Ce retard de l'infini ! Désolé !
En fait, j'avais complétement oublié cette fic, c'est avec vos reviews que je m'en suis souvenu ^^'
Bon, l'avantage, c'est qu'elle est finie au niveau de l'écriture, donc la régularité devrait être fixe maintenant ^^' On se retrouve donc Lundi prochain pour la suite, entre temps ALFDM sera finie, donc je pense vous gâter en publiant deux fois par semaine, pour en finir rapidement avec cette fic ^^
Merci pour votre infinie patience ^^
Merci pour vos reviews, vos fav et vos follows.
Merci à Another pour sa correction parfaite.
Bonne lecture !
Bob était resté très silencieux, contrastant avec l'homme paniqué qu'il était il y a moins d'une heure et l'énergumène surexcité qu'il était au quotidien. Pour la première fois dans leur duo, Fanta du se forcer à meubler la conversation. Mais que dire dans ce genre de contexte ?
Ils finirent par simplement communiquer en courtes phrases, c'était tout ce dont était capable le pyrobarbare incrédule. Ils coupèrent du bois jusqu'à en remplir leurs sacs, Bob demeurant sans mots en voyant les blocs se réduire à la taille d'une petite main à chaque fois qu'ils en cassaient un.
Bob avait juste soupiré un « Minecraft, hein… » quand il avait tenté de poser un de ces blocs à terre, ce dernier reprenant sa taille à la seconde où il l'a touché.
Fanta l'observait du coin de l'œil, s'étonnant de sa propre capacité à s'adapter plus vite que son ami. Oui, il avait peur aussi, il était même sûrement un million de fois plus terrifié que Bob à l'idée de ne pouvoir peut-être jamais sortir, mais couper du bois et récolter toutes les ressources disponibles lui occupaient l'esprit.
Car oui, ils étaient coincés là pour un long moment. Le livre, que Fanta avait trouvé dans le coffre avant de le faire lire à Bob, montrait qu'ils avaient sciemment été piégés ici.
Fanta, Bob. LA référence sur Minecraft.
Et pourtant, vous êtes d'une médiocrité… S'en est désolant.
« On n'y joue pas assez pour avoir le skills que certains no-life ont ». Ce sont vos propres mots. Alors, remerciez-moi. Je vous donne l'occasion, unique, de vivre Minecraft.
Mais peut-être pensez-vous déjà à « fuir ». Surtout Fanta, hein ? Lâches.
Eh bien, il faudra faire preuve de bravoure. Pour quitter Minecraft il faudra emprunter un portail, dans l'Ender, qui ne s'ouvrira qu'après la mort de l'Ender-dragon. De quoi avoir le temps de s'amuser. Et, évidemment, vous n'avez pas droit à l'erreur. Pas de barre de vie ici, vos dégâts seront réels et ne se soigneront pas simplement en mangeant. Désolé pour ça, j'ai pas trouvé le moyen d'arranger ce point. Oh, et du coup, inutile de vous dire que vous n'avez qu'une seule vie, si vous mourrez ben… Vous êtes morts. Ha ! Dernier détail : Comme vous avez commencé l'aventure ensemble, il faut la finir ensemble. Si l'un de vous meurt, l'autre est coincé ici, jusqu'à ce que je daigne le renvoyer dans le monde réel… Oui, j'ai été vil sur ce point, mais cela me semblait être une idée sympathique.
De toute façon, je vous regarde. Alors offrez-moi un spectacle divertissant.
Et maintenant, dansez.
Votre ami, Klorph.
Le livre ne contenait rien d'autre. Bob s'était contenté de le jeter contre un arbre, dans un geste rageur, Fanta savait qu'il l'aurait même brûlé en même temps que la forêt s'il avait pu.
Le soleil se couchait déjà, cependant. D'un même mouvement, ils rangèrent leurs ressources dans le sac, l'endossèrent, Bob cassa et rangea le coffre et la table de craft dans son sac alors que Fanta reprenait le livre, et ils s'éloignèrent au plus vite. D'un commun accord, ils avaient décidé de ne pas rester dans cette forêt. Trop ombrageuse, trop dangereuse. Tous deux avaient en tête que dans ce monde, les zombies et les creepers existaient peut-être.
Finalement, ils ne parvinrent pas à sortir de la forêt avant la tombée de la nuit. Ils grimpèrent alors en haut d'un arbre, les feuillages semblant être aussi solide d'un bloc de bois. Ils posèrent les torches autour d'eux et cassèrent les blocs communicants avec les autres arbres.
Seuls, assis sur leur îlot de feuilles, ils se placèrent dos à dos, une hache dans les mains de Bob, et une pioche dans celles de Fanta.
Et ils n'avaient toujours pas prononcé le moindre mot l'un pour l'autre.
Fanta tenta alors de briser le silence, s'appuyant davantage sur Lennon.
« -Bob, ça va ?
-On se les cailles. »
Fanta laissa échapper un rire nerveux, se rappelant l'état vestimentaire de son ami. Peut-être pourraient-ils se fabriquer des vêtements.
Bob ferma les yeux et baissa la tête en soupirant, les jambes en tailleur. Il n'arrivait pas à quitter cette dureté qui l'envahissait depuis que tout ceci était devenu réel. Mais la chaleur dans son dos, et les tentatives de Fanta le faisaient culpabiliser de plus en plus. Après tout, ils étaient deux dans cette galère.
Il inspira, s'appuya à son tour sur le dos de son ami, et ajouta :
« -Et toi ? »
Fanta sourit dans la nuit, le visage éclairé par la lumière de la torche. Encouragé, il répondit :
« -Maintenant, ouais. »
Ce fut au tour de Bob de rire en silence.
« -C'est très homo-gay ça.
-Ouais. –Fanta rit légèrement, sentant les brèves secousses dans la respiration de Bob se transmettre à son propre corps, avant de lâcher sur un ton plus sérieux- Mais c'est vrai. J'ai besoin de savoir que t'es vraiment avec moi sur ce coup.
-Je suis là. –Souffla l'homme dans son dos, perdant à son tour le sourire.
-Ne joue pas sur les mots Bob. J'ai besoin qu'on se serre les coudes. On n'y arrivera pas sinon. Enfin… T'y arrivera peut-être, mais pas moi.
-Ne dis pas de connerie. Sans toi je serais en train de chialer comme une merde.
-Pareil pour moi. »
Le silence reprit ses droits, mais cette fois-ci il ne pesait pas, c'était un dialogue qui se passait de mots.
« -On va aller buter du dragon alors ? » Demanda Bob, brisant ce nouveau silence.
« -Le pyrobarbare est réticent ? » Tenta Fanta, voulant cacher sa peur à cette idée.
Bob laissa passer quelques secondes avant de répondre :
« -Je sais pas. J'allais dire qu'on n'est pas dans un jeu mais… -Il laissa échappé un rire bref- Je veux dire, les risques sont réels, et les dragons sont pas réputé pour être vraiment sympa. Puis t'imagine. Toi et moi, en train de se battre contre un dragon. Un vrai, en vrai !
-Mmh. Ça devrait te plaire, pour un métalleux.
-Ouais, c'est métal mais… Je ne veux pas mourir, ni te perdre. Et c'est ce qu'on va risquer si on y va. –Bob soupira, mitigé- Alors, je ne sais pas. »
Fanta hocha la tête, oubliant qu'il ne le voyait pas, et donna son point de vue :
« -Honnêtement Bob, j'ai pas envie. Je ne veux pas qu'on aille affronter ce dragon. D'abord car je n'y arrive déjà pas sans mourir sur Minecraft, et ensuite car… J'ai peur. Je flippe Bob, vraiment. J'ai envie qu'on sorte, mais l'idée d'aller affronter un dragon me convaincrait presque de construire une maison et de finir mes jours ici. »
Bob ne répondit pas, laissant planer un nouveau silence. Il allait enfin commencer à parler quand Fanta se figea subitement dans son dos.
« -Qu'est-ce qu'il se passe ? » Chuchota-t-il alors, n'osant pas bouger non plus.
« -Un… Un… Sur l'arbre, devant. »
Bob se tourna lentement, et regarda par-dessus son épaule et celle de son acolyte l'objet de la panique de Fanta.
Sur l'arbre, à cinq blocs d'eux, qu'il ne pouvait franchir à cause du vide, un être monstrueux les regardait sans bouger. Un long torse verdâtre sur lequel trônaient une tête arborant un sourire défiguré, l'être semblait se déplacer grâce à ses quatre petite pattes situées au ras du sol, et émettait des bruit sifflant, semblable à celui d'une mèche qui se consomme à chaque fois qu'il tentait de s'approcher davantage. Un creeper. Bob se tourna un peu plus, toujours aussi prudemment, et posa ses deux mains sur chacune des épaules d'un Fanta terrifié. Il lui chuchota au creux de l'oreille.
« -Respire, il ne peut pas nous approcher. Il est coincé. Ça va aller. Fait-moi confiance. »
Une main vint tenir sa main gauche, la serrant. Fanta tremblait sous lui, en reculant un peu, se collant davantage à Bob. Ce dernier comprenait à présent le vrai sens des paroles de son ami. Il avait vraiment besoin de lui, la peur est un sentiment qui lui avait toujours fait ressentir une grande douleur, bien plus que la moyenne des humains. Alors qu'il était juste tétanisé par la panique, Fanta n'allait pas bien du tout, et il le poussait inconsciemment à prendre les devants, à être brave, tandis que lui-même s'effondrerait sur place si le chauve n'était pas à ses côtés. Le socle et l'épée. Ça aussi, ça prenait un autre sens dans ce monde.
Bob passa ses bras autour des épaules du plus grand, et recula un peu, le poussant à accompagner son geste. Le creeper finit par s'éloigner, alors que Fanta lâcha un sanglot de soulagement. Il se sentait minable, à ne pas savoir faire face à la menace alors que Bob avait immédiatement su se contrôler. Il arrivait certes à s'adapter rapidement, mais pas face à… ça.
Bob le lâcha lentement, s'excusant presque de ce geste un peu trop intime.
Au moins, ils avaient leur réponse : Les monstres existaient bel et bien dans ce monde.
Ils reprirent position, dos à dos. Cette nuit-là, ils furent incapables de fermer l'œil une seule seconde.
Le jour arriva enfin, trop lentement à leur goût.
Ils descendirent prudemment de l'arbre, toujours sous la coupe de la mauvaise rencontre de la nuit, vérifiant attentivement autour d'eux si autre monstre tentait de les approcher, mais rien de tel n'arriva.
Ils reprirent alors aussitôt leur chemin en quête d'un endroit sécurisé, propice au repos et à la construction d'une maison, d'un pas bien plus rapide.
Si rapide qu'ils en courraient presque, fuyant cette forêt bien sombre.
Si rapide qu'ils ne regardaient plus où ils mettaient les pieds.
Si rapide que Bob ne comprit pas tout de suite ce qu'il s'était passé quand Fanta disparut dans le sol en hurlant.
Il y avait eu un trou, si profond et si sombre qu'il n'en voyait pas le fond. A quatre pattes sur le sol, la peur serrant son cœur, il hurlait le nom de son ami. Alors qu'il resta silencieux quelques secondes afin d'entendre une réponse, un signe de vie, il remarqua l'écho et un léger bruit d'eau au fond. Une grotte ? Son ami serait tombé dans une grotte. Le visage difforme du creeper lui revint immédiatement en tête, et il hurla encore plus fort :
« -Fanta ! Fanta, Tu vas bien ? Répond-moi ! »
Il frappa d'un geste rageur le sol, ne remarquant qu'à peine les larmes qui embuait sa vue. Il n'entendait que le silence, ce silence trop long, trop lourd, et ce stupide bruit d'eau qui continuait, insensible à ses hurlements.
Sur un coup de tête, il saisit sa pioche et creusa sous lui. Il devait le retrouver. Coûte que coûte.
Fin chapitre 2
