à manches longues collant à ses abdominaux fabuleusement bien dessiné et de ses bras également musclés, mais pas trop non plus. Son cou pâle et sa bouche rouge appelaient aux baisers et aux morsures, ses yeux me fessaient me consumer sur place et ses cheveux noirs corbeau au reflet bleuté m'appelais à y glisser mes doigts.
Je passais ma main sur mon cou.
« Viens dans le salon, on ne va pas rester debout devant l'ascenseur. » rigolais-je nerveusement.
« Hn » super réponse !
Je le conduisis donc dans le salon où je l'invitais à s'asseoir. Je partis ensuite dans la cuisine faire du thé, pour moi, et du café, pour lui. Je posais mes mains sur le plan de travail et baissai la tête dans l'espoir de retrouver mon calme. Il y avait le mec le plus sexy du monde dans mon salon et je ne pouvais même pas le mettre dans mon lit car premièrement il m'avait déjà sauté, deuxièmement il avait brisé mon cœur, et mon cul par la même occasion et troisièmement j'étais censé ressentir de la haine à son égard. Même si quand je le regardais ou qu'il m'effleurait je ne sentais aucune haine mais plutôt un sentiment que j'aurais voulu bannir de mon vocabulaire, un sentiment que je m'étais efforcé de piétiner pendant des années et qui refaisait surface dès l'instant où j'avais croisé son regard.
Ça allait être dur de ne pas faire une rechute dans ce sentiment d'amour.
Je pris les deux tasses que j'avais préparées et parties rejoindre mon invité. Celui-ci avait reposé sa tête sur le canapé et avait fermé les yeux. J'étais content d'avoir nos boissons dans les mains sinon il aurait été difficile de ne pas toucher ce magnifique visage blanc crémeux qui paraissait si doux. Je retrouvai bien vite mes esprits quand il ouvrit les yeux et les braqua sur moi. Sous son regard brûlant je déposai ce que tenaient mes mains sur la table basse en verre.
Pour me changer les idées je passai la pièce au crible. Les murs étaient couleurs crème, le sol était couvé de parquet marron foncé, en face de la porte il y avait une grande baie vitrée qui donnait sur une terrasse. Et oui même au troisièmement étage j'avais une terrasse. Le canapé se trouvait à un mètre de l'ouverture et la télévision était accrochée au mur d'en face, la table à manger était collé au mur perpendiculaire au canapé, et la bibliothèque à côté de la porte. Tout était en bois et en verre ou de couleur terreuse.
Je me raclai la gorge pour attirer l'attention de Sasuke, « Je ne savais pas si tu voulais du sucre ou du lait... » « Hn » je présumai que cela voulait dire qu'il n'en prenait pas.
Je m'assis à côté de lui, mais pas trop près non plus. J'attrapai mon calepin à dessin et mon critérium qui était au coin de la table pour les mettre devant moi, puis je cherchai une page vierge pour y dessiner la commande de Sasuke.
« Alors que veux-tu ? » Mauvaise question.
Il ricana et je gelai quand il se rapprocha de moi à hauteur de mon oreille. « Il y a beaucoup de choses que je veux. » « Ah... » Il fallait que je respire, « et pour la sculpture tu veux quoi ? » Il se recula légèrement et prit sa tasse de café qu'il porta à ses lèvres. Il la reposa ensuite sur la table basse.
« Je voudrais qu'elle représente un homme » « comment ? Petit ? Grand ? Mince ? Gros ? » « Environ 1m78, sec mais musclé, nu, avec un serpent enroulé autour de lui, la gueule ouverte prête à mordre son cou coté... Mmm...Gauche » je rêve où il avait fini sa phrase en observant MON coud ?
En ignorant tant bien que mal les feux de joie qui se préparaient dans mon ventre je commençai à dessiner approximativement ce qu'il avait demandé. Je représentai donc un homme nu, les bras plié au-dessus de sa tête dans la soumission, la tête penchée vers la droite offrant ainsi son cou. Ensuite, un serpent géant qui c'était enroulé autour de la jambe droite de l'homme et qui c'était dressé dans son dos, sa tête passait dans l'ouverture des bras et la mâchoire du reptile se trouvait à quelque centimètre du cou offert. J'inspectai une dernière fois mon dessin avant du présenté à Sasuke qui attendait patiemment à mes côtés.
Il scruta mon croquis d'un regard critique avant de me désigner les cheveux de l'homme représenté.
« Tu pourrais lui faire les cheveux un peu plus long et hérissé à part deux mèches qui encadrent son visage et que tu lui fasses trois cicatrices sur chaque joue ? » « La même coiffure et les mêmes cicatrices que moi en fait... » « Hn »
Bon la coupe de cheveux je pouvais comprendre, il n'y avait pas que moi qui l'avais, mais les cicatrices ! Je ne connais pas une personne dans Konoha qui en a aux joues comme des moustaches. Surtout que c'était de naissance... Justement j'aurais cru que c'était Kyubi qui m'aurait scarifié étant petit mais les photos qu'avait prises mon père à l'hôpital le jour de ma naissance prouvaient le contraire.
Je rougis quand je le sentis se coller à moi. Il passa sa main qui ne tenait pas le calepin dans mes cheveux. Puis elle descendit au niveau de mon visage ou un doigt traça la courbe de mon nez, de ma mâchoire et enfin de mes lèvres, qui sans que je m'en aperçoive, étaient entre ouvrir. Ma respiration devenait erratique, mes neurones commencent à se déconnecter de toutes pensées cohérentes. Mes yeux ne quittaient pas les siens qui eux ne détachaient pas le regard de ma bouche qui continuait à être palpée, pincée. Dans un sursaut de lucidité, je voulais porter ma main à mon cou. Mais Sasuke intercepta mon geste en capturant mon poignet, ce même poignet qu'il porta à ses lèvres sans jamais lâcher des yeux les miennes. Comment pouvais-je résister quand le seul moyen que j'avais mis en place pour garder les pieds sur Terre était hors d'usage ? Je ne pouvais pas.
Toutes ces années de frustrations refaisaient surface le moment où il suçota l'intérieur de mon poignet. Les endroits touchés par lui devenaient brûlants. Mes paupières commençaient à se fermer de plaisir, mon cœur ne cessait d'accélérer ses battements, mes vêtements devenaient soudain insupportables sur ma peau.
Je sens alors son souffle sur mes lèvres. Je pense qu'elles étaient devenues rouges après le traitement qu'elles avaient reçu. Il attrapa mon regard avec ses yeux noire remplient de luxure. Je ne savais comment, mais la main qu'il retenait quelques secondes auparavant se trouvaient enfouir dans ses cheveux de jais aussi doux que du satin et sa main qui était sur moi avait élu domicile sur mon cou. Je ne savais pas si la force qu'il exerçait servait à m'empêcher de bouger ou à me rapprocher de lui.
« Naruto » murmura-t-il en effleurant davantage mes lèvres.
Il commença à mettre plus de pression sur ma nuque, me faisans me rapprocher encore plus de ses lèvres qui ne demandaient qu'à être embrassées.
Le vibreur de mon téléphone se déclencha.
Dans un sursaut je m'étais levé et m'étais mis de l'autre côté de la table basse comme pour créer une distance de sécurité. L'étonnement avait pu se lire sur le visage de Sasuke pendant une fraction de seconde avant qu'il ne reprenne son sang-froid et son visage inexpressif.
Sans le quitter du regard un instant de peu qu'il ne se jette pas sur moi, je pris mon portable qui se trouvait dans ma poche de Jeans. Je l'observai une dernière fois avant de consulter ma messagerie. Et c'était sans surprise que j'ai découvert la personne qui m'avait évité de commettre l'irréparable. Je nomme Kyubi. Évidemment.
Ma reconnaissance avait vite laissé place à la colère quand j'ouvris son message :
« Hey Naruto ! Faut-il que je te prépare un alibi ou que je loue un attirail de désinfectant pour purifier toutes les pièces où tu t'es fait baiser par Uchiwa ? » « Je vais le tuer ! » Grognais-je en lui répondant :
« La ferme Kyubi et va te faire foutre ! »
Puis je remis mon portable dans ma poche.
Je passai nerveusement ma main dans ma tignasse blonde en me souvenant de qui se trouvait assis dans mon canapé.
« Tu peux y aller, je te téléphonerais pour te prévenir quand je pourrais te montrer le résultat en relief avant de le sculpter dans un matériau dure... » « Qui t'a envoyé un message ? » Il ne prêtait donc aucune attention à ce que je disais ? « De toute manière tu n'as pas mon numéro de téléphone. »
Je pris un bout de feuille qui traînait et le critérium qui m'avait servi à faire le croquis pour écrire mon numéro, il n'aurait qu'à m'envoyer le sien après.
« Alors, c'était ton copain. »
Je m'étranglai avec ma salive. Beurk, inceste ! Et en plus c'était après m'avoir peloté et presque embrassé qu'il me demandait si je sortais avec quelqu'un. Très logique.
« C'était mon frère. Et... » Je lui tendis le bout de papier ou se trouvait mon numéro. « Voilà, tu peux y aller maintenant. »
Après l'avoir fourré dans une poche de son pantalon, il se réinstalla dans mon canapé comme si de rien n'était.
« tu ne veux pas finir ce que l'on avait commencé. »
Non mais quel gougea !
« On ne va rien finir. » « Ce n'est pas comme si c'était la première fois. Je sais très bien que tu en as envie. »
Et j'en avais envie. Mais il ne fallait surtout pas que je cède, déjà parce que je ne couchais pas deux fois avec la même personne et parce que je n'attendais pas les mêmes choses de lui que ce qu'il attendait de moi : du sexe sans sentiment.
« Tu apprendras que j'ai pour principe de ne pas le faire deux fois avec la même personne. »
Il me scruta de son regard perçant et ricana avant de redresser sa position.
« Tu n'as pas dû avoir beaucoup d'amant... »
C'était à mon tour de ricaner.
« Si tu veux tout savoir, j'ai sauté toute la population de Konoha se trouvant dans la tranche d'âge dix-neuf/trente ans. »
Son expression hautaine c'était rembruni considérablement. Était-ce de la jalousie ? J'en doutais fort.
« Je ne te crois pas. » siffla-t-il.
« Tu vois Saï. Le mec de Sakura, il était au mariage, je l'ai baisé au Lycée, et Yahiko de ta promotion je l'ai baisé aussi, d'ailleurs je crois bien qu'il sort avec mon cousin éloigné Nagato... Il y a eu aussi la rousse à la peau mate, Karui, elle était venu en voyage scolaire, c'est une violente au lit ! Et aussi la... » « Assez ! » Cri Sasuke en se massant les tempes.
Je rigolai et pris un gorgé de mon thé qui commençait à refroidir sur la table basse.
« Mais tu t'attendais à quoi Sasuke? » rien que de dire son prénom me brûlais la gorge. « Tu croyais que j'allais attendre pour toi. Ne me fait pas rire ! Toi non plus tu n'as pas dû rester bien gentiment de venir me voir pour rentrer dans quelqu'un ! Je te rappelle que nous, ce n'était que du sexe pour passer le temps. Tu avais très bien su me le rappeler il y a six ans... »
Il se leva d'un bond. Ses lèvres étaient serrées, ses pupilles, difficilement distinguable, dilatées et ses poings se serraient, se desserraient à ses côtés.
« Je ne vois pas le rapport avec le fait que tu es devenu une salope. »
Calme-toi Naruto me répétais-je.
« Le rapport est que c'est à cause de toi et de ma première fois merdique que je suis devenu " une salope " comme tu sais si bien dire ! » chuchotais-je entre mes dents serrées dans la colère.
« Ne dit pas n'importe quoi, d'après mes souvenirs tu étais consentant et tu y avais pris beaucoup de plaisir. » « Tu m'as laissé ! » explosais-je après six ans de retenue. « J'avais seize ans, c'était ma première fois avec l'homme que j'aimais depuis qu'il avait fait visiter le collège à ma classe en première année ! Et il m'a baissé comme si j'étais une conquête de plus et il m'a laissé... »
Je pris de grandes respirations pour me calmer. Sasuke était rigide comme du métal en écoutant ma tirade et le peu des couleurs qu'il avait étaient parties.
« Tu ne sais rien. » je l'ai entendu chuchoter.
« Je sais que tu es un bâtard égoïste et cela est largement suffisant à mes yeux. »
Je ne savais pas ce qui était le plus oppressant : le silence qui durait depuis plusieurs minutes ou le fait que Sasuke se trouve encore dans la même pièce que moi sans qu'il n'ait fait un geste ou dit quoi que ce soit. Il n'était pas question que je lui présente des excuses mais je ne pouvais pas rester avec cette tension qui nous entourait. J'allais lui proposer de tout oublier et que je le tiendrais au courant de l'avancer de sa commande quand en soupirant il sortit un paquet de cigarettes dé d'une de ses poches.
« Je peux. »
J'acquiesçais positivement et il sortit une cigarette qu'il porta à ses lèvres avant de l'allumer avec un briquet noir. J'étais comme fasciné par cette vision de Sasuke la tête penchée en arrière pour souffler la fumer de sa première bouffée. Fumé le faisait paraître encore plus masculin, et surtout encore plus sexy.
« Tu en veux une. »
« Je ne fume pas. »
« Pourtant hier tu fumais. »
« C'est occasionnel. »
« Hn. »
Pour éviter de rester les bras ballants, j'entrepris de débarrasser les tasses de thé et de café. Laissant ainsi Sasuke seul dans le salon. Dans la cuisine, une fois que j'avais posé ce que je tenais dans l'évier, j'ouvris le robinet et me passa de l'eau sur le visage dans une tentative pour retrouver mon sang-froid. Ça faisait six ans. Il fallait que je passe à autre chose, plein d'autres hommes et femmes avaient dû se retrouver dans la même situation que moi, et ce n'est pas pour autant qu'ils sont tous partis en dépression ! Maintenant il fallait que je traite Sasuke comme un client passant une commande, et seulement ça. De toute manière il devait sûrement avoir une fiancée qui l'attendait chez lui, elle avait dû passer sa journée à préparer de bon petit plat pour son futur mari. Ce serait une femme parfaite, à son effigie. Une femme de bonne famille que ses parents auraient acceptée sans rechigner.
Je me baffai pour arrêter le cheminement de ses pensées sordide. Je devais encore lui demander une chose ou deux concernant sa commande.
Je retournai dans le salon. Sasuke s'était rassis mais sur un fauteuil cette foi, il avait fini de fumer car son mégot se trouvait dans le cendrier sur la table à manger. Je m'assis sur le canapé et l'interrogeai sur les matériaux que je devrais utiliser et de quelle taille je devrais la faire. Il choisit le marbre et de taille réelle.
Je me levai pour le raccompagner à l'ascenseur quand il me tira par le bras. Je me retrouvai à quelques centimètres de lui. Son odeur englobait tous mes sens faisant monter le désir, qui était égal avec la colère. J'allais exiger qu'il me lâche quand il prit la parole. Son haleine était un mélange de cigarette et de musquer, très sensuel.
« Je sais que ce n'est peut-être pas le moment mais, que fait tu demain soir. » « Je suis occupé. » « Avec une autre de tes conquêtes ? Oubli ce que je viens de dire. Je voulais te dire ce qui s'était vraiment passé il y a six, à côté tes histoires de cœur d'adolescent au cœur brisé ne sont rien. »
Une forte envie de lui mettre mon poing dans son joli minois me titilla sévèrement. Mais je voulais autant savoir pourquoi je n'avais pas eu de nouvelle de lui pendant si longtemps.
J'étais sur le point de lui dire d'aller se faire voir quand Kyubi débarqua. Je l'avais presque oublié celui-là ! Je me dégageai de Sasuke avant qu'il n'arrive dans le salon.
« Naaaruuutooo ! J'espère que l'appartement n'est pas dans une salle état ! » Dit-il avec son sourire sournois en arrivant à notre hauteur. Puis il remarqua mon visage crispé dans la colère et il reprit d'une voix qui ne présageait rien de bon. « Faut-il que je le tue ? » il désigna Sasuke de la tête.
Je secouai la tête négativement. « Il partait, n'est-ce pas. » « Hn » il commença à partir mais quand il arriva aux côtés de Kyubi il s'arrêta et plongea ses yeux sans fond dans mes yeux bleus. « Je viendrais te chercher demain soir pour aller dîner. »
Pourquoi me laissait-il jamais le temps de répondre ? J'allais contester quand Kyubi m'en empêcha.
« Hey Uchiwa ! Tu n'as pas un grand frère. » « Itachi. » « Tu le connais ? » Demandais-je.
« Oui. » son sourire faisait le tour de son visage, ce qui ne présageait rien de bon pour ma mentale. « Mais que de dos, si tu vois ce que je veux dire... »
Je fermai les yeux et passai ma main sur mon visage pour la énième fois aujourd'hui. Pourquoi avais-je demandé ? Sasuke ricana et parti pour de bon.
