On quitte un peu les Kimera Ants pour un texte sur la période York Shin, à propos de Kurapika et Kuroro, sur le prompt "chaînes".


"Ce que vous faites est insignifiant."
Les propos du chef de la brigade se repassaient en boucle dans la tête de Kurapika, même des semaines après la fin des enchères de York Shin.
Quand il avait créé sa chaîne de nen, c'était dans l'idée qu'une fois capturées, les araignées seraient à sa merci, incapables de s'échapper. Kurapika avait enchaîné Kuroro des pieds à la tête mais cela n'avait pourtant pas suffit et il avait dû le laisser s'enfuir.

En y réfléchissant avec le calme habituel qui lui avait fait défaut à York Shin dès lors qu'il avait posé les yeux sur l'homme à la croix renversée, Kurapika avait prit conscience de sa chance.
Kuroro avait dit ne posséder aucune valeur en tant qu'otage et il avait à la fois eu raison et tort. La brigade n'était pas unie par une pensée commune, solide comme l'acier, au contraire de ce que Kurapika avait cru. Ses quelques échanges avec eux et les dires de Gon et Kirua lui avaient fait comprendre qu'à la place de Pakunoda, certains n'auraient pas hésité à tuer ses deux amis, sacrifiant leur chef pour porter un coup au messager aux yeux rouges. Et Kuroro était complétement en paix avec cette idée.
Uvoguine et la spécialiste s'étaient d'ailleurs sacrifiés pour l'araignée. Comme si aucun d'eux ne craignaient les chaînes froides de la mort.

Au cours de la nuit du 4 septembre, il avait perdu tous ses avantages : les secrets de son identité, de son nen, de sa faiblesse et même son informateur, puisque Hisoka avait révélé ses intentions pour rien.

Il ne restait désormais entre lui et la brigade fantôme qu'un fin maillon relié au cœur de son ennemi juré. Tant que celui-ci resterait en place, les autres membres ne pourraient pas l'attaquer. Cependant, dès qu'un effaceur de nen débarrasserait Kuroro de sa malédiction, Kurapika serait plongé dans le noir, sans aucune idée des activités de l'araignée. Ils pourraient lentement tisser leur toile jusqu'à lui pour l'attraper dans leurs fils avant qu'il n'arrive à leur passer la chaîne autour du cou.
Et s'il ne voulait pas que le passé se répète, il devait rester éloigné de ses amis pour les garder en sécurité.

Tous ses efforts se révélaient bien insignifiants car il se retrouvait à présent lui-même pieds et poings liés, dans l'attente.