Oh mon Dieu je suis terriblement désolée du retard (en plus le texte est prêt depuis très longtemps, mais je n'ai même pas eu le temps de le poster, la rentrée, le déménagement, tout ça tout ça...) donc je m'excuse auprès de ceux qui suivent, et j'espère que vous apprécierez ce chapitre :) bonne lecture !
Lorsqu'elle ouvrit les yeux à l'infirmerie quelques minutes – ou peut-être étaient-ce des heures ? – plus tard, elle reconnut immédiatement Harry et Ron penchés sur elle. Elle mit un certain temps à retrouver ses esprits, mais une fois qu'elle fut en état de réfléchir, elle se trouva soulagée de remarquer que ses souvenirs étaient intacts. Il semblait que le sort de Malefoy n'avait pas fonctionné. Ce devait sûrement être la première fois qu'il le lançait. Ou alors, il avait été trop confus pour le lancer correctement. Il n'était pas facile à réaliser. Elle espérait cependant que cela n'avait pas altéré d'autres capacités. Elle se redressa légèrement pour soutenir les regards anxieux de Harry et Ron.
- Hermione !
- Ça va, tout va bien, dit-elle d'une voix faible.
- Je savais bien que ce n'était pas une bonne idée… marmonna Ron.
Après avoir été examinée une dernière fois par Mrs Pomfresh, elle eut le droit de sortir. Une fois dans la salle commune de Gryffondor, elle raconta tout à Harry et Ron. Tout ? Pas tout à fait. Il y eut une partie de l'histoire qu'elle ne narra pas à ses amis. Quelque chose auquel elle avait besoin de réfléchir. Quelque chose qu'elle voulait appréhender seule. Quelque chose qu'elle avait du mal à comprendre, mais qu'elle se représentait comme un bien précieux. Quelque chose qu'elle ne souhaitait pas partager tout de suite, comme elle en avait fait la promesse. L'amour de Malefoy.
Harry eut un sourire triomphant en apprenant que Malefoy était bel et bien un Mangemort. Mais Hermione leur fit promettre à tous les deux de ne rien tenter et de faire comme s'ils n'étaient au courant de rien tant qu'ils ne sauraient pas le fin mot de l'histoire.
- Mais Hermione, ça commence à devenir dangereux, argumenta Ron. On sait de quoi Malefoy est capable… Il vaudrait mieux le dénoncer maintenant à Dumbledore.
- Non. Il faut d'abord qu'on découvre toute la vérité et que… et que…
Son regard se fit vague tout d'un coup. Harry et Ron se regardèrent, légèrement inquiets, se demandant si le sortilège d'Amnésie n'était pas en train de faire effet à retardement.
- Euh, Hermione, tout va bien ? demanda Ron en agitant une main devant les yeux de la jeune fille.
- Oh mon Dieu… murmura-t-elle.
Elle ferma les yeux pour mieux réfléchir.
- Mais c'est évident. Tellement évident. Pourquoi n'ai-je pas compris tout de suite ?
Elle réfléchissait encore à toute allure, cherchant confirmation dans ses souvenirs. Cette voix monocorde, ces yeux brouillés, ses réponses sincères à ses questions, le fait qu'il semblait ne pas pouvoir retenir ses mots… Elle entendit la voix traînante de Malefoy résonner dans son esprit : « Parce que c'est la vérité et parce que ça te regarde ».
- Hermione, tu voudrais bien nous expliquer ?
- Du Véritaserum, lâcha-t-elle.
- Quoi ?
- Malefoy est sous l'emprise de Véritaserum !
Et elle leur expliqua sa théorie. Médusés, les deux garçons durent reconnaître qu'elle était plus que plausible.
- Mais pourquoi ? s'interrogea Ron. Enfin je veux dire, qui ? Qui d'autre que nous voudrait savoir ce que Malefoy manigance ?
- Rogue… répondit Harry. Rappelez-vous les questions qu'il lui posait à la soirée de Noël ! Je suis sûr que c'est Rogue ! Il ne pouvait rien savoir avec la legilimencie car Malefoy savait protéger ses pensées grâce à l'occlumancie.
- Attends une minute Harry. Je ne crois pas que ça puisse être lui… Quel serait son but ? Il faut que j'aille faire des recherches sur le Véritaserum. Il faut qu'on sache si c'est vraiment cela. Harry, peux-tu me redire exactement ce que Rogue a dit à Malefoy à propos des autres pensées qu'il avait réussi à voir dans son esprit ? ajouta-t-elle brutalement.
- Euh, oui. Il a dit qu'il y avait d'autres pensées confuses que Malefoy avait du mal à maîtriser, et il avait l'air perplexe et troublé. Malefoy lui a demandé de quoi il parlait en paraissant très peu sûr de lui et apeuré, et Rogue a répondu qu'il savait très bien de quoi il parlait.
Hermione rosit quand elle comprit. Rogue savait. Rogue avait vu dans les pensées de Malefoy. Elle était persuadée que c'était de cela qu'il s'agissait : Rogue avait saisi le trouble de Malefoy au sujet d'Hermione, ainsi que ses sentiments confus à son égard.
- Mais tout cela ne tenait pas la route.
- Tu nous caches quelque chose, Hermione ? J'ai l'impression qu'il y a des choses que tu sais et que tu ne nous dis pas…, dit Harry, suspicieux.
- Non, non ! Je vous ai tout dit, se défendit-elle en tentant de se contrôler pour ne pas rougir davantage.
Elle ne savait toujours pas pourquoi elle n'avait pas enchaîné les questions sur la mission de Malefoy au lieu de poser cette stupide question. Si Harry et Ron savaient, ils lui en voudraient… Elle détestait avoir manqué une occasion pareille et avoir perdu du temps.
- Mais tout ça ne tient pas la route ! s'exclama Ron. Malefoy a commencé à agir de manière étrange bien avant la soirée de Slughorn, et puis même, comment Rogue pourrait-il faire pour administrer du Véritaserum à Malefoy sans qu'il ne s'en aperçoive ?
La question resta sans réponse. Il semblait qu'il leur restait encore beaucoup de choses à découvrir.
- Peu importe, lança finalement Hermione. Pour l'instant, profitons-en et essayons de comprendre quel est le plan de Malefoy. Il faut l'empêcher de réaliser ce qu'il tente d'accomplir.
Le soir même, allongée dans son lit à baldaquins, Hermione ne parvenait pas à trouver le sommeil. Elle regardait fixement le plafond en songeant à Malefoy. Elle ne savait plus quoi en penser. Toute cette histoire de mission, de plan, de Mangemort l'effrayait. Comment un garçon aussi jeune pouvait-il être utile à Voldemort ? Elle laissa ses pensées s'égarer, ne pouvant s'empêcher de divaguer au sujet des autres révélations du jeune homme. Comment se pouvait-il qu'il soit amoureux d'elle ? Le terme la rebutait autant qu'il l'attirait. Elle réfléchit et se dit que le mot n'était pas le bon. Malefoy n'était pas amoureux d'elle, il ne fallait tout de même pas exagérer. Par ailleurs, il n'avait pas prononcé ce mot. Il avait dit « tu me plais ». Mais l'attirance de Malefoy pour elle était un mystère bien plus profond encore que celui de sa mission secrète. Sans cette histoire de Véritaserum, elle n'aurait jamais su. Jamais Malefoy ne lui aurait avoué cela, elle en était certaine. Et elle ne pouvait s'empêcher d'y penser, même si cela l'agaçait car ça la détournait du reste. Un mystère ne résistait jamais bien longtemps à Hermione Granger quand la réponse était logique et raisonnable. Malheureusement, il n'y avait rien de logique ni de raisonnable dans les sentiments de Malefoy à son égard.
Alors qu'elle sombrait dans le sommeil, un souvenir, flou et pourtant si vivace, se présenta à son esprit et la fit sursauter. La tête blonde de Malefoy penchée sur elle. Ses yeux gris où brillait une lueur étrange. Sa voix, si basse qu'elle peinait à l'entendre. « Je suis désolé, Granger… Je ne pouvais pas faire autrement ». Un effleurement de ses longs doigts fins sur son bras, aussi léger qu'une plume.
Elle frissonna. C'était donc Malefoy qui l'avait emmenée à l'infirmerie. Ce souvenir pouvait-il correspondre à la réalité ? Le Serpentard semblait avoir été doux avec elle. Malefoy avait-il changé à ce point, ou bien avait-il toujours été ainsi sans que personne ne le sache ? Elle ne l'avait jamais considéré autrement que comme un sale petit fils à papa prétentieux et arrogant, né uniquement pour mépriser les autres et leur pourrir la vie. Evidemment, c'est ce qu'il a toujours été, mais elle n'avait jamais songé que cela pouvait cacher autre chose et que Malefoy était en réalité beaucoup plus complexe. De plus, il avait grandi, donc il avait forcément changé. Un peu. Beaucoup ? Perdue dans ses pensées, elle ne sentit pas le sommeil l'envelopper.
Harry, Ron et Hermione tentèrent de coincer Malefoy dans les jours qui suivirent, mais en vain. Le jeune homme semblait avoir développé un don pour disparaitre dès que les Gryffondors étaient dans le coin. De plus, le problème était qu'il n'était pas tout le temps soumis au Veritaserum et qu'ils ne savaient pas quand cela se produisait. Le mois d'avril se passa ainsi, et Malefoy semblait avoir disparu de la circulation. Harry avait tenté de pénétrer dans la Salle sur Demande, là où le Serpentard semblait passer le plus clair de son temps, mais en vain.
Un matin, au début du mois de mai, avant le cours de Potions que Serpentards et Gryffondors avaient en commun, ils aperçurent Malefoy sur la carte du Maraudeur, qui se trouvait dans les toilettes. Ils s'y précipitèrent et tombèrent sur le jeune homme, cramponné au lavabo. Il tremblait et semblait avoir pleuré. Il était en chemise, son pull gisant à ses pieds.
- C'est le moment, regardez, il n'est pas dans son état normal ! chuchota Hermione.
- C'était la première fois que Harry et Ron en étaient témoins. Hermione s'approcha de Drago, l'attrapa par le bras – prenant bien garde de ne pas saisir le gauche, celui qui portait la Marque – et le tira vers eux. Il ne broncha pas.
- Il faut faire vite. Quand la potion aura cessé ses effets, il ne va pas être content…
- Mais Hermione, dit Ron, il va savoir que son sortilège d'Amnésie n'a pas fonctionné.
- Peu importe, répondit-elle en haussant les épaules. Ne t'inquiète pas, je sais me défendre !
- Bon, alors à nous, Malefoy, déclara Harry.
- J'ai bien envie de lui demander ce qu'il pense d'Hermione, histoire qu'on rigole un peu, murmura Ron pour que Malefoy ne l'entende pas.
- Non, non, non ! couina Hermione. On n'est pas là pour ça, je vous rappelle !
- Hermione a raison, dit Harry. Malefoy, pourquoi as-tu besoin de philtre de paix ?
- Pour calmer mes crises d'angoisse.
- Et pourquoi as-tu des crises d'angoisse ? poursuivit Ron.
- Parce que mon plan ne se déroule pas comme prévu, et que je ne peux demander d'aide à personne.
- C'est bien Voldemort qui t'a confié cette mission ?
Un léger silence. Malefoy frissonna en entendant le nom de Vous-Savez-Qui.
- O…oui.
- Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il peut bien vouloir d'un élève même pas diplômé ? s'étonna Ron. Il a assez de Mangemorts comme ça.
- Il a besoin de moi à Poudlard. Il m'a choisi. Il veut que ce soit moi pour que… pour que je puisse redorer le blason de ma famille, pour que je lave les erreurs de mon père…
Hermione poussa un petit cri, horrifiée. Voldemort était vraiment un être abject. Il se servait de Malefoy, de ses convictions et de ses valeurs - inculquées par ses parents, de son manque d'objectivité et surtout de la peur pour obtenir ce qu'il voulait. Malefoy était certes un Mangemort, mais il semblait à Hermione qu'il n'avait guère eu son mot à dire dans tout cela.
Ils allaient enchaîner avec leurs questions lorsqu'un hurlement de rire éclata derrière eux. Les trois Gryffondors se retournèrent brusquement, tandis que Malefoy continuait de regarder devant lui d'un air absent.
- Potty et ses potes avec le blondinet de Serpentard ! On aura tout vu !
- Peeves ! s'écria Ron.
L'esprit frappeur ricana, puis ses lèvres formèrent un o et il mit une main sur sa bouche en pouffant. Harry se retourna juste à temps pour voir Malefoy crier confundo en pointant sa baguette dans sa direction, les traits déformés par la rage. Harry poussa Ron et l'esquiva juste à temps. Hermione dégaina sa baguette aussitôt, tandis que Peeves assistait à la scène avec délectation.
- Endol… commença Malefoy, hors de lui, sa baguette tournée vers Harry qui était toujours au sol.
- Non, Malefoy ! s'écria Hermione.
Il se tourna vers elle d'un bond, comme s'il la remarquait seulement.
- Granger ! Tu es… tu…
- Ton sortilège n'a pas fonctionné, Malefoy, avança-t-elle prudemment sans baisser sa baguette. Je me souviens de tout.
- Non ! hurla-t-il.
Elle se rapprochait lentement de lui tandis que Ron et Harry étaient de nouveau sur pieds. Ils encerclèrent Malefoy, qui, pris au piège, recula contre le mur, blême. Harry ne l'avait jamais vu aussi en colère.
- Ne m'oblige pas à recommencer… Impedimenta ! lança-t-il, mais Hermione contra le sort. Endol…
- Non, Drago, ne fais pas ça !
Elle avait utilisé son prénom consciemment, pour la première fois. Il fut étonné de l'entendre dans sa bouche, et la seconde qu'il mit à s'en remettre suffit à Hermione pour le désarmer. Harry repensa alors à une formule qu'il avait vue dans le manuel du Prince de Sang-Mêlé. « Contre les ennemis ». C'était le moment ou jamais. Il fallait mettre Malefoy hors d'état de nuire.
- Sectumsempra !
Du sang jaillit alors du torse et du visage de Malefoy, qui vacilla avant de tomber lourdement à la renverse. Hermione poussa un cri strident, tandis que Harry devenait blanc et que Ron ouvrait de grands yeux horrifiés. Ils se précipitèrent vers le blessé. Le sang continuait de couler à flots sous lui, s'échappant des énormes entailles qui tailladaient sa poitrine et barraient son visage. La panique les gagna.
- Harry, lâcha Hermione d'une voix blanche en réprimant un haut-le-cœur, c'est de la magie noire… Je ne sais pas soigner ça, il faut aller chercher de l'aide…
- Vas-y, Hermione ! On reste avec lui, déclara Ron sans quitter le corps sanguinolent de Malefoy des yeux, choqué.
Elle se releva d'un bond et sortit des toilettes en courant, complètement affolée. Qui aller chercher ? Elle songea au professeur McGonagall, ou à Dumbledore. Mais finalement, sur un coup de tête, elle se décida et descendit tout droit aux cachots, tremblante d'effroi. Elle tambourina à la porte d'un bureau jusqu'à ce que la personne vienne lui ouvrir.
- Miss Granger ? fit Rogue, visiblement surpris. Que me vaut cet honneur ?
- Je… C'est… C'est Malefoy, professeur, articula-t-elle, essoufflée.
Rogue se raidit.
- Qu'avez-vous fait à Mr Malefoy ?
- Rien… Je… Il faut que vous veniez, tout de suite ! Il… il est blessé !
Rogue n'insista pas et la suivit jusqu'aux toilettes où Malefoy était toujours étendu, baignant dans son sang et si blanc qu'il paraissait déjà mort. Rogue se précipita, poussa Harry et Ron et s'agenouilla à côté de son élève, dégainant sa baguette et commençant à murmurer une incantation qui ressemblait à une chanson. Tous trois se tenant en retrait, Harry, Ron et Hermione suivaient la scène. Hermione se rongeait les ongles, très nerveuse.
- Pourquoi es-tu allée chercher Rogue ? interrogea Harry.
- Je ne sais pas, j'ai eu l'intuition que c'était la meilleure chose à faire.
Rogue se releva et se tourna vers eux, l'expression indéchiffrable.
- Potter… Retenue avec moi, samedi, annonça-t-il d'une voix froide. Ainsi que samedi prochain, et le samedi d'après, et tous les samedis suivants jusqu'à la fin de l'année. Weasley et vous, allez en cours immédiatement ! Nous aurons une petite discussion plus tard. Il faut déjà que je m'occupe de Drago. Quant à vous, Miss Granger, vous allez venir avec moi.
Harry et Ron se regardèrent, inquiets, mais obéirent en faisant un petit signe de la tête à Hermione pour l'encourager. Ils n'avaient pas l'air remis du choc, mais sortirent sans demander leur reste. Hermione, restée avec Rogue, sentit la terreur l'envahir. Le professeur se pencha sur le jeune Serpentard, invitant Hermione à faire de même.
- Est-ce que c'est grave, Professeur ? osa Hermione d'une toute petite voix.
- Evidemment, lâcha-t-il. Quelques minutes de plus et c'en était fini. Je suis arrivé juste à temps.
Hermione étouffa un petit cri. D'une main tremblante, elle effleura le visage ensanglanté de Malefoy.
- Mais quel est ce sort ? C'est de la magie noire, n'est-ce pas ? Je ne le connais pas.
- Vous posez trop de questions. Et vous ne connaissez pas tout, Miss Granger, tâchez de vous en souvenir. Prenez sa main.
- Pardon ?
- Prenez sa main, répéta Rogue d'un ton impatient en continuant d'agiter sa baguette au-dessus du corps de son élève.
Elle obéit, mal à l'aise, et glissa ses doigts dans la main glacée du jeune homme. Elle le sentit tressaillir à son contact, mais il semblait trop faible pour réagir outre mesure. Elle ne l'avait jamais touché avant. Jamais en presque six ans. Sauf la fois où elle l'avait frappé.
- Drago ? appela Rogue. Est-ce que vous m'entendez ? Serrez la main de Miss Granger si c'est le cas.
Hermione retînt son souffle. Quelques secondes plus tard, elle sentit une pression si légère sur ses doigts qu'elle aurait tout aussi bien pu l'avoir rêvée. Elle hocha la tête en direction de Rogue.
- Bien, poursuivit celui-ci. Ça va aller, d'accord ? Souffrez-vous toujours ?
Nouvelle pression, toujours aussi faible. Hermione sentit son cœur se serrer. Elle ne tenait vraiment pas à assister à la mort de Malefoy. Rogue continuait de marmonner en passant sa baguette sur le visage et le torse du jeune homme. Les blessures commençaient à se refermer.
- Et maintenant ? La douleur est-elle moins forte ?
Une pression plus ferme sur sa main. Elle le regarda. Il avait ouvert les yeux, mais il ne pouvait visiblement toujours pas parler.
- Pensez-vous pouvoir tenir debout avec notre aide ?
Cette fois, il serra la main d'Hermione si fort qu'elle comprit qu'il y avait mis toute son énergie pour lui faire saisir sa détresse, sa souffrance et sa colère. Mais elle resta stoïque.
- Aidez-moi à transporter Drago à l'infirmerie, Miss Granger.
Joignant le geste à la parole, il souleva Malefoy avec précaution pour le mettre debout. Celui-ci laissa échapper un gémissement de douleur et chancela. Hermione se précipita de l'autre côté pour passer un bras autour de sa taille, tâchant de ne pas toucher ses blessures et l'aidant à se stabiliser. Il fit la moue et tenta de la repousser, s'appuyant sur Rogue, mais il était trop faible.
- Ne faites pas l'enfant. Prenez appui sur elle.
Avec une mauvaise foi évidente, il posa finalement son bras sur les épaules d'Hermione avec difficulté. Ils avancèrent tous trois lentement dans les couloirs. Seule la respiration haletante et difficile de Malefoy troublait le silence. Ils n'avaient pas pu le transporter grâce à la magie car il était trop gravement blessé pour cela. Alors, pas à pas, ils avançaient, et, pas après pas, Hermione essayait de retenir les larmes qui embuaient ses yeux, sentant le poids de la culpabilité sur ses épaules. Ou peut-être n'était-ce que le bras de Malefoy, qui s'appuyait maintenant de toutes ses forces sur elle. Ils arrivèrent à l'infirmerie au moment où le jeune homme, épuisé, tomba inconscient. Hermione le sentit glisser contre elle. Rogue réagit immédiatement, et avec l'aide de Mrs Pomfresh, ils le hissèrent sur un lit. Tandis qu'il expliquait ce qu'il s'était passé, Hermione observait Drago. Ses cheveux en bataille lui tombaient sur les yeux, qui, eux, étaient fermés. Ses traits étaient plus détendus qu'ils ne l'avaient jamais été. Il paraissait serein, allongé ainsi, sans forces, vulnérable, le visage et le torse ravagés par les plaies encore à demi ouvertes. Elle ne l'avait jamais vu dans un tel état. Elle ne l'avait d'ailleurs jamais observé ainsi et d'aussi près. Les seuls moments où il n'avait pas ce masque d'ironie et de sarcasme qu'il affichait tout le temps en sa présence étaient ceux où il était soumis au Veritaserum, et elle se prit à rêver que c'était à cela que ressemblait le vrai Drago Malefoy. Et elle devait bien avouer que cette idée lui plaisait.
Elle fut tirée de ses pensées par Rogue.
- Miss Granger, il faut que quelqu'un reste à ses côtés au moins jusqu'à ce qu'il se réveille pour lui administrer des potions anti-douleur et pour s'assurer qu'il continue à respirer correctement. Cela ne devrait pas prendre plus de deux jours, grand maximum. Vous allez rester ici et aider Mrs Pomfresh. Je préviendrai vos professeurs.
Elle voulut protester, mais songea qu'elle n'en avait pas le droit. Après tout, tout était de sa faute. Si c'était là sa punition, elle l'acceptait.
- J'ajouterai, Miss Granger, que ce n'est pas ainsi qu'il faut vous y prendre. Saisissez la prochaine occasion, vous n'en aurez peut-être pas d'autre.
Il avait dit ça d'une voix à la fois grave et doucereuse, en la regardant droit dans les yeux. Elle fronça les sourcils, ne comprenant pas ce à quoi il faisait allusion. Mais il ne s'expliqua pas et se dirigea vers la porte, avant de s'arrêter, se retournant légèrement.
- Ah, et j'oubliais, dit-il en dévoilant un sourire carnassier. 30 points de moins pour Gryffondor. Chacun.
Et il sortit sans voir qu'elle s'étranglait de fureur.
Voilà voilà, n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé ! Certains avaient deviné... mais est-ce vraiment la vérité ? La suite au prochain épisode !
Sinon, merci à Varou pour sa review, ça fait très plaisir :)
