Hadès avait été étonné par son geste d'affection. Il aurait pu simplement la remercier, quelle force l'avait donc poussé à l'embrasser tendrement. Il était vrai que le comportement de la jeune fille n'avait cessé de le surprendre. Jusqu'au dernier moment il s'était attendu à ce qu'elle réclame un paiement, mais non, tout ce qu'elle avait demandé de lui c'était qu'il revienne la voir. Et pourquoi mentait-elle à propos du nom qu'elle lui avait donné. Qu'est-ce qu'il pouvait bien signifier ? Perdu dans ses pensées, il n'avait pas remarqué le vieil homme assis à côté de lui, jusqu'à ce que celui-ci lui adressa la parole.

- Bonjour, magnifique ! Dit le vieux en désignant le bloc de dessin.

- Mmmhh... Fit Hadès qui n'avait pas envie de discuter.

- Votre dessin, il est magnifique.

Le dieux baissa les yeux sur le portrait de Seika. Il avait acheté quelques heures plus tôt un bloc et des crayons car dessiner l'occupait, le détendait et lui donnait un prétexte pour observer les gens. Assis dans ce parc, ce n'était pourtant pas les sujets qui manquaient, pourtant c'était SON portrait qu'il avait dessiné.

- C'est votre petite amie ?

- Non.

- Votre sœur ?

- Non

- Quelqu'un que vous connaissez ?

- Non

Hadès soupira, il avait espéré que ses réponses sèches décourageraient le vieillard, mais non.

- En tout cas, elle est très belle

Oui, très belle, se dit Hadès avec un sourire songeur, et... Il se gifla mentalement. Mais enfin, qu'est-ce qu'il lui prenait ? Ce n'était qu'une simple humaine, la plus quelconque des nymphes était bien plus belle.

- Vous venez d'arriver à Athènes ? Reprit le vieil homme en désignant le sac à dos.

- Oui

- Étudiant ?

- Non.

J'ai l'air si jeune que ça ajouta-t-il mentalement.

- Mon petit fils était étudiant, je l'hébergeais, mais maintenant qu'il a eu son diplôme il est reparti. Je vis à nouveau seul.

Ça explique pourquoi il s'inscruste pensa Hadès en soupirant à nouveau.

- Vous êtes dessinateur professionnel ?

- Non

- Vous pourriez, vous avez du talent.

Hadès ouvrit la bouche pour remercier le vieux homme, mais il n'en eu pas le temps.

- Au fait ! Je ne me suis pas présenté. Je m'appelle Cyril Anthépoulos et vous ?

- Ily

- Ily ? C'est votre prénom ? Et votre nom de famille ? C'est original, ça vient d'où ?

- Je ne sais pas, c'est un nom que l'on m'a donné et la personne en question ne sais pas d'où cela vient répondit Hadès en soupirant d'exaspération.

Ce méprenant sur le soupir du dieu, Cyril posa une main compatissante sur son bras et lui dit.

- Vous n'avez pas de famille ? Je comprend, c'est dur.

Hadès leva les yeux au ciel en soupirant à nouveau, le vieil homme venait encore de faire les questions et les réponses. Bon l'avantage, se disait Hadès, c'est qu'il n'avait pas à inventer de mensonges, le crampon s'en chargeait. Il estimait s'être montré plus que patient avec cet humain. Ce n'était pas à lui, le puissant Hadès de partir. C'était à ce vieillard de comprendre qu'il l'exaspérait. Il fut une époque où il l'aurait écraser avec délectation. Bon, il était vrai que l'idée lui caressait l'esprit depuis un bon moment, mais il devait rester discret. Finalement, il se décida à mettre son orgueil divin de côté et se leva pour partir. Mais Cyril s'était lui aussi levé et posant la main sur son épaule, il demanda hésitant.

- Savez-vous... Où... Vous allez dormir ?

- À l'hôtel grommela Hadès.

- Non ! Non ! Ne gaspillez pas votre argent à l'hôtel, je vais vous héberger.

Le dieu le dévisagea incrédule.

- C'est normal vous savez ! Je sais ce que c'est, j'ai eu votre âge.

Mon âge ! Ça, ça n'étonnerait se dit Hadès avec une pointe d'amusement.

- Et vous m'invitez comme ça ! Chez vous ! Sans même savoir qui je suis ! Je pourrais tout aussi bien vous assassinez et vous dépouillez !

Cyril lui adressa un sourire radieux.

- Oh non ! On m'a toujours dit que je savais juger les gens, et je vois dans vos yeux que la vie ne vous a pas épargné. Mais malgré tout, vous êtes resté quelqu'un de bien.

Hadès fixa le vieil homme avec intensité. Celle-là non plus, on ne lui jamais faite. Ce vieillard se fichait-il de lui ? Non, son sourire était sincère. Sans qu'il comprenne pourquoi, son cœur s'accéléra, quelqu'un de bien... Au cours de sa longue existence, on l'avait qualifié de beaucoup de choses. On l'avait craint, on l'avait vénéré... Il avait toujours eu face à lui dévotion et soumission, toujours dans le but d'obtenir ses faveurs. Mais au fond, jamais on ne lui avait dit avec cette simple et innocente sincérité qu'il était quelqu'un de bien. Hadès sourit, une autre pensée lui était venue à l'esprit : est-ce que ce vieil homme trouverait toujours qu'il est quelqu'un de bien s'il apprenait qu'il avait tenté de détruire la terre.

- Allez ! Venez ! S'exclama Cyril

- Non répondit Hadès en reprenant son sac pour partir.

Mais le vieil homme le retint par le bras.

- Voyons, ne soyez pas gêné ! Ça me fait plaisir de vous héberger le temps que vous vous installiez vraiment.

Hadès soupira, rien à faire, le crampon était têtu. Il ne lui restait plus que deux solutions, se résigner ou le réduire en cendres. Bien que trouvant cette dernière séduisante, il jugea plus sage d'opter pour la résignation. Et puis, ainsi il ne dépenserait pas l'argent de Seika. Le dieu se donna une nouvelle gifle mentale en se disant : "arrête donc avec ça ! Tu ne la reverra pas !"

Dans la pénombre de sa chambre, assis sur le rebord de la fenêtre, Hadès broyait à nouveau du noir. Cyril frappa à la porte. N'obtenant pas de réponse, il entra timidement.

- le dîner est prêt.

Sans répondre, Hadès tourna à nouveau la tête vers la fenêtre pour observer la pluie. Le vieil homme sorti en refermant la porte et le dieu le remercia mentalement de lui avoir fait grâce de son bavardage incessant. Pourtant, une petite voix sournoise se fit entendre "Seika ne t'aurait pas laissé ainsi broyer du noir. Elle t'aurait imposé d'un ton ferme une de ses trouvailles farfelues pour te changer les idées, et son habituel sourire aurait fini par te faire céder". Cette pensée lui arracha un faible sourire, presqu'un rire qu'il contint malgré tout.

Au fond, tout cela c'était de la faute d'Athéna ! Elle avait presque failli le tuer et... Hadès ferma les yeux, les pensées qui l'avaient assailli quand le sceptre l'avait transpercé lui revinrent. La déesse lui avait reproché de ne pas savoir ce qu'était l'amour. Mais elle ! Que connaissait-elle de l'amour ? Elle ne voyait que le côté naïf et rayonnant, les fleurs et les petits oiseaux. Mais que savait-elle de la souffrance qu'il engendre. Il avait aimé autrefois, aimer à en mourir. Il l'avait perdue et depuis il mourait un peu plus chaque jour, en une lente et douloureuse agonie.

- Perséphone... Murmura-t-il douloureusement.

Il se souvenait d'une soirée près d'un feu de cheminée, ils étaient assis à terre, sur des coussins de soie et des fourrures, Perséphone blottie dans se bras, ils regardaient simplement les flammes. La déesse avait alors tourné la tête vers lui et lui dit avec un sourire énigmatique.

- Hadès ! Je vais confier un secret.

Répondant à la question muette de son bien-aimé, elle poursuivit.

- Je connais trois mots qui peuvent renverser des empires et déchirer des univers.

- Ah oui ! Lesquels ? Dit Hadès, un sourire amusé sur les lèvres et se demandant ce que sa fiancée avait bien pu inventer cette fois encore.

Perséphone lui murmura les trois mots à l'oreille et Hadès se mît à rire, de ce rire enfantin qu'elle seule savait si bien déclencher chez lui. Avec une moue boudeuse la déesse lui frappa le torse en disant.

- Te moques pas Hadès ! C'est vrai.

Alors pour se faire pardonner, il l'embrassa et lui dit.

- Je t'aime ma douce.

- Moi aussi mon amour, répondit-elle en lui rendant son baiser.

Hadès senti son cœur se serrer, il posa le front sur la vitre, sa fraîcheur lui faisait du bien. Et pour la première fois depuis des siècles, il laissa couler ses larmes, faisant écho aux larmes de pluie ruisselantes à l'extérieur. Oui, pensa-t-il, l'amour est un poison qui le tue un peu plus chaque jour. Quand cessera donc son agonie ?

- Je les hais tous !... Les hommes... Et les dieux !

Et il pleura, seul dans la nuit.

Lorsqu'il ouvrit les yeux il faisait encore nuit. Sentant la couverture douce et chaude sur lui, Hadès sourit. Cyril l'avait couvert sans le réveiller pour qu'il ne prenne pas froid. Le dieu se leva et alla à la salle de bain se passer de l'eau froide sur le visage. Les mains appuyées sur le lavabo, il soupira. Bien qu'il se refusait à l'admettre, pleurer lui avait fait du bien. Son cœur s'était un peu allégé du poids qui l'alourdissait. Il retourna dans la chambre, se déshabilla pour se coucher et assis sur le lit, il remarqua quelque chose posé sur la table de chevet. Hadès alluma et vit un plateau repas avec un papier où il pu lire : "j'ai pensé que vous auriez peut-être faim cette nuit. Cyril."

Effectivement, il avait faim, mais cela n'avait rien d'étonnant vu que son dernier repas remontait à son petit déjeuner avec Seika. Il dévora alors le dîner déposé par le vieil homme tout en s'obligeant à ne pas comparer sa cuisine à celle de la jeune fille.

Il allait se coucher, mais il se ravisa en souriant. Il prit la petite note laissée par Cyril et écrivit au verso : " Merci. Ily" et reposa le papier bien en évidence sur le plateau. Contrairement à ce qu'il pensait, il s'endormit rapidement.

Lorsqu'il ouvrit à nouveau les yeux, le soleil était déjà haut, il les referma quelques instants. Quelle heure était-il ? Lentement, il alla prendre des vêtements propres dans son sac et aperçu un livre au milieu de ses affaires. Curieux ! Il n'en avait pas emmené ! Hadès le sortit et l'ouvrit, "la mort prend des vacances". Il sourit en lisant la dédicace : "En souvenirs des bons moments passés ensemble. Tendrement. Seika". Il remit le livre dans son sac et direction la douche.

Hadès soupira d'aise sous le jet d'eau tiède. Telle une pluie bienfaisante, l'eau ruisselait sur sa peau, délassant au passage ses muscles tendus. Il prit le gel douche et tout en massant les muscles que l'eau tiède n'avait pas encore détendu, il se savonna, fermant les yeux pour savourer la douceur de la mousse sur sa peau et les senteurs fraîches d'agrumes-thé vert qu'elle dégageait. Le dieu se rinça à l'eau froide pour tenter de chasser les dernières brumes de sommeil et sitôt habillé rejoignit Cyril dans la cuisine.

- Bonjour Ily et de rien claironna le vieil homme, ce qui fit grimacer Hadès.

- Le déjeuner sera prêt dans une demie-heure enchaîna-t-il sans laisser au dieu le temps de répondre à son bonjour.

- Déjeuner ? Quelle heure-t-il ?

Au grognement d'Hades, Cyril se retourna et le fixa en haussant les sourcils.

- 11h20, mais je vais vous réchauffer du café, répondit-il en souriant face à l'air mal réveillé du dieu.

Le vieil homme posa un bol sur la table en disant.

- Vous dormiez si bien que je n'ai pas osé vous réveiller. Remarquez ! Je ne sais pas si vous êtes de ceux qui se lève au chant de du coq. Vous me direz pour la prochaine fois ?

N'obtenant pas de réponse, le vieil homme continua son monologue. Il parlait, parlait... Et parlait encore, de tout et de rien allant du prix des pommes à... En fait, il n'en savait rien vu qu'il n'écoutait pas. Hadès, assis à la table, la tête entre les bras, faisait en fait appel à tout sa volonté pour ne pas tailler en pièce le vieillard, maudissant la présence d'Athéna et de ses chevaliers qui l'obligeait à se faire discret. En effet, il était de notoriété public aux enfers qu'il valait mieux éviter le maître des lieux avant qu'il aie avalé son café matinal. Laissant ses pensées dérivées, il arriva à : "Sei..."et le nœud qui se forma dans sa gorge envoya le signal à un bonne paire de claques mentale avant que son esprit ne mentionne les noms de Seika et Perséphone. Pour éviter toute autre pensée douloureuse, il reporta son attention sur Cyril au moment où celui-ci lui demanda.

- Vous cherchez du travail dans quoi ?

- Hein ?!

- Je suppose que vous cherchez du travail ? Quel est votre métier ?

Souverain des enfers failli répondre Hadès outré, un dieu ! Travaillé ! Et puis quoi encore! Mais bon, puisqu'il se faisait passer pour un humain, il était bien obligé de jouer le jeu. Mais quel métier...

- Qu'est-ce que vous savez faire ? Demanda Cyril face au silence d'Hadès.

- Rien marmonna-t-il.

- Tout le monde sait faire quelque chose.

Le vieil homme réfléchit en faisant la moue.

- Mais si ! Bien sur ! S'exclama-t-il vous savez dessiner.

- C'est un métier ça, grommela Hadès.

- Mais oui, souvenez-vous ! Je vous ai demandé si vous étiez dessinateur professionnel hier. Qu'est-ce que vous avez comme études ?

Le dieu ouvrit de grands yeux ronds.

- Ah ! L'école s'était pas votre truc. Vous pouvez toujours commencer en proposant aux touristes de faire leur portrait. Ils aiment ce genre de souvenir personnalisé, d'autant que certains apprécient toujours d'aider un p´tit jeune.

Se méprenant sur le grognement d'Hadès, Cyril s'exclama.

- Si, si ! Je vous assure ! Je vais me renseigner sur les autorisations qu'il faut, mais vous pouvez déjà commencez dans le parc.

Et voilà, ça recommençait. Heureusement, le vieil homme venait de lui donner l'occasion de passer ses journées dehors, sinon il était pas certain de conserver son calme bien longtemps.

- Oui, dit Hadès brusquement en se levant. Je vais faire comme ça.

- Et vous allez où là ?

- Et bien, dans le parc, comme...

- Oh non, non, non, le coupa Cyril le faisant rassoir. Hors de question que je vous laisse sortir le ventre vide.

Et tout en lui servant une généreuse portion de lagoto, il ajouta compatissant.

- Surtout que vous ne devez pas manger tous les jours à votre faim.

Hadès ouvrit la bouche mais finalement, il la referma, jugeant préférable de se taire. Se méprenant une fois de plus sur la réaction du dieu, Cyril s'exclama avec un sourire radieux.

- Inutile de me remercier, c'est tout à fait normal.

Exaspéré, découragé, Hadès soupira. Un adolescent miséreux ! Était-ce vraiment l'image qu'il donnait, ou était-ce ce vieillard qui était sénile ? Son amour-propre opta pour la seconde hypothèse. Sitôt le copieux repas terminé, Hadès prit son matériel de dessin et fila avant que son logeur ne lui tombe à nouveau dessus.

Il occupa ainsi ses journées à dessiner et à observer les humains en réfléchissant. Il se demandait toujours ce qu'ils avaient de si exceptionnel pour que sa nièce les protège avec tant de ferveur. Il était vrai que certains d'entre eux remontait le niveau. Ce vieil homme par exemple, Cyriĺ, il devait bien reconnaître que, tout agaçant qu'il soit, était quelqu'un de généreux. Et Seika... Malgré ses fréquents rappels à l'ordre, à ce rythme il allait devoir porter plainte contre lui-même à SOS dieux battus, la jeune fille hantait toujours ses pensées.

Hadès remuait encore quelques sombres pensées lorsqu'il entendit une petite voix dire :

- T'es tout triste monsieur, toi aussi ton chat est mort ?

Il sut qu'elle s'adressait à lui quand il sentit une petite main lui tapoter le genou.

- Ton chat est mort ?

- Non, mon chat n'est pas mort.

- Mon chat à moi, il est mort.

- Stella ! Dit la fillette en tendant une main poisseuse vers Hadès.

Celui-ci regardait avec inquiétude la boule de glace qui penchait dangereusement vers le bloc de dessin. Par prudence, il le posa à côté de lui.

- Et toi monsieur ? C'est quoi ton nom ?

- Hadès répondit-il, espérant effrayer la gamine pour s'en débarrasser.

- Hadès ! C'est drôle comme nom !

- Seigneur des enfers, ajouta-t-il pour qu'elle comprenne.

- C'est quoi un seineur ?

- le dieu soupira, les humains n'apprennent donc plus rien à leurs enfants.

- Un sei-gneur ! C'est un souverain.

- C'est quoi un sous le vin ?

Hadès respira à fond pour ne pas s'énerver.

- Un sou-ve-rain, c'est un roi.

- T'es un roi

- Non, je suis un dieu dit-il, non sans se demander pourquoi il s'obstinait à lui répondre et pourquoi les parents ne récupéraient pas l'encombrante gamine.

- Un dieu, c'est mieux qu'un roi ?

Hadès ouvrit de grands yeux ronds, non mais ce n'était pas possible une tel ignorance.

- Mais quel âge as-tu ?

- Cinq ans dit fièrement Stella en montrant sa main pleine de glace.

Et bien, il n'y a pas de quoi être fier pensa-t-il en soupirant.

- Y a des chats en enfer ? Reprit la petite nullement effrayée par la révélation du dieu.

- Non, il n'y a pas de chats en enfer.

- C'est vrai ? Demanda-t-elle perplexe.

- Oui, c'est vrai, je règne sur les enfers et je peux te dire qu'il n'y a pas de chats en enfer. Répondit Hadès d'un ton sévère et exaspéré.

Contre toute attente un grand sourire illumina le visage de Stella.

- Mon voisin a menti ! Il a dit que mon Gratte-gratte allait brûler en enfer mais toi t'es le dieu des enfers alors tu sais mieux pour les chats en enfer et mon Gratte-gratte est au paradis lâcha d'une traité la fillette.

Hadès finalement attendrit par la petite se mordit la lèvre pour ne pas rire.

- Gratte-gratte, pensa-t-il. Pauvre chat ! Rien que pour ça il mérite le paradis.

Il entendit alors une femme appeler l'enfant, sans doute sa mère. Stella la rejoignit en courant et lui parla avec enthousiasme en le montrant du doigt. La femme le regarda et il s'attendait à les voir fuir effrayer. Mais non, elle parla à sa fille qui hochait la tête en léchant sa glace. La maman n'eut pas le temps de la retenir, Stella était reparti vers Hadès le visage barbouillé de glace.

- Ma maman m'a dit de te dire merci.

La fillette mis alors ses bras autour d'Hades en disant d'une voix enjouée.

- Merci monsieur Hadès.

Le dieu tourna la tête vers la glace qui penchait encore plus dangereusement vers le bloc de dessin. La fillette en profita pour plaquer un gros bisou à la fraise sur la joue d'Hades. ne sachant que penser de cet élan affectif et glacé, le dieu dévisagea Stella nettement barbouillée de glace qu'il avait un instant. Elle lui tendit sa glace et dit :

- Tiens Hadès, maman m'a acheté la glace parce que j'étais triste. Mais maintenant je suis pu triste. Je te la donne comme ça toi aussi tu seras pu triste.

Fière d'elle, elle retourna près de sa mère en courant et tandis qu'elle lui faisait au revoir de la main, sa mère adressa à Hadès un sourire navré, puis il vit le mot merci se former ses lèvres. Il les regarda partir en mangeant la glace qu'il trouva d'ailleurs très bonne.

Sa glace terminée, le dieu prit la direction du cyber-café le plus proche. Il estimait, en effet, qu'il était temps de faire taire la petite voix sournoise qui le tannait à propos de la signification de Ily.