Chapitre 3 youpi!!
Cette fois-ci l'intrigue de toute la fic va apparaître, j'espère que vous apprécierez. Ce sont les mêmes personnages que pour le chapitre précédent.
Je vais profiter de cet en-tête pour répondre aux reviews anonymes:
Cindy: Contente de te compter parmi mes lectrices ma lucky star mdrr, je penserais à toi quand je ferai apparaître Monsieur pour la première fois mdrr
Ina: merci de tout cœur pour tes reviews qui m'ont encouragées. J'ai vu dans ta première review que tu aimais mychemical romance - taux de respect + mille mdrr, ça c'est un bon groupe!! J'ai pu constater aussi que comme moi, tu avais aussi droit aux cours d'Histoire de la France sous l'Ancien Régime comme ça tu pourras me reprendre si je glisse d'odieuses erreurs involontaires. Quant à l'idée d'un chapitre du point de vue d'un ministre ou d'un courtisan, j'y ai pensé, j'ai prévu de faire tourner les points de vue à travers divers personnages et non pas d'écrire toute la fic du point de vue de Sirius. Seuls les trois premiers chapitres sont uniquement centrés sur ses pensées. Par la suite, il n'y aura plus autant de chapitre d'affilé entièrement consacré à un seul personnage. Ah et dernier point: ta deuxième review était loin d'être bête et sans intérêt !!
Eden: Merci de m'avoir lu, j'espère te revoir très bientôt sur ma fic lol
Bonne lecture à tous
Chapitre 3: Le conseil d'en-haut, partie 2
La reine ne manifesta pas la moindre réaction en recevant l'ordre de se rassoir. Tout en sachant que son fils aîné allait chercher à lui faire des reproches comme tout bon fils ingrat, elle se contenta d'obéir à l'ordre du roi et se remit assise en fixant le jeune homme d'un regard perçant. Un silence pesant s'installa. Sirius ne savait pas très bien lui-même pourquoi il avait demandé à parler avec sa mère en tête à tête. A présent qu'ils se retrouvaient seuls tous les deux, il n'avait plus rien à lui dire et aurait presque préféré faire rappeler les ministres pour poursuivre la réunion.
- Eh bien vous ne parlez pas beaucoup mon fils, fit remarquer Walburga d'un ton âpre.
Sirius tourna la tête vers elle et la fixa avec une attention toute particulière. Il avait envie de lui demander de quitter la salle tant il ne supportait pas les regards sévères qu'elle ne cessait de lui infliger mais il fut coupé dans son élan par sa mère elle-même qui prit la parole avant lui.
- Si je puis me permettre, vous m'avez surprise; est-ce toujours ainsi que vous procédez lors de chaque conseil? Vous écoutez les suggestions de vos ministres pour ensuite réfuter chacun de leurs arguments et terminez par prendre une décision totalement contradictoire?
Sirius n'apprécia pas la pointe d'ironie dans son ton. Il avait presque l'impression d'entendre Severus, ce qui avait le don de raviver toute sa colère.
- Je fais ce qui me semble convenable, ma mère! répliqua-t-il d'un ton plus féroce qu'il ne l'aurait voulu.
- Ce n'est pas ce que j'ai cru voir, trancha Walburga avec aigreur, votre seul et unique but se résume à laisser parler votre susceptibilité et à contester les ministres qui vous déplaisent et qui pourtant vous donne les meilleurs conseils.
- Ah c'est moi qui suis susceptible! s'indigna Sirius. J'ai de qui tenir! Vous-mêmes montez sur vos grands chevaux sous prétexte que j'ose m'opposer une fois à ce qu'avait prévu votre petit protégé de premier ministre. Vous devriez être fière, c'est vous qui m'avez dit que je ne faisais pas preuve de suffisamment de caractère et que je devais m'affirmer. J'ai bien l'impression d'avoir montré ma détermination tout à l'heure.
Walburga foudroya son fils des yeux.
- Il reste bien une part de l'adolescent impétueux et arrogant d'autrefois en vous, murmura-t-elle plus pour elle-même que pour le roi, vous êtes toujours aussi insolent. Cessez donc de faire l'enfant gâté Sirius! Il ne s'agit pas de chamailleries infantiles mais d'affaires d'Etat.
- Je le sais bien, rétorqua Sirius les dents serrées.
- Alors comportez-vous en roi! aboya Walburga en tapant sur la table du plat de la main.
Sirius se mit à trembler de rage des pieds à la tête. Il voulut presque lui hurler à la figure qu'il faisait tout ce qu'il pouvait mais qu'il était bien difficile de contenter tout le monde si chacun s'appliquait à contester le moindre de ses choix cependant il tint sa langue. Son absence de réaction transforma la colère de la reine en un profond mépris bien pire que l'atrabilaire.
- Vous me décevez Sirius, dit-elle d'une voix redevenue calme, vous êtes faible… votre jeune âge n'est plus une excuse. Il faut vous endurcir. Que direz votre père s'il vous voyait?
- Madame, ne dépassez pas les limites! s'emporta Sirius d'une voix tonitruante.
- Vous voyez? Vous vous énervez! lança Walburga triomphale. C'est la vérité qui vous irrite parce que vous savez que j'ai raison. Votre père m'approuverait; lui était un grand roi, quelle fierté pourrait-il tirer d'un enfant impulsif aux idées utopistes totalement dérisoires?!
- Cette fois c'en est trop! explosa Sirius hors de lui. Madame ma mère, je vous invite à quitter cette pièce. Je vous dispense de la suite de cette réunion… et de toutes les autres à venir d'ailleurs!
On eut dit que Walburga venait de recevoir une gifle.
- Vous me congédiez votre Altesse? s'étrangla-t-elle scandalisée. Votre mère?!
- Vous êtes allée trop loin, maugréa le roi, je vous ai assez vu pour aujourd'hui!
Walburga respira profondément pour reprendre ses esprits et fixa son fils d'un regard aussi perçant que si ses yeux étaient dotés de lasers destructeurs.
- Je vois, fit-elle dans un souffle, ainsi donc les seuls moments où vont êtes capable de montrer un peu d'autorité c'est lorsque votre petite personne est blessée dans son orgueil! Quelle tristesse!
Elle espéra ainsi une nouvelle réaction de son fils, qui fixait un point sur l'un des tableaux qui ornait le mur face à lui, mais Sirius ne fit rien de particulier hormis tourner vers la tête sa mère et l'observer sans réaction comme s'il ne la voyait plus.
- Qu'est-ce que tu fais encore là? s'étonna-t-il sans même plus prendre la peine de la vouvoyer. Je t'ai demandé de partir non?
Walburga écarquilla les yeux d'incrédulité devant ce langage.
- DEGAGE! tonna Sirius en se levant d'un bond de son siège.
La reine sursauta devant ce mouvement de colère si inattendu et trois gardes se précipitèrent dans la salle, prêts à dégainer leurs épées.
- Votre Majesté a crié?! lança l'un d'eux avec inquiétude.
- Oui, acquiesça Sirius en se tournant vers les trois hommes, reconduisez cette femme à ses appartements je vous prie!
Walburga jeta à son fils un regard assassin mais comme deux des gardes l'avaient empoignée par les aisselles et la forçaient à se lever, elle se résolut à obtempérer.
- Tu es peut-être le roi, dit-elle d'un ton hautain, mais tu ne réussiras pas à te débarrasser de moi si facilement!
- Non ça c'est sûr, marmonna le jeune homme pour lui-même lorsque sa mère eut vidé les lieux.
Il profita des quelques secondes de répit qui lui étaient accordées pour souffler un peu et tenter de calmer les larmes brûlantes qui naissaient impitoyablement au bord de ses yeux. L'oncle Alphard avait beau se tuer à répéter dans son esprit qu'il ne devait pas manifester d'émotion, les paroles de sa mère lui avaient fait bien trop de mal.
- Je suis le roi, se répéta-t-il comme une chanson pour se donner du courage, je suis le roi, je suis le roi… je ne dois pas pleurer!!!
- Sire? lança tout à coup Queudver en faisant irruption dans la pièce à l'improviste. Voici votre bierraubeurre et les coupes d'hydromel!
- Ah, fit Sirius sans se retourner pour ne pas que son domestique remarque ses joues légèrement humides, très bien… pose tout ça sur la table!
Queudver obéit mais Sirius saisit sa bouteille de bierraubeurre au passage, la décapsula du pouce et la vida d'un trait sans même se rassoir et sous le regard incrédule du majordome, qui devait penser que son monarque avait une sacrée descente.
- Merci! s'écria Sirius en reposant la bouteille vide sur le plateau. J'en avais besoin! Apporte-moi la même chose!
- A vos ordres! bredouilla Queudver encore effaré. Euh… j'ai vu les ministres dehors… ils demandent s'ils peuvent revenir continuer la réunion.
- Hein? fit Sirius, qui semblait avoir temporairement oublié ce qu'il faisait là. Ah oui… dis leur de rentrer!
Queudver salua son altesse comme il se doit et sortit en hâte de la pièce où les ministres entrèrent aussitôt en se chuchotant la fin de la discussion qu'ils avaient engagée et qui portait apparemment sur les derniers articles de presse publiés dans un journal anti-royaliste appelé Le Chicaneur.
- Bien, marmonna Sirius en se remettant assis l'air plu assuré maintenant qu'il n'avait plus sa mère pour le déconcentrer, la reine était épuisée elle ne pourra pas assister à la suite de la réunion.
Les ministres s'échangèrent des regards qui en disaient long. Sirius savait bien que personne ne croyait à cette brusque montée de fatigue mais tant que les remarques circulaient mentalement et non à voix haute, peu lui importait.
- J'espère qu'on en a fini avec les mauvaises nouvelles! déclara Sirius en soupirant. Maintenant parlez moi de choses joyeuses… la culture par exemple. Il n'y a pas une nouvelle comédie qui va sortir? Ou une expo prochainement? On a des artistes dans ce pays non?
- Un jeune auteur méconnu est venu me proposer une pièce de théâtre ce matin, reconnut Rogue, mais je ne l'ai pas encore étudié.
- Oh moi je veux l'étudier! s'exclama Sirius soudain tout excité.
- Mauvaise idée Sire! répliqua Rogue en fronçant le nez. Cette pièce m'a tout l'air de véhiculer des idées dangereuses. Jugez vous-même; l'œuvre s'intitule Harry et la pierre philosophale.
- Mais ça a l'air génial! s'écria Sirius ravi. Vous me l'amènerez tout à l'heure je veux être le premier à la lire et c'est moi qui déciderai de la censurer ou non.
Rogue eut un rictus mécontent mais se contenta d'acquiescer le regard flamboyant. Sirius fut doublement satisfait, d'une part il allait pouvoir se changer les idées avec cette pièce de théâtre, même si d'ordinaire il ne lisait jamais le script avant de l'admirer sur scène, et d'autre part, il avait à nouveau fermé le clapet de Rogue.
- Et sinon? lança Sirius en balayant l'assemblée des yeux. Plus personne ne veut ajouter quelque chose? Lestrange! Vous n'avez pas ouvert la bouche une seule fois depuis l'ouverture du conseil!
Lestrange s'occupait des affaires religieuses du pays et de la maison du roi, le job le plus ennuyeux et le moins compliqué à accomplir. Sirius s'attendit même à ce qu'il baille bruyamment en guise de réponse et se rendorme sur le champ mais celui-ci se redressa vivement sur son fauteuil et parut soudain très ennuyé. Oh non! pensa Sirius en grimaçant. Encore un problème?!
- Qu'est-ce qui se passe? s'inquiéta le monarque. Vous aussi vous allez m'annoncer un truc très grave?
- Pas vraiment grave sire, rectifia Lestrange d'une voix veloutée, mais plutôt fâcheux. Les sorciers recommencent leur charivari!
Sirius se laissa aller sur son siège en soupirant. Les sorciers… l'un des pires fléaux du pays. Poudlard en était plus infesté que partout ailleurs et à chaque début de règne d'un nouveau monarque, ils sortaient de l'ombre pour tester le degré d'indulgence de ce dernier à leur égard. D'après ce que lui avait raconté Minerva, la forte concentration de sorciers dans cet Etat remontait à une vieille légende qui prétendait que l'illustre château de Poudlard avait été à sa construction une école de magie destinée à former de jeunes sorciers.
Sirius n'avait pas vraiment d'opinion sur cette légende, il la trouvait un peu absurde comme tout un chacun mais d'un autre côté, elle apportait une réponse logique à l'ampleur de la communauté maudite. La chasse au sorcier était une activité tellement importante à Poudlard qu'il existait des sections spéciales composées de traqueurs surentraînés qu'on appelait péjorativement des Mangemorts. Cette faction de gens armés jusqu'aux dents et impitoyables, créée sous le règne de Phinéas ne reculait rien pour dénicher des sorciers n'hésitant pas à commettre d'atroces crimes et à répandre la terreur. Orion avait plusieurs fois tenté de faire supprimer les Mangemorts, tant leurs méthodes l'inquiétait, mais les Parlements s'y étaient opposés et avaient tout mis en œuvre pour ne pas faire passer cette nouvelle loi. Selon eux, les Mangemorts étaient les personnes les plus sûres pour garantir la sécurité contre les sorciers. Il fallait donc se résigner à conserver cette ignoble faction.
- Ne vous inquiétez pas votre Altesse! le rassura Londubat en voyant la mine soucieuse de son monarque. Les Mangemorts auront vite fait de les calmer.
- N'en soyez pas si sûr! répliqua Lestrange qui semblait parfaitement réveillé à présent. Les sorciers ont décidé de s'unifier. Ils sont rassemblés sous la tutelle d'un rebelle et ont fondé ce qu'ils appellent… l'Ordre du Phénix!
- L'Ordre du Phénix?? releva Sirius en écarquillant les yeux. Comment peut-on être malfaisant avec un aussi joli nom?
Severus lui lança un regard plein de cynisme mais Dumbledore eut un petit rire amusé pour prouver au souverain qu'il était du même avis que lui. Lestrange échangea des regards entendus avec Malefoy et Yaxley puis poursuivit:
- Oui l'Ordre du Phénix, un regroupement de sorciers extrémistes qui sévissent dans tout le royaume. Au début on ne prenait pas bien garde à eux à cause de leur meneur, on pensait qu'il s'agissait juste d'une minorité d'agitateurs inoffensifs mais le nombre croissant des partisans qu'ils recrutent un peu partout nous ont fait récemment prendre conscience du problème.
- Qui est ce fameux meneur? questionna Sirius sur la défensive.
Lestrange serra les dents et chercha ses mots.
- Un aristocrate, le fils du comte Potter; répondit finalement le ministre.
- James? releva Sirius effaré. James Potter? Vous êtes en train de me dire que c'est un sorcier! C'est… impossible!
- On n'a pas la confirmation qu'il soit lui-même sorcier, précisa aussitôt Lestrange, mais en tout cas il prend leur parti. C'est lui-même qui improvise des discours dans tout le pays pour appeler des partisans et il se révèle un excellent orateur. Les mangemorts redoublent d'efforts pour l'arrêter mais il est insaisissable, sans doute bénéficie-t-il de quelques secours de ses amis maléfiques…
Sirius ne dit rien et reporta distraitement ses yeux sur le portrait au mur qui lui faisait face, derrière un Rogue aussi pensif que lui. Le problème des sorciers l'avait toujours désarmé et si maintenant ils s'étaient réunis en une milice armée prête à passer à l'action…
- Que veulent-ils au juste? demanda Sirius dans un souffle.
- Ils réclament ce qu'ils pensent qui leur appartient de droit, répondit Lestrange d'une voix hachée qui prouva qu'il avait appris cette phrase par cœur.
- Et qu'est-ce que c'est?
- Poudlard votre Altesse, dit Rogue d'une voix doucereuse qui inspira à Sirius un frisson d'angoisse.
- Poudlard? répéta-t-il mal assuré.
- Oui, confirma Rogue en hochant la tête, ils veulent le gouvernement… les terres… ils estiment avoir été là les premiers et que par conséquent c'est à eux de régner.
- Comment le savez-vous? demanda Fudge d'un ton soupçonneux.
- C'est ce que m'a appris Rusard à la suite de plusieurs de ses interrogatoires précédents une condamnation au bucher. Les sorciers répètent tous la même chose: « Poudlard nous appartient ».
- Vous n'y allez pas un peu fort?! fit Sirius qui se sentait de moins en moins bien.
Il regretta aussitôt ses paroles. Il venait de démontrer qu'il était le type même de roi trouillard qui refuse de voir la situation telle qu'elle est en cas de problème et préfère faire l'autruche en se disant que tout va bien. Severus s'abstint de répondre pour ne pas l'enfoncer, un égard que le monarque ne manqua pas de souligner.
- Dans l'immédiat, ajouta Dumbledore d'une vois paisible, je pense que les sorciers attendent juste un peu de reconnaissance. Peut-être seront-ils satisfaits si nous commençons par cesser de les traquer et les tolérons dans le royaume.
Sirius accueillit plutôt bien cette supposition mais il fut le seul: contre toute attente, Fudge, Rogue, Malefoy, Yaxley, Lestrange et même Londubat se mirent tous à rire aux éclats comme si c'était la plaisanterie la plus hilarante qu'ils n'aient jamais entendue.
- Enfin Albus vous n'êtes pas sérieux?! lança Fudge qui avait les larmes aux yeux à force de rire. Tolérer les sorciers sur le territoire. Vous voulez pousser le pays à la révolte? Le peuple n'acceptera jamais de cohabiter avec ces monstres. Nous allons subir des retombées sans précédents. Pourquoi ne pas non plus les faire entrer au gouvernement pendant qu'on y est?
Sirius, qui était sur le point de dire qu'il trouvait l'idée de Dumbledore intéressante, jugea alors préférable de se taire et d'attendre la réaction du Chancelier. Celui-ci fixa Fudge sans la moindre animosité mais plutôt avec un air de profonde lassitude qui le vieillissait.
- Vous semblez avoir des idées très arrêtées sur les sorciers, Cornélius! remarqua-t-il. Que savez-vous de ces gens? Après tout, ils sont peut-être comme vous et moi…
- Vous êtes en plein délire! s'insurgea Fudge en devenant rouge. Seriez-vous en train de prendre le parti de James Potter?
- Justement, fit Dumbledore, si un garçon aussi brillant que le comte Potter donne sa chance aux sorciers, peut-être faut-il essayer de comprendre quelles sont ses motivations.
- Alors selon vous, il y a quelque chose à gagner à pactiser avec ces démons? ironisa Malefoy qui approuvait totalement le contrôleur des finances.
Sirius attendit la réponse de Dumbledore avec intérêt mais hélas celui-ci ne sembla avoir rien d'autre à ajouter, hormis:
- Pensez plutôt à ce que nous avons à perdre si nous continuons à traquer ainsi ceux que vous appelez « démons »!
Cette phrase fit un effet considérable sur l'assemblée. Contre toute attente, ce fut Londubat qui se dressa contre le Chancelier.
- Surveillez vos paroles Albus! prévint-il. On pourrait croire que vous soutenez l'Ordre du Phénix. Que les sorciers soient dangereux ou non, là n'est pas la question. Ce réseau de terroristes revendique le pouvoir et de ce fait, il est considéré comme traître à la couronne. Vous opposeriez-vous à notre cher roi, Albus?
Cette nouvelle parole eut l'effet d'un coup de fouet sur Sirius qui observa le Chancelier l'air soudain perplexe. Si quelques secondes plus tôt, il aurait approuvé le vieil homme aveuglément, les dires de Fudge le mettaient soudain en doute: Dumbledore le désapprouvait-il dans son dos? Sa sympathie naturelle n'était-elle qu'une façade? Sirius ne pouvait pas y croire, le Chancelier était juste un homme d'une grande tolérance, il n'y avait pas une once d'hypocrisie en lui. Malgré cette certitude, Sirius aurait bien aimé l'entendre confirmer qu'il lui était fidèle, ce que malheureusement il ne fit pas.
- Tout ce que je veux dire, murmura-t-il dans un souffle, c'est qu'il serait temps pour nous de faire preuve d'un peu d'ouverture d'esprit.
- Votre Majesté! s'exclama alors Fudge d'un ton qui avait quelque chose de suppliant. Ne soyez pas laxiste avec les sorciers. Ce serait mettre les doigts dans un engrenage infernal.
- Vous croyez? fit Sirius qui n'avait décidément pas apprécié la réponse de Dumbledore.
- Certainement, assura Fudge d'un ton vif, d'abord ils réclameront des droits et ensuite ils en voudront toujours plus… jusqu'à ce qu'ils exigent de prendre votre place!
Sirius écarquilla les yeux devant cette sentence à l'aspect prophétique. Un murmure s'éleva dans la salle: Malefoy, Yaxley et Lestrange semblaient parfaitement d'accord avec le contrôleur des finances. Tout à coup le silence retomba:
- Alors? demanda Lestrange en guise de conclusion. Que faut-il faire votre Altesse?
Sirius devint blême: la vérité c'était qu'il n'en avait pas la moindre idée! Pour quoi allait-il passer s'il s'abaissait à admettre qu'il ne savait pas. Il regarda à nouveau le tableau face à lui comme s'il espérait y lire la réponse et croisa malencontreusement les yeux noirs sans expression de Rogue, qui observait toute la scène en simple spectateur. Il ne parlait plus beaucoup, peut-être n'avait pas d'avis sur la question, c'était le moment pour Sirius d'employer la méthode lâche mais pratique qui consistait à se décharger sur le premier ministre.
- Severus! appela-t-il faisant sursauter l'intéressé. Vous ne dites plus rien. Qu'est-ce que vous en pensez?
- Vous me demandez vraiment mon avis, excellence? lança Rogue sarcastique.
En tout cas je t'ai pas demandé de faire des commentaires minables! songea Sirius.
- Vous êtes un premier ministre d'exception non? ironisa Sirius avec un faux sourire. Vous allez donc encore nous trouver une solution.
Ils se regardèrent à nouveau en chien de faïence pendant quelques secondes dans une atmosphère électrique qui inquiéta les autres ministres. Puis Rogue se détendit et recommença à promener son doigt sur le marbre de la table comme si c'était sa façon à lui de montrer qu'il était plongé dans ses réflexions.
- Je suis assez d'accord avec Cornélius Fudge, dit-il enfin provoquant le sourire triomphant de ce dernier, je ne pense pas qu'il faille réformer la situation des sorciers… le risque de perdre le contrôle de la situation est trop grand.
Dumbledore jeta à Rogue un regard perçant que celui-ci ignora superbement.
- Cela dit, il faut agir contre l'Ordre du Phénix cela va de soi; reprit Severus; la priorité semble évidente: il faut trouver Potter, il est le maillon clef de cette organisation.
- Et comment doit-on procéder pour l'arrêter? questionna Sirius qui rageait de voir son ministre s'en tirer sans bavure.
- Il faut changer les mangemorts, déclara Severus d'un ton ferme, augmenter leurs effectifs dans un premier temps et en poster dans chaque grande ville. Ils doivent collaborer avec les intendants (1), qui sont les yeux de sa Majesté dans les provinces. Ces derniers auront peut-être des informations à leur transmettre. Enfin les mangemorts doivent impérativement améliorer leurs techniques de chasse. Les arrestations spectaculaires en pleine rue suivies des interrogatoires musclés à la vue de tous… tout cela est bien trop archaïque et donne une image néfaste de l'autorité royale. Pour être plus efficaces, les mangemorts doivent faire preuve de discrétion. Il faudrait aussi changer leurs uniformes… ils sont trop repérables… les fondre dans la masse, en faire de véritables prédateurs à l'affût de leurs proies. Je suis sûr qu'ayant opéré tous ces changements, son Altesse aura bien plus de chances de faire capturer le traître Potter. Qu'en pensez-vous Sire?
Sirius jeta un bref regard circulaire à la tablée et constata qu'à l'exception de Dumbledore, tous les ministres hochaient vivement la tête pour approuver les paroles de Rogue. Le jeune roi eut soudain une envie brutale de quitter la salle en courant. Pourquoi n'avait-il pas pensé plus tôt à tout ce que venait de dire Rogue? Pourquoi cette crapule détestable avait plus d'esprit que lui? Bien qu'il en souffrît terriblement, Sirius se résigna à répondre dans un grommellement quasiment inintelligible:
- Mouais, c'est pas bête.
- Pardon? fit Severus d'une voix forte en tendant l'oreille avec un sourire victorieux. Je n'ai pas bien entendu votre Grandeur.
- D'accord, on va faire ce que vous avez dit! rugit Sirius les poings serrés et la mâchoire crispée. Mais alors vous avez intérêt à me dénicher un membre de l'Ordre du Phénix avant vendredi prochain!
Il s'en voulut légèrement d'avoir dit cela sur un ton aussi brutal presque menaçant mais Severus l'avait mis en colère avec ses solutions intelligentes. En plus comme d'habitude, elles allaient sans doute fonctionner à merveille et Rogue apparaitrait plus que jamais comme l'homme le plus brillant du gouvernement… bien plus brillant que ce petit imbécile niais qui servait de roi! Si Walburga l'aurait vu si frustré et si rancunier en cette seconde précise, elle aurait à nouveau lancé avec mépris que son fils ne savait élever la voix que lorsqu'il se sentait blessé dans son orgueil.
- Allez partez maintenant! ordonna Sirius d'un ton autoritaire. La réunion est terminée! Tout le monde a reçu sa part de travail. Severus, allez cherchez le script Harry et la pierre philosophale! Vous le remettrez à Queudver, qui viendra me l'amener.
- Oui votre Excellence! lancèrent les six ministres à l'unisson ainsi que Queudver, toujours terré dans son coin sombre au fond de la salle.
Et tous se levèrent dans un nouveau raclement de fauteuil et sortirent l'un après l'autre non sans avoir salué le roi au passage. Sirius choisit lui-même de sortir le dernier pour se donner le plaisir de lancer un regard menaçant à Rogue afin de lui faire comprendre qu'il ne manquerait pas de l'épingler au moindre échec. Comme pour jouer avec ses nerfs, Rogue n'eut aucune réaction à l'avertissement muet de son souverain et son indifférence fut encore pire que s'il avait cherché à répliquer.
La vérité c'était que Rogue ne doutait pas de sa victoire sur l'Ordre du Phénix. Potter n'imaginait pas les nouvelles mesures qui allaient être mises en place et il n'échapperait plus très longtemps aux mangemorts. Les sorciers seraient vite remis à leur place, l'heure de la répression avait sonné!
Et voilà fin de chapitre!! Est-ce que ça vous a plu? Si oui une petite review s'il vous plaît? (si non aussi d'ailleurs XD)
Bon je vous promets qu'il y aura plus d'action dans le prochain chapitre, enfin un peu de magie et surtout une rencontre avec la fameuse Ordre du Phénix de cette version… ou du moins son plus illustre représentant. Ah et Remus va également faire son entrée!
Pour la petite note sur les intendants (c'est juste pour apporter une info, je ne conteste les connaissances en Histoire de personne, qu'on se le dise), ce sont les ancêtres des «préfets» actuels, envoyés par le roi dans les différentes provinces pour s'occuper des finances, de la police et de la justice et surtout pour surveiller le peuple. (d'où l'expression employée par Severus: «l'œil du roi dans les provinces»)
Merci d'avoir lu à bientôt!!
