Auteur : Ryuh'

Disclaimers : Sont à moi Nath' et la nouvelle venue que vous aurez deviné être Azaria. Non? Bon ben... C'est dit. XD

Message : Merci encore pour tous vos encouragements et vos reviews! Ca me fait chaud au coeur, et je dois dire qu'en l'espace de deux heures, ce maudit chapitre trois pas fini est... Fini. lol D'ailleurs, erreur de ma part corrigée, Nath' a bien les cheveux bruns! ^^ Je sais pas d'où ce blanc était sorti mais bon... Dans ce chapitre... Môssieur pète son câble et vous pouvez le voir sous son jour bad-boy-pas-content-vulgaire-pervers-énervé... Et j'en passe des vertes et des pas mûres. J'espère que ça vous plaira! Alors n'hésitez pas à me donner votre avis! =)


Ca brûlait. Ça chauffait. Ça m'embrasait. Et cela ne cessait de tourbillonner de tous les côtés et dans tous les sens. Et puis...

Je ne me souvenais pas très bien de ce qu'il s'était passé. Morphée... Cette souffrance était-elle causée par ce sbire de Cronos? Ou bien était-ce mon corps qui réagissait à je ne sais quel pouvoir? Tous ce dont je me rappelais parfaitement c'était que j'avais douillé à mort. Tiens, me voilà qui utilise une expression « jeun's ». Claaaasse... Chuis à la mode. Oula. Faut que j'arrête les délires. Ca tournait déjà pas rond dans ma tête mais là je virais carrément isocèle. Et donc, pour en revenir à mon mouton, paf. Oui, paf. La douleur s'était arrêtée comme ça. J'avais la nette impression d'avoir été rétréci, étriqué, agrandi, modelé, étiré... Passé dans une essoreuse à salade quoi. Et vous ne pouvez pas savoir à quel point c'est... Trèèès désagréable. Vraiment. Je ne souhaite pas ça à mon pire ennemi... Quoi qu'à mon crétin de père... Même pas en fait. Enfin bref. Tout ce blablatage inutile pour dire que c'était vraiment atroce d'avoir été balancé de droite à gauche. Et c'est seulement en me réveillant que je m'étais rendu compte que je n'étais pas si loin de la vérité.

Déjà... Il faisait jour. Je sentais les rayons de soleil sur ma peau. Restait à déterminer si on était le même jour que celui où je m'étais pris une raclée ou bien si j'étais resté inconscient... Pendant un moment. J'étais dans ce qui m'avait l'air d'être un lit, avec un oreiller moelleux et des draps en coton. Oui. Très important le coton. Détail de la mort qui tue et que, par excès de zèle, vous allez retenir. Inutile. Sans ouvrir les yeux, j'avais tâtonné autour de moi et ma main avait fini par rencontrer quelque chose de... Hem... Doux, enfin, je veux dire de... Féminin. Je n'étais donc pas seul dans ce large lit qui m'était totalement inconnu. Et, je vous jure que je m'y attendais pas, mais la raclée que je me pris – pour la seconde fois – après avoir ouvert les yeux de surprise était... Mémorable.

La-dite propriétaire de la poitrine, que je venais de peloter par inadvertance – vous noterez que c'est encore la seconde fois que je fais quelque chose sans le faire exprès - me saisit par le bras et, d'un violent basculement d'épaule gauche, m'envoya valdinguer à l'autre bout de la pièce en un cri que je jugeai de terrifiant. Je m'écrasai donc avec fracas contre une étagère en bois remplie de vieux livres après un interminable vol plané à travers la pièce agréablement colorée de turquoise. Je poussai un petit cri de douleur, trop aigue à mon goût, pensant que le meuble allait me tomber dessus. Mais bizarrement, ce dernier ne céda pas sous mon poids. J'avais d'ailleurs l'impression d'être plus léger, plus...

- Bon Dieu! Et cette tarée lanceuse de Dieu ne croyait pas si bien dire. On t'a pas appris les bonnes manières?

La jeune femme qui m'avait... Comment dire... Malmené, s'approcha à grands pas vers moi et, j'avais un peu de mal à la voir à travers mes cheveux bruns qui me collaient au visage, il me sembla un instant capter un éclat doré au niveau de son visage... Doré... Comme Cronos. Ses yeux? J'avais sûrement rêvé.

- Tu veux que je t'aide? Me demanda-t-elle en s'accroupissant brusquement. Je ne savais pas trop si elle parlait ironiquement du fait que je l'avais pelotée il y a quelques secondes à peine ou bien si elle me demandait sincèrement si je voulais de l'aide pour me remettre debout.

- C'est pas de refus... Grognai-je en choisissant la seconde option.

J'essayai alors de me mettre à plat ventre puis de me relever sur des jambes qui n'étaient, semble-t-il, pas décidées à me porter. D'une forte poigne, elle me souleva par le bras et je m'appuyai sur elle pour ne pas tomber. J'avais la respiration rauque et mon dos, qui avait essuyé la chute, me lançait atrocement. Mine de rien, je pus alors l'observer... D'un peu plus près.

C'était une jeune fille d'à peu près dix-huit ans, avec une silhouette élancée, le teint légèrement hâlé, un visage mignon bien que commun, un petit nez retroussé, deux pupilles émeraudes et de longs cheveux châtains et rebelles dont quelques boucles venaient me chatouiller le visage. Banal. Passe-partout. Une humaine quoi.

- Je peux savoir ce que tu reluques gamin? Grogna-t-elle en fronçant des sourcils.

Et pas commode en plus de ça. Le gros lot quoi. Et puis... Gamin... Merde! J'ai plus de mille ans ma cocotte! Je me rendis alors compte que... J'étais obligé de lever la tête pour voir son visage. Jusque là, rien de zarb'. Sauf que la nana elle était pas si grande que ça. Un mètre soixante-cinq à tout casser. Et que ma tête en question était pile poil au niveau de sa poitrine. Oh non, non, non... J'avais... Rétréci? Di Immortales!

- Oh par tous les Dieux, l'enfoiré... Jurai-je en lâchant ma « sauveuse-malmeneuse » qui se recula en soupirant et croisa les bras sur sa poitrine assez forte à ce que j'avais pu... Toucher.

Le miroir en face de la porte de ce qui me semblait être un petit studio me renvoyait une image qui, ma foi, ne me plaisait guère. Dix ans. J'avais le corps d'un putain d'humain de dix ans. Et pas une once de pouvoir pour remédier à cela. Papa... T'es vraiment un couillon doublé d'un enfoiré... Je jure sur le Styx de te pourrir la vie et ce pour les cent prochaines années!

- Tu vas t'admirer encore longtemps? Me rappela à l'ordre la voix de l'autre tarée.

Sortant de mon monologue intérieur, je dardai mon regard pourpre dans le sien et, étrangement, la jeune fille ne bougea pas d'un poil, me toisant avec amusement.

- On peut jouer à ce petit jeu-là longtemps tu sais... Me sourit-elle en haussant des épaules. Tu ne crois pas... Nathanaël?

Et là, et là... Je vous jure que je me suis dit... « C'est le pompom. ». Puis y aussi eu « Bordel, comment elle sait? », « C'est qui? » et puis le traditionnel « Nom d'un centaure mal décrotté! Mais comment en suis-je arrivé là? ». C'est marrant parce que dans ces rares mais douloureux moments de solitude, très peu de personnes sont capables de répondre à ces questions, pour peu que vous les posiez à l'oral.

Fuck the system.

Mon esprit analytique reprit alors le dessus et j'observai calmement mon environnement tandis que ma... Pourquoi « ma » d'ailleurs? Disons que l'autre barge me surveillait du coin de l'oeil sans rien dire. Le studio était assez petit, moins de vingt mètres carrés je dirais. Impeccable, pas un grain de poussière. Lumineux. Grande fenêtre avec balcon à ma gauche. Petite cuisine américaine à ma droite. Salle de bain en face. Un putain d'appartement tout ce qu'il y avait de plus normal. Bon. Et la proprio dans tout ça? Pas fringuée, en petite culotte et large chemise descendant à mi-cuisse. Et c'était moi le pervers après? Je sentais déjà l'hémorragie nasale me chatouiller les narines...

- T'es... Commençai-je.

- Je suis...

- Une...

- C'est bien, continue, tu y es presque. Se moqua-t-elle en fouillant dans son armoire.

Sans gêne, elle retira la longue chemise bleue à rayures et enfila une robe blanche à bretelle toute simple et elle coinça sa frange rebelle sous deux pinces.

- Comment tu sais? Finis-je par demander.

- Vas savoir petit bonhomme.

- Arrête de m'appeler bonhomme. Grondai-je en tentant d'avoir l'air impressionnant. Ca me rend irritable.

- Okay, range tes griffes. Gloussa la jeune fille en s'approchant de moi. Chaton. Ajouta-t-elle ensuite en me faisant un clin d'oeil.

- Nom de nom... Pestai-je en serrant mes ridicules petits poings de gamin.

Je restai debout dans l'entrée tandis que cette petite g... Bref, zen, pendant qu'elle allait dans la petite cuisine attenante préparer je ne sais quelle bouffe immangeable d'humain. J'allais péter une durite. Foi de Dieu pas content!

- Ton caleçon. Finit-elle par me dire tandis que je m'asseyai, de la façon la plus calme possible, sur l'un des deux tabourets de bar, juste face à son dos.

- Hein?

- Ton prénom est marqué sur l'étiquette de ton caleçon.

Je faillis tomber à la renverse et mes yeux s'arrondirent une nouvelle fois comme des soucoupes. Volantes, je sais pas si elles l'étaient mais ma tête devait être impayable au vu du regard rieur que me lança mon interlocutrice. Oh my fucking god... Je me sentis rougir jusqu'à la racine brune comme l'ébène de mes cheveux. Dans ma tête un hurlement guttural, du genre « Mamaaaaaaaan! », retentissait à tout va tout vent. J'adorais Perséphone. Alors là y avait aucun souci. Mais y avait des fois où, comme ici présent... Non. Trop c'était vraiment trop. Vous voyez le topo? Genre au bout d'un millénaire j'avais encore besoin de porter des caleçons avec mon nom cousu sur l'étiquette. Ma mère avait peur que je les égare ou quoi? Comme si mes caleçons avaient une volonté propre! « Oh tiens! Chuis pas sur son derrière... J'me tiiiire! »... Pff... Zen. Pas casser la baraque. Pas s'énerver contre cette stupide, perverse et grognasse d'humaine... Et... Relativiser. Seul point positif pour le moment : Morphée n'avait pas eu ma peau. Comment il s'était démerdé pour me rater, j'en savais rien, et j'avais pas envie de le savoir. J'étais en vie, enfin tant que Pôpa ne me retrouvait pas, et c'était le principal pour le moment.

D'ailleurs... Quelqu'un de sensé, et de pas suicidaire, pourrait m'expliquer pourquoi je portais un débardeur mon petit poney et un short rose barbie par dessus mon caleçon? Alors là. Mais alors là. Trop c'est trop. Ca allait chier des bulles, c'est moi qui vous le dis et personne d'autre.

- Qu'est-ce que c'est que ça? Sifflai-je d'un air menaçant en désignant mes fringues.

Cette ignoble humaine qui m'avait peloté sans que je le sache – vous me direz, on était quitte – ne se retourna même pas et commença à préparer... Une omelette. Elle se fichait de moi. C'était pas possible autrement.

- Oh, ça... Sembla-t-elle sourire. Ce sont les vêtements de ma soeur. Je sais pas où t'as piqué les fringues que t'avais sur le derrière mais t'aurais au moins pu prendre quelque chose à ta taille gamin.

Aha, aha, aha. Je. Vais. La. Tuer. Non, d'abord la torturer. Après je la tuerais. Mais avant je lui demanderais de me supplier de ne pas le faire. Mais je le ferais quand même une fois qu'elle m'aura demandée en chialant de ne pas la zigouiller. Je lui arracherai les ongles. Un à un. Et puis je lui couperai ses beaux cheveux châtains – j'ai pensé « beaux »? - pour m'en faire une descente de lit et...

Y avait pas à dire. Le théâtre mental pour évacuer son stress et sa colère y a pas mieux. On redevient zen, et notre victime mentale est vivante dans la vraie vie. Merci Apollon pour ces précieux conseils de zenattitude en toute circonstance. Pense à les filer à mon vieux histoire qu'il finisse pas par nous faire un infarctus. Ce serait vraiment bête.

- Tiens. Dit-elle d'un coup en me balançant presque l'omelette dans l'assiette qu'elle venait de me sortir. Mange tant que c'est chaud.

Je déglutis en voyant l'immonde tas jaune pipi tout fumant.

- Pas faim. Mamonnai-je en repoussant l'assiette vers elle.

- Ce n'était pas une suggestion mon chaton... Siffla-t-elle en plissant des yeux. Tu manges, point. Au fait, glissa-t-elle mine de rien, moi c'est Azaria, mais tu peux m'appeler Az'!

Et alors? Qu'est-ce que j'en ai à cirer pauvre tâche? C'est hors de question que je te bouffe ton truc dégueulasse!

Enfin, ça, c'est ce que je me disais dans ma tête pasque, ça avait beau être une humaine, elle était sacrément flippante avec ses poings posés sur les hanches, les sourcils froncés et ces gigantesques couteaux de cuisine tous alignés en rang d'oignons et prêts à toute utilisation juste à côté d'elle.

En gros, si je devais résumer ma vie et la situation telles qu'elles étaient actuellement, je dirais qu'elles étaient... Merdiques. Oui, merdiques. J'étais précisément dans un... Gros caca.

Hmmm... Bien imagé le gros caca.

Fuck the life.


Merde (n, f) : 1. Résultat plus que satisfaisant de la digestion de ce que cette andouille notoire d'Azaria, puisque c'est son nom, appelle une omelette. 2. Autre façon d'exprimer la situation merdique dans laquelle je me trouve, c'est-à-dire, coincé avec une emmerdeuse. Synonyme : Fuck.

Source : Nathanaël.