Faire tout ce qui est en mon pouvoir
Traduction de la fiction de testingt :
sycophanthex. occlumency. /viewstory.php?sid5766
Pour le reste, Harry Potter appartient à son auteur (étonnant, non ?).
Chapitre 3 : La thèse de Charity
– Combien de Serpentard faut-il pour nettoyer un chaudron ?
– Trois.
– Un pour nettoyer le chaudron et un pour embrouiller l'affaire.
Avec un sourire d'excuse pour Steven J. Brust, Yendi. Il a détourné la blague le premier.
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Le respect dû aux morts exigeait que Rogue lise la dernière publication de Charity, mais ce fut une grande déception. L'incohérence dans un article de La Gazette du Sorcier n'était pas inattendue. Cependant, autant que Rogue pouvait en juger, la recherche de Charity manquait en soi de cohérence. Rogue regrettait de ne pouvoir mieux estimer sa dernière production. Elle semblait privée de tout sens de rigueur académique, elle n'avait fait qu'aligner de simples anecdotes pour appuyer son idée. L'idée elle-même était intéressante, même si elle était sujette à controverse (Rogue eut un sourire aigre en songeant à ce dont la controverse aurait l'air dans sa Maison), mais elle n'était pas étayée, autant qu'il pouvait voir, par des preuves solides.
Bien sûr, considérée comme de la propagande plutôt que comme de la recherche, la thèse était d'un grand intérêt et d'une évidente utilité.
De même que l'était, si on y pensait, la thèse opposée
Quelle était la fonction de la promotion du chauvinisme des sorciers de sang pur, au-delà de l'évidence ? Les yeux de Rogue se plissèrent.
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– Je vous ai tué, Albus Dumbledore, affirma tranquillement Rogue.
Il supporta le contact de la poussière ensorcelée, qui se dissipa lorsqu'il la traversa. Il avait déjà fait face au portrait de Dumbledore : qu'est-ce que Fol-œil avait cru ? Qu'il fuirait les criailleries d'une illusion ? Il replaça un sort de Désillusionnement sur lui et lança un rapide Revelo : Grimmaurd Place était désert, comme il s'y attendait. Rogue monta à l'étage et fit une pause, victime de la tentation. Après un moment, Severus entra dans la chambre de Black. Bientôt, le sorcier en noir eut trouvé ce qu'il cherchait, jamais estimé à sa juste valeur par Black, mais cependant conservé au milieu des trucs bons à jeter.
Pas de temps pour ça. Pas de temps. C'était en perdre complètement.
Rogue retourna à sa tâche. Il s'essuya le visage et se prépara au combat.
Le portrait se trouvait dans la chambre que Harry Potter avait utilisée.
– Directeur Black !
Rogue donna trois coups de baguette au cadre : un moyen sûr de la faire venir, son titre.
Phineas finit par apparaître et s'installa sans se presser. Il regarda celui qui l'avait convoqué avec une pointe de dédain.
– Ah, Phineas, merci pour votre temps. J'ai une information à faire passer à Dumbledore.
Rogue passa rapidement en revue ce qu'il savait et ce qu'il conjecturait des plans du Seigneur des Ténèbres ; on pouvait se fier à Dumbledore pour décider ce qui pouvait être transmis à l'Ordre par le biais de Minerva. Rogue conclut l'affaire et passa à son autre sujet de préoccupation.
– Maintenant, directeur Black, j'aimerais vous consulter sur un problème qui concerne notre Maison.
La silhouette vêtue de vert s'étira minutieusement, pleine d'indifférence prétendue.
– Qui concerne seulement notre Maison ? Comment, pas votre avenir prochain de directeur ?
– Je ne dis pas que ça n'a rien à voir… mais j'ai besoin des réactions d'un Serpentard sur une partie d'une recherche très intéressante dans laquelle l'ancien professeur d'Étude des Moldus de Poudlard s'était engagé.
Phineas Nigellus Black, sorcier de sang pur, haussa des sourcils soupçonneux à l'idée que quiconque d'associé avec l'Étude des Moldus ait pu produire la moindre recherche d'intérêt.
Certain qu'il avait la pleine attention de Black, Rogue commença :
– Charity Burbage entame son article par cette triste observation : nombre des familles issues de la Noblesse naturelle sont éteintes ou en voie de l'être… les Fondateurs, les Gaunt, les Black…
Rogue inclina poliment la tête vers le portrait.
– Elle continue en faisant observer que certaines des familles qui ont le plus adhéré au refus de s'unir avec des sorciers souillés par du sang moldu ont développé une tendance… – eh bien, disons que certains de leurs descendants ne sont décidément pas eux-mêmes exempts de souillures visibles. Cette chère Bellatrix Lestrange et son mari, les Carrow… Nombre de cas se présentent immédiatement à l'esprit parmi mes – ah – connaissances personnelles, bien que Charity ait été trop… charitable pour mentionner des noms. Ou alors, c'est La Gazette qui avait trop peur pour les imprimer, bien sûr.
« Ensuite, elle fait la liste, toute aussi surprenante, de nombre de sorciers et sorcières puissants des dernières générations qui étaient de sang mêlé. Dumbledore, bien sûr (dit-il en comptant les noms sur les doigts), son homologue dans la Résistance française, Mathilde Thomeret, aussi bien que Vincenzio, Noether, Blum, sur le continent ; Kingsley et Tonks dans l'actuel Ordre du Phénix. Notre estimé « Élu », bien sûr… et beaucoup d'autres ; en fait, Charity ressort cette vieille rumeur selon laquelle Grindelwald lui-même avait un quart de sang moldu…
« Charity ne mentionne pas la rumeur qui a dominé dans les cercles Mangemorts depuis l'affaire du Ministère, quand Harry Potter a accusé le Seigneur des Ténèbres lui-même d'être de sang mêlé… Bellatrix peut être si indiscrète… Savez-vous, Phineas, si elle a des chances d'être exacte ?
– C'est un Sang-mêlé du nom de Tom Jedusor, le fils d'une des derniers descendants de Salazar Serpentard et d'un Moldu – même pas un Sang-de-Bourbe ! Dumbledore et Potter ont eu un grand nombre d'entretiens fort ennuyeux sur toute cette histoire. Je me souviens de Jedusor : il avait l'air d'un parfait Serpentard, préfet en chef en son temps ; je pensais qu'il serait un honneur pour notre Maison. Au lieu de ça… je suppose qu'on peut toujours parler d'une certaine forme de « grandeur »…
Les sourcils de Rogue se haussèrent.
– Le Seigneur des Ténèbres est vraiment de sang mêlé ? Comme c'est commode ! C'est toujours tellement – ah – rafraîchissant quand la vérité a des chances de servir à atteindre son but.
Il retourna son attention vers Phineas.
– Le point que Charity Burbage souhaitait établir, c'est que les unions entre sorciers de sang pur et Moldus ou Nés-Moldus sont plus désirables que le contraire. Elle prétend que les Sangs-Mêlés qui en naissent sont susceptibles d'hériter de plus grands pouvoirs. Elle fait appel aux informations généalogiques que je viens de citer et à un concept moldu appelé « vigueur hybride ». Elle laisse entendre de plus que la consanguinité chez certaines familles de sang pur a atteint un niveau dangereux, susceptible de produire un nombre supérieur à la moyenne d'enfants porteurs de déformations ou faiblesses physiques, morales et magiques.
Il fit un demi-pas en arrière et observa la réaction de Black avec satisfaction. Le portrait, d'ordinaire onctueux, était si scandalisé qu'il en était presque incohérent – en plus d'avoir pris une teinte pourpre qui ne s'accordait guère avec ses robes vert et argent. « Obscène… dégoûtant ! » étaient les mots qui revenaient le plus souvent.
Rogue coupa Black d'un geste paresseux.
– Personnellement, je trouve l'idée… flatteuse. Bien que je sois blessé d'avoir été exclu par Charity de sa liste des – ah – Sangs-Mêlés remarquables. Cependant, nous n'avons pas besoin de considérer la thèse pour ses mérites, mais plutôt d'examiner certaines de ses implications les plus… intéressantes. Les façons dont on peut utiliser cette idée.
Un doigt caressa sa lèvre fine avec réflexion.
– Ou, pour être plus précis, Black, les façons dont on a pu utiliser cette idée.
Les bredouillements de Phineas Black s'arrêtèrent à la suggestion d'une machination. La couleur du portrait reprit peu à peu sa pâleur normale tandis que Black croisait les bras. Deux Serpentard, l'un peint et l'autre vivant, se regardaient l'un l'autre avec une expression identique d'intérêt sardonique.
Rogue ferma à moitié les yeux et parla d'une voix douce.
– Je ne crois pas qu'on ait accordé l'attention adéquate aux implications à long terme de la – ah – combinaison d'ambitions de l'un des membres les plus proéminents de notre Maison. Songez, Phineas, que nous avons là un sorcier, un Serpentard, qui aspire sérieusement à la fois au contrôle absolu sur la communauté magique de Grande-Bretagne et à l'immortalité de sa personne. Il est évident qu'il a besoin de réfléchir à la meilleure manière de maintenir ce contrôle à perpétuité. Que souhaitera-t-il voir se confirmer chez les descendants de ses ennemis comme de ses partisans ?
Jamais, de son vivant ou ensuite, personne n'avait entendu Phineas Black jurer. Il avait toujours maintenu qu'une telle pratique trahissait un manque lamentable d'aisance avec la langue. Il semblait cependant qu'il éprouvait désormais le besoin de vocables supplémentaires.
Rogue l'écouta avec une attention courtoise pendant une minute ou deux. Sans aucun doute, certaines des expressions les plus éloquentes de Black méritaient d'être gardées en mémoire en cas de besoin ultérieur. Rogue finit par l'interrompre :
– Nous n'avons pas établi la vérité de cette thèse – mais la démonstration tient. Certainement pour le Seigneur des Ténèbres, peut-être aussi pour Grindelwald qui, comme lui, recherchait l'immortalité et avait épousé l'idéologie des sorciers de sang pur. Si la thèse de Burbage est vraie – ou si on la croit, qu'elle soit vraie ou fausse – empêcher le croisement Sang-Pur–Moldu en est la suite logique. Une double quête du pouvoir ultime et de l'immortalité implique qu'on veuille affaiblir la menace posée par la succession des générations. Le fait qu'un Sang-Mêlé souhaite faire avancer la suprématie des Sangs-Purs ne manque pas de poser des questions. En voilà une réponse possible, qu'on ne peut exclure d'après les faits que nous avons. Et c'est une réponse aux implications intéressantes pour la – ah – morale de notre Maison, si, par hasard, elle devait être découverte.
– Des implications intéressantes, de fait.
Le portrait de Black s'était mis à sourire. Ce n'était pas un sourire plaisant.
– En fait, le Seigneur des Ténèbres lui-même – en présence de Drago Malefoy – a tué le professeur Burbage, peut-être en punition de sa publication d'un article populaire sur cette recherche. Son accusation finale avant de la tuer a été, je cite : « Elle voudrait tous nous marier à des Moldus »…
– Peu judicieux d'avoir souligné ce point, murmura Black, ses yeux peints brillant de malice.
– De fait, répondit Rogue avec un petit sourire, en caressant à nouveau sa lèvre supérieure. Du reste, il était peut-être tout aussi peu judicieux de la part du Seigneur des Ténèbres d'insister pour qu'on ajoute le statut sanguin des élèves sur leur dossier personnel.
Il s'arrêta un moment pour sourire.
– Voilà qui autorise d'intéressantes comparaisons, reprit-il. Comme directeur pressenti, j'ai obtenu les listes mises à jour. Sur les vingt Serpentard qui attireront le plus l'attention de leurs compatriotes au fait du pouvoir, douze sont répertoriés comme Sangs-Mêlés, dont trois qui avaient précédemment réussi à garder leur statut sanguin secret. C'est presque la proportion inverse du nombre de Sangs-Mêlés dans l'ensemble des élèves de Serpentard ; donc, ça s'inscrit sagement dans la thèse du professeur Burbage.
Phineas l'interrompit à ce moment.
– Un tiers des Serpentard sont des Sangs-Mêlés, maintenant ? Et trois cinquièmes des plus puissants ?
Rogue leva les sourcils.
– Le Choixpeau magique les choisit d'abord pour leur appétit de grandeur, après tout. Je tiens à souligner que nous n'aurions jamais connu la proportion si le Seigneur des Ténèbres n'avait pas insisté pour la chercher – puisque les Serpentard qui ont une – ah – mauvaise origine apprennent rapidement à dissimuler ce fait. Comme je l'ai fait. J'ai noté votre surprise, Phineas, au sujet de mon statut sanguin… C'est élégant de votre part d'avoir tenté de cacher votre réaction.
Black refusa de ramasser le gant et répondit plutôt :
– Une remarque que Dumbledore a faite un jour au petit Potter, Severus, pourrait être introduite avantageusement dans ce contexte : il y avait deux garçons qui remplissaient les conditions initiales de la prophétie, et Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom a sans hésiter supposé que la menace venait du Sang-Mêlé, pas du Sang-Pur.
– Londubat contre Potter, oui, je m'en rappelle – et tous les élèves qui reviendront peuvent faire la comparaison eux-mêmes. Comme c'est… hum… utile… Pour revenir à des considérations stratégiques : vous êtes d'accord, je suppose, pour dire que ce qu'on se démontre à soi-même est plus convaincant que ce qui nous est dit. Aussi, l'impact ne sera-t-il pas maximal si un ou plusieurs élèves devaient découvrir des indices menant à un secret bien gardé ?
Le portrait de Phineas fit un geste de la main : c'était évident.
Les yeux de Rogue se plissèrent.
– Qu'en pensez-vous ? Est-ce mieux de le faire découvrir par l'un des Sangs-Mêlés, ou bien serait-ce encore plus inattaquable si ça l'était par un Sang-Pur ? Malefoy ne le transmettrait pas aux autres s'il y pensait, mais plusieurs des plus brillants le feraient. Surtout s'ils décident vraiment qu'eux, leurs parents et leurs grands-parents ont tous été manipulés par le Seigneur des Ténèbres.
Phineas mit ses doigts en clocher mais hésita à répondre.
– Un Sang-Mêlé, ça pose le problème que les Sangs-Purs peuvent le soupçonner d'avoir monté l'idée pour promouvoir son propre agenda. Un Sang-Pur, celui qu'il risque de la taire.
Rogue pensa à son sérum contre l'auto-aveuglement. Il devait être prêt pour les tests dans peu de temps. S'il marchait comme prévu, il pourrait servir utilement à contrer ce problème parmi les Sangs-Purs…
Phineas interrompit ses réflexions.
– Severus, et si vous faisiez en sorte que plusieurs élèves trouvent les éléments et les assemblent en groupe ? Parmi les élèves actuels, y a-t-il des… alliés proches ? En particulier, entre un Sang-Pur et un sorcier d'un autre statut ?
Rogue réfléchit.
– Nelson et la cadette des Parkinson. Elles vont entrer en cinquième année. Si je me souviens bien, la mère de Nelson est Moldue, Parkinson lui est loyale, et les deux sont exceptionnellement douées, même au regard des critères – ah – exigeants de notre Maison, pour flairer les secrets.
– Ces deux filles-là. Oui, Dumbledore les a reçues. À leur… insatisfaction mutuelle, je crois.
Bien sûr, Phineas devait prêter une attention soutenue aux procédures disciplinaires dans le bureau du directeur qui impliquaient leur Maison. Il était intéressant et inhabituel que Dumbledore ait trouvé utile d'intervenir lui-même plutôt que d'attirer l'attention de Severus sur le problème de discipline en question. Encore plus intéressant qu'une affaire de cette ampleur ait échappé à son attention. Il faudrait qu'il passe en revue les dossiers gardés par le directeur quand il y aurait accès.
À sa connaissance, ces deux gamines étaient les seules à avoir découvert les « cours de soutien en potions » de Potter – hormis l'intrusion purement accidentelle de Drago. Et elles avaient eu l'insolence de sous-entendre qu'elles ne croyaient pas à la version officielle. Elles avaient même remarqué la Pensine. Cela avait pris plusieurs retenues pour leur apprendre les vertus de la discrétion. Ou au moins du silence. Rogue acquiesça en lui-même. Oui, cette paire-là serait un bon choix.
S'il interdisait ce numéro de La Gazette (il se rappelait du succès qu'avait remporté Ombrage pour disséminer l'interview de Potter dans Le Chicaneur)… Parkinson harasserait sa sœur de questions une fois qu'on lui aurait suggéré que Malefoy savait quelque chose sur la mort de Burbage… On pourrait donner à Nelson l'information de Dumbledore sur Jedusor…
Où Nelson et Parkinson songeraient-elles à regarder en dehors des endroits habituels de travail pour trouver les notes de recherche négligées d'un professeur qu'elles n'avaient presque certainement jamais eu ? Il réfléchit à ce qu'il avait vu de leurs méthodes.
Il pouvait saupoudrer des preuves supplémentaires sur le chemin de plusieurs de leurs amis, ne serait-ce que pour partager le travail – et l'idée. Les listes de classe qui répertoriaient les évaluations des préfets de Serpentard, par exemple, faisait toujours l'objet d'ardentes recherches, et elles incluaient désormais le statut sanguin. Rogue commença à mettre au point les endroits et les manières pour disposer les indices. Il fit un signe de tête au portrait de Black et se prépara à prendre congé.
– Merci de votre aide sur cette question, Monsieur le Directeur.
Le portrait répondit sèchement.
– Je serais enchanté de vous aider encore, si vous deviez le demander, Monsieur le Directeur.
Rogue tiqua.
– Le titre est légèrement prématuré. En raison d'un problème de… publicité, je ne serai pas confirmé publiquement dans le poste avant la période précédant la rentrée. La précédant – ah – immédiatement, en fait, je crois. Le plan consiste à installer physiquement les Carrow et moi-même environ quinze jours avant cette date… Ah, ce serait aussi bien si l'on faisait une large fouille, non publique, pour retrouver les véritables notes de travail du professeur Burbage, et si ces notes étaient mises en sécurité dans le bureau du directeur.
– J'imagine que même une Gryffondor comme McGonagall devrait avoir les compétences nécessaires pour réaliser une fouille basique de cette nature si Dumbledore le demande – mais je dois vous recommander de la répéter vous-même une fois que vous serez présent en personne.
– C'est mon intention. Je vous laisse arranger les fouilles préliminaires, alors, directeur Black. Bonne journée.
– Bonne journée, Monsieur le Directeur.
Rogue se glissa hors de la maison et transplana en faisant tourner ses plans dans son esprit.
L'idée essentielle à faire passer était que Burbage avait été tuée pour supprimer ses recherches subversives. Oui, il devrait organiser un nettoyage public de la bibliothèque, de son bureau et de sa salle de classe pour souligner ce point. Devait-il attendre le début de l'année scolaire ou serait-il mieux de le faire avant et de laisser les élèves découvrir le fait accompli et spéculer dessus ? Il pouvait faire un trifouillage aux allures désespérées immédiatement après sa propre arrivée…
Pouvait-il manipuler le Seigneur des Ténèbres pour qu'il en donne l'ordre ? C'était risqué… mais le faire de sa propre initiative l'était encore plus, puisque le Seigneur des Ténèbres était loin d'encourager l'initiative. Il pouvait s'enquérir de la préparation du nouveau programme d'Étude des Moldus, peut-être… Même si le Seigneur des Ténèbres ne croyait pas la thèse de Charity, même s'il n'avait jamais prévu d'utiliser la consanguinité des sorciers de sang pur pour affaiblir ses rivaux futurs potentiels, les idées de Charity offensaient suffisamment l'idéologie des Mangemorts pour que Rogue puisse être en mesure de… cajoler le Seigneur des Ténèbres afin qu'il lui donne l'ordre d'éradiquer ses recherches. Et alors, Rogue pourrait faire passer le reste pour vrai.
Rogue sourit.
Ça pouvait se faire.
Rien – rien – n'aliènerait de manière plus permanente les membres de la Maison de Serpentard que l'idée qu'ils s'étaient laissés manipuler à leurs dépens… pendant cinquante ans.
Je n'ai pas pu te sauver, Charity. Mais je vais utiliser ta mort contre ton assassin.
Rogue est un génie. Testingt aussi. J'adore cette fic, j'adore cette vision machiavélique de Rogue, organisant la résistance à son propre régime. Et vous ?
Au prochain chapitre : maintenant que Rogue a une idée de la façon dont il doit manipuler les Serpentard, comment va-t-il s'y prendre avec les autres Maisons ?
