Merci à celles ou ceux qui m'ont lu en en ont laissé la trace. Ça m'encourage à faire une dernière relecture et à poster ce nouveau chapitre.
L'ombre - Chap 3
Drago n'avait pu fermer l'œil de la nuit tant il ruminait sur sa stupidité et son orgueil. Pour ne pas risquer que Blaise tombe sur son parchemin, il avait pris le risque qu'un inconnu s'en empare. Il s'était pourtant précipité pour retrouver son bien après l'entrainement mais c'était déjà trop tard.
Depuis il attendait l'inévitable. Impossible que celui ou celle qui était tombé dessus n'en face rien. Il surveillait chaque visage à l'affut d'un signe mais rien. Il avait d'abord questionné Mme Pince mais elle niait avoir rangé l'ouvrage et après le sermon qu'il s'était pris pour sa négligence, il doutait que ce soit elle qui l'ait. Restait environ deux cent cinquante élèves et pourquoi pas un professeur. Il avait beau petit à petit enlever tous ceux qu'ils supposaient ne jamais aller à la bibliothèque, il lui restait plus qu'une centaine de suspects qu'il ramena à environ deux cent cinquante avec des « et si ».
Il n'était donc épuisé et pas plus avancé au matin mais au moins il n'avait pas fait de cauchemar.
Toujours à l'affut d'une réaction suspecte où d'un coup bas, il attendait fébrilement ce qui allait immanquablement lui tomber dessus.
Le pire qu'il ait pu imaginer étant une copie de son texte distribué au matin à tous les étudiants de Poudlard. Mais un maitre chanteur pouvait tout aussi se débrouiller pour lui faire. Il ne fut donc pas surpris de recevoir un courrier par Hibou de Poudlard.
Ses doigts tremblant légèrement, il dénoua la ficelle de la patte du Hibou. Une vague de sueur froide descendit malgré tout dans son dos quand il s'empara du parchemin. Il n'avait pas du tout envie de lire le courrier devant tout le monde. Blaise allait râler mais il préférait ça au risque de se ridiculiser en public s'il n'arrivait pas à se contenir en lisant la missive.
- Qu'est-ce que tu fous Drago, t'a encore rien mangé ! Faut que tu bouffe ! Tu vas finir par tomber de ton balai !
- Rien à foutre !J'ai pas faim ! répondit-il en grognant et en se dégageant de la poigne de son ami qui essayait de le retenir.
En à peine quelques secondes Drago avait franchis les portes du réfectoire, le cœur battant à tout rompre. Il se précipita vers les cachots et ouvrit la première porte qu'il trouva. Il éclaira alors le parchemin de sa baguette et commença à lire angoissé.
Il s'attendait à tout sauf à ça ! Ça semblait trop beau pour être vrai !
Qui que soit la personne qui était entré en possession de son parchemin, il ne risquait rien dans l'immédiat ! Restait à savoir Si c'était un stupide Poufsouffle en mal d'aider son prochain ou un Serpentard qui voulait tirer profit à long terme d'un tel stratagème.
Soulagé il s'adossa au mur humide et se laissa aller. Ses jambes ne le tenaient plus et il s'affaissa doucement, se laissant glisser le long du mur. Le visage collé à ses genoux, il se permit quelques larmes. Tout n'était pas réglé, loin de là mais ça aurait pu être bien pire.
Quand il eut repris ses esprits, il relu attentivement la lettre qu'il n'avait pas eu le temps de complètement intégrer à sa première lecture tant il était stressé.
L'écriture était un peu trop ronde pour être celle d'un homme, trop parfaite et appliquée pour être celle d'une très jeune fille. Il se trompait peut-être mais il en était presque sûr. A mois qu'il ou elle ait déguisé son écriture, il ne reconnaissait pas celle d'un de ces professeurs. Et puis il y avait cette insistance pour supposer que malgré l'emploi du masculin, elle pouvait être une fille. Comme si ça la gênait.
Même s'il n'excluait pas que ce soit un garçon particulièrement retors, qui déguise son écriture et face en sorte qu'on déduise de son insistance qu'il était une fille, il était presque certain : c'était une fille de Poufsouffle ou Serpentard. Les Gryffondor étaient bien plus directs et seraient venus le voir et les Serdaigles pas assez concernés pour vouloir l'aider et pas assez retors pour manigancer un tel stratagème.
Blaise était capable de ce genre de plan foireux et s'était peut-être douté de quelque chose dans la bibliothèque. Mais, il avait été presque tout le temps dans les airs avec lui pendant l'entrainement … il n'aurait pas eu le temps de remonter jusqu'au château ?
A force de suppositions il allait devenir fou. Il fallait qu'il agisse, qu'il découvre rapidement qui était son maitre chanteur et qu'il récupère son parchemin.
Il avait le temps d'aller chercher le fameux sac avant le début des cours. Il allait commencer par ça ! S'il y avait un moyen d'entrer en contact avec le voleur il n'allait pas s'en priver. C'était peut-être un piège mais il n'avait pas beaucoup d'autres choix.
Alors déambulait précipitamment dans les couloirs, il rentra littéralement en collision avec une élève qui sous le choc se retrouva au sol atterrissant douloureusement sur son derrière avec un couinement pas très féminin. Il reconnut instantanément l'insupportable Granger. Il n'avait pas assez de problème comme ça pour en plus devoir gérer la miss-je-sais-tout ! Furieux, angoissé, frustré… il fallait qu'il se défoule et elle était l'exutoire parfait à sa colère. Il voulait qu'elle souffre.
- Je sais que tu dois être en manque avec ton rouquin qui est resté à Londres, raya-t-il, mais ce n'est pas la peine de te précipiter sur tout ce qui bouge ! Tu n'excite personne ! Tu ne ressembles à rien ! Qui voudrait d'une mocheté comme toi ! Il ne te reste plus que la masturbation ma pauvre ! Et pour longtemps ! Il n'y a que les intellos pour croire que les relations à distance fonctionnent. Ta belette ne va pas mettre longtemps à t'oublier et à te remplacer ! Ca ne lui sera pas difficile de trouver mieux ! Si tu crois que l'intelligence attire les mecs tu te trompes. Tu vas finir vieille fille dans un appartement près de Fleury et Bott entouré de vieux grimoires sentant la pisse de chat. Et tu mourras seule, ton cadavre dévoré par tes chats affamés puisque personne ne se sera rendu compte de ta disparition. Car si ton nom restera dans les livres d'histoire ce n'est pas pour autant que les gens s'intéresseront à toi !
Comment pouvait-il être aussi cruel ! Ce n'était pas parce qu'il souffrait qu'il avait le droit de s'en prendre aux autres de la sorte ! Dire qu'elle avait soutenu ce petit con durant son procès ! Dire qu'elle avait eu envie de l'aider quand elle avait trouvé sa « lettre ». Comment pouvait-il oser lui faire ça ! Furieuse elle ne put s'empêcher de lui hurler dessus afin de voir se flétrir son sourire goguenard.
- Parce que tu crois que tu es mieux loti ! Lui cracha-t-elle en se relevant et en époussetant sa jupe. Ton nom est en disgrâce ! Tu as perdu le pouvoir qui allait avec ta fortune et tu es méprisé par toute la population sorcière ! Parkinson t'a quitté et je ne vois pas quelle fille à Poudlard pourrait être attirée par toi avec ton teint pale et tes cernes sous les yeux. Tu n'as plus que la peau sur les os. Tu te néglige tellement que tu ressembles à un zombie. Alors toi aussi tu risques de finir seul et la seule compagnie que tu auras désormais sera celle de ta main droite !
L'air moqueur qu'il avait se fana aussitôt. Remplacé par une rage folle qu'il contenait difficilement. Si elle n'avait pas été une fille il l'aurait frappé jusqu'à ce qu'il ne reste plus que de la bouillie de son visage. La main crispée sur sa baguette il cherchait le sortilège le plus humiliant qu'il connaissait quand Mc Gonagall arriva dans le couloir désert pour leur ordonner de se rendre au plus vite en cours.
Peu désireux de se faire remarquer ils s'exécutèrent aussitôt.
Si Hermione s'était sentie blessée s'était certainement bien pire pour le Serpentard et elle s'en était tout de suite aperçue. Derrière son masque de froideur habituelle elle pouvait aisément lire toute la haine qu'il ressentait pour elle. Mais ce qu'elle voyait dans ses yeux lui fendit littéralement le cœur. La résignation et la tristesse infinie qui s'y reflétaient lui donnèrent aussitôt envie de s'excuser. Soit elle ne lui avait dit que la vérité tout comme lui. Une vérité qui faisait mal mais qu'elle était capable d'assumer contrairement à lui. Elle connaissait son état et elle l'avait encore plus enfoncé.
Elle mourrait d'envie de lui courir après pour lui dire qu'elle avait été trop loin et quelle ne pensait pas ce qu'elle disait. Mais ça aurait été faux. Elle pensait tout ce qu'elle avait dit. S'il continuait ainsi à se laisser dépérir ce n'était pas à un zombie qu'il allait bientôt ressembler mais à un cadavre. D'autre part elle se doutait bien que s'excuser ne changerai rien et que de toute façon il était trop orgueilleux pour accepter des excuses. Trop Serpentard pour penser qu'elles étaient sincères. Il fallait qu'elle se rachète et espérait de tout cœur qu'il irait chercher la sacoche de correspondance. Le seul avantage de cette nouvelle dispute c'était qu'elle serait bien la dernière personne à laquelle il penserait comme étant son mystérieux correspondant.
Drago se rendit directement en cours. Les mots de Granger résonant comme des poignards dans sa tête. Il en oublia même momentanément son maitre chanteur. Même si celle-ci avait été particulièrement violente, ce n'était pas leur première altercation de l'année et ce ne serait certainement pas la dernière. Il commençait à avoir l'habitude de se faire insulter dans les couloirs. Mais c'était différent quand c'était elle qui l'insultait. D'abord parce que c'était rarement elle qui commençait. Ensuite, parce que ça n'avait rien de nouveau. Ils se détestaient depuis leur première année et s'insultaient depuis à peu près autant de temps. Enfin, contrairement aux autres, elle ne le traitait pas de Mangemort. Mais quelque part elle était la seule à le blesser vraiment. Elle se contentait de lui dire la vérité. Une vérité qui faisait mal.
Au moins une qu'il pouvait rayer de sa liste. Elle avait beau fréquenter assidûment la bibliothèque, jamais elle n'aurait voulu l'aider de cette façon. Elle aurait certainement voulu avoir des explications peut être même qu'elle l'aurait fait chier jusqu'à ce qu'il aille voir un psychomage mais jamais elle ne lui aurait caché son identité. Elle était trop courageuse pour ça ! C'était au moins une des qualités qu'il lui reconnaissait même s'il ne la lui enviait pas.
A midi il se rendit près des cuisines. Le sac ensorcelé était bien là où sa mystérieuse interlocutrice l'avait indiqué. Il n'avait rien de spécial à première vue. Une petite sacoche en cuir fin d'une vingtaine de centimètre de diamètre environ avec une ouverture juste assez grande pour y passer un poing fermé. Sans aucun signe distinctif, elle paraissait neuve et d'excellente qualité. Mais ça ne voulait pas dire que l'objet n'était pas ancien, la magie avait tendance à garder les choses dans leur état d'ensorcellement. Il n'était pas très avancé.
A l'intérieur il trouva un petit parchemin plié qu'il s'empressa de lire.
« Je suis heureux que tu aies fait le premier pas et que tu aies récupéré ce sac. Laisse-moi un message qui me prouve que tu es bien l'auteur de la lettre de la bibliothèque. Je ne voudrai pas qu'un autre que toi récupère par Hasard ce sac que j'ai laissé pour toi et te trahir en révélant quoi que ce soit.
Une fois de plus, ne pense pas que ce soit un piège je suis certain de l'identité de l'auteur de cette confession. J'ai juste peur que malgré ma cachette quelqu'un d'autre que toi ne tombe sur ce petit mot.
J'ai hâte de te lire.
Personne »
Elle le faisait bien rigoler avec ses « ce n'est pas un piège » en attendant elle lui demandait confirmation de son identité.
Il prit une plume et un bout de parchemin et griffonna quelques mots à l'intention de « personne »
« Qu'est ce qui me prouve que ce n'est pas un piège ? »
Il mit le sac dans la poche de sa robe de sorcier. Il ne lui restait plus qu'à attendre une réponse et espérer qu'elle se dévoile un peu.
Elle avait passé la matinée à vérifier si son mot était toujours sans son sac et sauta presque de joie quand enfin elle vit une réponse à la place. Il ne restait plus qu'à le convaincre de correspondre avec elle.
Quand il osa enfin regarder dans le sac pendant l'intercours, il y trouva à nouveau un mot, le sien ayant disparu.
« Je ne te demande pas de signer tes mots ni de me dire ton nom juste de me faire comprendre que je parle bien à l'auteur de la première lettre. Dis-moi par exemple à quel baiser tu faisais référence et je saurai que c'est toi. (Personne) »
Il hésita toute la fin d'après-midi à répondre mais il ne pouvait garder ce couperai au-dessus de sa tête. Il fallait qu'il fasse avancer les choses et il n'avait que cette correspondance pour tenter d'en apprendre plus.
« C'était celui du Détraqueur et j'aimerai vraiment que tu me rendes mon parchemin. Tu as trop d'avantages sur moi. Tu me demande de te faire confiance, de me dévoiler mais la confiance ne peut fonctionner que si c'est dans les deux sens. Tu as ma lettre, tu sais qui je suis, donne-moi quelque chose qui nous mettra à égalité. (L'Ombre) »
La réponse d'Hermione ne mit deux bonnes heures à venir. Elle avait eu du mal à décider quoi lui répondre. Elle savait que si elle ne se dévoilait pas un peu elle n'aurait aucune chance qu'il fasse de même. Elle avait bien pensé lui mentir où rien ne lui révélé de trop personnel mais elle ne trouvait pas ça juste. Involontairement il lui avait révélé une partie de son âme meurtrie. Elle ne se voyait pas le trahir, même si c'était Malefoy, avec des mensonges si son but était réellement de l'aider. Aussi elle avait décidé d'être honnête quitte à se mettre en danger.
« L'ombre, ça te va bien. Enfin pour l'instant. J'espère vraiment que nos échanges te feront un peu de bien et qu'un jour ce surnom ne sera plus qu'un souvenir. C'est pour ça que je ne peux te rendre ta lettre. Tu cesserais de m'écrire et je ne veux pas que tu te retrouves seul avec des pensées si sombres. Quand à mon identité ! Si tu la connaissais tu ne perdrais pas une seconde pour venir à moi afin de tenter de récupérer tes secrets par la force. Cependant je peux te faire une promesse : si tu acceptes d'entretenir cette correspondance, si tu acceptes que l'on parle de tout ce qu'il y avait d'écrit sur ce parchemin, si tu continues à te confier, si tu acceptes mon aide et si tu le désire toujours, d'ici les vacances de Noel, je te dévoilerais mon identité. En attendant je vais te révéler certains de mes secrets. Libre à toi d'y croire où de penser que j'invente mais sache que certains d'entre eux ne sont même pas connus de mes amis les plus proches.
Tu as raison quand tu dis qu'il faut un équilibre dans nos rapports aussi je me confi à toi sachant qui tu es et conscient d'à quel point tu peux être capable de cruauté pour tes ennemis.
Sans avoir subi ce que tu as dut endurer, j'ai également été torturé et je lance tous les soirs un Assurdiato afin que personne ne sache que parfois je cri dans mon sommeil. Je ne veux pas voir la pitié dans leurs yeux. Je leur ai bien sur parlé de ce que j'avais vécu mais il y a des choses qu'ils ne comprennent pas comme le dégout de moi, où le soutien que j'ai ressentis de la part de celui qui me regardait sans rien faire.
Un autre de mes secrets c'est que mes parents ont oublié mon existence à cause de ce que je leur ai fait et que contrairement à ce que j'ai dit à tout le monde, il y a peut-être une chance qu'ils recouvrent la mémoire. Mais je ne fais rien. Je me dis qu'ils sont certainement mieux sans moi. Ils ne m'ont jamais réellement compris et ont l'air parfaitement heureux dans leur nouvelle existence. Il me manque tellement qu'égoïstement je m'attendais à les voir tristes ou perdus mais je ne les ai jamais vus aussi souriant. Comme s'ils avaient un poids en moins sur leur cœur. Qu'ils pouvaient enfin vivre tel qu'ils auraient pu le faire sans ma naissance.
Enfin mes amis disent m'aimer mais quand un conflit éclate entre nous, aucun d'eux ne prend jamais parti pour moi et je suis toujours celui qui se retrouve seul dans ces cas-là. Il y a eux, qui sont soudés depuis le premier jour et il y a moi la pièce rapportée. Parfois j'en viens à douter de nos liens. Que se passera-t-il quand je quitterai Poudlard ? J'ai tellement peur de me retrouver seul, sans mes amis sans mes parents à affronter le monde, à devoir trouver ma voie.
Maintenant tu sais que je suis un élève. Tu as même un certain nombre d'indices pour m'identifier. Mais pour l'instant ça ne te suffit certainement pas pour le faire avec certitude. Continue à correspondre avec moi et moi aussi je me confirais.
J'aimerais que tu me dises pourquoi tu penses que le baiser du Détraqueur aurait été préférable ? (Personne) »
Drago était plus que surpris de cette réponse. Si son interlocutrice était honnête, ce qui malgré tout était une possibilité, elle n'avait pas l'air de spécialement le porter dans son cœur et pourtant elle se livrait à des confessions intimes et plutôt crédibles.
Elle avait en outre révélé être une élève et lui avait effectivement donné beaucoup d'indices pour le ou la trouver si tout ce qu'elle avait écrit était véridique bien évidement. A ce rythme-là, il découvrirait son identité bien avant les vacances de Noel.
Les tortures : plus de la moitié des élèves en avaient subi de la part des Carrow l'an passé alors ça ne l'aidait pas beaucoup. Mêmes certains Serpentards en avaient subi : éducation Mangemort oblige. Théo leur avait parlé plusieurs fois du style d'éducation stricte que Mr Nott lui donnait histoire d'endurcir un peu le petit intello qu'il était.
Les amis, pouvant très bien être des amies, qui vous tourne le dos et qui ne sont pas ce qu'ils ou elles prétendent être ça n'avait rien d'original.
Par contre la perte de mémoire de ses parents, ça c'était vraiment de l'info à condition que ce soit vrai. Le problème était qu'à sa connaissance il n'y avait pas d'élèves à Poudlard dont les parents avaient tous deux perdu la mémoire du moins pas qu'il sache.
C'était là-dessus qu'il fallait qu'il se renseigne mais curieusement ce n'était pas de ça dont il avait envie de lui parler. Sa première confession faisait échos à quelque chose qui l'avait touché récemment. Elle parlait du soutien qu'elle avait ressentis de la part de celui qui la regardait sans rien faire. Comment quelqu'un pouvait il apprécier qu'on le regarde se faire torturer sans bouger le petit doigt pour l'aider. Quand il avait vu Granger se faire torturer sous ses yeux par sa tante, il n'avait pas eu le courage de l'en empêcher. Il aurait certainement pu inventer quelque chose, dire à sa tante de s'arrêter… mais il n'avait rien fait alors que chacun de ses cris lui rappelait sa propre souffrance. Elle avait beau être son ennemie à l'école, il avait beau l'exécrer au plus haut point, la mépriser pour son sang, la détester pour ses résultats scolaires exceptionnels, elle ne méritait pas ça ! Personne ne méritait ça ! Même après ce qu'elle venait de lui dire plus tôt dans la matinée.
Il avait voulu détourner le regard mais il n'y était pas arrivé. Il avait été paralysé de terreur. Chacun des doloris lui rappelait les sien, chaque entaille dans sa peau lui rappelait les siennes. Jamais Granger n'avait pu sentir un quelconque soutient dans son regard. Qui pouvait éprouver du réconfort à observer un lâche ?
« Personne, Je ne te remercie pas pour ton refus de me rendre mon parchemin. Mais puisqu'il faut en passer par là, je me vois contraint de t'écrire.
Tes mensonges ou tes vérités quelles qu'elles soient me semblent peu crédible. Tu dis avoir apprécié qu'on te regarde te faire torturer ! Soit tu es une masochiste en puissance soit les tortures que tu as subies te sont montée à la tête. Il ne manquerait plus que tu sois tombée amoureuse du lâche qui prenait plaisir à te voir souffrir !
Pour ce qui est du baisé du Détraqueur, je pense l'avoir mérité. Je n'ai tué personne mais j'ai laissé faire. J'ai détesté qui-tu-sais de tout mon être et pourtant je lui ai obéit. Mais ce n'est pas que pour ça que j'estimai le mériter. Ça aurait dut être ma récompense pour tout ce que j'ai subi. Si je n'ai pas encore le courage de me donner la mort, mourir ou ne plus être qu'une coquille vide m'aurait enfin apporté la paix. Oublier peut-être une délivrance. (L'Ombre) »
Il savait qu'il allait lui faire mal en finissant ainsi mais elle le faisait souffrit elle aussi alors c'était bien mérité. C'était idiot de s'en prendre à elle. Elle ou il risquait de ne plus écrire ou de lui faire du mal avec ce qu'il ou elle savait. Mais il était tard et il était exténué de sa nuit passée sans presque dormir, du stress d'avoir perdu son parchemin, des réflexions qu'il avait eu à propos de l'identité de son mystérieux interlocuteur. Mais ce fut en repensant à Granger se faisant torturer sous ses yeux qu'il s'endormit.
C'est ainsi que cette nuit-là Drago avait à nouveau rêvé de la Gryffondor en proie aux doloris de Bella. Elle l'implorait de l'aider. Il voulait lui tendre la main mais dans son dos il sentait sa présence. Ses doigts calleux et griffus enserraient sa gorge le forçant à la regarder tandis que son autre main était passée sous sa chemise et lui griffait lentement le dos jusqu'au sang. Il étouffait. La poigne de son maitre se resserrant sur sa gorge. Il se réveilla une fois de plus la bile aux lèvres, paniqué. Il se recroquevilla sur lui-même et étouffa sa rage et ses larmes dans son oreiller. Epuisé il se rendormi tout de même.
Il avait fait pire comme cauchemar mais ça faisait longtemps que celui-ci n'était pas revenu.
