Salut la population !

Ceci risque d'être très bref, je suis complètement décalquée, et je viens de finir cet OS. J'y ai vu des choses horrible digne... Du salon des horreurs des fautes d'orthographes. Alors questions grammaire et compagnie, j'vous garantie rien. Mais bon, le gros est éliminé, le reste également, croisons les doigts trèèèèès très fort. Elle part en live un peu cette présentation... J'vais m'arrêter.

Très bien, et donc, sur ceux, je vous souhaite une agréable lecture !


Instant

Ce jour-là il avait pleuré. Beaucoup. Sans doute trop. Toutes les larmes de son corps en fait. Plus ou moins.

Son esprit s'était mis en pause, avait dit stop, et avait refusé d'agir plus longtemps. Il n'avait plus ressenti à ce moment-là ce sentiment de vide constant au creux de son estomac. A quoi bon ? Son cœur était plus vide encore que ses tripes, à vrai dire. S'il était toujours en place, dans sa poitrine. Il n'aurait su le certifier. Après réflexion, et suite aux diverses réminiscences qu'il avait de ce jour horrible, il doutait. Son cœur avait explosé en mille morceaux lorsqu'il avait vu son frère s'effondrer sous ses yeux. En fait, il s'était senti défaillir. Il avait lâché prise, entièrement, corps et esprit, et la violence de ces journées de lutte s'était rappelée à lui. Alors il n'avait plus bougé, et laissé les larmes glisser sur ses joues, furieusement, comme un fleuve impétueux qui cherche à imposer sa loi. Il n'avait d'yeux que pour ce ciel ignoble qui dardait sur lui son bleu serein tandis que son frère se vidait de son sang, la poitrine éventrée par cet homme qui n'avait pas conscience de la portée de son geste. Il venait de lui enlever la seule personne qu'il aimait le plus au monde, la personne qui s'était battue pour lui. Qui lui avait sauvé la vie. Tant de fois.

Pour chaque vie que la grande faucheuse n'emmenait pas avec elle, une autre devait partir. Question d'équilibre, lui avait-on expliqué un jour. Il n'avait pas très bien compris à ce moment-là, trop jeune, pas suffisamment impliqué. Aujourd'hui pourtant, s'il pleurait, c'était bien parce qu'il s'en voulait. Il avait envie de s'arracher les cheveux, et ce cœur qui, semblait-il, refusait de battre dans sa poitrine, l'empêchant de respirer convenablement. Il ne sentait plus l'odeur de son frère, qui s'envolait déjà loin de lui. Loin. Par sa faute. Ace l'avait sauvé. Mais quelqu'un devait mourir. Seulement… Le prix à payer était trop lourd. Lui aussi voulait partir, quitter ce monde, et renaître aux côtés de ses deux frères. Ça lui paraissait être un prix convenablement. Pas compliqué, facile à réaliser. Avec le nombre de blessures qu'il avait, ça devait pouvoir se faire, non ? Alors pourquoi la Mort ne comprenait-elle pas son message silencieux. Ses larmes n'étaient-elles pas assez nombreuses, pas assez bruyantes ? Il était persuadé qu'elles résonnaient jusqu'à Fushia, même au travers du vacarme de la guerre. Et c'était affreux, comme bruit. La vieille Dadan devait pleurer, elle aussi. Son grand-père, aussi. Mais non, pourtant. La fin ne venait pas, et lui souffrait toujours plus.

Le feu autour de lui semblait avoir pris une teinte bien terne. A moins que ça ne soit les larmes qui obscurcissaient trop sa vue. Il n'aurait su dire. Mais pendant qu'il était avec Ace, il aurait presque pu parier que le feu chantait avec son frère, lorsque celui-ci faisait naître des flammes autour de son corps. Le brasier semblait prendre forme, et danser avec le brun, entrant dans un ronde harmonieuse que lui seul pouvait orchestrer à merveille. Son frère était si fort que même le feu se pliait à sa volonté. Alors pourquoi l'odeur de chaires calcinée s'imposaient-elles à lui, alors que le chaos alentour persistait ? Jamais il n'avait pu sentir cette odeur, lorsqu'il était avec lui. Habituellement, le feu avait cette senteur réconfortante qu'avaient les bois de cheminée, les froides nuits d'hiver. Une odeur qui donnait faim. Pourtant aujourd'hui, il avait envie de vomir. D'hurler. De mourir.

Peut-être qu'en fermant les yeux, la fin se rapprocherait-elle ?

Il l'espérait vraiment. A ce moment-là, c'était son souhait le plus cher. Lui aussi voulait pouvoir clore ses paupières. Faire une pause. Pour au moins oublier cet instant atroce, se réveiller de ce mauvais rêve dans lequel il était enfermé. Parce que c'était ça non ? Un cauchemar, qui ne prendrait fin qu'au moment où il ouvrirait enfin les yeux. Du moins, c'est ce qu'il espérait. Mais la douleur était bien là, trop présente pour n'être que chimère. Elle était en lui, dans chacun de ses muscles, sous sa peau, incrustée en lui comme un tatouage. De même pour les larmes, qui avait le goût de l'acide, et lui arrachaient la peau.

Mais en cet instant, bien que la souffrance soit présente, elle n'était rien. Il la ressentait plutôt comme un effet secondaire, un arrière-goût un peu trop prononcé, mais facile à ignorer. Son frère n'était plus là, et ça, ça ne s'oubliait pas. C'était abominable, une infamie, mais c'était réel. Et à ce moment-là, Luffy avait peur d'imaginer un monde dans lequel son frère n'était plus là. Il appréhendait cette solitude que ne connaissent que les survivants. Il n'aimait pas être seul. Il détestait être seul. Mais on venait pourtant de décider pour lui, et de lui administrer un phénoménal coup de pied au derrière vers cet avenir sordide. Un peu comme l'aurait fait Nami en fait…

Nami…

Et les autres alors ?

Etait-il vraiment seul, dans le fond ? Son équipage, ses amis étaient là, quelque part, dans ce même monde auquel Ace n'appartenait plus. Mais eux si. Et si ça avait son importance ? Ils s'étaient promis d'aller jusqu'au bout ensemble non ? Ils avaient promis de faire de lui le Seigneur des Pirates, quoi qu'il advienne, à la vie à la mort. En espérant très fort que la mort ne vienne jamais. Mais pour ça, il allait devoir devenir plus fort, avancer, faire fi de la douleur et de la peine, et se lancer tête la première dans ce monde qui l'effrayait maintenant. Pleurer un peu, parce qu'on n'oublie pas si facilement. Mais avancer, parce qu'il avait promis. Se donner à fond, réaliser son rêve, hurler au monde entier que rien ne l'arrêtera. Pleurer encore un peu, en se souvenant. Mais foncer, parce que quoi qu'il arrive, il ne baissera pas les bras. Son cœur aura beau lâcher, sa volonté tiendra, recollera les morceaux et le propulsera en avant.

Il l'a promis à Shanks, il deviendra le Seigneur des Pirates.


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