CHAPITRE 3
Wow, pensais-je en rentrant me coucher à catimini. Drago Malefoy venait de m'emballer, plutôt bien si j'étais honnête avec moi-même. Il aurait fallu que j'y réfléchisse plus, que j'émette des théories, que je trouve une explication rationnelle. Il n'y en avait pas. Et si c'était une hallucination ? L'Imperium ? Une potion quelconque ? Je n'en avais strictement aucune idée.
Ma dernière pensée avant de m'écrouler pour un sommeil bien mérité fut que j'aurai à l'affronter demain, le cours de Potions commun. Avec les Serpys et que Malefoy m'en ferait sûrement baver. Dans tous les sens du terme.
COURS DE POTIONS
L'angoisse me tordait le ventre en arrivant en Potions, la faim aussi. Je n'avais rien pu avaler, ayant trop peur de ma confrontation avec Malefoy. Ron et Hermione arriveraient bientôt, j'avais préféré prendre de l'avance. Accolé à la porte du cachot, j'attendais plongé dans mes pensées quand elle s'ouvrit d'un coup sec libérant une tornade blonde. Oh. Mon cœur loupa un battement, et mes joues prirent un teint rose soutenu. Malefoy paraissait excédé au sortir de sa discussion avec Snape. Celui-ci referma la porte dans un claquement sourd sans nous jeter un regard, nous laissant seuls. Dire que le professeur de Potions était tendu en ce moment était un euphémisme. Hermione nous avait rapportée qu'elle avait vu Rogue attendre devant le bureau de Dumbledore à de nombreuses reprises.
Le blondinet était encore plus beau quand il était en colère. Il n'y avait rien à redire à sa tenue, comme d'habitude. Je me demandais soudain ce qu'il pouvait bien me trouver. A côté de ses robes tissées dans un tissu précieux, et ses chaînes en or, je me faisais pitié à moi-même. Mon physique ne me plaisait pas spécialement, j'évitais habituellement le miroir au maximum. Quant à Malefoy, c'est un bourreau des cœurs. Les partenaires (aussi bien féminins que masculins) défilaient dans son lit. Sa plus longue relation avait duré 3 jours, avec Pansy Parkinson, un bon parti que Malefoy père adore. Je mettais ce succès immense sur le compte de sa notoriété, et de son physique aussi. Ses prunelles grises fixaient le plafond d'un air excédé. Malefoy m'ignorait superbement. Je décidai alors de prendre les devants :
Ca ne va pas ?
Ca te regarde ?, me fit-il en daignant se tourner vers moi, un léger sourire ironique sur le visage
Non… Enfin, tu n'as pas l'air d'aller bien, c'est tout, marmonnai-je la tête baissée pour ne pas croiser ses yeux.
Toi non plus, me rétorqua-t-il, il faut arrêter de se coucher si tard Potty, avec un vrai sourire cette fois
Oh, mais j'ai une excuse pour m'être couché tard. Tu veux savoir laquelle ? demandai-je avec une petite voix, ayant peur de me faire rembarrer, comme cela se produisait d'habitude.
Je crois que je la connais, me murmura-t-il, avant de me plaquer contre le mur et de rapprocher son visage du mien, doucement.
Ses lèvres se scellèrent finalement aux miennes et il m'embrassa comme personne ne l'avait jamais fait. Ses mains se faufilèrent un passage dans mes cheveux et sa langue dans ma bouche. Je sentais son souffle frais mentholé sur mes lèvres alors qu'il reprenait son souffle. Et recolla ses lèvres sur les miennes, plus férocement cette fois, son corps se rapprocha du mien et il passa ses mains sous ma chemise. Je sentis fugitivement son érection mais cela n'importait pas. Au loin, nous entendîmes des voix, ce qui nous fit cesser toute activité. Il se sépara de moi d'un coup, sans aucune trace d'inquiétude sur le visage. Je tentai de me donner un aspect présentable. Il n'était pas en meilleur état que moi. Ses lèvres étaient rouges et légèrement entrouvertes, ses prunelles assombries par le désir et ses cheveux aussi en bataille que les miens.
En me voyant, Ron et Hermione se précipitèrent vers moi, regardèrent Malefoy d'un air suspicieux et me racontèrent qu'ils avaient parlé à Cho pendant le déjeuner. Visiblement, elle me cherchait. Je pressentais une rencontre « fortuite » avec elle au détour d'un couloir, mais je ne pouvais pas savoir à quel point j'avais raison. Cette fille était une plaie. Comment avais-je pu la trouver jolie un jour ?
Severus Snape apparut à la porte, nous ordonna sèchement d'entrer, faisant taire tous les bavardages soudainement. Ces derniers temps, l'énerver relevait du suicide. Il répondait à Malefoy à demi-mot. C'est dire. Nous entrâmes dans une atmosphère solennelle et allâmes nous asseoir, sans un murmure. Malefoy était déjà assis, il détourna son regard quand je m'assis et ne me parla pas du reste de l'heure. C'était sans doute mieux que ça, il était toujours aussi désirable et notre baiser interrompu m'avait frustré. Je suis parti le sourire aux lèvres, parce que je savais qu'il pensait encore aux deux baisers que nous avions échangés. Pour une fois que j'avais l'impression de maîtriser quelque chose avec Malefoy.
GRANDE SALLE
Je sortis rapidement des cachots, accompagné de Ron et d'Hermione qui avaient apparemment quelque chose d' « extrêmement important » à me dire. Nous nous rendîmes à la Grande Salle, affamés. Je me jetai sur le banc usé par les milliers d'étudiants passés ici avant nous. Le repas serait servi dans quelques minutes. Hermione n'attendit pas avant d'attaquer, cette fille était un pit-bull quand elle voulait
Harry, nous sommes inquiets pour toi. Tu as besoin de compagnie
Je vous ai vous, soupirai-je, et ces chers Serpys toujours prêts à me sauter dessus
D'ailleurs, qu'est-ce que tu trafiques avec Malefoy en ce moment ? me demanda-t-elle
Là. On était arrivés au véritable enjeu de cette « discussion » (j'appelle ça un procès public) plus vite que prévu. Ma vie sentimentale.
Rien de plus ou de moins que d'habitude, rétorquai-je d'une voix légèrement aigüe
Puisque rien ne se passe avec la fouine, tu peux peut-être te tourner vers les filles. Je peux te citer des dizaines de filles, toutes maisons confondues, qui rêvent de sortir avec toi Harry.
Elles rêvent de sortir avec l'Elu, pas avec Harry. De toute façon, j'ai déjà quelqu'un en tête, laisse tomber Hermione, s'il te plaît
Très bien, mais tu sais ce que j'en pense, me dit-elle, en me regardant fixement.
Euh, non. En fait, j'avais la terrible impression qu'elle savait ce qui se tramait avec Malefoy et attendait tranquillement que je l'annonce. Ben voyons. Ron ne serait pas ravi d'apprendre certaines de mes tendances. En fait, il me tuerait. Et il me tuerait une deuxième fois quand il apprendrait avec qui je « sors ».
C'est pour ça que je me suis contenté de marmonner et baisser les yeux sur mon assiette de pommes de terre – rôti. Ron donnait l'impression de ne s'intéresser nullement à notre discussion. Il avait toujours été passionné par la nourriture, je ne lui en voulais pas, au contraire.
