O mon dieu, o mon dieu ! Deux mois sans nouveaux chapitre. Honte à moi ! Enfin, maintenant que je n'ai plus d'examens à passer, de résultats à attendre, d'apparts à chercher ou que sais-je encore, je vais pouvoir me consacrer à cette fic.
Chapitre II : Can't fight the moonlight.
-Parfait, ainsi nous pourrons travailler sans que vos heures supplémentaires paraissent suspectes. Rentrez chez vous. De mon côté, je vais tacher de trouver des informations sur cette créature.
Sur ces mots, Dumbledore plia le parchemin en quatre et le glissa dans une des poches secrète de sa robe. Puis il se rapprocha de la cheminée.
-Nous nous reverrons demain soir. Bonne nuit, Monsieur le Ministre. »
Deux mois plus tard.
Severus Snape était réputé être un homme froid, inflexible, intransigeant, parfois cassant, que peu de choses pouvaient troubler. Ou du moins, il ne le montrait pas, son visage restant invariablement inexpressif et fermé. Mais en cet instant, le visage du maître des potions était tout sauf inexpressif. Encore plus pâle que d'habitude, si seulement cela était possible, il reflétait parfaitement les émotions qui agitaient le ténébreux professeur: incompréhension, colère, peur…
« Vous ne pouvez pas faire ça, dit-il d'une voix blanche.
Il repensa à cette nuit orageuse, il y a deux mois, ou il avait eu la surprise de trouver le directeur de Poudlard sur le pas de sa porte à une heure plus que tardive. Le vieux sorcier lui avait alors tendu un parchemin parsemé de lettres écarlates. Le professeur de potion l'avait parcouru rapidement et avait poussé un profond soupir.
Une prophétie, encore une.
Pendant deux mois, ils avaient investi la bibliothèque de l'école, dans l'espoir de trouver quelque chose sur l'Ange noir. Ils avaient aussi obtenu, sous un faux prétexte, l'autorisation de consulter les archives de la Gazette. Si la Lune avait eu un éclat particulier, la Gazette en avait forcément parlé. Les recherches avaient été laborieuses, ils n'étaient que quatre dans la confidence (Dumbledore, Fudge, Minerva McGonagall et lui-même), et chacun avaient du faire preuve de la plus grande discrétion.
Malgré tous leurs efforts, ils n'avaient rien trouvé sur l'Ange Noir. Apparemment, cette créature n'avait jamais existée. Par contre, ils avaient collecté plusieurs informations sur la Lune, dont un précieux témoignage que Snape avait trouvé dans un vieux livre de sa collection. Un sorcier anonyme, contemporain des fondateurs de Poudlard, y racontait avoir rencontré la déesse de la Lune en personne.
En la nuit du 21 Décembre XXXX, je pris en chasse un loup mâle au pelage sombre, grand et robuste, un chef de meute à n'en pas douter. Je le pourchassai sans relâche pendant des heures traversant des paysages enneigés à couper le souffle. La Lune était pleine, le ciel constellé d'étoiles. C'était une nuit magnifique. Mais je n'en avais cure. Le plus important pour l'heure, c'était ma proie. Une fois tuée, elle irait rejoindre ma collection de trophées de chasse, l'une des plus belles de Grande-Bretagne.
Las de cette course poursuite, je décochai une flèche qui toucha la bête à la cuisse. Celle-ci s'écroula dans la neige. Je mis pied à terre et m'approcha doucement de l'animal blessé, prêt à lui porter le coup de grâce. Je pris une flèche dans mon carquois et visai la tête. C'était la fin. La flèche partit… et se transforma en poussière avant d'atteindre sa cible. Contrarié, je cherchai du regard l'impudent responsable de cela.
Et c'est là que je la vis.
Une femme, très grande, fine malgré un ventre arrondi par la grossesse, une peau diaphane, un visage fin et délicat, de grands yeux gris… Et une imposante chevelure qui semblait composée de longs fils d'argent. Elle portait une robe de velours noir qui accentuait encore la blancheur de sa peau et de ses cheveux. Elle était belle, très belle, trop peut-être, et sous cette Lune, elle semblait presque irréelle.
Elle se tenait à quelques mètres de moi et ses yeux gris me fixaient, transperçant mon âme. Je me sentais si petit, si faible face à cette femme belle comme une déesse et fière comme une reine. Et je n'aimais pas cela. Lentement et avec une grâce infinie, elle s'approcha de la bête à l'agonie. Quelle imprudence ! D'un geste sec, elle arracha la flèche. Le loup hurla mais à mon plus grand étonnement, ne fit rien contre elle. Elle le caressa doucement, comme pour le rassurer, et plaça sa main droite au dessus de la plaie laissée par la flèche. Une douce lumière bleue enveloppa le loup et toutes ses blessures se refermèrent. La lumière se dissipa, l'animal se releva sans difficulté. Aucun sorcier n'était capable de faire cela, même les meilleurs médicomages ne pouvaient rien faire sans baguette. Mais qui donc était cette femme ?
Elle se redressa avec élégance et me fit face, le loup assis à ses côtés. Son regard était sévère.
« Pourquoi faire preuve d'une telle cruauté ? »
Sa voix était belle et majestueuse, comme elle.
Je lui expliquai que j'aimais le frisson de la chasse, ce à quoi elle répondit par un regard méprisant qui me déplut profondément. J'armai mon arc, prêt à transpercer le cœur de cette impertinente, aussi belle fut-elle. Mais avant que la flèche ne parte, elle tomba en poussière, ainsi que l'arc.
Désarmé mais pas découragé, je pris ma baguette Mais avant d'avoir pu lancer le moindre doloris, je fus plaqué au sol par une pression énorme. Cela dura une seconde, une minute, une éternité. Quand la pression s'estompa, je me relevai lentement. Ce que je vis alors me laissa sans voix.
L'anecdote s'arrêtait là. La page suivante était un croquis, le sorcier avait du pensé qu'un dessin valait mieux qu'un grand discours. Il représentait l'inconnue. Elle était vraiment magnifique. Mais plus que sa grande beauté, ce furent ses trois paires d'ailes noires et l'aura lumineuse qui l'entourait qui attira l'attention de Snape. La déesse de la Lune dans toute sa magnificence. Cette rencontre fortuite avait marqué le sorcier car tout le livre était consacré à la Lune (légendes du monde entier, astronomie, calendrier lunaire, influence sur les plantes, les animaux, la magie…). C'était vraiment passionnant. Et instructif.
Snape avait immédiatement fait part de sa découverte aux autres. Deux jours plus tard, Fudge débarquait en trombe dans le bureau de Dumbledore, un sourire triomphant aux lèvres et un article de la Gazette dans la main. Apparemment, la Lune s'était manifestée un soir de juin, seize ans auparavant. Il ne restait donc plus qu'à consulter le Grand Registre pour savoir qui était né ce jour.
Quand il repensait à tout cela, Severus Snape avait la désagréable impression d'être un traître. Surtout depuis que Fudge leur avait dévoilé son plan concernant celui qui allait vraisemblablement devenir l'Ange Noir. Enfin, comme si assassiner un enfant pouvait être considérer comme un plan.
« Vous ne pouvez pas faire cela, répéta-t-il, la voix un peu plus assurée.
-Nous n'avons pas le choix Professeur Snape, dit fermement Fudge. Il en va de la survie de l'humanité.
Le maître des potions se tourna vers McGonagall, espérant son soutien. Celle-ci était terriblement gênée. Elle comprenait parfaitement l'urgence de la situation. Mais elle compatissait à la détresse de son confrère et ne pouvait s'empêcher de trouver la solution du Ministre un peu trop …extrême.
-Il existe peut-être une autre solution, une solution plus acceptable pour tout le monde, tenta-t-elle.
-Ah bon, laquelle ? Allons Minerva, vous savez très bien qu'il n'y a pas d'autres solutions. Nous ne devons prendre aucun risque. Je suis désolé, dit Fudge à l'adresse de Snape.
Celui-ci baissa les yeux. La culpabilité l'accablait, il avait l'impression d'étouffer. Il se sentait mal, si mal.
-Il y en aurait peut-être une.
Tout le monde se tourna vers Dumbledore, avec d'autant plus d'intérêt que, depuis le début de la réunion, le vieux sorcier était resté silencieux. Ce sentant observer, le vieux sorcier sortit de sa rêverie.
-Je veux dire, je pense qu'il existe une autre solution.
Deux ans plus tard.
Harry Potter, Ron Weasley et Hermione Granger se promenaient sur la fameuse 5eme Avenue de New-York, savourant leur présence inopinée dans la mégalopole américaine. Après avoir passé leurs A.S.P. avec plus ou moins de succès (plus pour Hermione, moins pour les garçons), les trois amis avaient commencé leur formation d'aurors. D'ailleurs, le matin même, ils étaient encore à Londres, prêts pour autre journée de stage quand le Ministre de la Magie en personne les avait convoqués. Scrimgeour leur avait ordonné de partir sur le champ pour New-York, sans pour autant leur dire pourquoi.
Il leur avait été demandé de voyager en avion et avec de faux passeports, chose qui avait beaucoup étonné les apprentis aurors. Utiliser le réseau transatlantique de cheminées (le RTC) aurait été plus simple et plus rapide. Mais le ministère leur avait gracieusement offert des billets en classe affaire, donc le trio n'avait pas cherché plus loin.
Les apprentis-aurors n'étaient à New-York que pour deux jours. Le rendez-vous avec le chef des aurors de Nouvelle Angleterre n'étant que dans quatre heures, ils avaient décidé de profiter de leur « séjour ». A deux voix contre une, il fut décidé que la matinée serait consacrée au lèche-vitrine sur la célèbre 5eme Avenue. Et pendant que les garçons regardaient avec émerveillement les vitrines de Noël, Hermione jouait les guides touristiques :
« A votre droite, le Rockefeller Center. Complexe commerciale construit par la famille Rockefeller, il est composé de dix-neuf bâtiments. Il fut déclaré National Historic Landmark en 1988. A l'origine de cet ambitieux projet, John Davison Rockefeller (1839-1937) qui, à la fin des années 20…
-Dis, Harry, tu crois qu'il faudra lui donner un pourboire ? chuchota Ron à l'oreille de son ami. Celui-ci rigola, pas trop fort pour ne pas vexer Hermione. « Il ne faut pas perdre une occasion de s'instruire », telle était la devise de la jeune femme.
Le trio continua à remonter la 5eme Avenue. Soudain, Ron s'immobilisa net.
-Ron ! Non mais ça va pas de s'arrêter comme ça, gronda Hermione qui avait évité de justesse la collision avec le rouquin. Celui-ci ne répondit pas.
-Ron, est-ce que tout va bien ? demanda Harry. L'attitude de son meilleur ami l'inquiétait : il regardait droit devant lui, les yeux écarquillés et la bouche entrouverte. Intrigués, Harry et Hermione suivirent son regard. Et eux aussi furent frappés de stupeur.
A quelques mètres devant eux, se trouvait Draco Malfoy en personne. Le jeune homme blond se promenait tranquillement, une jolie jeune femme brune à son bras. Il se rapprochait de plus en plus mais aucun des trois apprentis aurors ne purent bouger. Ils étaient comme stupéfixiés. Le couple passa à côté d'eux sans un mot et sans un regard.
Harry, Ron et Hermione restèrent immobile pendant dix bonnes minutes. Ron ne cessait de murmurer « c'est impossible, c'est impossible. ». Le cerveau d'Hermione fonctionnait à toute allure, cherchant désespérément une explication logique à ce qu'elle venait de voir. Quant à Harry, il ne savait pas ce qui était le plus incroyable : le fait de voir Draco Malfoy déambulant dans les rues de New-York alors qu'ils avaient tous trois assisté à ses funérailles il y a deux ans, ou le fait qu'il soit passé à côté d'eux sans les voir. Comme si il ne les connaissait pas.
I did it ! J'ai enfin fini ce chapitre. Bon, c'est vrai, j'ai quand même mis plus de deux mois. Mais j'ai fini par en venir à bout (faut fêter ça… ou pas d'ailleurs, c'est à vous de me dire). Je tiens à souhaiter bonne chance à tous ceux qui, comme moi, reprennent le chemin de l'école (lycée, fac, école de commerce, polytechnique etc…). Une pensée aussi à ceux qui reprennent le chemin du bureau. Et oui, les vacances sont finies (bouhou ).
J'espère pouvoir poster le chapitre III avant Noël (oui, je sais, c'est dans longtemps, mais au moins j'ai de la marge).
Le titre est une chanson extraite de la BO du film Coyote Girl.
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