Chapitre 3

Mission casse-cou, casse-tête burlesque

Auteur : Mikahdo

Disclaimer : Qu'une chose à dire, ou plutôt deux : Tite Kubo. Si j'étais vraiment l'auteur, je ne m'amuserai pas à écrire des fanfics sur mon œuvre...

Note I : Merci encore pour les reviews ça me touche énormément, et en particulier rukiia-kuchiki-fukutaicho qui est décidemment partout dans mes pattes 3 En ce qui concerne le comportement d'Ichigo ma chère Rukia.K13, il faut attendre un petit peu ! Je veux faire évoluer leur relation d'abord ^^ Bonne lecture !

18h56

Bailar Montain Place

Rukongai de Karakura

J'arrivai rapidement sur place le plus discrètement possible. Les habitants du Rukongai semblaient comme à son habitude, joviaux malgré les maigres ressources qu'ils disposaient. J'étais née ici, avec ma sœur défunte Hisana. Puis s'étant battue pour réussir dans sa vie en tant qu'avocate, elle avait rencontré Nii-san à l'université de Tokyo. Elle était compétente et belle, il était intelligent et sérieux. Les mois passèrent avant qu'elle ne lui avoue où nous vivions –ou devrais-je dire « survivions »- avec le peu que nous disposions. Elle travaillait chaque jour après l'école, pendant les week-ends et les périodes de vacances scolaires, dans une boutique de prêt-à-porter féminin. Malgré tout, elle sortait à chaque fois majore de sa promo. C'était pour cette raison là que j'admirais –et que j'admire encore- ma sœur comme jamais.

Grâce à l'influence de Nii-san, elle trouva rapidement un boulot à la sortie de son école d'avocat. Cependant, en allant tout bonnement chez le médecin à cause de mal de tête à répétition, celui-ci décela un cancer de la taille d'une noisette. C'était peu… c'est ce qu'on se disait… Mais malheureusement, la zone était inopérable. Ce fut un choc d'autant plus douloureux pour moi, que pour son fiancé qui s'attendait à tout sauf à ça. Il l'avait appris une semaine après la demande de mariage qui lui avait faite, mais néanmoins amoureux comme il l'était, il avait maintenu tous les préparatifs qui devaient aboutir à une cérémonie dans le style féérique, digne de leur amour. L'avancement du mariage se déroulait promptement… tout comme le cancer de ma sœur. Deux mois plus tard, la chimio lui avait fait perdre tous ses beaux cheveux bruns, pour faire place à une tête complètement rasée. Il ne restait que trois mois avant leur union, mais plus les jours passèrent, plus sa mine se dégradait. Le plus surprenant était ses sourires constant qu'elle me faisait à chaque visite que je lui rendais, comme si de rien n'était. Nii-san déplaçait encore et encore la date du mariage dans l'espoir qu'elle puisse le vivre, toujours est-il que son anxiété était en total contradiction avec l'apaisement de ma grande sœur.

Puis un soir, huit jours avant le mariage, Nii-san et moi étions calmement assis de part et d'autre de son lit d'hôpital. Elle se réveilla soudainement, et se mit à scruter toute la pièce. Mon frère l'avait appelé trois fois avant qu'elle ne réagisse au son de sa voix. Lorsque leurs regards s'entrechoquèrent… elle déclara le plus simple du monde devant les yeux grisés de mon frère :

« Je ne vais pas passer la nuit… Byakuya »

Nous démentîmes comme jamais ses propos en lui rabâchant toujours la même chose. Je croyais vraiment à un miracle, j'en étais même persuadée.

« Rukia calme-toi… Tu auras ton frère près de toi…Je veux que tu… que vous restiez soudés pour toujours. Cette étape vous aura au moins rapproché comme jamais. Je suis tellement heureuse d'une certaine manière, de laisser les êtres les plus chers de mon cœur ensemble. Rukia, tu es une fille intelligente, belle, et sérieuse. Ne laisse aucun homme te dire le contraire, et bat-toi pour arriver à tes fins. Prends les décisions que tu sembles justes, et respecte ton ainé car je sais qu'il sera toujours là pour toi. Ne pleure pas mon ange… là où j'irai, je ne souffrirai plus, je pense… Voir vos têtes d'enterrement à chaque fois que vous franchissiez la porte de ma chambre m'insupportait… Vous m'insupportiez tous les deux à vous ressembler autant l'un que l'autre… ahaha… vous m'insupportiez comme jamais… »

Ce soir-là, j'avais fait un effort surhumain pour ne pas craquer. Elle s'était plainte une dernière fois de sa fatigue, avant qu'elle ne s'endorme sous les chuchotements et les caresses de Nii-san.

Elle ne s'était plus jamais réveillée…

Puis, le mariage fut annulé à une semaine du jour J. Nii-san avait pris en charge toutes les démarches pour devenir mon tuteur officiel. Il était parti un mois après les évènements aux Etats-Unis, loin des souvenirs de ma sœur car il en souffrait de manière démesurée… Il était revenu auprès de moi un an après le drame, et avait par la suite pris l'habitude d'effectuer des vas-et-viens New York/Tokyo durant les périodes de vacances scolaires.

Cela faisait maintenant cinq ans qu'elle était décédée, aucune trace de prétendantes en vue… Je soupirai légèrement courroucée d'une telle attitude. Toutes les femmes qui me demandaient ses coordonnées pour le contacter, affirmait tout bonnement qu'il était canon à en mourir. Mais « MONSIEUR » refusait de se caser une deuxième fois. Ce n'est pas que j'étais contre la fidélité qu'il avait pour ma chère sœur, mais de là à se priver…Je ne pensais pas que ce soit judicieux, ou réfléchit, ou même intelligent. J'avais parfois l'impression qu'il ne voulait pas de nouvelles histoires, car il pensait que cela me dérangerait… sacré Nii-san.

Je cherchai sur place le restaurant Meshi qui devait être aux alentours, et l'aperçu au loin. Je tournai logiquement dans la ruelle près de celui-ci, en m'engouffrant dans la pénombre du lieu. Une odeur nauséabonde s'empara de mon nez, lorsque je prenais soin de mettre ma cagoule pour cacher mon visage. Je trottinai légèrement vers le fond de la ruelle, et arrivai au bout de quelques secondes devant une porte métallique bloquée par un imposant cadenas, où j'entendais des gens parler de manière agressive.

─ Bingo, dis-je en sortant mon arme, tout en prenant soin de l'équiper d'un silencieux pour ne pas alarmer les habitants.

─ Que fais-tu… fillette ?

Je sursautai légèrement, et tournai sur moi-même pour faire face à l'inconnu. C'était une femme avec de belles formes et une fine silhouette. Elle était habillée tout en noir, sa tête et son visage étant recouvert d'une sorte de voile beige comme les populations vivants dans le dessert. Seuls ses yeux d'un jaune perçants étaient visibles.

─ Qui êtes-vous ? Demandais-je en pointant mon arme sur elle.

─ Nek'hinoiri, ton pire cauchemar…

Elle sauta en l'air, et atterrit accroupie juste en bas de mon bras tendu qu'elle frappa avec sa jambe pour me désarmer. Elle me fit un croche-patte que j'évitai en faisant un petit saut sur place. Je fis deux pas en arrière et commençai à l'assigner de coup de poings qu'elle para aussi facilement que Grimmjow pendant mes débuts. J'accentuai alors ma puissance dans mes coups de pied, sans succès. Elle ne contrattaquait pas, et ne se contentait que de bloquer mes attaques. Voyant que je commençais à fatiguer inutilement, je la pris par surprise en lui donnant un puissant coup de genou dans le ventre. Elle grimaça légèrement, et émit un grognement à cause de la douleur. Elle fit un flip en arrière, et se tint l'estomac avec sa main droite.

─ Petite garce…

N'ayant pas compris sa tactique, je me mis en garde pendant qu'elle courrait vers moi. A la dernière minute, elle courba son dos en arrière lorsque je voulu la frapper avec un autre puissant coup de genou. Elle s'appuya sur ses mains en poussant sur ses bras, releva les jambes, et m'emprisonna le cou avec ses énormes mollets musclés. Elle poussa un petit cri comme pour se donner de la force, et me propulsa violemment derrière elle. Faisant plusieurs tonneaux sur moi-même, je mis du temps à me rendre compte qu'elle était toujours droite comme un I en équilibre sur ses mains. Elle se réceptionna délicatement sur la pointe des pieds, et se mit à califourchon sur moi. J'étais trop sonnée et beaucoup trop surprise pour comprendre ce qui venait de se passer, elle avait donc l'avantage sur moi. Elle m'enchaina logiquement de coups de poing dans le visage, car mon armure ne lui permettait pas de me porter atteinte à cet endroit. J'émettais un grognement à chaque coup, tout en essayant par la même occasion de me dégager de son emprise. Cependant ma tête tournant toujours comme jamais, j'étais toujours inapte à sortir de ce pétrin. Je voyais son image se dédoubler, sentant tout de même qu'elle commençait elle aussi à fatiguer. Elle était essoufflée, tout comme moi. Elle me jaugeait toujours du regard comme durant l'ensemble du combat : ses yeux jaunes pétillants étaient plantés dans mes yeux bleus nuit comme l'affrontement du soleil et de la nuit dans une dualité infinie. Elle s'équipa de mon arme qu'elle planta sur mon front, et fouilla dans mes poches pour en sortir mon poignard. Je cru un instant qu'elle allait me tuer… un court lapse de temps ou j'ai pensé que mon heure allait sonner. Elle s'arrêta soudainement au son du vibreur de son téléphone, qu'elle sortit à la seconde de sa poche.

─ Moooshi moshi ? Dit-elle jovialement entre deux souffles. Honey ! Oui je suis bien arrivée… j'ai eu quelques petits imprévus…

Elle inclina sa tête vers moi, et la secoua en même temps de gauche à droite. Elle se foutait de nous ?!

─ Tu as trouvé un billet ? C'est super ça ! Je vais dormir chez mon meilleur ami le temps que tu viennes…Oui, oui ! On ira ensemble, comme ça on fera en même temps connaissance… je ne veux pas m'imposer comme ça là-bas, et puis je le fais pour toi à la base… ok… je t'appelle plus tard, je suis légèrement occupée… bisou.

Elle le réarrangea dans sa poche de jean, et se leva lentement. Se dépoussiérant les mains, elle réajusta son foulard beige pour ne rien laisser paraitre.

─ Bande de gamins décérébrés… pensez-vous vraiment m'attraper moi ? J'ai travaillé dix ans au service de cet enculé ! Dit-elle avec rage en vidant les cartouches du sniper de Grimmjow, du « bébé » de Nell, et de mon 9mn.

Elle les récupéra un par un, et jeta nos trois armes à terre sans aucune délicatesse. Elle fouilla dans ses poches pour en sortir une clé qui devait surement être celle du local à poubelle.

─ Mon poignard ! M'écriais-je en me relevant difficilement à cause de mes membres perclus, et de ma tête qui tournait.

─ C'est une offrande que tu me fais, gamine. Estime-toi heureuse que je te laisse en vie, répondit-elle de dos en sortant de la ruelle. Ah et une chose…

Elle s'arrêta, et tourna légèrement la tête sur le côté.

─ Dit à Boss… qu'à l'avenir s'il désire me tuer, qui lève son cul de son trône et qu'il le fasse par lui-même. Pas besoin de m'envoyer des bambins incapables de tenir au corps-à-corps, bien trop dépendant de leurs armes. Je suis aussi discrète qu'un chat, mais je brule autant que le soleil*, fillette.

Elle s'enfuit sur ces derniers mots, me laissant debout et complétement hébétée devant ce qui venait de se passer. Après plusieurs secondes d'inaction où j'essayai de reprendre mes esprits, je récupérai en boitant les armes ainsi que la clé permettant de libérer mes compagnons. A la seconde où le verrou céda, la porte métallique s'ouvrit à la volée laissant apparaitre le grognon de service.

─ OU ELLE EST CETTE PUTAIN ?! Hurla-t-il en m'arrachant son arme et celle de Nell des mains.

─ SHASATSU ! GRIMMJOW DONNE MOI MON ARME !

─ Mais ne commencez pas avec vos bêtises ! Toi là ! Elle est partie depuis longtemps ! M'écriais-je en m'appuyant sur un mur.

─ Rukia… qu'est ce qui s'est passé ? Demanda Nelliel le plus sérieux du monde.

─ Il s'est passé que j'ai perdu ! M'exclamais-je en enlevant la cagoule de mon visage endolorie.

Mon amie émit un hoquet de surprise en voyant ma tête, pendant que l'autre fronça légèrement les sourcils.

─ Putain ! Dit-il en shootant dans une bouteille en verre vide. Elle nous a baisé !

─ Rentrons, affirma Nell en me tenant par l'épaule. J'ai déjà appelé quelqu'un pour nous ramener à la maison.

Samedi 26 Mars, 00h15

Entrepôt de la zone industrielle désinfectée

Quelque part dans Karakura

─ Nell c'est bon ! M'exclamais-je en roulant sur son lit.

─ Non ! Encore un point de suture ! Tu ne vas pas râler pour un petit point de suture comme même ?!

─ Trouve de l'anesthésie alors !

─ Depuis l'opération de Grimmjow, je n'ai pas pensé à demander à Boss de m'en procurer ! Donc il n'y en aura pas avant au moins une semaine ! Tu ne vas pas comme même attendre une semaine ?!

─ Si !

Elle émit un grognement mécontent avant de m'attraper par les hanches. Elle se mit à califourchon sur mon dos, et me fit une prise de soumission pendant que j'hurlais le martyr. Elle trouva le moyen de me tourner la tête du côté de ma tempe ouverte, et planta soigneusement l'aiguille tant redouté.

─ ARGHH !

─ Cesse de faire l'enfant ! Dit-elle en tirant sur le fil. Voilà !

Elle me libéra de son emprise et prit tout le nécessaire pour désinfecter le reste de mon visage. Il restait vraiment peu de sang, ayant effectuée ma toilette dans sa salle de bain personnelle, juste avant de m'endormir sur son lit. Elle m'avait réveillé en sursaut comme à son habitude, déclarant que son devoir de médecin l'appelait. Oui, Nell est un médecin, ou devrais-je dire était. Elle possédait un doctorat en médecine, et avait travaillé un an dans un centre de recherche bactériologique avant que Boss ne la réquisitionne. C'était un membre indispensable pour l'Espada qui ne restait pas toujours indemne face aux différentes missions risquées qu'elle effectuait.

─ Tadam ! Regarde ce qu'a fait Nelliel pour toi ! Dit-elle en sortant un miroir de sa commode.

Ma vision qui se reflétait sur celui-ci ne m'enchantait guère. Mon visage était encore légèrement gonflé, des ecchymoses étaient visibles un peu partout sur mon visage, et les points de sutures étaient « joliment » cachés par un pansement blanc avec des Chappy le Lapin dessus.

─ Bon boulot… merci Nell.

─ Tu me dois un cheesecake, répondit-elle joyeusement.

Oui, lorsque Nell te soignait tu ne la payais pas en « nature » mais en « nourriture ». Tout le monde –y compris Boss- se soumettait à cette règle.

─ C'est d'accord.

Elle commença à ranger son matériel dans un silence assez relaxant. Je m'allongeai sur son immense lit, et m mis à fixer le plafond où elle avait pris plaisir à dessiner des nuages d'un blanc immaculé, et un joli ciel à variance bleuté. On avait quelque fois l'impression d'être dehors, un jour d'été bien ensoleillé.

─ Dis-moi Nell… que vous a dit Boss ? Demandais-je sans la regarder.

Celle-ci s'arrêta net dans son mouvement et posa ses yeux verts grisés sur ma silhouette.

─ Rien de bien grave… il nous a dit qu'à l'avenir, il faudrait qu'on reste plus sur nos gardes, que ce n'est pas une novice.

─ Pourquoi l'anonyme désire la tuer ?

─ Quel anonyme ? C'est Boss qui veut avoir sa peau !

Je m'assis difficilement sur mes fesses, et fixa enfin mon amie.

─ Quoi ? Pourquoi ? Questionnais-je les sourcils légèrement froncés.

─ C'est la plus grande traitre de l'histoire de l'Espada ! C'est elle la fille dont je t'avais parlé quand tu venais d'entrer ici… celle qui était considérée comme le bras droit de Boss avant Gin.

─ Je ne m'en souviens pas trop… c'est elle qui a volé les 700 millions de yens avant de disparaitre ?

─ Oui c'est ça ! En plus de cela, elle avait balancé à tous ses proches ce qu'elle faisait ici… Boss n'y ait pas allé de main morte pour se venger…

─ I-il a fait quoi ? Questionnais-je d'un ton inquiet.

─ Il a tué son petit ami de ses propres mains.

Je déglutis difficilement, et commençai à tripoter nerveusement mes doigts.

─ Ce n'est rien qu'une traitre… un déchet. Osée désobéir à la première règle des Espada est un sacrilège ! C'est motus et bouche cousu ou rien ! Je comprends pourquoi Boss est autant remonté contre elle… Tu comprends toi aussi n'est-ce pas ? Me demanda-t-elle comme si elle testait ma fidélité.

─ O-oui bien sûr, répliquais-je d'un ton hésitant, avant qu'elle ne sourit de toutes ses dents.

─ Je le savais bien ! Bon Rukia, il serait temps que tu rentres pour que Nell puisse dormir ! A moins que tu ne veuilles faire une pyjama party avec Nell ?

─ Tes pyjamas party ne se terminent jusqu'à pas d'heure ! J'ai des choses importantes à faire demain, dis-je en me levant pour m'apprêter à sortir. Tu n'as qu'à demander à Grimm de te porter compagnie…

Son visage se mit à s'empourprer d'un rouge vif à l'évocation de cette proposition.

─ Q-qu'est-ce que tu racontes ! Sors de là ! Nell ne t'aime pas !

─ Je le sais… tu m'adores ! Répondis-je avant qu'elle ne me lance un cousin qui atterrit de justesse sur la porte.

Je gloussai légèrement amusée, et me dirigea vers la sortie du manoir. Elle détestait lorsque j'assimilai le nom de Grimm et de cette acte, tout bonnement parce qu'elle subissait une sorte de traumatisme depuis quelques mois. En effet, Boss avait organisé une soirée célébrant le succès d'une mission à 200 millions de yens, dans la grande salle de réception appartenant à la maisonnée. Les amuses bouches de célèbres traiteurs, et les alcools de qualité supérieur coulaient à flot pour l'ensemble des membres du groupe. Ayant un peu trop abusée du punch et du champagne, Nell devint vite bourrée étant une personne à l'alcool très facile. Grimm lui s'était installé directement au bar, s'attaquant intensément aux breuvages à fort taux. Puis les deux se parlèrent familièrement pendant le reste de la soirée, jusqu'à qu'ils disparurent sans que je ne le remarquais. Dans les environs de cinq heures du matin, je m'étais décidée à regagner la chambre de Nell pour jeter mes talons qui me faisaient un mal de chien, et m'étaler telle une carpe dans son lit en m'enroulant dans ses couvertures. Que-ne-fut-pas-ma-surprise lorsque je poussai la porte de sa chambre, pour y apercevoir le dos nu musclé de Grimm… bouger au rythme de son bassin… ? Mon visage s'était déformée de manière démesurée à la vue de… de cette… fornication ! J'avais cligné plusieurs fois mes yeux complètement écarquillés pour être sûre que ce n'étais pas la fatigue qui me jouait des tours… mais les gémissements de Nell…

J'avais claqué fermement la porte et étais partie en courant -je ne sais pourquoi- dans la porte d'en face. Mon cœur battait la chamade, et mes joues me brulaient. Les maudissant de tout mon être à haute voix, je m'étais assise sur un canapé en cuir qui faisait face à une gigantesque baie vitré, comme celle dans le bureau de Boss. Me demandant désespérément où j'allais dormir, une voix avait retentis derrière moi. Hélas, la chambre disposait non seulement d'un lit que je n'avais même par remarqué, mais en plus était déjà occupé.

« ─ Je sais que certaines personnes dépravées ne connaissent pas la notion exacte de discrétion et de privé, mais à l'avenir, frappe avant que l'on t'invite à rentrer…

Ulquiorra… ? C'est ici… ta chambre ? »

Généreux –ou plutôt exaspéré- comme il l'était, il m'avait laissé dormir sur le canapé. Je ne le voyais pas, ayant en face pour paysage un magnifique levé de soleil matinal. Il ne me voyait pas non plus, vu que son lit était un peu plus en retrait contre le mur à ma gauche. C'était déjà beaucoup moins ambiguë ainsi...

Plus tard dans la journée, je m'étais fait la jubilation de réveiller ma chère et tendre amie qui ne se rappelait plus de rien, en lui racontant comment s'était finie sa soirée. Elle en avait crié, puis sangloté à en perdre le reste de sa voix. C'était très drôle soit dit en passant.

Descendant l'escalier en colimaçon qui menait en face de la porte d'entrée, je croisai un regard verdâtre qui me fixait depuis le bas du palier.

─ U-Ulquiorra… Dis-je avec surprise.

Il était vêtu d'un pull à col roulé noir, et d'un jean bleu marine ensanglanté. Quel genre de mission était-il allé encore effectuer pour revenir dans cet état ? Autant risquées et délicates que Stark car il restait assez calme qu'importe la situation, mais aussi morbide que Grimmjow car c'était le type de personne à ne pas « avoir de cœur » pour ses victimes. Je ne vivais pas dans le sentimentale, mais je restais tout de même un être humain avec de la compassion dans certaines circonstances. Comme je l'avais dit, j'éliminais que si c'était nécessaire. Eux éliminaient dans le feu de l'action, peu importe la violence avec laquelle ils abattaient les gens. Grimm par exemple, avait le malin plaisir d'étrangler ses victimes en les regardants droits dans les yeux. Il adorait que la dernière vision de ceux-ci soit son sourire carnassier, et ses yeux bleutés meurtriers. Un jour je l'avais vu faire… rien que d'y penser, un frisson glacial parcourra mon échine.

─ Alors ta mission ? Elle s'est bien passée ? Demandais-je voyant qu'il ne pousserait pas la conversation plus loin.

─ Comme d'habitude, dit-il en plissant des yeux.

─ Hum… si tu es… blessé quelque part, Nell pourra-

─ Ne dit pas de bêtises, déclara-t-il en se dirigeant vers le bureau de Boss d'un pas lambin.

Fin de la communication… d'enfer. Je soupirai d'un air exaspéré et sortis sans demander mon reste.

Dimanche 27 Mars, 15h31

Akasaka Juutakuchi

Quartier Sud-Est de Karakura

Marchant le long de maison en maison, je cherchais l'adresse indiquée sur le petit bout de papier qu'il m'avait donné. Il habitait apparemment dans le quartier résidentiel le plus prestigieux de tout Karakura. Les maisons étaient aussi immenses les unes que les autres. On pouvait apercevoir à travers certains grillages, des Lamborghini immaculés et des Mercedes de dernières générations valant surement des milliards de yens. Je soupirai de soulagement ayant enfin trouvée ma destination. Sa maison d'un blanc cassé et à motif occidentaux, était tout simplement gigantesque. Un grillage faisant surement trois mètres de hauteur, empêchait toute personne -fou à lier- de tenter de pénétrer dans la demeure par devant. M'arrangeant délicatement la chevelure brune, ainsi que ma robe à pli bleu clair, je sonnai sur le vidéo-interphone qui n'allait pas tarder à s'activer.

C'est pourquoi ? Dit une voix sans même demander de mes nouvelles...

─ Hum… je suis la… la copine d'Ichigo c'est pour un dev-

LA COPINE D'ICHIGO ?! Hurla la voix féminine.

J'entendis du fracas, et des voix s'exclamer avec enthousiasme… ou peur. Tout le monde semblait s'agiter dans tous les sens, jusqu'à que la voix claire de tout à l'heure reprit la parole.

Hum-hum… Veuillez entrer.

Le portail s'ouvrit grâce à l'automatisme qui devait surement venir de l'intérieur. Un peu moins rassurée, je me mis à marcher sur une allée de gravier à tendance de plusieurs beiges menant vers une grande porte en bois foncé. Lorsque je m'apprêtais à frapper une seconde fois, la porte s'ouvrit soudainement laissant ma main encore en lévitation. Une jeune femme à lunette, au parfait chignon et à l'allure super classe, me toisait d'un air sévère.

─ Ohayo gosaim-

─ Nanao Ise, gouvernante de la famille Kurosaki depuis onze ans, enchantée, dit-elle ne s'inclinant légèrement. Je n'avais jamais espéré… qu'un jour notre Botchan si jeune et insignifiant à cet âge…

Je la vis s'incliner d'avantage vers le sol, et agripper fermement sa jupe parfaitement repassée.

─ Qu'il puisse un jour enfin ramener l'élu de son cœur ! Déclara-t-elle en versant une larme.

WOH WOH WOH STOP ! TEMPS MORT ! TIMES UP !

─ Q-q-qu'est-ce que ! QUOI ?! Dis-je avant qu'elle ne m'enlace de toutes ses forces.

Ne lui rendant pas logiquement son étreinte, je remarquai qu'une dizaine de domestiques regardait la scène totalement émerveillées devant ce spectacle.

─ Mais vous vous méprenez ! Je ne sors pas avec-

─ Oh voici celle dont tout le monde attendait la visite ! S'exclama un homme tout sourire, habillé d'une chemise blanche -beaucoup trop- entrouverte et à la queue de cheval ondulé. Je ne me doutais pas une seule seconde des gouts de notre Botchan adoré !

─ Bienvenue dans notre famille… jeune et belle Rukia ! Ajouta la femme en se détachant de moi, tout en entrainant les autres à m'applaudir.

─ MAIS C'EST QUOI CE BORDEL ! Hurla LA voix de la raison, perché sur les escaliers.

─ Botchan ! Nous avons fait connaissance avec l'élu de ton coeu-

─ QUEL ELU ! CA NE VA PAS OU QUOI ! J'AI DIT QU'UNE COPINE VIENDRAIT A LA MAISON POUR UN DEVOIR ! OU EST LE CONTRE-SENS DEDANS !

─ Moi je pensais que le devoir… c'était de tu sais… devoir conjugal, dit l'homme mal rasé en souriant.

Ichigo s'équipa du vase le plus proche des marches sous les exclamations paniquées des domestiques, et le lança à l'encontre de celui-ci qui l'évita avec une facilité déconcertante. La femme appelée Nanao le réceptionna de justesse, et remonta correctement ses lunettes. Elle se mit à trembler sous l'inquiétude de tous, comme s'ils redoutaient quelque chose.

─ Bon je ne reste pas ici… je crois qu'elle va s'énerver, déclara l'homme avant de partir précipitamment, comme l'ensemble de l'assemblée.

Mon argent ambulant descendit les escaliers trois par trois, me tint le poignet, et me tira en courant vers ceux-ci pour monter dans le palier supérieur.

─ Qu'est-ce que tu fais ! Dis-je en ayant du mal à suivre le rythme.

─ Si nous sommes dans les parages lorsqu'elle pique une crise, on n'aura jamais le temps de commencer le devoir, dit-il avant d'ouvrir l'une des nombreuses portes du long couloir.

Il s'engouffra à l'intérieur, et lâcha mon poignet par la même occasion. Reprenant peu à peu mon souffle, je le suivis de près et fermai la porte derrière moi. Sa chambre –ou devrais-je dire « appart' »- devait faire au moins 15m². Elle contenait des meubles basiques tels qu'un lit ou une énorme penderie, mais possédait tout de même des technologies derniers cri comme cette télé plasma, cet ordinateur tactile, ou cette console de jeu qui n'était même pas encore sortie je crois…

─ Désolé pour tout ça… ils sont un peu spéciaux ici…

Passe une journée avec l'Espada, et t'auras une idée de ce qu'est le mot « spécial ».

─ Ce n'est… pas grave, répondis-je toujours postée devant la porte.

─ Assis-toi je t'en prie, dit-il en m'évitant sur l'une des chaises de son bureau, où il me rejoignit peu après. La jeune femme aux yeux vert est ma gouvernante de longue date. Elle gère tout ici depuis la mort de ma mère. L'homme mal rasé c'est le meilleur ami de mon père. Il vient même quand il n'est pas là… c'est une sorte de squatteur… et de pervers vu qu'il n'arrête pas de tourner autour de ma gouvernante.

─ Hum… je vois.

─ J'ai déjà commencé à faire des recherches hier, dit-il en sortant une pile de magasine. New York Times, The Economic, Alternative Economique…

─ Comment se fait-il que t'as tout ça ?! Répliquai-je avec surprise en les feuilletant car la plus part venaient de l'étranger.

─ Mon père m'a abonné à bon nombre d'entre eux depuis que j'ai commencé mes études, répondit-il en souriant.

─ Cooool, fis-je totalement surprise.

─ T'as fait quelque chose toi ?

─ Hum… pour tout te dire… hier je devais ranger chez moi. Mon frère va rentrer je ne sais pas exactement quand mais… je ne le sens pas. J'ai maintenant conscience tranquille, ma maison étant nickel.

─ Tu vis toute seule ?

─ Oui, rétorquai-je en hochant la tête. Il vit en Amérique pour fonder sa société, mais revient pendant les périodes de vacances scolaires. Ca a ses avantages, comme ses inconvénients.

─ Hum…

Puis nous commençâmes l'exposé, chacun donnant ses remarques, arguments, et contradictions pour que celui-ci soit parfait. Plus les minutes avançaient, plus je constatais qu'il était très intelligent malgré les apparences. C'est vrai que je m'attendais à voir un fils-à-papa, pas très malin mais assez pour comprendre qu'importe le travail qu'il fournirait à l'école, il aurait de toutes les manières assez d'influence pour être haut placé. Il avait de la jugeote et de l'implication à revendre…

─ Donc c'est pourquoi la culture de l'entreprise reste indispensable…

─ Mettons-le avec les idées de la seconde partie, dis-je en pointant sur le listing qu'on avait établi. Mais on ne peut pas la mettre dans cette sous-partie car ça ne concorde pas avec non ? Ichigo ?

J'attendis cinq bonnes secondes où mes 550 millions de yens ne daignait même pas me répondre. Je levai alors mes yeux de ma feuille, et remarquai qu'il me fixait depuis tout ce temps.

─ Ichi…go ? Dis-je pour le sortir de sa rêverie. Je t'ai demandé si-

─ Qu'est ce qui t'es arrivée au visage ?

Il m'avait balancé ça comme cela. Mon stress commença à monter petit à petit, lorsque je cherchai une bonne excuse concernant ma défiguration de vendredi.

─ Bah en fait je…

─ Ne me sors pas le « je suis tombée dans les escaliers » s'il te plait… Ces marques sont le résultat de coups de poings bien placés, dit-il en fronçant légèrement les sourcils.

─ Q-qu'est-ce que ça peut te faire ! M'exclamai-je en voyant mon excuse annulée.

─ Si tu n'as rien à te reprocher, je ne vois pas pourquoi t'hésiterai autant à me répondre, répondit-il en souriant malicieusement. Tu caches des trucs louches toi….

─ N'importe quoi ! C'est mon ! Chaaat !

Il ouvrit sa bouche et écarquilla ses yeux de stupéfaction. Un silence pesant s'installa, sans que personne ne bouge le petit doigt. Mon téléphone se mit à sonner lorsqu'il s'apprêtait à prendre le parole pour dire je ne sais quoi, et dont je ne voulais pas savoir. Je remerciai mille fois la personne qui m'avait appelé à cet instant, et pris congé en montrant mon téléphone de mon doigt. Je sentais qu'il me regardait toujours avec cette air ahuri, jusqu'à que je franchisse le palier de sa porte. Soupirant désespérément, je décrochai.

─ Allo ?

Rukia… j'ai une mission pour toi…

─ Boss ?! Dis-je en m'exclamant avant de regarder de gauche à droite pour être sure que personne ne m'avait entendu. Qu'y a-t-il ?

Tu es actuellement chez le jeune rouquin n'est-ce pas ? Trouve l'œuf de Fabergé qu'ils possèdent et ramène le ici.

─ L'œuf de Fabergé ? Dis-je en commençant à marcher.

Exact. Ce sont de précieux œufs de collection, ornés de diamants et de pierres précieuses ou autres, que peu de personnes dans le monde possèdent. L'un de ses collaborateurs a affirmé qu'il se trouvait dans la salle de réunion.

─ Mais Boss… je ne sais pas si je…

Je te fais confiance, ne me déçoit pas, Rukia. Gin te guidera.

Puis il raccrocha. J'entrai de nouveau dans sa chambre d'un air complétement abattu. Ce n'est pas l'acte en lui-même qui me dérangeait, loin de là… Mais le périmètre de recherche dans lequel je devais trouver ce stupide œuf à la con ! Je m'asseyais sans aucune grace sur ma chaise, sous le regard curieux de l'autre.

─ C'était qui ?

─ Non mais je rêve ! Ce ne sont pas tes affaires ! M'écriai-je pendant qu'il me souriait de toutes ses dents.

─ N'oublie pas ce que je t'ai dit Rukia… Quand tu n'as rien à te reprocher, tu n'as pas besoin de t'énerver ou d'hésiter à répondre. Tu vends la mèche sans t'en rendre compte, affirma-t-il en se levant.

─ J-je n'ai rien à cacher… et puis tu vas où ?

─ Ca ne te regarde pas, répliqua-t-il en me toisant d'un air provocateur. Je plaisante, je vais chercher à manger, j'arrive.

Je restai abasourdie devant ce comportement, avant de prendre les devants pour effectuer ma mission. J'avais peu de temps… mais je pouvais le faire avant qu'il ne revienne…

Je fouillai dans mon sac en sortant de la chambre, pour m'équiper d'une oreillette que chacun des Espada possédait. Appuyant sur un petit bouton qui permettait d'appeler notre « QG », la voix mystique du valet de Boss raisonna.

C'est pourquoi ?

─ Gin arrête tes sottises. Je suis dans le premier étage du manoir, et je longe actuellement le couloir de celui-ci. Que dois-je faire ? Demandai-je en chuchotant.

Notre petite Rukia est au taquet aujourd'hui !

─ GIN !

Arrivée au bout, tu montes l'escalier jusqu'à arriver au troisième étage.

Je me mis à courir dans les marches le plus rapidement possible.

D'après le collaborateur, tu es dans la bonne partie du manoir si un portrait d'une jeune femme aux cheveux ondulés est visible.

Je cherchai du regard et vis effectivement l'édit portrait, placé au-dessus d'une petite table en bois avec un pot de rose entreposé.

─ Affirmatif.

Bien, tourne à gauche et la salle de réunion s'avère être la troisième porte à ta gauche. Mais attention… il ignore si le garde qui était présent à sa visite était là par précaution vis-à-vis du , ou s'il est en permanence sur ce palier, dit-il nonchalamment.

─ AHAA ?! C'est maintenant que tu me dis ça ?!

Va chercher l'œuf.

Je soufflai d'un air exaspéré et me mis à marcher dans la grande allée en moquette bordeaux. Mes pas étant étouffés, j'accélérai quelque peu car ça faisait déjà quatre minutes que j'avais quitté la chambre de l'hôte. Dépassant la première, puis la deuxième porte, je pris une grande inspiration avant de m'enfoncer dans un petit couloir qui menait vers la troisième. Mon cœur battant à pleine puissance, je pris mon courage à deux mains et serrai la poignée de la porte. Mon vœu fut exaucé lorsque je sentis le déclic de celle-ci, assurant qu'elle n'était pas fermée à clé. M'introduisant à l'intérieur, je remarquai que la pièce était sombre étant donné que les rideaux tirés empêchaient la lumière du jour de pénétrer la salle. Une gigantesque table de réunion faisant surement trois mètres de long, ainsi que ses nombreuses chaises la cernant, meublaient la pièce. J'allumai ma lampe torche et regardai furtivement où pouvait se trouver ce stupide œuf.

Le collaborateur a dit qu'il était « fièrement » posé à la vue de tous. Presque du « narcissisme » a-t-il dit.

─ J'ai beau chercher, je ne le vois p….

Puis je vis au loin, posée sur un buffet en marbre, une forme ovale tenue par des espèces de pieds brillants. M'approchant peu à peu, cette forme ovale s'avère être ma convoitise. L'œuf était en porcelaine d'un blanc similaire à la neige, de petites fleurs et d'arabesques finement dessinés avec détail et finesse étaient visibles sur l'ensemble de celui-ci. De l'or et toutes sortes de pierres précieuses l'ornaient, comme si celles-ci s'étaient toutes spécialement réunies pour l'étinceler de sa beauté. Il était tout simplement… sublime. Le prenant délicatement entre mes mains, je le fourrai dans mon sac et entamai ma sortie pour quitter au plus vite possible cette pièce.

─ Qui est là ?

Mon cœur bondit dans ma cage thoracique. La porte, je ne l'avais pas refermé derrière moi à cause du peu de luminosité que je disposais. Je n'avais aucun alibi, et le fait que l'œuf ne soit plus à sa place vu qu'il était dans mon sac, me vaudrait le statut de voleuse : donc adieu Ichigo, bye bye mes 550 millions de yens.

─ Botchan ?

Me cachant derrière la porte, j'attendis que l'individu pénètre dans la salle. De dos, je remarquai que c'était un homme assez costaud qui ne me ferait surement pas de cadeau.

Tu l'as trouvé ou pas ? Me dit Gin dans l'oreillette.

Le garde se retourna soudainement vers moi à cause du son brouillé qu'avait émis mon oreillette.

─ Qui est là ?! S'écria-t-il en s'approchant d'avantage pour mieux m'apercevoir à cause de la noirceur de la pièce.

Ce fut plus fort que moi : je l'administrai un coup magistral dans ses bijoux de famille. Il émit un cri étouffé et se mit à genoux sous le poids de la douleur. C'était un coup bas certes, mais je savais qu'il allait se relever assez rapidement pour me faire regretter mon acte. Cela avait juste servit de subterfuge pour avoir le temps de chercher l'éther dans mon sac. Imbibant avec précipitation un mouchoir blanc, je le fis inhaler la substance jusqu'à que sa tête tourne, et qu'il perde lourdement connaissance. Je m'appuyai sur le coin de la table complètement sous le choc, et essayai de reprendre un rythme cardiaque stable avant de repartir.

Ru-ki-a alors !

─ Ferme la Gin ! M'exclamai-je avant d'éteindre l'oreillette pour le jeter dans mon sac.

Descendant rapidement les marches, j'atterris au premier étage où la porte du rouquin était entrouverte. Je poussai délicatement celle-ci et nous nous fixâmes pendant quelques secondes. Il mangeait silencieusement une sorte de brioche fourrée au caramel et au chocolat, pas loin d'un plateau où était visible ses semblables et deux tasses de thé chaudes. Je m'approchai d'un pas lent vers ma chaise et n'émis aucun commentaire, pendant qu'il continuait de me fixer. Agacée depuis une bonne minute, je me retournai vivement vers lui.

─ Qu'est-ce que t'as à me regarder comme ça ?!

─ T'étais où ? Demanda-t-il en haussant les sourcils.

─ Je me suis perdue… je voulais aller aux toilettes, dis-je tout en sirotant mon thé.

─ Avec ton sac ?

Je faillis m'étouffer avec mon propre thé, que je déposai calmement avant de le toiser malaisément.

─ Ai-je besoin de te dire ce que contenait mon sac pour que je doive aller aux toilettes avec ?!

─ Non, non… c'est bon… dit-il en rougissant légèrement visiblement gêné.

Nous dégustâmes notre gouté dans le silence complet, avant de reprendre là où nous nous étions arrêtés.

19h43

Akasaka Juutakuchi

Quartier Sud-Est de Karakura

Je jubilai ! Je jubilai comme si on venait de m'offrir un ! Un ! Rien ne pouvait être comparé à cette joie jouissive ! Ma mission… je l'avais bouclée en quatre jours seulement ! C'était un succès inespéré en si peu de temps ! Mes précieux 550 millions de yens… à moi.

─ Tu ne veux pas manger avec nous Rukia ? Questionna la gouvernante d'un air triste.

─ Non, non… merci mais je ne veux pas plus déranger. T'es sure que ça ne te dérange pas de me raccompagner chez moi, toi ? Demandai-je innocemment.

─ Nanao-san me frapperait si je te laissais rentrer seule, répondit-il en enfilant ses Converses.

─ Hum, dis-je simplement en souriant de toutes mes dents.

Mon plan était simple : le faire croire que j'habitais dans la zone industrielle puis le ramener chez Boss, simple et efficace. Il se releva et m'invita poliment à sortir la première comme à l'accoutumé. Je fis un brève signe de main aux domestique et à sa gouvernante, et marchai sur le chemin fait de gravier. Me retournant furtivement, je remarquai qu'il coupait le gazon par un chemin dallé.

─ Hey ! Tu vas où comme ça ? Le métro c'est par là !

─ Quel métro ? Questionna-t-il d'un air beaucoup trop hautain pour moi. On va en voiture !

Courant pour le rejoindre, je vis que sur le côté du manoir se trouvait une sorte de Jeep noire, parfaitement lustré.

─ T'as le permis ? Dis-je avec surprise.

─ Regarde bien…

Et là à cet instant précis… je tombai de haut. Je m'étais emballée trop vite, comme ça m'arrivait souvent. L'un au côté passager et l'autre au volant, le blond et le brun tatoué étaient en pleine discussion. Si j'avais ces deux-là sur mon dos, je ne risquais pas de faire grand-chose… Abattue, voilà le sentiment qui s'abattit tel la foudre sur mon être. Le roux m'ouvrit la portière pour que je puisse entrer, avant qu'il ne me rejoigne peu après.

─ Yo Rukia ! Dit Shuhei le sourire aux lèvres tout en démarrant.

─ Comment vas-tu Kuchiki-san ?

─ Très bien, dis-je vaguement.

─ Oh qu'est ce qui se passe ? Tu es triste de devoir quitter ta future demeure ? Demanda le brun en me faisant un clin d'œil.

Je roulai mes yeux d'un air exaspéré, et fixai le paysage qui défilait devant moi, tête posée sur le creux de ma main. D'un coup, je sentis un tapotement sur mon bras qui me fit sortir de mes songes. C'était mon argent ambulant.

─ Hum Rukia… bon bah comme on n'a pas fini, il faudra que tu reviennes à la maison.

─ Pourquoi tout le temps chez toi ?

─ Tu veux que je vienne chez toi ? Me demanda-t-il en haussant les sourcils.

─ Non.

─ Bah pourquoi tu parles alors…

─ La ferme… tourne à droite Shuhei.

Celui-ci s'exécuta et s'arrêta à quelques mètres de mon bâtiment.

─ Ton quartier est vraiment pas mal Kuchiki-san ! Affirma Kira en contemplant les maisons.

─ Merci ! Bon bah les gars je vous quitte ! Merci encore Shuhei, à la prochaine Kira ! Dis-je en sortant de la voiture.

─ Et moi je compte pour du beurre ? Questionna-t-il en fronçant les sourcils.

─ Ta manière de raccompagner les gens est si énigmatique, que s'en est presque de l'insolence, déclarai-je avant de claquer la porte de la voiture.

J'étais encore trop remontée pour ne pas laisser ma colère fulminer. Enfoiré ! Quand on raccompagne une fille, on ne ramène pas sa bande de pote avec ! Enfin ce n'était pas sa « bande de pote » mais comme même ! J'accélérai le pas sous les klaxons d'admiration de Shuhei, avant de me mettre à monter les nombreuses marches jusqu'à mon étage. Je cherchai avec délicatesse mes clés pour ne pas abimer la merveille qui était dans mon sac et ouvris la porte.

Une odeur familière s'empara de mon nez lorsque je mis un pied dans mon entrée. Comme prise d'adrénaline, je me déchaussai à grande vitesse et me précipitai dans le salon personne. J'allai alors dans la chambre d'ami où je ne vis aucune présence humaine, mais bien la trace du passage de la personne dont j'étais heureuse, excitée, et pressée de revoir. Je m'approchai de sa valise YSL, et vit une feuille blanche soigneusement entreposée. Je la dépliai et la lu à haute voix :

« Rukia, je n'ai pas pu te contacter avant ma venue ici n'ayant pas été sûre d'obtenir ce vol. Je suis donc actuellement à Tokyo pour les affaires et pour une durée encore indéterminée. Je suis sorti, mais je t'invite ce soir à notre restaurant habituel à 21h. Ne soit pas en retard.

PS : Je t'éclairerai sur cette deuxième valise… »

Deuxième valise ? Je dirigeais mon regard vers cette édite valise qui était effectivement juste à côté de moi. Elle était faite en peau de crocodile, très classe mais surtout très… très fémi… féminine ? Ma bouche s'ouvrit de stupeur en imaginant LE scénario inimaginable. Nii-san ? Avec… quelqu'un ? Ca me paraissait tellement être un rêve vraisemblablement impossible, que de puissants spasmes m'envahir. Il fallait que je me prépare le plus vite possible pour voir cette femme, et surtout ne pas être en retard !

20h54

Restaurant « Kokutei Roseo »

Boulevard Mizu-Mizu de Karakura

Habillée d'une simple robe noire ceinturée d'un nœud rouge à la taille, j'accélérai le pas avec mes talons haut de la même couleur pour ne pas arriver en retard. Non mais je rêvais éveillée ! Nii-san avait rencontré quelqu'un et… il allait me la présenter. Je ne savais pas si je devais être heureuse de son initiative, ou déçue que nos premières retrouvailles se passent avec une inconnue. Franchissant la porte en vitre, le placeur posa ses yeux sur ma silhouette avant d'émettre un hoquet de surprise.

─ Oh mais c'est Rukia !

─ Iba-san ! Comment vous portez vous ? Demandais-je en m'inclinant légèrement.

─ Très bien ! Très bien ! Dis, j'ai vu ton frère avec une nana, chuchota-t-il en cachant sa bouche derrière ses doigts.

─ Ouais… c'est sa petite amie je crois…

─ Je pensais que c'était sa collègue ! Ton frère est si froid et distingué à la fois… je n'aurais jamais pensé qu'il retomberait un jour dans cette cour là…

─ Arrêtez vos sottises ! Et c'est vrai que c'est peut-être simplement sa collègue de travail… je n'y ai pas pensé à vrai dire…il m'a juste laissé un message à la maison disant qu'il est rentré, et que je n'avais pas à m'inquiéter pour la « deuxième valise », dis-je en posant un doigt sur le creux de mes lèvres.

─ « Maison », « inquiété », « deuxième valise » ? Huuum… je ne pense pas qu'une collègue dormirait dans la maison de son collaborateur, mais plutôt dans un hôtel non ? Il n'y a qu'une façon de savoir cela de toute façon, affirma-t-il en pointant une table au fond du restaurant. Revient me voir au milieu du diner…

Je gloussai légèrement avant de me diriger d'un pas lent vers ma table. Mon cœur battait de plus en plus vite, et j'ignorai pourquoi. Le stress de revoir mon frère après tant de mois d'absence ? Non, je m'étais habituée à ces lapses de temps. Le fait de voir pour la première fois sa prétendante ? Peut-être… je ne sais pas pourquoi, mais je ne le sentais pas…

Arrivée à moins de deux mètres, mes soupçons se confirmèrent lorsque je vis mon frère afficher un léger sourire sur les lèvres, sa paume posée sur le dessus de la main d'une jeune femme. Je ne voyais pas le visage de celle-ci, ses cheveux foncés lui cachant son profil. Je m'approchai donc d'avantage jusqu'à attirer l'attention de mon frère. Je m'inclinai poliment, avant qu'il ne me fasse un signe de tête tout en retirant sa main pour la poser près de son assiette. Je souris à cette action, et me retournai vers celle qui lui tenait compagnie.

Je faillis faire un infarctus.

Elle aussi écarquilla ses yeux et ouvrit légèrement la bouche de stupeur en me voyant. Je comprenais pourquoi j'avais un mauvais pressentiment depuis tout à l'heure… ces yeux perçants, fondant comme le miel ou le jaune du soleil couchant étaient inoubliables… surtout s'ils dataient de deux jours…

* Nik'hinoiri n'a pas été choisi au hasard pour pseudo ! C'est un mélange de « Neko » qui signifie chat, et de « hinoiri » qui signifie « couché de soleil », ou « soleil couchant ».

Note II : Voili voilouh ! J'espère que ce chapitre vous aura bien éclairé sur ce que les membres de l'organisation sont capables de faire. Une pointe de suspense, car je pense que vous avez bien compris THE problème improbable qui se pose à notre petite Rukia ! En espérant vous voir à la case review, bien à vous mes chers lecteurs o/