Bonjour ou bonsoir à toutes et tous ! Tout d'abord, je tiens à vous présenter mes plus plates excuses pour avoir tant tardé pour la publication :(. J'ai eu quelques soucis récemment et ça n'a pas été pas facile de jongler avec ça, mon job et mes études...
Ensuite, merci pour vos reviews. J'ai reçu moins de retour, mais j'espère que mon histoire continue de vous plaire !
Pour vous répondre, je tiens à vous dire ce que je pense des personnages d'Harry Potter et quelle idée je me fais du lien d'Âmes soeurs. (Attention, pavé !)
— Pour moi, Ron est quelqu'un qui a vécu dans l'ombre de ses frères, et que sa soeur a surpassé par le simple fait qu'elle était la fille tant désirée depuis des années dans la famille. Certes, il a eu des crises de jalousie, jalousie assez mal placée, je vous l'accorde, pour Harry. Mais doit-on lui jeter la pierre ? Pour moi, ce n'était pas légitime, mais disons que j'aime assez Ron, parce qu'il reste malgré tout d'une loyauté sans faille. Il peut se disputer, tempêter, partir, mais il revient toujours. Pour moi, c'est un vrai ami, parce qu'il est là lors des moments de gloire, mais aussi, surtout, lors des coups durs. De plus, il ne faut pas oublier que Ron est issu d'une famille de Sang-Pur, il possède donc les savoirs et enseignements qui se perpétuent au fil des siècles ! Il n'est pas un ignorant concernant le monde magique.
— Ensuite, Blaise. Je ne connaissais pas ce personnage, il n'est pas souvent évoqué dans les livres, mais j'ai appris à le connaître au fil de mes lectures de fanfictions. Et j'ai adoré ce qu'on a fait de son personnage : sarcastique, provocateur, joueur, de "bonne famille", et surtout, un serpentard pur souche. Et pour moi, les serpents soutiennent les leurs, parce que depuis toujours, ils ont été considérés comme vils et manipulateurs. Ils n'ont alors qu'eux-mêmes sur qui compter. De plus, j'ai fait de Blaise un véritable ami pour Draco, parce que Draco est un solitaire qui attire autour de lui le monde, mais il a aussi besoin d'un pilier dans vie. Disons que grâce à Blaise, on en découvre un peu plus sur l'humanité du blond.
— Severus et Sirius, bah, vous connaissez la chanson, non ? C'est l'histoire d'un homme séduisant, extraverti, jeune ( et qui dit jeune, dit imbécile), qui joue à la parade nuptiale avec l'élève studieux, introverti et jeune aussi. Ils grandissent, et avec le temps, se découvrent, pour finir par développer des sentiments ;).
— Je trouvais le geste de Draco très beau lorsqu'il lui offre la potion. C'est la preuve qu'il aime Harry, parce qu'il est à même de comprendre les sentiments de celui-ci et de passer outre ses propres sentiments pour lui permettre d'être heureux. Qui a dit "Aimer, c'est vouloir le bonheur de l'autre"?
— En effet, Ron se révèle être un allié de Draco en prenant sa défense. Mais attention, ce n'est pas qu'il veut jouer les alliés, c'est juste qu'il a un peu plus conscience que les autres de ce qu'implique le choix d'Harry. Ce qui empêche celui-ci de foncer dans la tas :D
— Pour répondre à Sunakotaji, oui, tu as bien cerné ce que je veux mettre en avant. Ce n'est pas qu'une histoire entre un veela et son lien avec son compagnon. C'est avant tout une histoire d'amour sincère, passionnée, ponctuée de hauts et de bas... C'est l'histoire de deux personnes qui se sont aimées, encore et encore, qui s'aiment, et qui s'aimeront encore. C'est l'histoire de deux hommes, tout simplement, qui se sont rencontrés une fois, et qui se rencontrent une nouvelle fois.
— Et enfin, le lien ! Le lien d'un Veela et de son compagnon a paru toujours évident aux yeux des autres. Pas pour moi. J'ai souvent eu l'impression que le lien s'imposait à l'un comme à l'autre. Et cela m'a fort dérangée, parce qu'à la base, on a créé ce lien afin qu'il puisse réunir deux personnes qui s'aimeront toute le vie. L'idée que ce lien s'impose est une contradiction en soi, parce que réunir deux personnes pour qu'elles s'aiment, c'est forcer les sentiments. Hors, on ne joue pas avec ça. Des sentiments, ça ne s'impose pas. On les fait éclore, on les fait grandir, s'épanouir... C'est pour cela que je veux faire éclore une romance, que je veux que les deux parties acceptent le lien, en ayant pleine conscience de leurs actes. Après tout, c'est comme un mariage, car accepter d'être le compagnon d'un Veela équivaut à se marier avec lui.
— Je ne sais pas répondre à toutes les questions ou remarques, sous risque de vous spoiler la suite :D
Donc voilà, voilà ! Désolée pour cet énorme début, en espérant ne pas avoir trop ennuyé(e)s ! Sur ce bonne lecture, et n'hésitez pas à laisser votre trace ! :D
CHAPITRE 3
Aimer quelqu'un ne relève pas seulement de la puissance du sentiment,
mais d'une décision, d'un jugement, d'une promesse. – Erich Fromm
Hermione Granger avait toujours été une sorcière particulièrement intelligente, mais elle devait bien admettre que sur cette affaire, c'était Ron qui en savait le plus. Les révélations d'hier se bousculaient encore elle. Dès l'instant où on lui appris qu'il existait un lien d'âme entre un Veela et son compagnon, elle avait lu beaucoup d'ouvrages portant sur le sujet. Ce lien l'intriguait. Il ne lui avait pas semblé poétique ni romantique sur le coup. Elle avait juste pensé qu'il était fataliste. Forcer deux personnes à s'aimer lui avait paru absurde. Pourtant, les paroles de Ron résonnant encore dans sa tête, elle se surpris à jeter un regard nouveau sur cette histoire. Décidément, la magie n'aura de cesse de me surprendre, pensa-t-elle.
Lorsqu'elle descendit dans la Grande Salle, elle eu la surprise de trouver Harry déjà attablé. D'habitude, il était toujours en retard le matin. Alors le voir seul, levé avant tout le monde l'étonna. Elle s'assit en face de lui, et commença à manger, tout en continuant de l'observer. Elle n'ignorait pas que ces derniers temps, son ami avait des difficultés pour se reposer. Pourtant, lorsqu'elle étudia son visage, elle lui trouva une meilleure mine. Elle se doutait que sa relation avec Malefoy jouait pour beaucoup. Certes, ils ne sortaient pas ensemble, mais elle pouvait dire avec certitude que le Veela avait le pouvoir d'influencer les états d'âme d'Harry. Avant de prendre une décision, Harry était lié à Draco. En pensant à ce dernier, elle détourna le regard pour le poser sur la table des Serpentards. Elle eu la confirmation à ses pensées. Le Veela dévorait littéralement son meilleur ami des yeux. Un sourire prit forme sur son visage. Peut-être que cette année sera différente, peut-être sera-t-il heureux cette fois, pensa-t-elle.
Harry Potter. Ce nom, Draco l'avait sans cesse en tête. Bien que Blaise l'aie sommé de se battre pour pouvoir lui faire la cour, il n'avait pu se résigner à laisser le Survivant devenir son compagnon. Il ne voulait pas lui faire encore porter ce fardeau, l'obliger à faire un choix qui, il le savait, allait le tourmenter. C'est pour cette raison qu'il lui avait offert la potion de Monelli. Il détestait la tournure que prenait sa vie. Il avait l'impression d'être au cœur d'une tragédie, d'un mélo-drame, et de s'y enfoncer un peu plus chaque jour. Il était d'un pathétique affligeant, et s'en rendait bien compte.
Il se reprit bien vite lorsque le reste des élèves commença à affluer. Tout cela allait bientôt être réglé, cela ne servait à rien de trop y penser. Blaise le rejoignit et le salua. Draco ne voulait pas que son ami reprenne leur conversation d'hier. Heureusement pour lui, son ami resta muet, mangeant tranquillement. Bientôt, la Grande Salle se remplit de rires et de discussions. Inconsciemment le Blond chercha de nouveau Harry du regard, mais s'empêcha de le fixer trop longtemps. Personne ne remarqua son manège, si ce n'est deux élèves bien trop intelligents pour son bien.
Blaise esquissa un sourire, et les yeux d'Hermione brillèrent.
« Mes chers élèves, commença le directeur, sous les justes rappels du professeur McGonagall, il vous est formellement interdit de pénétrer la forêt interdite malgré les récents événements. Il demeure toujours en ces bois des dangers, ainsi que des restes de magie noire. En ce qui concerne les sorties à Pré-Au-Lard, seuls les élèves à partir du troisième cycle y sont autorisés. Bien évidemment, il nous faudra une autorisation parentale signée. Les préfets vous accompagneront. Ils vont attendront devant la porte principale à quatorze heure précise. Sur ce, je vous souhaite un bon appétit, ainsi qu'une bonne journée. »
Blaise se tourna vers le blond.
« Allons-y, ça te fera du bien de sortir.
— Je comptais aller à la bibl-
— Non Draco. Il faut t'aérer l'esprit. Je ne te laisserai pas te plonger désespérément dans le travail. Ça ne peut que t'être bénéfique. »
Il hocha la tête, acceptant la proposition.
Ron et Hermione avaient dû traîner Harry hors du château jusqu'au village. Ce dernier ne consentit à se détendre que lorsqu'une bière au beurre atterrit devant lui. Il remercia Seamus qui la lui avait apportée, et fusilla ses deux acolytes du regard. Ces derniers le regardèrent avec un air contrit, non sans un petit sourire aux lèvres. Il finit pas soupirer, et décida de ne plus leur en tenir rigueur Il était là, alors autant en profiter. Il commença donc à écouter les conversations, et s'en mêlait quelque fois, mais passa la plupart de son temps à regarder ses amis. Ses pensées convergèrent indubitablement vers Malefoy. Ce matin, il avait dressé la liste de ses arguments contradictoires quant à cette histoire avec le Serpentard. A son grand étonnement, il n'y avait pas beaucoup d'inconvénients, mais ceux-ci pesaient lourds, et compensaient donc ses autres arguments. Il soupira une nouvelle fois, et chassa ces idées de sa tête. Il pourrait y repenser plus tard.
« Hé les gars, v'trouvez pas que Malfoy a changé ? Lança Dean à la tablée. »
Comptez sur les Gryffondors pour mettre les pieds dans le plat. Royalement. Il soupira discrètement, se renfonçant dans son siège. Il ne voulait pas en parler, encore, aujourd'hui. Hier avait été une longue journée remplie de révélations, et il était fatigué de ne penser qu'à ça. Il voulait juste oublier pendant un temps, alors qu'il était entouré de ses amis, assis au chaud dans un pub, savourant sa bière au beurre. Il prit d'ailleurs une gorgé et en apprécia l'amertume adoucie aussitôt, une chaleur la remplaçant. Il était bien là.
« Tu trouves aussi ?! Ce n'est pas que moi alors ! s'écria Seamus.
— De quoi vous parlez ? demanda Neville en fronçant les sourcils.
— Par Merlin, de la bombe Malfoy !
— Je comprends toujours pas.
— Enfin Neville ! Me dis pas que t'as pas remarqué que Malfoy est carrément devenu à tomber ! s'extasia l'Irlandais.
— Déjà qu'il était pas mal avant, ajouta Dean avec un clin d'oeil à Neville qui rougissait.
— Vous pensez qu'il lui est arrivé quelque chose ? interrogea ce dernier.
— Il a sans doute reçu un héritage magique, supposa le noir. »
Harry s'étouffa avec sa bière au beurre à ses mots. Il n'était pas très à l'aise avec le sujet de conversation choisi.
« — Je parie qu'il est devenu un Incube ! Ou mieux, une Succube, plaisanta Seamus, sans prendre en considération le Survivant qui avait de plus en plus de mal à respirer.
— Et ça va mon pote ? s'inquiéta Dean.
— Nickel, fut tout ce qu'Harry arriva à répondre. »
Hermione préféra le faire sortir prendre l'air avec Ron.
«Ecoutez les gars, on a encore quelques achats à faire. On va vous laisser. A ce soir, au dîner. »
Une fois sortit, Harry respira enfin, et l'air passant dans ses poumons lui fit un bien fou. Toute cette histoire lui donnait le tournis. Il n'arrivait pas à se la sortir de la tête, et avait l'impression que toute l'école s'était passée le mot pour en parler. Il en avait assez, assez que sa vie soit perpétuellement chaotique. Alors qu'il était enfin libéré du destin qui le liait au Seigneur des Ténèbres, le voilà maintenant lié à un Veela ! Et est-ce qu'il avait encore le contrôle de la situation ? Non, bien sûr que non. Comme toujours.
Le trio continua de déambuler dans le village, essayant de parler de tout et de rien. Depuis la fin de la guerre, les trois Gryffondors étaient encore plus soudés qu'auparavant, mais quelque chose avait changé dans leur relation. Ils avaient parfois du mal à parler de petites choses quotidiennes comme le dernier cours de potion, le prochain match de Quidditch, les nouveautés en vitrine,… Et ils avaient encore plus de difficultés d'en parler avec d'autres personnes, mais pour différentes raisons. Leur amitié s'était renforcée au cours de leur chasse aux Horcruxes, devenant plus fusionnelle. Ils se comprenaient d'un regard, anticipaient leurs réactions, n'avaient plus besoin de mots pour communiquer et, surtout, ils étaient plus tactiles. Ils éprouvaient constamment le besoin de toucher l'autre pour pour se rassurer, pour se prouver qu'il était bien là et qu'il n'allait pas disparaître soudainement, s'assurer qu'il était bien vivant. La guerre avait traumatisé les gens et laissé ses séquelles. Les autres les taquinaient souvent pour cette habitude, et c'est en cela qu'ils étaient différents. Ils n'avaient pas été là avec eux dans cette tente, ils ne comprenaient ce qu'ils avaient pu traverser ensemble. Ils n'avaient pas été traqués comme des bêtes, kidnappés, et torturés. Certains s'étaient cachés dans la Salle sur demande pour échapper aux Mangemorts, ils le concédaient. Cependant ils n'avaient pas eu à cohabiter dans une tente, magique, certes, mais restant tout de même exigüe, craignant continuellement pour leur vie. Harry, Ron et Hermione, si. Ils n'avaient eu qu'eux-mêmes sur qui compter, pour se consoler, et pour pleurer. Ils avaient été eux trois contre le monde. Il leur semblait encore parfois n'avoir jamais quitté cette tente… Il existait désormais un fossé qui les séparait des autres. Plus le temps passait, plus il s'amenuisait, mais jamais il ne disparaitrait. Un jour peut-être pourront-ils l'oublier, mais ils laissaient cela au temps. Avec le temps, va, tout s'en va…*
Blaise Zabini marchait dans les rues du village avec un air serein, la tête ailleurs, les mains dans les poches, et écoutait les bruits l'entourant. Le son de cloche d'une porte de magasin, les talons qui claquaient sur les pavés, les marchands qui présentaient leur étalage, les rires des passants, les bavardages… La vie de Pré-au-Lard, tout simplement. Pour lui, c'était une musique douce à ses oreilles, car cela signifiait que le monde recommençait à tourner, que les gens reprenaient leur train-train quotidien, que le présent allait au passé, laissant ainsi sa place au futur.
Il étira son bras, remuant son épaule pour la dégourdir, ce qui n'échappa à son ami.
« Ta blessure te fait mal ?
— Ne t'inquiète donc pas tant Draco, sourit-il. Elle a cicatrisé depuis, c'est juste qu'elle me tiraille encore de temps en temps.
— Tu n'as pas besoin de racheter de la pommade ?
— J'en ai encore mais, je pense que je vais aller en recommander. On n'est jamais trop prudent. »
Ils se dirigèrent donc vers l'apothicaire. C'est là que tout dérapa. Blaise n'avait jamais apprécié Cormac McLaggen. Pour lui, le Gryffondor n'était qu'un arriviste arrogant, vicieux et narcissique, mais surtout, il était faux. Jamais il ne lui avait parut réellement intéressé par quoi ou qui que ce soit. Cormac était le genre de personne superficielle qui battait des cils pour se rapprocher des personnes assez puissantes pour être influentes, et qui calculait le moindre de ses gestes. Il se demandait encore ce que le Choixpeau magique avait bien pu juger de gryffondor chez lui. Inconsciemment, il se hâta d'arriver à destination. Malheureusement pour lui, c'était trop tard.
« Malfoy, Zabini ! Quelle surprise de vous voir ici ! s'étonna faussement le Gryffondor. »
Draco haussa un sourcil devant son comportement tandis que la bande de zouaves derrière Cormac éclatait de rire. Il décida de l'ignorer, et tenta de passer son chemin. C'était sans compter la ténacité du lion.
« Holà holà ! Pas si vite ! Où allez-vous comme ça ?
— En quoi cela te concerne-t-il ? répondit fermement Draco.
— Pas besoin d'être si froid avec moi, tu sais ? »
Les Serpentards ne le sentaient pas du tout. McLaggen affichait un sourire trop satisfait pour leur propre bien. Leur intuition ne les trompa guère, surtout lorsqu'ils virent ses lèvres s'étirer de plus belle et que les rires se faisaient plus bruyants. Inconsciemment, Draco et Blaise se rapprochèrent alors que Cormac avançait lentement vers eux, suivi de ses amis qui les encerclèrent.
« Bien, et maintenant que tu as notre attention, aurais-tu l'obligeance d'éclairer nos lumières ? grogna le noir.
— Dois-je nécessairement avoir une raison pour vous aborder ?
— Ne joue pas au plus malin avec nous, tu vas perdre, lança Draco de sa voix polaire. »
Du coin de l'oeil, Blaise les vit hésiter devant le ton de son ami. Déjà avant que Draco ne devienne un Veela, celui-ci possédait un magnétisme fou, mais ça, c'était avant. Désormais l'héritier de la maison Malfoy transpirait la suffisance, le pouvoir, le charisme, la confiance, et à raison. Il était devenu l'une des plus puissantes créatures magiques que le monde ait jamais porté. L'aura que le blond dégageait était tellement puissante qu'elle en devenait presque palpable. Cela eut l'effet escompté sur les acolytes du Gryffondor devant eux, mais McLaggen était si hypnotisé par Draco qu'il ne les vit même pas reculer. Blaise fronça les sourcil. Son jugement sur le jeune homme était fondé : Cormac McLaggen courait après le pouvoir, et en ce moment même, il n'avait d'yeux que pour celui de Draco. Cela l'inquiéta d'autant plus en voyant son regard briller de convoitise et d'un désir malsain. Il pressa doucement le bras du blond et vit le Gryffondor plisser des yeux.
« Allons-y Draco, ils nous font perdre notre temps.
— Tu te crois mieux que nous, sale serpent, alors que tu n'es qu'un moins que rien, siffla le lion.
— Et toi, tu es inutile. Sur ce, bonne journée messieurs, répliqua Blaise en entrainant son ami dans son sillage. »
Cormac sentit une colère noire monter en lui. De quel droit osait-il le traiter d'inutile ? De quel droit osait-il le traiter comme un mal-propre, un déchet ? Mais son regard se posa ensuite sur le second Serpentard, et la colère recula, laissant place à une fascination malsaine. Non, ce n'était pas fini. Le blond avait changé, il le sentait. Sa puissance l'avait fait frémir de la tête aux pieds et il en avait eu le souffle coupé. Cette puissance l'attirait. Il la convoitait, tout comme il convoitait le fils Malfoy. Après tout, c'était un morceau de choix, le meilleur qui soit. Oui, un jour, Draco Malfoy lui appartiendra. Il le suppliera de le prendre, et lui ne se privera pas. Il lui volera tout : son pouvoir, sa beauté, son corps, son coeur et son âme. Ensuite, il se fera une joie de le trainer dans la boue et aura la satisfaction de l'avoir brisé et de le voir humilié, suppliant et gémissant quand il le jettera comme on jette une ordure à la poubelle.
« Pourquoi tu souris ?
— Oh rien, rit-il innocemment. Allons-y les gars. »
Blaise avait gardé un oeil sur le Gryffondor et put l' apercevoir, ce sourire. Protecteur, il passa son bras autour des épaules de son ami et eut le plaisir de recevoir le regard noir de Cormac.
« Un conseil Draco : reste éloigné le plus possible de McLaggen.
— Je n'avais pas l'intention de l'approcher, répondit le blond en haussant un sourcil.
— Je sais, mais reste loin de lui. Il est louche ce type. Il y a quelque qui ne tourne pas rond chez lui.
— Bien Blaise. Maintenant, allons chez l'apothicaire. J'aimerais rentrer le plus tôt po-»
Draco se stoppa net. Devant lui se tenait Harry, appuyé contre un mur, le visage pointé vers le ciel. Il était seul et semblait attendre quelqu'un.
En réalité, Harry attendait bien. Il avait laissé le plaisir à Ron d'accompagner Hermione dans la papeterie. Il sentit qu'il n'était plus seul et, instinctivement, il tourna la tête à sa gauche. Il plongea immédiatement dans le regard métallique de Draco. Le temps sembla se suspendre autour d'eux. Harry ne remarqua pas le son de cloche de la porte tinter, tout comme Draco n'entendit pas Blaise saluer Ron et Hermione. Ils étaient détachés de la réalité, et ce fut le Survivant qui brisa leur bulle.
« Draco, le salua-t-il.
— Harry, souffla ce dernier. »
Le Serpentard avait les mains qui picotaient. Il avait envie de toucher son brun, de le serrer dans ses bras, de le couvrir de baisers, de sentir sa chaleur contre son corps, d'écouter son coeur battre et s'enivrer de son odeur, encore et encore. Il fit mine de tendre la main, mais stoppa son geste, reprenant conscience de la réalité. Non, il ne pouvait pas le toucher, mais par Merlin ! C'était insupportable, il allait devenir fou. Il sentait cette langue de feu parcourir son corps, cette lave en fusion courant dans ses veines, le rendant brûlant de désir et de passion. Cela le fit trembler de tout son corps. Il se languissait du brun.
Harry avait bien remarqué l'état du blond, et il se sentit rougir sous ce regard pénétrant, plein de désir. Il pouvait lire dans ses yeux cette fièvre, qu'il savait presque destructrice parce que lui aussi la ressentait. Il pouvait la deviner rien qu'en regardant le Serpentard, il la voyait dans ses lèvres frémissantes, dans ses bras parcourus de spasmes, dans ses jambes fléchies qui n'attendaient qu'une chose : bondir sur lui. Et Harry l'aurait laissé faire avec délice. Il avait envie de retrouver cette chaleur et ce réconfort que lui avait offerts les bras du Veela. Il s'était senti si bien dans cette étreinte trop brève. Il faillit faire un pas dans sa direction lorsqu'Hermione prononça son nom plus fortement. Il cligna des yeux et se tourna vers elle.
« Qu'est-ce qu'il y a ?
— On doit encore passez chez l'apothicaire, soupira-t-elle.
— Cela tomba magnifiquement bien, sourit Blaise en saisissant cette chance. Nous nous y rendions aussi avec Draco. Pourquoi ne pas faire le chemin ensemble ? »
Blaise n'eut aucun mal à se saisir des deux Gryffondors et de continuer à marcher, laissant Draco avec Harry. Le contact avait été rompu, et la fièvre avait baissé. Ils se regardèrent tous les deux, soudain mal à l'aise. Draco sourit doucement et les suivit. Harry hésita une seconde avant de marcher à ses côtés.
« Comment te sens-tu, Harry ? »
Le brun tourna vivement la tête pour le regarder. Le blond avançait, regardant résolument devant lui. Son visage restait dur, mais le ton employé avait été d'une telle douceur qu'Harry sentit malgré lui une chaleur lui monter aux joues. Chaleur qui s'accentua lorsque Draco posa sur lui un regard inquisiteur, n'ayant pas de réponse à sa question.
« Ca peut aller, souffla le Survivant.
— Ne me mens pas Harry. Comment te sens-tu, réellement ?
— Je ne sais pas… Tout ça est encore confus dans ma tête. Je n'arrête pas de me poser des questions, qui ne trouvent jamais de réponses. Je ne sais pas quoi penser de cette histoire.
— C'est, ma foi, assez normal.
— Vraiment ?!
— Ne sois pas surpris, rit Draco, un brin moqueur. Ce serait étrange si, au contraire, toute cette situation te semblait logique. Au moins, cela veut dire que tu prends la situation au sérieux.
— Bien sûr que je la prends au sérieux, répondit Harry sur la défensive.
— Arrête de te hérisser et range tes griffes. Détends-toi.
— Laisse moi juste du temps, murmura le lion.
— Du temps… Harry, s'il ne te faut que du temps, alors je t'en laisserai autant que tu souhaites. Je ne vais pas partir, ni disparaître. Mes sentiments ne changeront jamais. Jamais, souviens t'en.
— Merci.
— Harry, mon souhait n'est pas de t'enfermer dans une tour d'ivoire. Tout ce que je veux, c'est te savoir heureux. Bien sûr, t'avoir à mes côtés me comblerais, mais si tu dois subir ma présence, alors je préfère renoncer à toi.
— Draco…
— J'ai une idée, coupa le blond. Ne pense plus à cette histoire.
— Mais…
— Laisse-moi parler, rit le Serpentard en voyant le brun souffler et gonfler les joues. Et cesse de faire l'enfant, veux-tu ?
— Parle, je t'écoute ! s'entêta le Survivant.
— Je te propose de devenir amis.
— Quoi ?
— Tu ne connais pas la signification de ce mot ? Alors laisse-moi t'éclairer. Un ami est une personne…
— Oui, je sais ce que c'est. Ce que je te demande, c'est pourquoi veux-tu qu'on devienne simplement amis ?
— Et bien, pour que tu apprennes à me connaître. Si on devait reprendre tout depuis le début, on se rencontrerait, puis nous aurions fais connaissance. Ensuite, nous serions devenus amis, et pour finir, si nous en serions venus à éprouver des sentiments l'un envers l'autre, alors… Notre relation aurait pris un autre tournant. Qu'en penses-tu ?
— Amis… murmura le brun, songeur. Oui, pourquoi pas. C'est un bon début. Et si jamais, rien ne se passe…
— Tu seras libre de prendre la potion de Monelli. Alors ?
— Je pense que c'est un bon compromis.
— Alors amis ? sourit Draco en tendant la main.»
Harry fixa un instant cette main pâle tendue devant lui, des souvenirs de leur seconde rencontre remontant à la surface. Cette scène qui avait eu lieue il y a tant d'année, ils la rejouaient, et cette fois, il allait accepter cette main.
« Amis, affirma-t-il en lui rendant sa poignée. »
Draco soupira discrètement de soulagement. C'était un premier pas. Petit, mais un pas quand même. La vie est imprévisible, et prend souvent des tournants inattendus. Après tant d'épreuves, elle lui laissait une seconde chance pour être heureux. Cette fois-ci, il déciderait de sa vie et ne laisserait personne lui dicter ses choix. Cette seconde chance, pour sûr, il n'allait pas la manquer.
« Enchanté, mon nom est Draco.
— Enchanté, mon nom est Harry »
Le Serpentard sentit un sourire étirer son visage. Pour la première fois, il était réellement heureux. Pour la première fois, il sentit son coeur battre. Pour la première fois, il réalisa à quel point il était amoureux, tout simplement.
Depuis sa discussion avec Malfoy, Harry se sentait un brin plus léger. Cette après-midi, le blond lui avait dévoilé un autre visage : plus attentif, plus patient. Contrairement à ce qu'on avait cessé de lui répéter, Draco lui avait dévoilé une troisième échappatoire. Il n'avait eu, jusqu'à maintenant, que deux choix qui s'étaient présentés à lui : accepter son Veela ou le rejeter, et ce, dans les plus brefs délais. En lui tendant cette main, Draco lui avait donné du temps pour y réfléchir. Et c'était tout ce qu'il voulait. Il éprouvait moins cette impression d'obligation. De plus, la présence du blond à ses côtés avait apaisé son esprit. De cela, il en avait pris conscience. Malgré ses sentiments contradictoires et le capharnaüm dans sa tête, son âme, elle, s'était quelque peu calmée. Cela n'est pas une raison, c'est le lien qui me fait penser que j'ai besoin de lui, se morigéna-t-il.
« Harry, tu te sens bien ? l'interrogea Ginny à côté de lui.
— Oui, ça va, lui sourit-il en retour.
— Je t'ai vu parler à Draco tout à l'heure. Qu'est-ce qu'il te voulait ?
— Arrête d'être si curieux Seamus ! le réprimanda la rousse.
— Ben quoi ? C'est pas un crime !
— Il voulait qu'on devienne ami, répondit finalement le Survivant. Et j'ai accepté. »
Le silence se fit à la table des Gryffondors. Cette nouvelle les laissa perplexes. Jamais ils n'auraient imaginé une telle proposition de la part du Serpentard, et encore moins que leur Golden Boy l'aie acceptée.
« Je pense que c'est une excellente idée Harry, le félicita Hermione.
— Mais à quoi vous pensez ? s'horrifia Lavande.
— Comment ça ? demanda Ron en fronçant les sourcils.
— Mais enfin ! On parle de Malfoy, là ! Un Serpentard ! s'exclama-t-elle, sa voix partant dans les aigus.
— Oui, on sait que c'est un Serpentard, et alors ? répondit le roux, ne voyant toujours pas où elle voulait en venir.
— On ne peut pas lui faire confiance ! Ce n'est qu'une sale fouine, un traitre, un menteur, un-
— Ne veux-tu donc pas arrêter de déblatérer des sottises et fermer ta grande bouche pour une fois ! s'énerva Hermione.
— Il vous a ensorcelé, ce n'est pas possible autrement ! cria-t-elle.
— Cesse donc avec ça. Il a changé, ce n'est plus le même qu'avant. Il nous a prêté main forte durant la guerre, lui aussi s'est battu. Arrête donc d'être si stupide et baisse d'un ton, la calma Ron.
— Non, non, non. Ce n'est pas possible ! C'est une farce, ce n'est pas poss-
— Tais-toi ! explosa Harry. »
Lavande sursauta lorsque le verre en face d'elle éclata en mille morceaux.
« De quel droit oses-tu le juger comme ça ? reprit le brun en se levant, la dominant de toute sa taille, furieux. Oui, c'est un Serpentard. Oui, il est un fils de Mangemorts. Oui, il n'a pas toujours été tendre avec nous, mais nous non plus. Il s'est battu à sa manière, alors que toi, toi où étais-tu ? Toi, tu as eu peur, et tu t'es réfugiée avec tes parents à l'autre bout du monde. Mais le monde a changé, il a changé, on a tous changé. Alors arrête avec tes grands airs affolés, et grandis un peu. Oui, il m'a demandé d'être ami, et je peux te dire qu'il n'a utilisé aucun sort, aucun artifice pour que j'accepte. Alors que toi, toi, tu n'as pas changé, et il me faut toute la volonté du monde pour te supporter. Tu n'as aucun droit de le juger. Ne répète jamais de telles inepties devant moi, parce que je ne tolérai plus ta stupidité affligeante. Range tes larmes de crocodiles et déguerpis. Hors de ma vue. »
Au fur et à mesure qu'Harry parlait, Lavande s'était ratatinée sur son siège. Elle n'osait plus respirer, tant le sorcier lui faisant face la terrifiait. Elle ne l'avait jamais vu comme tel, une aura magique se dégageant de son corps si puissante qu'elle la paralysait. Inconsciemment, Celui-Qui-A-Vaincu faisant valdinguer tout ce qui se trouvait sur la table, provoquant une tempête autour d'eux, constituée d'assiettes, de verres, de couverts et de serviettes. Dans une autre situation, elle en aurait rit, mais cette idée ne lui effleura même pas l'esprit en cet instant. Harry la fusillait du regard et l'écrasait de sa puissance, de son aura, de sa magie. Ce fut Hermione qui le calma en posant une main sur son bras. Elle n'attendit pas plus longtemps et s'enfuit en courant.
« J'espère que vous avez bien profité du spectacle, cracha le brun au reste de la grande salle en se rasseyant. »
Il eut le temps de croiser le regard de Draco, et ce qu'il lu dans ses yeux lui bouleversa le coeur. Ce n'était pas un amour dégoulinant d'une princesse venant d'être secourue par son chevalier en armure. C'était une infinie reconnaissance pour son geste. Et venant du blond, ce n'en était que plus précieux.
Harry soupira avant de se cacher le visage entre ses bras, tentant d'échapper aux regards des autres élèves. Par Merlin, je ne m'habituerai jamais à être leur bête de foire…
©JKRowling
* Avec le temps, Léo Ferré.
J'espère que vous appréciez toujours autant. Je ne vous cache pas que j'ai eu du mal à finir ce chapitre, en réalité. J'ai dessiné les grandes lignes de l'histoire, je sais ce qu'il va s'y passer de majeur, et comment elle se finira, vu que j'ai déjà écrit la fin... Mais je ne tiens pas à précipiter les choses...
N'hésitez vraiment pas à me laisser un trace de votre passage, c'est très rassurant de vous lire. Même si c'est pour émettre un point qui vous a déplu. Toute critique, bonne ou mauvaise, est bonne à lire, et tout encouragement est d'autant plus motivant.
Encore toutes mes excuses pour mon retard, et à bientôt :) !
