Bonjour bonjour ! Merci à Sephira 1 et à Aleera GiacoRavenne de suivre ma fic, c'est cool, plus on est de fous plus on rit.
Merci encore une fois à Artémis pour sa réview ^^. Le "alors" fait partit de mon style littéraire, la plupart du temps il veut dire quelque chose mais parfois il termine juste une phrase comme ça ... Ca fait écho à ce qu'il y avait avant, sans doute. Quant au fait de savoir si oui ou non l'arrivée inopiné de Stefanie la gentille grande sœur est un éparpillement ou non, il faut juste savoir que d'ordinaire j'aime bien faire trainer mes persos comme un bousier va rouler sa petite crotte tout le long d'un long chemin sinueux... Mais là j'ai un peu voulu faire l'inverse. Le savoir, c'est le pouvoir. Ben là non... Le savoir c'est la mort. Heureux sont les ignorants ! C'est prouvé et rereprouvé dans la série.
Sur ce, je vous laisse.
03.
Elle se réveilla avec l'étrange sensation qu'il y avait quelqu'un d'autre sans son lit. Pas étonnant vu que c'était vrai. Sa sœur était soulante... Elle avait pourtant fermé sa porte à clef la nuit dernière. Comment avait elle fait pour crocheter les serrures ? Elle se leva sans un mot, retirant le moins brutalement possible ses bras de sa taille et mit deux pieds par terre dans ses chaussons toujours à la bonne place. Il était sept heures et par chance sa sœur était une vraie lève tard, surtout à cause du décalage horaire. Elle lui avait flanquée une sacrée frousse la veille en s'installant comme ça sans prévenir. Apparemment elle aurait laissé des tonnes de messages mais elle et les téléphones...
Stéphanie Van Helsing était l'ainée de la famille, en dernière année de droit à Baltimore, elle revenait en coupe-vent voir sa sœur chérie qui elle justement, ne voulait voir personne. Le point fort de Stéphanie, c'est qu'elle sait tout de suite comment avoir ce qu'elle veut et faire des compromis pour satisfaire les parties. Les deux sœurs étaient comme le jour et la nuit. L'une était extravertie, l'autre ne disait rien et essayait de se cacher de tout le monde. C'est simple, quand sa soeur est dans les parages, plus personne ne la voit. C'est sur qu'avec un canon de son acabit dans les parages...
Elle termina assez vite son petit dej et retourna s'habiller. Ensuite, elle sortit une clé d'une boite savamment cachée aux yeux de tous, ouvrit la porte et inspira un grand coup. Cette pièce, c'était son monde. L'oxygène était saturée d'odeurs familières qui faisaient resurgir en elle des souvenirs enfouis. Et alors qu'elle fermait les yeux en profitant de l'instant, une voix un peu trop réelle brisa sa bulle :
- Ah la la ... t'as pas changé d'un iota ma parole... Toujours à faire des trucs louches avec ces pauvres cadavres d'animaux... T'es d'un morbide. C'est comme avec cet appart. Je ne comprendrai jamais comment grand-mère et toi faisiez pour vivre près d'un cimetière.
Cosette ouvrit un œil, puis l'autre avant de soupirer. Elle tenait son amour de la taxidermie de son grand père qui lui avait appris les rudiments à son château dans la Loire. Il aimait chasser et l'emmenait avec lui parfois. Sa sœur était vegan et était complètement étrangère aux plaisirs de la chasse. Ou peut-être avait ce provoqué un trauma si profond qu'elle en avait décidé de ne plus rien manger ou porter à base d'animal ?
- Je ne reste qu'un weekend et j'ai vraiment envie d'initier ma petite sœur chérie aux joies du shopping ! On y va ?
...
Au final sa sœur l'avait trainée de force jusqu'à havre Caumartin au milieu de toutes ces boutiques éclairées, prétextant qu'il lui fallait de nouvelles fringues qui en jettent pour d'éventuels vernissages. Mais elle détestait vraiment ce genre de mondanité. Elle laissait ça à ceux qui en voulaient. Elle aimait regarder une œuvre sans que personne ne vienne interférer ou lui dire quoi contempler. C'est pourquoi elle avait une sainte horreur des musées ou des vernissages. Est-ce que le spectateur s'intéresse-t-il vraiment à ce qu'il regarde ou est-ce seulement un fait de société ? Cette hypocrisie l'insupportait. Mais bon, elle trainait les pieds de bien mauvaise grâce, derrière une sœur radieuse, convaincue qu'elle allait à tout jamais bouleverser la vie si sobre et si terne de sa sœur, grâce à la mode.
- Essaies ça ! Oh et aussi ça ! Dis-moi... tu n'as pas un peu grossi depuis la dernière fois qu'on s'est vues ? Tu es trop casanière ! Tiens et ce chemisier aussi. Mademoiselle, est ce que vous pouvez trouver cette jupe une taille plus haut ? Merci.
Telle une poupée, elle se laissa habiller sans rien dire. On dirait pas comme ça, mais Stéphanie était le genre de personne qui dépensait sans compter en forte période de stress. Elle était sans doute venue la voir pour se changer les idées...
- Qu'est ce qui te met dans un état pareil, grande sœur ?
- Hum ... c'est juste que les choses sont assez bizarres en ce moment. Tu te souviens, dans un de mes email je t'ai parlé d'un de mes profs de criminologie à la fac. J'ai toujours adoré les polars et du coup ça m'a amusé de suivre ces cours avec des futurs flics ou juste des intéressés comme moi. Et ce prof, Will Graham...Il s'est passé des choses... j'étais pas vraiment proche de lui, il ne parlait à personne en dehors des cours, mais du jours au lendemain, on apprend que notre prof qu'on voyait toute les semaines ou presque était psychopathe tueur en série et envoyé dans une maison pour aliénés. Bon, on se dit ok, c'est terrible, mais on peut y survivre. Et là, coup de théâtre ! Devines ce qui arrive ...
- Aucune idée.
- Le FBI le relâche. Apparemment, même s'il avait le profil, c'était pas lui, mais un autre. Et cet autre s'était avéré être son propre psy ! Le genre à qui tu dévoiles toute ta vie et tout... Imagines, il te manipule et te transforme en meurtrière, sans que tu ne t'en rendes compte.
- Ah ...
Elle avait oublié de préciser que sa sœur était une vraie parano. Avec tout ce qui se passait aux US, elle avait tendance à croire que c'était l'enfer partout sur terre, qu'aucun endroit n'était épargné... Surtout depuis les attentats à Paris l'an passé...
Elles finirent par ressortir deux bonnes heures plus tard du magasin des sacs plein les bras... Cosette ignorait pour combien exactement elles avaient déboursés, mais aux galeries Lafayette, rien n'était donné pas vrai ? Tout en regardant la profusion de vêtements entassés sur des cintres et le décor haussmannien qui l'entourait, elle se sentait prise de vertige. Toutes ces couleurs... Ces vêtements lui semblaient vains, de pathétiques costumes ou papiers d'emballages cachant le meilleur ou l'atroce qui reposait en chacun d'entre nous. Que se cachait il donc sous tout ces maquillages, ces apparences ?
Elle traversa la myriade de couleurs, de déguisements atroces que d'autres nommaient vêtements de haute couture, qu'elle trouvait futile et dérisoire pour se diriger vers la galerie des galerie, une pièce tenue à l'écart où des expositions prestigieuses se tenaient parfois.
- Cosette, on n'a pas fini de faire les boutiques.
- Tout ça m'ennuie, grande sœur. Apparemment il y aurait une exposition de Lee Bul là-bas...
Sa sœur soupira... Plus terre à terre que jamais, elle dénigrait le monde de l'art et trouvait malheureux que sa sœur en fasse partie. Ce n'était pas un vrai travail, mais un amusement disait-elle... Pourtant, il était évident que Cosette ne pouvait rien faire d'autre et que c'était sa vocation.
- Je t'attends dehors, si tu prends trop de temps je viendrai te chercher ! fit cette dernière de bien mauvaise grâce.
Elle hocha simplement la tête avant d'entrer dans un tunnel opaque la menant droit vers une pièce extraordinairement lumineuse où toute couleur avait été retirée, gommée. Lee Bul était une artiste coréenne qui l'avait toujours frappée, la première fois qu'elle vit son travail ce fut l'année passée à Saint Etienne par simple curiosité. Elle venait rendre visite à cousine. Bref, elle en avait profité pour faire un tour au musée d'art contemporain de la ville et la rencontre eut lieu. Des structures aussi mécaniques que baroque, des miroirs, des choses aussi grouillantes que cauchemardesques. Elle qui ne voyait la vie qu'en noir ou en gris fut confronté à un mirage d'un autre type aussi beau qu'inquiétant. Et depuis, ce nom lui est resté.
Ce jour là aussi, ce fut une surprise à la hauteur de ces espérances.
Une chose nom identifiée ressemblant à des racines de plantes ou à des parties de corps d'insectes ou d'humains s'entrelaçant, se métamorphosant, devant une nouvelle chose inédite, radioactive complètement déviante qu'elle n'aurait pu imaginer dans ces cauchemars les plus fous. Le blanc mettait l'accent sur le côté structural alors que son esprit repoussait en bloc le coté changeant et alternatif de cette chose indéfinissable. Mais c'était justement ça qui fascinait. Comment cette artiste arrivait elle à passer de la beauté au chaos aussi facilement ? Ca l'intriguait.
Toute absorbée qu'elle était par cette chose, elle ne remarqua pas qu'il s'était faufilé derrière elle en silence, l'observant tel un prédateur cherchant à se faire une idée de la vigueur de sa proie. Il s'était demandé ce qu'il allait bien pouvoir faire d'elle et le voilà qui la retrouvait par hasard ici alors qu'il passait dans les parages pour ses nouveaux costumes sur mesure. Il portait un costume au motif écossait bordeaux et vert foncé. Ses chaussures en cuir brillait parfaitement, tout comme son regard amusé. Il observa cette petite chose passer à la sculpture suivante dans un silence presque religieux. Ele semblait tellement happée qu'elle n'avait sans doute pas remarqué sa présence. Et pour finir, elle se plongea dans une contemplation des catalogues destinés à la vente tout en se demandant si elle allait en acheter un ou pas ...
Au final, c'est ce qu'elle fit. Elle paya distraitement par carte et la vendeuse lui tendit un sac avec son achat à l'intérieur.
Devait il la laisser partir ?
Ce n'était ni le lieu ni l'endroit de toute façon, il y avait des témoins et des agents grouillant partout à l'extérieur. Et puis ...
- Mais qu'est-ce que tu fabriques ? Ca fait plus de vingt minutes ... Cosette ...
Une femme assez bruyante et n'ayant manifestement aucun respect pour ces œuvres déboula avec tous ces sacs sous le bras.
- Ah. Je n'avais pas remarqué.
- Tu aurais dû. On n'a pas que ça à faire. Et puis pour une fois tu m'avais promis de te comporter normalement ...
Il tiqua mais ne dit rien, quel manque de politesse. C'était sans doute une des choses pour lesquelles il avait le plus de mépris.
De son coté, Stefanie était fatiguée, stressée et ennuyée. Elle n'aimait pas trop attendre et n'hésitait pas à le faire savoir.
Cependant, aussi énervée fut elle, son attitude changea irrémédiablement lorsqu'elle croisa le regard d'Hannibal. Parce qu'elle savait qui c'était. Et elle n'en croyait pas ces yeux. Elle avait dit à sa sœur que son ancien prof s'était fait manipuler par son propre psy, mais elle ne lui avait pas dit que ce dernier était venu quelque fois voir mister Graham à la fin des cours ni qu'il avait aidé le Fbi en contribuant à l'arrestation de plusieurs tueurs en série. Hannibal Lecter. Non, il devait sans doute avoir un autre nom désormais... Que faire ?
Son regard était agité, elle avait clairement peur, pour elle et sa sœur.
- Grande sœur, tu vas bien ?
- Euh oui, allons-y.
Elle était très mal à l'aise, d'autant plus qu'il savait qu'elle savait et que personne dans son cas n'en ressortait vivant.
De retour au milieu de la foule, en sécurité précaire, elle regarda Cosette d'un air affolé.
- Cosy ... Fit elle d'un ton qu'elle voulait contrôlé et rassurant.
Elle tiqua, sa sœur ne l'appelait plus comme ça depuis leurs 12 ans. Que se passait il ?
- Cet homme dans la galerie... tu ne le connais pas n'est ce pas ?
- Si, c'est mon nouveau professeur de dessin, Alexei Voronine. Pourquoi ?
- Ne me pose pas de questions, moins tu en sais, mieux ça vaut. Mais promets-moi une chose: Fuis le comme la peste. Changes de cours, fais n'importe quoi mais ne te mets pas sur son chemin. Ca doit pas être compliqué non ?
Sa voix dérailla. Cosette la regardait bizarrement... Sa sœur avait des propos chamboulés... Bref, elle ne comprenait pas vraiment la gravité de la situation.
- Tu me le jures ?
- Hein ?
- Tu me le jures ?! la pressa t'elle alors.
Quelque chose n'allait pas. Elle n'avait jamais vu sa sœur dans un tel état.
- Ok...
Stefanie soupira mais son cœur continuait de battre à cent à l'heure. Elle avait apporté son ordinateur portable avec elle, une chance puisque dessus elle avait l'adresse mail de son ancien prof. Elle devait toujours être active. C'est à cette adresse qu'on lui faisait part de question ou qu'on lui envoyait les dm ... Elle avait l'intime conviction que Graham était à la recherche de cet homme et qu'il voulait le trouver bien avant le fbi.
Et il était là, sous les yeux de tous, à portée de sa petite sœur.
Elle devait la protéger, elle n'avait pas le choix.
- Viens, on rentre à la maison.
à suivre...
