A/N : Je m'excuse d'avoir pris autant de temps à écrire un nouveau chapitre! Mais je dois dire que j'avais une bonne raison, un peu avant Noël, j'ai attrapé une horrible grippe qui m'a clouée au lit tout le temps des fêtes...je n'avais hélas...pas la force d'écrire!
Mais maintenant je vais mieux...heureusement...
J'espère que vous avez passé un très joyeux temps des fêtes! Pour ma part, il me reste encore quelques jours de congé...avec un peu de chance, j'aurai le temps de faire une autre mise à jour avant le retour au travail!
Gros merci à mes lectrices! Titeoshun, Raikakku et Angie-Tenshi, merci pour vos comms pour le chapitre deux! Et merci à toutes les autres qui lisent également!
Bonne lecture à toutes!
Chapitre 3: L'éveil au clair de lune
Il attrapa sa main et la serra fort dans la sienne. Elle sentit son souffle lui faire défaut une fois de plus.
«J'ai l'impression de t'avoir fait beaucoup de mal, et je ne veux pas partir d'ici sans que tu aies compris ce qui s'est passé. Je te demande simplement de rester et de m'écouter», s'enquit-il de nouveau.
Les yeux de Rin clignèrent un instant. Elle posa son autre main sur celle de Sesshomaru, émue qu'il semble lui accorder autant d'importance. Tant d'années s'étaient écoulées, elle était arrivée à tant de conclusions différentes. Chose certaine, elle avait arrêté d'espérer qu'il revienne pour elle il y a très longtemps...
«...Vous savez bien que je ne peux rien vous refuser, Sesshomaru-sama», chuchota-t-elle avec un sourire timide.
Satisfait, Sesshomaru prit quelques instants pour regarder le sourire de sa protégée. Son sourire était plus complexe que celui de son enfance : sa joie semblait être mêlée à un peu de réserve et de doute, ce qui lui confirmait hélas que Rin ne lui vouait plus la même confiance sans limites que lorsqu'elle était petite. Le youkai ignorait pourquoi il accordait autant d'importance à la perception que se faisait Rin de lui, mais il savait néanmoins qu'il ne pouvait s'empêcher de tout faire pour reconquérir cette confiance perdue.
...Seulement aujourd'hui, après tant d'années d'absence, il réalisait à quel point il s'était ennuyé d'elle, à quel point elle était importante pour lui.
Rin elle, ne semblait pas avoir oublié. Si elle semblait se méfier de ses intentions et des motifs qui l'ont conduit à renier sa promesse, il savait que tout n'était pas perdu. L'étincelle dans ses yeux noisette, chaque fois qu'il tournait la tête vers elle lui confirmait que son attachement ne s'était pas envolé avec les années.
Il fut tiré de ses réflexions alors qu'il entendit le bruit de la sonnette de porte.
«Oh? Les invités sont déjà là?», s'enquit Rin.
Sesshomaru maudit silencieusement Jaken d'avoir attrapé un microbe le jour même où il se serait avéré le plus utile. Il abandonna la main de Rin et se dirigea rapidement vers sa chambre pour attraper la cravate qui lui manquait pour compléter son habit. Il en sortit prestement et la noua tandis qu'il s'avançait dans le couloir pour rejoindre les convives, Rin n'avait pas bougé d'un poil et semblait observer ses moindres faits et gestes. Il s'arrêta à côté d'elle.
«Je suis attendu, Rin. Nous devrons poursuivre notre discussion plus tard», dit-il avec son éternel flegme, quoiqu'il aurait préféré rester avec elle un instant de plus.
«D'accord, Sesshomaru-sama», répondit-elle avec compréhension, en observant le noeud de sa cravate.
Ne pouvant se retenir un instant de plus, elle leva ses mains vers le noeud de sa cravate et l'ajusta, afin de le rendre aussi parfait que le reste de sa tenue. Un geste rapide et habile. Seulement après l'avoir terminé, elle réalisa que c'était le noeud de Sesshomaru-sama qu'elle venait d'ajuster, et que le caractère approprié de son geste était discutable. Néanmoins, le youkai ne semblait pas dérangé par l'initiative de sa protégée.
«Je te suggère de te préparer, Rin. Je t'attendrai dans la salle de séjour avec les autres»
«Me...préparer? Mais, je croyais que vous vouliez que je me joigne à vous seulement après avoir terminé mes tâches?», s'enquit Rin avec curiosité.
«Ce soir, il n'était pas prévu que tu sois ici pour être une servante. Tu es mon invitée», dit-il en descendant les escaliers.
«D-d'accord», dit-elle avec un sourire, à court de mots.
Elle aperçut Ayame grimper les escaliers quatre à quatre, avec un sourire espiègle aux lèvres.
…
«Ça alors, cette robe est si jolie!», s'exclama Ayame, avec fascination.
«Tu trouves?», s'enquit Rin. «Mais...elle ne doit pas se comparer à ce que les autres dames portent?»
«Pffff! La tienne est mignonne comme tout! Tu n'as rien à leur envier! Assiez-toi maintenant que je règle ton maquillage!»
Rin s'assit docilement sur une petite chaise. Elle et Ayame s'étaient rendues dans une des salles de bain à l'étage pour que Rin puisse se préparer en vitesse. Heureusement, Ayame lui avait choisi une splendide petite robe noire, sans manche et ornée d'un peu de tulle au bas de la tenue, avec des souliers à talons noirs assortis. La robe était courte, s'arrêtant juste au-dessus du genou, c'était une longueur parfaite pour Rin, qui n'était pas très grande et très maladroite, et aurait sans doute causé un ou deux incidents avec une tenue trop longue.
«...Alors...vous étiez tous au courant?»
«On peut dire cela...oui», dit Ayame avec un sourire espiègle. «Mais Kohaku a failli brûler la mèche dans la salle de séjour. Il savait que c'était lui qui était responsable du dîner, mais ne savait pas que Koga t'avait fait croire que c'était toi qui allais t'en charger. Heureusement, il a compris le petit malentendu juste à temps»
«Mais pourquoi Sesshomaru ne m'a tout simplement pas invitée directement?»
«Il voulait sans doute te faire une surprise, bien sûr! Ce n'est pas lui qui te couvrait de cadeaux il y a quelques années?»
«Oui. Il est vrai qu'il m'a beaucoup gâtée, surtout après m'avoir laissée aux soins de Kaede», répondit Rin, en rougissant un peu, en se souvenant de tous les cadeaux qu'il lui donnait quand il lui rendait visite.
«Mmm...je ne sais pas ce que tu as fait pour qu'il t'aime à ce point, mais je te suggère de faire attention aux garçons à qui tu accorderas une danse...», lança Ayame avec un sourire amusé.
«Pourquoi tu dis cela? À cause de Kohaku?»
«Pauvre Kohaku oui! Sesshomaru ne le lâche pas d'une semelle depuis notre arrivée...»
«Oui, je sais! Je ne sais pas pourquoi il est aussi sévère avec lui...», souffla Rin avec embarras. «Kohaku n'a rien fait de mal, pourtant!»
«Rin...», lança Ayame avec exaspération. «Ais-je réellement besoin de te faire un dessin?»
La jeune femme l'observa avec confusion.
«Et bien, je ne comprends pas pourquoi il se méfie autant de Kohaku!»
«Laisse tomber, Rin», lança Ayame avec un sourire narquois. «Tu es prête maintenant!»
…
Quelques minces flocons qui tombaient délicatement sur le visage du youkai le tira de son inconscience. Il ne se donna pas la peine d'ouvrir les yeux. Son visage et ses côtes lui faisaient terriblement mal et un goût atroce de fond de tonne et de vomissure était logé dans sa bouche.
Il avait bu, mais ne se souvenait de rien. La douleur qu'il ressentait était probablement signe qu'il s'était battu. La froideur...le signe qu'il avait perdu connaissance quelque part à l'extérieur en plein hiver.
Malgré tout, il n'avait pas envie de bouger. En fait, à cet instant précis, il aurait préféré être un pauvre humain, assez faible pour être capable de se laisser mourir de froid. Mais il savait très bien que son métabolisme ne le laisserait jamais capituler aussi facilement.
Pour la première fois de sa vie, il manquait de courage. Il ne voulait ni ouvrir les yeux, ni même essayer d'affronter le jour.
Sesshomaru ne se rappelait pas de la raison pour laquelle il était dans une condition aussi pitoyable, mais il se rappelait néanmoins d'une chose...la chose la plus importante, mais également la plus horrible.
L'empire Taisho était arrivé à une fin. Il n'avait plus rien. La crise économique et son arrogance l'avaient tous deux jeté dans un état de pauvreté que personne d'autre de sa lignée n'avait eu à supporter.
Une douleur vive à son épaule le fit froncer des sourcils. Quelqu'un avait le culot de son toucher à une de ses blessures, il pouvait sentir l'odeur d'un humain à proximité. Irrité, il ouvrir les yeux, des yeux rouges carmine fixèrent l'enfant au-dessus de lui, et un grognement s'échappa de sa gorge.
La fillette se recula d'un bond, momentanément effrayée par l'excès de colère du youkai. Elle garda une distance sécuritaire de lui, et continua de le fixer, à la fois un peu effrayé et fasciné par l'être en face d'elle.
Constatant qu'elle n'avait pas l'intention de s'enfuir, Sesshomaru se résigna à accepter sa présence. Ses yeux retrouvèrent sa teinte habituelle et il se releva un peu pour appuyer son dos contre le mur de brique derrière lui. Il fit mine d'ignorer l'enfant, qui d'après ses vêtements, était probablement sans abris. Avec un peu de chance, elle ne connaissait pas son visage et n'allait pas alerter les médias de son effroyable condition.
La fillette continua d'observer l'être qui avait l'apparence d'un jeune homme blessé. Elle avait déjà vu quelques youkais dans sa courte existence, mais jamais un comme celui-ci. Les youkais sont censés être riches et cossus, elle n'en avait jamais vu un échoué dans sa ruelle de prédilection, et dans un état aussi piteux.
Il avait cela, mais il y avait aussi le fait qu'elle n'avait jamais vu un être aussi beau de sa vie. Ses cheveux argentés, son visage parfait et ses yeux d'or lui donnaient les airs d'un ange. Qu'avait-il fait pour se retrouver ainsi dans un quartier mal famé?
Elle se rappela soudain la raison pour laquelle elle était venue à ses côtés et fouina dans un sac, plein de nourriture qu'elle avait volée d'un restaurant tout près.
Oubliant la présence de la fillette, Sesshomaru constata finalement que la raison pour laquelle il avait aussi froid était parce qu'il n'avait plus son manteau. Ou bien il l'avait oublié quelque part, ou bien il se l'était fait voler.
Il fouilla dans ses poches de pantalon et constata que son porte-feuille et son téléphone étaient également manquants, tout comme sa montre et ses bagues. On dirait que quelqu'un s'était occupé d'emporter tous les objets de valeur qui lui restaient. Pas que cela aille une réelle importance, ses cartes de crédit étaient déjà pleine et ses comptes bancaires à peu près tous déjà vides. Il était seulement déçu de ne même plus disposer des quelques centaines de dollars qu'il avait dans ses poches la veille. Désormais, il ne valait pas mieux qu'un clochard.
Il laissa choir le dos de sa tête contre le mur de brique. Même Jaken n'était plus à ses côtés. Quoique cela n'était pas trop grave,son fidèle serviteur étant probablement lui aussi à la rue, il pourrait le retrouver sans trop de difficulté, et ce, même si cela ne lui serait pas très utile.
Il sentit un doigt lui tapoter l'épaule. Il jeta un regard à la fillette, qui s'agenouilla à côté de lui et lui tendit un bol de soupe, dans un gobelet de styromousse et un chocolat chaud. Il la regarda, sans trop comprendre ses intentions. La petite se racla la gorge.
«Vous devez avoir froid, non? Prenez ceci», dit-elle d'une voix rauque. Elle ne devait pas parler souvent, sa voix était faible.
«Tu gaspilles ta générosité, petite. Je ne mangerai pas cette nourriture»
«Pourquoi? Vous n'aimez pas la soupe?», s'enquit-elle naïvement.
«Je ne mange pas la nourriture de ceux de ton espèce», dit-il avec froideur. «File, je n'ai pas besoin de ton aide...»
«Mais vous êtes blessé...», s'opposa la fillette. «Et vous vous êtes fait voler votre argent. Vous ne trouverez pas mieux», argumenta-t-elle.
Sesshomaru fronça des sourcils un instant et se demanda si la fillette n'était pas celle qui avait volé son portefeuille, mais rejeta rapidement l'idée. C'était plus logiquement ceux avec qui il s'était battu la veille qui lui avait dérobé ses objets de valeur.
«Petite...as-tu réellement une raison valable pour offrir ton aide de la sorte», lança Sesshomaru en feignant ne pas s'intéresser à ce que la fillette lui avait apporté. Il réalisait de plus en plus à quel point le climat était froid, et à quel point il avait faim.
La fillette cligna des yeux un instant, semblant réfléchir. Elle leva finalement les yeux vers lui avec un air perplexe.
«Non...»
«Alors...que fais-tu ici?», s'enquit-il, froidement.
«J'avais envie de vous aider, c'est tout», dit-elle, l'air un peu attristé.
Sesshomaru resta silencieux à cette remarque. Ce genre de marque de bonté et de générosité gratuite aurait habituellement fait l'objet de moqueries de sa part, lui qui n'a jamais commis un geste de sa vie sans la certitude que cela lui amène des bénéfices en retour. Il regarda la fillette dans les yeux, l'air sévère.
Sesshomaru avala une gorgée de champagne, en se rappelant ce souvenir lointain, le jour où il avait rencontré Rin pour la première fois. Il refoula un sourire lorsqu'il se rappela de sa propre réaction à l'époque, soit d'être très indigné lorsqu'il réalisa que la même fillette qui lui offrait un repas lui offrait en réalité le repas qu'elle avait volé dans un restaurant, parce qu'elle n'avait rien mangé depuis deux jours. C'était probablement la première fois de sa vie qu'il avait ressentie quelconque forme de compassion.
Évidemment, il avait forcé Rin à manger sa soupe.
Dès ce jour, il n'avait jamais plus essayé de la repousser. À l'époque, il n'arrivait pas à croire que cette fillette arrivait réellement à survivre dans la rue, alors qu'elle faisait toujours passer ses propres intérêts derrière ceux des autres. Pour cette raison, il s'était promis de la protéger et de veiller aux intérêts de Rin, qui, même si elle ne le connaissait pas, était restée à ses côtés, alors que tous ses autres alliés s'étaient détournés de lui dès le moment où il avait perdu sa fortune.
Il sentit soudain une odeur familière de cerisier...enfin. Il tourna la tête et aperçut Rin entrer timidement dans la pièce, elle semblait le chercher sans trop de succès.
«Sesshomaru?», s'enquit une voix féminine.
Sesshomaru continua d'observer Rin à distance. Elle n'était plus une fillette qui vivait dans la rue. Elle était désormais une jeune femme, qui travaillait dur pour s'assurer un avenir plus heureux que son passé.
Elle portait une petite robe noire sans manche, orné de tulle rappelant vaguement le costume d'une fée...une...très belle fée. Une boucle était fichée dans ses cheveux, ondulés pour l'occasion. Il apercevait déjà quelques regards admiratifs dans sa direction, malgré le fait qu'elle semblait prier pour attirer le moins d'attention possible. Il ne se rappelait pas avoir déjà convié Rin à ce genre de soirée mondaine avant de la confier à Kaede.
«Sesshomaru?»
Étrangement, il ressentit une vague de regret, lorsqu'il réalisa qu'elle n'avait jamais réellement vécu la richesse et la prospérité qui caractérisait son empire. Les disparités entre youkais et humains étaient-elles réellement une raison valable de la rejeter de la sorte? Avait-il été juste de la forcer à vivre avec des gens de son espèce, après qu'il eut restauré sa fortune?
«Grand dieu, Sesshomaru!», s'indigna une femme. Il tourna paresseusement la tête vers elle.
«Depuis combien de temps êtes-vous dans la lune?», s'enquit Sarah, la même à qui il avait raconté l'histoire de Rin il y a quelques années et celle qui l'avait convaincu de rejoindre sa protégée au Japon...sans succès.
«...Je constate qu'une invitée me cherche. Excusez-moi», dit-il en quittant la dame.
Il se réprima mentalement d'avoir été aussi lunatique en présence des convives. Depuis qu'il avait retrouvé Rin, il n'était plus le même.
La jeune femme qui occupa ses pensées l'aperçut enfin, et lui lança son sourire habituel.
«Sesshomaru-sama!»
«Rin, je t'attendais», dit-il en s'arrêtant en face d'elle.
«...J'avais un peu de difficulté à vous trouver...avec tout ce monde!», s'exclama-t-elle timidement.
Sesshomaru était perspicace. Il voyait bien que Rin n'était pas confortable dans ce genre d'ambiance grandiloquente et coincée.
«Je sais à quel point tu aimais la cour extérieure. Peut-être aimerais-tu y jeter un oeil avant le coucher du soleil?», s'enquit Sesshomaru.
«Oh oui, j'adorerais!», s'exclama Rin, heureuse que Sesshomaru lui ait trouvé un prétexte pour s'éloigner de la salle bourrée de monde.
Ils se dirigèrent discrètement vers une porte menant à la cour extérieure, mais hélas, Sesshomaru n'a pas le genre de stature qui lui permet de traverser la foule incognito.
«Hé oh! Sesshomaru!»
Un des invités venait de l'interpeler sans trop de discrétion. Sesshomaru lui jeta un regard désintéressé, dans l'espoir de pouvoir s'en débarrasser rapidement.
«Menomaru», lança froidement le youkai.
«Dis donc! C'est plutôt rare que nous vous apercevons accompagné! Qui es donc cette charmante humaine?», s'enquit-il soudainement, tandis que Rin essayait de ne pas virer à l'écarlate.
Sesshomaru resta silencieux quelques secondes, réalisant une fois de plus que Rin n'était plus une enfant. Il n'avait jamais eu l'intention de la présenter comme sa compagne! Néanmoins, il embarqua en partie dans le jeu de son invité.
«Menomaru, je te présente Rin, une...amie de longue date à moi», dit prestement Sesshomaru. Menomaru s'inclina devant elle, l'air intéressé, et poussa l'audace jusqu'à placer un baiser sur sa main.
«Enchanté madame Rin. Je suppose que vous devez être une femme très intéressante, pour que M. Taisho vous accorde cette attention, d'autant plus que vous êtes humaine!», s'exclama-t-il avec un regard espiègle.
Rin ne put cacher son embarras, lorsqu'elle réalisa que Menomaru avait peut-être une ou deux pensées à double sens et l'avait également déjà étiquetée comme « humaine ».
«Ne soyez pas embarrassée madame Rin, il s'agissait d'un compliment. Sesshomaru ne côtoie habituellement aucun humain, lorsqu'il est question de ses fréquentations personnelles. Et il fréquente également très peu de femmes, au grand dam de ses nombreuses admiratrices», expliqua Menomaru, soudainement un peu plus diplomate, lorsqu'il aperçut le regard légèrement incendiaire de Sesshomaru, lui enlevant soudainement l'envie de faire quelconque forme de parallèle avec son père.
«Merci beaucoup Menomaru-sama. Toutefois, si cela peut vous éclairer, je ne suis pas...»
«Tel que je l'ai mentionné plus tôt, Rin est une amie que je connais depuis longtemps, mais il y a maintenant plusieurs années que nous ne nous sommes pas vus, vu mes incessants voyages. Je dois désormais réquisitionner ma compagne pour la soirée, puisque nous avons beaucoup de temps à rattraper», expliqua Sesshomaru avec diplomatie, dans l'espoir de pouvoir se diriger à l'extérieur. Il apercevait déjà un peu trop de regards curieux dans leur direction. Et il savait que ni lui, ni Rin, n'apprécieraient d'avoir à répondre à encore plus de questions.
«Oh oui, bien sûr! Je vous laisse à vos fréquentations, Sesshomaru! Ce fut un plaisir, madame Rin, j'aimerais bien que vous m'accordiez une danse plus tard», dit-il avec un sourire légèrement enjoleur.
Sesshomaru la poussa délicatement vers la sortie, avant qu'elle n'ait la chance de répondre.
«Nous y sommes»
«Ouf! L'air est un peu plus frais par ici!», s'exclama Rin. Elle enleva ses escarpins en vitesse et mit les pieds dans l'herbe fraîche. Sesshomaru fronça les sourcils, craignant soudainement que sa protégée de ne prenne froid. Elle regardait les quelques fleurs automnales du jardin, à la lumière du crépuscule, apparemment inconsciente du temps froid. Elle s'assit sur un banc de pierre, en fasse de plates-bandes. Il la rejoignit prestement.
«Dites...vous ne vouliez pas que je réponde à Menomaru, n'est-ce pas?», s'enquit-elle avec amusement. Ses joues virèrent au rose, lorsqu'elle vit Sesshomaru déboutonner son veston, et le déposer sur ses épaules!
«Merci beaucoup, Sesshomaru-sama», souffla-t-elle avec un sourire timide.
«...Je ne crois pas que Menomaru soit la meilleure compagnie pour toi...», lança évasivement le youkai, en fixant la lune. Rin l'admira quelques instants, en constatant que son protecteur avait conservé ses vieilles habitudes.
«Si vous le dites...je vais écouter vos conseils!», s'exclama-t-elle, se rappelant soudainement la remarque d'Ayame au sujet de Sesshomaru.
Un long silence s'ensuivit, Rin fixait les fleurs, et Sesshomaru la lune, mais chacun avait envie de rompre le silence. Rin se doutait que Sesshomaru ne soit pas le plus rapide à prendre l'initiative, et se jeta à l'eau, pour assouvir sa curiosité.
«Sesshomaru-sama...plus tôt, Jaken-sama m'a raconté à quel point vous m'aviez cherché partout sans jamais me retrouver, il y a quelques années...est-ce vrai?», questionna-t-elle en fixant le sol.
«...il a raison...»
«Vraiment? Mais...que s'est-il passé?», s'enquit Rin, en tournant la tête vers lui.
«Il y a maintenant un peu plus de cinq ans, j'ai eu un mauvais pressentiment...»
«...Kaede est morte...», souffla Rin avec tristesse.
«Exact. J'ai quitté Londres pour m'assurer que tu sois en lieu sûr...mais tu ne vivais déjà plus dans la même maison...»
«J'étais mineure, j'avais besoin d'un tuteur pour au moins un an, et de préférence jusqu'à ma majorité, c'est-à-dire jusqu'à mes vingt ans. De toute façon, après toute ces années auprès de Kaede ou à vos côtés, je n'aurais pas voulu être seule...même si j'avais eu le choix», expliqua Rin. «Heureusement, lorsqu'elle a entendu mon histoire, la nièce de Kaede, Kagome, et Inu-Yasha ont accepté de m'héberger...Ils étaient en ville, puisqu'ils ont assisté aux obsèques de Kaede...».
«...Je t'ai cherché pendant plusieurs semaines...sans succès...parce que tu étais déjà à l'étranger», poursuivit Sesshomaru, qui ne commenta pas au sujet de la honte qu'il ressentait à l'idée que son frère soit celui qui ait pris soin de Rin, avant que cette dernière ne revienne dans sa ville natale, quelques années plus tard.
Il savait que son demi-frère vivait à l'étranger, aux États-Unis, là où les choses sont un peu plus faciles pour les hanyous. Rin était allé vivre avec eux, la raison pour laquelle il n'a jamais réussi à la retrouver...Peut-être était-ce le destin qui le punissait pour avoir fait de mauvais choix à propos de Rin...
Rin fixa le youkai d'un air désolé. Sachant maintenant qu'il l'avait cherchée partout, elle se doutait bien qu'il ne devait pas aimer le fait que ce soit son demi-frère qui se soit occupé d'elle.
«Sesshomaru-sama, j'ai besoin de savoir...Pourquoi n'êtes-vous pas revenu à mes seize ans, tel que vous aviez convenu avec Kaede?»
Il leva un sourcil.
«Je ne savais pas que tu étais au courant de cette entente...». Il prit un instant pour peser ses mots. «Je suis bel et bien revenu, tel que convenu avec la gouvernante. Tu étais absente cette journée-là. Les choses ne se sont pas déroulées comme prévu.»
«Ah bon?»
«Tu dois le savoir, Rin...ta gouvernante était déjà à l'époque très malade...Sesshomaru se rappela de cette triste journée...
«Sesshomaru-sama, qu'est-ce qui vous amène ici?», s'enquit la vieille femme, avant de tousser de tout son saoul à l'intérieur de son coude.
«...Vous savez pourquoi», dit froidement le youkai, en tournant la tête à gauche et à droite, à la recherche de Rin. «Où est-elle?»
«Elle n'est pas ici»
Sesshomaru haussa un sourcil, l'air intrigué.
«Elle fait un court voyage à Kyoto avec ses amis de l'école. Elle ne sera pas de retour avant mercredi», répondit la femme, l'air évasive. Elle retourna à ses chaudrons comme si de rien n'était.
«...Vous saviez pourtant que je viendrais aujourd'hui, pourquoi ne pas en avoir informée Rin?», questionna le youkai qui perdait graduellement sa patience.
«...Sesshomaru-sama...vous vous souvenez sans doute de la raison pour laquelle je vous ai conseillé de laisser Rin vivre parmi les humains le reste de son enfance...»
«Venez-en au fait»
«...Rin vous a attendu toute son enfance, sans jamais profiter de l'instant présent. Seulement depuis quelques mois, elle s'est fait de véritables amis et commence à comprendre de quelle façon elle peut trouver le bonheur parmi les siens. Je crois hélas qu'il est encore trop tôt pour la laisser choisir sa destinée», articula Kaede avant de tousser de nouveau.
Sesshomaru fronça les sourcils, l'air sceptique.
«Et pourquoi devrais-je vous écouter. Si tel que vous le dites, Rin a attendu mon retour depuis plusieurs années, ne serait-ce pas la bonne décision de lui donner ce qu'elle souhaite?»
Kaede toussait toujours, elle semblait manquer d'air. Elle se dirigea vers l'évier pour se couler un verre d'eau, mais elle ne pouvait pas tromper Sesshomaru. Ce dernier était resté de marbre, même s'il avait senti l'odeur de sang provenant de la manche de la gouvernante.
Pour la première fois depuis qu'il était entré dans la maison de la vieille femme, il remarqua une aura imperceptible pour les humains, mais perceptible par un youkai de sa trempe. Une aura de mort s'émanait de la vieille femme. Elle en avait peut-être pour...quelques mois...un ou deux ans tout au plus...
La réalité le frappa soudainement. La vieille femme ne voulait sans doute pas vivre les derniers instants de sa courte existence en pleine solitude. Elle n'en avait sans doute pas glissé mot à Rin...
«Kaede...vous avancez en âge...», débuta Sesshomaru avec diplomatie.
«...J'ai une mauvaise journée, c'est tout! Mon état n'a rien à voir avec mes conseils, Sesshomaru-sama», lança sèchement Kaede.
Sesshomaru n'insista pas.
«Tout ce que je vous demande, c'est de laisser deux ans de plus à Rin. Revenez à ses dix huit ans. Elle ne sera pas majeure, mais sera suffisamment mature pour faire ses propres choix. Vous savez que Rin a eu une enfance difficile, il lui a fallu beaucoup de temps pour faire confiance aux siens. Laissez-lui la chance de profiter de cette confiance renouvelée avant de lui imposer ce dilemme...»
Sesshomaru n'était pas dupe, même s'il savait qu'il y avait un fond de vérité dans les dires de la vieille femme, il savait également qu'elle avait probablement plus besoin de Rin que Rin avait besoin d'elle. Il connaissait également la bonté d'âme de sa protégée. Si cette dernière savait dans quel état était sa tutrice, elle refuserait probablement de partir avec lui, et aussi tentante fût cette possibilité, il savait que Rin lui en voudrait s'il s'abstenait de lui dire la vérité. Il avait donc acquiescé à la demande de la gouvernante et s'était entendu pour revenir auprès de Rin à ses dix-huit ans. Hélas...ce jour n'est jamais venu...le corps de la vieille l'a trahie et cette dernière a poussé son dernier souffle un peu plus d'un an plus tard, alors que Rin n'avait que dix-sept ans... moment au cours duquel cette dernière avait été prise aux dépourvues et qu'elle avait été hébergée par Kagome et Inu-Yasha, jusqu'à ce qu'elle débute ses études à l'université.
«Sesshomaru-sama?», le rappela à l'ordre Rin.
«...Résumons ainsi. Lorsque je suis venu te chercher, j'ai compris que ta gouvernante avait besoin de toi et j'ai convenu avec elle de revenir deux ans plus tard. Hélas, plusieurs circonstances défavorables m'ont empêché de te retrouver quand Kaede est morte», expliqua le youkai.
Il remarqua soudain que Rin semblait émue, un sourire triste se dessina sur ses lèvres.
«Kaede-sama...elle se faisait toujours rassurante sur son état de santé...jusqu'à la fin...Elle voulait sincèrement vivre jusqu'à ce que vous reveniez...»
Elle se tourna vers Sesshomaru.
«Toutes ces années, j'ai cru que vous m'aviez oubliée...mais c'est par compassion pour Kaede que vous n'êtes pas revenu me chercher?»
«...»
«...Je suis désolée Sesshomaru-sama. Je n'aurais jamais dû perdre confiance en vous...»
«Tu n'as pas à t'excuser. Ma négligence t'a mise dans une position difficile...»
«Et oh! Sesshomaru-sama! Rin!»
La jeune femme sursauta et tourna la tête. Ayame se tenait sur le balcon, un sourire espiègle aux lèvres.
«Les gens à l'intérieur veulent porter un toast à l'hôte de la soirée!»
Sesshomaru hocha la tête et se leva. Il tendit une main à Rin. Elle l'accepta volontiers.
…
Peu de temps après que les convives eurent levé leur verre à l'unisson. Un pianiste commença à jouer de multiples mélodies, ce qui en incita plusieurs à danser gracieusement au son de la musique. Rin en profitait plutôt pour parler de tout et de rien avec Sesshomaru, discutant de ses études, jusqu'à la soupe qu'elle promettait de faire pour aider Jaken-sama à se sentir mieux, tout cela, sous le regard de plusieurs invités, certains, intéressés, d'autres un peu envieux.
Kagura fixa le couple avec envie.
«Je ne comprends pas, pourquoi cette fillette semble captiver autant Sesshomaru? Qu'a-t-elle de si fascinant?», s'enquit-elle à Naraku.
«Il faut croire que tu es trop vieille pour lui, Kagura», lança-t-il d'un air narquois.
«J'en ai marre. Sesshomaru me devait une danse, je vais aller la réclamer», s'énerva Kagura en se dirigeant vers le couple. Sesshomaru était de dos à elle. Rin fut la première à l'apercevoir.
«Madame Kagura!», s'exclama-t-elle. «Comment allez-vous?»
«Bien bien, madame Rin», lança-t-elle avec une pointe d'ironie. «Je viens hélas vous réclamer Sesshomaru. Ce dernier me doit une danse depuis trop longtemps!»
«Oh vraiment?», s'enquit Rin avec intérêt, qui ne remarqua pas la façon dont Sesshomaru refoula un soupir d'exaspération.
«Alors, Sesshomaru?», s'enquit Kagura en l'attrapant par le bras.
«Allez, Sesshomaru-sama! Allez danser avec madame Kagura!», s'exclama-t-elle joyeusement, remarquant à peine le manque d'enthousiasme du youkai.
Ce dernier, n'osant pas déplaire à Rin, suivit Kagura sans rechigner. Quel effet cette jeune femme avait sur lui...
«Rin...tu viens de pousser Sesshomaru à sa propre mort!», s'exclama Kohaku, qui passait à côté de Rin avec un plateau de canapés.
«Hein? Mais de quoi parles-tu?», s'enquit Rin naïvement.
«Sesshomaru...regarde-le...on dirait qu'il a envie de tuer depuis qu'il est parti valser avec Kagura», dit-il en fixant le couple avec amusement. Rin suivit son regard.
«Vraiment? C'est étrange...Je me rappelle avoir déjà rencontré Kagura quand j'étais plus jeune. Je trouvais qu'ils faisaient un joli couple...», commenta Rin avec un brin de déception.
«Vraiment?»
«Kagura a clairement le béguin sur lui»
«Ce n'est pas réciproque, j'ai l'impression», commenta Kohaku, en tendant une coupe à Rin.
«...Dommage», souffla Rin.
«Je crois que Sesshomaru a d'autres priorités...notamment s'assurer que je reste à un périmètre de 500 mètres de toi», lança le jeune homme en fixant le youkai, l'air inquiet.
«...Vraiment...quelle est cette histoire en toi et Sesshomaru», s'enquit Rin curieusement.
«La question est plutôt...quelle est cette histoire entre TOI et Sesshomaru», rétorqua Kohaku. «Je dois y aller...»
«Pourquoi?»
«Il me fusille encore du regard...»
Rin tourna la tête pour regarder Sesshomaru, mais il était déjà trop tard, on dirait qu'il prétendait parler cordialement avec Kagura.
«Kohaku...»
«Allez à plus tard!», dit-il en s'enfuyant.
Rin le regarda s'éloigner avec une légère déception, avant de nouveau tourner la tête vers le youkai. Cette fois, elle le prit en flagrant délit à lui jeter un regard en coin. Elle prit un instant pour regarder le couple valser, s'imaginant brièvement être à la place de Kagura. Combien de fois avait-elle rêvé que Sesshomaru soit son prince, et elle sa princesse? Elle sourit avec amusement et ses joues tournèrent au rose, tandis qu'elle se rappelait de ses heureux moments.
Elle avait rêvé de lui toute sa jeunesse, jusqu'au moment fatidique où Kaede est morte...moment où elle s'était crue abandonnée...Elle les admira encore quelques instants et se dirigea ensuite vers le piano. Le pauvre musicien avait l'air épuisé.
«Vous avez l'air plutôt fatigué, monsieur...vous souhaitez que je prenne la relève?», s'enquit gentiment Rin.
«Heu...et bien...je ne crois pas que je suis censé...» Le pianiste regarda à gauche et à droite, craignant quelconque forme de représailles.
«Allons allons...je suis habituée de jouer le piano et Sesshomaru me connait bien, il ne sera pas en colère contre vous, même si vous prenez une petite pause!», s'exclama-t-elle.
«Oh...alors vous êtes Rin?», s'enquit-il avec curiosité.
«Oui, c'est bien moi...on se connait?»
«Non...mais on parle beaucoup de vous ce soir. Bon, prenez bien soin de piano du maître. Je reviens dans quelques minutes!»
«Ne vous en faites pas!»
«Merci beaucoup madame!», dit-il joyeusement en se dirigeant vers le comptoir de rafraichissement.
Rin s'assit au piano et testa le son de l'instrument sous ses doigts. Satisfaite...mais n'étant pas une musicienne professionnelle, elle commença une mélodie...la première et la seule mélodie que Sesshomaru lui avait apprise au piano avant qu'elle ne suive quelques cours...une mélodie simple, mais qu'elle adorait, tranquille et douce...elle l'avait joué des milliers de fois en pensant à Sesshomaru...
Sesshomaru sentit son sang se glacer lorsqu'il entendit les premières notes de la chanson.
«Quelque chose ne va pas, Sesshomaru», s'enquit Kagura.
«...La...sonate au clair de la lune...», murmura Sesshomaru, l'air fasciné.
«Oui bien sûr, un fameux air de Beethoven...»
Sesshomaru fit tourner sa compagne et en profita pour jeter un ?il au pianiste. Ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'il aperçut la jeune femme frêle aux cheveux d'un brun presque noir, la petite robe de nymphe...
...Rin...
Son doigté auparavant maladroit s'était transformé en une magnifique habileté, toute en nuance et en beauté, comme si elle s'était entraînée toute sa vie pour qu'il l'entende.
...Rin, sa petite protégée pétillante et maladroite avait sublimé ses quelques petits défauts pour devenir une femme exquise. Aussi égoïste cela pouvait paraître, il était heureux de ne jamais être devenu une figure paternelle pour la petite orpheline sans abris qui l'avait accompagné dans ses plus grands déboires...il était fasciné par la femme qu'elle était en train de devenir. Jamais une personne n'avait éveillé un tel intérêt chez lui...et surtout pas une femme. Il avait renoncé il y a bien longtemps à l'idée d'avoir un c?ur.
«Encore elle?», s'enquit Kagura. «Elle est plutôt habile pour attirer votre attention», commenta la youkai avec ennui.
«...»
«Qu'a-t-elle de si spécial Sesshomaru? Pourquoi semblez-vous si captivé par elle? Elle est si innocente...si différente de vous...», souffla-t-elle à son oreille.
«Rin est vraie, elle est pure...», lança Sesshomaru.
La chanson arrivait à une fin.
«Et surtout, elle était déjà à mes côtés bien avant que quiconque dans cette pièce ne sache que j'étais toujours en vie, après les déboires de mon empire...», dit-il en s'immobilisant. «Elle est la seule dans cette pièce qui ne soit pas là à cause de ma richesse», termina-t-il sèchement.
…
Rin termina la sonate au clair de lune et reçut quelques applaudissements polis, des convives qui s'étaient aperçus de sa présence au piano. Le musicien retrouva son instrument, avec un sourire satisfait.
«Vous êtes une très bonne remplaçante, madame Rin!»
«Oh merci!», dit-elle, tout sourire.
«Allez danser maintenant!», s'exclama le pianiste à la rigolade.
«Pour ça, j'aurais besoin d'un partenaire!», s'exclama-t-elle avec amusement. Son visage retrouva son sérieux lorsqu'elle s'aperçut que Sesshomaru était tout juste derrière elle. Silencieusement, il lui tendit gracieusement sa main, que Rin fixa avec surprise. Elle lui lança un sourire timide, et sans un mot de plus, posa sa main dans la sienne, et se laissa diriger vers la piste de danse.
Le pianiste semblait inspiré par le numéro de Rin et se lança lui aussi dans une mélodie douce et enveloppante. Rin rougit d'embarras lorsqu'elle constata que c'était le genre de chanson qui nécessitait des deux partenaires qu'ils soient très près l'un de l'autre.
Elle sentit la main de Sesshomaru se poser dans le bas de son dos, et l'autre se glissa dans la sienne. Elle plaça son bras autour du coup de Sesshomaru. Elle leva timidement les yeux vers lui, et vira à l'écarlate, lorsqu'elle aperçut son regard d'ambre sur elle. Elle tourna la tête.
«Que se passe-t-il Rin, cette danse te gêne?», s'enquit Sesshomaru en lui parlant doucement à l'oreille.
«...Un peu...», avoua Rin. «C'est la première fois que je participe à ce genre de danse...», dit-elle, dans l'espoir de s'expliquer.
«Vraiment? La première fois?», s'enquit Sesshomaru.
«...Oui...»
«Et qu'en est-il de ce garçon...Kohaku...il ne t'a jamais invité à...»
«Bien sûr que non! Enfin... non...l'occasion ne s'est jamais présentée», répondit-elle avec gêne. Pourquoi Sesshomaru faisait-il une telle fixation avec Kohaku?
«...Mais tu aimerais bien...», s'enquit Sesshomaru.
«Grand Dieu non! Je ne saurais pas quoi lui répondre!», s'exclama Rin. «Kohaku est un ami, c'est tout. Je serais plutôt en mauvaise posture s'il s'imaginait autre chose...»
«Ah bon...mais...tu n'es plus une gamine, maintenant. Il doit bien y avoir au moins un garçon qui a attiré ton attention», continua Sesshomaru.
Rin commençait à croire que Sesshomaru avait peut-être bu trop de champagne...Pourquoi était-il aussi fasciné par sa vie amoureuse et pourquoi? Ce n'était pas son genre de s'intéresser à des questions aussi frivoles.
«...Si vous voulez tout savoir, vous allez être déçu. Ma vie amoureuse est aussi excitante que celle d'une nonne», lança Rin avec exaspération. Elle aperçut l'ombre d'un sourire se dessiner sur les lèvres de son protecteur, qui semblait légèrement amusé par sa remarque.
«Rin a des exigences très sévères alors», murmura Sesshomaru. «Je vois plusieurs membres de la gent masculine qui t'observent...»
«Arrêtez...c'est vous que tout le monde regarde», rétorqua Rin. «Moi je vois surtout quelques dames me fusiller du regard...»
«Elles sont envieuses...», débuta Sesshomaru.
«Elles rêvent d'être à ma place», continua Rin.
«Je crois plutôt qu'elles rêveraient d'être aussi belles que toi», lança Sesshomaru, qui se surprit lui-même d'être aussi direct.
Il sentit la température de sa compagne gagner quelques degrés. Les yeux embarrassés de la jeune femme croisèrent le doux regard d'ambre. Elle se mit à contempler ses pieds.
«Vous n'êtes pas sérieux...», murmura Rin.
«Je suis très sérieux, Rin...», chuchota-t-il.
«Il y a beaucoup beaucoup de femmes qui sont beaucoup plus jolies que moi ici», dit-elle nerveusement, n'arrivant pas à assimiler ce qu'elle venait d'entendre.
«...Je ne suis pas de cet avis...», dit-il sincèrement. «Tu es un diamant brut, la plus belle d'entre toutes. J'espère seulement que tu n'aies pas d'objections au fait que je ne laisse personne d'autre danser avec toi ce soir», lui chuchota-t-il. Normalement, il se serait giflé lui-même un millier de fois pour avoir prononcé de pareilles imbécilités, mais ce soir, il n'était pas lui-même, il avait retrouvé sa Rin et rien ne pouvait le rendre plus heureux.
La jeune femme, malgré ses joues écarlates d'embarras, lui lança un sourire radieux, de pur bonheur. Rin se rappela à cet instant précis pourquoi aucun homme ne l'intéressait.
«Je suis tout à fait étonnée que vous vous donniez la peine de me demander ma permission!», dit-elle avec surprise.
«Tu sais bien que je serais incapable de faire quoi que ce soit contre ton gré», souffla-t-il à son oreille, profitant de cet instant pour humer le parfum de sa douce protégée. Il sentit la tête de Rin se poser sur son épaule.
Ils restèrent ainsi pendant combien de temps? Nul ne le sait...jusqu'à la fin de la soirée certainement, tous les deux hypnotisés par la présence de l'autre, comme deux âmes s?urs s'étant perdues de vue pendant un millénaire.
Quelques convives partirent en fin de soirée. D'autres, les visiteurs, restèrent pour la nuit, dans l'indifférence la plus totale de Sesshomaru. Presque toutes les lumières étaient désormais éteintes dans la salle de séjour, mais Rin jouait encore quelques morceaux de piano, à la demande de son protecteur. Malgré l'heure tardive, son c?ur battait la chamade, sous les yeux de Sesshomaru.
Tous les souvenirs négatifs s'étaient évaporés, son seul souhait étant de le rendre heureux, si heureux qu'il ne veuille plus jamais la quitter...
...Elle rêvait de nouveau de rester avec lui... pour toujours...
...Fin de chapitre...
Et hop! C'est tout pour l'instant! J'espère que vous avez aimé!
Je crois que le prochain chapitre sera le dernier...celui où Rin et Sesshomaru constateront qu'ils ont tous deux une vie loin l'un de l'autre...feront-ils des compromis pour rester ensemble ou se diront-ils adieu de nouveau?
Vous le saurez au prochain chapitre! ;)
