Le nouveau chapitre ! Tard, je le concède, mais on est toujours mercredi p

J'espère qu'il vous plaira et que vous sentirez exactement ce que j'ai voulu y faire passer... Vraiment merci pour toutes vos reviews, toutes vos alrtes et tous vos favoris o

Et bonne lecture

Mourir d'Envies

Mort

Le temps s'arrêta.

C'était si bon, si doux. Le parfum d'un onctueux chocolat chaud, la douceur entêtante du miel, la saveur du caramel, et la chaleur du soleil. Délicieux.

Draco Malfoy était délicieux.

Ce fut juste un contact. Une plume osant frôler la perfection.

Et lorsqu'Harry rouvrit les yeux, il trouva son compagnon plus magnifique que jamais.

Il y eut un instant de flottement. Ses yeux dévoraient le visage de son autre, cette peau si blanche, ces yeux si magnifiques. Cet être si parfait.

Et il est mon compagnon.

Un sourire, une fierté inégalable. Je suis la Vélane de Draco Malfoy. C'était si bon de penser ça.

Le Draco Malfoy en question cligna des yeux et cela ramena Harry sur Terre.

Il lui sourit tendrement en pressant ses mains autour de la sienne. Il aimait tenir la main de son compagnon. Hum, à vrai dire je crois que je l'aime tout court Un soupir heureux franchit ses lèvres.

L'instant fut brisé par ledit compagnon.

« Potter ?

Il fronça les sourcils. Pourquoi ne l'appelait-il plus Harry ?

« Qu'est-c'que t'as foutu ?

Harry écarquilla les yeux.

« Quoi ?

- Tu m'as embrassé putain !

- Mais…

Une vague de tristesse l'envahit. Il lâcha la main du blond.

« Je… je suis désolé, je…

Il avait mal fait ? Draco ne voulait pas ? Quel Gryffindor stupide ! Draco avait raison, il ferait mieux de réfléchir ! Ce n'était pas parce qu'il s'était montré gentil et courtois envers lui que ça signifiait qu'il était prêt à être son compagnon.

Paniqué, l'étudiant se leva et s'éloigna de plusieurs pas.

« Je suis désolé. J'en ai eu envie, et je croyais que… que toi aussi, alors… Désol-

- Je m'excuse.

Quoi ?

Il osa relever les yeux pour regarder Draco se relever en prenant appui sur le mur.

« On oublie. Je m'excuse et on oublie.

Non ! Tout son être criait non, son cœur et son esprit l'assourdissant à l'unisson. Il ne voulait pas oublier, lui ! Il voulait conserver ce souvenir et la chérir comme le souvenir de son merveilleux premier baiser avec la personne qu'il aimerait toute sa vie. Non !

« Euh, oui… Oui, si tu veux…

Si ça te fait plaisir, Draco…

« Bien. Bonne nuit Potter.

Harry eut à peine le temps de cligner des yeux. Draco avait disparut.

Une vague de douleur le fit chanceler et il dut s'appuyer contre le mur. Le froid de la pierre sur sa joue ne lui apparut même pas.

Son compagnon l'avait rejeté.

OoOoO

Harry se réveilla en hurlant. Il mit un moment à reconnaître… la pierre nue du couloir, et l'armure ensorcelée dans laquelle il avait du buter la veille.

Le couloir…

Il essuya d'un geste rageur les larmes coulant sur ses joues.

Draco.

Draco, son compagnon.

Il mordit son poing pour ne pas crier son nom. Tout son être semblait l'appeler. Draco, Draco, Draco, Draco. Encore, toujours. Ça faisait mal, plus mal qu'un Doloris. Plus mal que tout ce qu'il avait déjà vécu. S'arracher une jambe aurait été moins douloureux.

Son compagnon l'avait rejeté.

Et ce n'était pas un rêve.

Il pouvait encore sentir la tendresse et la saveur des lèvres du blond, la douceur dans ses gestes. La chaleur dans sa voix. Il sentait encore son parfum de soleil, de sable et de terre. L'arôme du bonheur. Le parfum de Draco.

Ç'avait été si facile de se trouver à l'embrasser. Naturel. Comme s'il était né pour ceci, bien plus que pour tuer l'autre psychopathe. Harry était certain d'être né pour embrasser Draco Malfoy.

Mais Draco l'avait rejeté.

OoOoO

Harry dormit peu cette nuit-là mais beaucoup le jour suivant. Il se réveilla ankylosé et s'étira un maximum. Il passa rapidement aux cuisines pour prendre une part de gâteau à la mélasse et un verre de jus de citrouille. Il but la boisson d'un trait et grignota la moitié de la viennoiserie avant de se rendre en cours, ne regardant rien ni personne à par ses pieds. Il se mit au fond de la salle pendant toute la journée. Tentant de suivre ce que disait leur enseignant mais finissant inéluctablement par s'endormir sur son parchemin. Ne pensant qu'à Draco et à toute sa personne intoxiquante. Il ne pouvait s'en défaire. C'était douloureux. Et épuisant. Il suivait les autres élèves au radar. Oubliant de manger le midi, omettant de passer au casier pour changer de fournitures.

Snape le colla lorsqu'il remarqua qu'Harry mettait les ingrédients dans son chaudron au petit bonheur la chance. Deux heures, deux nuits après. Et 50 points en moins. Le brun ne réagit même pas. Il pensa juste qu'il devait sembler pitoyable aux yeux de Draco.

Draco. Encore et toujours. Il en avait marre.

Et ça ne faisait qu'un jour.

Il ne tiendrait pas l'année. Voldemort pouvait venir, il ne ferait rien pour se défendre. A quoi bon ? La seule personne qu'il aimerait jamais ne voulait pas de lui.

Le soir venu, il se réfugia dans le même couloir avec sa cape d'invisibilité et son sac de cours. Métamorphosant ce dernier en oreiller qu'il fixa sur le mur, il s'enroula tout entier dans la cape pour passer la nuit. Loin de tout, et invisible.

OoOoO

Le lendemain matin, les premiers rayons du soleil surprirent un jeune homme en pleurs. La tête enfouie dans ses bras croisés sur ses genoux, Harry sanglotait éperdument, sans pouvoir s'arrêter. Il avait si mal…

Il avait rêvé de Draco toute la nuit. Rêvé à la douceur de ses lèvres, à la beauté de son regard, à la chaleur dans sa voix et à son parfum enivrant. Il s'était cru aimé et désiré, il avait cru que quelqu'un l'aimait sincèrement. Son esprit torturé l'avait réveillé, et la réalité s'était cruellement imposée à lui.

Draco ne l'aimait pas. Et il ne l'aimerait sûrement jamais.

Il aurait dû se taire, ne rien dire et ne rien faire. Il n'aurait alors pas su que Draco était l'être qui lui était destiné, et il n'en serait pas rendu à pleurer pitoyablement avant d'aller en cours. Cours dont il partageait la moitié avec les Serpentards. Comment allait-il pouvoir être près de son compagnon et travailler normalement ? Comment allait-il faire pour ne pas l'approcher, pour éviter de le dévorer du regard, de lui dire à quel point il l'ensorcelait ?

Le Destin devait être bien cruel pour oser s'amuser ainsi avec un adolescent de 17 ans, songea-t-il amèrement. Je ne vois vraiment pas comment je vais tenir. Je ne pourrais pas supporter de le voir, rien que son souvenir m'obsède. … Je vais mourir.

Quelque part, il ne savait pas si ça le dérangerait beaucoup.

OoOoO

Plusieurs jours passèrent ainsi. Il dormait dans le même couloir avec sa cape, s'isolait au maximum en se réfugiant dans la volière ou sur les toits, allait en cours et tentait de suivre comme il le pouvait. Et son esprit lui rappelait sans cesse Draco Malfoy.

Les jours s'étirèrent jusqu'à devenir des semaines. Et on finit par le remarquer. Les professeurs s'inquiétèrent de son indifférence quant à son suivi des cours -lorsqu'il venait- de ses cernes immenses et noirâtres et de ses yeux constamment rougis par les pleurs.

Puis les élèves l'aperçurent également. Harry traversait les couloirs, les classes et les foules comme dans un brouillard. L'air hagard, fatigué et indifférent à tout. Il semblait épuisé, autant physiquement que mentalement.

Le sauveur du monde sorcier n'était plus qu'une loque humaine.

On lui demanda d'aller à l'infirmerie mais il oublia. Il n'alla pas à la retenue donnée par Snape car elle s'évapora de son esprit dès qu'il franchit le pas de la salle de classe -il était bien trop occupé à penser à tout ce qui faisait que Draco était parfait. Dumbledore le convoqua mais il l'oublia lorsque Draco accorda un infime sourire à son ami Noir.

Il dormait toujours dans le couloir froid et inconfortable, enroulé dans sa cape et ses souvenirs. Il était de plus en plus fatigué car il mangeait peu -il ne se rappelait plus à quand remontait son dernier repas correct.

Et puis un jour, il dormit plus longtemps. Il ne se réveilla que le soir. Et il était encore plus fatigué, alors il décida de se rendormir.

Harry Potter mourrait.

OoOoO

« Potter ! Réveillez-vous !

Harry grogna contre cette voix qui l'empêchait de dormir. Il était si fatigué, ne pouvait-on donc pas le laisser se reposer ?!

« POTTER !!

Que quelque fasse taire cette voix ! Il voulait dormir, lui, il voulait… Il ne voulait que Draco…

« Ici. Je… je suis là, Harry.

Quelque chose remua au fond de son esprit. Cette autre voix. Quelque chose lui disait que c'était important. Cette voix était importante. Quelque chose le savait, mais Harry était trop fatigué pour s'en occuper. Oh oui, si fatigué…

« Potter, ouvrez les yeux, ordonna la voix dérangeante.

Quelque chose l'encouragea à suivre cette voix. Quelque chose voulait écouter cette voix, car il y avait une chose importante avec elle. Ennuyé, Harry essaya vaguement de se réveiller. Ou d'ouvrir les yeux, il ne savait pas trop.

Et puis soudain, un choc sur sa joue le fit crier et sursauter. Deux pupilles d'un noir d'obsidienne le fixaient intensément. Il se concentra dessus. Il ne réalisa même pas qu'il avait ouvert les yeux. La voix reparla.

« Potter, restez avec nous !

- Hn…

Son corps était engourdi, lourd. Il ne pouvait pas bouger, même tourner la tête était difficile, voire impossible. Ses yeux papillonnèrent rapidement, il avait du mal à les garder ouvert. Il avait froid…

« On le perd, POTTER !!

Le hurlement rauque le fit sursauter et cligner des yeux.

« Quoi ? grogna-t-il avec hargne en luttant pour ne pas fermer les yeux.

Il n'était sûr d'y arriver. Sa gorge le brûlait.

« Gardez les yeux ouverts, regardez-nous !

- Fatigué, souffla seulement le brun.

Sa vue se flouait progressivement. Il ne distinguait déjà plus qu'une masse sombre qui lui parlait sèchement.

« On sait, Potter, mais vous ne devez pas dormir. Sinon vous ne vous réveillerez jamais.

- J'ai froid… murmura-t-il.

Chaque cellule de son corps lui faisait mal, le tiraillait douloureusement. Il aurait mieux fait de continuer à dormir, au moins il ne sentait pas toute les cellules de son corps exploser en même temps et sans s'arrêter. Il grogna lorsque quelque chose de chaud se pressa contre lui. On le manipula, mais son corps était un tel bloc de marbre qu'il s'en rendit à peine compte. Il voulait dormir. Longtemps. Très longtemps.

Il gémit plaintivement quand une chose brûlante le toucha.

« Non… mal…

- Il ne me reconnaît pas ! fit la seconde voix avec inquiétude.

- Il est à peine conscient, Draco, tu voulais quoi, qu'il t'écrive un essai de quatre pouces sur les joies des couloirs ? répliqua la première d'un ton acerbe. Draco. Quelque chose lui indiqua que c'était important, ce nom. Autant que cette voix. La voix de Draco. Draco. Draco était important. Pourquoi ?

« Draco…

- Je suis là Harry, murmura la seconde voix -celle de Draco, je suis là. Je vais rester avec toi.

- Serre-le contre toi pour le réchauffer, parle-lui. Fais ce que tu veux mais garde-le. Pomfresh va arriver.

La chose brûlante se pressa contre lui et il gémit. Ça faisait mal ! Tout son corps le tirait, ses doigt le brûlaient, la tête lui tournait.

« Non… Ça fait mal…

Il essaya de bouger pour s'éloigner, mais son effort le rendit malade. Il commença à haleter. Sa poitrine lui faisait mal. Il avait l'impression qu'on lui compressait les poumons.

Quelque chose se posa doucement sur sa tête, passant et repassant dans ses cheveux.

« Shhht, calme-toi Harry, reste avec moi. Je ne te ferais pas de mal. Respire fort, et calmement. Respire Harry, respire s'il te plaît.

Respirer… Il savait le faire, ça. Obéissant à ce Draco si important, il inspira profondément, puis souffla tout autant.

« Voilà, continue Harry. C'est parfait. Continue.

Harry sentit cette même chose glisser vers sa nuque et l'inciter gentiment à incliner doucement la tête vers l'avant. Son front toucha quelque chose de brûlant, et il imagina que c'était la même chose que celle qui le compressait entre sa chaleur douloureuse et le mur froid. Ça continuait de le brûler, mais quelque chose derrière, dans son dos, l'obligeait à rester contre cette horrible source de chaleur.

Alors il se concentra sur sa respiration, inspirant, expirant. Ça paraissait progressivement plus facile. Mais il avait de plus en plus mal, partout. Surtout dans sa poitrine, en haut à gauche. Là, c'était pire que tout. Sans qu'il comprenne pourquoi, ses yeux se remplirent de larmes. Il avait tellement mal…

« Respire Harry… Respire j't'en prie… Respire, respire, respire…

Harry se sentait pressé, touché, massé. Des… mains ? couraient sur son dos, sur son corps, sur sa peau. Ça le brûlait, puis la brûlure se transformait en douceur réconfortante. C'était étrange.

« Harry, dis-moi ce que tu sens ? Dis-moi ce que tu sens quand tu respire.

Le caramel, pensa immédiatement le brun.

« Le caramel…

- Oh Merlin… Le caramel Harry, tu t'en souviens ? Essaies s'il te plaît, souviens-toi du caramel… Le caramel…

Le caramel… Ce mot sans cesse murmuré par ce Draco semblait trouver écho en lui. Loin au fond de lui, ça tremblait à chaque fois que Draco disait 'caramel'…

« Le… le caramel et… et le miel…

- Et le soleil Harry, demanda aussitôt Draco, tu te souviens du soleil ?

- Le soleil ?

- Le… la chaleur du soleil, et le miel… la douceur du miel, Harry, c'est ça ?

- Oui… je sais pas pourquoi mais… oui… Pourquoi ?

- Parce que Harry, c'est pas grave. Respire. Respire mon amour, respire…

Alors Harry respira l'odeur du caramel et la douceur du miel, et sentit la chaleur du soleil passer sur sa peau.

OoOoO

« Draco ? fit soudain la première voix.

La confortable bulle de silence qui s'était installée depuis un doux moment explosa. Harry grogna.

« C'est moi. C'est à cause de moi.

- C'est toi.

- Oui.

- Tu es sûr ?

- A ton avis !

- Draco, murmura Harry, crie pas… ça fait mal…

- Pardon mon amour, continue de respirer, d'accord ?

Harry acquiesça et continua à respirer profondément dans le petit creux de chaleur dans lequel il était plongé. Ça ne le brûlait plus à présent, il avait un peu plus chaud et le contact de cette chose toute chaude ne lui faisait plus mal. Il sentait sortir peu à peu d'une torpeur dans laquelle il n'avait pas eu conscience d'être tombé. Sa curiosité revenait. Draco avait dit que c'était lui. Il voulait savoir ce qu'était Draco. Alors il le demanda.

Une fois encore, il sentit qu'il connaissait la réponse. Que c'était cette réponse qui faisait que Draco était si important et qu'il sentait le caramel, le miel et le soleil tout à la fois, en plus de quelque chose d'autre -quelque chose comme la pluie et l'orange. Il le sentait, il le savait. Mais il ne se rappelait plus.

« C'est à toi de me le dire, Harry. Je suis quoi ?

- Je sais pas. Tu… sens le miel.

- Oui Harry, je sens le miel, et le caramel aussi non ? S'il te plaît, continue de respirer… Tu as encore froid ?

- Oui. Un peu.

Aussitôt, les mouvements sur son corps de firent plus rapides, frottant sa peau et transmettant un regain de chaleur à ses veines.

« Putain Sev' elle fait quoi Pomfresh ?!

- On ne peut pas transplaner à Poudlard.

- Et bien qu'ils installent un ascenseur, merde !

Harry écouta la belle voix de Draco. L'étudiant ne parlait pas à l'autre homme comme il s'adressait à lui. Harry avait la sensation d'être privilégié, parce que Draco était beaucoup plus gentil avec lui qu'avec cette troisième personne aux yeux noirs. La voix de Draco était si belle que Draco lui-même devait être magnifique. Il voulait savoir si Draco était beau. Il voulait le voir.

Il lutta contre ses yeux collés et les ouvrit. Sa vision était confuse, il discernait juste quelque chose de pâle. C'était ça qui sentait le miel, le caramel, le soleil, l'orange et la pluie. Sa vue se stabilisa. Harry comprit que c'était un cou, et une épaule. Il était dans le cou de Draco. Le garçon sentait incroyablement bon ! Il redressa doucement la tête. Il allait mieux, ça ne tournait plus. Enfin, presque plus, pensa-t-il en grimaçant. Il leva un peu les yeux, et sa bouche s'arrondit en un O surpris.

Draco était magnifique. Il ne pouvait pas penser d'autre mot. Draco était magnifique.

Il se noya rapidement dans les prunelles inquiètes du garçon.

« Draco.

Le blond lui sourit tout doucement, et ce sourire planta dans le cœur d'Harry une petite graine irradiante de chaleur.

Une des mains de Draco se dégagea du dos du brun pour aller effleurer sa pommette. Le bout de ses doigts parut brûlant à Harry. Il inclina doucement la tête pour placer se joue dans la paume de l'étudiant. Sans lâcher son regard. Il avait l'impression de pouvoir lire une multitude de choses dans ce regard argenté, mais il savait aussi qu'il n'en avait pas le droit. Il sut que Draco ne voulait pas, et qu'il lui avait déjà fait comprendre.

« Tu es superbe.

Draco roula des yeux, mais Harry put voir le rose qui colora les joues si pâles du garçon. Il le trouva adorable et en sourit. Puis Draco se baissa vers lui, et accola leurs fronts. Quelque part, leurs mains se trouvèrent.

« Tu as froid ?

C'était juste un murmure, presque une simple pensée.

« Non, répondit pareillement Harry. Tu es chaud.

- Tu m'as fait peur.

- Pardon.

Il ne savait pas ce qui le poussait à s'excuser, mais il sentait qu'il ne devait surtout inquiéter ou blesser ce superbe blond au regard incroyable.

« Tu ne sais même pas tu t'excuse, n'est-ce pas ?

- En fait non. Mais je sais que… que je ne dois pas te blesser. Ou t'inquiéter. Ou… ou quoi que ce soit.

Draco frotta doucement leurs nez.

« Ça va aller Harry, d'accord ? On va s'occuper de toi. Ne t'inquiète pas. On ne te laissera plus jamais comme ça.

La voix chaude et basse du sorcier s'enroulait autour du cœur d'Harry comme une écharpe de laine et soie, chaleureuse et réconfortante. Il ferma les yeux de contentement lorsque les mains chaudes et plaisantes du blond caressèrent ses joues pour venir noyer leurs pouces dans les cheveux couvrant ses tempes.

« Je ferais attention à toi à partir de maintenant, murmura Draco avec une sorte de détermination farouche. Je te protègerai. Tu veux bien ?

- Oui.

Harry ouvrit les yeux. Draco était si près, et si beau. Il lui avait promis de faire attention à lui, de le protéger. Il lui avait promis.

Quelque chose sembla s'ouvrir au fond de lui. Et puis soudainement, tout revint.

Il écarquilla les yeux.

Draco.

Son Draco. Son compagnon.

Oh, Merlin !

Ses mains tremblantes montèrent lentement vers le visage du blond. Ses doigts effleurèrent sa bouche charnue. Il se souvenait de leur saveur, de leur douceur. Du bonheur qu'il avait ressenti en les caressant avec les siennes. De la sensation d'accomplissement que cela lui avait procuré.

« Je t'ai embrassé, murmura-t-il. Je t'ai embrassé parce que…

Il releva les yeux pour les planter dans les douces prunelles d'argent liquide.

« … parce que tu es mon compagnon.

Draco ne répondit rien, mais ses yeux qu'il ferma lentement et sa gorge qu'il tendit lorsque les doigts d'Harry glissèrent dessus furent comme un assentiment.

« Et tu m'as repoussé, continua Harry.

- Ça n'arrivera plus, répondit rapidement Draco. Je ne le ferais plus jamais.

- Tu m'as repoussé, insista Harry.

Il ne voulait pas que Draco se force.

« Pardon, murmura le Serpentard.

Harry se figea. Draco n'avait pas à s'excuser. Il n'avait rien fait. Rien de répréhensible en tous cas.

« Je ne savais pas Harry, je te promets, continua le blond.

- Tu ne savais pas quoi ? demanda tout doucement le brun.

Ses doigts se promenaient délicatement sur la pomme d'Adam joliment dessiné de son aimé.

« Que… que tu le voulais.

- Je t'ai dit que j'en avais eu envie, murmura doucement Harry.

- Et on sait tous les deux combien tu es réactif aux envies profondes des autres.

- Mais t-

Harry tilta.

« Quoi ?

Il fut sûr d'avoir bien compris lorsqu'il vit Draco rougir délicieusement. Il fit remonter ses doigts tremblants sur la joue délicate du blond. Il n'osait y croire. Ça paraissait tellement impossible…

« Draco, tu… vraiment ? insista-t-il, incrédule.

- Oui.

- Tu m'-

- M. Potter !!

Harry tourna la tête. Mme Pomfresh arrivait, essoufflée d'avoir couru. Draco enfouit sa tête dans son cou.

« Oui, murmura-t-il d'une voix tendre.

Il se rapprocha de lui, remontant sa tête pour câliner sa joue contre la tempe du Gryffindor.

« Depuis si longtemps Harry, soupira-t-il, et si fort…

Un frisson glacé gela la colonne vertébrale du Vélane et le fit frissonner. Il ferma les yeux et savoura les câlins de son compagnon.

« Mais al-

- J'ai eu peur. Je suis désolé. J'ai cru que… que tu ne réagissais qu'à mon désir personnel.

- M. Malfoy, éloignez-vous !

- Oh Merlin Draco, pourquoi ne l'as-tu pas dit avant ? demanda Harry en plaquant ses mains sur la tête de Draco pour l'empêcher de s'éloigner.

- M. Malfoy !! Eloignez-vous de M. Potter !!

- Tu m'aurais cru ?

Harry se renfrogna.

« Tu as été si doux avec moi, comment aurais-je pu ne pas le croire ?

- Tu es Vélane, Harry. Je ne pouvais pas croire… être la personne faite pour toi. Ça paraissait tellement improbable. Mais ça faisait si mal. Je voulais être avec toi une d-

Mme Pomfresh poussa davantage Draco contre le mur pour pouvoir accéder à Harry. Le garçon fut coupé et s'affala contre la pierre avec hébétude.

« M. Malfoy ! Laissez-moi le soigner ou je vous interdis de venir le voir à l'infirmerie !

Draco s'écarta relâcha promptement son emprise sur le corps du petit brun. Harry lui sourit doucement et vint chercher sa main pour l'emmêler à la sienne. Mme Pomfresh jeta toute une panoplie de sorts sur Harry. Des séries de chiffres de différentes couleurs apparurent, bougèrent tout autour d'Harry puis s'évanouirent. L'infirmière fronça les sourcils et sortit toute une armée de petits flacons.

« Buvez tout ça. Dans cet ordre-ci, précisa-t-elle en alignant soigneusement les petites fioles.

Harry but docilement ses potions de soin, grimaçant au goût infect de la plupart d'entre elles. La neuvième eut un goût de jus de citrouille, ce qui le surprit.

« C'est un simple jus de citrouille. J'ai cru comprendre que vous rechigniez à avaler nos potions pour cause d'« haleine puante » et d'« arrière goût à en faire vomir un troll ».

- Ce ne serait pas Fred et Georg qui vous auraient dit ça ? demanda innocemment Harry avec un petit sourire.

Draco ricana.

« Ça ne m'étonne pas d'eux.

- Parce que toi tu apprécies de boire des jus parfums 'citrouille en décomposition depuis six mois', peut-être ?

- Moi, d'abord, je ne vais pas à l'infirmerie, répliqua le Serpentard avec une mauvaise foi à toute épreuve.

Harry lui tira la langue avec toute la maturité dont il pouvait être capable.

« M. Potter, buvez votre potion de sommeil, ordonna sèchement Mme Pomfresh.

- Potion de sommeil ? Mais je viens de me réveiller !

- Ce n'était pas ce sommeil qu'il vous fallait. Votre corps est épuisé par les privations. Vous n'avez pas mangé depuis je ne sais combien de temps, et à peine bu. Vous avez de la chance d'être résistant, M. Potter. Sinon vous auriez laissé votre compagnon bien seul.

La bonne humeur retomba de suite.

« Harry, bois ta potion, fit doucement Draco.

- Viens avec moi, demanda Harry en le regardant droit dans les yeux.
- Je n'-

- Tu es aussi fatigué que moi, coupa le brun. Tu as des cernes, les yeux rouges et les traits tirés. Viens avec moi, répéta-t-il. S'il te plaît. Ne me laisse pas.

- Venez, M. Malfoy. Vous avez aussi besoin de soins.

- Tu vois, sourit Harry.

- Très bien.

Draco eut un léger sourire et se baissa pour attirer la tête d'Harry contre la sienne et accoler leurs fronts.

« Je ne te laisse plus.

- Tu ne me laisse plus, confirma Harry.

Il frotta doucement son nez contre celui de Draco, et ferma volontiers les yeux lorsque Draco couvrit ses lèvres avec les siennes. La sensation d'être à sa place l'envahit et il s'abandonna aussitôt, ronronnant doucement de bonheur et offrant sans difficulté sa bouche au blond.

Le goût des lèvres de Draco le séduit une fois encore. Le miel se fit ambroisie, le caramel se liquéfia pour enrober son cœur de douceur.

Il lui semblait que Draco le clamait comme sien, qu'il marquait tout son être au fer rouge, et Harry sut que plus jamais il n'embrasserait quelqu'un d'autre.

Ses lèvres d'hydromel pressaient doucement les siennes en diverses pressions qui ravissaient Harry. Draco donnait les meilleurs baisers de toute l'Europe, décida Harry.

« Hum hum, messieurs Malfoy et Potter, je vous prie d'arrêter ce genre de… scènes.

Malfoy se détacha avec lenteur et plaça sa main dans la nuque d'Harry.

« Il faudra vous y faire, Professeur, répliqua-t-il malicieusement à l'égard de Snape.

Du coin de l'œil, il vit Harry sourire doucement. Le jeune homme rayonnait de bonheur. Il se tourna de nouveau vers lui, et prit la fiole de potion de pour la lui donner.

« Prends-la.

Harry obéit docilement et vida le flacon d'un trait.

« Bien, maintenant, en route pour l'infirmerie. Ce jeune homme a besoin d'un vrai lit.

Draco aida Harry à se lever et sourit lorsque celui-ci se plaqua sans vergogne contre lui.

« C'est indigne d'un Gryffindor de profiter d'une telle situation, tu sais ? murmura-t-il à son oreille avant de placer un petit coup de dents sur ce petit lobe qui semblait tant le tenter.

- Mais pas du tout, répondit Harry avec un frissonnement. J'ai besoin d'aide pour marcher, voilà tout.

- Petit diable.

Harry rit joyeusement et l'incita à avancer en direction de l'infirmerie.

OoOoO

Un cocon de chaleur l'enveloppait. Il se trouvait enfoui dans une matière douce et chaude jusqu'au front, le nez plongé dans un repli de la matière. Il soupira et savoura la sensation de calme tout autour de lui. Il se sentait bien. Il se tourna sur le dos avec un soupire de contentement, bâillant sans restriction et se frottant un œil distraitement.

« Harry…

- 'co…

- Je suis ici, répondit une voix près de sa tête.

Il sourit en l'entendant. La voix de son compagnon était magnifique. Comme toute sa personne, en fait. Je vais m'unir à l'homme le plus parfait du monde…

« Cha va ? grogna le brun en s'étirant paresseusement, une petite boule de bien-être au creux du cœur.

Il bâilla de nouveau en chouinant.

« Très bien. Je me suis réveillé il y a quelques heures. Mme Pomfresh m'a donné du chocolat, elle t'en apportera toi aussi dans un moment.

Une main fouilla ce qu'Harry identifia enfin comme une couverture -ils étaient donc à l'infirmerie- pour se poser sur son ventre. Le pyjama avait un peu bougé à cause de ses mouvements, et la paume chaude du garçon se posa sur la peau nue de son estomac. Il gémit de bien-être puis descendit sa main et l'enroula autour du poignet du blond pour le retenir. C'est bon… La seconde main du Serpentard dégagea son front en une douce caresse puis glissa dans les cheveux sombres où ses doigts s'enfouirent agréablement.

« Hm…

- Comment te sens-tu ?

- Comme un chaton.

- Tu bâilles plutôt comme un petit chiot.

Harry rougit -il n'avait pas été des plus élégants…- puis décida de jouer un peu.

« Dis-moi Draco…

- Oui ?

- Il me semble que tu ne m'as pas encore dit bonjour, n'est-ce pas ?

- En effet.

Harry put discerner le sourire dans sa voix.

« Alors qu'attends-tu ?

- Que tu le demande.

- Encore l'impossible honneur d-Hm…

L'étudiant leva le bras pour enlacer le coup de son blond et prolonger leur câlin. Draco s'assit près de lui appuya sa hanche contre sa propre cuisse. Il sentait sa chaleur irradier, le tenter. Il le voulait près de lui. Il voulait respirer son parfum de caramel, de terre mouillée, de soleil et d'ambre, s'enivrer des effluves de miel, de terre et de chocolat de sa peau. Il s'accrocha à son compagnon lorsque celui-ci se redressa.

« Naooooooooooon… ! Draco, chouina-t-il plaintivement en le suppliant avec des yeux de chiot battu. Encore !

- On n'est pas seuls, mon amour.

- Ah bon ?

Harry s'assit en se frottant les cheveux, curieux.

Ow merde.

« Euh… 'jour les copains… murmura-t-il en devenant écarlate.

Hermione, Ron, Dean, Seamus et Ginny lui souriaient narquoisement, ou riaient de ses rougeurs. Seamus lui lança un clin d'œil grivois et leva un pouce. Embarrassé au dernier degré, Harry agrippa la manche de son compagnon et se cacha dedans.

« Salaud ! grogna-t-il en lui donnant un coup de poing dans la hanche. Pourquoi tu m'l'as pas dit avant ?

- Tu ne l'as pas demandé.

- Tu es mon compagnon ! s'indigna Harry en relevant la tête. Tu as dit que tu me protégerais, renchérit-il.

- Je ne pense pas qu'ils veuillent t'attaquer ; du moins, pas tant que tu ne tiendras pas debout tout seul, mon amour.

- Tu m'as embrassé devant eux, insista tout de même Harry.

- Tu me l'as demandé.

- Tu aurais dû me dire qu'ils étaient là quand même, bouda le brun.

- Parce que tu ne comptais pas nous le dire, peut-être ? fit sévèrement la voix d'Hermione.

Harry tourna la tête vers elle avec un air étonné.

« Ben, euh si, pourquoi ?

Il fut certainement le seul à ne pas voir le regard tendre dont le couva Draco en entendant sa réponse.

« Ne me fais pas croire que tu n'aurais jamais embrassé Draco devant nous, Harry…

- Ouais bon ça va… bougonna le Gryffindor. Z'êtes tous ligués contre moi de toutes façons !

- Oh oui, Dumbledore nous a payé pour que l'on te martyrise dès ton réveil, tu ne savais pas ? demanda ingénument Ginny.

Harry lui lança un regard et posa sa tête sur l'épaule de Draco. Le second bras du jeune homme vint encercler sa taille pour le soutenir. Les lèvres de miel de son compagnon déposèrent un doux baiser sur son nez, auquel il répondit par un large sourire.

Une fois de plus, il ne vit le regard attendri que ses amis posaient sur l'adorable couple qu'il formait avec son compagnon.

OoOoOoO

Voilà la suite Alors ?

B'zow

Lyly.u.