Chapitre 2

Point de vue : Elena

J'entendis un klaxon. Je me redressai droite comme un i. Bonnie. Je me recouchai et soupirai. J'avais complètement oublié notre rendez vous. A vrai dire, je n'avais plus tellement envie de sortir tout conte fait. Le vampire savait où j'habitais et l'idée qu'il se pointe devant moi quand je sortirais de la maison me fit froid dans le dos. Nouveau coup de klaxon. Elle n'allait pas lâcher l'affaire. Je pris mon sac à main et descendis les marches avec réticence.

- C'est Bonnie dehors ? Demanda ma grand-mère qui préparait le repas.

- Oui, j'ai oublié de te prévenir, répondis-je avec un petit sourire. Je passe la journée avec elle. On se retrouve ce soir. Promis je m'occupe de toi.

Elle acquiesça, souriante et je fermai la porte derrière moi. Bonnie était avec Caroline dans sa voiture, leurs visages tournés vers moi. Je jetai un faible coup d'œil autour de moi pour me rassurer. Personne. Je soufflai un grand cou et descendis les marches du perron pour les rejoindre.

- Tu en as mis du temps ! Ria Caroline.

- Excusez-moi les filles.

- Bon allez une petite virée ! Shooping ? Proposa Bonnie.

- Quelle question ! S'exclama la blondinette en levant les mains. On va s'amuser comme des gamines !

Je souris. C'était peut être la dernière fois que je passerai une journée avec elles, une journée amusante sans doute. Elles arrivaient toujours à me faire rire. Leurs caractères étaient complètementdifférents mais tellement complémentaires. Bonnie était posée, censée et mature. Caroline, elle, avec son côté extravertie et borné nous faisait toujours autant sourire. La nostalgie me prit soudain alors que nous nous dirigions dans les petites boutiques du centre ville. La journée que je passais en leur compagnie allait surement clore ma vie. Serait-ce réellement la fin ? A quoi bon se battre ? Le vampire était puissant. Moi, qu'une simple humaine qui a été au mauvais endroit au mauvais moment. Même si l'idée de mourir me faisait vraiment peur, j'avais eu, en mon humble conscience, 10 ans pour me préparer à celle-ci. Tout ce que j'espérais c'est que ma mort serait rapide et sans douleur.

Il fallait que pour, surement, la dernière journée, je profite un maximum. C'était peut être ça l'avantage de savoir que nous allions mourir prochainement. On peut tout se permettre.

- On est arrivé ! S'exclama Caroline en descendant de la voiture sans nous attendre.

Je sortis de mes pensées et en fis de même après avoir pris mon sac. Mystic Falls était une petite ville tranquille et très chaleureuse. Je l'aimais plus que mon ancienne ville. Elle avait été pour moi, un second départ, une nouvelle chance. Mais ce serait ici que tout se terminerait.

- Sara qu'est-ce que tu as ? Tu viens ? Demanda Bonnie en me prenant par le bras.

Si son bras n'avait pas touché le mien, je n'aurais pas fait attention qu'elle s'adressait à moi.

- Oui, j'arrive.

Elle me scruta en haussant un sourcil. Je lui souris et rejoignis Caroline qui regardait déjà les vitrines en se frottant les mains.

- Je suis toute excitée !

- Caroline, tu vas faire les magasins tous les week-ends ça ne te suffit pas ? Rigolai-je.

- Une accro au fringue ne s'en lâche jamais !

Nous avions fait presque tous les magasins de la ville. En vérité, nous avions plus suivis Caroline qui couraient dans tous les sens que de prendre le temps de découvrir les nouvelles collections. Je n'avais pas réussis à acheter quelque chose, pensant constamment au mot du vampire. Bonnie avait remarqué que j'avais été ailleurs toute la journée. Elle m'avait demandé à plusieurs reprises ce qui n'allait pas. Bien évidemment, j'avais menti : « Le travail, ne t'inquiète pas ».

Il était 18 heures. Le soleil qui nous avait accompagné toute la journée avait maintenant presque disparu. Je rejoignais la voiture avec les filles, quand soudain je remarquais une présence. Un homme était posté contre une voiture, le regard tourné vers moi. Je me stoppai net.

- Sara que se passe-t-il ?

- Je...

L'homme me sourit et disparu aussitôt. J'ouvris la bouche, stupéfaite. C'était un vampire. J'en étais sur. Il avait disparu tellement vite que je me demandais maintenant si ce n'était pas mon imagination qui faisait des siennes. Peut être avais-je tout simplement rêvé... Mon stress de la journée devait probablement me faire voir des choses complètement grotesques.

- Sara ? Insista Bonnie en me touchant la main.

- J'avais ... J'avais cru voir quelqu'un.

- Sara... Qu'est-ce qui te fait peur ? Murmura Bonnie les yeux plongés dans le vide.

Je me tournai vers elle dans un sursaut. De quoi parlait-elle ? On aurait dit qu'elle était en transe.

- Qui est cet homme que tu fuis ? Continua-t-elle.

- Bonnie ! M'exclamai-je en enlevant ma main qu'elle tenait de plus en plus fort.

- Bon les filles vous venez ? Soupira Caroline collée contre la Mini grise.

Bonnie fronça les sourcils. Mon cœur battait à tout rompre. Comment savait-elle ? Je n'en avais jamais parlé. Je me précipitai dans la voiture. Je voulais à tout prix rentrer chez moi.

Bonnie n'avait pas adressé un mot pendant le trajet. Parfois, quand elle s'arrêtait à un feu rouge, elle se tournait vers moi, la mine grave. J'avais fuit son regard à chaque fois. Elle avait découvert quelque chose... Mais quoi et surtout comment ?

Nous avions posé Caroline avant de prendre la direction de ma maison. Bonnie se tourna soudain vers moi.

- Sara...

- Oui ?

- C'était qui cet homme ? Murmura-t-elle.

- Quel homme ? Répondis-je en tournant la tête vers la fenêtre.

J'eu un coup de chaud. Je serrai le poing.

- L'homme qui te fait peur ?

- Je ne vois pas de quoi tu parles, lançai-je un peu trop méchamment.

- Je... excuse moi... je dois avoir des hallucinations... marmonna-t-elle.

Je lui fis un sourire. Faux. Comment avait-elle deviné ? C'était impossible qu'elle le sache. Tout bonnement impossible.

Nous étions enfin arrivées devant chez moi. Je la saluai et la remerciai pour la journée. Dès que je fus sortie de la voiture, elle partit aussitôt, me laissant seule dehors.

Je regardai autour de moi, sur le qui vive. Il faisait maintenant nuit. Je distinguai seulement la faible lumière du salon. Grand-mère devait surement m'attendre. Je fis quelques pas avant de me tourner une dernière fois. Je sentais étrangement une présence. Peut être était-ce encore mon imagination. Le silence régnait. Je n'entendais que les battements de mon cœur qui se faisaient de plus en plus rapides. C'est là que je revis l'homme de tout à l'heure. Mon cœur manqua un battement. Il était callé contre un arbre. Le visage tourné vers moi. Je ne pris pas la peine de plus le regarder et partis en courant chez moi. J'allongeai mes foulés au maximum pour aller plus vite. Je coupai ma respiration. Pas le temps de respirer. Il fallait courir. J'enjambai pour la première fois les marches, en un saut, du perron et me ruai sur la porte. Par chance elle était ouverte. Je rentrai aussitôt et la fermai d'un coup sec en me collant contre. D'une manière ou d'une autre, je l'avais échappé belle. Je repris ma respiration. Je m'accrochai à la poignée de la porte, manquant de faire un malaise.

- C'est toi Elena ? S'exclama une voix provenant du salon.

- Oui... grand-mère... c'est moi, répondis-je essoufflée.

Je m'avançai à pas doux à la fenêtre. Regardant doucement derrière le rideau à l'extérieur, je croisai les doigts. Le rouquin avait disparu, laissant derrière lui de mauvais présages.


Voilà le chapitre 2 :) J'espère qu'il vous plaira :)