Les personnages ne m'appartienent toujours pas... (soupirs*)
Merci à tous ceux qui me laissent des reviews, j'adooore :D :D
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
Draco se leva, se sentant plus léger ce matin encore. Cela faisait quelques jours maintenant qu'il ressentait ce changement, et il n'avait pas besoin de réfléchir beaucoup pour savoir à quoi c'était dû !
Il se dirigea vers la salle de bain. Il aimait ce moment de la journée où tout le monde dormait encore, où le monde lui appartenait. Il était seul avec ses pensées, avec lui-même, et c'était vraiment apaisant. Comme tous ces moments où il n'avait pas besoin d'être sur ses gardes en fait, où il pouvait juste s'abandonner à être lui-même... Et il n'y en avait pas beaucoup ! Ses rondes de préfet, quand il ne rencontrait personne. Et ce moment le matin. Et un autre maintenant. Un moment secret et inavouable... Qui aurait pensé que c'était avec Potter, entre tous, qu'il pourrait se laisser aller à être lui, dire tout ce qu'il pensait vraiment sans crainte d'être jugé ou confondu... Potter... Mais le plus étrange, et depuis le début, était cette impression que ce n'était pas si bizarre finalement. Était la facilité avec laquelle tout s'était fait. Ils n'avaient ni l'un ni l'autre remis en question la sincérité de l'autre, la raison de sa présence. S'étaient tous les deux laisser aller à des confidences très personnelles. Potter lui avait même proposé son amitié dès leur deuxième rencontre ! Comme si tout ça était naturel ! Et ça le questionnait bien sûr, tout comme ça devait questionner le Balafré, mais ils ne s'y arrêtaient ni l'un ni l'autre, acceptant cette rencontre et ce qui s'en suivait comme un cadeau inattendu... Était-ce parce qu'ils avaient besoin l'un de l'autre qu'ils refusaient de voir, d'envisager, les dangers d'une telle relation ? Car la menace était réelle, surtout de son côté. Si son père l'apprenait...
Il réprima un frisson et passa sous la douche. Essaya d'éloigner la peur. Ça ne servait à rien, et son père ne pouvait pas grand-chose d'où il était, tenta-t-il de se convaincre... De toute façon, il avait accepté et ne reviendrait pas en arrière maintenant. Il ne savait pas où ça les mènerait. Il devrait prêter allégeance un jour ou l'autre, et ce serait étonnant que leur amitié survive à ça. Mais pour le moment, c'était possible, et il en avait besoin... Il avait décidé de laisser les choses se faire d'elle-même, sans chercher à réfléchir plus, anticiper plus, et il comptait bien garder cette position et juste laisser venir...
Il sortit de la douche, se regarda dans le miroir. Son expression avait changé. La sienne à lui, pas celle qu'il montrait aux autres. Il était moins las, plus ouvert. Saleté de Griffondor, se dit-il en esquissant un sourire, il m'a déjà contaminé ! Il avait suffit de quelques nuits à discuter, apprendre à se connaître, plaisanter des évènements de la journée, pour que ce satané Balafré le contamine avec son positivisme et son rire franc et sincère. Oh, il restait Draco Malfoy ! Mais force lui était de constater que la présence d'Harry dans sa vie ne se ferait pas sans conséquences...
Il allait sortir de la salle de bain quand il remarqua que, pour la première fois, il avait pensé à son ancien ennemi en usant de son prénom... Harry. Le mot roula dans sa tête. Et il effaça le sourire qu'il sentait arriver avant de reprendre son masque et de retrouver le monde réel.
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
Harry était installé à la table des Griffondors dans la Grande Salle, écoutant d'une oreille distraite le bavardage des uns et des autres. Il était fatigué, mais d'une fatigue naturelle, et ça faisait une énorme différence ! Il était fatigué de parler et rire pendant des heures avec... dire un ami c'était trop bizarre ! Mais il n'était plus son ennemi non plus... Enfin bref, c'était une fatigue différente que de déambuler dans les couloirs, en même temps que dans le méandre de ses pensées et de ses craintes. À tout prendre, il préférait largement !
Il remarqua que Ron venait de lui poser une question, et revint au présent.
- Euh, excuses-moi ?
- Putain mec, tu devrais dormir la nuit ! T'as une tête qui fait peur, j'te jure !
Il sourit de la délicatesse légendaire de son ami.
- Ça va Ron, j'me sens bien. Alors tu disais ?
- Ouai t'es en pleine forme ! Alors t'étais où cette nuit à 1h du matin ?
Harry détourna le regard. Il n'aimait pas mentir à ses amis, mais là vraiment il n'avait pas le choix. Comment pourraient-ils comprendre qu'il rejoignait Malfoy presque toutes les nuits ? Qu'il avait besoin de sa présence ? Surtout Ron !
- Oui, j'ai encore des insomnies, mais ça va mieux.
- C'est vrai que tu as l'air mieux ! intervint Hermione. Ça fait même plusieurs jours déjà que je te trouve plus en forme à nouveau. T'es toujours aussi fatigué, mais moins à fleur de peau !
Ron considéra son amie, puis son meilleur pote, le détaillant du regard.
- Elle a raison, t'as l'air moins chiffonné... Je peux arrêter de m'inquiéter alors ?
Harry sourit de toutes ses dents, et s'apprêtait à donner son assentiment, quand Hermione lui coupa l'herbe sous le pied à nouveau, et pas pour la bonne cause cette fois.
- Enfin c'est toujours préoccupant que tu ne dormes pas la nuit ! C'est encore à cause de Sirius ? Ou à cause de... Tu-Sais-Qui ?
Elle avait chuchoté cette dernière partie, pour ne pas être entendu des oreilles voisines, mais Harry se focalisa surtout sur le « encore à cause de Sirius », et son visage se referma...
Ça ne faisait que quatre mois qu'il était mort punaise ! D'accord ils ne se connaissaient pas depuis longtemps, mais justement ! Il ne lui resterait que des regrets ! Que ses amis ne puissent pas comprendre ça... Ok ils se faisaient du soucis pour lui. Parce qu'il culpabilisait de cette mort absurde, dont il était responsable aussi quoiqu'ils en disent. Il lui fallait juste du temps... et de la compréhension...
Il leva son regard, et croisa celui de Malfoy qui entrait avec sa cour habituelle. Ils n'eurent besoin que d'une seconde pour comprendre ce qui se passait. Harry avait besoin de voir Draco, et celui-ci avait compris.
- Non Hermione, ce n'est pas Lui. C'est bien « encore à cause de Sirius »... Mais ça va aller, j'ai juste besoin de temps...
- Mais tu n'en as pas Harry ! Et ce n'est pas bon pour toi de t'enliser dans ces sentiments négatifs ! Tu vas te rendre malade à force de ressasser tout ça, tout le temps !
Harry soupira, se leva.
- Écoutes, tu as dit toi-même que j'avais l'air d'aller mieux ! Je... je vais prendre l'air un peu, je vous rejoins en cours, ok ?
Il s'éloigna, tentant de calmer le tiraillement qui était revenu dans sa poitrine, et se sentit soulagé en percevant le mouvement à la table des Serpentards. Il savait que Draco allait le rejoindre, et rien que cela , ça l'apaisait déjà.
xxxxxxxxxxxxxxxxxx
Draco arriva à l'alcôve. Il ne s'inquiétait pas vraiment pour lui, il savait que le Griffondor surmonterait une brouille avec ses amis, il surmontait de toutes façons toujours tout, même l'insurmontable alors... Il avait juste perçu sa détresse, et son besoin de le voir, alors il était venu.
Mais l'image qu'il découvrit le laissa stoique. Harry était adossé contre le mur, les yeux fermés, une expression de souffrance sur le visage.
- Harry, ça va ?
Il fit non de la tête, sans ouvrir les yeux, et Draco s'avança davantage.
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-il d'une voix où l'on pouvait sentir une pointe d'anxiété.
- Sirius...
- Oh.
Draco cherchait quelque chose à dire, mais il ne savait pas par quoi commencer. Comment se faisait-il qu'il fasse une crise à nouveau ? Juste maintenant ?
- Granger ou Weasle ont dit quelque chose ?
Harry opina de la tête, des larmes perlant au coin de ses yeux maintenant, et le Serpentard se sentit plus démuni encore, plus touché aussi.
- Ils ne comprennent pas ! Putain c'est de ma faute s'il est mort ! Je veux juste qu'ils acceptent ça et qu'ils me laissent faire mon deuil en paix, sans me rabâcher que j'y suis pour rien ! Je ne veux pas entendre ça ! Je ne veux pas qu'ils me trouvent des excuses alors que je ne les mérite pas !
Il resta sous le choc quelques secondes. Potter ne lui avait jamais parlé de ça avant... La colère qu'il ressentit fut telle qu'il se redressa. Il parvint à maîtriser ses émotions sans difficulté, il était habitué à ça, mais il ne laisserait pas passer un tel monceau d'idioties !
- Je suis désolé de dire ça, et si tu le répètes à qui que ce soit je te ferais souffrir jusqu'à ce que mort s'en suive, mais la Belette et Miss Je-Sais-Tout ont raison ! Ce n'est pas toi qui a tué ton parrain ! Ce sont Face-De-Serpent et ma tante !
Harry ouvrit les yeux devant le ton tendu et sans appel de Malfoy. Mais il ne pouvait toujours pas accepter cette vérité. Parce-que la vérité, c'était que...
- Si je n'avais pas couru là-bas sans réfléchir... Si je ne…
- Tu ne serais pas toi si c'était ça ! Bon Dieu Harry ! Bien sûr que c'était un piège ! Et bien sûr qu'ils comptaient dessus ! Sur ta loyauté, sur ton courage, sur ton amour pour ton parrain ! Mais c'était justement ça, un piège ! Et ce sont ceux qui ont formaté ce piège que tu dois détester ! Pas toi !
Il lut dans son regard à quel point il avait besoin d'entendre ces mots, ceux-là même qu'il refusait d'écouter, qu'il ne voulait pas entendre.
- Ne leur fait pas ce cadeau Harry... Ne les laisse pas te toucher au plus profond de toi... Je comprends que tu t'en veuilles, et tu as raison, tu as un deuil à faire. Mais gardes à l'esprit que, si tu as commis une faute, une faute que j'espère tu referais sans hésiter, ce sont eux les responsables...
Harry plongea dans son regard, cherchant la sincérité des paroles, et Draco sentit son cœur battre dans sa poitrine. C'était la première fois qu'il faisait ça. Qu'il consolait vraiment quelqu'un, qu'il tentait d'avoir une influence positive et réelle sur les sentiments d'un autre. Il espérait tellement que le Griffondor le croit !
Il s'approcha doucement, se souvenant des paroles échangées deux semaines plus tôt, du réconfort qu'il avait ressenti dans l'étreinte. C'était son rôle d'ami, se dit-il. Mais la vérité, c'était qu'il avait envie de lui apporter ce réconfort. Qu'il en avait envie tout court...
Il referma ses bras sur lui, et Harry glissa sa tête dans son cou. Il sentit son souffle dans sa nuque, et se laissa porter à nouveau, comme la première fois. Et quand il sentit le Griffondor se détendre entre ses bras, un soulagement et un sentiment de satisfaction comme il n'en avait jamais connu s'emparèrent de lui, et il resserra l'étreinte davantage encore.
- Alors comme ça, tu disais que Ron et Hermione avaient raison... ? demanda Harry, la voix toujours incertaine, mais le sourire bien perceptible dans le cou de Draco.
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
