Jason n'avait pas vraiment prévu de trouver quelqu'un pour mettre de la couleur dans sa vie. Surtout pas un quelqu'un brittanique, un quelqu'un rencontré pendant la guerre et un quelqu'un masculin.

Il avait toujours été nourri aux images stéréotypes du "une femme, des enfants, une maison, un travail" et d'après de nombreuses personnes, c'était la plus belle chose qu'on puisse demander.

Alors pourquoi pas ? Il était la définition de la perfection selon Hitler, blond aux yeux bleus, musclé, grand. Il pouvait tout aussi bien se chercher une femme aussi blonde, aux yeux aussi bleus, aussi grande que lui et ils auraient ensemble des enfants parfaits. Ils deviendraient un de ces couples parfaits que prônaient le Reich et à ce prix, on pouvait même lui épargner la guerre, n'est ce pas ?

Alors pourquoi ?

Pourquoi etait-il dans ce vieil appartement avec un jeune homme dont il ne connaissait pas grand chose ? Pourquoi lui avait-il fait l'amour toute la nuit ? Pourquoi venait-il de lui faire le petit déjeuner ? Pourquoi ne l'avait-il pas mis dehors au moment même où il avait sorti son carnet ?

Il ne savait pas. Il n'en savait rien et je voulait pas savoir.

"Tu réfléchis beaucoup trop. Tu n'es pas en Allemagne ici. Souffle un coup ! Tu veux une cigarette peut être ?"

Et Percy lui tendait la cigarette en question, sa troisième depuis le début de la journée. Elle était à peine entamée mais Jason l'avait vu la porter la porter à ses lèvres, et ça avait été assez pour raviver son désir pour le brun.

Il décida de laisser tomber ses questions pour le moment où il devrait remettre son uniforme et attrapa la cigarette si généreusement offerte en se levant.

La coinçant entre ses lèvres, il enleva des mains du brun la tasse de thé puis le journal qu'il lisait sans se laisser impressionner par le haussement de sourcil curieux du jeune homme.

Il monta doucement sur les genoux de l'anglais et tira longuement sur la cigarette avant de fondre sur ses lèvres.

C'était un baiser désordonné et presque aussi malsain que leur relation alors qu'ils partageaient la fumée de la cigarette en s'embrassant.

Les mains de Percy trouverent leur place sur les hanches du blond un court instant alors que son amant posaient les siennes de chaque côté de son visage pour approfondir le baiser. Quand l'air vint à manquer, Percy dériva vers le cou du soldat allemand et se mit à le lui embrasser, lécher, laisser des traces avec un sourire mauvais lorsqu'il entendit Jason lui gémir de ne pas laisser de traces visibles. Il allait se gêner, tiens.

Son début d'érection frottait de temps à autre contre les fesses du blond mais ni l'un ni l'autre ne voulait céder. C'était comme un jeu, un jeu terriblement excitant et dont tous deux savaient le dénouement. Et il se confirma lorsque Percy, parsèment de baiser le cou de l'allemand, s'attarda plus longtemps sur un endroit et fit gémir longuement Jason. Tous les deux savaient que l'anglais venait de gagner cette bataille et qu'il allait pouvoir disposer du corps du vaincu comme il l'entendait.

"Plus jamais sur le canapé."

C'était tout ce que Jason avait trouvé à dire alors qu'ils récupéraient de leur orgasme.

Ils étaient tous les deux au sol, nus et heureux. Du moins, c'est ce que Jason aurait aimé être. Il n'était pas heureux mais préoccupé. Le foutu carnet occupait ses pensées et Percy le savait. C'était pour cela qu'il ne cherchait plus à créer de contact visuel, ou à ne serait-ce que de toucher l'autre homme.

"Nous sommes des étranges l'un pour l'autre.

- Je ne sais rien de toi, et tu ne sais rien de moi.

- Tu voudrais en savoir plus ? A quoi ça te servirait ? À mieux me baiser ?

- Mein Gott, Percy !

- Quoi donc ? Je suis direct. Ou tu aimerais que ça soit plus que du sexe ?

- ... Ça te dérangerait ?"

Et ni l'un ni l'autre n'osa adresser la parole à l'autre de la journée. Jusqu'à ce que vers les coups de 17 heures, Percy se mette à lui raconter, les yeux fermés, toujours aussi nu sur le sol parce qu'ils n'avaient pas bougé depuis, sa vie avant tout ça.

Sa mère, morte trop tôt et le seul soleil de sa vie. Son beau-père, trop violent avec elle et parfois même avec lui. Son père, inconnu au bataillon, parti bien avant sa naissance. Et lui, un pauvre enfant ayant grandi trop vite, perdu, endurci par les épreuves de la vie et grande gueule au possible pour oublier tout ça.

Jason avait été là tout le long, à l'écouter en silence. Puis ça avait été son tour et ils avaient fini par se serrer dans les bras pour le restant de la nuit.